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Full text of "Proceedings"

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AT THE 



UNIVERSITY OF 
TORONTO PRESS 



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http://www.archive.org/details/1905proceedings01inteuoft 



J'<)6/ 



ACTES 



DD 



w mm mRMTioMi 

DES ORIENTALISTES 

ALGER 1905 



ANGERS. — IMPaiMERIB ORIENTALS A. BUSDIN ET c'e, ROE GARNIER, 4. 



AGTES J5 



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ou 



w mmi mmmm. 

DES ORIENTALISTES 

ALGER 1905 



PREMIERE PARTIE 

PROcts vERBAux : Scctioii I (INDE\' 

Section V (CHINE et EXTREME ORIENT); 

Section VI (GR£CE et ORIENT). 



PARIS 
ERNEST LEROUX. EDITEUR 

28, RUE BONAPARTE (vi«) 
1906 



?J 

10 

/1 73 



( NOV 2 9 1955 
1 u ;i a ?9 2 







CONGRES INTERNATIONAL 

DES ORIENTALISTES 

QUATORZIEME SESSION 



Haut patronage de M. JONNART, d6put4, 
Gouverneur g6n6ral de VAlg^rie 



President d'Honneur. 

S. M. OSCAR II, Roi de Saede et de Xorne^. 

Protecteur du Gongr^s. 
S. A. I. R. I'ArchiducRAIlVER. 

Gomit^ d'Honneur. 
President : M. Etienne, Depute, Ministrc de I'lnterieur. 

Membres : MM. Gerbnte, Senateur, 

Thomson, D6pute, Ministre de la Marine. 

Colin, Depute. 

Saint-Rene Taillandier, Ministre de la R6- 

publique Francaise au Maroc. 
Rbvoil, Ministre plenipotentiaire. 
PiCHON. Resident j^eneral de la Republiquc 

Francaise en Tunisie. 
RouME, Gouverneur general de I'Afrique 

occidentale francaise. 

1 



2 CONGRES international DES ORIENTALISTES 

Membres : MM. Varnier, Secretaire general du Gouverne- 

ment de I'AIgerie. 
Bertrand, President des Delegations finan- 

cieres. 
Altairac, Maire d'Alger. 
Bayet, Correspondant de I'lnstitut, Directeur 

de I'Enseignement superieur au Ministfere 

de rinstruction publique. 
Jeanmaibe, Recteur de I'Academie d'Alger. 



Comity d'Appui. 

MM. Barrier de Meynard, O. ^, I. O, Membre de Tlnstitut, 
Adtninistrateur de I'Ecole des Langues Orientales 
vivantes, Professeur au College de France. 

Earth, ^, Membre de I'lnstitut. 

Berger (Philippe), :^, I. ^, Membre de I'lnstitut, Sena- 
teur, Professeur au College de France. 

Brbal, C. ^, 1. M, Membre de I'lnstitut, Professeur au 
College de France, Senateur. 

Cagnat, O. ^, I. ^, Membre de I'lnstitut, Professeur au 
College de France. 

Chavannes, ^, I. y, Membre de I'lnstitut, Professeur au 
College de France. 

CoRDiER, ^, 1. Q, Professeur a I'Ecole des Langues 
Orientales vivantes. 

DiEHL, ^, I. 4>, Correspondant de I'lnstitut, Profes- 
seur a la Faculte des Lettres de Paris. 

HouDAs, ^, 1. O, Professeur a TEcole des Langues Orien- 
tales vivantes. 

Masprro, C. ^, 1. ii>, Membre de I'lnstitut, Professeur 
au College de France. 

Senart, ifi?, L y, Membre de I'lnstitut. 




ORGANISATION DU CONGR£s 



Commissariat du Gouvernement. 

MM. le Commandant Lacroix, O. ^, I. o« Commissaire g6n6- 
ral. 
rOfficier-Interprfete Mirante, I. U, Commissaire-Ad- 
joint. 

Commission d'Organisation. 

President : M, Rene Basset, ^, I. M, Correspon- 

dant de I'lnstitut, Directeur de 
TEcoIe superieure des Lettres. 

Vice-Presidents : MM. J.-D. Luciani, I. *}, Conseiller de 

Gouvernement. 
Mesple, I. y, Professeur a I'^cole 

superieure des Lettres. 
Bod Kandoura, ^, A. U, Mufti ha- 

nefite d' Alger. 

Secretaire General : MM. Edmond Douttb, I. O, Charge de 

cours a I'Ecole superieure des 
Lettres. 

SecretaireS'Adjoints : MM. Chambige, I. U, Administrateur de 

commune mixte, Chef du Cabi- 
net de M. le Secretaire general 
du Gouvernement, 

YvER, A. O, Professeur a I'Ecoie 
superieure des Lettres. 

W. Marcais, a. u, Directeur de la 
Medersa d'Alger. 

Chkucuali, a. m. Attache a la Di- 
rection des Affaires Indigenes^ 

Tresorier : M. David, A. U, Conseiller-Adjoiut de 

Gouvernement, Chef du Secreta- 
riat particulier de M. le Gouver- 
neur general de lAIgerie. 



4 CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORlENTALlSTES 

Trhorier-Adjoint : M. Ettori, I. ^, Chef du Service du 

Materiel au Gouvernement gene- 
ral de TAlgerie. 

Membres du Comite : MM. Delphin, ^ I. ^, Ancien Directeur 

de la Medersa d'Alger, Delegue 
financier. 

GsELL, ^, I. Q, Correspondant de 
rinstitut. Profess eur a TEcole 
superieure des Lettres, Direc- 
teur du Musee, 

Commandant Lacroix, O. ^, I. ^, 
Chef du Service des Affaires in- 
digenes et du Personnel militaire 
du Gouvernement general de 
I'Algerie. 

Lefebure, I. ^, Charge de cours a 
I'Ecole superieure des Lettres. 

Waille, I. #, Professeur a I'Ecole 
des Lettres. 

Ben Cheneb, A. p, Professeur a la 
Medersa d'Alger. 

Ben Smaia, A. p, Professeur a la 
Medersa d'Alger. 

Secretaires Correspondants. 

A Paris : MM. Gaudefroy -Demombynes, L ^, Secre- 

taire de I'Ecole des Langues Orientales 
vivantes. 

A Tlemcen ; Bel, A. ^, Directeur de la Medersa. 

A Constantine : De Calassanti-Motylinski, ^, I. ^, Pro- 

fesseur a la Chaire d'arabe, Directeur 
de la Medersa. 

A Tunis : Victor Serres, Consul de France, attache 

a la Residence Generale. 



ORGANISATION DD COKGRfcS 5 

A Washington : Cyrds Adler, Bibliothecaire de la Smith- 
sonian Institution. 



Libraires Correspondants. 

A Paris : M: Ernest Lbrodx, i^, I. u, 28, rue Bona- 

parte. 

A Leyde : M. De Stoppelaer, Maison Brill, Oude Rijn 

(HoUande). 

A Londres : M. Probsthain et C'% 14, Bury Street, 

Londres W. C. 

A Leipzig: M. Harrassowitz, 14, Querstrasse. 



TABLEAU DES SECTIONS 



I. — Inde; Langues aryennes et Langues del'Inde. 

President : MM. S^nart, ^, I. i>, Membre de I'lnstitut, 18, rue Fran- 
cois ler, Paris (Vllle). 
Secretaire : V. Henry, ^, I. y, Professeur a la Facult6 des lettres 

de Paris, 95, rue Houdan, Sceaux (Seiue). 

Communications annoncees : 

MM. H. Arakelian : Les Guebres actuels en Perse. 
Id. Litt6rature Arminienne. 

J. Hal^vy : Vethnographie de I'Atharva Veda. 

Knauer : Ueber Varuna's Vrsprung. 

Steinen : Ueber die centralasiatische Brahmenschrift 
nach den Ergebnissen der Turfanepexdition Grund- 
wedel. 

Comte PuiXE : Materiali per la cartografia antica 
deWIndo-Cina. 

Arthur Christensen : Sur la patrie de rAvesta. 

Bartholomae : Presentation d'une nouvelle traduc- 
tion des Gdthas de I'Avesla et commentaires. 

J. F. Fleet : Identification of Sagala, Sdkala, the city 
of Milinda and Mihirakula. 

Edward G, Rapson : On the language of the Kharoshti 
inscriptions discovered by D. Stein at Niyd. 

Dirr (A) : Die kaukasische Sprachforschung , ihre Ges- 
chichte und Ndchsten. 

Kirste : Notes de Paliographie indoue. 

Macauliffe : Comment les Sikhs prirent une attitude 
militante. 

DE LA Vall^e Poussin : Note sur le Pratilyasamutpddo. 

Bloomfield : On conflicting prayers and sacrifices. Con- 
tributions to the interpretation of the Veda. 

II. — Langues s6mitiques. 

President : MM. Philippe Berger, ^, I. ^, Membre de I'lnstitut, Sena- 
leur, Professeur au College de France, 3, quai Vol- 
taire, Paris. 

Secretaire : Fossey, 1, avenue de rObservatoirC) Paris. 



TABLEAU DES SECTIONS 1 

CommunicationH anauncee8 : 

MM. D. A. MOller : Ein gemeinsemitisches Lautgesetz. 

F. M. EsTEVEs Pereira : Omilia di Prodo, biscopo de 
Cyzico. 
Vabhi Nau : Notice huttoriiiue sur le monastire dtQartanin. 
D' Haupt : Greek philosophy in the old Testament. 
Id. The etymology of the name Sadducee. 
Id. Hebrew poetry. 
MM. J. Hal^vy : Sens et but du tableau ethnographique de 
la Genise 
Id. Un pricurseur de Qohelet. 
Id. Une inscription punico-libyque. 
Id. Vinscription sabienne^ Hal. 333. 
Id. Les pretendus Touraniens en Babylonie. 
KuGENER : Sur un traits cosmographique syriaque 

attribu^ h pseudo Denys PAriopagite. 
J. Labourt (abb^) : Vn moine nestorien du Vll* siicle, 

Babai le Grand. 
HoMMEL : Das Hochzeilfest des Sonnengottes bei den 
Babylonischen und das Makhtan des Kcenigs bei den 
Sudarabem. 
Hubert Grimme : Sur la position d'Arzawa. 
GoTHARD Deutsch : Who is the Acher of the talmudic 

legend? 
CallSja : Rcforme phowque de Irois Icttres de Valpha- 
bet punique de I'abbe Barlhilemy. 
de BuLMERiNCQ. '. der Edomspruch im B. Maleachi. 



III. — Langues musulmanes (arabe, tare, persan). 

President : MM. Ren£ Basset ^, I. Q^ Gorrespondant de I'lnsUtut, 
Directeur de I'EcoIe Supt'rieure des Lettres, 20, 
roe Denfert-Kochereau, villa Louise. Alger. 

Secretaire : Delphin, ^, I. V, 25, boulevard Bugeaud, .\lger. 

Communications annonc^<>8 : 

MM. AsiN : La Psicologia segun Mohidin Aben el Arabi. 

Codera : Libros antiguos y modemos exisientet in Ma- 
ra eccos. 

DB Calassanti-Motylinski : Bxpedition des Espagnols 
contre [>jerba, d'qpris les sources abadhites. — La 
Chronique dlbn-Ser'ir. 

Bel : l^tudf sur le Dorar es Sanyah. 



CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

MM. Danom : Littirature turco-tataro-caraite. 
Comte de Landberg : La langue arabeet ses dialectes. 

Desparmet : La po^sie populaire actuelle a Blidah. 
A. Fischer : Travaux grammaticaux, lexicologiques et 
dialectologiques nicessaires dans le domaine de I'a- 
rabe. 

Id. Passage suspect du Goran. 
Spiro : Les opinions th^ologiques d' Abou-Hanifa sur 

I' appropriation (Kisb). 
David Lopes : Trois fails de phonologie arabico-hispa- 

nique. 
Hassen Husny Abdul Wahab : Apergu sur la domi- 
nation musulmane en Sicile. 
le D' E. Griffini : Le Diwdn de Du'r Rumma. 

Id. Yemenica. 

Martino : Mahomet et la Utterature fran^aise du XVII^ 

et du XVII t Steele. 
Delphin : HistoiredeVAlgirieau XVIII" siMed'apris 

les sources indigenes, 
LoDis Mercier : Notes sur le dialecte arabe parle dans 

le Sud oranais. 
Massignon : Sur la geographic du Marocau XVP siecle. 
Ben au Fekar : La famille arabe a Tlemcen. 
HuART : VAfrique de la giographie mozhafferienne. 
Abou bekr Abd es-Selam ben Choaib : Essai sur la clas- 
sification des sciences arabes. 
A. Rechid Safvet Bey : Vevolution de la race turque 
en Russie. 

Id. Le Corsaire Kheireddin Barberousse. 
MoNTET : Les confriries religieuses au Maroc. 

Id. Les Zkara sont-ils Chretiens ou musulmansl 
K. Vollers : La langue litteraire et la langue parlie 

dans Vancienne Arabic. 
Christian : La colonisation par le livre, 
Robert : Contribution au Folklore des Indiginesd'Al- 

girie. 
Mirante : La presse arabe. 
A. William Jackson : Additional notes of a journey 

through Persia and Turkistan. 
FfiLiu : Legislation des eaux dans la Chebka du M'zab. 
Baron Guillibert : Deux manuscrils arabes apportes en 
Provence par un offkier de Varmie francaise d'Egypte. 
MM. JoLY : Derivation du trilitere en arabe vulgaire. 

Si Chaib ben Ali : Nachr el Alam en noilraniya fi. Tdrikh 



TABLKAU DES SECTIONS « 

el lofjhdtfi, mathour el Kalam alaelloghat el arabiya wa 
ssiryaniyd wa md qila aouliyat el Khat't'el horouf, etc. 
MM. Haillakt : TranscrijUion de VArabe en Russe et du 
Russe en Arabe. 
Cheiku Mohammed Sultan : Les Ugislations divines, 
quoique diffirentes les unes des autres tendent toutes 
vers le m^e but. La chaaria ou droit musulman est 
applicable d tous les temps. Obligation d'instruire la 
femme en droit musulman. 
M"» Olga de Lebedew : Notice au sujet d'un manuscrit arabe 
sur I'histoire de la conversion de la Gtiorgie. 
MM. Galtier : Conte arabe en dialecte igyptien. 

Id. Legende musulmane sur la mort de la Vierge. 

I. GuiDi : Note sur le Nasib des poisies arabes. 
W. Marqais : Les formes verbales passives dans le dia- 
lecte du Sud algirois. 
DE Gregorio : Details historiques sur la pierre de 

Palerme. 
Prof. M. Hartmann : Zur Geschichte Central- Asien. 

Id. Zur Kenntniss des osttUrkischen. 

DE GoEjE : L'encensement des marts chez les anciens Arabes. 
Mirza Hussein Khak : Le Soufisme dans la Lilterature 
persane. 



IV. — £gypte ; Langues africaines, Madagascar. 

President : MM. Lef^bure, I. u, Charge de cours a I'Ecole Sup6rieure 

des Lettres, 94, rue de Lyon, Mustapha-Belcourt. 
Secretaire : H^ricy, I. M, Professeur au Lyc^e d'Alger. 

BouLiFA, R^p^titeur de langue kabyle a I'EcoIe Sup^- 
rieure des Lettres. 

Communications annoncees : 

MM. Ferrand : Vn ancien texte malgache. 
CoNTi-RossiNi : Canti popolari bileni. 
LiEBLEiN (J) : Sur les anciennes relations entre Ogypte 

et la Grice. 
Destaing : Le dialecte des Beni-Snous. 
Gaudefroy-Demombynes : Note sur les langues du Chari. 
Schmidt (Valdemarj : Les cercueils et sarcophages igyp- 
tiens. 
Id. Sur les objets igyptiens trouves 

hors de I'^gypte. 
Carra de Vaux : Etymologic du mot Pyramide. 



10 



CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

M- ViREY : Sur d'anciennes peintures igyptiennes que Von 
pent comparer a des scenes d^crites par Aristophane 
dans la Comedie des Oiseaux. 



V. — Extrdme-Orient. 

President : MM. Cordier, ^, I. Q, Professeur a I'ficole des Langues 
Orientales vivantes, 54, rue Nicolo, Paris (XVI^). 

Secretaire : Courant, I. M. Mailre de conKrences k TUniversit^ 

deLyon, chemin du Chancelier, 3, Ecully (Rh6ne). 

Communications annoncees : 

MM. Martin-Fortris : Rapport du secretaire de la commis- 
sion Internationale de transcription des sons chinois. 

Comte F. Pull6 : Materiali per servire alia storia delta 
Cartografia dell'Estremo Oriente in ordine al voto 
del Congresso di Hanoi. 

D"^ MuRAKAWA : TJher den Versuch Kubilai-qadn Japan 
zu erobern. 

Georges SouliS : Les Mongols ; leur organisation ad- 
ministrative, d'apres des documents chinois. 

Id. Elements de grammaire mongole. 

D' F. W. K. MiiLLER : Uber Handschriftenfunde in 
Turfan, Chinesisch Turkestan. 

Chevalier (Henri) : Sepulture de Hien-Tsong, empe- 
reur de Cor4e {4839). 

Cordier : Quelques impressions sino-europeennes du 
Kouei-TcMou. 

D' A. WiRTH : Geschichte Chinas. 

Macey : Populations laotiennes du Gammon, 

PiERLOT : Les Meos. 

Pelliot : Les CEuvres de r Islam chinois. 

Chavannes : Communication (Chine). 

' VI. — Grhce et Orient. 

Prisident : MM. Diehl, ^, I. O, Correspondant de Tlnstitut, Profes- 
seur a la Faculty des Letlres de Paris, 4, square 

du Roule, Paris. 
Secretaire : BRtHiER, Professeur a la Faculty des I.eltres de 

Clermont-Ferrand. 

Communications annoncees : 

MM. Diehl : Les iglises d'Afrique et les influences orientales. 
Id. Un manuscrit d miniatures de la Biblothique 
du Saint-Sepulcre. 



TABLEAU DES SECTIONS If 

MM. DiEHL. Les itudes byzantines en Prance en 1905. 

CuMONT : Notss $ur le Pont a C^oque romaine. 

BoisAca (E.) : Vn lexique Hymologique de la langue 
grecque. 

Vassiuev : Agapius de Memhidj, historien arabe ekri- 
tien du X* Hide, en tant qve source de Vhistoire de 
Byzance. 

OusPENSKi : Lettre d'ArisUe sur Us Septante (para- 
phrase byzantine el miniature). 

Kretschmer : Ln formation de la langue greeque 
vulgaire dans I'Orient helUnistique. 

TouTAiN : Le culle des divinitis egyptiennes a Delos. 

Br^hier : La conception du pouvoir imperial en Orient, 
pendant les trois premiers siecles de I'ere chretienne 

AbW Nau : Notes sur les Clementines. 

Wessely : Sur les transcriptions arabes des mots grecs 
dans un trds ancien manuscrit de Dioscorides a la 
bibliothique imperiale de la cour de Vienne. 

Danon : Litlerature helUno-caraite. 

Carolid^s : La chronique byzantine de Jean iveque de 
Nikiou. 

VII. — Arch^ologie africaine et art mnsulman. 

President : MM. Gsell, ^, I. v, Correspondant de llnslilul, Pro- 
fesseur k I'Ecole des Leltres, Oirecteur du Musde 
d'Alger, 77, rue Michelet, Mustapha. 

Secretaire : Baron de Vialar, Direcleur adjoint du Mus^e d'Alger. 

Communications annoncees : 

MM. GoDCHOT : La colonisation romaine en Afrique par les 

militaires. 
Sarre : L'art persan de I'lslam. 
RENfi Basset : Le nom du chameau chez les Berbtres. 
Lef^bure et Flamand : De I' introduction du chameau 

dans C Afrique du Nord. 
Probst- BiRABHN : Essaide philosophic de I' arabesque. 
Marcais (Georges) : Quelques formes de Cart proto- 

arabe. 
Flamand : Inscriptions et gravures rupestres libyco- 

berbires du Nord-Africain. {Nouvelles observations 

sur Vdge relatif de ces monuments, les caracteres 

d'icriture et les dessins). 



ADHESIONS 



DELEGATIONS OFFICIELLES 



Elmpire d'Allemagne et Etats allemands : 

MM. D"" VON TiSCHENDORF. — D' BaRON von OpPENHEIM. — D"" PlSCHEL. 

— D' KlELHORN, — D"" BezZENBERGER. — D' CORNILL. — D"" BUDDE. 

— D"" Peiser. — D' KuHN. — D'" Windisch. — D'' Seybold. — 
Df MUnzel. — D' Brockelmann. — D"" Muller. — D"- Lippert. 

Gouvemement imperial Autrichien : 
MM. D' Karabacek. — D"" D. H. Muller. — D^ Kretschmer. 

Gouvernement royal de Belgique : 

MM. Chauvin. — Franz Cumont. — De la Vallee Poussin. — Kdge- 
NER. — Forget. 

Gouvernement imperial Ghinois : 
M. Tang Tsai Fou. 

Etat independant du Congo : 
MM. Forget. — Franz Cumont. 

Gouvernement royal de Danemark : 
M. le D' Buhl. 

Gouvernement Egyptien : 

MM. Cheikh Sultan Mohammed. — Cheikh Mohammed Asal. — Cheikh 
Abdul Aziz. — Chiekh Hamid Husein Valy. 

Gouvernement des Etats-Unis : 
MM. Bloomfield. — Haupt. — Lanmann. 



ADHESIONS 13 

Gouvernemeat de la France : 

(Ministfere des Affaires Elrangferes) M. Huart. 

(Ministere de I'lnstriiclion publique) MM. Barbier db Meyjjard. — 

CORDIER. — SeNART. 

(Ministere de la Justice) M. Cdristian. 

(Ministere de la Guerre) M. Hamkt, officier interprete principal. 

(Ministere des Colonies) M. Duch^ne. 

GoDvemement de TAfriqae occideotale fran^se : 
M. Dugh6ne. 

Gouyemement de I'lndo-Chlne : 
M. Pelliot. 

Goavemement royal Helleniqoe : 
M. Carolid^s. 

Gouvernement de Holla ade : 
M. de GoEJE. 

Goavemement de Tlnde Anglaise : 
Sir C. I. Lyall. 

GouTemement royal Italien : 

MM. le comte Pull6. 
de Gregorio. 
Nallino. 

Goavemement du Mexique : 
M. Paso y Troncoso. 

Goavemement du Montenegro : 
M. Brunei. 

Goavemement imperial Persan : 
M. MiRZA Abdul Hussein Kuan. 

Goavemement imperial de Rassie : 

M. Streboulaiew. 

(Ministere de I'lnstruction publique) M. Knaubr. 



14 CONGRfiS INTERNATIONAL DES OHIENTALISTES 

Gouvernement royal Suedois : 
M. le D' Flensburg. 

Gouvernement Tunisien : 
MM. Machuel. — Roy. — Gauckler. 

Algerie : 

Soci6t§ archeologique de Constantine (MM. Maguelonne et Gus- 

tave Mercier, del6gues). 
Soci6te de geographie d'Alger et de TAfrique du Nord (MM. Mespl6, 

Pelleport, Demontes). 
Alliance fran^aise, section de B6ne (MM. Brudo et Genty). 
Societe historique d' Alger (MM. Paysant et Ben Cheneb). 
Bibliotheque Nationale, Alger. 
Commune mixte du Haut-Sebaou. 
Commune mixte d'Azeffoun. 
Commune mixte d'El-Milia. 
Commune mixte des Beni-Salah. 
Ecole de droit (M, Dujarier). 

— de medecine (M. Guillemin). 

— des Sciences (M. Thevenet). 

— des Lettres (L. Gauthier). 

Allemagne : 

Academie royale des Sciences de Munich (P' D"" Krumbacher). 

Bibliotheque de TUniversite de Leipzig. 

Biblioth6que de I'Universit^ de Giessen. 

Deutsche morgenlaendiche Gesellschaft — Halle. Professeurs 

D" WiNDiscH et Prym. 
Deutches Palestina-Verein (P"" D"" Kautzcb). 
Vorasiatische Gesellschaft, Berlin (P"" D"" Hubert Grimme, D»" J6r6- 

HIAS). 

Society de geographic de Munich (D*- Lucien Schermann). 

Orientalische Gesellschaft — Munich (?■• D^ Fritz Hommel). 

Universite de Giessen (P' D' Bartrolomae). 

Universite de Heidelberg (P""* D' Bezold et D"- Lefmann). 

University de Strasbourg (P" D^s Faulhaber, Landauer, Nowack). 

Universite de Tubingen (P"" D"" Seybold). 

Seminar fQr orientalische Sprachen, Berlin. (P' D"" Lippert). 



ADilf:SIONS 15 

Aatriche : 

Vienne (P"" D' Joseph von KxRABArEK. P' D' Muller). 

Minisl^rc de I'lnstruclion publique imperial et royal d'Autriche- 

Hongrie (P"" D"" Kretschmkr. P' D"" Mqller). 
Bibliolheque de la Cour de Vienne (P"" D' Karl Wessely). 
Universite de Graz (P' D Kirste). 
University de Vienne (P"" D' Joseph Von KARABAciBK. P"" D' MOller. 

P"" D"" Kretschmer). 

Belgique : 

Universite libra de Bruxelles (P"" KOgener). 

Soci6te d'archeologie de Bruxelles (C. Franz Cumont). 

Danemark : 

Academic royale des sciences de Danemark fP' D' BQhl). 
University de Copenhague (P"" D"" BUul). 

Egypte : 
Inslitul d'archeologie du Caire (M. Chassinat). 

Espagne : 

Real Academia de la Historia (D'' Francisco Codera). 
Universite de Grenade. 

EUts-Unis : 

American Oriental Society (MM. les D" Haupt, Lanmann, Bloomfield, 

A. V. Jackson). 
American philosophical Society (D"" J. Sacdse). 
Muhlenberg-CoUege-Allentown, Pensylvanie (D' Julius F. Sachsb). 
Smithsonian Institution (P"" D"" Paul Haupt). 
National Museum of U. S. A. (P"" D"" Paul Haupt). 
John Hopkins University-Baltimore (P"" D"" Paul Haupt, D' Bloom- 

kield). 

France : 

Acad^mie des Inscriptions el Belles-Lettres(MM. Philippe Bbruer, 
Cagnat, Dekenbourg et Oppkrt). 



16 C0NGR£S international DES ORIENTALISTES 

ficole pratique des Langues orientales vivantes (M. Houdas). 

Ecole francaise d'Extreme-Orient (M. Pelliot). 

Ecole pratique des Hautes-Etudes (M. Joseph Halevy). 

Ecole pratique des Hautes-Etudes (Section des sciences religieuses) 

(M. Toutain). 
Institut catholique de Paris (A.bbe Nau). 
Soci6te asiatique (M. Chavanxesj. 
Society de geographic de Paris (M. Cordier). 
Societe de geographic commerciale de Paris (MM. Chevalier, Boul- 

LAND DE l'EsCALE, M"^^ DE SaINT-GeN^s). 

Societe des Etudes juives (MM. Israel L6vi, Schwab). 
Societe des Etudes coloniales et maritimes (M. Dupuis). 
Societe des Peintres orienlalistes frangais (MM. AntonIjGaudtssart). 
Revue des Traditions Populaires (MM. Gaudefroy-Demombynes, 

Macler). 
Bibliotheque Nationale, Paris. 

Grande-Bretagne : 

Asiatic Society of Bengal (Sir C. J. Lyall). 

Folklore Society (M. Rene Basset, Directeur de TEcole des Lettres 

d'Alger). 
Royal Asiatic Society (MM. Guy le Strange, Syed Ali Bilgrami, 

Browne, Sir Charles Lyall, colonel Sir Richard Temple, Sir 

Raymond West). 
Royal Geographical Society (Sir Harry H. Johnston). 
Universite de Glasgow (Rev. Prof. James Robertson, Prof. Thomas 

Weir). 
Universite Victoria, Manchester (Prof. Hogg). 
Universite d'Oxford (MM. Driver, Macdonnel, Charles, Conybeare, 

Stenning, Cowley, Mills, Ball, Thatcher, Bellairs, Margo- 

lioutb). 
University de Cambridge (MM. Edward G. Browne, Bevan, Ben- 

dall, Burkitt, Halil Kalid Effendi). 

Hollande : 

Taal Land en Volkerkunde van Nederlandich Indie (Prof. D'' de 

Gkoot). 
Soci6t6 d'arts et de sciences (Batavia). 



ADHESIONS 17 

Hon{]frie : 

Academie royale des Sciences de Budapest (P' D' Goldziuer). 

Mus6e national hongrois (P"" D' Mauler). 

Faculte de philosophie del'L'niversil^ de Budapest (P"" D' Mauler). 

Italic : 

Societi Asiatica Italiana (MM. Guidi, Griffini). 
R. Academia Peloritana. Messine (M. de Gregorio). 
Society italiana explorazioni geografiche, Milan (Antonio Annoni). 
Societi geografica italiana (Comte Pullk). 
Societci Siciliana per la Storia Patria (M. de Gregorio). 
R. Academia di Scienze, Lettere, Belle arli, Palermo (M. de Gre- 
gorio). 
Universite de Bologne (Comte Poll6). 
Academia del Lincei (Rome). 

Jforwege : 
University de Christiania. 

Portugal : 

Societe de g^ographie de Lisbonne (M. Rene Basset). 

Russie : 

Institut des Langues orientales pres le ministere imperial des 
Affaires etrangeres (M. Knauer). 

Biblioth^que de I'Universite imperiale de Sainl-Petersbourg. 

Societe Russe des Etudes Orientales (M"" de Lebedew, MM. le ge- 
neral de ScnwEDOw, P"" D"" Knauer, M. Streboulaiew). 

Universite imperiale de Dorpat (M. de Bulmerincq). 

Universite imperiale de Kiew (M. Knauer). 

Suede : 
Universite d'Upsala. 

Suisse : 

Universite de Bi\le (P"" D-" Bertholet). 
Universite de Berne (P"^ D' Mullkh Hess, Karl Martin 
Universite de Geneve (P" Montet. Naville, Paul Oltramare). 
Universite de Lausanne (P"^ Jean Spiro). 

1. 2 



ig congr£s international des ORIENTAUSTES 

Universile de Zurich (P-" Adolf Kaegi). 
University de Fribourg (P' Grimme). 

Tunisie : 

Society de Geographic commerciale de Tunis (section tunisienne' 

(MM. Proust, Hassen Husny Abdul Wahab). 
Inslitut de Carthage (MM. Gauckler et Doutte). 



ADIIESIOINS INDIVIDLEUES 



AL«i:RIE 



MM. 

Abdallah ben el Hadj Salah, n^gociant, Alger. 

Abdeljebar Ben Ahmed, cadi ibadite, Constantine. 

Abderrahman Mohammed, professeur d'arabe, TIemcen. 

Aboubekr Abdesselam ben ChoaIb, professeur d'arabe, TIemcen. 

Aboucaya, interprete judiciaire, Oued Zenati. 

M™« Aboucaya, Oued Zenati. 

Ahmed ben Mourad TuRaoi. libraire, k Alger. 

Amouchi ben el Hadj Tahar, interprete a la prefecture, Constantine. 

Arripe, adiTiinistrateur de commune mixte. Teniet-el-Haad. 

Bakir-Khodja, offlcier interprete de 1" classe, Constantine. 

Bakir Kodja Youcef, Alger. 

Barbreau, administrateurde commune mixte, Soukahras. 

Basset, Rene, correspondant de I'lnslitut, directeur de I'EcoIe superieure 
des Lettres, Alger. 

M»« R. Basset, Alger. 

Bel, directeur de la Medersa, TIemcen. 

Belabed Ali, adjoint indigene a TOued Zenati. 

Belaid, interprete judiciaire, Tizi-Ouzou. 

Belloir, administrateur de commune mixte, I'Edough (Bdne). 

M"» Odette Belloir, I'Edough. 

M'l* Rence Belloir, I'Edough. 

Benachour (Amar), adjoint indigene de la commune mixte de Takitount. 

Ben Cheneb, professeur a la Medersa, Alger. 

Ben Chetah Mohammed, proprietaire a I'Oued Zenati. 

Ben Guettat el Habib, Alger. 

Benhabyles, adjoint indigene de la commune mixte de Takitount. 

Bendjama Abdelmadjid, professeur a la Medersa, Constantine. 

Ben el Hadj Said Mokhtar oukil judiciaire, Chaleaudun-du-Hhumel. 

Benlabed Salah, professeur a la Medersa de Constantine. 

Benmehel Taouriri, khodja de la commune mixte de Cberchell. 

Ben Mouhoob Mohammed el Mouloud, professeur k la Medersa de Cons- 
tantine. 

Bun Osmane Mustapha, d^legu^ flnancier. Aid Amara. 



20 CONGRfcS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

MM. 

Bek Smaia, professeur k la Medersa, Alger. 

Bentami, docleur en medecine, Alger. 

Ben TuRauiA, employ^ a la sous-prefecture de Tlemcen. 

Ben Zakour Mohammed, mufti malekite, Alger. 

Ben Touami, Marengo. 

BESANgoN, administrafeur de la commune mixte, Rhira. 

BouKANDOURA, muftl lianefite, mosquee de la Pecherie, Alger. 

BouLiFA r^petiteur de langue kabyle, Ecole superieure des I.ettres, 
Alger. 

Broussais, avocat, Alger. 

Brudo, interprete judiciaire, B6ne. 

M-* Brudo, B6ne. 

Brunache, administrateur de la commune mixte d'Aumale. 

Brune, administrateur de la commune mixte de Taher. 

Bucket, administrateur de la commune mixte de Renault. 

Bugeja, administrateur dela commune mixte de Teniet-el-Haad. 

M^e Bugeja, Teniet-el-Haad. 

BusauET, proviseur du lycee de Constantine. 

Calleja, negociant, Alger. 

Caroli, administrateur de commune mixte, La Meskiana. 

M"« Carpanetti, B6ne. 

Chambige, chef de bureau au Gouvernement general. 

Cherchali, attache au Service des Affaires indigenes, Alger. 

Choaib, cadi a Tlemcen. 

D' Colin (Gabriel), professeur d'arabe au lycee d'Alger, 

CouR, professeur a la Medersa de Tlemcen. 

Crozat, redacteur au Gouvernement general. 

Dalman, administrateur de commune mixte, M'Sila. 

Darmon, interprete judiciaire, Tlemcen. 

Dassonville, administrateur de commune mixte, Ain-Touta. 

David, conseiller adjoint de Gouvernement, Alger. 

Delphin, d6Iegu6 financier, Alger. 

DEMONTte, professeur au lyc^e d'Alger. 

Desparmet. professeur au lycee d'Alger. 

DiSTAiNG, professeur a la Medersa, Tlemcen. 

Deyrieux (abb6), chanoine, superieur du Petit Seminaire de Saint- 
Eugene. 

Dlih Dderradji ben Saad, Oued-Zenati. 

DoMANDji(Si Moslefa), Khodja, Ain-M'lila. 

DouTit, charge de cours a I'Eco'e superieure des Lettres, Alger. 

Dujarier, direcleurde I'Ecole de Droit, Alger. 

DuRAND, sous-prefet de Guelma. 

El Mansali Mohammed, Alger. 



ADHESIONS INDIVIDLELLES 2« 

MM. 

Ettori, chef du Service intdrieur el du Matf*riel au GouverDement 
general. 

Fassina, docleur en m^decine, Alger. 

M°>" Fassina, Alger, 

M"" Fassina, Alger. 

M"* Fassina, Alger. 

M. Fassina, Alger. 

Mma Fassina, Alger. 

M"« Suzanne Fassina, Alger. 

F^Liu, inlerprete judiciaire, Blida. 

Flamand, professeur a rEcoie superieure des Sciences d'Alger. 

FouRNiER, professeur a I'EcoIe superieure des Lettres d'Alger. 

FRfecHE, juge au tribunal de Blida. 

Gaudissart, sculpleur, Alger. 

Gauthibr (L.), professeur a I'EcoIe superieure des Lettres d'Alger. 

Gautier (E.), professeur a I'EcoIe superieure des Lettres d'Alger. 

Genty, president du tribunal civil de B6ne. 

M"*" Genty, B6ne. 

Gheramoun Yahia, cadi-notaire, Tizi-Ouzou. 

GiACOBETTi (Pfere), missionnaire des Peres Blancs, Birmandreis. 

Miss Glanfield Clarke, Alger. 

GoDCHOT, chef de bataillon, au 3' regiment de tirailleurs, Constantine. 

M"" GoDCHOT, Constantine. 

M"" GoDCHOT, Constantine. 

D"" GuiLLEMiN, professeur a i'Ecole de m^decine. 

GsELL, correspondant de I'lnstitut, professeur k I'EcoIe sap<5rieure des 
Lettres, Alger. 

Hadj Mamed BEN Lekhal, Alger. 

Hassen Douadji. mouderres, Cherchell. 

Heckmann, armateur, Alger. 

M™» Heckmann, 

HfiRicv, professeur au Iyc6e d'Alger. 

HouARi Ghomi, interprete ji Saint-Denis-du-Sig. 

Igonet, professeur au college de Mostaganem. 

Imbert, commissaire de la marine en retraite, Alger. 

Jeanmaire, recleur de I'Academie d'Alger. 

Josse, officier interprete, Alger. 

Kam\l Mohammed, Alger. 

Lacherbf Abderrezzak, cadi a Batna. 

Lacroix (commandant), chef du Service des Affaires Indigenes et du Per- 
sonnel Militaire au Gouvernement general de I'Algerie. 

Laussel, admmistrateur de la commune niixte de M'Sila. 

Lautard, professeur au lycee de Constantine. 



22 r,ONGRf;S INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

MM. 

Leclerc, professeur au college de M6dea. 

Lef£bure, charg6 de cours a I'Ecole sup^rieure des Leltres d'Alger. 

Lemoine, administrateur de la commune mixte de Tiaret. 

LuciANi, conseiller de Gouvernement, Alger. 

Maguelonne, vice-pr6sident de la Societe archeologique, Gonstantine. 

Mamoud go Rabah, caid, conseiller general, Oued Amizour. 

Marage, administrateur de la commune mixte d'Oued Gherf. 

M** Marage, Oued Gherf. 

Marage fils, Oued Gherf, 

Marcais (William), directeur de la M6dersa d'Alger. 

Marcais (Georges), Alger. 

Martin, administrateur de la commune mixte de Saint- Arnaud. 

Mjvrzocchi, interprete-traducleur assermente, Alger. 

Martino, professeur au lycee d'Alger. 

Mein, pasteur ^cossais, Alger. 

M£netret, administrateur de la commune mixte d'El-Milia. 

MtRANDON, administrateur de la commune mixte de Fedj Mzala, 

Mercier (Ernest), president de la Societe archeologique de Gonstantine. 
Mercier (Gustave), avocat, conseiller general, Gonstantine. 

M"» G. Mercier, Gonstantine. 

Mercier (Louis), officier interprete au bureau des Affaires indigenes de 

Colomb. 
Mespl]^, professeur a I'Ecole sup^rieure des Lettres d'Alger. 
M™' MiGufeREs, Gonstantine. 

.MiRANTE, officier interprete au Gouvernement general de I'Algerie. 
Mohammed ben Braham, interprete judiciaire, Oued Athmenia. 
Mohammed Taleb, etudiant a I'Ecole des Lettres, Alger. 
MoNTifeRE, administrateur de la commune mixte de T6nes. 
MoTYUNSKi (de Galassanti), directeur de la Medersade Gonstantine. 
MoTYLiNSKi (M"" de Galassanti), Gonstantine. 
M'"^ DE Calassanti-Motyunski, Gonstantine, 
MoRAND, professeur a I'Ecole superieure de Droit d'Alger. 
Murat, administrateur de la commune mixte de Fort-National. 
MusTAPHA BEN Lekhal, mcmbre de la commission du culte musulman, 

Alger, 
Oehlschlager, olflcier interprete principal, Gonstantine. 
Olivier, administrateur de la commune mixte d'Ain-M'lila. 
Ottemann, nolaire, Tlemcen. 
M"" Ottemann, Tlemcen. 
M"" Ottemann, 

Paoli, bibliothecaire de I'Universite d'Alger. 
Paulhon, juge au tribunal de Mascara. 
Pavsant, president de la socie<e historique d'Alger. 



ADHESIONS iNDIVIDlIELLES 23 

MM. 

Pelleport, intendant militaire en relraile, Algec 

Pi-RiER, Alger. 

Plumat, administrateur de la commune mixte de Tababor. 

PoMMEREAU, interprelc judiciaire, Sidi-bel-Abb^s. 

Poms, adiiiinislrateur de ia commune mixte de I'Oued-Marsa. 

Probst-Biraben, institulour k la section sp^ciale i I'ficole normaie de la 
Bouzarea. 

Ramoul Ahmed, bach adel, Med6a. 

Rey, avocat, Alger. 

M"" Rey, Alger. 

RiEUBON (abb6), professeur d'arabe au petit seminaire de Saint-Eu- 
g6ne. 

Robert, administrateur de la commune mixle des Maadid. 

M'" Robert (Berthe), Bordj-bou-Arreridj. 

M"* Robert (Blanche), Bordj-bou-Arreridj. 

M™' Robert, villa Montfleury, Alger. 

RoMiEu, professeur d'hydrographie, Alger. 

Rostane, cadi k Zemmorah. 

RoussELOT, inspecteur des eaux et forets, Gonstantine. 

RuEL DE Sourodvre, administrateuF de commune mixte, Saint-Cloud. 

Sabatier, del^gue financier, Med6a. 

Saint-Calbre, professeur a la m^dersa de Gonstantine. 

Sai.st-Pol (abbe), petit seminaire, Saint-Eugene. 

Sarfati, interpr^te judiciaire, Setif. 

Somnier, administrateur de commune mixte, Jemmapes. 

SouALAH, Ma'ammar, professeur a I'Ecole normaie de la Bouzareah, 

Alger. 
TaIeb Ben Hadad, Alger. 

Thevenet, directeur de I'EcoIe des Sciences, Alger. 
Venard, professeur a la mt'dersa de Constantino. 
ViALAR (baron de), direcleur-adjoint du mus»''e d'Alger. 
Waille, professeur k I'Ecole Superieure des Lettres d'Alger. 
YvER, professeur k I'Ecole Superieure des Lettres d'Alger. 
Zbnouki Mohamed, bach adel a la mahakma dc TIemcen. 

ALLEMAGAIE 

MM. 

Ballhorn, Chancelier du Consulat d'Allemagne, Alger. 

Prof. D' Bartholomae, professeur a I'Universit^, Giessen. 

D' Baentsch Drugulin, libraire-6dileur, Leipzig. 

.M"" Elisabeth Baentsch Drugulin, Leipzig. 

Prof. D' Becker, privat decent 4 I'Universit^, Heidelberg. 

Prof. D' Bezold, Heidelberg. 

M"" Bezold, Heidelberg. 



24 C0NGR£S international DES ORIENTALISTES 

MM. 

Prof. D' Bezzenberger, Conseiller jirive de Gouvernement, Konigsberg. 

D' De BissiNG (Baron Wilhelm), Berlin. 

Prof. Di- Brockelman (Carl), professeur a I'Universite de Konigsberg. 

Prof. D'' BRiiNNOw, professeur a I'L'niversite de Bonn. 

Prof. D"" BuDDE (Karl), professeur a I'llniversite de Marburg. 

Cheikh H.\med Hussein Waly, professeur d'arabe au seminaire des langues 
orientales, Berlin. 

D' CoRNiLL, professeur a rUmversit6 de Breslaa. 

D' CuNZE, Francfort-sur-le-Mein. 

Prof. D'' Deussen, professeur a rUniversite de Kiel. 

D' Diebler, Chemmitz (Saxe). 

D' Dyroff (Karl), privat-docent a I'Universite de Munich. 

D' Eberbach, Conseiller du Gouvernement, Strasbourg. 

Prof. D'' EuTiNG, correspondant de I'lnstitut, Directeur de la Bibliotheque 
de I'Universite imperiale, Strasbourg. 

Prof. D' Faulhaber, professeur a I'Universite de Strasbourg. 

Prof. D' J. Felix, professeur a I'Universite de Leipzig. 

Ferrand, consul de France a Stuttgard. 

Prof. D' Ficker (Gerhard), professeur a I'Universite de Halle. 

Prof. D' Ficker (Johann), professeur a I'Universite de Strasbourg. 

Prof. D' Ficker, professeur a I'Universite de Leipzig. 

Francke, Francfort-sur-le-Mein. ► 

Frauberger, directeur du Mus6e, Dusseldorf. 

Prof. D' Gebhardt, professeur a I'Universite d'Heidelberg.. 

Prof. Dr Glaser, Miinich. 

Gratzl, assistent an der Koenigl. Bayerischen Hof-Staats bibliothek, Mu- 
nich. 

Greding (Adolf), Munich. 

D' Hallier, avocat, Hambourg. 

M°" Hallier, Hambourg. 

Prof. D"" Hartmann, Berlin. 

Hartmann, Beutelsbach. 

Harrassowitz, libraire-editeur, Leipzig. 

Prof. Df Hell, professeur a TUniversite de Munich. 

D' Hilgenfeld, privat docent a I'Universite de lena. 

Prof. D' HoLLRUNG (Max), professeur a TUniversite de Halle. 

M"*Hollrung, Halle. 

Prof. D' Hommel, professeur a I'Universite de Munich. 

D' Illing, medecin, Kiel. 

D' Jahk, BrSrae. 

D"" Jeremias, privat docent, Leipzig. 

M"* Jeremias, Leipzig. 

D' Kampffmeyer, docent k I'Universite de Halle. 



ADHESIONS INDIVIDUELLES 

MM. 

Prof. D"" Kautzch, professeur k I'Universit^ de Halle. 

D' Kern (Friedrich), Berlin. 

Prof. D' KiELHORN, conseiller priv6 de gouvernement, professeur a I'Uni- 
versile de Guttingen. 

Kindle, secretaire a Tageace diplomatique de I'Allemagneau Caire. 

Prof. D"" Krumbacher, professeur k I'LIniversile de Munich. 

Prof. D' KuHN, professeur a I'Universite de Munich. 

Mn>« KuHN, Munich. 

Ml'* KuHN, Munich. 

D' Landberg (Comte de), Munich. 

Prof. D' Landauer, bibliothecaire et professeur k I'Universit^ de Stras- 
bourg. 

D"^ Lefman, professeur honoraire a I'Universit^ de Heidelberg. 

Prof. Df LiPPERT, Berlin. 

Prof. D' Merx, professeur k I'Universit^ d'Heidelberg. 

Prof. D'- MuNZEL, directeur de la bibliotheque publique, Hambourg. 

M™" MuNZEL, Hambourg. 

D' MuLLER, Berlin. 

D' MuRAKAWA (Kengo), Charlottenburg pros Berlin. 

D' Negelein, decent k I'Universite de Konigsberg. 

Prof. D"" NcELDEKE, professeur a I'Universite de Strasbourg. 

Prof. D-- NowACK, professeur a TUniversite de Strasbourg. 

Oppenheim (Baron Max), conseiller de legation k Tagence diplomatique 
d'Allemagne pour I'Egypte, Le Caire. 

D' Peiser, privat decent a I'Universite de KOnigsberg. 

D' Peltzer(R. a.), Munich. 

D"^ Peltzer (Alfred), Munich. 

Prof. D' PiscHEL (Richard), conseiller priv6 de gouvernement, Berlin. 

Prym (Edouard), Referendar au tribunal de Kiel, 

Prof. D' Prym (Eugene), professeur a I'Universite de Bonn. 

M"** Prym, Bonn. 

M"«! Prym, Bonn. 

Reitemayer (Else), Erfurth. 

D' RoEDER, Berlin. 

D' Sachau, conseiller d'Etat, professeur k I'Universite, Berlin. 

Prof. D"" Sarre (Friedrich), Berlin. 

M"' Sarre, Berlin. 

Prot. D"" Scherman, professeur k I'Universite de Munich. 

M"« Schneider, Rgt-Egestorf, bei Hannover. 

D' Schrader, professeur, Berlin. 

Prof. D"" Setbold, professeur k I'Universit*^ de Tubingen. 

Prof. D' Soerensen. professeur k I'Universite de I.eipzig. 

Prof. D"" Steinen, Berlin. 



26 CONGRES international DES ORIENTALISTES 

MM 

Von Tischendorf, Consul imperial allemand, Alger. 

D' Treutmann, Schoeneberg- Berlin. 

M"" Treutmann, Schoeneberg-Berlin. 

Veit (Fr6d6ric), Tubingen. 

ViTZTHUM, Berlin. 

Prof. D' VoLLERs, professeur k i'Umversit6 d'lena. 

M"' VoLLERs, I§na. 

Weiffenbach (Hermann), Munich. 

Mm« Weiffenbach, Munich. 

D' Westphal, privat-docent a I'Universite de Marburg 

Prof. D'' Wiedeman, professeur a rUniversit6 de Bonn. 

M™e Wiedeman, Bonn. 

Prof. D"" WiNDiscH, Conseiller prive de la Gour, professeur a TUniversite 

de Leipzig. 
D' WiRTH, privat-docent a I'Universite de Munich. 
M™* WiRTH, Munich. 
M"« WiRTH, Munich. 
Wolff, Giessen. 

AIITRICHE-HONGRIE 

MM. 

Prof. D"" Backer, professeur au seminaire isra61ite, Budapest. 

M™« Backer, Budapest. 

M"« Blumberg (Louise), Vienne. 

D' GoLDziHER, professeur a I'Universite, Budapest. 

D' Karabacek (Joseph Von), conseiller aulique, professeur a I'Universite 

de Vienne. 
D"" KiRST2, prolesseur a I'Universite de Graz. 
M™« KiRSTE, Graz. 

Df Kretsckmer, Conseiller aulique, professeur k I'Universite de Vienne. 
D» Mahler, professeur au Musee national hongrois, Budapest. 
M™" Mahler, Budapest. 

D"" MuLLER, professeur a I'Universite de Vienne. 
M"* PoLAK (Th^rfese), Vienne. 

D' Schlcegel, professeur de langues orientales, Vienne. 
D' Sedlac'ek, professeur a TUniversite tcheque de Prague. 
D' Wessely (Karl), professeur a I'Universite de Vienne. 

BELGIQUE 

MM. 

BoisACO, Professeur k I'Universite de Bruxelles. 

Carnoy (Albert), charg6 de cours k rUniversil6 de Louvain. 



ADHESIONS INDIVIDUELLES 27 

MM 

Chauvin, professeur k I'Universite de Liege. 

CoLiNET, professeur i I'Universite de l^ouvain. 

CouLBi-RT, Commandant en retraite, Bruges. 

CuMONT (Franz), Bruxelles. 

Falk (Theodore), Bruxelles. 

Forget (Jacques), professeur k I'Universite de Louvain. 

Garnir (Georges), avocat, redacteur au Petit Bleu, Bruxelles. 

M?' Hebbelynck, recteur de I'Universite de Louvain. 

HoRTA (Victor), architecte, professeur a I'Universite de Bruxelles. 

Kleyer, Docteur en droit. 

KuGENER, professeur k I'Universite litre de Bruxelles. 

M"" MoNGE (Vicomtesse de), Anvers. 

MoNSEUR (Eugene), professeur k TUniversit^ de Bruxelles. 

M"" Parvillez I Alfred), Anvers. 

VALLtE PoussiN (dc la), professeur k I'Universite de Gand. 

M""" Vall£e Poussin (de la), Gand. 

CHINE 

MM. 

Tang TsaiFou, attache a la legation de Chine k Pans. 
SouLt£, consul de France. 

DUWEIHARK 

MM. 

D' BiiHL, professeur a I'Universite de Copenhague. 

M"" Buhl, Copenhague. 

D' Christensen, Docteur es-lettres, Copenhague. 

M"« Muller (Thora), Copenhague. 

Mil" Muller (Bothild), Copenhague. 

D' Schmidt (Valdemar), professeur a I'Universit*^ de Copenhague. 

Simonsen, rabbin, Copenhague. 

EliPAGNE 

MM. 

CoDERA, membre de la Real Academia de la Historia, Madrid. 
Menen, docteur en philosophie, Madrid. 
Palacios (Miguel Asinyi, professeur a I'Universite de Madrid. 
SaavedRa, membre de la Heal Academia de la Historia, Madrid. 
Tarrago (Julian Ribera), professeur a I'Universite de Saragosse. 
VivEs, membre de la Real Academia de la Historia, Madrid. 



28 CONGRiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

MM. 

Andrews (J.-B), New-York. 

D' Barton (George). Bryn Mawr, Pensylvanie. 

D' Bloomfield, professeur a I'Universite John Hopkins, Baltimore. 

M"" Bloomfield, Baltimore. 

D' Deutsch, professeur a Hebrew-Union College, Cincinnati. 

Deotsch, (fils), Cincinnati. 

D' Freyer, professeur i'^rUniversit^, Berkeley. 

M°»» Freyer, Berkeley. 

Gray, bibliolh^caire a I'Universite de Princeton. 

Hayes Ward (Rev. D' William), New-York. 

D' Haupt (Paul), professeur a TUniversite, Baltimore. 

M"* Haupt, Baltimore. 

D' Jackson, professeur a Columbia University, New- York. 

D' Lanmann, professeur de Sanscrit a Harward University John Hopkins, 

Cambridge. 
D' Littmann, bibliotheque universitaire, Princeton. 
D' Lyman (Smith), Philadelphie. 
D' MuMFORD, New-York. 

D*^ Prince (Dyneley), professeur de langues semitiqnes, New- York. 
D' Sachse (Julius), Philadelphie. 
M""« Sachse, Philadelphie. 
M"« Sachse, Philadelphie. 
Scott (Charles), president of the Oriental club of Philadelphie. 

EGYPTE 

MM. 

Chassinat, directeur de I'lnstilut franc^ais d'archeologie orientale. Le 

Caire. 
Cheikh Sultan Mohammed, professeur de langue arabe, Le Caire. 
Farid Bey, avocat, Le Caire. 

Galtier, membre de I'lnstitut fran^ais d'archeologie orientale, Le Caire. 
Gauthier (Henri), membre de I'lnstitut francais d'archeologie orientale, 

Le Caire. 
Mahmoud Salem, propri6taire du Journal « Arafat », Le Caire. 
OsMAN Bey Ghaleb, professeur, Le Caire. 

fRAKCE 

MM. 

D' Aboulker, m^decin, Paris. 
Adam, Paris. 
M"* Adam, Paris. 



ADHESIONS INDlVlULELLeS » 

MM. 

Amet, I'aris. 

M"* Ami;t, Paris. 

M"* Louis Amet, Paris. 

Anton I, Paris. 

Bachelet, Paris. 

Dr Bancel, m^decin, Lyon. 

Barbier de Meynard, membre de I'lnslitut, adminislrateur de I'Ecole des 

Langues Orientalos vivanles, Paris. 
Barr£ de Lancy, Paris. 
Barth, membre de Tlnslilut, Paris. 
Barth^lemy, vice-Consul de France k Recht (Perse). 
Beauvais, Angoul(^me. 
Ben Ali Fekar, professeur d'arabe, Lyon. 

BERGER(Ph.), membre de I'lnslitut, professeur au College de France, Paris. 
Bernard, charge de cours k la Faculty des Lettres de Paris. 
M°"» Bernard, Paris. 
BoGisir, Paris. 

Bonaparte (Prince Roland), Paris. 

Bonet, professeur a I'Ecole des Langues Orientalcs vivantes, Paris. 
Boulland de l'Escale, Paris. 

Bouvat, bibliolhecaire de la Soci^te Asiatique, Paris. 
Boyer, professeur a I'Ecole des Langues Orientales vivantes, Paris. 
M™» Boyer, Paris. 

Br^l, membre de I'lnslitut, professeur au College de France, Paris. 
Br^hier, professeur k la Faculty des Lettres de Clermont-Ferrand. 
Brunet, Consul du Montenegro, Paris. 
Cabaton, attach^ a la Riblioth^que Nationale, Paris. 
M"' Cabaton, Paris. 

Cagnat, membre de I'lnslitut, professeur au College de France, Paris. 
Carra de Vaux (baron), Paris. 
Chavannes, membre de I'lnslitut. professeur au College de France, Fon- 

lenay-au\-Roses. 
Chevalier, ingt-nieur, Paris. 
Mro* Chevalier, Paris. 
M>"« Chevalier, (IL), Paris. 
M'l* Chevalier (J.). Paris. 

Cordier, professeur h I'Ecole des Langues orientales vivantes, Paris. 
M"* Cordier, Paris. 

Courant, matlre de conferences k PUniversit^ de Lyon. 
Christian, directeur de I'lmprimerie Nationale, Paris. 
M°» Christian. Paris. 

ROisBT, membre dc I'lnstitut, doyen de la Faculty des Lettres, Paris. 
Crozier (marquis de), membre du Conscil sup^rieurdes colonies, Bayonoe. 



30 CONGRfcS INTEHNATIONAL DES ORlENtALISTES 

MM 

Derenbourg, membre de I'lnslitut, Paris. 

Descours-Desacres (Robert), Paris. 

Descours-Desacres (Jacques), Paris. 

M"« Descours-Desacres (Elisabeth), Paris. 

DiEHL, correspondant de I'lnstilut, professeur a la Faculty des Leltres de 

Paris. 
M"* DiEHL, Paris. 

DucHfeNE, chef de bureau au ministere des Colonies, Paris. 
Dupuis, Paris 
DussAUD, Paris. 

F.MJL SOREYB EL HeTTAMI, NiCC . 

Faure-Biguet, general en retraite, Valence. 

FfiLiCE (Philippe de), Paris. 

FossEY, maltre des conferences a TEcole des Hautes-Etudes, Paris. 

Gantin, Paris. 

Gaudefroy-Demombynes, biblioth6caire a I'EcoIe des Langues Orientales 

vivantes, Paris. 
M""» GiRETTE (Marcel), Paris. 

M?r Graffin, professeur a I'lnslitut catholique, Paris. 
GuiLLiBERT (baron), Aix-en-Provence. 
GuiMET (Em.), directeur du musee Guimet, Paris. 
Hah-lant, docteur en Droit, avoue k Epinal. 
Hal^vy (Joseph), directeur k I'Ecole des Hautes Etudes, Paris. 
Hamet, Officier, interpr^te principal (Ministere de la Guerre), Paris. 
M"' Hauser, Dijon. 
Henry (Victor), professeur a la Faculty des Lettres, Paris. 

HlLDENHNGER, Parls. 

Houdas, professeur a I'Ecole des Langues Orientales vivantes, Paris. 

Mil* Houdas, Paris. 

HuART, consul de France, professeur a I'Ecole des Langues Orientales 

vivantes, Paris. 
M™« HuART, Paris. 

Hubert, directeur-adjoint a TEcole des Hautes Etudes, Paris. 
Jacques (Henri), Paris. 
Julien, administrateur des Colonies, Paris. 
KuNCKsiECK (Georges), Paris. 
Labourt (I'Abbe J.), Paris. 
Lagrange (R. P.). couvent de Jerusalem. 
A LeChatelier. professeur au College de France, Paris, 
Lerolx (Ernest), editeur, Paris. 

Lfevi (Israel), mattre de conferences k I'Ecole des Haules Etudes, Paris. 
M"** Lt\T, Paris. 
LiVY-BRUHL, Paris. 



ADHKSIOiNS INDIVIDUKLLtS 31 

MM. 

Li-vi (IsidoH!). Paris. 

LoRET, profcsseur k I'UnlversiW, F^yon. 

LoRGEou, profcsseur k I'Rcole des Langucs Orientales vivantes, Parts. 

Macey, commissaire du gouvernement au laos. 

Macler, attach^ k la Bibiiothdque Nalionaie, Paris. 

Maitrk, mcmbre de I'Ecole Tranqaise d'Extrdme-Orienl, HanoT. 

Martin -FoRTRis (Rend), Aulhon-du-Perche (Eure-el-Loire). 

Maspero, membre de I'Institut, professeur au College de France, Paris. 

Massignon, Paris. 

M'i« May (Dick), Paris. 

Mayer-Lambert. Paris. 

Meillet, proresseur k I'Ecole des Langues Orienlales vivantes, Paris. 

MoNDON-ViDAiLHET, charg^ de coars k I'Ecole des Langues Orientates 
vivantes, Paris. 

M'I'Mondon-Vidailhet, a Fos (Haute-Garonne). 

Nau (Abbe), professeur a I'Institut cathoiique, Paris. 

Olivier, directeur de la Revue scientiQiiuedu Bourbonnais, Moulins. 

Oppbrt, membre de I'Institut, Paris. 

Parent, Paris. 

Mme Parent, Paris. 

Parisot, Plombieres-les-Bains. 

Pelliot (Paul), professeur de chinois k I'Ecole francaise d'Extr^me' 
Orient, Hanoi. 

Pelltot, Sainl-Mande (Seine). 

PiERLOT, lieutenant d'infanterie coloniale. 

PoiNsoT, chargd de mission en Tunisie, Paris. 

Prou, Paris. 

M™* Prou, Paris. 

Reinach (Theodore), directeur de la Revue des Etudes Grecques, Paris. 

ReismQller, (^tudiant, Lyon. 

Rocheblave, professeur au lycee Janson de Sailly, Paris. 

M"' RocHEBL.WE, Paris. 

Mii« Rocheblave, Paris. 

Schwab (Moise), Paris. 

M™» de SAiNT-GfeN^, Paris. 

Senart, membre de I'Institut, Paris. 

M"* Si-nart, Paris. 

Thurkau-Dangin, Paris. 

Toutain, professeur k la section des Sciences religieuses de I'^^cole pra- 
tique des Maules Etudes, Paris. 

ViREY, Egyptologue, Paris. 

M"" ViREY, Paris. 

VogO£ (marquis de), membre de I'Institut, Paris. 



32 CONGRtS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

ORAIVDE-BRETAGNC 

MM. 

Adler (Elkan), Londres. 

Amedroz (Henri), Londres. 

Andrews (J.-B.), Londres. 

D' Ball, professeur a TUniversit^, Oxford. 

D' Bellairs, professeur a I'Universit^, Oxford. 

D'Bendall, professeur a TUniversit^, Cambridge. 

M°" Bekdall, Cambridge. 

D"- Bevan, professeur d'arabe a Trinity College, Cambridge 

Bilgrami (Syed Ali), Londres. 

Brooks (Ernest Walter), Londres. 

D' Browne (Edgard), professeur a i'Universiltl, Cambridge. 

D' Burkitt, professeur a Trinity College, Cambridge. 

Burkitt (fils), Cambridge. 

M"« Burkitt, Cambridge. 

D"" Charles, professeur a I'Universite, Oxford. 

Cheikh Abd El Aziz Chawich, r^petiteur de langue arabe a I'Universile 
d 'Ox ford. 

Cheikh Mohamed Asal, rep6titeur de langue arabe a I'Universite de 
Cambridge. 

D' Conybeare, professeur a I'Universite, Oxford. 

Df Cowley, professeur a I'Universite, Oxford. 

M™' Delebrooke, Londres. 

Driver (Samuel), professeur a rUniversite, Oxford. 

M™* Driver, Oxford. 

Elus, attache au British Museum, Londres. 

Fleet, Londres. 

M'» GiBB, Londres. 

Green (F. W.), Thornfield. 

Haud Haul Effendi, lecteur de langue turque a TUniversite, Cam- 
bridge. 

D' Hogg, professeur a I'Universite, Manchester. 

Johnston (Sir Harry), Londres. 

Krenkow (F.), a Barrow Upon Soar near, Longhboroug. 

Legge (F. L.), Londres. 

Lyall (Sir Charles), Londres. 

Lyall (Lady), Londres. 

Macauliffe, Londres. 

D' Macdonnel, professeur de Sanscrit k I'Universite, Oxford. 

Mills, professeur a I'Universite, Oxford. 

MiRZA, Abdu'l Hussayn Khan, lecleur de persan a I'Universite, Cam- 
bridge. 



ADHESIONS INDIVlbUELLES » 

MM. 

Perowne (Edouard), Londres. 

Pinches (Th^ophilus), Londres. 

Probsthain, libraire <'!dileur, Londres. 

Rapson (Edward), professeur k 1 'University, Londres. 

D' Robertson, professeur i. TUniversite, Glasgow. 

M"« Robertson, Glasgow. 

Stenhouse (R^v^rend), Wilhfleld. 

D' Stennig, professear k I'Universili, Oxford. 

Temple (Colonel Sir Richard), Londres. 

Thomas (William), the library India office, Londres. 

D» Thatcher (M. A. B, N,), professeur a I'Universil^, Oxford. 

D"^ Weir (Thomas), professeur delanguearabe k I'Universil^, Glasgow. 

M«i» Weir, Glasgow. 

West (Sir Raymond), Tice-pr6sidenl de la Royal Asiatic Society, Norwood. 

West (Lady), Norwood. 

GWitCE 

M. Carolid^, professeur a I'Universit^ nationalc, Athines. 

HOLLANDE 

MM. 

BoELE VAN Hensbroek, La Haye. 

Cool, Amsterdam. 

Dros Van Rhijn, fabricant k Leyde. 

M™" Dros Van Rhijn, Leyde. 

Eerdemans, professeur k PUniversit^ de Leyde. 

Funke, directeur de journal, Amsterdam. 

Goeje (J. de) associe stranger de Tlnstitut, professeur k I'Universit^ de 

Leyde. 
Graaf (de), Leyde. 

Groot (de), professeur k rUniversil6 de Leyde. 
Hartevelt, fabricant, Leyde. 
HoTz, La Haye. 
M™" HoTZ, La Haye. 

Kramp, professeur k I'Universit^ de Leyde. 
Marthofft, Id. 

OvERvooDE, archivisle a Leyde. 
Stopelaar (de), libraire ^diteur, maison Brill, Leyde. 
Df Speyer, professeur k I'llniversile de Leyde. 
Van den Ham, professeur k I'Universitd de Groningen. 
M"'* Van den Ham, Groningen. 
Dt Van Hulst, Haarlem. 
M""* Van Hulst, Haarlem. 

1 3 



34 CONGRfeS INTKRNATIONAL bES ORlENTALlSTES 

MM. 

Van Vollenhov^, professeur k I'Universile de Leyde. 
M'l" Van Vollenhoven, Leyde. 

INDES ANGLAISES 

M. Stein (Aurel), a Peschaver (lades anglaises). 

ITALIE 

MM. 

Andr£, docteur en th^ologie, Florence. 

Annoni (Antonio), Milan. 

Cesaresco (comtesse Eveline Martinengo), palazzo Marlinengo, Salo 
(Lago di Garda). 

CoNsoLo, professeur a I'Universile de Florence. 

CoNTi (Carlo Rossini), Rome. 

Gregorio (marquis Glacomo de), professeur a I'Universite de Palerme. 

Gregorio (Camillo de) Professeur a I'Universile de Palerme. 

Griffini, Milan. 

GuiDi (Ignazio), correspondanl elranger de I'lnslilul, professeur a I'Uni- 
versile, Rome. 

Guy Le Strange, Florence. 

Nallino, professeur a i'Universitd de Florence. 

D' Orbaan, a Rome. 

PuLLE (comle Francesco), professeur a I'UniversiU de Bologne, membre 
du Conseil superieur de I'lnslruclion publique. 

ScHiAPARELLi (Celcslino), professeur d'arabe a I'Universile de Rome. 

MAROC 

MM. 

JoLY, membre de I'lnslilul marocain, Tanger. 

Le capilaine Larras, atlache a la mission mililaire francaise au Maroc. 

Salmon, charge de mission a Tanger. 

M"* Salmon. 

IKORVEGE 

M. LiEBLEiN, professeur k TUniversite de Chrisliania. 

M"* LlEBLEIN. 

PORTUGAL 

MM. 

Lopts (David), professeur au Corso Superior de Lellras, Lisbonne. 
D' Mendes DOS Remedios, direcleur de la Bibliotheque de Goimbre. 
Pereira (Esieves), major du Geuie, Lisbonne. 



ADHESIONS INDIVIDUELLtS 3S 

ROimiANIE 

M. D' SiURozA, secretaire g^n^ral de I'AcadC'inie roumaine. 

RVSSIE 

MM. 

Abrikossof (Nicolas), Moscou. 

Arak^lian, publiciste arm^nien, Tiflis. 

BuLMERiNCQ (de), professeur de laogues s^mitiques k l*Univcrsit6 de Dor- 
pat. 

DiRR, Tiflis. 

M"°« DiRR, Tiflis. 

D' DoNNER (Otto), professeur de Sanscrit k rUnivenit^, Helsingrors. 

Glasenapp (de), conseiller d'Etat russe k Biclaja Zerl^ow (Gouverncmcnt 
de Kiew). 

Dt Knauer, professeur k rUniversit^ de Kiew. 

KoKOwzoFF (Paul de), professeur i i'Universit^ de Saint-P^tersbourg. 

L6BEDEW (Son Excellence M"" Olga de), Saint-P^tersbourg. 

Mednikow, professeur k I'UniTersit^ de Saint-P^tersbourg. 

Menzell, k Odessa. 

M"« Menzell, Odessa. 

OusPENSKY (Son Excellence), directeur de llnslitut archdologique russe de 
Constantinople. 

M«n» OusPENSKY, Constantinople. 

Rosen (baron Victor de), membre de I'Acad^mie des sciences de Saint- 
P^tersbourg. 

ScHWEDOw (Son Excellence le general de). Saint-Petersbourg. 

Strebulaiew (Nicolas), professeur d'arabe k I'lnstitut des langues orien- 
tates. Saint- P^tersbourg. 

Tomazewsky, consul imperial de Russie, Alger. 

Vasiuev (Alexandre), professeur k I'Universit^ imperiale de Dorpat. 

SVEDE 

MM. 

Flensburg (Nils), professeur k I'Universit^ de Lund. 

Mm* Flensburg, Lund. 

LiNDBKRG, professeur k I'ficole sup^rieure de Goteborg. 

SUISSE 

MM. 

Balavoine (l^>mile), Genfeve. 

Balavoine, professeur k lUniversite de Genfeve. 

Bertholet, professeur k I'Universit^ de Bale. 



36 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

MM. 

CouLON (Alphonse de), Neuchatel. 

CouLON (Georges de), Neuchatel. 

CouLON (Ren6 de), Neuchatel. 

Galland, Geneve. 

Gautier. professeur honoraire, Genfeve. 

M™« Gautier, Geneve. 

M»'» Gautier, Geneve. 

D' Grimme, professeur i I'Universit^ de Fribourg. 

Grin-Voron, a Suchy, canton de Vaud. 

Kaegi (Adoiphe), professeur h I'llniversitfi de Zurich. 

Max Van Berchem, chateau de Grans pres Geneve. 

Mme Max Van Berchem, Chateau de Grans prfes Geneve. 

D' Marti, professeur k I'Universit^ de Berne. 

D' MoNOD (Octave), Geneve. 

M™* MoNOD (Octave), Geneve. 

MoNTET, doyen de la faculty de thfiologie, Geneve. 

Muller Hess, professeur a I'Universite de Berne. 

Naville, professeur k rUniversit6 de Geneve. 

Oltr.\mare (Paul), professeur a rUniverslte de Geneve. 

M™« Oltramare, Geneve. 

Perrochet, professeur ci 1 'Academic de Neuchatel. 

Spiro (J. L.), avocat, Lausanne. 

M-» Spiro, Lausanne. 

Spiro (Jean), professeur a I'Universite de Lausanne. 

Tribolet (Albert de), Neuchatel. 

Turrettini, Geneve. 

TVIVISIE 

MM. 

Chadli Bel Hassen, professeur a la Grande mosqu^e, Tunis. 
Gadckler, correspondant de I'lnstitut, directeur du Service des Antiquites 

et des Arts, Tunis. 
Hassen-Husny Abdul Wahab, interprete k la Direction de 1' Agriculture, 

Tunis. 
Machuel, directeur de I'Enseignement public, Tunis. 
Proust, artiste peintre, Tunis. 

Roy, secretaire gdn^ral du gouvernement tunisien, Tunis. 
Serres, consul de France, attache k la Residence generale, Tunis. 

TVRQUIE 

MM. 

Dakon. Abraham, directeur du S^minaire isradlite, Constantinople. 
Rechid Safvet Bey, traducteur a la Direction generale de la regie ol- 
tomane des Tabacs, Constantinople. 



TRAVAUX DU CONGRES 



Meroredi 19 avril 



STANCE SOLENNELLE D'OUVERTURE 



La seance solennelle d'ouverturedu Congres des Orien- 
talistes a eu lieu a 9 h. 1/2 dans le grand hall du Palais 
Consulaire, M. le gouverneur general pr^sidait cetle 
seance et les tr6s nombreux congressistes I'ont applaudi 
chaleureusement lorsqu'aux sons de la Marseillaise, execu- 
tee par la musique du l**" zouaves, il a fait son entree. 

A la tribune d'honneur, aux cotes du gouverneur gene- 
ral, avaient pris place les notabilites algeriennes, les de- 
legues officiels des gouvernements etrangers, les membres 
des Soci^tes savantes et nombre de sommit^s scientifi- 
ques : 

MM. R. Hassel, directeur de I'Ecole des Lettres, presi- 
dent du comite d'organisation; Varnier.secretaire g6n^ral 
du gouvernement ; IJarbier de Meynard, directeur de I'E- 
cole des Langues orientales a Paris ; Castan, president de la 
Ghambre de commerce ; Vacher, premier president a la 
Gour d'appel ; Jourdan, president du tribunal de commerce ; 
Bertrand, president des Delegations financi^res ; Bayet, 
directeur de I'enseignement superieur au Ministere de 
rinstruction publique; Jeanmaire, recteur de TAcaderoie 
d'Alger; Goste, procureur general; de Tischendorf, consul 
general d'AUemagne; general de division Bailloud; Altai- 
rac, maire d'Alger; Rostaing, prefet, etc., etc. 



38 CCHSGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

A gauche sont les secretaires, MM. Doutte, Yver, Gham- 
bige, Cherchali ; a droite, au banc du commissariat du 
gouvernement, sont assis M. le commandant Lacroix, 
commissaire general, et M. I'officier interprete Mirante, 
commissaire adjoint. 

M. le gouverneur general, apr^s avoir declare ouverte la 
quatorzi6me session du Gongres des Orientalistes, pro- 
nonce le discours suivant : 

Messieurs, 

En presidant a I'ouverture de celte solennite scientifique, 
j'ai tout d'abord le devoir, et je m'en acquitte avec le plus 
grand plaisir, de remercier le Gongres desOrientalistes d'avoir 
choisi Alger comme lieu de reunion pour cette annee. 

Apres les grandes capitales de I'Europe, apres Florence, 
Leyde, Stockholm, Geneve et Hambourg, vous avez voulu faire 
votre tour du monde, et vous avez eu la bonne pensee de le 
commencer par cette villa et de franchir ici la porte qui donne 
acces a I'Orient. 

J'apercois dans votre choix plus d'un motif de satisfaction et 
de fierte pour nous. Vous avez d'abord voulu honorer ainsi la 
France qui, des premieres, a ouvert le monde musulman a 
I'Europe, par la conquSte et par I'etude a la fois. Vous avez 
voulu venir voir ce que nous avons fait de ce pays, naguere 
refuge de pillards, dechire par de perpetuelles dissensions 
intestines et qui, maintenant, vous accueille, moins brillam- 
ment que nous ne I'aurions voulu, mais avec toute la cordialite 
et toute la deference qui s'adressent a des savants, a des hutes, 
a tous ceux que le poete a appeles » les amis inconnus ». 

Vous trouverez ici, au lieu de la ville arabe que vous aviez 
peut-6tre imaginee, une cite toute francaise, un peu trop eu- 
rop^enne au goiit des artistes, mais qui temoigne de I'entrain 
et du labeur d'un peuple jeune, vigoureux, confiant dans ses 
destinies. 

Alger resume dans ses divers aspects I'histoire de notre do- 
mination en Algerie ; ses bastions et ses forteresses repre- 
sentent le passe ; le present, c'est cet admirable port oii se 
confondcnt dans une activite incessante les produits du Tell et 
du Sahara avec ceux de la France et de I'Europe. Alger vous 
rappelle les longs efforts de la conqu6te, trente ans de guerre 



TRAVAUX DU CONGRte 39 

contre iin peiiplc vaillnnt et farouche, puis la lutte contre la 
nature, les recherches et les tentatives innombrables de la co- 
lonisation, les cchecs et les victoires finales de nosagriculteurs 
aujourd'hui ben^ficiaires de recoltes surabondantes, et mahres 
deHnitifs de cette terre qui nourrissait peniblement jadis one 
population trois fois moins nombreuse. 

Luttes magnifiques, messieurs, mais rudes et apres! Et Ton 
pouvait craindre qu'au contact des difficultes sans cesse re- 
naissantes^ notre race ne perdit certaines delicatesses intellec- 
tuelles, le souci de la haute culture qui distinguent les grandes 
nations et les societ6s anciennes. J'espdre que votre rapide 
passage a travers I'Alg^rie vous laissera convaincus du con- 
trnire et que vous voudrez bien reconnaitre que les preoccupa- 
tions materielles n'ont pas etouffe chez les Francais d*Alg6rie 
I'amour de la science et de Tart. 

Mais vous le saviez dej<h, messieurs; vous connaissiez deja 
par leurs ecritsles savants qui ontl'honneur de vous accueillir 
aujourd'huijvousn'ignoriez pas quevous trouveriez ici,arEcole 
des Lettres d'Alger, que dirige un homme d'un grand esprit et 
d'un grand coeur, un foyer de pensee francaise, un centre tres 
actif d'etudes arabes et de recherches de toute nature interes- 
sant notre vaste domaine de I'Afrique du Nord. C'est ici que 
viennent s'amasser, s'ordonner et s'epurer les tr^sors d'obscr- 
vations que nos officiers, nos explorateurs, nos missionnaires 
scientiliques ont reunis et recueillent encore de tons cotes de- 
puis la Mediterranee jusqu'au Senegal et au Tchad. 

Cependnnt^ ces tresors appartiennent a tons ; la science ne 
connait pas les frontieres. Vous tous, par des travaux dont 
8*enorgueillit I'humanit^, vous nous avez rendu avec usure ce 
que vous nuus devcz; vous avez repaudu a travers le monde, 
dans de lumineux ouvrages, les r^sultats de nos investigations. 

Vos travaux, messieurs, ne sont pas seulement le plaisir su- 
perieur de quelques intelligences d'elite, ils ont aussi leur 
tr^s haute et tres proche utilite. Les etudes les plus desinte- 
ressees ont parfois de singuli^res applications pratiques. L'ar- 
ch6ologie romaine a, dans certains cas, guide I'agriculture en 
Algerie. A plus forte raison, des recherches comme les votres, 
qui visent I'homme, I'homme d'hier et I'honime du present, sont- 
elles pleines de lecons pour le politique, pour Tadministrateur, 
pour le colon m6me. La science orientaliste, en nous eclairant 



40 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

sur les moeurs, les traditions, les lois et la filiation des peuples 
musulmans, nous est d'un precieux concours pour I'examen 
des problemes delicats que les differences de race et de reli- 
ligion soulevent. 

Ce voyage sera ccrtainement pour vous I'occasion de re- 
marques nouvelles, de rapprochements curieux et utiles entre 
les hommes de ce pays et ceux du passe et ceux des contrees 
qui sont comparables a la notre. 

Appel6 a jouer ici le role difficile d'arbitre et demoderateur 
dans le conflit des interfets et la manifestation des initiatives et 
des energies, je serai heureux de puiser dans vos observations 
une nouvelle force et une nouvelle autorite pour mener a bien 
I'oeuvre de civilisation et de progrfes qui doit profiter a tout le 
monde. C'est grace a vous, c'est avec vous que je puis essayer de 
degager la formule de conciliation qui doit animer et diriger 
le gouvernementde ce pays. Une improvisation hative a etege- 
neralement la source des fautes et des difficultes administratives 
en Algerie. Les etudes comparees et les recherches paticntes 
permettent seules de distinguer el de fondre les interfits, et de 
tendre a Tharmonie des ames en conciliant la pensee de I'Eu- 
rope avec les sentiments etles habitudes des populations afri- 
caines. 

Voila pourquoi j'avais le devoir de me rendre au milieu de 
vous, de vous saluer et de vous remercier comme des collabo- 
rateurs eminents entre tous. 

L'Algerie espere vous interesser et vous seduire; elle a les 
defauts, mais aussi toutesles qualites brillantesde la jeunesse. 
Elle merite, en m6me temps que votre indulgence, votre sym- 
pathie pour I'heroisme de ses soldats, le prodigieux labeur de 
ses colons, son pers6verant et genereux effort en vue de rap- 
procher, dans une m6me pensee de travail et d'amour, les ele- 
ments si varies de sa population. 

Messieurs, je souhaitc ardemment que votre court sejour 
parmi nous conquiere a I'Algerie de nouveaux amis et que vous 
nous reveniez souvent pour mediter, nous apporter vos encou- 
ragements et vos conseils, et contribuer au mouvement intel- 
lectuel qui se dessine chaque jour davantage, de ce cote de la 
Meditcrranee, et dont TEurope entiere doit se rejouir, car il 
est Texpression la plus haute et la plus noble de son ideal et 
de son g^nie ! 



TRAVADX DU C0NGR6S 41 

A maintes reprises, le discours deM. Jonnart est inter- 
rompu par les applaudissements repetes de tous les con- 
gressistes. 

La parole est ensuite donnee, suivant I'ordre du jour, k 
M. Rene Basset, directeur de I'Ecole des Lettres d'Alger, 
que, sur la proposition de M. de Goeje, le Congres a nomme, 
par acclamations, president du Congr68. 

M. Basset remercie de I'honneur qui lui est fait et pro- 
met qu'il s'emploiera de toutes ses forces a faciliter la 
tAche des congressistes. 

Je suis vivement emu, dit-il, du grand honneur que vous ve- 
nez de me faire en me decernant la presidence du XIV* Con- 
gres des Orientalistes. Mais je craindrais d'etre accuse de pre- 
somption si j'attribuais a men seul merite cette designation si 
flatteuse. Je ne doute pas qu'en choisissant le directeur de 
I'Ecole des Lettres pour presider vos travaux, vous n'ayiez 
voulu reconnaitre les efforts de cette Ecole pour arriver a creer 
sur la terre d'Afrique un centre d'etudes scientiBques. 

Tout a Iheure, M. le gouverneur general vient de rappeler, 
mieux que je n'aurais pu le faire et avec une autorite qu'on ne 
saurait taxer de partialite, ces efforts et les r^sultats qui les 
ont couronnes, 

Le champ de nos recherches est vaste, et les travailleurs 
pen nombreux quoiqu'ils s'accroissent chaque jour. Leur zele 
s'attache a toutes les branches de la science et ne se confine 
pas exclusivement dans le domaine de I'Afrique mineure, do- 
malne si eminemment francais. C'est pourquoi Alger meritait 
d'etre le siege d'un congrfes international des Orientalistes, au 
m6me litre que les villes qui Tont preced6. C'est ce que vous 
avez compris a Hambourg et c'est ce qui a determine votre 
decision. 

Aussi, au nom de I'Ecole des Lettres, qui represente ici la 
science francaise; au nom de tous ceux qui, en Algerie, se 
sont associes a elle, je vous remercie encore une fois de I'hon- 
neur que vous leur faites en ma personne et dont nous espe- 
ronSf mes coUaborateurs et moi, nous montrer dignes. 

M. Basset propose ensuite de constituer le bureau du 
congres des membres du bureau de la commission d'or- 



42 CONGRfiS IMERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

ganisation, qui se sont consacres a I'organisation du con- 
gres avec le plus grand devouement. Le bureau se (trouve 
ainsi compose : 

Vice-pr6sidents : MM. Mesple, professeur k I'Ecole des 
Lettres ; Luciani, conseiller de gouvernement; Bou Kan- 
doura, mufti hanefite d'Alger. 

Secretaire general : M. Edmond Doutte, professeur a 
I'Ecole des Lettres. 

Secretairesadjoints : MM. Yver, professeur a I'Ecole des 
Lettres; Ghambige, chef de cabinet de M. le secretaire 
general du gouvernement ; Marcais, directeur de la me- 
dersa d'Alger; Gherchali, attache a la direction des Affaires 
indigenes ;Gaudefroy-Demombynes, secretaire de I'Ecole 
des Languesorientalesvivantes; de Galassanti-Motylinski, 
direcleur de la Medersa de Gonstantine; Bel, directeur de 
la Medersa de Tlemcen. 

Tresorier : M. David, conseiller de gouvernement, chef 
du secretariat particulier de M. le gouverneur general ; 
tresorier-adjoint, M. Ettori, directeur du materiel. 

Detous les pays, sont arrives des telegrammes saluant 
I'ouverture des travaux du Gongr^s des Orientalistes et 
on decide que des telegrammes de respect et de remer- 
ciements seront adresses de la part du Gongres au Presi- 
dent de la Republique, a S. M. Oscar II, roi de Suede, a 
J'archiduc Rainer d'Autriche *. 

Tour a tour, les delegues etrangers prennent la pa- 
role, soit au nom des gouvernements qu'ils repr6sentent, 
soit au nom des Societes savantes qui les ont investis de 
mandats. 

lis disent tous la joie qu'ils eprouvent a se trouver reunis 
dans notre colonie, terre francaise, berceau, en quelque 
sorte, de la science des Orientalistes, et ils remercient la 
France, genereuse et belle, de sa cordiale hospitalite. 
C'est en des termes inspires de cette mSme pensee de 
confraternite qu'ont pris successivement la parole : 

1. Voir a la suite. 



TRAVAUX DU CONGRr.S 43 

MM. Barbier de Meynard, de Tischendorf (gouvernement 
imperial allemand) ; Cumont (gouvernement royal de Bel- 
gique) ; D. H. Miiller (gouvernement imperial autrichien); 
Tang Tsai Fou (gouvernement imperial chinois); Budde 
(Etat prussien); Cheikh Sultan Mohammed (gouvernement 
6gyptien) ; de Goeje (Hollande) ; comte PuUe (Italia) ; 
Pelliot (gouvernement de I'lndo-Chine francaise) ; Mir/.a 
Abdul Hussein Khan (gouvernement imperial persan) ; 
docteur Flensburg (gouvernement royal suedois); Huart 
(d6legu6 du minist^re des Affaires etrangeres francais) ; 
docteur Buhl (Danemark), etc., d^leguds ofTiciels des gou- 
vernements; — MM. Cagnat(Academie des Inscriptions et 
Belles-Lettres); Lyall (Asiatic Society of Bengale) ; de Gre- 
gorio (Academia peloritana, Messine) ; Berthollet (Univer- 
site de Bale) ; comte Pulle (Universite de Bologne) ; abbe 
Nau (Institut catholique de Paris) ; Bou Kandoura, mufti 
haneiite d'Alger, dont le discours est ensuite traduit et 
resume par M. Mirante, officier interprete. 

Le discours de ce dernier est salue par un morceau de 
musique du 1" zouaves. Les delegues semblent prendre 
un plaisir tr^s vif a entendre la reconstitution faite par 
MM. Rouanet et Yafil des airs les plus connus du monde 
musulman. 

Un certain nombre de congressistes font hommage au 
coagrks d'ouvrages speciaux dont I'etude sera poursuivie 
dans les differentes sections, et a 11 h. 1/2 M. le gouver- 
neur general leve la seance. 



COMPTE RENDU DES STANCES 



3\^er»orecii 19 avril 



Section I. — L'Inde. 

M. E. Senart ouvre la seance a 3 heures, Sir Raymond 
West estelu president. MM. de La Vallee Poussin et Scher- 
mann, secretaires. 

La Section en tend une communication de M. Kirste 
« Notes de paleographie indienne ». 

(1) Dans les mss. jainas la nasale gutturale ne se distin- 
gue pas de la moyenne cerebrale ; plus tard les deux lettres 
furent differenciees par Taddition d'un point pour marquer 
la nasale. 

(2) La forme ordinaire de ch represente I'ancien cch 
(remarquesde MM. Senart et Bendall). 

La section elit M. Pischel comme president pour les 
seances du 20. 

Samedi, a 9 1/2, la section se reunira dans la salle n° 2 
(Extreme-Orient et Orient) pour entendre la communica- 
tion du comte Pulle sur la geographie de Pinde. 



Section IL — Langues s^mitiques. 

M. Driver est nomme president; MM. Haupt et Merx 
sont nom'mes vice-presidents; MM. Kiigener et Burkilt, 
secretaires strangers ; MM. Isidore Levy, Nau et Thureau- 
Dangin, secretaires francais. 

M. ie professeur D. H. Miiller se propose de montrer 
qu'il existe une alternance r6guli6re entre le son h et Ie s 



COMPTE RENDU DES STANCES 48 

des languess6initiques duSud et leideslangues du Nord. 
II s'appuie non seulement sur I'alternance bien connue du 
h ei s {s) dans les prefixes et pronoms, mais sur de notn- 
breux exemples tires du Soqotri, du Mehri et de i'Arabe. 

M. Homrael pr^sente quelques observations. II note 
que le phenomene phon^tique signale par M. D. H. Miil- 
ler a des parall6les dans diverses langues, notamment dans 
I'indo-europeen (Sanscrit, 5amfl et grecama). II fait remar- 
quer que c'est la sifflante qui doit dans tous les cas 6tre 
la primitive. II a d'aiileurs not^ le fait dans son Grundriss 
dcr Geogr. u. Gesch. des alien Orients. 

M. le professeur Deutschtraite de lalegende talmudique 
d'Elisee ben Abuyah. On evitait de prononcer le nom de 
ce personnage et on I'appelait Acher, c'est-a-dire « I'autre » . 
M. Deutsch estime (\\ie ce\ Acher dissimule J6sus et que 
les motsElisee fils d'Abuyahdoivent s'interpreter: kJ^sus 
le dieu fils de Dieu le p6re ». 

M. Call^ja fait une communication sur I'alphabet puni- 
que. 

Section III. — Langues musulmanes. 

M. de Goeje est elu president. MM. Montet et Browne 
assesseurs : 

M. Barbier de Meynard presente au Gongres la publi- 
cation de M. A. Christian : La colonisation par le livre et 
les premieres pages specimen d'un Goran, imprime avec 
une encre absolument pure au point de vue de la loi mu- 
sulmane. 

M. Brown presente 27 volumes de rimprimeriede I'Uni- 
versitede Cambridge, au nom des syndics de cetteimpri- 
merie : 4 volumes A' Horse semilicas et5 de Studia Sinaitica^ 
hommage de M""^ Lewis et Gibson ; 4 volumes de \' His- 
tory of ottoman Poetry , de Gibb; 2 volumes 6dites avec 
les ressources du Gibb Trust ; 3 volumes, en son nom per- 
sonnel, de ses Persian Series. 

M. Montet fait une communication sur les Zkdra maro- 



46 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENT ALISTES 

cains; MM. Mohammed ben Abderrahman, Von Oppen- 
heim et Marcais presentent des observations. 

Gheikh Mohammed Asal lit une communication sur les 
sujets suivants : a La langue arabe pent etdoit puiser dans 
son propre fonds pour exprimer les idees modernes » ; 
« Moyen de ramener a 1 'unite les dialectes arabes ». 

M. Hasan Husni Abdeulwahh&b presente une observa- 
tion. 

M. Asin lit la preface et la conclusion de son etude sur 
« La Psicologia segun Mohidin Aben-el-Arabi ». 



Section IV. — £gypte, Langues africaines, 
Madagascar. 

La seance est ouverte a 3 heures. 

M. Lefebure, president de la section, adresse la bienve- 
nue aux congressistes qui ont bien voulu repondre a I'ap- 
pel des organisateurs. Puis il propose a I'assistance d'ac- 
clamer comme president de la seance M. le professeur 
D' Wiedemann, professeur a I'Universite de Bonn et 
comme assesseurs : MM. Virey et Duchene. M. Hericy 
remplit les fonctions de secretaire. 

M. Wiedemann, en prenant la presidence, remercie 
M. Lefebure de ses aimables paroles; puis on fixe I'ordre 
du jour de la seance ainsi qu'il suit: 

En Tabsence des auteurs des trois premiers memoires, 
il en est donne connaissance a I'assistance d'une mani^re 
succincte : 

1' M. Gonti-Rossini : « Racconti e Ganti Bileni ». 

2' M. le baron Garra de Vaux ; Etymologie du mot « py- 
ramide ». 

3" M. Gabriel Ferrand : «Prieres et invocation magiques 
en malgache sud-oriental ». 

4" M. Virey lit sa communication sur d'anciennes pein- 
tures egyptiennes que Ion peut comparer a des scenes 
decrites par Aristophane dans sa Gomedie des Oiseaux. 



COMPTK RENDU DES STANCES 47 

5° M. de Gregorio lit son travail sur « rEtymologie des 
prefixes d6rivatifs des langues bantoues en prenant pour 
base le Chinyanja ». 

6' M. Mahler d6veloppe sa communication sur « Die Se- 
this und Monddaten der alten Aegypter ». 



Section V. — Extr6me-Orlent. 

La section s'est r^unie a 3 heures, sous la pr6sidence 
de M. Henri Gordier, president de la section d'organisa- 
tion, et a constitue son bureau de la maniere suivante : 

President : M. le Dr Prof. J. J. M. de Groot, de Leyde. 

Vice-Presidents : M. le D' F. W. K. Miiller de Berlin et 
M. le prof. Ed. Ghavannes, de Paris. 

Secretaires : MM. le D' Murakawa (Japon) et Paul Pel- 
Hot (Indo-Ghine francaise). 

Etaient presents: MM. le D' F. W. K. Muller, Ed. Gha- 
vannes, comte Pulle, D' Murakawa, Paul Pelliot, T'ang 
Tsai-fou, Martin-Fortris, Jean Dupuis. 

M. Martin-Fortris presente un voeu concernant la trans- 
cription du chinois. La discussion de ce voeu est remise a 
une seance ulterieure. 

M. H. Gordier presente au nom de I'auteur, M. G. Sou- 
lie, un memoire manuscrit sur «les Mongols ; leur organi- 
sation administrative d'apr6s des documents chinois » et 
un exemplaire des « Elements de grammaire mongole » (dia- 
lecte des Ordos). 

Les editeurs du T'oung-pao font deposer sur le bureau 
de la section deux exemplaires du vol. V de la !!• serie de 
ce periodique. 



Section VI. — Gr^ce et Orient. 

M. Krurabacher estelu president; MM. Krestchmer, Vas- 
siliev et Gumont assesseurs. 

M. Wessely fait une communication sur les transcrip- 



48 CONGRES international DES ORIENTALISTES 

tions arabes ties mots grecs, dans un tres ancien manu- 
scrit de Dioscoride, conserve a la biblioth^que imperiale 
de Vienne. 



Section VII. — Arch6ologie africaine et art 
musulman. 

La seance est ouverte a 3 h. 1/2, sous la presidence de 
M. Van Berchem. 

Communication de M. le C Godchot sur « La colonisa- 
tion romaine en Afrique par les militaires ». 

De M. Probst-Biraben sur « La philosophic de I'ara- 
besque ». 



«Teucli 20 avril 



Section I. — L'Inde. 



Stance du jeudi matin 20 avril. 

M. Pischel preside. Vingt-cinq membres sont presents. 

M. Knauer lit une communication sur « der Ursprung 
des Varuna ». Le dieu, d'apr^s lui, est une personnification 
du ciel nocturne (Nachthimmel) oppose a Dyaus (Taghim- 
mel). 

M. Bartholomae presente sa nouvelle traduction alle- 
mande des GAthSs de Zarathustra. 

M. Bloomfield presente la premiere partie d'une tres 
riche et remarquable concordance vedique ; il examine 
ensuite plusieurs probiemes de lexicographic vedique. 

M. Thomas resume deux memoires de K. B. Pathak : 

(1) On Mallishena-Mah^purAna. 

(2) On the poet KavirSja. 

M. le comte Pulle presente la serie de ses Studi di filo- 



COMPTK RENDU DES STANCES M 

logia Indo-Iranica ; le dernier volume dii Ghrnale della 
Societa asiatica italiana et un travail de M. de Gubernatis 
sur ^akuntala. 

M. Kuhn propose la fondation d'un comite internatio- 
nal pour assister M. le D' Scherman dans son oeuvre bi- 
bliographique. Cette proposition acclam^e par la section 
sera renouvelee devant le Congr6s reuni en stance ple- 
niere. 

Siance de Vapres-midi. 

M. Kielhorn offre a la section deux tables qui presen- 
tent un schema de I'histoire de I'epigraphie indienne. Ob- 
servations et renseignements de M. Senart. 

M. Windisch lit un memoire intitule : « Sprachlicher 
Character des PAli » qui, d'apres lui, represente Tancienne 
M^gadhi. Observations de MM. Lefman et Senart. 

M. Hendall offre a la section les premieres pages d'un 
sommaire de la Bodhisattvathumi, en coursde publication 
dans le Museon. 

M. Pischel parle d'inscriptions prAcrites m^hdr&stri, re- 
cemment decouverles a DhArA, dont il montre les facsi- 
mile (deux Kurmajatakas). 

La section elit comme president M. le comle PuUe. Elle 
se reunira samedi matin aux sections de I'Extrfime-Orient 
et Orient-Grece, et samedi apr^s-midi elle entendra 
MM. Fleet, Senart, de La Vallee Poussin, Christenseu et 
Macauliffe. 

Section II. — Langues s^mitiques. 

M. Driver, preside. Trente membres sont presents. 

M. F. Call6ja termine sa communication de la veille par 
des considerations sur la parente du maltais avec le phe- 
nicien. 

M. le prof. Horamel lit un memoire intitule : « Das 
Hochzeitsfest des Sonnengottes bei den Habyloniern und 
das Makhtan des Konigs bei den Siidarabern ». 11 y etudie 
1 * 



50 CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

les processions nuptiales qui conduisent chaque annee le 
dieu (solaire) de divers sanctuaires babyloniens au temple 
d'une deesse voisine ; a Arbele, on trouve mentionnee la 
maison nuptiale [bit Khamri) de*Nergal et d'Istar. Par la 
peut s'expliquer le Makhtan Malikdn de Tepigraphie 
yemenite. 

Des observations sont presentees par MM. t). H. Miiller, 
Kautzsch et Glaser. 

M. le Prof, de Bulmerincq etudie le texte sur Edom [Ma- 
Lachie, \, 1-5). II y voit une annonce du proche aneantis- 
sement d'Edom ; c'est la pour le prophete un moyen de 
rassurer Israel sur I'amour de Jahve ; I'ere messianique 
doit suivre iramediatement la catastrophe. 

Des observations sont echangees a ce sujet par 
MM. Gornill, Kautzsch, Vollers, Nowack, Budde, Haupt, 
Horamel. 

Appendice au proces- verbal de la section II 

Resume de la communication de M. Calleja sur Vecriture 

phenicienne. 

L'alphabet phenicien fut invente par les Assyriens, fa- 
tigues de la complexite des caracteres cuneiformes. A 
I'origine, cet alphabet avait une valeur ideographique : 
plus tard il devint phonetique et disparut apres la chute de 
Carthage. Une nouvelle ecriture a ligatures fut inventee 
et devint I'ecriture arabe que nous connaissons. 

L'abbe Barthelemy a attribue par erreur le son /" au ca- 
ractere qui est en realite un dj. De m6me, il faut retablir 
le / a la place du tsade. 

En somme I'alphabet phenicien comprenait vingt-quatre 
signes dont trois ideographiques qu'on pouvait aussi 
6crire en toutes lettres. 

Ces decouvertes de M. Calleja modifient, suivant lui, la 
traduction jusqu'ici admise des inscriptions. 



CONPTE RENDU OES STANCES SI 



Section III. — Langues musulmanes. 

Stance dujeudi 20 avril^ a9 k. 1/2 du matin. 

President : M. de Goeje. Assesseurs : MM. Browne et 
Montet. 

Communications : 

1. M. Gheikh Mohammed Sultan : « Les legislations 
divines, quoique differentes les unes des autres, tendent 
toutes vers le mdme but. La cha'riya, ou droit musulman, 
est applicable k tous les temps. Obligation d'instruire la 
femme en droit musulman ». 

2. M. Vollers : « La langue litt^raire et la langue parlee 
dans I'ancienne Arabie ». 

3. M. Massignon : « Sur la geographic du Maroc au 
XVI* siecle ». 

4. M. Mohammed ben Gheneb : « L'idjdza de Sidi Abdel 
Qader El-F^si ». 

5. M. Glement Huart : « L'Afrique de la Geographic 
mozhafferienne ». 



A 3 heures de Capriis-midi. 

1. M. Motylinski : « Chronique d'Ibn Seghir. Expeditions 
des Espagnols contre Djerba ». 

2. M. Martino : « Mahomet en France au xvip et au xviii* 
siecle ». 

3. M. Louis MercieriM L'arabe vulgairedu SudOranais». 

4. M. Godera : « Libros antiguos y modernos existentes 
en Maruecos (Livres anciens et modernes existant au 
Maroc). 

5. M. Hassan Flusni Abdehvahhab : « Apercu sur la do- 
mination musulmane en Sicile ». 

6. M. Robert : « Gontribution au folk-lore des Indigenes 
de I'Algerie ». 



52 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

7. M. Ben Smaia : « Les rapports de la religion et de la 
philosophie ». 



Section IV. — £gypte, Langues africalnes, 
Madagascar. 

IS^ance du jeudi 20 avril, a 9 A. 1/2 du matin. 

President : M. le D"" Schmidt (Valdemar) professeur a 
rUniversite de Copenhague. 

Assesseurs : M. le D' Wessely (Karl), Professeur a 
rUniversite de Vienne ; M. le D' DyrofF (Karl), privat-do- 
cent a I'Universite de Munich. 

Communications de : 

1° M. Wiedemann : « Sur le culte des animaux en 
Egypte ». 

2» M. de Gregorio : « Details historiques sur la pierre 
de Palerme ». 

3* M. Wessely : « Une observation methodique pour 
I'etude de la topographie egyptienne a I'epoque grecque ». 

4* M. Schmidt cede la presidence a M. Wiedemann, puis 
expose son travail sur les cercueils et sarcophages 
egyptiens. 



Section V. — Extreme-Orient. 

Siance du jeudi 20 avril. 

La section s'est reunie a 2 heures sous la presidence de 
M. Ghavannes. 

Etaient presents : MM. D' F. W. K. Miiller, Cordier, 
Martin-Fortris, T'ang Tsai-fou, de Stoppelaer, D' Murakawa 
Jean Dupuis, Wirth, Pelliot. 

Un vceu de M. Martin-Fortris concernant la transcription 
du chinois est rejete par 7 voix contre et une abstention. 

M. Gordier presente au Gongres des specimens de trois 



CONPTE REN DC DRS STANCES SS 

ouvrages imprimis xylographiqiiement par les mission- 
naires du Kouei-Tcheou dans la 2* moitie du xix* si^cle. 

M. T'ang Tsai-Fou lit la traduction du r^cit compos6 
vers 16G7 par le Chinois Tch'en Ting k la suite de son 
mariage avec une femme miao du Na-Keng-Chan, dans la 
region de Mong-Tsen ; il s'agit en r^alit^, d'aborig^nes 
thai. 

M. Pelliot communique un memoire du lieutenant 
Pierlot sur les Meo du Tranninh au Laos et un travail de 
M. Macey, commissaire du Gouvernement au Laos, sur 
huit groupes de populations aborigenes des provinces de 
Gammon et des IIua-Phan-Ha Tang-Hoc. 

M. Ghavannes fait part a la section des principaux r6- 
sultats auxquels Ta conduit depuis deux ans I'etude des 
anciens contes hindous conserves tant dans les recueil. 
d'avadSnas que dans la section vindya du Tripitaka chinoiss 

M. Pelliot indique quelles ont ele les principales oeuvres 
publiees en chinois par les musulmans et dont la premiere 
ne remonte pas au-dela de 1642. 

La seance est levee k 5 heures. 



Section VI. — Grdce 6t Orient. 

S da nee du jeudi 20 avril. 

La stance est ouverte i 9 h. 1/2. 

M. Kretschmer est elu president, M. Cumont secre- 
taire. 

M. Cumont fait une communication sur la destruction 
de Nicopolis en 499 apr6s J.-G., racontee dans la Ghro- 
nique syriaque de Josue le Stylite. II s'agit, non pas 
on comme I'a cru, de Nicopolis de Palestine (Emmai'is), 
mais de Nicopolis, metropole de la Petite Armenie. 

M. Vassiliev donne des renseignements sur Agapius de 
Membidj, historien arabe chretien du x* siecle. L'ouvrage 
encore inedit d'Agapius est conserve en partie dans un 



54 COXGRJS INTERNATIONAL DES ORIENTAUSTES 

ms. de Florence, en partie dans des mss. du Sinai, copies 
par M. Vassiliev. Get ecrivain donne des renseignements 
particuliferement iraportants sur I'histoire des Byzantins 
du VI* au vii" si^cle et notamment sur leurs relations avec 
les Perses. 

M. Toutain fait connaitre le resultat de ses recherches 
sur le culte des divinites egyptiennes a Delos. Une serie 
d'inscriptions, qui remontent au ii« siecle avant notre ere, 
prouvent que lesdieux d'Alexandrie etaient adores a cette 
6poque dans I'ile sacree d'ApoUon, non seulement par les 
marchands etrangers, mais par les Grecs. Leurs prdtres 
sent des citoyens atheniens. M. Toutain insiste sur I'im- 
porlance de cette diffusion de la religion egyptienne dans 
le monde hellenique avant I'epoque romaine. 

M, le secretaire donne lecture d'un travail de M. Ou- 
spenski sur « une paraphrase byzantine de la lettre d'A- 
ristee a Philocrate relative a la traduction des Septante », 
Cette paraphrase, contenue dans un ms. du serail a 
Constantinople, a pour auteur Isaac Gonoinene, fils d'A- 
lexisl*^ Get Isaac « Porphyrog^nete » est I'auteur d'autres 
ouvrages attribues jusqu'ici, a tort, a Tempereur Isaac 
Comnene. 

Seance de tapres-midi. 

La seance est ouverte a 3 heures, sous la presidence de 
M. Vassiliev. 

M. Kretschmer fait une communication sur la formation 
dela langue grecque vulgaire a I'epoque hellenistique. II 
apporte de nouveaux exemples a I'appui de sa theorie que 
cette langue n'est pas uniquement de I'altique altere, 
mais a subi dans une forte mesure I'influence des autres 
dialcctes. 

M. I'abb^ Nau lit quelques notes sur les Clementines 
(Homelies, Recognitions, etc.). U signale un certain nom- 
bre de faits nouveaux, fondes sur letude des manuscrits 
grecs de Paris, et propose quelques solutions nouvelles, 



COMPTE RENDU DES S^AUCKS 8S 

pour resoudre certaines difficultus qui subsistent encore. 
M. Krumbacher fait une communication sur ies ^l^ments 
orientaux dans la civilisation by/antine en montrant sur- 
tout que la grande majorite des ecrivains grecs durant Ies 
huit premiers siecles de noire ere, sont originaires d'E- 
gypte, de Syrie et de I'Asie Mineure. II donne quelques 
exemples des efTets produits par I'influence orientale sur 
la culture byzantine. 

Section VII. — Arch^ologie africaine et 
art musulxnan. 

Siance du vtndredi 21 avril a 9 heures du matin. 

President : M. Van Herchem. 
Assesseurs : MM. Sarre et Lefebure. 
Secretaire : M. Gaudefroy-Demombynes. 

1. M. Sarre : « Communication sur I'art musulman en 
Asie ». 

2. M. R. Basset : « Le chameau chez Ies Berbferes ». 

3. M. Lefebure : « Le chameau en Egypte ». 

4. M. Flamand : « Le chameau prehistorique en Afrique •». 

5. M. Flamand : « Observations sur Talphabet libyque». 

6. M. G. Marcais : « Notes d'architecture musulmane ». 
La liste des communications etant epuis6e, le president 

declare clos Ies travaux de la section. 



SSamedi 22 avx*il 



Section I. — L'Inde. 



Sdance du 22 avril (apr^S'tnidi). 

M. le comte Pull^ preside. Vingt-deux membres sont 
presents. 



56 CONGRfcS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

M. Arakelian parle des Guebres actuels en Perse (leur 
nombre, leiirs coutumes, manage, etc.). 

M. Fleet identifie ^^kala (Mahabhavata et KSjatavan- 
gini), Sftgala (Milinda), Sa-kia-to (Hiuen-Tsang) avec Sial- 
kot. Prennent part a la discussion : MM. Macauliffe, 
Kirste, Bloomfield, Kielhorn et Windisch. 

A propos des representations de Vajrap^ni (G^ndh^va), 
jusqu'ici inexactement interpretees et dont il explique le 
vrai caractere, M. Senart fait ressortir I'antiquite du Ma- 
hSySnisme tantrique traduit, semble-t-il, dans les monu- 
ments figures avant de I'^tre dans les textes. Ilinsiste sur 
la valeur du mot vajra. Prennent part a la discussion : 
MM. Windish et F. W. Thomas, M. le comte PuUe associe 
le nom de M. Foucher a celui de M. Burgess. 

M. de La Vallee Poussin expose deux interpretations 
historiques de la roue de la vie [niddnas). Remarques de 
M. Deussen. 

M. Deussen se demande si la parabole de I'aveugle con- 
duit par I'aveugle n'a pas un fondement historique dans 
les habitudes des niendiants aveugles. 11 apporte des 
exemples. 



Section II. — Langues s^mitiques. 

Sictnce du matin. 

M. Kiigener fait connaitre un traite meteorologique et 
cosmographique syriaque attribuea Pseudo-Denys I'Areo- 
pagite. Ce traite est conserve dans un manuscrit du Bri- 
tish Museum (add. 7192). II date de la fin du vi« siecle de 
notre 6re et reproduit des idees populaires a demi scien- 
tifiques, a demi mythologiques, qui avaient cours a cette 
epoque en Syrie. II est ecrit dans une langue tr6s pure et 
enrichit le Thesaurus syriaque de plusieurs mots nou- 
veaux. 

MM. Levi, Merx et Nau pr^sentent quelques observa- 
tions. 



COMPTE RENDD DES STANCES 87 

M. Paul Haiipt presente iin travail sur la philosophie 
grecque dans I'ancien Testament. 

Le livre de I'Ecclesiaste semhie avoir et6 ecrit par un 
cel6bre raedecin de Jerusalem, de secte sadduceenne, vers 
Tan 100 avant notre ^re. Get auteur a et6 influence, sans 
aiuuin doute, par la philosophie grecque. Les parties au- 
thentiques du livre sadduceen original de I'Ecclesiaste 
redolent Tepicurisme, tandis que la majeure partie des 
interpolations d'origine pharisienne destinies a le cor- 
riger, sontbasees sur le stoicisme. 

Ont pris part a la discussion MM. D. H. Miiller, Wes- 
sely, lievan, Deutsch, Nowack, Cornill, Merx. 

M. I'abbe Labourt fait connaitre un ouvrage inedit de 
liabaia le Grand, moine nestorien du vii" siecle, sur VIn- 
carnation. II en indique I'importance au point de vue 
theologique, linguistique et historique en ce qui concerne 
I'introduction du monachisme en Perse. 

M. Grimme oppose aux essais faits pour localiser le 
pays ou la ville d'Arzawa une nouvelle theorie. II identifie 
Arzawa, qu'il prononce Orau, aux noms Osroe(ne), Or- 
roe(ne) Rosroi(ne), Orhai, Er-roha, qui tons sont em- 
ployes pour la ville d'Edesse. II appuie sa these en rappe- 
lant que la ville d'Evrogga (a I'embouchure du Balikh) 
portait autrefois le nom Araga (ecrit par les Assyriens 
Araziqi), qu'il identifie a I'Araxes de Xenophon {Anabase, I, 
4), auquel serait a attribuer la position d'Erraqqa, si on 
admet que le Thapsaque de Xenophon est Qala'at en- 
Nedjm, et non pas Hiredjik. 

M. Peiser lit une communication sur divers documents 
assyriens. II vient d'en publier un dans son Orientalistische 
IJteraturzeitung {n" d'avril), et il a copie les 17 autres au 
Musee de Iterlin. 11 y trouve des noms Israelites et il iden- 
tifie le dieu Au avec le Jau des Israelites. 

M. Hommel fait quelques observations. 



58 congr£s international des orientalistes 

Seance du soir. 

M. Wessely examine un papyrus de Vienne relatif a un 
impot sur les Jiiifs de la ville d'Arsinoe (Medinet-el- 
Fayoum). C'est un impot de Tan 72 de notre ere, en forme 
d'une espfece de capitation. Ce document de premiere im- 
portance nous fait connaitre en particulier I'etat civil de 
tous les habitants, la quotite et la repartition de I'impot, 
la valeur de I'argent a cette epoque, etc. 

M. Nau lit une notice historique sur le Monastere de 
Qartamin, prise dans quelques manuscrits inedits et dans 
les historiens syriens deja edites. 

II presente ensuite a la section les six premiers fasci- 
cules de la Patrologia Orientalis, collection internationale 
fondee en 1897. par M^" Graffin. 

MM. Merxet Haupt ajoutent quelques observations. 

M. Haupt presente une communication sur le nom des 
Sadduceens. Ce mot pent 6tre identifie avec Caddiqim 
« justes », et cette denomination serait alors un euphe- 
misme pour « injustes ». Les Pharisiens etaient les justes 
(c'est-a-dire les orthodoxes): les Sadduceens etaient les 
injustes (c'est-a-dire les libres penseurs). 

Ont pris part a la discussion : MM. D. H. Miiller, Vollers, 
Hommel, Bevan, Budde, Merx, Adler. 

M. D. H. Miiller montre que le prophete Ezechiel (XXII^ 
24-31) emprunte un passage au prophete Zephania (III, 
1-8) et le commente. 



Section III. — Langues musulmanes- 

Stance du matin. 

Devant les sections reunies de I'lnde et de I'Extr^me- 
Orient, de la Grece, de I'Orient et des Langues musul- 
manes, M. le comtePuUe fait une remarquable conference 
sur la geographie ancienne de I'lndo-Ghine. II decrit, sui- 




COMPTE RENDU DES STANCES Sf 

vant le mandat qui lui avail 616 confie par le Congr^s 
d'Hanoi, une magnifique collection des cartes relatives a 
rhistoire de la geographic de I'lndo-Ghine. 

Dans la salle des cours publics, oil se tient Tassembl^e, 
se trouve une nombreuse assistance. Les parois sont ta- 
pissees d'une collection de plus de deux cents cartes, 
reproduisant en couleur et en miniature les difTerentes 
transformations de la presqu'ile indo-chinoisea travers les 
siecles, etdes extraits de litterature indienne, bouddhiste, 
chinoise, thibetaine, grecque, romaine, byzantine, des 
P6res de I'Eglise et du Moyen-Age, jusqu'aux conqu6tes 
modernes. 

Cette collection, qui represente plusieurs annees de tra- 
vail, est d'une valeur materielle considerable. Aussi pro- 
voque-t-elle I'admiration des personnes competentes en 
la niatiere. 

On remarque surtout deux grandes reproductions de 
monuments, desquels on peut dire qu'ils commencent la 
cartographic moderne de I'Extr^me-Orient. 

Ges reproductions photographiques, ex6cutees avec 
beaucoup de soin par I'etablissement Orlandini, de Mo- 
dene, sont de grandeur naturelle. Elles mesurent : Tune 
1»,15, I'autre 2-,50. 

Le Ministre actuel de I'lnstruction publique italien a 
envoye ces deux photographies comme sa contribution a 
Toeuvre des orientalistes et en hommage au Gongr^s 
d'Alger. 

M. Pulle fait I'eloge de la cooperation des savants fran- 
gais, Sylvain Levi, Ghavannes, Pelliot et Henri Gordier, 
le cel6bre historien des voyages accomplis en Extreme- 
Orient par les italiens Odorico di Pordenone et Marco 
Polo. 

II demontre ensuite Pimportance de la nouvelle mappe- 
monde catalane au point de vue de Phistoire de la carto- 
graphic de I'Afrique et des decouvertes des routes mari- 
times vers I'Orient. 

La communication de M. Pulle, qui compte parmi les 



60 C0NGR6S INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

plus importantes du Congr^s, et le don du Ministre de 
rinstruction publique italien, sont salues par de chaleu- 
reux applaudissements. 

La communication de M. Pull6 terminee, M, Nallino lit 
un travail de M. Guidi sur le Nasib dans les poesies arabes. 

M. Cheikh Farid Bey offre un livre sur les Fatimites. 

M. Cheikh Ghaouich revient sur les arguments develop- 
pes par M. Vollers au cours de sa communication intitulee : 
« La langue litteraire et la langue parlee dans I'ancienne 
Arabie ». 

M. Ben Hadj Mokhtar ben Tahar lit un travail sur I'en- 
seignement dans les Zaouias *. 

M. Farid Hey, congressiste egyptien, pretend que cet en- 
seignement est parfait en Egypte et qu'on devrait suivre 
le systeme, qui y est applique. 

Siance de Vapres-midi. 

1. M. Mohammed ben Brahara presente un ouvrage sur 
la metrique arabe et a fait une communication sur le 
m^me sujet. 

2. M, Feliu lit un memoire « sur la legislation des eaux 
dans la Ghebka du M'zab ». 

3. M°" de Lebedew : « Notice au sujet du manuscrit arabe 
de I'histoire de la conversion de la Georgie ». 

4. M. Desparmet : « La poesie populaire a Blidah ». 

5. M. Brudo : « Reponses aux critiques de la communica- 
tion de M. Robert ». 

— Reponse a M. Ben Hadj Said Mokhtar. 

— M6moire sur I'oeuvre de I'alliance francaise a Bone. 

6. M. Abou Bekr Choaib, de Tlemcen, lit une « qacida » 
de son pere, en I'honneur de M. le Gouverneur general 
et des Congressistes. 

7. II fait ensuite une communication sur la classification 
des sciences arabes. 



1. Ce travail ayant ^t^ public dans la D^piche AlgSrienne du 26 avril, 
il n'y a pas lieu de le reproduire dans les Jctes du Congres. 



i 




COMPTE RENDU DES STANCES 61 



Section IV. — £gypte, Langues africaines, 
Madagascar. 

Seance du matin. 

La stance est ouverte i 9 h. 1/2. 

President : M. le D' Mahler, Professeur au Musee natio- 
nal hongrois, Budapest. 

Assesseurs : M. le D"^ Hommel, Professeur a TUniversite 
de Munich. M. le D' Dyroff (Karl), privat-doceni a TUni- 
versite de Munich. 

Communications de : 

1. M. Dyroff: « Questions grammaticales ». 
M. Hommel ajoute quelques observations. 

2. M. Schmidt: « Surlesobjetstrouves hors de I'Egypte ». 
M. Mahler remercie M. Schmidt, etM. Wiedemann s'as- 
socie a ces remerciements. 

3. En I'absence de M. Lefebure, retenu au Congres des 
Societes savantes, son memoire sur « La plus ancienne 
observation sothiaque » est lu par M. Hericy. 

M. Mahler ajoute quelques observations. 

4. M. Destaing expose son memoire sur « Le Dialecte des 
lieni-Sous ». 

5. M. Gaudefroy-Demombynes presenle une note sur les 
« Langues du Chari ». 

Vu I'heure avanc6e, on se borne a deposer les manu- 
scrits des communications suivantes : 

M. Lefebure : « Le nom d'Heroopolis ». 

M. Consolo : « Etude d'analogie graphique des hierogly- 
phes avec I'ecritiire musicale moderne. » 

La seance est levee a 11 h. 1/2. 

Sdance de I'apres-midi. 

La stance est ouverte k 3 heures. 

President : M. le marquis Giacomo de Gregorio, pro- 
fesseur a lUniversite de Palerme. 



62 CONGRfiS INNERxNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Assesseurs : M. F. W. Green, de Thornfield (Grande- 
Bretagne) ; M. de Calassanti-Motylinski, directeur de la 
Medersa de Constanline. 

Communications de : 

1. M. de Calassanti-Motylinski : « Sur iin manuscrit 
arabo-berb^re de Zouagha », decouvert par M. Rebillet. 

2. M. Duch^ne ; « Sur le probleme de I'origine des Peuls, 
ramene ^ une question de linguistique. » 

3. M. G. Mercier: « Surles noms des plantes en chaouia 
de I'Aouras. » 

Aucuneautre communication n'etant presentee, la seance 
est levee a 4 heures, et le president declare la session 
close. 

Annexe a la. seance du matin. 

Resume de la communication : Vorigine de Vicriture 

musicale moderne, par Frederic Consolo « Jehiel Nah- 

many Sefarti. » 

« La notation musicale, personne ne Tignore, s'est peu 
k peu transformee. 

« Au VII* si6cle, I'Eglise catholique romaine adopta la 
notation neumatique, c'est-a-dire un groupe de notes qui 
indiquaient, selon leur disposition, les intervalles ascen- 
dants ou descendants. 

« Au IX" si^cle, cette notation varia d'une facon sensi- 
ble :1a lecture en fut facilitee par I'introduction des lignes 
jaunes et rouges, la ligne jaune pour indiquer la clef de 
do, la ligne rouge pour indiquer la clef de fa. A part cela, 
la notation neumatique avait ete conservee. 

« Au XII* sifecle, cette notation fut remplacee par le sys- 
t^me de Guy d'Arezzb. Aulieu de deux lignes on en traca 
trois, et, peu a pr6s, on en ajouta une quatrieme. [Voir : 
Dom Pothier, Phases diverses des neumes dans les melo- 
dies gregoriennes^ p. 54-55]. ^1 

« C'est au XIV' siecle, sauf erreur, que fut ajoutee la cin- ^ ' 
qui^me ligne a la portee... 

« L'6criture musicale s'est transformee et est devenul 



COMPTK IIENDU hKS STANCES «3 

ce qu'elle est aujounl'hui, grAce a I'invenlion des instrti- 
menls acordes^ et an developpement que prit la musique 
k la suite de leur introduction dans ies orchestras. L'^cri- 
tiire du XIV* siecle ne depasse pas, en effet, Toctave, c'est- 
a-dire le diapason : il en est de ni^me de la melodie de 
cetle epo(|ue. II fallut, de toute necessity, accroltre gra- 
duellement I'extension de I'echelle des sons, au dessus et 
en dessous des lignes de la portee. Or, le dessin de cette 
ecriture, telle que nous Temployons aujourd'hui, oil le 
prit-on ? 

« Selon moi, on Temprunta aux hieroglyphesegyptiens... 
Ce que j'ai constate, c'est que dans Ies lettres alphabeti- 
ques hieratiqUes, il y a des signes d'ecriture qui corres- 
pondent aux signes musicaux modernes, soit a la breve 
(qui vaut deux rondes), a la ronde, a la blanche, a la noire, 
a la croche, a la double croche. II y a encore des triolets 
de diverses esp^ces d'ecriture. J'y ai egalement retrouve 
lesquatre lignes qui, selon moi,ont peut-<itre donne I'idee 
de I'echelle musicale; et, enfin, des formes de notes de 
diverses valeurs, couples de petites lignes... 

« J'ai done de bons motifs pour croire que notre nota- 
tion moderne puisse deriver des hieroglyphes egyptiens. 

« ... Je me suis alors adresse a une personne compe- 
tente, le savant musicien Adolphe Baci, professeur k I'Aca- 
deraie royale de musique, a Florence. Apr6s 6tre alle exa- 
miner Ies monuments egyptiens qui existent dans cette 
ville, il s'esl trouve enti^rement d'accord avec moi. Lui 
aussi croit que notre ecriture musicale moderne peut de- 
river des lettres hieratiques egyptiennes. 

« Et quand bien ni6me, chez Ies Egyptiens — comme 
Taffirment Ies egyptologues — ces lettres alphabetiques 
n'auraient jamais represente des signes musicaux, il est 
indeniable que ces ni6mes lettres ont servi de module 
d'ecriture, ou de type conventionnel, ii la notation musi- 
cale introduite a partir duxiv«si6cle, c'est-^-dire k la nota- 
tion moderne. » 



64 CONGRES liNTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Section V. — Extreme-Orient. 

Siance du matin. 

La stance est ouverte a 9heiires, sous la presidence du 
professeur J.-M. De Groot. 

Etaient presents : MM. Ghavannes, Gordier, D*" Mura- 
kawa, T'ang Tsai Fou, Pelliot, Jean Dupuis, Martin- 
Fortris, Henri Ghevalier, 

Le D' Murakawa fait une inleressante communication 
sur I'expedition de Khoubilai-QaAn au Japon, au xiii" si6- 
cle ; il cite entre aulres, d'apres la copie conservee dans 
un temple de Nara, la leltre envoyee en 1266, par Khou- 
bila'i-Qa&n a I'empereur japonais. 

Martin Fortris. — Rapport du secretaire de la commis- 
sion internationale de transcription des sonschinois^ 

La section se reunit ensuite a celle des langues musul- 
manes et de I'lnde pour entendre Fimportante communi- 
cation de M. le comte PuUe sur la cartographie ancienne 
de I'Extrdme-Orient. 

G'est egalement devant les sections de I'lnde et de 
I'Extr^me-Orient que le D"^ W. F. K. Muller parle des 
manuscrits trouves k Tourfan par I'expedition Griin- 
wedel. 

M. Henri Chevalier fait une communication sur un ma- 
nuscrit coreen de la Biblioth^que Nationale de Paris de- 
crivant I'erection du tombeau du roi coreen Hien-Tsong, 
en 1849. 

La stance est levee k midi. 



I. Ce rapport ayant paru dans \aD4pScke algirienne du 27 avril, iln'y 
a pas lieu de le publier dans les Actes du Congres. 




COMPTE RKNDU DBS STANCES 6S 



IVIardi 25 avril 



Section I. — L'Inde. 

Stance du mardi 25 avril [matin). 

M . lUoomfield preside. Vingt-sept membres assistent k 
la reunion. 

M. Macauliffe lit un travail sur la religion des Sikhs 
(remarques sur I'esprit de tolerance du mouvement sikh 
k Torigine). 

Sir Charles Lyall offre a la section les nombreux volumes 
deja publics du Linguistic Survey. M. S6nart rend hom- 
mage au z6le de M. Grierson et de ses coUaboraleurs, no- 
tamment de M. Konow. 

M. F. W. Thomas presente un memoire sommaire de 
M. Rapson, emp^che d'assister au Gongres : ce memoire 
expose, avec fac-simile, transcriptions et traductions a 
I'appui, les premiers resultats de I'enqudte entreprise par 
M. Rapson et plusieurs autres savants sur les documents 
Kharosthi de I'expedition Stein. M. Senart, qui s'est occupe 
avec M. A. Hoyer de ces interessantes reliques, explique 
leur importance, les difficultes du travail, le merite extreme 
de M. Rapson. M. Bendall souhaite, et ce voeu soul^ve 
I'assentiment unanime, que M. Rapson soit mis 6 m^me 
de poursuivre sans aucune entrave la mission dont il est 
charge. 

M. Hendall resume un memoire de M"* de Martinengo- 
Gesaresco : « The Jaina precept of non-killing. » 

M. F. W. Thomas lit une note de M. Rhys Davids sur les 
travaux preliminaires du dictionnaire p&li et dit un motde 
la question financi(;re. M. Scherraann rend un homraage 
emu a la memoire de M. E. Hardy. 

1 5 



66 CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

M. Mirza Abdul Hussein Khan lit un travail sur divers 
points importants de la civilisation iranienne. 

Remarques de MM. Bloomfield et Deussen. 

M. Bloomfield presente un travail de M. Louis Gray, 
« the Jews in Balhari Litterature. » 

M. Arthur Ghristensen, discutant les ideesde Justi, re- 
cherche de la patrie de I'Avesta. 

Annexe au proces-verbal. 

The New Pali Dictionary. 

The Pali Text Society had made application for the 
funds necessary to carry out this undertaking to an Insti- 
tution, which it was expected, would defray the cost. After 
a year's delay, the Institution in question declined the 
opportunity, and the Pali Text Society has since then been 
endeavouring to obtain the necessary funds elsewhere. 
It has very good hopes of being able to do so_, but the pro- 
cess is slow. It deems it however desirable to inform the 
Congress that the project, so heartily supported by the 
Congress at Hamburg, is only in abeyance, and that the 
Pali Text Society hope, before the next Congress, to have 
brought it so far that a successful conclusion will be assu- 
red. 

T. W. Rhys Davids. 



Section II. — Langues sexnitiques. 

Presidence de M. Driver. 

Le professeur Kautzsch communique une lettre du doc- 
teur Littmann annoncant la decouverte, dans la region de 
Itosra, d'environ 2.000 inscriptions safaitiques, naba- 
teennes,grecques et romaines, la plupart (15 a l.GOO) nou- 
velles , quelques-unes d'un haut interM pour I'histoire 
politique ou religieuse. 




COMPTE RENDU DES STANCES «7 

II annonco ensuite une concordance du Targunj d'On- 
kelos, travail en preparation du pasteur Hrederet. 

MM. Landauer, Miiller et Merx insistent sur I'utilite 
d'un pareil travail. 

M. Philippe Merger donne un apercu des decouvertes 
faites dans ces dernidres annees sur le sol de la Tunisie, 
par le P. Delattre et par M. Gauckler. 

II rend hommage aux services eminents rendus par ces 
deux hommes. h des points de vue differenls et dans des 
domaines differents, pour la reconstitution de I'ancienne 
Carthage. La decouverte recente du TheAtre et de I'Odeon 
par M. Gauckler est la preuve la plus eclatante de I'excel- 
lence de la methode suivie par le savant directeur des 
Antiquit^s. 

M. Herger annonce la prochaine publication de I'in- 
scription bilingue, libyque et neo-punique, trouvee par 
M. Gauckler aDougga, que ravanceraent des travaux de la 
section semitique ne lui perniet pas d'analyser en seance, 
mais qui paraitra dans les Actes du Congres. II termine sa 
communication en expliquant une belle inscription puni- 
que decouverte par le P. Delattre, le 7 avril 1905, dans la 
partie de la necropole, qu'on pourrait appeler le cimeti^re 
des pr^tres : C'est I'epitaphe d'une pr^tresse nommee 
Saphonbaal, dont le mari et le beau-pere portent le double 
titre de suffete et de grand-pr^tre. On a la un nouvel 
exemple d'une pr^tresse mariee, et mariee avec un pr^tre : 
on se trouve en outre en presence d'une famille oii les 
fonctions civiles et religieuses de suffete et de grand- 
pr6tre etaient reunies et hereditaires. 

La fin de 1 'inscription est obscure et donne lieu a une 
echange de vues entre MM. Berger, Kautzsch, Budde, 
Miiller, Euting, Nowack et Isidore Levi. 

Le professeur Haupt fait une communication sur la me- 

;trique hebraique : Toutes les poesies hebraYques se com- 

posent de couples d'hemistiches avec 3-1-3, 2 + 2 ou 3 + 2 

6l6vations de voix. Ces couples d'hemistiches se distri- 

^buent le plus souvent en strophes de deux, trois, quatre 



68 CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORlENTALISTES 

lignes ou davanlage. Des poesies un peu longues se divi- 
sent assez fr^queniment en morceaux, qui tous compren- 
nent le ra6me nombre de strophes. D'ordinaire la fin d'un 
membre de phrase coincide avec la fin d'un hemistiche : 
on rencontre cependant, particuli^rement a une epoque 
tardive, des deplacementsde cesure ou enjambements, de 
sorte que la fin d'une phrase tombe au commencement 
d'un hemistiche. 

Observations de MM. Grimm, Miiller et Merx. 

Sur la proposition du professeur Miiller, la section 
s^mitique s'associe au voeu de la section indienne, ten- 
dant k encourager la Bibliographie orientale publiee par 
M. Scherman. 



Section III. — Langues musulxuanes. 

Seance du matin. 

M. Mirante : « La Presse arabe ». 

M. Seybold: « Sur Idrisi ». 

M. de Motylinski, lit une communication de M. Lopes. 
Sur trois faits de phonologie hispano-arabe. 

Le cheikh Hamid Wali : « Sur le soufisrae ». 

Le general Faure-Big-uet, contrairement a I'opinion de 
M. Lopes, pense que le ;" de Baja (Portugal), n'est qu'une 
simple transformation duy de Julii, qui ne se prononcait 
pas comme un g dur. Par des analogies, dit-il, on peut eta- 
blir que les Espagnols prononcaient ley comme le pronon- 
cent les Francais, les Catalans ou les Italiens et les Pro- 
vencaux. Gette consonne n'a pris le son guttural qu'apres 
la prise de Grenade. Le mot mezquita forme une excep- 
tion. 

Communication du cheikh Abdul-Hakim. 

M. Nau : « Notes bibliographiques, sur trois traductions 
oubliees (legende du sage Hayqar, publiee a Paris en 
1832, et deux traductions allemandes de la chronique d'E- 
desse). 



I 



I 



COMPTE RENDU DES SEANCES «9 

M. de Goeje : « L'encensement des morts chez les an- 
ciens Arabes ». 

Annexe 

Note sur trois anciennes traductions de la ligende 
d'Ahikar et de la chronique d'^desse. 

On a public de nombreux travanx sur la ligende d'Ahiqar 
(cf. The story of A/iikar par F. G. Gonybeare, J. Rendel, Har- 
ris et Agnes Smith Lewis, London, 1898) mais on n'a signals 
nuUe part, a notre connaissance du moins, qu'une traduc- 
tion francaise de la version arabe a ete publiee a Paris en 
1835 dans un recueil des CEUvres d'un jeune Egyptien 
nomme J. Agoub, devenu Francais par adoption *. 

De m^me la cel^bre chronique d'Edesse a deja eu, de- 
puis Assemani, plusieurs reeditions et nous n'avons vu si- 
gnaler nulle part que deux traductions allemandes ; 
I'autre litterale, I'autre plus litteraire en ont ete publiees 
au xviii* sifecle *. 

Les litteratures allemande, arabe et francaise sont as- 
sez riches pour negliger ces petits ouvrages sans grand 
inconvenient, mais il nous semble cependant qu'au point 
de vue bibliographique, il y a inter^ta communiquer cette 
courte note au Gongres pour completer la bibliographie de 
ces deux c6lebres ouvrages. 

F. Nau. 

1. Melanges de litterature orientate et francaise, par J. Agoub, avec 
une notice sur I'auteur, par M. de Pongerville, de rAi-adcmie irancaise, 
Paris, 1835 (la traduction en question se trouve pp. 61-71 sous le 
titre : Le sage Haycar, conte arabe). 

2. Cr. Hepertorium fiir hihlisclie and morgenldndische Litteratur, ers- 
ter Tlieil. Leipzig, 1777, pages 199-217; ou trouve ici la 8econ<ie traduc- 
tion allemande anonyme; la premiere due au professcur PleilFer d'Erlan- 
ge-^ est annoncce par I'auteur en tele de sa courte introduction : Herr 
professor Pfeiffer in Erlangen hat das Chronikon von Edessa schon in 
seiner Assemanischen Orientalischen Bibliothek ubersetit undz war m» 
er sagt Wort fur Wort. 



70 congrEs international des orientaustes 



3\der»oi*e<li 26 avril 



Section I. — L'Inde. 

Seance du mercredi 26 avril. 

M. Senart preside. Douze membres sont presents. 

M. Arakelian lit un travail sur la litterature armenienne- 

M. Karolides traite de : « Er le Pamphylien de Platon et 
de Plutarque dans les mythes armeniens ». 

M. Senart ditquelques mots d'adieu et de remerciment 
et Sir Raymond West lui r^pond dans un discours fort 
applaudi. 



SEANCE PLENIERE DU MERCREDI 26 A VRIL 

La seance est ouverte a 9 h. 1/2, sous la presidence de 
M. R. Basset assiste de MM. Doutte et Yver. 

Le president rappelle qu'en vertu des reglements re- 
gissant les Congresdes Orientalistes, I'Assemblee doit se 
prononcer sur les voeux examines et retenus par la com- 
mission executive. 

Ges voeux sont au nombre de cinq. 

1° Siege du prochain Congres. — II n'a ete fait a ce sujet 
aucune proposition ferme, mais seulement des proposi- 
tions eventuelles. 

1. Tiflis. (Proposition faite au nom de la municipalite, 
mais non du Gouvernement russe). Tiflis a ete ecarte par 
la commission executive en raison de I'eloignement et de 
la difficulte des communications. 

2. Copenhague. (Propose par plusieurs membres, reserve 
faite de I'acceptation de la proposition par le Gouverne- 
ment danois. Le Gomite a adopte cette proposition, et sub- 



COMPTK RE.NDU DBS SEANCES 71 

sidiairement une autre en faveiir d'une villa beige, vrai- 
semblablement Bruxelles). L'avis ducomile a ete adopte 
k runanimite par la seance pleni^re. 

2° Publication des Actes du Congres. — La commission 
executive a propose a I'unanimite le retablissement de la 
publication des Actes du Gongrfes supprimee par decision 
du Gongr6s de Hambourg. Le president fait remarquer 
qu'il ne s'agit que d'une decision d'espece, n'engageant 
en rien les Congres ulterieurs. 11 ajoute, que cette pu- 
blication seraitconfiee aux soins de la commission d'orga- 
nisation du Congres d'AIger, assistee des bureaux provi- 
soires des diverses sections. 

M. Senart se rallie a cette proposition. MM. Windisch, 
au nom des orientalistes allemands, et D. H. Miiller se 
declarent partisans de cette publication. 

M. Montetdemande quel delai sera accorde aux auteurs 
de communications pour la remise de leurs manuscrits; il 
demande un delai d'un mois. M. le president pense que les 
manuscrits devraient 6tre remis au plus tard le 30 juin, 
mais cette date n'est pas absolue. II ajoute quil n'est pas 
necessaire que I'ordre de publication soit le m^me que 
celui des diverses Sections. 

3** Voeu de M. Kuhn, en faveur deVOrientalische Biblio- 
graphie. M. Kuhn demande : 1° Que les divers Gouver- 
nements accordent une subvention k la redaction de cette 
publication ; que, d'autre pari, il soit constitue un comite 
de publication compose de MM. Cordier (France), E. Doutt^ 
(Afrique Mineure), Kuhn (Allemagne), Thomas ^Angle- 
terre), Pulle (Italic), Bloomfield (Etats-Unis). L'ensemble 
du voeu est adopte. 

40 Publication integrale de I'ldrisi, par M. Seybold. La 
commission a retenu de cette proposition un voeu relatif a 
Turgence de la publication. Celle-ci pourrait 6tre assuree 
sur les revenus de la fondation Gibb, mais une solution 
definitive ne pourra Hre donnee qu'apr^s la reunion des 
«< trustees a de cette fondation, au mois de juillet pro- 
chain. Le mode de la publication sera determine ulterieu- 



12 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

rement. L'Assemblee adopte le voeu, tel qu'il a ete presente 
par la commission executive. 

5° La commission propose I'admission du voeu de 
M. Duch^ne, delegue du Minist^re des Colonies, recom- 
mandant au Minist^re des Colonies, I'institution d'une 
« EnquSte scientifique sur I'origine des Peuhls ». Le voeu 
est adopte. 

M. le president remercie les congressistes de leur col- 
laboration assidue aux travaux du Congres. 

M. Senart adresse au president I'expression de la grati- 
tude des congressistes. 

La seance est levee a 10 h. 1/2. 

SEANCE SOLENNELLE DE CLOTURE 

La seance solennelle de cloture du Congres des Orien- 
talistes, a eu lieu le mercredi 26 avril, a 2 heures, dans le 
hall du Palais consulaire, en m^rae temps que celle du 
Congres des Societes savantes, qui s'etait tenu a la m^me 
epoque a Alger. 

M. Bienvenu-Martin, ministre de I'lnstruction publique 
et des Cultes, presidait cette seance, ayant a ses cotes 
M. le gouverneur general; MM. Bayet, directeur de I'en- 
seignement superieur au ministdre de I'lnstruction pu- 
blique; Heron de Villefosse, de I'lnstitut, president du 
Congres des Societes savantes; Rene Basset, directeur de 
I'Ecole des Lettres, president du Congres des Orienta- 
listes ; Jeanmaire, recteur de TAcademie d'Alger; Rene Ca- 
gnat, membre de I'lnstitut; MarQais, directeur de la M6- 
dersa; Gsell, directeur du Musee des Antiquites; general 
Serviferes, commandant le 19^ corps; general Bailloud, 
commandant la division d'Alger; Rostaing, prefet; Altai- 
rac, maire; Jouve, l®' adjoint; Vacher, premier president 
k la Cour; Castan, president de la Chambre de commerce; 
Jourdan, president du Tribunal de commerce ; Tachet, 
president du Syndicat commercial; Philippe Berger, de 
rinstitut, etc. 



COMPTE RENDU DES S^AKGES 13 

Dans la salle.la plupart des congressistes et leurs femmes 
etaient presents, et I'arrivee du iiiinistre et des person- 
nages officieln a 6te saluee d'unanimes applaudissements. 

D6s I'ouverture de la stance, M. IJienvenu-Martin'donne 
la parole a M. Heron de Villefosse, de I'lnstitut. Gelui-ci 
retrace les diverses phases de I'exploration scientifique de 
I'Algerie, et rend hommage aux savants et aux Societ^s 
dont les travaux ont fait connaitre le passe et les monu- 
ments de I'Afrique du iNord... II conclut en ces termes : 

Et, si j'osais parler des etudes arabesdevant leurs represen- 
tants les plus qualifies, je devrais encore exprimer toute notre 
reconnaissance a MM. Basset, Iloudas, Doutte, de Motylinski, 
Gabriel Colin, Gustave Mercier et Marcais, chefs de cette la- 
borieuse phalange qui s'applique a reunir le tresor des ins- 
criptions niusulmnnes ou a publier des documents sur I'his- 
toire de la domination anterieure a la notre. 

Renan a eu bien raison de dire que ['exploration scientifique 
de I'Algerie serait un des litres de gloire de la France au 
xix* siecle. Elle a etc conduite avec un succes qui est bien 
notre ceuvre et dont la France pent, a bon droit, se montrer 
iibrc. Elle se complete et s'acheve. La plupart des graudes 
mines ont maintenant livre leurs secrets; une abondance in- 
croyable de materiaux en est sortie ; ils n'ont qu'un tort, celui 
d'etre un pen trop disperses. En parcourant nos provinces 
africaines, en admirant les edifices antiques qui en forment 
la parure et I'attrait, en visitant les musees organises par les 
soins de nos confreres algtiriens, on pent apprecier plus com- 
pletement les efl'orts accomplis dcpuis trente ans pour sauve- 
garder les richesses archeologiques dont se glorifie lAlg^rie. 
Le gouvernement de la Republi([ue a mis tout en ceuvre pour 
activer I'exploration et la rendre plus feconde ; elle est con- 
duite avec une methode, avec une sollicitude que vous serez 
unanimes a reconnaitre. Les homnies eminents qui ont ete 
investis tour a tour du gouvernement general ont compris la 
grandeur et I'interdt d'une tache dont ils ont favorise I'accom- 

1. La Revue Africaine public le Icxte complet des discours de 
MM. Horon de Villefosse, Gscll et Bieiivcnu-Martin, dans un numtro 
special, qui doitdtre envoys k tous les membrei da Congrisdes Orient** 
listes. 



74 . CONGRtS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

plissement detoutleurpouvoir. Depuis le soldat, depuis le co- 
lon le plus modeste jusqu'aux fonctionnaires de tout rang et 
aux officiers de tout grade, chacun est venu apporter son con- 
cours a cet ouvrage. L'humble travailleur qui exhume un mo- 
nument inedit a droit a notre reconnaissance aussi bien que le 
savant qui Texplique. 

Aprfes des annees de labeur, il etait sans doute permis de 
Jeter un regard en arriere et de contempler un instant le che- 
min parcouru. La satisfaction intime que procure I'oeuvre 
scientifique vient de I'assurance que Ton a de travailler a une 
oeuvre durable, a une ojuvre que toutes les nations eclairees 
poursaivent par les mSmes methodes. Celle qui s'accomplit en 
Algerie rev6t maintenant ce caractere de stabilite et de duree. 
Les hommes qui la continuent aujourd'hui ont quelque droit 
d'en 6tre fiers ; ils travaillent dun effort commun au profit de 
la science et de la civilisation. Empruntant le langage des 
textes romains, on pent dire qu'ils ont bien merite du pays, 
ceux-ia surtout qui, pour se consacrer plus entierement a la 
resurrection scientifique, objet de leurs patients efforts, et par 
consequent pour mieux servir la France, ont fait de I'Afrique 
leur seconde patrie. 

M. Gsell, directeur du Musee, professeur a I'Ecole des 
Lettres, a, ensuite evoque « les sensations fortes et pre- 
cises, que provoque la vision directe du passe, et que ne 
donnent ni les plus belles collections d'art, ni les ouvra- 
ges d'erudition les plus exacts ». En un langage a la fois 
eloquent et precis, il a rappele les civilisations successives, 
qui se sent epanouies sur la terre d'Afrique, et y ont 
laisse des traces ineffacables. 

Apres nous avoir quittes, dit, M. Gsell, vous garderez bien 
des souvenirs, dans votre memoire^ vous reverrez par la pen- 
see ces paysages dont la beaute vous aura emus : Alger etince- 
lant comme une perle, dans la couronne d'eternelle verdure 
qui festonne au-dessus de cette baie dune serdnite volup- 
tueuse; et les montagnes fauves, aux lignes sculpturales de 
lions couches, qui entourent Constantine ; et Timmense forfit 
de palmes qui scintille dans I'air vibrant du sud, au debouche 
des gorges d'El-Kantara. 



COMPTE RENDU DES STANCES 75 

Les grandes scenes de I'histoire de notre Afrique vous ap- 
paraitront avec plus de force quand vous songerez aux lieux 
oil dies se sont d^roulees : Sophonisbe, symbole dc Carthage 
expirante, recevant dans le palais de Cirta le fatal present de 
noces de son nouvel epoux ; la paix romaine transformant les 
plaines de la Numldie en d'immenses champs de ble, faisant 
monter les vignobles le long des coteaux, alignant les vastes 
plantations d'oliviers, 6levant a sa gloire ces arcs de triomphe 
dont les silhouettes delabrees onl encore si grand air ; Sidi 
Okba, le conquerant inipetueux du Maghreb, surpris et tue 
pres de la palmeraie qui garde son tombeau ; Charles-Quint 
vieilli, s'^loignant, t6te baissee et sous la rafale, des murs 
d' Alger devant lesquels la fortune commenca a le trahir. 

Mais nous souhaitons que vous emportiez de votre voyage 
d'autres souvenirs encore. Rentres dans vos vieilles villes, ou 
les voix du passe vous parlent en amies, oil tant de lieux vous 
rappellent vos douleurs et vos joies, pres de ces 6coles oil 
s^est ^coulee votre enfance, pr^s de ces cimetieres oil vos morts 
dorment aupies des notres, vous vous direz peut-6tre que 
ceuxqui ont quitte toutcela pour se faire ici un nouveau foyer, 
au prix de mille fatigues, qui se sont penches sur cette terre 
>resque morte et qui, par leur labeur obstine, Tont rendue a 
la vie, qui ont renoue les liens par lesquels I'Afrique fut jadis 
attachee si fortement au monde latin, qui ont associe a leurs 
Iravaux les vaincus d'hier et qui n'ignorent pasqu'on ne fonde 
rien de durable que sur la bonte ; vous vous direz que ceux-la 
m6ritent un peu de votre afTection. 

Enfin, vous qui aimez la science el savez ce qu'elle pent pour 
I'education morale des peuples, vous suivrez peut-6tre avec 
quelque sympathie les efforts de vos confreres africains. Eux 
aussi apportent leur pierre a cette grande CEUvre de I'edifica- 
lion d'une nouvelle France. 

M. le Ministre a pris ensuite la parole, et, apr^s avoir 
resume les travaux des Congres, a tenu ^ marquer Tim- 
portance toute particulifere de la reunion du Congres des 
Orientalistes dans la capitate de I'Afrique francaise, reu- 
nion qui a permis aux representants les plus autorises 
des nations etrang^res de constater I'oeuvre scientifique et 
civilisatrice de la France en Afri(iue. 



76 CONGRES international DES ORIENTALISTES 

Par une fortune singulifere et dont je tiens a me feliciter, la 
ville d' Alger, qui acclamait ces jours derniers la venue d'un 
souverain ami de la France, recevait en mfeme temps un grand 
nombre de savants etrangers qu'appelait ici le Congres inter- 
national des Orientalistes. Je suis heureux de remercier, au 
nom du gouvernement de la Republique, les nations qui s'y 
sont fait representer par des delegues dont le nom et les tra- 
vaux font autorite : I'Angleterre, laRussie, I'ltalie, I'Espagne, 
I'AlIemagne, I'Autriche-Hongrie, la Belgique, la Hollande, la 
Suisse, les Etats-Unis, I'Egypte, la Perse, la Chine. La liste 
des communications qui ont ete faites au Congres prouve com- 
bien son activite a ete heureuse et variee. 

Vous me permettrez d'ajouter que la reunion de ce congres 
a Alger, la presidence confiee a M. Basset, le savant dlrecteur 
de lEcole des Lettres, sont des faits dont je tiens a noter la 
signification. lis indiquent que I'Ecole des Lettres est et doit 
devenir de plus en plus un centre d'etudes arabes, qu'il 
s'agisse de I'histoire, de la civilisation, de la litlerature, des 
langues de I'Afrique du Nord. EUe doit aussi, et a ce meme 
point de vue, se preoccuper du present et de I'avenir autant 
que du passe. Elle ne peutmieux payer sa dette envers I'Alge- 
rie qu'en formant a la connaissance pratique de I'arabe ceux 
qui, dans des situations diverses, auront a developper les res- 
sources de ce pays, a faire comprendre aux indigenes les avan- 
tages de notre civilisation. 

Pour la premiere fois, le Congres des Orientalistes a orga- 
nise une section d'art musulman. C'est une initiative dont je 
tiens a le louer. Cette section a tenu ses seances a la Medersa 
oil, grace a la protection eclairee de M. le gouverneur general, 
s'est ouverte une exposition dart musulman. En quelques se- 
maines, M. Gsell a su y grouper des oeuvres nombreuses et 
dun grand inter^t. Le savant professeur de I'Ecole des Lettres 
d'Alger, qui a si largement contribue a faire connaitre I'Afrique 
romaine, a ainsi montre que I'etude de I'art antique ne doit 
pas faire negliger celle de I'art musulman. En Algerie, d'ail- 
leurs, I'archeologie n'est pas uniquement la science du passe; 
elle peut 6tre dans une certaine mesure, la conseillere du 
present. 

Retrouver les traces des cites, des exploitations agricoles, 
des villas antiques, constater ce que Rome avait fait dans ce 



COMPTE RENDU DES STANCES 77 

pays, c'est nous rappcler ce qu'on y peut faire et quel doit y 
6lre notre role; mais, d'autre part, recueilllr, etudier les 
(cuvres si orlginales, dun goi^t souvent si exquis, de Part mu- 
sulman, c'est encourager ceux qui croient avec raison que cet 
art n'est point epuise, qu'il y a lieu d'en provoquer le renou- 
veau, que les tapis, les broderies, les faiences, les bijoux 
peuvent redevenir ici un titre de gloire artistique en m6me 
temps qu'une des formes de I'activite industrielle. La oii on 
commence a s*en occuper dans les ecoles, Tardeur avec la- 
qiielle les Aleves s'y appliqucnt prouve que les traditions de la 
race ne sont point perdues, et, a Alger mdme, il me serait fa- 
cile de citer d'heureuses et intelligentes initiatives. 

Messieurs, cette partie du monde a subi bien des vicissi- 
tudes. Les travaux du Congres vous ont conduits a travers les 
phases changeantes des societes disparues jusqu'a I'^tat pre- 
sent de I'Algerie; ils vous ont inities aux efforts perseverants 
que la France fait a son tour depuis plus dun demi-siecle pour 
metlre en valeur les admirables richesses naturelles qu'elle 
renferme, pour repandre le bien-6tre materiel et moral parmi 
ses habitants. Cerles, il y a dans I'histoire des recommence- 
ments, mais notre ceuvre trouve dans I'esprit d'humanite qui 
la guide, dans notre souci de I'amelioration sociale, dans 
notre conception superieure de notre mission civilisatrice, 
enfin dans les progres indefinis de la science, des garanties de 
perennite qui ont manque aux brillants conquerants de Tanti- 
quit6 et du moyen-age. 

Que de chemin deja parcouru dans la voie que nous nous 
sommes tracee ! Des villes en plein essor, la production du sol 
accrue, les communications multipliees, la securite garantie, 
la protection et I'assurance assurees aux indigenes, sans par- 
ler de I'instruction dont nous leur faisont connaitre les bien- 
faits et qui leur permettra, sans rien sacrifier de leurs 
croyances et de leurs coutumes, de s'approprier tout ce qui 
dans notre civilisation est capable de rendre leur vie plus fa- 
cile et plus heureuse. 

Les paroles du ministre ont et6 salutes d'unanimes ap- 
plaudissetnents et la seance a ete levee a 4 h. 1/2. 



78 CONGRES international DES ORIENTALISTES 



TELEGRAMMES ECHANGES A l'oCCASION 
DE l'oUVERTURE DU CONGRES 

MM. LouBET, President de la Republiqiie. 

Le XIV" Congres international des Orientalistes, reuni a 
Alger, a I'honneur de vous exprimer ses hommages les plus 
respectueux et I'assurance de son profond devouement. 

En reponse au telegramme adresse par le Congres a 
M. Loubet, President de la Republique francaise, le pre- 
sident dii Congres a recu la communication du telegramme 
suivant adresseeparle secretaire general de la Presidence 
a M. le Gouverneur General : 

Le President de la Republique, tres touche des sentiments 
que viennent de lui exprimer les membres du XIV^ Congres 
des Orientalistes, reunis a Alger, vous prie de vouloir bien 
vous faire aupres d'eux I'interprete de ses remerciements et 
de sa sincere sympathie. 

M. S. M. Oscar II, roi de Suede et de Norvege, presi- 
dent d'honneur du Congres. 

Suivant les traditions des Congres precedents, le XIV® Con- 
gres des Orientalistes, reuni a Alger, a I'honneur d'exprimer 
a Votre Majeste sa respectueuse reconnaissance pour Tinterdt 
qu'elle porte aux etudes orientales. 

En reponse a ce telegramme, M. Basset a recu la de- 
p6che suivante : 

Je remercie vivement le Congres du telegramme qu'il m'a 
fait parvenir, et j'exprime les meilleurs vojux pour le progres 
des etudes orientales. 

Oscar. 

S. M. I. R. I'archiduc Rainer, envoie au Congres le 
c^blogramme suivant : 



(:OMI>TK RENDU DES STANCES 79 

Au moment de la reunion des Orientalistes, je vous envoie, 
jMonsIeur le Pr6sident, ainsi qu'ii tons les membres du Con- 
gres, mes saluts et les souhaits les plus sinceres que ce (2on- 
frrbs puisse, ainsi que les precedents, servir a promouvoir les 
travaux sclentifiques qui ont un si grand inter6t et une si 
grande importance. 

. Sur la proposition de M. le Gouverneur general, 
Tadresse ci-dessous a ete telegraphiee : 

Le XIV* Congrfes des Orientalistes, r6uni a Alger, est heu- 
reux d'exprimer a Son Altesse Imperiale et Royale ses senti- 
ments de respectueuse gratitude pour les souhaits quelle a 
daigne lui adresser a I'occasion de la seance d'ouverture. 

La depftche suivante a ete adressee par TAcademie des 
Lincei : 

Reale Academia Lincei dolente non essere rapprcsentata 
al Congresso Orientalisti cui assai volentieri ha aderito, 
invio suo cordiale saluto bene augurando importanti lavori 
chc oggi vengono iniziati. 

Presidente Blasbrna. 



DISCOURS PRONONC^S A LA SEANCE d'oUVERTURE 
DU CONGRES 

Nous publions in-extenso, les discours dont le texte a 
6t6 communique au Bureau du Gongr^s : 

Discours deM. Hoart, delegue du Ministere des Affaires 
6trang6res. 

Monsieur le Gouverneur general, 
Messieurs, 

J'ai I'honneur d'etre charge par M. le Ministre des Affaires 
etrangeres de saluer en son nom le Congres des Orientalistes 
qui se reunit aujourd'hui dans la belle ville d'Alger. On sait 



18 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 



TELEGRAMMES ECHANGES A L OCCASION 

DE l'ouverture DU CONGRES 

MM. LouBET, President de la Republique. 

Le XIV" Congres international des Orientalistes, reuni a 
Alger, a Phonneur de vous exprimer ses hom mages les plus 
respectueux et I'assurance de son profond devouement. 

En reponse au telegramme adresse par le Congres a 
M. Loubet, President de la Republique francaise, le pre- 
sident du Congrfes a recu la communication du telegramme 
suivant adresseeparle secretaire general de la Presidence 
a M. le Gouverneur General : 

Le President de la Republique, tres touche des sentiments 
que viennent de lui exprimer les membres du X1V° Congres 
des Orientalistes, reunis a Alger, vous prie de vouloir bien 
vous faire aupres d'eux I'interprete de ses remerciements et 
de sa sincere sympathie. 

M. S. M. Oscar II, roi de Suede et de Norvege, presi- 
dent d'honneur du Congres. 

Suivant les traditions des Congres precedents, le XIV* Con- 
gres des Orientalistes, reuni a Alger, a Thonneur d'exprimer 
a Votre Majeste sa respectueuse reconnaissance pour I'inter^t 
qu'elle porte aux etudes orientates. 

En reponse a ce telegramme, M. Basset a recu la de- 
p6che suivante : 

Je remercie vivement le Congres du telegramme qu'il m'a 
fait parvenir, et j'exprime les meilleurs vceux pour le progres 
des etudes orientales. 

Oscar. 

S. M. I. R. I'archiduc Rainer, envoie au Congres le 
c&blogramme suivant : 



COMPTK RENDU DBS STANCES ^g 

Au moment de la reunion des Orientalisles, je vous envoie, 
'Monsieur le Pr6sident, ainsi qu'ii tons les membres du Con- 

gres, mes saluts et les souhaits les plus sinceres que ce (]on- 
igres puisse, ainsi que les precedents, servir a promouvoir les 

travaux sclentifiques qui ont un si grand int6r6t et one si 

grande importance. 

. Sur la proposition de M. le Gouverneur general, 
I'adresse ci-dessous a ete telegraphiee : 

Le XIV" Congres des Orientalisles, r6uni a Alger, est heu- 
reux d'exprimer a Son Altesse Imperiale et Royale ses senti> 
ments de respectueuse gratitude pour les souhaits quelle a 
daifrne lui adresser a I'oecasion de la seance d'ouverture. 

D 

La depftche suivante a 616 adressee par TAcademie des 
Lincei : 

Reale Academia Lincei dolente non essere rapprcsentata 
al Congresso Orientalisti cui assai volentieri ha aderito, 
invio suo cordiale saluto bene augurando importanti lavori 
che oggi vengono iniziati. 

Presidente Blasekna. 



DISCOURS PRONONCI^S A LA STANCE d'oUVERTURE 
DU CONGRES 

Nous publions in-extenso, les discours dent le texte a 
6t6 communique au Bureau du Gongr6s : 

Discours deM. Huart, d6legue du Ministere des Affaires 
6trang(!)res. 

Monsieur le Gouverneur general, 
Messieurs, 

J'ai I'honneur d'etre charge par M. le Ministre des Affaires 
etrangeres de saluer en son nom le Congres des Orientalisles 
qui se reunit aujourd'hui dans la belle ville d'Alger. On sait 



go CONGRfiS INTERNAtlONAL DES ORIENTALISTES 

I'interM que le departement des relations exterieures de la 
Republique apporte et a apporte de tout temps aux etudes 
orientales ; I'existence du corps des drogmans et des inter- 
pretes, organise par I'ordonnance royale du 3 mars 1781, 
I'Ecole des Jeunes de Langues, creee par Colbert et qui, trans- 
forraee, envoie aujourd'hui ses eleves suivre les cours de 
I'Ecole sp6ciale des Langues orientales vivantes, les charges 
de secretaires interpretes pour les langues orientales et la" 
langue chinoise, expliquent suffisamment que ces etudes y 
soient en honneur, et pourquoi elles le sont. Sa participation 
a ce Congres est toute naturelle et je m'honore, pour ma part, 
d'avoir ete choisi pour I'y representer. 

II est impossible, en mettant le pied surcette terred'Afrique 
toute ensoleillee, toute vibrante de la vie la plus moderne, la 
plus active, de ne pas se souvenir qu'ici, jadis, la diplomatie 
francaise, avant-coureur de la civilisation, lulta pied a pied, 
durant deux siecles et demi, pour faire admettre et executer, 
par la turbulente milice qui regentait les deys, les traites so- 
lennels conclus avec le Grand-Seigneur. Et Dieu sait au prix 
de quelles peines, de quelles angoisses ! Lorsque le chevalier 
d'Arvieux, le 10 septembre 1674, « mit pied a terre a la porte 
de la Pescaderie » accompagne du vicaire apostolique Le Va- 
cher^ mort si malheureusement quelques annees plus tard, et 
de Sidi Ali, janissaire et « trucheman » de la nation, il y 
avail cent dix ans que la royaute, qui venait de conclure avec 
Constantinople les premieres capitulations, avait essaye d'ini- 
planter ses representants dans le pays, souvent, mais non 
toujours, avec succes, Longtemps m6me la France ne put 6tre 
representee que par les religieux trinitaires de Marseille, 
install6s dans la region pour le rachat des captifs. D'Arvieux 
ancien routier des Echelles du Levant, eut besoin de toute 
I'habilete qu'il avait acquise durant son sejour en Orient pour 
ne pas 6tre eniprisonne au cours de sa trop breve mission, 
comme Tavaient et6 avant lui Bionneau, de Viar, Pion, comme 
le fut Piolle apres lui, 

Ce sont la des souvenirs du pass6 : mais si la situation des 
agents francais fut a Alger plus precaire que partout ailleurs, 
ils ont offert de si beaux exemples de devouement et d'he- 
ro'isme qu'on pent se sentir fier d'avoir eu de tels anc6tres, de 
tela predecesseurs. La diplomatie a fraye la voie a la civilisa- 



COMl'TE REM)li |)ES STANCES 81 

tion, et c'est encore une insulte adressee a I'un de ses membrcs 
qui fut, comme tout le monde le salt, roccasion de la transfor- 
mation de i'anclenne Hegence en un pays libre, fiorissant, 
travnilleur, qu'attendent de belles destinies. 



Discours de M. le Conseiller aulique Prof. D' Da- 
vid n. MiiLLER, delegue du gouvernement autrichien. 

Messieurs les Congressistes, 

Delegue par le gouvernement imperial et royal de I'Autriche 
et arrive en Afrique, j'ai I'honneur d'apporter les meilleurs 
saluts de I'Academie des sciences de Vienne, des Universites 
de Vienne et de Graz, et de la direction de la Bibliotheque 
imperiale de la cour, oil se trouve la fameuse collection des 
papyrus dite de I'archiduc Rainer. 

Nous eumes, il y a peu d'annees, I'occasion d'assister au 
Congres des Orientalistes, a Paris, la grande capitale de la 
France, donl Tinfiuence enorme penetre partout. Et mainte- 
nant, apres avoir traverse la mer, partant du port de I'ancienne 
colonic grecque, Marseille, nous avons I'occasion d'admi- 
rer le travail enorme de civilisation execute par la France. 
Nous autres, Orientalistes assembles au Maghreb, nous sommes 
arrives ici, aux bords de I'Afrique du Nord, avee les voeux 
sinceres, non pas au dire de Caton, « Carthaginem esse de- 
lendam », maisaucontraire, "Carthaginem esse explorandam» ; 
et, en effet, I'exploration de Carthage est executee maintenant 
par la France, grace au travail admirable du « Corpus Ins- 
criptionum Semiticarum » de Paris. 

En m^me temps, TAcad^mie de Vienne vient de publier un 
autre travail du a une autre exploration, celle de I'ile de 
Socotra, et j'ai I'honneur d'ofVrir le V'l« volume des publica- 
tions de la commission pour I'exploration de I'Arabie du midi, 
relatif a la poesie socotrienne et a I'etude de cette langue qui 
sera un jour une branche importante des etudes semitiques. 

Les grandes puissances occupent partout les iles comme 
stations de navigation pour y deposer du charbon en vue de 
leur commerce et m6mc pour leurs entreprises politiques. 

Que cette exploration scientifique de Tile de Socotra vienne 
seconder les efforts de ces entreprises ; que nous y trouvious 
X 6 



82 .C0NGR£S international DES ORIENTALISTES 

le phare qui nous eclaire la route de rexploration des epoques 
les plus reculees de I'antlquite orieutale ! 

Discours de M. Tang-Tsai-Fou, delegue du gouverne- 
ment chinois. 

En ma qualite de delegue envoye par la Legation imperiale 
de Chine a Paris, j'ai riionneur de vous apporter d'abord, Mon- 
sieur le Gouverneur General, tous les remerciements de son 
chef. Son Excellence Sueni Pao-Ki, ministre plenipotentiaire 
a Paris, pour I'ainiable invitation que vous avez bien voulu lui 
adresser de participer au Congres. 

Je suis tres heureux, pour ma part, d'etre charge de le re- 
presenter ici, et je tiens a exprimer a tous les membres du 
Congres ma reconnaissance pour leur bon accueil. C'est pour 
moi une vraie joie de venir sieger dans ces grandes assises 
de rorientalisme, qui, en developpant la connaissance que les 
peuples oht les uns des autres, concourent a rendre graduel- 
leraent possible dans le monde, plus de justice et plus de 
bonte. 

Discours de M. le Prof, marquis de Gregorio, delegue 
du gouvernement italien. 

Monsieur le Gouverneur general, 
Monsieur le president, 
Mesdames, messieurs, 

Au nom de S. E. le ministre de I'lnstruction publique du 
royaume d'ltalie et des Instituts scientifiques [Reale Academia 
di scienze di Palermo, Academia Peloiitana di Messina^ So- 
cietd di storia patria siciliana, etc.) qui m'ont fait I'honneur 
de me charger de les repr6senter, je suis heureux d'apporter 
de ma patrie, aux membres du X/F" Congres international des 
Orientalistesy un salut fervent et respectueux et de souhaiter 
aux membres organisateurs que leur travail soit couronne 
d'importants r^sultats scientifiques et qu'il aide aussi a la 
noble cause de la fraternitc, de la solidarite etde la sympathie 
que doivent eprouver les unes pour les autres les nations re- 
presentees ici uvec tant de distinction. 

Le vif interdt que I'ltalie porle aux etudes orientales appa- 




('.OHPTK RENDU UKS Si^ANCKS 83 

rait dans ce fait quelle envoie toujours des delegues aux con- 
gres parcils a celui-ci, et par ce fait encore qu*ayant dote 
presque loutes ses Universites dc chaires de Sanscrit, queU 
ques-unes d'egyptien et de chinois, elle a, au cours de ces 
dernieres annees. aufcmente lo nombre des chaires d'arabe et 
de langues semitiques coniparecs. Kt je ne parle pas de Vhti- 
tiilo orienln/e, qui ne cesse de progresser dans son developpe- 
ment ct dans ses resultats. 

En agissant ainsi, I'ltalie nc cherche pas a procurer a ses 
sujets des avantages economiques, car, de nos jours, elle 
n'6prouve pas le besoiu de paraitre une grandc nation coloni- 
satrice (ce fut sa gloire pendant des sifecles et des siecles de 
remplir ce role^ ; elle poursuit uniquement un but scientifiquc, 
attachee a maintenir sa glorieuse tradition de nation civilisa- 
trice. 

C'est en vertu precisement de cet attachenient a la civilisa- 
tion que tout Italien qui pose le pied en Algerie, siege du Con- 
gr^s actuel, ne regrette aucunement que Tancienne Numidie, 
terre du fier Jugurtha, conquise et partiellemcnt reduite en 
province par la puissance romaine, soil a Tombre du drapeau 
frangais. La France est, dans la succession latine, la sa>ur de 
ritalie — la France est ralliee nalurelle de I'ltalie dans I'teuvre 
de dillusion de la civilisation par les peuples. 

C'est anime de ces sentiments que j'ose esperer que mon 
salut aux representants de la science, que mes vccux pour la 
presidence et le comite organisateur porteront I'ernpreinte de 
la sinc6rit6 la plus cordiale et la plus spontanee. 

Discours de M. le comte Pl'lle. 

En nous envoyant au Congres d'Alger, le gouvernenient ita- 
lien a voulu temoigner sa reconnaissance pour la gencreuse 
hospitalitu que la France accorda a ses delegues dans I'lndo- 
Chine, a Hanoi. Ki, plus encore, pour I'honneur qui a ete fait 
aux etudes itaiiennes par le vu'u emis par le m^me Congres. 

Comme marque de tels sentiments et du bon vouloir avec 
lequel nous tacherons de nous acquitter de notre mandat, 
M. le ministre de I'inslruction publique d'ltalie me charge de 
presenter, comme hommage au XIV* Congrfes, la reproduction 
d'un monument pr^cieux, relatifala cartographic de I'Orient 



84 CpNGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

et de I'Afrique : la Mappemonde catalane, recemment decou- 
verte dans la bibliotheque de Modene. 

Mais nous tenons a faire une declaration dans cette reunion 
solennelle. En visitant vos colonies, oil nous recevons une si 
aimable hospitalite, nous avons pu voir de quelle maniere I'es- 
prit qui se degage de cette alliance jntellectuelle, representee 
par les etudes et le Congres des Orientalistes, s'applique, grace 
a la France, au bien-6tre et au progres de la civilisation dans 
les differentes et lointaines regions. 

Oui, les peuples ne vivent pas du pain de la science seule; 
ils ne s'apaisent que par ce qui est son produit le plus sain et 
le plus desirable : le sentiment de la fraternite humaine. 

Or, c'est la France qui nous a donne, aux moments critiques 
des evolutions sociales, I'exemple de la sainte application de 
ce principe. Et c'est aussi au moment actuel, dans la lutle pour 
la defense de la liberte de conscience, que les sceurs latines 
se tournent vers elle. Comme jadis, au temps de la conquSte 
de nos liberies nationales, elles elevent vers la France un cri 
d'appel qui se resume dans le mot de notre plus grand poete 
vivant, le Victor Hugo italien : 

Buon popolo di Fiancia. ajuta, ajuta I 

L'ouvrage presente par M. Pulle au gouverneur general est 
un planisphere du commencement du xiii* siecle, qui fait pen- 
dant a la celebre Carle catalane de la Bibliotheque Nationale, 

De mfime que les nombreuses cartes anciennes de Tlndo- 
Chine, collectionnees par M. Pulle a la suite du vrcu du Con- 
gres de Hanoi, cette carte a ete exposee dans une seance des sec- 
tions reunies du Congres des Orientalistes et de la section 
geographique du Congres des Societes savantes, samedi matin, 
a 9 h. 1/2, dans la salle des lectures publiques de I'Ecolc su- 
perieure des Lettres. 

Discours prononce par Sid Mohammed Boukandoura, 
mufti du rite hanefite, i Alger, a la seance d'ouverture du 
Gongrds des Orientalistes. Resume par M. Mirante, offi- 
cier-interprete. 

Messieurs^ 
Dans I'interessant et eloquent discours qu'il vient de lire 




COMPTE RENDU DBS STANCES IS 

devant vous, Si Mohammed Boukandoura, mufti du rite ha« 
nefite a Alger, c6lebre avec enthousiasme la reunion de con- 
gres, comme celul-ci, dans lesquels 11 voit une des manifesta* 
tions les plus cclataiites de la civiiisntion moderne. 

II se rejouit du spectacle reconfortant offert par ces assem- 
blies d'elite oii des savants eminents, venus de tous les autres 
pays, mi'is par les m^mes sentiments gcnereux, entraines par 
les mimes nobles aspirations et unis dans une sorte deconfra- 
ternite universelle, se rencontrent pour travailler ensemble nu 
progres de la science et de I'humanite. 

Pour montrer que les Arabes ont ete les premiers a apprecier 
les avantages des reunions de savants. Si Mohammed Boukan- 
doura, tient a faire un rapprochement entre les congres ac- 
tuals et le fameux tournoi annuel des poetes anti-islamiques 
a la grande foire d'Okazh. 

L'orateur s'attache a demontrer I'importance de la langue 
arabe qui, appropriee par Ic puissant genie des ecrivains aux 
conceptions les plus subtiles dc la pensee humaine, donna 
naissance a la brillantc civilisation generale du monde. 

11 fait I'Sloge de la litterature arabe qui, en recommandanl 
avec sagesse la tolerance religieuse, la justice, I'union et la 
Concorde entre les peuples,a concouru largement a I'elevation 
morale de I'humanite. 

Si Mohammed Boukandoura espere que les travaux du pre- 
sent congres meltront en lumiere le role civilisateur des au- 
teurs arabes et contribueront a creer de nouveaux courants 
de sympathie entre TOccident et I'Orient mieux connus. 

S'appuyant sur des textes du Goran el de la Sonna, il sou- 
tient que la religion musulmane, loin d'etre refractaire au pro- 
gres social, exclut au contraire, le fanatisme, prescrit des rap- 
ports cordiaux entre les hommes de toutes les races et favorise 
revolution des idees, en imposant I'instruction aux croyauts 
comme un de leurs premiers devoirs. 

En lerminant, l'orateur rend un hommage reconnaissant au 
gouvernement franqais qui ne neglige aucun efl'ort pour deve- 
lopper 1 enseignement des indigenes. 

Il remercie chaieureusement M. le President de la Repu- 
bll({ue et M. le Gouverneur general de IWlgerie donl la 
haute soliicitude s'est affirmee a Tigard des Musulmans de 
1 Algerie par la creation de nombreux etablissements oil its 



86 COKGRftS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

peuvent acquerlr la science arabe dans les mellleures condi- 
tions. 

Le Congrfes des Orientalistes qui se tient a Alger pour la 
premifere^fois, niarquera, dit-il, dans les annales de cette colo- 
nie et les Musulmans sont particulierenient flattes qu'il ait lieu 
sous le gouvernement de M. Jonnart auquel ils doivent de si 
nombreux bienfaits. 



FfiTES ET RECEPTIONS 



RECEPTION DES CONGRESSISTES 

Les nombreux savants qui viennent suivre a Alger les 
tpavaux de la quatorzifeme session du Congr^s des Orien- 
talistes etaient convies le mardi soir 18 avril, k 9 heures, 
dans les salons de I'hotel Excelsior, a une reception tout 
intime, que le comite d'organisation, preside par M. R. Bas- 
set, directeur de I'Ecole des lettres d' Alger, avail organisee 
en leur honneur. 

Les congressistes qui, pourla plupart, sont d'anciennes 
connaissances, en ce sens qu'ils se sont rencontres ante- 
rieurement dans les autres villes, sieges des precedents 
congr^s, ont repris contact avec plaisir, et les salons de 
rhotel presenlaient un coup d'ceil inaccoutume. II y avail 
la des savants de toutes les parties du monde, parlanl 
toutes les langues connues et s'entrelenant araicalemenl. 

M. Rene Basset, assist^ de MM. Luciani, conseiller de 
gouvernement ; Mespl6, professeur a TEcole des lettres; 
Boukandoura, mufti han6fite d'Alger, et des membres du 
comite d'organisation du Congr^s, faisait les honneurs de 
cette reception. 

Nommer tous les assistants serait impossible ; citons au 
liasard : MM. Barbier de Meynard. administrateur de I'ecole 
des langues orientales a Paris: (]agnat, professeur au col- 
lege de France ; Senart, membrede I'lnstilul; commandant 
Lacroix, des affaires indigenes; Miranle, officier inter- 
prMe de l""* classe ; Yver. professeur a TEcole des lettres 
d'Alger; Delphin, ancien directeur de la medersa d'Alger; 
Gsell, correspondant de I'lnstilut ; Philippe Berger,membre 



88 C0NGR6S INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

de rinstitut ; baron de Tischendorf, delegue du gouverne- 
ment imperial allemand ; docteur Windisch, delegue de la 
Sociele asiatique allemande ; Chauvin, Franz Cumont, de La 
ValleePoussin, Kiigener, deleguesdeBelgique;Tang-Tsai- 
Fou, delegue du gouvernement chinois ; docteur Buhl, de- 
legue du Danemark; Mohammed Bey Farid, Osman Bey 
Ghaleb, Soultan Mohammed, delegues du gouvernement 
egyptien ; Christian, directeur de I'lmprimerie Nationale, 
delegue du ministere de la justice ; Huart, delegue du 
ministere des affaires etrangeres ; de Goeje, delegue de 
HoUande ; sir Lyall, delegue de I'lnde anglaise ; le comte 
Pulle, de Gregorio, Nallino, delegues d^Italie ; Pelliot, de- 
legue d'Indo-Chine ; Mirza Abdul Hussein Khan, delegue 
de la Perse; Strebulaiew. delegue de Russie: Flensburg, 
delegue de Suede; Gauckler, delegue du gouvernement 
tunisien ; docteur Krumbacher de Munich ; docteurs Haupt, 
Bloomfield, des Etats-Unis; M™e de Lebedew, de Russie ; 
docteur Bertholet de Beile, etc., etc. 

Vers 11 heures, les delegues se sont retires, se don- 
nant rendez-vous au lendemain, neuf heures, pour I'ou- 
verture officielle du congres. 



RECEPTION A L HOTEL DE VILLE 

Les merabres de la municipalite et du Conseil munici- 
pal d'Alger ont offert, le mercredi soir, 20 avril, dans les 
salons de I'Hotel de Ville un vin d'honneur aux membres 
du Gongr6s des Societes savantes et des orientalistes. 
Tous les congressistes s'etaient rendus a cette amicale re- 
ception, dont I'eclat etait rehausse par la presence de nom- 
breuses dames et jeunes filles. 

M. Jouve, premier adjoint, reraplacant M. le Maire, invite 
aborddu Victoria-and-AlbertparS. M. le roiEdouard VII, 
recevait, assiste de MM. Goste, Mertz, Rouyer, Tachel, 
adjoints ; MM. Demont^s, Marquand, Balard, Buzutil, 
Achilla, Darbeda, Gherfils, Bouderba, Ben Redouan, 



FfiTES ET RECEPTIONS' M 

Marill, Villeneuve, Legendre, Delahaye, Driot, Tcdeschi, 
Hrault, Guilliod, Battarel, Allezard, Aprosio, Cervera, 
Raffi, Hadj Moussa... 

M. Jouve, au nom du Conseil municipal, adresse ses 
soiihaitsde cordiale bienvenucaiix invites, lesremerciede 
leur empressement i venirau milieu de nous; rend hom- 
mage h M. Jeanmaire, recteur de I'Academie, et Ifeve son 
verre en I'honneur des congressistes. 

M. Barbier de Meynard, au nom du Congr^s des Orien- 
talistes, et M. Heron de Villefosse, au nom du Congres des 
Societes Savantes, prennent successivement la parole pour 
remercier la ville d'Alger de son bienveillant accueil. 

A 11 heuresdu soir, les congressistes quittentles salons 
de I'Hotel de Ville, emportant un inoubliable souvenir de 
cette reception. 

CONFERENCES 

Jeudi 20 avril. — Conference de M. Rouanet stir la 
Musique arabe. 

Les congressistes orientalistes etaient venus, tr6s nom- 
breux, assister a cette conference, qui a eu lieu dans la 
salle des f6tes de I'Hotel dc Ville, sous le patronage de la 
Societe de Geographie d'Alger et de I'Afrique du Nord. 
Le concours des virtuoses indigenes les plus reputes et 
des « messemaAt », ou chanteuses arabes, ajoutait a I'attrait 
de cette reunion. 

Apres I'execution de « Rana djina » (la bienvenue), arietta 
populaire, repetee dans toutes les reunions musulmanes, 
le conferencier entre dans le vif de son sujet. 

Tous les arts musulmans, ainsi d'ailleurs que la littera- 
ture et la philosophie ont ete Tobjet de nombreuses et 
savantes etudes. La musique n'a pas encore benelicie d'une 
pareille faveur. Quelques ouvrages h. peine, publics a Al- 
ger, en France et en Allemagne, constituent au sujet une 
bibliotli6quedes plus pauvres. 



92 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENT ALISTES 

Ge sont les derniers musiciens possedant le repertoire. 
lis ne font plus d'elfeves et bientot toute leur musique 
tombera dans roubli. Actuellement, le repertoire arabe est 
encore considerable, puisque le chef de I'orchestre hommes 
connaitet chante 1.000 melodies bienclassees dans sa pro- 
digieuse memoire. 

Ce repertoire se compose de noubat, qui constituent la 
musique classique, musique andalouse ou de Grenade — 
des neklabat, chansons classiques qui se chantent avec un 
prelude non mesure ou le virtuose se livre a safantaisie — 
de la musique aarbi, haouzi, des kecaid, des chansons po- 
pulaires Kadriat et Zendalis, sans parler de la musique re- 
ligieuse. 

Suivent quelques details sur les instruments employes : 
la kouitra, le rebeb, la kemendja, le kanoun, le tar, la der- 
bouka, le guenibri, etc. 

Enfin, en terminant, le conferencier montre qu'ilimpor- 
lait de recueillir ce qui nous reste de musique arabe: 

Au point de vue musical, parce qu'elle nous ramene aux 
IX* et x" sifecles et nous montre ce qu'etait la musique en 
ces Ages lointains. 

Au point de vue esthetique, parce qu'elle nous apparait 
formellement livr^e aux lois de Testhetique architecturale 
ou decorative. 

Au point de vue psychologique, parce qu'elle nous eclaire 
sur les modalites de I'^me musulmane se composant une 
sensation. 

Au point de vue ethnologique, parce qu elle est encore 
I'art musical de beaucoup de peuples musulmans et, en tout 
cas, de nos indigenes. 

Sans doute, cet art n'est pas comparable a notre art mu- 
sical moderne. G'est un art priraitif et il ne faut pas le juger 
autrement. 

Le conferencier a voulu surtout presenter la musique 
arabe dans son passe et dans son present, faire entendre 
ses derniers representants les plus autorises, afin de mon- 
trer Tinteretde I'oeuvre que lui aconliee M. leGouverneur 



PRTES ET RECEPTIONS 93 

general, dans I'espoir que les pouvoirs publics continue- 
ront a encourager ce travail difnoile d'archeologie musi- 
cale, que les Orientalistes donneront un peu de leur grande 
science a la traduction des manuscrits encore peu connus 
et que les musicologues cesseront de regarder avec de- 
dain cette musique qui fut celle d'une civilisation avancee 
et ou palpite depuis des siecles I'Ame arabe. 



Samedi 22 avril. — Confirence de M. Brunache : 
le Pelerinage a la Mecque. 

M. Brunache, ancien membre de la mission Dibowski et 
aujourd'hui administrateur de commune mixte, a ete ap- 
pele en 1902, h. conduire, comme commissaire du Gouver- 
nement les pelerins algeriens se rendant a la Mecque. 

II a rapporte de ce voyage quelques observations inte- 
ressantes qu'il soumeta I'assemblee, simplement et sur le 
ton d'une causerie, 

M. Louis Vignon, professeur a I'Ecole coloniale, disait 
recemment dans un article : 

« Apr^s la conqu^te materielle d'un pays, c'est la con- 
qu^te morale de la population qui s'impose, si Ton veut 
dans toute la force du lerme posseder une colonie veri- 
table. » 

Et le conferencier, aprfes avoir cite ces paroles, prouve 
tout d'abord que cette theorie a deja ete mise en pratique 
en Algerie, depuis quelques annees, par des gouverneurs 
eclaires, soucieux d'etudier les fails sociaux des races in- 
digenes, leur langage, leur religion. 

Elle ne le fut pas toujours, car, jusqu'en 1902, on con- 
siderait le voyage des p6lerins a la Mecque comme funeste 
a notre action : on considerait que les indigenes ne s'y 
rendaient que pour faire ample provision de fanatisme re- 
ligieux. 

M. Brunache exprime I'avis que les gouverneurs g6n6- 



94 CONGRES international DES ORIENTALISTES 

raiix ont ete bien inspires en autorisant le p^lerinage de 
ia Mecque. 

Les persecutions, quelies qu'elles soient, ne sont-elles 
pas inutiies ? n'est-il pas plus pratique, au contraire, de 
permettre a nos sujets musulmans de constater de visu de 
difFerence de traitement dont ils sont I'objet en pays d'ls- 
1am et en territoire francais ? 

La comparaison n'a rien de desavantageux pour la 
France, et M. Brunache s'efforce de demontrer que la foi 
islamique est en raison inverse de la proximite des lieux 
saints, en nous initiant a quelques details bien typiques 
qu'il a recueillis de la bouche meme des hadjis a leur re- 
tour, a quel({ues faits qu'il a vus lui-m6me a Djedda, lors 
du voyage qu'il fit en 1902, en qualite de commissaire du 
gouvernement. 

Le grand cherif Aoun, qui domine a la Mecque, est en 
effet beaucoup moins fanatique que les marabouts souvent 
loqueteuxdenos douars, et ce fonctionnaire se preoccupe, 
parait-il, beaucoup plus du temporel que du spirituel. 

Malgre cela, la ville sainte renferme encore un foyer ve- 
ritable qui rechaude la piete attiedie des fideles, mais il 
serait toutefois excessif d'avancer que c'est un foyer de 
fanatisme ou Ton avive les haines contre les infideles en 
general et les chretiens en particulier : c'est la une cons- 
tatation que, suivant M. Brunache, les p6lerins font des 
leur entree dans la terre sainte. 

Le pelerinage a la Mecque, qui est d'origine paienne et 
etait en honneurbien avant Mohammed, constitue, depuis 
I'hegire, le 4" acte fondamental de la religion musulmane, 
la priere, I'aumone, le jeune constituant les trois autres. 

D6s que les pfelerins algeriens, tunisiens ou marocains 
arrivent sur le bateau, sous le parallfele de Medine, cinq 
heures avant d'atterrir a Djedda, ils se font raser, tailler 
la barbe, se coupent les ongles et rev^tent Vihram^ cos- 
tume des plus simples, compose d'une piece d'etoffe sans 
couture, large de 60 centimetres, qui leur ceint les reins 
et recouvre a peine I'epaule gauche, chaussent leurs pieds 



PftTES ET RKCEPTIONS »5 

de saiidaies tnill^es dans un inorceau de ciiir hnit, onl la 
t<^le iiue ct tiennent u la main le bdlon du pelerin ; nom- 
breux sont ceux qui s'arment d\in parasol sous lequel ils 
pourront s'abriter et eviter — iinparfaitement — les inso- 
lations. Cliose curieuse, ceportdii parasol coiite 20 francs, 
soinme que les pelerins doivent payer au grand cherif. 

A cela pr6s, tons les pdlerins ont un costume uniforme, 
el il serait impossible de distinguer chez eux le riche agha 
du sini[)le i'eilali. 

En observateur sagace et avise, M. Brunache a remarque 
que, si les Algeriens, Tunisiens et Marocains etaient 
presses de revOlir Vihrani avant m^me de fouler le sol 
sacre, les Musulmans Turcs, Egyptiens, Indiens ou Mos- 
covites ne sont pas de m<^nie, ils attendent d'avoir passe 
deux ou trois jours a Djedda pour se conformer aux pres- 
criptions du Prophete. 

D6s I'amarrage du bateau, le pelerin algerien prend une 
embarcation ; il lui faut payer le patron de la barque, le 
ndgre qui lui a lendu la main pour monter sur le debarca- 
dere, le verre d'eau saum^tre qu'on lui a donne apr^s une 
heure de stationnement, et les gens de Djedda lui appren- 
dront en un mot a connaitre sous toutes ses formes le sens 
du mot Bakchich qui signiiie : pourboire. 

Apres avoir ete houspilles par les zapties ou soldats de 
police, les p6lerins quittent les b&timcnts du service de 
sante et se groupent par region, par douars ou par tribus 
autour dun inetaouaf; on appelle ainsi des cicerones nom- 
mes par le grand cherif auquel ils doivent remettre les 
deux tiers des offrandes recues. 

iNos pelerins consid^rent les m e t ao uafs comme de saints 
personnages, alors qu'ils ne sont a vrai dire que des cour- 
tiers dont le z6le" religieux n'ira certainement jamais a 
I'encontre des interfits materiels. G'est pourquoi, conlrai- 
rement a ce que Ton a cru pendant longtemps, en France 
et au minist^re des affaires etrang6res en particulier, les 
relations (jui peuvent subsister apres le pMerinage entre 
nos musulmans et les vietaouaf's ne presentent aucun peril. 



96 C0NGR6S INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Avant le depart de Djedda, les pelerins algeriens se 
rendent a la mosquee : ils s'y trouvent seuls ; les gros 
fonctionnaires turcs que les chapelets passes autour du 
cou designaient a leur veneration, sont insensibles aux 
appels des muezzins, et preferent, dans les gargottes, fu- 
mer le narguileh ou boire de I'eau-de-vie. 

De I'eau seulement est a la disposition des pfelerins, et 
moyennant finances, car les habitants de Djedda, afin de 
realiser de serieux benefices, se sont toujours opposes a 
la canalisation de I'eau, qu'ils amassent dans des citernes 
et qu'ils peuvent ainsi vendre a prix d'or, 

Parmi les futurs hadjis, les uns peuvent louer un cha- 
meau au prix minimum de 100 francs pourfaire le voyage 
entre Djedda et la Mecque ; les autres, plus pauvres, vont 
a pied : des soldats turcs, plus miserables qu'eux, les 
escortent soi-disant, mais sont impuissants a les de- 
fendre. 

A chacune des rares sources que Ton rencontre sur la 
route, les pfelerins voient des pillards turcS, pr6ts a les 
egorger s'ils n'ontvoulu donner quelques pieces de mon- 
naie afin de pouvoir boire un verre d'eau. 

lis arrivent enfin a la Mecque, ville qui compte 
60.000 habitants environ, parmi lesquels on compte 80 0/0 
d'Indiens javanais, habiles commercants dont la conver- 
sion a I'islamisme serait difficile a prouver, 18 0/0 d'Arabes 
et 2 0/0 de Turcs. Gette population heterogene ne vit que 
des millions qui lui sont apportes chaque annee par les 
nombreux pelerinages. 

Sept courses entre les coUines Safa et Meroua^ sept 
tournees autour de la Ka'aba, temple garde par des eunu- 
ques soudanais, qui n'oublient jamais de faire commerce 
de bibelots et d'objets de piet6, constituent les premieres 
ceremonies rituellesauxquelles sontastreints les pelerins. 

Puis c'est le sermon sur le Djebel Arafat, qui coincide 
avec I'arrivee du grand cheril d'Aoun, dans un carrosse de 
module antique, traine par deux chevaux. Le cherif tra- 
verse la foule des fideles evaluee dans plusieurs circons- 



KfiTES ET RtCEPTIONS 91 

tances a pres de 300.000 personnes, et le sermon dure de 
3 heures de Taprfes-midi au toucher du soleil. 

Apres, c'est la f(He : les assistants se r^pandent dans la 
valine de Mina oil auront lieu, le lendemain, les sacri- 
fices du Courban Bairam, et oil Ton iramolera des mou- 
tons par centaines de mille. C'est alors dans cette vallee 
un vaste charnier immonde, repandant h plusieurs kilo- 
metres une puanteur indescriptible. Les peaux des b^tes 
immol6es sont recueillies par les seuls soldats ou emis- 
saires du cherif, et les p6lerins se contentent d'emporter 
quelques morceaux de viande dans les plis de leur ihram^ 
de facon k ne pas mourir de faim au moment du retour. 

D'autres ach^tent, k un prix relativement raisonnable, 
des fruits, des legumes provenant des jardins de Taif, 
station estivale, mangent past6ques, melons, etc., ce qui, 
avec I'eau saumAtre qu'ils consomment, engendre la cho- 
lerine la plupart du temps. Les saturnales durent deux 
jours a Mina ; c'est I'orgie immonde, car le Goran indique 
que tout ce qui se fait dans cette vallee, ne saurait 6tre un 
p6che. On juge du reste. 

Le retour a Djedda est plutot lamentable; les illusions 
se sont a peu pr6s envolees ; la route est penible sous un 
soleil brulant, et a I'arrivee, un service de sante deplorable, 
organise par les soins du cherif, est seul susceptible de 
venir en aide auxpfelerins. Autantles fonctionnaires turcs 
avaient, au debarquement, des sourires gracieux pour les 
p^lerins, autant, au retour, ils restent insensibles. Le seul 
docteur europeen du service de sante, un Italien, fait ce 
qu'il peut, car ses confreres, Turc et Egyptien, se con- 
tentent de fumer le narguileh el de boire le cafe : il or- 
donne souvent aux malades — et c'est la la meilleure indi- 
cation qu'il puisse donner — d'aller se faire soigner a 
bord des navires francais en rade de Djedda. 

Et, a ce sujet, M. Brunache montre tout I'inter^t qu'il y 
aurait pour nos jeunes docteurs a s'expatrier, a se rendre 
dans ce pays oil ils pourraient exercer d'une facon lucra- 
tive et aussi faire ceuvre utile k la France. 

1 7 



98 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

D'apres les observations qui ont ete recueillies par le 
conferencier chez les hadjis eux-memes, tandis qu'ils vo- 
guaient vers I'Algerie, la Tunisie ou le Maroc, les pelerins 
reviennent de La Mecque quelque peu decus : ils con- 
servent un souvenir ineflfacable de ce voyage, mais n'ou- 
blient jamais de quelle facon singuliere les Turcs et les 
Bedouins, pratiquant la m6me religion musulmane, les 
ont recus. 

Voila pourquoi — el c'est une des theories les plus har- 
dies et les plus interessantes qu'emet M. Brunache — la 
diversite des langues, les differences constatees des 
mcEurs et des coutumes des nombreux sectateurs de I'ls- 
1am, enlevent toute crainte a la chimere dn panislamisme 
qu'on aevoquee en maintes circonstances. 

Les Algeriens profondement religieux qui ont vu a la 
Mecque des Turcs fabriquer del'alcool, en boire, se livrer 
a maintes exactions a leur egard, sont plus pres de nous 
au retour qu'au depart, et m6me dans les lieux saints, la 
nature reprenant ses droits, ils sont les premiers a vanter 
notre esprit de tolerance. 

Et M. Brunache cite, a ce propos, quelques lignes d'un 
ouvrage de M. Houdas, sur I'lslamisme, ou il est dit : 
« Qu'un jour viendra oil le prestige de la Mecque s'amoin- 
drira, oii le charme ideal que lui pretait la distance s'eva- 
nouira peu a peu a mesure qu'on aura la facilite de s'y 
rendre a moins de frais et sans aiicun danger. » 

L'honorable conferencier termine ainsi sa causerie : 

« Esperons que nos sujets musulmans n'attendront pas 
aussi longtemps pour reconnaitre notre action bienfai- 
sante, qu'ils comprendront de plus en plus que nous vou- 
lons user envers eux de plus de tolerance et surtout de 
plus de justice que ne le faisaient les anciens maitres du 
pays qui n'etaient pas, eux, des infideles, et laissez-moi 
finir par ce vieux proverbe arabe : 

cc La patience est la clef de la reussite ». 



F£TES ET RftCEPTFONS 99 



BAL UU THEATRE MUNICIPAL 

Le Conseil municipal et la municipality d'Alger avaient 
convie, le samedi 23 avril, les congressistes des Societes 
savantes et des orientalistes a un grand bal, au theatre 
municipal. Des milliers d'invitations avaient ete lancees,^ 
cette occasion, a toutes les nolabiiites algeriennes civiles 
et militaires, et la salle, avec ses girandoles electriques, 
sa decoration des plus artistiques, presentait, dfes Touver- 
ture des portes, un admirable coup d'oeil. 

M. Altairac, maire, entour6 de MM. Jouve, Mertz, 
Rouyer, Coste, Tachet, adjoints, et de la plupart des con- 
seillers municipaux, recevait, sous le grand peristyle, tout 
garni de fleurs, les invites ; les sapeurs-pompiers en 
grande tenue faisaient le service d'honneur. 

A 10 heures, M. Varnier, secretaire general du gouver- 
nement, repr^sentant M. Jonnart, actuellement en voyage 
avec le roi d'Angleterre ; M. Rostaing, prefet, font leur 
entree dans la salle et vont prendre place dans la loge 
gubernatoriale : Torchestre municipal, que dirige 
M. Warnots, joue la Marseillaise, que tons les assistants 
des galeries, des balcons et des loges ecoutent debout. 

Les danses reprennent bientot, et telle est I'affluence 
des danseurs, qu'illeur est diflicilede se livrera leur plai- 
sir favori. 

L'animation est des plus grandes : les congressistes 
elrangers, qui sont la tres nombreux, paraissent enchantes 
de cette reception qui fut des plus cordiales el dont ils 
emporteront un bon souvenir. 



BANQUET DES ORIENTALISTES 

Avant la cloture oflicielle du congres, les membres des 
Comites et les d6l6gu6s au Congr6s des Orientalistes se 



100 CpNGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

sont reunis en un banquet, le mardi 25 avril, a midi, dans 
les salons de I'hotel Excelsior. 

Plus de deux cents convives assistaient au repas, qui 
etait preside par M. Rene Basset, directeur de I'Ecole des 
Letlres, ayant autour de lui, a la table d'honneur, MM. le 
commandant Drogue, representant le gouverneur gene- 
ral ; Jouve, l*' adjoint au maire d'Alger ; de Goeje, profes- 
seur a TUniversite de Leyde, delegue officiel du gouver- 
nement hollandais ; commandant Lacroix, chef du bureau 
des affaires indigenes ; de Saint- Arroman, vice-president 
de la Societe des Gens de Lettres, representant le mi- 
nistre de I'instruction publique : Barbier de Meynard, 
administrateur de I'Ecole des Langues Orientales de Paris ; 
Bayet, directeur de I'enseignement superieur au ministere 
de I'instruction publique ; Heron de Villefosse, president 
du Congres des Societes Savantes ; Jourdan, president du 
Tribunal de commerce d' Alger. 

Au champagne, M. Rene Basset a pris la parole en ces 
termes : 

A la veille de nous separer at de clore un congres dent vous 
emporterez avec vous, j'espere, un bon souvenir, c'est un de- 
voir pour nioi de remercier ceux par I'appui desquels le con- 
gres a pu 6tre orgnnise et mene a bonne fin. 

C'est d'abord M. le Gouverneur general de I'Algerie, dont 
Tabsence, motivee par des devoirs iniperieux, est regrettee de 
nous tons, et qui, outre son aide materielle, n'a cesse d'encou- 
rager et de favoriser le congres place sous son haut patro- 
nage. Le chef de la maison militaire de M. Jonnartvoudra bien 
lui transmettre nos remerciements et nos regrets. 

C'est aussi M. le ministre de Tinstruction publique qui, aprfes 
nous avoir subventionnes, montre, en deleguant pour le repre- 
senter, d'iliustres orientalistes, dont la France s'enorgueillit, 
tout I'interfet rju'il porte a nos travaux. 

M. le gouverneur general de I'Afrique occidentale a affirme, 
par le concours qu'il nous a donne, les liens ^troits qui reu- 
nissent I'Algerie a nos possessions du Senegal et du Niger, 
aussi bien au point de vue scientifique qu'au point de vue po- 
litique. 



I 



P^TES ET RfiCRPTIONS 101 

Je dois mes remerciements en pnrticuHer a M. le president 
des Delegations financieres. C*est grace aux subsides votes par 
cette asseinblee quo nous pourrons publier les Actes du Con- 
gres ; il restera done de ce dernier autre chose que le souvenir 
de huit jours passes trop vite, et le Congris d'Alger aura sa 
place marquee et durable dans les annates de I'orientalisme. 

Enfin, qu'il me soil permis de rendre grace it M. le maire 
d'Alger pour Taccueil cordial qu'il a fait a nos congressistes. 
Si ceux-ci emportent de la terre d'Afrique le bon souvenir dont 
je parlais tout a Theure, il sera d6 au moins autant a cet ac- 
cueil de notre ville, qu'a son ciel qui s'est montre clement. 

Je vous prie done, Mesdames et Messieurs de lever vos 
verres avec le mien en I'honneur de M. le gouverneur general 
de I'Algerie, de M. le ministre de Tinstruclion publique, de 
M. le gouverneur general de I'Afrique occidentale, de M. le 
president des Delegations financieres et de M. le maire de la 
ville d'Alger. 

Des applaudissements nourris accueillent ce discours. 
M. Mesple, au nom du comite d'organisation, prend en- 
suite la parole : 

Mesdames, Messieurs, 

Je ne m'attendais pas a I'honneur d'avoir a vous reinercier 
au nom du comite d'organisation du congres. Mais, pour fttre 
impr^vue, la mission n'en est pas moins agreable. 

Je suis siir, en exprimant mes sentiments, d'etre I'interprete 
de notre eminent president et de tous nos collogues. 

Nous avons ete profondement heureux de voir se rendre h 
notre appel I'elite de la science francaise et etrangere. Plusde 
cinq cents congressistes se sont fait inscrire; la plupart des 
gouvertiements etrangers ont bien voulu envoyer a Alger des 
I d^legues officiels, et les savants orientalistes les plus distin- 
gues au point de vue de la linguistiipie, de la sociologic et de 
I'art ont fait, dans le Palais des i^coles Superieures — qui en 
conservcra un eclat durable — l)>s plus brillantes communi- 
cations. 

Alger, deja celebre par la douceur de son climat, le pitto- 
resque de sa vieille ville, le charme de ses environs et ses 



102 CONGRfiS IMERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

souvenirs historiques, vient d'fetre, grace a vous, Mesdames et 
Messieurs, sacree capitale de TAfrique Mineure. 

Au nom du comite, je leve mon verre en I'honneur des sa- 
vants francais et elrangers qui ont apporte leur precieux con- 
cours au XIV' Congres international des Orientalistes. 

M. Bayet, directeur de renseignement superieur, ap- 
porte, au nom du gouvernement de la Republique, ses 
remerciements aux orientalistes qui, sur cette terre d'Al- 
gerie, se sont livres aux travaux les plus interessants. lis 
ont pu etudier ici, sur place, les arts musulmans, toutes 
leurs richesses, et ils seront convaincus, comme il Test 
lui-m6me, de la necessite d'une renaissance de I'art arabe. 

« Je suis heureux, a-t-il dit, de saluer ici les savants qui 
representent, je ne dis pas des nations etrangeres, mais 
des nations amies — (cette phrase a ete couverte par d'una- 
nimes applaudissements) — je souhaite aussi qu'ils puissent 
se convaincre de Taction feconde et civilisatrice que la 
France est fiere d'exercer sur ce noble pays. » 

Tour a tour, MM. de Goeje, au nom du gouvernement 
hollandais ; le comte PuUe, Heron de Villefosse, apportent 
aux congressistes leur salut cordial, font ressortir que 
Torientalisme est international, que cost la premiere fois 
qu'il lient ses assises sur une terre orientale et remercient 
unanimement le Gouverneur general et la ville d'Alger 
de I'accueil cordial qu'ils ont recu. 

M. Barbier de Meynard, prononce le toast suivant : 

Mesdames^ Messieurs, 

Je m'empresse de vous rassurer : je n'ai qu'un mot a dire, 
un simple remerciement. Et encore ce remerciement, je ne 
sais oil il doit aller de preference. Certes, en quittant Paris, 
nous ne doutions pas qu'un excellent accueil nous atteudait ici, 
mais toutes nos previsions ont ete depassees, M. le Gouverneur 
general, la municipalite d'Alger, les representants les plus 
distingues de I'Universite ont rivalise de courtoisie et de 
prevenances pour rendre encore plus attrayant le sejour de 
cette charmante cite qui sait si bien attirer le patriotisme 



FftTES ET RECEPTIONS 103 

francais aux vieilles traditions de I'hospitalite orientale. Aussi 
c'est h tous nos holes sans exception que nous devons adresser 
tout d'abord 1 expression de noire sincere reconnaissance. 
Permettez moi cependant de porter un toast particulier au 
President du Congres, au directeur de TEcole des Lettres qui, 
par son zcle et ses soins perseverants, a assure I'organisation 
de nos Comit^s scienlifiques et ieur bon fonctionnement. 

Mon cher Basset, c'est au doyen des etudes orientates en 
France, c'est a celui qui, lorsque vous etiez encore sur les bancs 
de I'Ecole des Langues orientales, avail deja pressenti la place 
d'honneur qui vous etail reserv6e dans le domaine de Tensei- 
gnenient et dc Terudition, c'est a voire vieux mailre que re- 
vient le privilege de vous apporter le bon souvenir et les feli- 
citations de vos anciens cainarades delude, le salut cordial de 
vos confreres de I'lnslitut et de la Society asialique. 

■le leve done mon verre en voire honneur et je vous prie. a 
voire tour, Mesdames et Messieurs, qui assistez a cette f6te de 
famille, de vous associer chaleureusement au toast que je porte 
a la sante et au succfes scienlifiques du President du Congres, 
du confrere sympalhique, qui, par le zele et le devouement 
qu'il a deployes en ces circonslances vient de s'acquerir de 
nouveaux titres a noire gratitude et a notre affection. 

M. ie marquis Giacomo di Gregorio, s'exprime ainsi : 

Avec I'esprit vivement et profondement emu pour Taccueil a 
la fois somptueux et cordial que nous avons requ ici, j'ajoute 
aux remerciements pour M. le gouverneur general, pour la 
municipality et le comite organisaleur, un salut; un salut par- 
ticulier pour les diimes qui, par Ieur presence ici, ont bien 
voulu introduire dans noire rendez-vous serieux, dans noire 
symphonic scientifique une note vive et touchaule, la note de 
la gaile el de la beaute. Je vous invite, Messieurs, a lever le 
verre en I'honneur des dames ici pr6sentes. 

M. Miinzel, deleguedu Senat de Hambourg, remet alors, 
au nom du roi Os<:ar II de Suede, president d'honneur du 
congres, une coupe en or, que detenait la ville de Ham- 
burg, si6ge du dernier congres, et que doit garder 
M. Rene Basset jusqu'au prochain Congres. 



104 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Abdel Aziz Chaouich, professeur d'arabe a I'Universite 
d'Oxford ; Mirza Abdul Hussein Khan, delegue du gouver- 
nement persan, prononcent ensuite, Tun en arabe, I'autre 
en francais, quelques paroles aimables a I'egard des con- 
gressistes et a 3 heures tous se retirent, eraportant de 
cette reunion amicale un agreable souvenir. 



BAL DU PALAIS D ETE 

{Mardi 25 avril.) 

La soiree offerte par M. Jonnart aux congressistes et a 
ses nombreux invites, dans ce m^me decor de feerie que 
Ton put deja admirer lors du sejour a Alger de M. le Pre- 
sident de la Republique, fut splendide et merveilleuse- 
ment reussie. 

M. le Gouverneur general, ayanta ses cotes M. Bienvenu- 
Martin, ministre de I'instruction publique, et son cabinet 
civil et militaire, recevait ses invites. 

Dans le fouillis de verdure des coteaux de Mustapha, le 
Palais d'Ete apparaissait comme un palais enchante : les 
fines dentelures des arcades, les pentes douces des cou- 
poleset des minaretsdessinaientleurselegantes silhouettes 
sous les feux multicolores des verres de couleurs ; aux 
arbres couraieut de longues guirlandes de fleurs. qu'eclai- 
raient des lampes electriques; des branches des palmiers 
tombaient des grappes gigantesques et lumineuses sem- 
blant des fruits paradisiaqueset dans I'herbe des pelouses 
de minuscules lampes electriques figuraient des vers lui- 
sants d'un incomparable eclat. 

Les merveilleux salons du palais, inondes de lumiere 
et oucirculait peniblement la theorie des uniformes ruti- 
lants et chamarres, les toilettes claires des dames, les bur- 
nous ecarlates des chefs arabes, ofFraient le plus feerique 
spectacle. 

Les officiers du bateau anglais Tyne^ actuellement dans 



FfiTES ET RECEPTIONS 105 

notre port, et les el6ves du bateau-^cole Duguay-Trouin, 
assistaient a ce bal, m6lant leurs brillants uniformes a 
ceux del'armee d'Afrique. 

Des orchestres, dissemines en differentes salles, se fai- 
saient entendre tandis que dans les fumoirs des musiciens 
arabes chantaient de lentes melopees, en s'accompagnant 
de leurs primitifs instruments. 

Les privilegies qui ont pu assister a cette incomparable 
f6te des yeux, garderont longtemps le souvenir de cette 
soiree qu'un des tr6s nombreux congressistes presents 
qualifiait du mot « fantastique ». Ce mot rendait tres exac- 
tement sa pensee, son impression... et la rdalit^. 



f6te mauresque 

Le comit6 d'hivernage algerien a donne lemercredi soir 
26avril, alasalle Barthe, unef^te mauresque en I'honneur 
des congressistes. Les danses des almees et des negros 
^e sont succedees pendant plus de deux heures. 

Le public tres nombreux a paru prendre un vif plaisira 
ces danses exotiques. Les quinze ou vingt sujets de la 
troupe indigene du Comite ont ete tr6s applaudis. 



BANQUET DE L HOTEL DE VILLE 

La municipalite et le Conseil municipal de la ville d'Al- 
ger ont offerl, le mercredi 26 avril a 7 heures, a I'Hotel de 
Ville, unbanqueta M. le ministre de I'instructionpublique 
a M. le Gouverneur general, aux autorites, aux notabilit^s 
algeriennes et aux congressistes. Les salons, malheureu- 
semenl trop exigus, de la mairie, n'avaient permis a la mu- 
nicipalite que de lancer cent cinquante invitations. 

M. Bienvenu-Martin presidait, ayant a sa droite, a la table 
d'honneur, M. Jonnart, gouverneur general ; M. Heron 



106 CONGRfcS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

de Villefosse, membre de Tlnstitut, president du Congres 
des societes savantes; le general Servieres, commandant 
le 19e corps ; M. Hay-Newton, consul d'Angleterre ; le ge- 
neral Bailloud, commandant la division; a sa gauche, 
M. Altairac, maire d'Alger, M. R. Basset, president du 
Congres des Orientalistes, M. Varnier, secretaire general 
du Gouvernement. 

Au champagne, M. Altairac, maire d'Alger, remercie le 
ministre de I'lnstruction publique, d'avoir tenu a venir vi- 
siter Alger a I'epoque des Congres. 

Je me rejouis, monsieur le ministre, en voyant Alger rece- 
voir, apres d'augustes souverains dont I'amitie nous est pre- 
cieuse, des philanthropes et des penseurs, reunissant ainsi le 
bien et le beau, I'art de bien dire et la science de bien faire. 
Je m'en rejouis pour I'Algerie, si longtemps meconnue, oil 
tant d'ajuvres interessantes ont ete entreprises et menees a 
bien, oeuvres de civilisation, de prevoyance, de solidarite, 
d'6ducation. 

Tout dans ce pays etait a creer, a tirer pour ainsi dire du 
neant. 

Si nous n'avons pas encore attaint le but que nous nous 
sommes propose, nous pouvons neanmoins 6tre fiers du che- 
min parcouru. 

Pour vous, messieurs les congressistes, je ne saurais trop 
vous remercier d'etre venus, Vous rendez par vos travaux 
scientifiques, litteraires et historiques, d'eminents services 
aux generations presentes et futures, et je voudrais qu'en 
nous quittant vous emportiez I'impression que nous avons tente 
de faire dans ce pays quelque chose d'utile et de durable et 
que nousne pratiquons pas en Algerie la politique de laporte 
fermee. 

Jamais, au contraire, portes ne furent plus largement ou- 
vertes. Si, comme dans certains pays pretendus moins protec- 
tionnistes que le noire, on faisait payer un droit de sejour aux 
etrangers, eet impot suffirait a lui tout seul a equilibrer le 
budget algerien. 

D'aussi loin que vous soyez venus, messieurs, vous avez 
certainement trouve ici de vos compatriotes. lis vous ont dit 



F£TES ET Rt/:KPTI0?i8 107 

combien cette terre est hospitnliere ; combien ils y rivent 
libres sous la protection des lois franraises. 

Les etran^ers ont 6i6 et sent nos coliaborateurs, noas ne 
pouvons rouhller. Beaucoup d'entre eux, du reste, sont deve- 
vus Francais. rendant ainsi hotnmageau bienveillant etchaleu- 
reux accueil qui leur a et6 reserve. En revanche, uous leur 
devons toiite notrc sulliciludc et nous ne la leur menageons 
pas, multipliant pour leurs enfants les moyans de les instruire, 
les faisant ndtres dans la plus large expression possible. II 
faut, en effet, qu'en entrant dans la vie ils recoivent notre em- 
preinte, puisqu it leur majorite ilsscront nos egaux en droits et 
en devoirs. 

Quant h nos sujets musulmans, la tache exige plus de pa- 
tience, et cela s'cxplique. 

L'Europeen qui s'expatrie fait volontiers abandon de sa na- 
tionalite. II ne parlc plus guere, quand il ne I'oublie pas, 
sa langue maternelle. 

I/indigene, au contraire, est nioins vite assimilable. Ancien 
possesseur du sol, il ne croit, en general, avoir rien a ap- 
prendre, ni rien a oublier. 

Ceci au point de vue iutellectuel. 

Quant a sa prosperite, a son bien-^tre materiel, ils ne sont 
plus a nier; la meilleure preuve en est dans Taccroissement 
rapide de sa population. 



i 



Je leve mon verre en votre honneur, monsieur le ministre, 
en rhonneur de la representation alg^rienne que nous sommes 
fiers de voir, par deux de ses membres, collaborer avec vous 
a la direction des afTaires de I'Etat. 

Je Ifeve mon verre en votre honneur, monsieur le Gouverneur 
general, en I'honneur de vous tous, Messieurs nos botes de 
iquelques jours, heureux que la nature, comme nous, se mette 
eii f^le pour vous recevoir, que notre radieux soleil d'avril 
fassc la mer plus bleue, nos campagnes plus verdoyantes. 

Je forme un vu>u : c'est que vous emportiez partout avec 
vous la vision radieuse de cette terre d'Afrique oil le genie co- 
lonisnteur de la France s'est aflirmc de si eclatante fa^on. 

M. lo niinistre repontl, on remerciant le maire d'Al- 



108 gongrEs international des orientalistes 

ger des paroles qu'il vient de prononcer, il leve son verre 
« a la ville d'Alger, a cette cite hospitaliere, que nous ad- 
mirons tous » et il exprime « ses sentiments de cordiale 
sympathie, pour toules les nations representees au con- 
grds ». 



DEJEUNER AU PALAIS d'et6 

Le jeudi 24 avril, a midi, a eu lieu, au Palais d'Et6, a 
Mustapha, un dejeuner intime de 55 couverts, donne par 
le Gouverneur general en I'honneur du ministre de I'ins- 
truction publique, des membres des bureaux des congrfes 
et des delegues etrangers. 

A la fin du repas, M. Jonnart porte la sante du Presi- 
dent de la Republique, dont le sejour en Algerie a laisse 
un souvenir inefFacable et qui a trace alors a I'administra- 
tion algerienne un programme de paix laborieuse qu'elle 
s'efforce de realiserdepuis lors. 

II remercie le ministre de I'instruction publique d'a- 
voir bien voulu presider a ces solennites scientifiques : sa 
presence parmi nous lui a permis de constater les progrfes 
realises dans la colonic et ses precieux conseils nous ai- 
deront, dit-il, a en realiser de nouveaux. 

Le Gouverneur general salue les membres des congres 
qui sont venus en si grand nombre de France et des pays 
etrangers visiter cette terre francaise que nous avons 
deux fois conquise, par lavaillance de nos soldats etlela- 
beurdenoscolons.llsontdureconnaitreque les preoccupa- 
tions materielles n'avaient pas etouffe en Algerie I'amour du 
beau et du bien, et que lesFrancais d'ici avaient lesoucide 
participer au mouvement intellectuel et en m6me temps de 
rapprocher d'eux les vaincus, d'ameliorer leur condition 
economique et morale. 

lis pourront dire que I'Algerie est maintenant une 
grande personne qui a une physionomie arr^tee, bien a 
elle, et qui fait honneur a la France dont elle est issue. 



ri^ES ET Ri^XEPTlONS 109 

Le ministre, dans sa reponse, dit qu'ila trouvd dans Al- 
ger une Ath^nes africaine ; il fait le plus vif eloge dii gou- 
verneur g^n^ral quia mis au service de notre chere colonic 
sa rare intelligence et tout son cceur : sa mission est deji 
feconde en resultats et elle sera surementlongue, car il ne 
tient qu'a M. Jonnart lui-m6me de la prolonger. 



I 



OUVRAGES OFFERTS AU CONGRfiS 



A I'occasion du Gongr^s des Orientalistes, les profes- 
seur de I'Ecoles des Lettres et des Medersas ont public un 
Recueil de memoires et de textes, Alger 1905, comprenant 
les travaux suivants : 

Rene Basset. Recherches bibliographiques sur les sources 
de la Salouat el An/as. 

A. Bel. Quelques rites pour obtenir la pluie en temps de 
secheresse chez les Musulmans Maghribins. 

Ben Cheneb. De la transmission du Recueil des traditions 
de Bokhary aux habitants d' Alger. 

AuGusTiN Bernard. Les capitales de la Berberie. 

Said Boulifa. Le K'anoun d'Adni. 

E. Destaing. Le fils et la fille du Roi (texle berb6re des B. 
Snous). 

E, Dodtte. La Khot'ba burlesque de la fete des Tolba au 
Maroc. 

G. Ferrand. Un texte arabico-malgache en dialecte sad- 
oriental. 

A. FouRNiER. Le caractere de Micipsa dans Salluste. 

L. Gauthier. Accord de la religion et de la philosophies 
traite d'lbn Rochd {Averrohs). 

E. Gadtier. Oasis sahariennes. 

S. GsELL. Etendue de la domination carthaginoise en 
Afrique. 

E. Lefeburb. Les noms d apparence simitique ou indi- 
gene dans le Pantheon igyptien. 

W. Mau^ais. Quelques observations sur le dictionnaire 
pratique arabe-franrais de Beaussier. 

A. dbC. Motylinski. V'Aqida des Abadhites, 



OOVKAGES OFFERTS AG CONGRES 111 

G. YvBR. La Commission (CAfrique. 



L'Ecole des Langues Orienlales a fait paraitre dgalement 
un Rccueil de mimoires oricntaux (Paris, 1905), dont voici 
renumeration : 

Bapuier db Mkynard. Une ambassade marocaine a ConS' 
tantinople. 

II. Dkrenbouhg. Le culte de la deesse Al Ouzza en Arabic. 

O. Hoddas. Notice sur un document arabe inedit relalif'a 
Vdvacualion d'Oran par les Espaij;nols en 1192. 

C. HuART, Documents persans sur V Afrique. 

A. Meillet. De quelques evangeiiaires armeniens accen- 
tues. 

E. LoRGEou. Somdet P'ra Maha Chakrap'at, roi de Siam, 
seigneur des ilephants blancs. 

JuLiEN Vinson. Le college de Be^a£/r(EtablissemeQtsfran- 
cais dans I'lnde). 

A. VissiKRK. Unsceau de TsidngK'iit, ministre du royaume 
de Yen au 1 11^ siecle avani I' ere chritienne. 

Jean Psichari. Essaide grammaire historique sur le chan- 
gement de \ en p devant consonnes, engrec ancien, medie- 
val et moderne. 

l&MiLE PicoT. Notice bibliographique sur le protopope 
Mihail StrtUbickijy imprimeur d lassi, a Mogilev de Podolie et 
d Dubossar. 

I Leon dk Rosny. Episodes de la jeunesse de Tai-Kan-Sama, 
surnonimi le Napoleon de V Extreme-Orient . 
Henri Cordieu. Du Halde et d' A nville [cartes de la Chine). 
Jean Bonet. Quelques notes sur la vie exterieure des An- 
namites. 
Paul BoYER. Un vocabulairc francais-russe de la /.n du 
XVP siecle extrait du Grand Insulaire d' Andre Thevel. 



112 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 



Les deux ouvrages suivants ont ete publies aussi a I'oc- 
casion du XIX" Congres. 

CoMTE DB Landberg. Ltt latiguc arabe et ses dialectes, 
Leyde, Brill, 1905, in-8. 

M™^ Olga de Lebedew. Histoire de la conversion des Gear- 
giens au christianfsme, Rome, 1905, in-8. 



La Societe de Geographie d'Algera fait paraitre une pla- 
quelte contenant un plan d'Alger moderne et une double 
vue d'Alger I'une en 1830, I'autre en 1905. 

Le Gomite algerien de propagande et d'hivernage a fait 
distribuer aux congressistes un petit guide illustre, inti- 
tule : « Alger, reine des stations hivernales ». 

En outre, le Minist^re de Tlnstruction publique d'ltalie 
rindia Office, I'Universite de Cambridge, la Legatio War- 
neriana, la librairie Brill, la maison Drugulin, la fondation 
Gibb et un grand nombre d'Orientalistes ont ofFert au Con- 
gres divers travaux qui ont enrichi la Bibliotheque Univer- 
sitaire, suivanl la decision du Comite d'organisation. 

Amedroz, Kilab el Wuzara^ Leyde, 1904. 

Andbrsei». a pali reader with notes and Glossary^ Go- 
penhague, 1904-1905. 

Andre. Les apocryphes de VAncien Testament, Florence, 
1903. 

Anspach. Specimen litteris orientalibus, Leyde, 1853. 

Archaeological Survey of India : Onze volumes de Rap- 
ports annuels. 

Baekscr- Drugulin. Marksteine aus der Weltliteratur, 
Leipzig, 1902. 

Bahtholom/e. Die Gathns des Awesta Zarathushta's Vers- 
predigten, 1905, in-8. 

Ballbli. Un nouvel apocryphe, Livourne, 1904. — Unmo^ 
nument douteux, Trieste, 1905. — Greek dialect, Londres. 



OUVRAGES OFFBKTS AU CONGRCS 1!3 

Bendall. Catalogue of the buddhist Sanskrit manuscripts 
in the unii>. library of Cambridge, Cambridge, 1883. 

Bf.van. a short commentary on the book of Daniel, Cam- 
bridge, 1892. — Tha hymn of the Soul, C&mhridge, 1897. 

fiibliotheca Indica, nouv. serie, n" 1002-1102. 

Brownk. a traveller's narrative, Cambridge, 1891, 2 v. — 
The Tarikh-i'Jadid, Cambridge, 1893. — A Hand-List of 
Muhammadan manuscripts, Cambridge, 1900, — A cata- 
logue of the persian manuscripts, Cambridge, 1896. — The 
Tadkiratu 'sh Shuara, Londres, 1901. — Second Part of 
Muhammed An'fi. Londres, 1902, 

BuDUE. The history of Alexander, Cambridge, 1889. 

Bulletin de 1' Association internalionaie pourrexploration 
de rExtr^me-Orient, n'>8 1-4. 

Burgess AND Consens. Archeological Survey of Western 
India, t. IX. 

Catalogue of the Sanskrit manuscripts in the library of 
India Office. Londres. 1904. 

Christian. La colonisation pur le livre. Paris, 1904. 

CoNsoLo, Conti d'Israele. Florence 2 v. 

Cook. A glossary of the aramaic inscriptions, Cambridge, 
1898. 

CowELL. Three Episodes from the bengali poems, Cal- 
cutta, 1902. 

Davidson. Notes on the Bashgati Kafir languages ^ Cal- 
cutta, 1902. 

Oemontes. Troui ans d'exil, Alger, 1905. 

fc~ Dbussen. Erinnerungen an/ndien, Leipzig, 1904. 
Dozv. Le calendrier de Cordoue, Leyde, 1873. — The his- 
tory of the Almohades, 2* 6d. Leyde, 1881. — Scriptorum 
arabum loci de Abbadidis, Leyde, 1846-1873, 3 v. 

Dozv, De Goejb et Houtsma. Catalogus cod. or. Bib. Lugd. 
Batav.y 6 V. 1861-65, Leyde. 

EruB. Catalogue of the Persian manuscripts, t. I, Ox- 
ford, 1903. 
CrALLAXD. Grammairc d'arabe reguUer^ Paris, 1905. 

1 8 



114 CONORES liMERiNATIONAL DES ORIENTALISTES 

GiBB. History of Ottoman Poetry, Cambridge, 1900- 
1905, 4 V. 

GiBB (Beveridge et Browne). Memorial Snries, 2 v. 
Leyde, 1905. 

Giles. A catalogue of the Wade Collection. Cambridge, 
1898. 

De Goeje. Historia Khalifatus Omari II, Leyde, 1865. — 
Bibliotheca Geographorum arabicorum^t. V-VIII, Leyde, 
1889-1894. — Diwan Moslim Ibn Walidi, Leyde, 1875. — 
Descriptio al Magribi, Leyde, 1860. — Fragmenta histori- 
corum arabicoriun, Leyde, 1869-71, 2 v. 

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Batav, 2* ed., t. I, Leyde, 1888. 

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I 




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% 








PREMIERE SECTION 



INDE 
UNGUES ARYENNES ET UNGUES DE L'lNDE 



VAJRAPANI 

DANS LES SCULPTURES DU GANDIIARA 



M. Emile SENART 

Hembre de I'lostitat. 



Dans les scenes qu'ils empruntent a la vie du Bouddha, 
les sculpteurs du Gandhara introdiiisent presque invaria- 
blement un personnage d'autant plus enigmatique que les 
textes sont a son endroit plus silencieux. Son aspect est 
d'ailleurs variable : tantot une figure barbue d'adulte, tan- 
tot un ephebe imberbe. Un trait fixe unifie les represen- 
tations diverses : toutes portent tr6s ostensiblement un 
m6me attribut ; Timage en est peu expressive; mais si 
Ton compare tel relief ou le dieu Indra est arme de cette 
sorte de raassue', on ne peut hesiter a y reconnaitre le 
foudre, vajra. Toujours peu v6tu, le haut du corps g6- 
n^ralement decouvert, parfois portant un simple pagne 
quand il n'est pas enti6rement nu, parfois aussi drape a la 
facon du Sophocle antique, le personnage affecte une phy- 
sionomie tr^s particulierement occidentale et classique. 

Qui est cet 6tre mysterieux ? 

On lui a donne plus d'un nom. S^kyamuni a dans sa fa- 
mille m^me un adversaire que Tenvie arme contre lui : a 
plusieurs moments de sa carricre, Devadatta le calomnie; 

Iil lui dresse des guet-a-pens, le poursuit sans tr<ive de sa 
haine. A Texpression supposee railleuse et malveillantede 
certaines imasfes on crutdansPinconnu reconnaitre Deva- 



1. Foucher, L'Art du Gandhdra, I, fig. 26i. 



122 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

datta. Mais ni Tattribut, ni le costume du personnage, ni 
sa presence dans des scenes anterieuresou posterieuresa 
son role legendaire ne s'accordaient avec cette interpreta- 
tion. 

N'etait-ce pas Indra (6akra), le chef des devas, dont 
I'arme est le foudre et que la legende ou le conte met sou- 
vent en relation avecle Buddha, toujours dans une attitude 
de deference officieuse ? Conjecture condamnee a son tour 
par ce double fait: qu'a Indra- Sakra est affecte dans les 
sculptures un type parfaitement determine, tres different 
de notre inconnu, et que, a plusieurs reprises, tous deux 
sont figures cote a cote dans une m^me scene. 

II est un autre personnage que les recits rapprochent 
frequemment du Buddha ; c'est son adversaire, MAra, la 
personnificationde la concupiscence, I'ennemi qui, vaincu 
par lui au pied de i'arbre de bodhi, reste irreconciliable, 
guette incessamment un moment ou il puisse reprendre 
ses avantages et, au seuil du nirvana, vient rappeler au 
Saint que I'heure est venue de disparaitre du monde des 
vivants. L'anonyme fut baptise M^ra. Par malheur rien 
dans son allure, telle que la presentent les reliefs, n'auto- 
rise a lui prater un caractere adverse ni de mechants des- 
seins. II est d'ailleurs des cas — la lutte de la bodhi, le 
depart vers la vie religieuse, — oil apparait certainement 
M&ra; il est alors figure, non avec le foudre, mais en ar- 
cher, k la fa9on du dieu de Tamour*, ce K4ma dont le nom 
est aussi son nom et avec lequel I'identifie toute la tradi- 
tion. 

On s'est, de guerre las, trouve d'accord, je pense, pour 
designer Tinconnu par un nom que justifie assez son attri- 
but caracteristique, VajrapAni, le «Porte-foudre>». II est au 
moins un cas certain ou un temoignage ecritconfirme cette 
solution. Dans I'histoire du Mga Apah\la, Hiouen Tsang 
fait intervenir un genie, VajrapAiii, qui frappe « de sa mas- 
sue de diamant » le flanc de la montagne. Les reliefs du 

1. Fouclier, p. 356-7. 



l'itKMlf:KK SECTION 123 

Gandhdra — et plus clairement qu'aucun autre celui qu'a 
reproduit M. Foucher (fig. 274) — figurent en effet dans 
cette action le VajrapAni consacr^, reconnaissable 6gale- 
ment a son type, k son costume et a son arme. 

Vajrapdni est surtout familier a la litterature comme 
6pith6te d'lndra-^akra, le dieu au foudre; il est des textes 
bouddhiques qui glosent expressement le mot en ce sens *. 
Maisil en est d'autres (comme Lai. Fw/.,p. 66, ed. Lefmann) 
oil, nettemmenl distingu6 d'lndra, Vajrapdni est le chef 
d'une classe de genies, Guhyakas ou Yaksas. 11 lui ar- 
rive m6me ' de se sectionner en exemplaires multiples. 
D'autre part, le bouddhisme du Mahdydna et I'imageriequi 
le reflete mettent en scfene un VajrapAni nouveau. Du 
passe il n'a gu6re que I'arme ^ laquelle il doit son nom. II 
est 6leve au rang de ces dhydnibodhisattvas que la mytho- 
logie m6taphysique de T^cole place, avec des buddhas cor- 
respondants, a Torigine des choses. Entre tous il a un 
role privilegie : il est le protecteur attitre de la Religion*. 
M. Gruenwedel (p. 141) estime m6me que c'est de lui que 
la doctrine de I'Adibuddha a pris son point de depart. Cette 
haute destinee ne I'emp^che pas de figurer parall^lement 
au Tibet dans un role raoins sublime (p. 160, 161), sous 
des formes demoniaques et dans des attitudes obscenes. 

Si divers qu'ils soient, ces roles ne se peuvent pas isoler; 
ce sont les etapes dun type qui a evolue. Mais comment 
s'enchainent-elles ? et ^ quel moment les sculptures du 
GandhAra correspondent-elles dans la serie ? 

Seul jusqu'iciM. Gruenwedel a essay^ de p6netrer com- 
ment se seraient deroules les faits'. Ses vues ne s'expri- 
ment pas peut-6tre avec une precision qui rassure contre 
tout malentendu. Je pense les resumer fid^lement en di- 
sant qu'il croit,dansle personnage des sculptures, demfiler 
;une sorte de dualite. Ordinairement 11 aurait aupr^s du 

1. Par exemple Buddhaghosn in Amhattha»uUa, ap. Rhys Davids, 
' Dialogues of the liuddha, p. 117. 

2. Hiouen Tsaug, I, 319. 

8. Gruenwedel, Buddh. MythoL, p. 158. 



124 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Buddha un role bienveillant et protecteur ; ailleurs il se- 
rait un 6tre demoniaque qui observe le Saint avecmechan- 
cete. Le premier aspect serait derive d'Indra-Sakra dont 
Tart tendrait, sous I'inspiration de la legende populaire, a 
elargir de plus en plus intervention. Le second serait issu 
de MAra ; il aurait ete arme du foudre comme chef des devas 
vasavartins ; puis la signification de ce M^ra Vajrapani se 
serait obliteree, et c'est en pretendant expliquer sa pre- 
sence dans rimagerie qu'on aurait de toutes pieces cree 
le bodhisattva Vajrapani. Peut-^tre faudrait-il d'ailleurs, 
dans le contraste entre le porte-foudre barbu et le porte- 
foudre juvenile, chercher la source m^me du systeme qui 
partagea les dieux protecteurs du bouddhisme en deux 
formes, Tune benigne (sdnta), I'autre terrible [kruddha). 
C'est du second aspect que serait sorti son role inferieur 
de Yaksa; le premier aurait conduit a la creation du bo- 
dhisattva qui devint finalementrAdibuddha en personne*. 

La these est quelque peu enchevetree et resume des 
combinaisons plus ou moins plausibles ; on ne saurait 
dire qu'elle s'appuie pas a pas sur sur des donnees con- 
trolees. 

Rien absolument n'autorise a dedoubler dans les sculp- 
tures le role du Vajrapani. C'est, je I'ai dit, par une inter- 
pretation fausse, qui deja a ete rectifiee*, qu'on lui a, dans 
certains cas, suppose une signification maligne. En realite 
il apparait partout comme un suivant respectueux. II ne 
sort de son immobilite decorative que pour se livrer de- 
vant le lit de mort du Maitre aux demonstrations de la 
plus violente douleur, ou, dans I'histoire d'Apal^la, pour 
amener aux pieds du Buddha le NAga dont il frappe de son 
foudre la retraite montagneuse. Au moment m6me ou il 
I'eloigne du Buddha pour cet office, le sculpteur le de- 
double et le conserve a cote du Maitre dans sa pose con- 
sacree : tant il est concu comme un garde du corps attitre, 
inseparable du Buddha. 

1. Buddh. Kunst in Indien, p. 84-92. 

2. Graenwedel, Buddh. Mythol., p. 141-179, etc. 



I 



PREMIERK SECTION iiS 

J'ai dit pourqiioi noire VajrapAni ne pouvait Hre consi- 
dere comnie I'heritier d'IndraSakra. Le type du dieu 
s*etait fixe de bonne heure dans la vieilie ecole indienne 
de sculpture ; c'est celui-la m6me que continuent les ar- 
tistes du GandhAra quand ilsont ale (igurer.a la naissance 
du Bodhisattva, a la descenteduciel pres de S^nkAsya, ail- 
leurs encore. Plus d'une fois * il paraf t dans leurs ouvrages 
a cote de VajrapAni. Loin de se deduire naturellement I'un 
de I'autre, les deux types plastiques marqueraient bien 
plutut Tantithese extreme entre la tradition indigene et 
Taction de I'occident. 

Est-il davantage un succedane de MAra ? Cette fois, les 
deux personnages n'ont m6me plus le lien d'un symbole 
commun. Que les dieux aient pu 6tre caracterises par le 
foudre, je ne le conteste pas ; mais en fait, au GandhAra, 
la ou nous rencontrons MAra, il tient Tare, non le tonnerre. 
II ne se distingue pas moins de VajrapAni par les traits, 
par le costume que par rarmement. 

Si done rien ne nous invite a attribuer a notre VajrapAni 
une origine double, il n y a pas plus d'apparence qu'il des- 
cende uniquement soit de MAra, soitd'Indra-8akra. 

A vrai dire, s'il est une conclusion que I'aspect si clas- 
sique du VajrapAni sugg^re irresistiblement, c'est que 
nous sommea en presence dune creation nouvelle, propre 
a Tecole du GandhAra, c'est que, dans I'art tout au moins, 
le personnage est de tlate recenle. Assurement les ou- 
vriers du nord-ouest n'ont pas impose ce compagnon au 
Buddha de leur autorite propre, en dehors de la tradition. 
La litterature ancienne connait, nous I'avons vu, un 
VajrapAni, chef des Guhyakasou des Yak$as. C'est Kuvera 
qui est ordinairement presente comme leur roi, et, depuis 
Barhut jusqu'a une epoque assez basse, sous ce nom ou 
sous le nom de Vaisravai.ia, les images et les contes at- 
testent combien fut populairo parmi les bouddhistes ce 
dieu des richesses. Les ruines de Harhut nous ont con- 

1. FoucliLT, p. 56'i. 



• 



126 CONORtS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

serve plusieurs statues trds soignees, de Yaksas etde Yak- 
§iiiis. C'est done que ces genies onl ete de bonne heure 
chers a I'imagination bouddhique. Le Vajrapani plastique 
est bien de leur lignee ; j'en trouve un indice de plus dans 
les proportions naines que les reliefs lui pretent en plu- 
sieurs cas'; elles s'accorderaient mal avec une descen- 
dance plus illustre. On ne saurait pourtant meconnaitre 
que sa signification et son role sont sensiblement elargis 
dans les sculptures. 

11 y flotte entre deux types, la figure barbue d'un homme 
deja mur, la figure imberbe dun jeune garcon a la cheve- 
lure bouclee. Lesseuls modeles helleniques qu'elles sug- 
g^rent, mais qu'elle suggerent nettement, sont les per- 
sonnages de Silene et d'Eros. L'un et I'autre rentrent a 
merveille dans le cycle des representations bachiques qui 
est si caracteristique de I'ecole GandliEkrienne. Aux yeux 
des bouddhistes les devas — et leur nom m^me de K4mA- 
vacaras le proclame — sont essentiellement des genies 
voues a tons les plaisirs des sens. II etaittres naturel, pour 
resumer leur signification en un type, que les monies ar- 
tistes, imbus de traditions occidentales, qui imaginaient 
de figurer le IJuddha sous les traits d'Apollon, songeassent 
a utiliser tour a tour les types egalement familiers, egale- 
ment evocateurs d'images sensuelles, d'Eros et de Sil6ne. 
Entre les deux, ils ne marquent nulle distinction de role : 
c'est le Vajrapani imberbe qui brandit la foudre contre la 
demeure d'ApalAla ; et l'un comme I'autre apparaissent 
egalement tour a tour dans I'attitude caracteristique de 
comparse deferent. 

J'ai rappele que I'imagerie tibetaine possfede deux Vajra- 
p4nis : l'un est le liodhisattva, I'autre une figure horrifique 
et demoniaque de DharmapAla'. M. Gruenwedel n'a pas 
seulement suppose qu'ils descendraient immediatement 
des mod6les du Gandh^ra, le double aspect indique dans 

1. Par excmple Foucher, I, fig. 182. 

2. Gruenwedel, Buddh. Kunst, p. 89. 

3. Gruenwedel, Buddh. Myth., p. 158 al. 



PREMIERE SECTION ^i^ 

no8 reliefs ayant bifurque d'une part vers le caractere 
favorable ct benin, de I'aulre vers iin personnage terrible 
el menarant ; cette distinction aurait, suivant lui, en se 
generalisant, inspire tout le systtrae qui a erige en doc- 
trine et etendu :i nombre d'tMres divins un semblable de- 
doublement. Ce serait attribuer a Timage sur la theorie 
une action bien forte. 1:^116 est ici deux fois inadmissible, 
et parce que I'opposition supposee n'exisle pas dans les 
reliefs du Gandhftra, et parce que la conception de divi- 
nites a physionomies antithetiques, plonge notoirement 
ses racines dans un passe lointain, dans les superstitions 
magiques a la faveur desquelles elle s'est insinuee dans Ic 
Houddhisme. 

Est-ce a dire que Ton puisse isoler le VajrapAni mah6y6- 
niste de notre Vajrapftni plastique ? Tout, au contraire, 
semble les relier etroitement. Et comment douter que, 
par sa fonction uniforme et caracteristique de suivant, de 
protecteur arme du Ihiddha a traverstoute sa carriere reli- 
gieuse, il ne s'achemine a sa fonction plus generale, plus 
systeraatique, de patron du liouddhisme ? Si le double as- 
pect — combattant redoutable et bodhisattva serein — 
qu'il assume dans I'imagerie rappelle encore ses origines 
de genie subalterne en m6me temps qu'il affirme sa pro- 
motion a une dignite plus haute, il n'emp^che que sous 
I'un ou sous I'autre, il ne soit essentiellement un protec- 
teur de la religion et n'apparaisse ainsi comme le conti- 
nuateur naturel du VajrapAni des sculptures. 

Si cette filiation semble evidente, il s'ensuit que notre 
Vajrap6ni du Gandh&ra marque dans la serie uneetape in- 
termediaire. Si, a la date a laquelle il remonte, il eut en- 
core ote pour les fiddles purement et simplement le genie 
secondaire, sans accent bien personnel, du debut, il 
n'aurait pas ete figure comme le compagnon inseparable, 
le defensour oblige du Ituddha ; si sa qualification de 
Bodhisattva eminent eut ete pleinement acquise^ nous le 
trouverions fix6 sous un aspect moins variable, plus com- 
parable k celui d'autres bodhisattvas. Nous savons que, en 



128 CONGRfcS INFERNATiONAL DES ORIENTALISTES 

entrainant dans son orbite le personnel mythologique de 
la religion populaire, le Bouddhisme n'a pas manque de 
le subordonner a la doctrine nouvelle, de lui faire faire 
cortege au Buddha. Mais si,commeil semble resulter des 
representations figurees, VajrapAni a ete choisi pour syn- 
thetiser en sa personne le monde des devas, pourquoi ce 
privilege lui est il precisement echu ? Et pourquoi son 
importance a-t-elle par la suite tendu a se developper en- 
core dans la plastique et dans les systemes ? 

G'est son nom m6me, qui nous donne la cle de sa fortune. 

A cote de Vajrap^iii, le Mahc^y^na s'est incorpore plu- 
sieurs figures de denomination tres voisine, au premier 
rang les bodhisattvas Vajradhara, Vajrasattva. M. Gruen- 
wedel les derive de la meme source (p. 179).; ce sontpour 
lui autant d'heritiers directs d'lndra-Sakra. Vajradhara 
est peu significatif, etant un simple synonyme de Vajra- 
pdni. II n'en est pas de mdme de Vajrasattva. La significa- 
tion « essence du Vajra » ne convient guere a Indra et, en 
fait, le qualificatif ne parait pas lui dtre jamais applique. 
Gomme nom propre, et plus clairement encore dans son 
emploi etymologique, le mot suppose evidemmentque son 
premier membre a, du sens primitif, developpe un sens 
nouveau, figure ou mystique, qui en modifie sensiblement 
la portee. 

Des longtemps Burnouf a signale quelle importance 
frappante prend le mot vajra dans la litterature des Tan- 
tras. Le fait est certain; I'explication qu'il en a proposee 
est plus douteuse. L'emploi frequent de ratna au sens de 
« precieux » aurait donne naissance a I'usage analogue et 
d'abord equivalent de vajra. Sans parler d'autres difficul- 
tes, on comprend mal pourquoi ratna se serait dela sorte 
double d'un synonyme qui I'aurait sitot deborde. Si le mot 
a fait une si grande fortune, c'est qu'il se recommandait 
par une origine significative, qu'il etait si je puis dire, 
anime d'une vitalite propre. 

1. Introduction, p. 526-7. 



PREM1£RE section 129 

Partout oil, dans les Tantras, Ic mot vajra a un sens con- 
crct qui se puisse figurer, il signifie » foudre », ii est re- 
presente par le foudre. La magie populaire, — nous le 
constatons par des textesqui remontentjusqu'a I'Atharva- 
veda et aux brAhmaiias, — assimila de bonne heure ses 
instruments d'action supposes — amulcttes, talismans ~- 
a Tarme divine par excellence. C'estsous Tempire decette 
tradition que le mot penetra de plus en plus cette litt6ra- 
ture speciale. Tandis que la speculation I'idealisait en 
applications mystiques, le foudre resta dans la main des 
prfitres, des vajrdcdryaSy le symbole m6me de leurs fonc- 
tions et de leur pouvoir. 

Si Ton n'envisage que la date des redactions bouddhi- 
ques, cette litterature est relativement recente. Mais par 
ses elements constitutifs, par la tradition d'oii elle est de- 
rivee, par la popularity qui lui a peu a peu conquis une 
place m6rae dans le Houddhisme, elle est certainement 
tres ancienne. II est clair que le role qu'y joue le Vajra- 
aattva', synonyme du Buddha ou expression du Buddha 
eternel, s'inspirede constructions doctrinales tardives. Peu 
importe, s'il est non moins certain que c'est en definitive 
sur I'image et sur I'idee du foudre que repose non seule- 
ment rimportance de ce nom, raais le role si large, si 
frappant qui appartient au terme vajra dans la termino- 
logie, dans les ceremonies, dans I'onomastique. Ce trait- 
la n'est ni tardif ni accidentel. 

11 nous conduit k examiner un fait parall6le a ceux qui 
concernent Vajrapftni. 

Le si(!;ge sur lequel SAkyarauni obtient au pied de I'arbre 
Tillumination parfaite recoit souvent lenom de Vajrdsana. 
S'il parait inconnu aux livres pAlis, I'usage en est trop r6- 
panduaunordpourqu'on puisse douter qu'il nesoitancien. 
On a traduit « trune de diamant » ; cette version a le double 
inconvenient de ne rien signifier du tout, ni en soi, ni du 
point dc vue de la legende, et d'etre contraire a la tradition 

I. Cr. La Yall^c-Poassia, Bouddhisme, p. 154 auiv., etc. 

1 9 



130 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

qui, jusqu'a une epoque tres basse «, se souvient et affirme 
en inscrivant un foudre sur les figures de ce siege, qu'il faut- 
entendre le « trone au foudre ». J'ai jadis cherche a de- 
montrer que le duel du Buddha centre Namuc-M^ra re- 
flate, avec toutes les deformations que Ton voudra, mais 
reflete la vieille lutte mythologique entre les puissances 
de la lumi^re et des tenebres ; le foudre en est a I'origine 
I'arme caracteristique. Je ne pretends aucunement que le 
nom de Vajr^sana suppose que le souvenir de cette pa- 
rente se soit transmis expressement a notre connaissance 
du moins, il n'apparait qu'a une epoque donn6e, plus ou 
moins eloignee deja des origines, et les descriptions ver- 
bales de la sc6ne font au vajra peu de place. 11 se pent 
qu'une conscience plus ou moins latente du role qui nor- 
malement appartient au foudre dans cet episode aitcontri- 
bue a le faire introduire dans une denomination qui s'y 
rattache ; a coup sur c'est surtout sous I'empire d'autres 
influences, avec une acception plus ou moins figuree, 
encore que directement derivee du sensprimitif die foudre, 
que vajra apparait ici. Dans vajrasana, comme, plus tard 
sans doute, dans vajrasatlva, se reflete Tavenement parmi 
les bouddhistes des doctrines et des ceremonies tantri- 
ques. 

II n'en est pas autrement du VajrapSni de nos sculp- 
tures. 

On connaissait, mele a de rares incidents de la legends \ 
du Buddha, un genie « Porte-foudre » ; a defaut de relief] 
personnel, dune individualite accusee, il etait en posses-^ 
sion d'un nom et d'un embl^me qui se confondaient avec] 
I'embl^me caracteristique des doctrines tantriques. Ill 
devint du coup comme Texposant, au moins le temoin, des 
tendances religieuses dont le vajra etait le mot de passe, 
le representant naturel de tout ce monde divin dont les 
superstitions tantriques pretendaient, en s'amalgamant 
avec le bouddhisme, assurer la protection a ses sectateurs. 

i. Fouchnr, Iconogr. houddh,, II, p. IG et fig. 1. 



PREMIERE SECTION 131 

On sail ceque les monnaies des rois Koushans font d'em- 
pruntsau cycle ^ivaite.C'estdonc que, a unedate que tout 
indique avoir co"incid6 aveclagrande (loraison del'art du 
GandhAra, le ^ivaisrae avail des prises assez fortes sur des 
milieux lr6s favorables au bouddhisme. 

Enlre les ouvrages du GandhAra nous ne sommes pas en- 
core en elal d'elablir un classemenl chronologique cer- 
tain. En ce qui concerne le personnage de Vajrapftni, je ne 
vois pas que rien dans laserie des monuments decdle une 
evolution. 11 senible done que le type plastique en ait ete 
arr^te, avec les indecisions dont il garde la trace, d6s les 
debuts de cette imagerie sur pierre. Peut-6tre y a-t-il 
recu droit de cite au moment oil I'usage s'est etabli de re- 
presenter le Buddha lui-m6me sous des traits humains. 

En tous cas, les sculptures nous apportent un temoignage 
dont le prix grandira au fur et a mesure que leur date sera 
mieux determinee. Elles prouvent que, des Pepoque oil re- 
montent leurs commencements, la contamination du Boud- 
dhisme et des notions tantriques etait un fait acquis, assez 
generalise et assez puissant deja pour susciter ou am- 
plifier dans I'imagerie, reflet des idees populaires, un per- 
sonnage tel que VajrapAni. 

II y a longtemps que Ton a sugg6r6 qu'il devait y avoir 
quelque lien entre le developpement du mahdy^na et 1*6- 
panouissement de Tart du Gandhftra. Get indice nouveau 
n'a done rien d'inattendu. 11 me semble presenter de I'in- 
ler6t a la fois pour I'archeologie et pour I'histoire reli- 
i^ieuse. G'est pourquoi peut-^tre il valait la peine de vous 
y attarder quelques instants. 



THE JAINA PRECEPT OF NON-KILLING 



Mme la comtessk de MARTINENGO-GESARESGO 



The belief in an original state of fraternity between man 
and animals which was taught expressly by the great Se- 
mitic and Iranian religious systems in the form of a Peace 
in Nature — underlies the whole field of primitive ideas, 
Totemism, whatever may have been its more particular 
origin, has its general origin in that belief. Some day, 
perhaps, it will be recognised as the tradition of a real 
fact. If man was, at first, an innocuous vegetarian, as 
Science now tells us that he was, there is no reason why 
wild animals should have been more afraid of him than 
the wild birds of desert islands are afraid of the newly 
arrived explorer before he has time to exhibit his murde- 
rous tendencies. 

The Indian doctrine of « non-killing » cannot be judged 
aright unless it is considered in connection with the set 
of world-notions with which it is linked. Most writers 
seem to think they have disposed of Ahimsa when they 
have pointed out its connection with what is called in En- 
glish the transmigration of souls, and what the Germans 
better term soul-wandering. 

But its deeper affinities lie with the whole order of 
thought, of emotion, which tends to lower the wall bet- 
ween man and animals ; to acknowledge, with Gelsus, 
that the sun shines for them as well as for us ; that the 
universe is as much or as little theirs as it is ours. 

The doctrine of Ahimsa found the ground prepared for 
it. This is an essential though often unobserved condition 



PREMIf^RE SECTION 1S3 

for the diffusion of any religious doctrine. The same pre- 
cept of non-killing has had its apostles in Europe from 
Pythagoras down to the present day, but it has never ap- 
pealed to more than a few, because it did not find a soil 
adapted to it. In India, the reverse happened. Far from 
impeding the spread of Buddhism and particularly of Jai- 
nism which enforced it more strictly, the law not to take 
life made those religions immediately popular. There was 
nothing new in it ; what was alone new, was its more 
comprehensive application. 

Long before the Jainas insisted on Ahimsa as an abso- 
lute neccessity for salvation, innumerable ascetics had 
practised the same rule. It formed, indeed, the bond of 
union between all the religious teachers and recluses who 
constituted a feature of Indian life from remote antiquity. 
The founders of Jainism and Buddhism were ascetics like 
all the rest only instead of having a little following, they 
had a large one and they possessed to a greater degree 
the secret of magnetic influence. 

The resemblance between Buddha and the Jaina foun- 
der, Mahavira, which led Europeans for a long time to 
regard them as the same person was not greater than the 
resemblance which they both shared with hosts of Hindu 
saints who lived long before them. The researches of the 
greatest authority on Jainism, Professor Herman Jacobi, 
have justified the belief of the Jainas in the separate origin 
of their religion. The fact that both Buddha and Mahavira 
sprang from the princely and not from the priestly caste, 

I had the somewhat unlooked-for result that they found on 
their side the only kind of democratic sentiment which 
Asia has known up till now — the sentiment of religious 
equality. The Jaina Sacred Books form a manual of perfec- 
tion for monks rather than a guide for all people : thoy 
resemble in this the « Imitation of Christ » rather than the 
Gospels. Hence, a good part of their precepts have not 
been and could not be observed by the laity^ But the doc- 
trine of Ahimsa is not one of these; ever sixice ^t was pro^ 



134 CONGRES international DES ORIENTALISTES 

mulgated about six hundred years before our era, every 
Jaina, man, woman and child, has obeyed it ; not, it seems, 
to the injury of the race, for Jainas are tall, fair and hand- 
some, and less subject to disease than the rest of the po- 
pulation. Their rules for straining water, wearing mouth- 
cloths, and other practices against swallowing animal- 
culae, may not have been without influence on their 
health but a more important co-efficient is the high stan- 
dard of law-abiding moral conduct w'hich they have attai- 
ned. 

The Buddhists place the law of non-killing at the head 
of their precepts no less than the Jainas ; but, besides being 
far more rigidly observed by the Jainas, it seems to be 
invested by them with a higher positive as well as relative 
value. The position of the modern Buddhist layman is one 
of compromise : there never was a Buddhist who did not 
think cruelty to animals an abominable sin — there is no 
compromise on that point — but, in respect to animal food, 
the usual Buddhist layman is not more strict than any very 
humane person in Europe ; he avoids sport, he will not 
kill himself, but if meat is set before him, he eats it. The 
Buddhists of Siam say that the Lord Buddha was prayed to 
forbid animal food absolutely but he would not. It is ar- 
gued that in the flesh itself, when the life is gone, there 
is nothing particularly sacred ; therefore it is permissable 
to sustain tife on it. In Siam, even monks are allowed ani- 
mal food within certain restrictions, but in most places 
where Buddhism has survived, the religioif^ orders prac- 
tise the non-killing rule as strictly as the Jainas. Moreover, 
just as Jainas have hospitals for sick animals, so the Bud- 
dhist monks in China teach the virtue of fang sheiig (life- 
saving) by object lessons in the shape of tanks built near 
the convents to which people bring tortoises, fishes and 
snakes to save them from death and the monks also keep 
homes for starving or lost animals. Before the convent 
breakfast is served, the Chinese Buddhist monks are in 
the habit of placing a little rice on a pillar outside the door 



PRKMI^RB SKCTION 135 

for the wild birds. Duddhist monks, both in China and in 
India, have been always glad to invite friendly Europeans 
to witness such humane banquets. Fra Odoric, the Vene- 
tian Franciscan who dictated his travels in 1330, described 
his visit to a walled park laid out with fragrant herbs and 
shady trees : the park being a refuge lor all sorts of ani- 
mals which were fed by the monks of the neighbouring 
convent. 

The monk who accompanied Fra Odoric told him that 
the animals were the souls of men. This is, of course, 
believed by all Indian sects, but it is astonishing how very 
rarely it is given as the reason for sparing animals. In par- 
ticular, the Jainas hardly allude to it. The true motive is 
apparent in the Jaina conversion story — the « conversion » 
of the religious founder being always the turning point 
and most typical event in his life. It will be remembered 
that Sakya Mouni was « converted » by the sight of a 
broken down old man, a man with a deadly disease and a 
decomposing corpse. These dreadful and common reali- 
ties — brought home to his mind with intolerable force — 
determined him to devote his life to freeing himself and 
others from subjection to such a doom. 

Tha Jaina story is significantly different. A young prince 
on his way to be married, saw quantities of animals loo- 
king miserable in pens and enclosures. He asked his cha- 
rioteer what was the reason. « They are lucky animals, 
was the answer, they are to be killed for a feast in honour 
of your wedding >:. Mahavira, shocked at the man's den- 
seness and touched by the sad spectacle before him, resol- 
ved that he would not be happy at the cost of so much 
suffering. He decided immediately to become a recluse. 

Here we have a reason of pure humanity. The same 
theme is elaborated in the very striking Jainj^ story of a 
Congress of religions in which three hundred and sixty 
three learned doctors assembled to expound their respec- 
tive ideas. Tiie Jaina delegate advanced with a vessel full 
of red-hot coals which he held with a pair of tongs. He in- 



136 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENT ALISTES 

vited the other members to take hold of the vessel with 
their bare hands. They one and all refused, saying that it 
would burn their fingers. Then the Jaina draws the moral. 
So they do not wish to suffer pain ? Well, that is the case 
with all animals. « Therefore those religious teachers who 
say that all sorts of living things may be beaten or ill — 
treated, or deprived of life, will, in time, suffer in the 
same way themselves ». 

Here is the argument placed on no fantastic basis, but 
on the soundest ground of all morality, that of recipro- 
city. A man should go on his way treating all creatures as 
he would himself be treated. This is virtue, this is reli- 
gion, this is Nirvana. 

I will only say in conclusion that though it is not likely 
that western moralists will ever agree with the extreme 
view of reciprocity taken by the Jainas, it is evident, ne- 
vertheless, that the great and general progress in humane 
feeling in the West has brought us all into closer spiritual 
relationship with those Eastern peoples who, in this mat- 
ter, were so far our superiors. 



HOW THE SIKHS 
BECAME A MILITANT PEOPLE 

PAR 

M. MACAULIFFE 



When last I had the honour of speaking before a Con- 
gress of Orientalists, I endeavoured to give them an idea of 
the origin and tenets of the Sikh religion. My object now 
is to deliver a brief lecture on Hoiv the Sikhs became a 
militant people. The subject was suggested to me six years 
ago at the Congress of Orientalists in Home by the late 
Sir William Hunter. He was desirous of incorporating a 
chapter on the subject in his projected history of India, and 
he invited me to write it for him. In mentioning the name 
of Sir William Hunter, I should wish, if it were not out of 
place, to pay my humble tribute to the zeal and devotion 
with which he devoted to Indian subjects the splendour of 
his literary gifts. I should also like to refer to the kindliness 
of his heart, and the inborn and unalterable philanthropy 
of his character. We may be permitted to mourn the fate 
of such a man removed from among us while in the pleni- 
tude and vigour of his intellectual faculties, and before he 
had fully completed the colossal literary labour on the 
great Oriental subject projected by him in early years. 

In my previous lecture, I showed or endeavoured to do 
so how the Sikh religion was originally a system of quie- 
tism, humility, pure worship, and abrogation of caste dis- 
tinctions, and I believe it is not now necessary for me to 
repeat what I then said, or to enter on a second disquisi- 
tion on the writings of Guru Nanak, Kabir, Farid, and the 



138 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Other Hindu and Mohammadan Saints whose writings are 
incorporated in the Granth or sacred volume of the Sikhs. 
The teachings of those holy men naturally provoked oppo- 
sition, and it was soon felt that the Sikhs would have to pro- 
tect themselves against the aggression of other religionists 
particularly Muhammadans. 

Guru Angad, the second Guru of the Sikhs, was the very 
essence of humility and obedience. Notwithstanding this, 
however, he inculcated and upheld military devotion and 
self-sacrifice. A soldier, named Malu Shahi, orderly of a 
Mughal officer, sought for spiritual advice which w^ould be 
profitable to him here and hereafter. The Guru counselled 
him, if ever the necessity of battle arose, to fight for his 
master, and not consider whether his side was in a nume- 
rical minorit}' or not. 

Guru Ramdas, finding his eldest son, Prithi Ghand, 
worldly and disobedient, and his second son unfitted by his 
too retiring disposition for the duties of guru, appointed 
his third son, Arjan, to succeed him. When Prithi Chand 
represented that it was he himself who ought to have re- 
ceived the turban bound on Guru Arjan's head in token 
of succession to his father. Guru Arjan meekly handed it 
to him. Prithi Ghand then began to take the offerings of 
the Sikhs, and left his brother, the duly appointed Guru, 
with only the most attenuated pittance for his mainte- 
nance. There was no check put on Prithi Chand's rapacity 
until Guru Arjan's Sikhs addressed and prayed him to as- 
sert himself; otherwise the seed of the True Name, which 
Guru Nanak had planted to be advantageous in this life, 
should never become a tree yielding to mortals the plea- 
sures of a cooling shade and the Sweet fruit of salva- 
tion. 

Even when arrangements were made for Prithi Chand's 
suitable maintenance, he continued to annoy the duly cons- 
tituted guru and make complaints against him to tlie Em- 
peror Akbar. On that occasion. Guru Arjan composed the 
following. 



PREMI£RK section 139 

I have forgotten all jealousy of others since I have ob- 
tained the companionship of saints. 

No one is an enemy or stranger to me ; I am on good 
terms with every one. 

What God did I accept as good ; this wisdom I have ob- 
tained from the holy. 

The one God is contained in everything ; as Nanak 
beholdeth God's work, he is happy. 

When Guru Arjan performed for the compositions of his 
predecessors the same part that Pisistratus did for the 
poems of Homer, and compiled the Granth, called the 
Granth Sahib out of respect by their Sikhs-because, it is 
believed by them to be an embodiment of the gurus; an 
opportunity was afforded to the Guru's enemies to make 
further charges againts him. He was accused, like Socrates 
of old, of deposing the deities of his country and substitu- 
ting for them anew Divinity. He was duly acquitted of this 
charge by the wise and tolerant Emperor Akbar, the mar- 
vel of his age and country. 

Akbar's son, Salim, afterwards known as Jahangir, was 
not beloved by his father for his many excesses and his 
usurpation of authority within the Empire. Jahangir felt 
the virtues and excellent qualities of is son, Khusrau, a 
standing reproach and accordingly hated him. Moreover 
Akbar had destined Kiuisrau for the throne to the super- 
session of his father, Jahangir. On the death of Akbar, 
Jahangir desired to seize Kliusrau, but he escaped from 
Agra, pursued by the Imperial troops. He directed his steps 
towards Afghanistan, and on the way visited Guru Arjan 
at Tarn T4ran. He implored the Guru for pecuniary assis- 
tance. The Guru said he had money for the poor but not 
for princes. Khusrau replied with great humility that he 
himself was now very poor, needy and unfriended, and 
had not even a kauri to defray his travelling expenses. On 
I this, the Guru assisted him to the best of his ability. The 
subsidy however proved insufficient to save Khusrau. 

The Guru's assistance to Khusrau was enough to fan the 



140 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

flame of his father, the Emperor Jahangir's hostility. The 
Sikh accounts of Guru Arjan's end are somewhat different 
from those of the Muhammadan historians. The Emperor 
Jahangir in his Autobiography states : « The idea struck 
me several times to make the Guru a convert to Islam, till 
at last Khusrau crossed the Bias and proceeded in the di- 
rection of the Guru. The Guru had an interview with the 
Prince, and supplied him with much information. He 
applied to the Prince's forehead the saffron mark called 
kashkatilak in Sanskrit and Hindi. This was done by way 
of good omen. No sooner did I hear of this than, convin- 
ced as I was of the absurdity of the notion, I ordered the 
Guru to be brought into my presence. All his private pro- 
perty was confiscated to the state, and he himself placed in 
rigorous confinement ». 

Guru Arjan had clearly seen that it was impossible to 
preserve his sect without the force of arms. He gave the 
following instructions to a Sikh soldier who had sought 
his spiritual advice : « He who practiseth martial exercises 
shall become fearless in the battle-field. He who resolveth 
to conquer or die in arms, and who when dying claspeth the 
True Name to his heart, shall efface the sins of many births 
and obtain deliverance. Without remembering God none 
shall obtain a place in the heroes' heaven. He who fear- 
lessly challengeth the foe, and falleth amid the clash of 
arms, shall feel the ecstasy the jogis long for, and arrive 
at a permanent abode of bliss. Many celestial damsels shall 
come and serve him where there are gilded chambers and 
a palace of gold. They will sing for him songs of gladness. 
Other pleasures too shall await him as he abideth in the 
realm of the brave. The greatest merit of a soldier is not 
to show his back to the enemy. A hero obtaineth for him- 
self bliss both here and hereafter by the might of his arms. 
If he conquer, he obtaineth the sovereignty of the earth, 
while, if he die, celestial happiness is his portion. Fight 
for him whose salt thou hast eaten. Give thy life for thy 
sovereign, and great shall by thy fame in both worlds. » 



I 



I 



M 



PREMIERE SECTION 141 

One of Guru Arjan's last injunctions to his son, Guru 
Har Gobind, wos to sit fully armed on his throne and main- 
tain an army to the best of his ability. This was the turning 
point in the history of the Sikhs. 

When Har Gobind was installed as Guru, the aged 
Sikh who performed the ceremony, presented him with a 
faqir's hat and a cord necklace, and charged him to wear 
and preserve them as the founder of his religion had done. 
Guru Har Gobind promptly ordered that the articles 
should be relegated to his treasury, the museum of the pe- 
riod. They were not suited for the altered condition of the 
Sikhs. He said, « My cord necklace shall be my sword-belt 
and my faqir's hat a turban with a royal aigrette. » He 
then sent for his bow, quiver, arrows, shield and sword, 
and arrayed himself in martial style, so that, as the Sikh 
chronicler states, his splendour shone like the sun. His 
mother remonstrated with him for departing from the cus- 
toms of his predecessors: « My son, we have no treasure, 
no state revenue, no landed property, no money. If thou 
walk in the way of thy father and grandfather, thou shalt 
be happy. » The Guru replied with the following lines of 
his father Guru Arjan : 

My Lord is my only guardian ; 
He is the Searcher of all hearts. 
Have no anxiety whatever for me ; 
Everything shall be according to God's will. 

Several warriors and wrestlers hearing of Guru Har Go- 

k hind's fame came to him for service. He enrolled as his 
body-guard fifty-two heroes who burned for the fray. This 
formed the nucleus of his future army. Five hundred youths 

tthen came to him for enlistment from the Manjha (the 
country between the Bias and the Ravi,) the Doaba (the 
country between the Bias and the Satluj,) and the Malwa 
countries. These men told him that they had no offerings 
to make him except their lives ; for pay they only required 
instruction in his religion ; and tliey professed themselves 
I 



142 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

ready to die in his service. The Guru gave them each a 
horse and five weapons of war, and gladly enlisted them 
in his army. He made Bidhi Chand, Bhai Pirana, Bhai 
Jetha, Bhai Paira, and Bhai Lang&ha each a captain of a 
troop of one hundred horse. 

The regal state the Guru adopted and the army he main- 
tained were duly reported to the Emperor Jahangir. Mo- 
reover, Guru Har Gobind's father, Guru Arjan, had not 
fully paid the fine imposed on him. The Emperor Jahan- 
gir accordingly imprisoned Guru Har Gobind in the for- 
tress of Gwaliar, and detained him there for some time 
with a view to the realisation of the fine. 

When the Guru was released from prison, he returned to 
Amritsar. After some time, the Emperor Jahangir died and 
was succeeded by his son, Shah Jahan. When the Guru 
heard of Shah Jahan's accession, he, knowing what was in 
store for him, addressed Strife, the Greek Ate, as an evil 
agency : Go where thy companions Falsehood, Worldly 
Love, and Pride have their dwelling; and be happy with 
them. Thou shalt have enough blood there to fill the skull 
thou carriest. » 

It was not long before opportunities for quarrels arose. 
A Sikh was bringing a horse of rare strain from Kabul as 
an offering to the Guru. The horse was seized while cros- 
sing the Indus at Atak by an officious officer who had 
quickly arrived at the conclusion that the animal would 
be a suitable present for the Emperor. 

The next cause of quarrel was the seizure by the Sikhs 
of a favourite white hawk which had been presented by 
the King of Persia to the Emperor. One day while the 
Emperor was hawking, the bird flew towards the Guru's 
camp. His Sikhs seized the bird and refused to give it up, 
partly because it had taken refuge with them, and partly 
because they regarded it as a just act of reprisal for the 
charger of which the Guru had been deprived by the 
Emperor's father's subordinates at the Indus. The result 
of an expedition against the Guru, according to both the 



PREMIEKK SFXTION 143 

Sikh andMuhammadan historians, was, that he, his family, 
and his troops evacuated Amritsar, and made their way to 
the margin of the Bias. It was necessary for them to obtain 
a resting-place somewhere, and there they founded a city 
and fort known as Sri Har Oobindpur. A dispute arose 
regarding the occupation of the land, and this involved 
the Guru in further troubles. The son of the proprietor of 
the land which the Guru had occupied, and the son of a 
high Hindu official of the Emperor who had tortured Gum 
Arjan, and whose death it was believed the present Guru 
had procured, made common cause and represented their 
grievances to the Subadar or Governor of Jalandhar. It is 
said that he, without consulting the Emperor, advanced 
with a force of ten thousand men to do battle with the 
Guru. The Guru's army, by that time inured to warfare, 
fought valiantly for their religion and their lives, and 
gained a brillant victory. 

The Guru, however, continued to be harassed by the 
imperial forces. When on a visit to a holy Sikh called Jal- 
llian, who lived not far from Amritsar, he revealed his 
hazardous position : « I am ever involved in some difB- 
culty. The Turks are pursuing me, and will not desist. 
Wherever 1 go, they attack me ; and this very day they are 
ready to either kille me or die themselves in the effort. 
Show me some way of escape. » Jallhan hinted that, if the 
Guru could detach himself from worldly affairs, he might 
live in security. The Guru replied : « Since Mammon hath 
become attached to me, I cannot now detach myself from 
her, and much remaineth for me to do in the world. » 

One Bidhl Chand, who had been a notorious robber, 
repented of his sins, and sought spiritual consolation with 
Guru Arjan. Bidhi Chand Fought bravely under Guru liar 
Gobind, and in all his battles materially assisted him in 
obtaining victory. 

Some Sikhs who had been to Kabul to collect offerings 
for the Guru, passed through Lahore on their return 
journey. The Guru asked them to tell him what they had 



144 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

seen there. Their visit was at the time of the festival of 
the Id, whed they saw the city under very favourable 
auspices. Among the sights, were the Emperor Shah 
Jahan's two favourite steeds on whose beauty they expa- 
tiated. It must not be supposed that the Guru instigated 
his Sikhs to procure the horses for him, but at any rate 
Bidhi Chand, whose ancient love of foray appears to have 
revived, decided that two such horses as those described 
would be a suitable offering for the Guru, and he accor- 
dingly proceded to obtain possession of them. The man- 
ner in which he succeeded forms a long and stirring 
episode in the « Suraj Parkash, » whose author infuses 
all his poetical enthusiasm into the narrative. The horses 
thus passed into the Guru's stables, though this had been 
by no means his intention. 

This led to the despatch of another expedition by the 
Emperor. The Guru, havingheard of its approach, took up 
his position in a forest difficult of access, provided with a 
single tank. The Guru's army was so disposed round the 
tank that, when ten enemy arrived, they could not obtain 
access to it and should thus perish, or at least be incapa- 
citated for warfare by thirst. A great battle was fought on 
the lands of Nathana in A. D. 1631, in which thousands of 
Turks were slain by a small body of Sikhs commanded by 
the Guru. 

A powerful army, the Sikhs say, of fifty thousand men, 
was despatched under the command of General Kale Khan 
against the Guru, at the instigation of one Paindi Khan 
whom the Guru had once protected, and to Avliom he had 
proved ungrateful. A faithful Sikh, hearing of the arrival 
of an enormous imperial army in Jalandhar, liastened to 
inform the Guru. Another Sikh, soon arrived who said 
that the imperial army was approaching thick as locusts, 
and suggested to the Guru that he ought to take measures 
to protect himself and his followers, as, when it rained 
iron, the showers would not fall in vain. The Guru replied 
by a hymn of Guru Amardas. 



PREMIERE SECTION US 

God himself protecteth His saints ; what can a sinner 

do against them ? 
Proud fools practise pride, and die by eating poison. 
The few days they had to live are at an end ; they are 

cut down like a ripe field. 
The shall soon be spoken of according to their acts. 
The slave Nanak^s Master is great ; He is the Lors of 

all. 

In this lecture, there is no room for a description of the 
battle. I shall merely give an account of two single-handed 
combats in which Guru Har Gobind was engaged. Kale 
Khan addressed Painda Khan who seemed to him to be 
playing the laggard — « Painda Khan, half the day is over 
and our army is perishing. Thou art the cause of this di- 
saster; go forward and withstand the Guru. We will sup- 
port thee. » Accordingly Kale Khan, Qutub Khan, and 
Asman Khan putting Painda Khan in front advanced 
against the Guru. The Guru on seeing his deadly enemy, 
Painda Khan, curbed his wrath and bided his opportunity. 
Painda Khan, with his drawn sword, confronted him, and 
thus addressed his former friend and master: « Stand, it 
is now my turn. I will avenge the ignominy thou hast 
cast on me, and thus cool my burning breast. If thou desire 
to come to terms, do so at once, and I will take thee to the 
Emperor and induce him to pardon thy many offences. » 
The Guru replied : « Painda Khan, why use haughty lan- 
guage ? Now that the sword is in thy hand, and that thou 
art ready to do or die, what time is it to talk of peace ? The 
man who runneth away and turneth his back to the foe, no 
longer hath regard for his religion. As to what thoutalkest 
of revenge, I am here alone prepared to afford it thee. 
Thou mayest even strike the first blow, otherwise thou 
mayest regret it hereafter. » Painda Khan, on hearing this, 
became enraged and brandished his sword. Inclining his 
body, he aimed a blow at the calf, of the Guru's leg. The 
Guru turned his horse aside to avoid it, but the sword 
struck his stirrup. He smiled and said : « O, Painda Khan, 

10 



146 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Strike me where thou pleasest, seize me, bind me that 
thou mayest have no cause for repentance. Fear not that I 
shall flee thee. » Painda Khan made another stroke at the 
Guru which he received on his shield.. His assailant then 
tried to seize the Guru's bridle, and take him and his 
charger to the Emperor's general. As Painda Khan was 
seizing the bridle, the Guru kicked him so forcibly that 
he staggered. He, however, recovered himself, and again 
assumed the offensive. II was the Guru's wish that Painda 
Khan should even now admit that he had erred, and he 
would then restore him to his former position. 

Instead of that, the ill-starred man made another blow 
of his falchion at the Guru. His weapon parted from the 
handle and fell on the ground. The Guru deeming it a 
point of honour not to take advantage of the misfortune of 
an enemy, alighted and said; « Ingratitude and slander, 
both of which thou hast been guilty of, are very serious 
crimes, but to kill the person I have cherished is not the 
course I desire to adopt. » Painda Khan mockingly replied : 
« Gome, I will take thee to the General)). The Guru, under 
all the provocation, drew his two-edged scimitar and struck 
Painda Khan so forcibly that he fell prone to the ground. 
The Guru said, " Thou art a Musalman; now is the time 
to repeat thy creed ». Painda Khan repenting, replied, 
« O Guru, thy sword is my creed and my source of salva- 
tion ». 

The Guru, on seeing Painda Khan's dead body, was filled ' 
with pity and regret. He took his shield and put it over his 
victim's face so as to shade it from the sun, and bursting 
into tears said : « Painda Khan, I cherished thee, 1 reared 
thee, and I made thee a hero. Though men spoke ill of 
thee, I forgot thy failings, and evil to thee never entered 
my mind, but evil destiny so misled thee that thou brough- 
test an army against me. It is thine own acts of ingratitude 
and insolence that have led to thy death at my hands. It is 
impossible to digest offerings without serving the saints 
and worshiping God, otherwise they ruin the understan- 



I 



premi(:r£ section ui 

ding, become deadly poison to the body, and lead to men's 
ultimate damnation. Tiiough tlioti hast been ungrateful 
and untrue to thy salt, I pray the Almighty to grand thee 
a dwelling in heaven. 

The Guru and Kale Khan, the Commander-in-Chief of 
the imperial forces, had also a single-handed combat des- 
cribed by the author of the Dabistan-i-Mazahib. Kale Khan 
made several sword-cuts at the Guru, which the latter 
easily parried. The Guru seeing him handle his weapon 
unskilfully said : « Not in that way. This is the way to 
use the sword ». Saying this, the Guru put forth his strength 
and lopped off his adversary's head — obviously too dear 
a price to pay for a fencing lesson. In this, the fourth and 
last battle of Guru Har Gobind, the imperial army lost 
many thousand men. The Guru before his death at Patal- 
puri, on the margin of the Salluj, instructed his grandson 
and successor, Guru Har Rai, to retain two thousand two 
hundred mounted soldiers ever with him as a precautio- 
nary measure. 

The Sikh writers state that when Dara Shikoh fled from 
his brother the Emperor Aurangzeb, he visited Guru Har 
Rai in Khadiir, in the Amritsdr district. The Guru offered 
him assistance 'and thus addressed him : « It is often the 
duty of kings to take arms and engage in battle, and either 
die themselves or kill enemies for the acquisition of 
wealth and territory. Wherefore collect an army and 
obtain as many allies as possible. Go to Lahore, fortify 
thy position, fight when necessary, and obtain victory, 
(iod assisteth those who assist themselves. Once thou 
inflict defeat on Aurangzeb, thou shalt have many rajas 
thine allies. They know not thine excellent disposition, 
and they will declare themselves on thy side when they 
are convinced that their action is safe. I have two thousand 
two hundred fighting men, who are at thy service, and 1 
will enlist more for thee if required. We will if possible 
destroy Aurangzeb's array. Thou hast now no resource 
but the arbitrament of battle. All the kings of India are 



148 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

subject to the Emperor who ruleth in Delhi, and if thou 
recapture it not, thou shalt have no abiding place, for the 
master of that city shall be master of India. Therefore 
thou must struggle to prevent the establishment of Au- 
rangzeb's authority. Collect troops for the battle. Wen the 
engagement begins, I will be with thee with all my Sikhs ». 

The Emperor Aurangzeb became nearly as unpopular 
with the Muhammadans as with the Hindus, the result of 
hisinhumanity and oppression. He sent for his priests, and 
asked them what he was to do to regain the sympathy of 
the Muhammadans, His counsellors said he could only do 
so by converting the Hindus to Islam. It would be necessa- 
ry for him to send money and other presents to Makka and 
Madina. His priests would take them and bring him cre- 
dentials from those holy cities to show tha the was an or- 
thodox and religious follower of the Prophet. All this 
being done, he was to issue proclamations throughout the 
empire, that the Hindus should embrace Islam, and that 
those who did so should receive jagirs, state service, and 
all the immunities granted to royal favourites. The Empe- 
ror took the advice of his priests, and all the plans sugges- 
ted were adopted. 

The experiment of conversion was first tried in Kashmir. 
There were two reasons for this. In the first place, the 
Kashmiri Pundits were educated, and it was thought that, 
if they were converted, the inhabitants of Hindustan would 
readily follow their exemple; secondly, Peshawar and fl 
Kabul, Muhammadan countries, were near, and if the 
Kashmiris offered any resistance to their conversion, the 
Muhammadans might declare a religious war and overpo- 
wer and destroy them. It was also believed that the Kash- 
miri Brahmans might be tempted by promises of money 
and government appointments. The Emperor Akbar, by the 
force of wealth and military genius, not only subdued 
Muhammadan India, but also Rajputana, and caused him- 
self to be proclaimed as a god. Why should not Aurangzeb 
eimilarly successful? 



PREMlt:RE SECTION 149 

Upon this Teg Bahadur who had then become Guru, 
decided that he would sacrifice his life for the protection 
of the Hindus and the destruction of the Turkish Empire 
in India. He drew up the following message to the Empe- 
ror for the Kashmiris, and told them to send it without 
delay. « We live on the offering ol the Kshatris. Guru Teg 
Hahadua, the foremost among them, is now seated on the 
tlirone of Guru Nanak, and is Guru of all the Hindus. If 
thou can first make him aMusalman, then all the Sikhs and 
the Brahmans who live on his offerings shall of their own 
accord adopt thy faith ». 

Upon this, Aurangzeb summoned Guru Teg Bahadur, 
and tortured him, but without avail, in the hope that he 
would accept Islam. An incident which occured during his 
incarceration in Delhi deserves to be specially mentio- 
ned. One day, as he was on the top story of his prison, 
the Emperor thought he saw him looking towards the 
south in the direction of the imperial zanana. He was sent 
for next day and charged with this grave breach of Orien- 
tal etiquette and propriety. The Guru replied, « Emperor 
Aurangzeb, I was on the top story of my prison, but I was 
not looking at thy private apartments or at thy queens. I 
was looking in the direction of the Europeans who are co- 
ming from beyond the seas to tear down thy pardas and 
destroy thine empire ». A Sikh writer states that these 
words became the battle-cry of the Sikhs in the assault on 
Delhi in 1857 under General John Nicholson, and that 
thus the prophecy of the ninth Guru was gloriously fulfil- 
led. 

The Emperor subsequently ordered that the Guru 
siiould be imprisoned in an iron cage, and a sentry with 
a drawn sword placed on guard. In further reply to the 
demands that the Guru should embrace Islam, the Guru 
sent the foUowings message ; a I will not accept thy law 
or thy religion, and I will not abandon my faith. The glory 
of the Turkish power is now at an end, since thou art now 
depriving men of their religion. I will dig up the roots of 



150 C0NGR6S INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

the Turks, and throw them into the briny ocean, and since 
what is melted with salt shall never revive, thy descendants 
shall not long hold sway in Hindustan ». 

The Guru was beheaded by order of Aurangzeb in A. 
D. 1675. The task of avenging his death and freeing his 
country from its oppressors was left to his son, Guru 
Gobind Singh, who vowed that he would make his Sikhs 
such that one of them could hold his ground against one 
hundred thousand others. 

Guru Gobind Singh prepared himself with great dili- 
gence for his warlike mission. He procured a supply of 
sharp-pointed arrows from Lahore, and practised archery 
with great industry. As he grew up, he followed the chase 
and made himself an expert in the use of fire-arms ; and for 
his troops, he built a big drum which he called Ranjit, or 
Victorious on the battle-field. 

Raja Ram of Assam felt himself indebted to Guru Teg 
Bahadur for a signal favour conferred on him, when that 
Guru went on an expedition to Kamriip with Raja Ram 
Singh of Jaipur, and he determined to show his gratitude. 
He accordingly brought the Guru several presents in 
which were included a sagacious elephant, an instrument 
which could be turned into five offensive or defensive 
weapons, a throne from which, by pressing a spring, 
puppets emerged and played Indian draughts, etc., etc. 

Bhim Chand, the Raja of the hill state of Kahlur, heard 
of the elephant presented to the Guru, and resolved to 
take possession of it. He pretended that he wished to bor- 
row the animal to grace the marriage of his son with the 
daughter of Fatah Shah, Raja of Srinagar, in the present 
British Garhwal district. The Guru knew that if Bhim 
Chand once got possession of the elephant, he would ne- 
ver return it, and the elephant was accordingly refused. 
The Masands, men employed to collect offerings for the 
Guru, went to the Guru's mother, and requested her to 
advise him not to refuse the elephant. His mother so ad- 
vised the Guru, and also endeavoured to divert him from 



premi£:re section isi 

his warlike preparations and pursuits. The Guru replied : 
« Mother dear, I have been sent by the immortal God. He 
who worshipeth Him shall be happy ; but he who acteth 
dishonestly and worshipeth stones shall receive merited 
retribution. This is my commission from God, I am a 
grandson of a Guru who killed hundreds of thousands of 
Turks. If to-day I give Raja Mhim Chand the elephant, 
I shall have to pay him tribute to-morrow. He essayeth to 
terrify me, but I only fear the immortal God, and know 
none besides. 

The spirit which animated the Sikhs at that time may be 
inferred from the reply made to the Guru's mother on the 
occasion by Nand Ghand whom the Guru afterwards made 
his Prime Minister : « Lady, hath a tiger ever feared jac- 
kals? Hath anyone ever seen the light of the fire-fly in 
bright sunshine ? What availeth a drop of water in compa- 
rison with the ocean ? The Guru is a tiger brave and splen- 
did as the sun. Shall he fear Bhim Chand? When the 
foolish hill-men, who are like mosquitoes, contend with 
the Guru, they shall become acquainted witii our strength 
and repent when it is too late ». After this the Guru enlis- 
ted all who flocked to his standard and soon became pos- 
sessed of a very formidable force. 

Fatah Shah, Raja of Srinagar, made him overtures, and 
invited him to the wedding of his daughter with the son 
of Bhim Ghand, The Guru declined the invitation, but sent 
his Prime Minister with a costly necklace as a marriage 
present and an escort ol five hundred men. 

The Guru, who was at the time guest of the Raja of Na- 
han and encamped at Rajghat, not far from Dehra Dun, 
allowed Bhim Chand's son to pass with his marriage pro- 
cession, but thought it best to bring matters to an early 
issue with Bhim Chand himself so that he might not grow 
too powerful. The Guru accordingly refused to allow him 
to pass by the place where he himself had taken up his po- 
sition. The Guru thus addressed Bhim Chand's envoy : 
« Thy Raja hath brought a marriage procession here, and 



!52 CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

SO I have prepared a feast for him in which there are 
shields for plates, swords for carving-knives, bullets for 
sweets, arrows for jalebis, all of which shall be served by 
my warriors. If thy Raja desire such a feast as this, he is 
welcome to come this way. I speak deliberately ». 

The Guru, put himself in a posture of defence near 
Bhangani, a village between the Jamna and the Giri rivers, 
and not far from the city of Raj pur. The Guru was now 
placed in a difficult position by the cowardly desertion of 
five hundred Pathans who went over in a body to the 
enemy. It was to these Pathans the Guru addressed his 
memorable speech, which now, after many vicissitudes of 
fortune, inspires the Khalsa with heroic resolution and 
devotion to the British Government. 

« Be loyal to your sovereign, leave death and life in the 
hands of God. Desert not your posts, abandon not your 
duty, and you shall be happy in this world and the next. If 
you die in battle, you shall obtain glory to which not even 
monarchs can aspire. Shame not your sires and your race. 
He who forsaketh his master in battle shall be dishonoured 
here and condemned hereafter. The vultures knowing him 
to be disloyal, will not touch but spurn his flesh. He shall 
not go to heaven hereafter, nor obtain glory here. Abun- 
dant disgrace shall light upon his head. Be assured of this 
that human birth shall be profitable to him who loseth his 
life with his face to the foe. For all the drops of blood 
that fall from his body, so many years shall he enjoy the 
company of his God ». 

When the Guru heard of the approach of the armies of 
Bhim Chand and his allies, he sent for his arms and ar- 
mour, and addressed the following prayer to the God of 
battles, whom he designated All-steel. 

Eternal God, thou art our shield, 

The dagger, knife, the sword we wield, 

To us protectors there are given 

The timeless, deathless, Lord of heaven ; 

To us All-steers unvanquished might; 



PREMIERE SECTION I5S 

To us All-time's resistless flight; 
But chiefly Thou, Protector brave, 
All-steel, wilt Thine own servants lave. 

The practice of arms was never lost sight of at the 
Guru's court. Even his eldest son, Ajit Singh, though 
only now ten years of age, was duly instructed in the use 
of offensive and defensive weapons. The Guru used to 
take his second son, Zorawar Singh, in his lap while he 
watched Ajit Singh fencing. Jujhar Singh, too, used to be 
brought by his nurse to witness the performance, and 
imbibe betimes a love for manly and martial exercises. 
The Guru often informed his children of what his family 
had suffered from the Turks, so it behoved them to learn 
how to protect themselves and their Sikhs. 

To further inspire his followers with a love for warfare, 
the Guru translated for them, from, the Sanskrit, the epi- 
sode in the Markandeya Puran, which describes the battles 
of Chandi with the demons who had made war on the gods. 
The Guru declared that he translated such works into the 
vulgar tongue with no other desire than to inspire love 
for religious warfare. In the end of the translation of 
« Chandi Charitar » or deeds of Chandi, we find the follo- 
wing. 

Grant me Divine Power, this boon that I may never 

flinch from noble deeds, 
And that when 1 go to fight 1 may not fear the enemy, 

but make certain of my victory ; 
That I may school my mind to the ardent desire to 

sing Thy praises; 
And that, when my last moment cometh, I may die 
fighting in a very mighty battle. 

The manner in which the Guru initiated his Khande-ki- 
pahul, or baptism by the dagger, is too long to be descri- 
bed. It will be sufficient to say here that the Guru, in or- 
der to test the devotion of his followers, asked who were 
willing to sacrifice their lives for him. Five Sikhs were 
found willing to do so. He called them severally within an 



154 CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

enclosure of tent-walls, killed five goats instead of the 
five Sikhs, and presented his drippind sword to the popu- 
lace, who at first believed that ihe five Sikhs had been 
sacrificed. These five faithful Sikhs he baptized and called 
« Panch Piare, » or the five beloved Sikhs of the Guru. 

There is a legend that, as the Guru was stirring the 
baptismal water, two sparrows came and filled their beaks 
with it. Then flying away they began to fight, the chroni- 
cler states, like two rajas struggling for supremacy, and 
ultimately died by mutual slaughter. The inference was 
that all animals that drank the Guru's baptismal water 
should become powerful and warlike. 

The Guru said that he would change his followers from 
jackals to tigers and kill hawks with sparrows. By this, he 
meant that by means of men often unwarlike who joined 
his standard and received his baptism, he would destroy 
the marauding and oppressive Mughals. 

As the result of a skirmish between the troops of two 
hill rajas and the Guru's escort during a hunting excur- 
sion^ the hill chiefs made a complaint against the Sikhs to 
the Viceroy of Delhi, which was duly forwarded to Aurang- 
zeb in the south of India. The Emperor consented to send 
an expedition against the Guru, provided the hill chiefs 
defrayed its expenses. The hill chiefs accordingly joined 
and contributed a lakh of rupees, whereupon a force often 
thousand men was sent against the Guru. The imperial 
troops with the contingents of the several hill chiefs all 
formed a very powerful and, formidable army, but yet 
they were totally defeated near Anandpur. 

When the allied armies were defeated, their Chiefs again 
had recourse to the Imperial Government for assistance. 
They deputed one envoy to the Viceroy of Sarhind and 
another to the Viceroy of Delhi. The Viceroy of Delhi had 
enough to do to maintain order in the absence of the Em- 
peror, so the Viceroy of Sarhind was ordered to proceed 
at once with his army to expel the Guru from Anandpur, 
and restore that part of the country to Raja Ajmer Chand, 



PREMIERE SECTION fSS 

Raja Hliim Chanel's successor, who was described as its 
rigiitfiil owner. 

The Guru overpowered by superior numbers, was obli- 
ged to evacuate Anandpur and take refuge in a neighbou* 
ring village. Alter some respite, on the receipt of reinfor- 
cements, he again took possession of Anandpur amid the 
general rejoicings of his followers. He repaired and rede- 
corated the city and abode there in peace for some time. 
The hill chiefs again became jealous of his influence and 
again sought the assistance of the imperial troops to expel 
him from his city. They promised the Emperor large tri- 
bute as the price of his succour and protection. A few or 
the hill chiefs made a representation to the Guru that the 
Muhammadans and Hindus were very numerous, and how 
could the Sikhs, who were so few, contend with them, 
much less hope to obtain empire? The Guru replied, 
« What God willeth shall take place. When the army of 
the Turks cometh, my Sikhs shall strike steel on steel. 
The Khalsa shall then awake, and know the play of battle. 
Amid the clash of arms, the Khalsa shall be partners in 
present and future bliss, tranquillity, meditation, and di- 
vine knowledge. Then shall the English come, and, joined 
by the Khalsa, rule as well in the East as in the West. The 
holy Haba Nanak will bestow all wealth on them. The En- 
glish shall possess great power and, by force of arms, take 
possession of many principalities. The combined armies 
of the English and the Sikhs shall be very powerful, as 
long as they rule with united councils. The empire of the 
Hritish shall vastly increase, and they shall in every way 
obtain prosperity. Wherever they take their armies, they 
shall conquer and bestow thrones on their vassals. Then 
in every house shall be wealth, in every house happiness, 
in every house religion, in every house learning, and in 
every house a woman ». 

The expedition undertaken by the Chiefs was unsuccess- 
ful, and failed to take possession of Anandpur or reduce 
the Guru to submission. Another representation was then 



156 CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

made to the Emperor, and this led to a thirt expedition 
against Anandpur. When the Guru heard of it, he haran- 
gued his troops on the duty of religious warfare against 
Muhammadans and, on this subject, he had much to say. 
From the time of the persecution of Guru Arjan up to the 
present crisis, the emperors had been open or covert foes 
of the Gurus or their Sikhs. The Guru affirmed that death 
on the battle-field was equal to the fruit of many years'de- 
votion, and ensured honour and glory in the next world. 
He repeated the following on this occasion. 

Blest is his life in this world who repeateth God's name 
with his mouth and meditateth war in his heart. 

The body is fleeting and shall not abide for ever ; man 
embarking on the ship of fame shall cross the ocean 
of the world. 

Make this body a house of resignation ; light thine un- 
derstanding as a lamp ; 

Take the broom of divine knowledge into thy hand, and 
sweep away the filth of timidity. 

Anandpur was closely invested by the enemy. The siege 
and the sanguinary fighting on both sides occupy a large 
portion of the Sikh annals. During the progress of the 
siege the Emperor Aurangzeb, despairing of success, 
swore on the Quran and sent his written promise to the 
Guru, that if he evacuated the city no harm should befall 
him. The Guru believed and afterwards proved, that this 
was a trap laid by the Emperor to affect his capture. After 
gallant defence, during which the Sikhs made many sorties 
and inflicted great loss on the enemy, the garrison was 
starved, not into submission but into evacuation, and the 
Guru, his family, and the survivors of his army escaped 
during the night. 

The Guru's rear-guard was harassed by the allied army, 
and at last he reached the village of Chamkaur. He there 
converted a house in which he had taken shelter into a 
fort, and made a determined effort to defend himself and 



PREMIERE SECTION iS7 

his followers, who now only numbered forty, including 
his two sons, Ajit Sing and Zoruwar Singh. 

When the Guru abandoned Anandpur, his motherMai Gu- 
jari and his two youngest sons die not accompany him, but 
took a differend road, expecting shelter anywhere but in 
Anandpur. On the way, they met a Brahman who pretended 
to sympathize with them, but subsequently betrayed them 
to Wazir Khan, the Governor of Sarhind. 

WazirKiian reflected that ifthecliildren became Muham- 
madans, it would be a gain and glory to his faith. He told 
them that ifthey would accept his religion, he would grant 
them an estate, marry them to the daughters of chiefs, and 
they should become happy and be honoured by the Em- 
peror. Jujhar Singh, then looking at his younger brother, 
said : « My brother, the time to sacrifice our lives, as our 
grandfather Guru Teg Bahadur did, hath now arrived. 
What thinkest thou ? » Fatah Singh replied, « My brother, 
our grandfather parted with his head, but not with 
his religion, and he ordered that we should follow his 
example. Now since we have been baptized and tasted the 
nectar of the dagger, what care we for death ? Wherefore 
if is best that we should give our heads, thus save our re- 
ligion, and bring down God's vengeance on the Turks ». 

Jujiiar Singh again spoke on the same subject « My bro- 
ther, our grandfather. Guru Teg Bahadur, spurned the 
Muhammadan religion. We have had a man like Guru Go- 
bind Sing, our father, a man like Guru Teg Bahadur, our 
grandfather, a man like Guru Har Gobind, our great- 
grandfather. We, who are their descendants, cannot attach 
a stigma to their memories. » The young boy waxing still 
more angry continued : « Hear, oh Viceroy, I spurn thy re- 
ligion and will not part with mine own. It hath become 
the custom of our family to forfeit life rather than faith. 
Why seekest tiiou to tempt us with worldly ambition? We 
shall never be led astray by the false advantages thou ofTe- 
rest. TI)o indii^nities the Turks inflicted on our grandfa- 
ther shall be the tire to consume them, and our deaths the 



188 CONGRfeS INTERNATIONAL MS ORIENTALISTES 

vrind to fan the flame. In this way, shall we destroy the 
Turks without forfeiting our holy faith. » 

The Governor after some further colloquy put the Gu- 
ru's two sons to death, according to some accounts, by 
bricking them up in a wall, and according to others, by 
beheading them. 

The Guru, continuing his flight, arrived at a place called 
Dina in the Firozpur district. It was there he wrote his ce- 
lebrated Persian letter to the Emperor Aurangzeb. An ex- 
tract from it must here be given : 

« I have no faith in thine oath to which thou tookest the 
one God to witness. I have not a particle of confidence in 
thee. Thy treasurer and thy ministers are all false. He who 
putteth faith in thine oath on the Quran is ipso facto a rui- 
ned man. Had I even secretly sworn on the volume of my 
choice faith to accept thy religion, I should not have had 
to withdraw my infantry and cavalry from Anandpur. » 

So far the Guru's letter refers to the siege of Anandpur ; 
what follows to the operations at Chamkaur: 

« As to my defeat at Chamkaur, how could forty of the 
bravest succeed when opposed by a countless host ? When 
the lamp of day was veiled, the queen of night came forth 
in all her splendour, and God who protected me showed 
me the way of escape from mine enemies. There was not a 
hair of my head injured. God, who destroyeth enemies, 
protected me. Did I not know that thou, o faithless man, 
wert a worshiper of wealth and perjurer! Thou keepest no 
faith and observest no religion. Thou knowest not God, 
and believest not in Muhammad. He who hath regard for 
his religion never swerveth from his promise. Thou hast 
no idea of what an oath on the Quran is, and canst have 
no belief in God. Wert thou to take a hundred oaths on 
the Qoran, I would not even then trust thee in the sligh- 
test Hadst thou any intention of keeping thine oath, tliou 
wouldst have girded up thy loins and come to me. Wlien 
thou didst swear by Muhammad and called the Word of 
God to witness, it was incumbent on tliee to observe that 



l>REMIf.Re SECTION 159 

oath. Were the Prophet himself present here, I would 
make it my special object to inform liim of they conduct. 
Do what is incumbent on thee, and adhere to thy written 
promise. Thou shouhlst have cheerfully fulfilled it, and also 
the verbal promises of thine envoy. Everybody should be 
a man of his word, and not utter one thing while he thin- 
keth another. What though ray four sons were killed, I re- 
main behind like a coiled snake. What bravery is it to 
quench a few sparks of fire ? Thou art merely exciting a ra- 
ging fire the more. » 

The Guru in his flight visited KotKapura, in the present 
State of Faridkot. He begged Kapura's permission to take 
shelter in his fort. Kapura replied that he had no power to 
withstand the imperial hosts, and had no desire to wander 
a fugitive like the Guru. The Guru said the Muhammadans 
would take his fort, put his head into a bag of ashes, and 
then hang him. Kapura left the Guru in anger, and going 
home closed the doors of the fort, so that he might not en- 
ter by surprise. The Guru's words were subsequently ful- 
filled. This was the second time the state of Faridkot was 
cursed. It had been previously cursed by Shaikh Farid 
when he was impressed as a laborer on the occasion of his 
visit. 

A timely reinforcement of forty Sikhs of the Manjha now 
reached the Guru and promised to assist him in dis dire 
extremity. He was continually pressed by the imperial 
troops on several occasions, and very nearly captured. 

The Guru, his personal guard, and the forty Sikhs of 
the Manjha moved on to a place then called Khidrana. On 
arriving there, the men of the Manjha decided to cover the 
trees with clothes so that the enemy might think they were 
in great force, und fear to make a sudden attaque on them. 
Kapura appeared in the enemies' ranks. He apparently 
came to show them the way by wich he had instructed his 
officer to take the Guru, and thus complete his treachery. 

This was the Guru's last serious battle. The forty Sikhs 
of the Manjha were all either slain or fatally wounded. On 



160 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

the spot, where they fell was subsequently constructed a 
tank called Mukstar, wich has now given its name to the 
town formerly called Khidrana. It is in the present district 
of Firozpur. 

In the process of collecting the dead and wounded there 
was found the body of one woman, the heroine Bhago. 
She told the story of her departure from her home in the 
company of the Sikhs of the Manjha, and then continued : 
« I obtained possession of a strong spear. When all the 
Sikhs were dead, the Turks advanced on me, I spitted se- 
veral of them. Others directed their weapons against me, 
but thou didst extend thine arme to save me. Now that 1 
have seen thee, I am happy, and have no further desire 
than to abide with thee. » 

The remainder of the Guru's story must be brief Iv told. 
When Aurangzeb died, his son, Bahadur Shah, was advised 
to seek the Guru's assistance. The Guru proceeded in per- 
son to Delhi to meet him. The Sikh writers state that 
BahaHur Shah wrested the throne from his brother, Tara 
Azim, by the Gurus's special assistance. The Emperorand 
the Guru appear to have been on very friendly if not fami- 
liar terms, and to have visited many places together. The 
parted at a place called Burhanpur in the Dakhan, and 
the Guru thence proceeded to Nander, in the present 
state of Haidarabad. This was the Guru's final resting- 
place. 

There are different accounts of the death of the Guru. 
The most probable is that of the Persian writer, Khafi 
Khan, author of the « Muntakhab -ul-Labdb ». Khafi Khan 
states that once, as the Guru was preaching, an Afghan, 
who often attended his religious services, took offence at 
some expression uttered, and in a fit of religious frenzy 
dealt the Guru two or three blows with a poniard. The Guru, 
by the skill and tender care of surgeons, sent to treat him 
by the Emperor, was on the way to recovery when, on a 
doubt peing expressed whether any one could bend cer- 
tain bows, the Guru took up one of them, and on drawing 



PREMIERE SECTION 1«1 

it burst open his imperfectly healed wounds. This time, the 
woMnds were past medicament. 

His Sikiis seeing tlie Guru past recovery, vent to him 
and said : « While thou wert alive, we had the beneGt of 
tliy presence, hut we require instruction which may remind 
us of thee lierealterand assist us to salvation. « The Guru 
replied : « O dear and beloved Klialsa, the immortal God's 
will can never be resisted ; He who is born must assuredly 
die. Guru Arjan hath said « Everything we behold siiall 
perish ». Night and day are merely expressions of time. It 
is the immortal God alone who ever abideth. All other 
beings, however holy and exalted, must depart when the 
last moment allotted to them arriveth, for none can escape 
the primordial law of death. All this world composed of the 
five elements is its prey. When the materials perish, how 
can the fabric remain ? God, the Creator and Cherisher of 
all, is alone immortal. Brahma, Vishnu, Shiv, and the 
other gods of the Hindus perished at their appointed 
times. Or what account is man ? Wherefore O, my friends 
it is not good to be unduly enamored of this fragile body ; 
Know that the light of the imperishable immortal God, 
whose attributes are permanence, consciousness, and 
happiness, shineth ever in you. Wherefore always abide 
in cheerfulness, and never give way to mourning. God is 
ever the same. He is neither young nor old. He is not born, 
neither dot he die. He feeleth not pain or poverty. Creatu- 
res who are saturated with bodily pride are very unhappy, 
and night and day the prey of love and hate. Ever entangled 
and involved in the deadly sins, they perish by mutual 
enmity, and at last find their abode in hell. Yet, for the love 
of tliese creatures, tlie Guru assumed birth to deliver them. 
He hath instructed them in the True Name; and very for- 
tunate are they who have received and treasured his ins- 
truction. Uy it, they are enabled to save themselves and 
others from the perils of tlie world's ocean. As when after 
drought rain falleth and there is abundance, so the Guru, 
vseeing human beings suffering and yearning for happiness, 
1 ii 



162 CONGRfiS INTEKNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Cometh to bestow it on them, and remove their sorrows 
by his teaching. And as the rain remaineth where it falleth, 
so the Guru's inst^uction ever abideth with his disciples. 
The Sikhs who love the true Guru are in turn beloved by 
him. O Khalsa, remember the True IName ! The Guru liath 
arrayed you in arms to procure you the sovereignty of 
the earth. Those who have died in battle have gone to an 
abode of bliss. I have attached you to the shirt of the im- 
mortal God, and entrusted you to Him. In former limes, 
Guru Nanak composed in popular language his hymns 
which are for the Sikhs as the Veds are for the Hindus. 
Read them, or listen to them, so shall your minds receive 
consolation, and you shall undoubtedly obtain an abode in 
the Guru's heaven. Those who remember the True Name 
render their lives « profitable, and, when they depart, en- 
ter the mansions of bliss ». 

The Guru continued — « Let those who are baptized ac- 
cording to my rites bear arms and live according to their 
means. Let them remain true to their sovereign in the 
battle-field, and not turn their backs to the foe. Let them 
face and repel their enemies and they shall obtain both 
glory in this world and the heroe's heaven in the next. He 
who fleeth from the battle-field shall be dishonoured in 
this world, and, when he dieth, shall he punished for his 
cowardice, and nowhere shall he obtain happiness. Leit 
the members of the Khalsa associate with one another and 
love one another irrespective of tribe or caste. Let them 
hearken to the Guru's instruction, and let their minds be 
thoroughly imbued with it ». 

To prepare for his end the Guru bathed and changed 
his dress, While doing so he gave instruction that no 
clothes should be bestowed as alms in his name. He then 
put on a muslin waistband, slung his bow on his shoulder, 
and took his musket in his hand. He opened the Granth 
Sahib and, placing five pice and a cocoa-nut before it, so- 
lemnlv bowed to it as his successor. Then uttering: « Sri 
Wall Guru ji ka Khalsa, Sri Wall Guru ji ki Fatah?)) he 



I'KEMlilHK SECTION 163 

four times circumambulated the sacred volume and said, 
« O beloved Khalsa, let liim who desireth to behold me, 
behold the Guru Granth. Obey the Granth Sahib. It his the 
visible body of the Guru. And let him who desireth to 
meet me diligently search its hymns. » 

Such are the deeds that have been done, the prophecies 
that have been uttered, and ihe instruction that has been 
imparted by that great succession of men, the Sikh Gurus. 
In them the East shook off the torpor of ages, and unbur- 
dened itself of the heavy weight of ultra-conservatism 
which has paralysed the genius and intelligence of its 
people. Only those who know India by actual experience, 
can adequately appreciate the difficulties the Gurus encoun- 
tered in their efforts to reform and awaken the sleeping 
nation. Those who removed from the people and dwelling 
in the lofty and serene atmosphere of their own wisdom 
and infaillibility, deem Sikhism a heathen religion, and the 
spiritual happiness and loyalty of its professors negli- 
geable items, are men whose triumph shall be short-lived, 
and whose glory shall not descend with the accompaniment 
of minstrel raptures to future generations. I am not without 
hope that when enlightened nations become acquainted 
with the merits of the Sikh religion, they will not willin- 
gly let it perish in the great abyss in which so many creeds 
have been engulfed. 



SA&AL4, SAKAL4 

THE CITY OF MILINDA AND MIHIRAKULA 



J. F. FLEET 

1. C. S. (Retd.), Ph. D., C. I. E. 



I deal with the identification of a famous ancient city in 
the Panjab, which has been a subject of speculation for 
nearly half a century. I am able, however to present here 
only an abstract of a paper which must be published in full 
elsewhere, with the accompaniment of a map to illustrate 
it. 

The ancient city to which I refer is perhaps best known 
from being mentioned as S^gala, by the Prakrit or P^li form 
of its name, in the Buddhist work entitled Milindapanha, 
which recites the questions propounded to the Buddhist 
teacher NSgas^na by king Milinda, — whom it is customary 
to identify with the Graeco-Bactrian or Indo-Grecian king 
Menander, and to place in the second century B. C., — 
and the answers given by N^gas^na, and the resulting con- 
version of the king to Buddhism. 

That work presents the place to us as the capital of king 
Milinda. It exhibits it as a city of the Yonakas or Yavanas, 
situated in Jambudipa, that is in India. Further, the discus- 
sion between NSgas(^na and Milinda took place at a hermi- 
tage named Sarikheyya-pariv^na which was at S^gala itself. 
And a passage in the discussion tells us tliat that hermitage, 
and consequently Sagala itself, was held to be distant 12 yd- 
janas, or from 96 to 120 miles, from Kashmir; that is, we 
understand, from Srinagar as the capital, then as now, of 



PREMIERE SECTION 165 

Kaslimir, and as the natural point from which to reckon a 
distance to a capital oi' another country. 

There are also references to SAgala in the 479th, 531st, 
and 546th JAtakas. These passages place Sdgala in Mad- 
dara^tha, tiie country of the Maddas. And in this people we 
recognise the Madras, Madrakas, of Sanskrit literature and 
of epigraphy. 

By what we recognise at once as the Sanskrit form of its 
name, the same ancient city is mentioned in the 44th 
ciiapter of the KathAsarits^gara as SAkala, in the country of 
the Madras. 

Elsewhere, another tribal name is coupled with the place. 
In the comments in his MahAbhSshya on P.lnini, 4, 2, 104, 
Patanjali has mentioned Sftkala as a village or town of the 
HAhlkas. 

These passages, taken together, tend to identify the Ma- 
dras, Madrakas, with the BAhikas. And, in fact, to a certain 
extent they do so. From, however, certain comments on PA- 
nini, 5. 3, H4, we gatherthat the name BShika was taken as 
comprising more peoples than simply the Madras and the 
inhabitants of Sftkala ; namely, as including also at any rate 
the Kshudrakas and some people called MAlavas. And we 
derive more specific information from the MahAbhi\rata, 
both on this particular point and in other directions. 

The statements made in the epic regarding SAkala and 
the Bahikas, are to be found in the SabhAparvan (Calcutta 
edition), section 31, verses 1196, 1197, and in the Karna- 
parvan, section 44, verses 2024-2070. They are of a very 
curious nature; representing the Bdhikas in general, and 
the inhabitants of SAkala in particular, as an irreligious, 
impure, and dissolute people. And they deserve to be stu- 
died in detail. The full exposition of them, however, can- 
not conveniently be given here. In these pages, I can only 
say that tiie geographical gist of them is as follows. The 
inhabitants of SAkala were a class of the BAhikas who were 
known as Jartikas. Anyone going to ^dkala from the south 
would have to cross the rivers Satlaj and RAvi, but, ex si- 



166 CONGRfiS INTERNATIONAL DBS ORIENT ALISTES 

lentio, evidently not the ChinSb, in order to reach ^stkala. 
And the city was situated on or close to a river of its own, 
the name of which was ApagS. 

It may be added here that another name of the BAhikas 
and their country was Takka. The Takka country is men- 
tioned in the R^jataraitigini, 5. 150, in a verse which tells 
us that AlakhSna, the king of the Gurjara people or coun- 
try, humbly surrendered the Takka land to king Samkara- 
varman of Kashmir. This locates the Takka country close 
to Kashmir : for, in the Gurjara king we recognise the king 
of a territory now represented by the Gujr^t District in the 
Paiijab ; and, unless the Takka country also was there, nei- 
ther could a Gurjara king have owned it, nor would a ces- 
sion of it have been of any use to a king of Kashmir. As a 
matter'of fact, H^machandra tells us, in his Abhidh^na- 
chintSmani, verse 959 : — Bahik&sh Takka-n^m^nah ; « the 
Bdhikas have the name Takka ». 

So far, in respect of the position of S&gala, S^kala, we 
have located the city by means of the Milindapanha at a 
distance of from 96 to 120 miles from Srinagar, the capital 
of Kashmir, and, by the MaliAbharata, somewhere between 
the rivers Chin^b and Ravi. And we have seen that one of 
the names of the territory in which it was situated was 
Takka. 

Now, recognising, as has always been done, and as will 
be fully justified further on, that the exact equivalent of 
the Sanskrit name Sdkala is to be found in the name of a 
city which the Chinese pilgrim Hiuen Tsiang has presented 
to us, in a transliterated form, as She-kie-lo, we have next 
to see what can be done towards locating SSkala, S^gala, 
exactly, and determining its representative of the present 
time, by means of what we gather about She-kie-lo from 
his writings. In this part of the inquiry I use primarily, as 
the latest authority, the first volume, issued in 1904, of 
Mr. Watters' work « On Yuan Chwang. » For various de- 
tails, however, it is still necessary to refer to the previous 
translations by M. Stanislas Julien and the Rev. S. Beal. 



PREMIERE SECTION HI 

In the course of his wanderings, between the years A. 
1). 029 and G45, Hiuen Tsiang spent two years in Kashmir, 
studying the Sutras and the SAstras. And then, starting 
again on his travels, he came down into India, entering 
that country by the way of the PafijAb. 

Leaving Srlnagar, the capital of Kashmir, he lirst visi- 
ted Fan-nu-ts'o, which is the Parnotsa of the RAjataraihgini, 
and the modern Punach, Punch, or Prunts, — the chief 
town of tlie Punch District of the Kashmir State, about 
45 miles towards the vvest-south-west from Srinagar. 

And he next visited Ho-lo-she-pu-lo. This is the RSja- 
puri of the RAjataraiiigini, and the modern Rajauri or RA- 
jawari, — the chief town of a hill-state in Kashmir, about 
30 miles south-south-east from Punch. 

I state nothing new in these two identifications. They 
were made long ago. And they are quite certain. It is on 
the movements of Hiuen Tsiang on leaving Rajauri that I 
have to throw a new light. 

In the Si-yu-ki or Records of his travels, we are told 
(Walters, I. 286) that from Ho-lo-she-pu-lo, Rajauri, the 
pilgrim proceeded south-east down a hill and across a 
river 700 li* to the Gheli-ka country, which is specified as 
lying between the river P'i-po-she,r= VipAsS, the Bids, on 
the east, and the Sin-tu, = Sindhu, the Indus, on the west. 
And from this specification of its position we see at once, 
— as has always been recognised, — that the Chinese form 
(Ihehka means Takka, and that the Cheh-ka country is the 
Takka land of the RAjataraihgini, and the iUbika country 
of the MahabhArata. 

1. I shall add some remarks in my Full paper, on the subject of the 
spccitication by Iliucn Tsiang ot the length of the stages of his journey 
with which we are concerned. It is sufficient to observe here as follows. 
For the most part, Mr. VVatters has taken five li as uniformly equiva- 
lent to about one mile. And that estimate is, no doubt, quite correct for 
open country. The li, however, is a measure of the time occupied in tra» 
veiling ; not of tnc actual length of road traversed. Consequently, in a 
hilly or Otherwise difficult country, one mile would represent consider^ 
ably more than live /(. 



168 CONGRfiS INTERNATIONAL DES 0RIENT4L1STES 

The account further tells us (VVatters, I. 288) that, on 
his way to the capital of the Cheh-ka, Takka, country, and 
about 14 /t, or three miles, to the south-west of that capi- 
tal, Hiuen Tsiang came to the old or ancient town of She- 
kielo. And in respect of that old or ancient town we are 
told (Julien, I. 190; Beal, I. 166 f.)lhat : — « Although its 
walls are destroyed, the foundations are still firm. This 
town is about 20 li in circuit; in the middle of it they have 
built a small town of about 6 or 7 /t in circuit, the inhabi- 
tants of which are rich and in easy circumstances. This 
was the ancient capital of the kingdom'. Several centuries 
before the present time, there was a king, named Mo-hi- 
lo-kiu-lo, who established his residence in this town, and 
became the sovereign of the five Indias ». 

Here, a point of special interest is the mention of She- 
kie-lo, that is 84kala, or of the small town in the midst 
thereof, as having been the seat of government of a king 
named Mo-hi-lo-kiu-lo, that is Mahirakula, forMihirakula. 
But there must be some mistake in the statement, which 
is found in all the three translations, that that .king had 
reigned there « some centuries previously; » that is, some 
centuries before about A. D. 635. There was a famous king 
Mihirakula, son of T6ram4na, well known to us. He rei- 
gned in Northern and Central India just after the down- 
fall of the Imperial Guptas. And he was himself over- 
thrown by Yasodharman very shortly before A. D. 532- 
33, that is, just about one century before the time when 
Hiuen Tsiang was at She-kie-lo, Sdkala. We have not ob- 
tained any indication of there having been a previous king 
of the same name. And there can be no practical doubt 
that the words which have been rendered by « some cen- 
turies previously » (Watters), « some centuries ago » 
(Beal), « several centuries before the present time » (Ju- 

1. For some reason or another, this part of the passage, from the 
word w nlthough » to « kingdom », is not given in M. Watters' book, 
I. 288. I take the whole passage, therefore, from M, Julien; following 
a« closely as possible the words used by Mr. Beal. 



premiCre section i«r 

lien), must be a corrupt reading for something wliich 
would mean « about a century ago ». 

In respect of the journey of lliuen Tsiang from Ho-lo- 
she-pu-lo, Rajauri, into the Cheh-ka, Takka, country, and 
on to She-kie-lo, Sdkala, the other two translations of the 
Records are in agreement with that given by Mr, Watters; 
except only that, against the « proceeded down a hill » of 
Mr. Watters (I. 286), and the « descended a mountain » of 
M. Julien (I. 188), Mr. Real (I. 164) has given « descending 
the mountains ». The meaning certainly is that, at some 
point on this stage of his journey, — actually, some twen- 
ty-five miles away from Rajauri, — Hiuen Tsiang crossed 
the last range that lay on his route, and descended from 
the hills to the open country below them. 

The Life, however, adds some details. It first tells us 
that from Ho-lo-she-pu-lo, Rajauri, Hiuen Tsiang went 
south-east down the mountains, and crossed « the river •> 
(Real, 72) or « some rivers » (Julien, 96), and so came, after 
700 li or so, to the kingdom of Cheh-ka, Takka. And it then 
adds that, two days after leaving the country or kingdom 
of Ho-lo-she-pu-lo, Rajauri, he crossed the river Chen-ta- 
lo-po-kia (Julien, 97), =: Chandrabhdg.l, ChinAb, and came 
to a town named Ghe-ye-pu-lo (Julien, 97 ; Real, 72), where 
he passed a night ; and that then on the following day he 
arrived at She-kie-Io, ^Akala. 

Che-ye-pu-lo is held to denote a place named Jayapura. 
It has not been identified. We cannot, however, expect to 
identify every one of the places mentioned by Hiuen Tsiang 
all along his route. And the important item of information 
is that he had to cross the ChinAb to reach She-kie-lo, 
6ftkala; that is, She-kie-lo, SAkala, was on the south of the 
(^hinjib. For the rest, the case is as follows : — 

Influenced partly by the indicated length of the journey, 
700 //, wliicli he took as representing 116 miles, and partly 
by an assumption that the stated bearing must be erro- 
neous and should be corrected, because a distance of 116 
miles to the south-east from Rajauri would have taken 



no C0NGR6S INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Hiuen Tsiang to the south and east not only of the Chin^b 
but also of the RAvi, which latter river is not mentioned at 
all ill the account, and is in fact clearly, though only tacitly 
excluded, General Sir Alexander Cunningham (AGI, 179 ff.) 
looked about for some subsequent fixed point on the pil- 
grim's route, by means of which corrections in his bearings 
and distances might be made. That point he found [id. 181) 
in Jfllandhar, which town is mentioned by Hiuen Tsiang as 
She-lan-ta-lo (Watters, I. 296). 

Now, the details given by Hiuen Tsiang place She-kielo, 
S^kala, according to the Records 1140 li towards west- 
north-west, or according to the Life 690 li towards west 1/2- 
south, from She-lan-ta-lo, Jrilandhar. Sir A. Cunningham 
took 690 or 700 li\ and he treated that measure of distance 
as equivalent to 112 miles. He thus found the unnamed ca- 
pital of the Cheh-ka, Takka, country, placed by Hiuen 
Tsiang about 14 or 15 li on the north-east of the old capital 
She-kie-lo, S^kala, in Asarur, Khdngar-Asarur, or Mi^n- 
Ali, a place in the GujranwSla District, about half-way 
between the ChinAb and the RAvi, and about 120 miles 
west-north-west-1/2-westfrom Jalandhar. And, turning the 
14 li, — or 15 li, as he took it, from the <« 14 or 15 li » of the 
translations by Mr. Beal and M. Julien, — into 115 li^ or 
19 miles, he identified She-kie-lo, Sakala, S&gala, with a 
place in the Jhang District, mentioned by him as » S^ingla- 
wala Tiba » and « Sangala Hill », and shewn in the Indian 
Atlas sheet No. 30(1863) as « Sangla Hill », 16 miles west- 
south-west-4/4-west from Asarur. 

The only other definite proposal, known to me, for the 
identification of She-kie-lo, SAkala, S^gala,is that put for- 
ward by Mr. Rodgers and endorsed by Mr. Vincent Smith 
[Early History of India, 65, note, and 274); namely, that 
the place is probably either Chiniot, or else SliAhkot, in 
the Jhang District. Of these two places, iShAhkot is about 10 
miles south-south-east, and Chiniot, close to tlie south 
bank of the ChinAb, is about 24 miles almost due west, 
from « Sangla Hill » 



PREMFflRK SECTION 111 

Now, underlying Sir A. riimninghara's identification of 
Siie-kie-lo, SSkala.SAgala, with « Sangla Hill », there was 
a confusion of SAkala, Sdgala, with a place, called by the 
Greeks ^or^yccka, Sartgala, a stronghold of the Kathaioi which 
was razed to tlie ground by Alexander the Great. As a matter 
of fact, it would seem that even Sahgala is not to be located 
anywherenear« Sangla Hill ». But, however that maybe, Sir 
A.Cunningham identified She-kie-lo, S^kala, SSgala, with 
Sahgala, and both of them with « SftnglawAla Tiba », Sangla 
Hill. 

On the other hand, Mr. Rodgers and Mr. Vincent Smith 
avoided the mistake of confusing She-kie-lo, S&kala, SAgala, 
with Sangala. But it is difficult to understand how they 
came to find She-kie-lo, Sftkala, SSgala, in Chiniot or 
ShAhkot, unless it was under some still remaining effect of 
that confusion which influenced them unconsciously. 

All these places, Asarur, Sangla Hill, Chiniot, and 
Shdhkot, lie, not in any direction at all approximating to 
south-east from Rajauri, but very perceptibly to the west 
of south. The Sangla Hill, for instance, is about 128 miles 
south-south-west-l/4-west, and Chiniot is about 140 miles 
south-west-by-south, from Rajauri. And any such correction 
as from south-east into south-south-west or south-west-by 
south is one that must be avoided, unless it should be ren- 
dered imperative by absolutely certain identifications. We 
shall, however, now see that, though the asserted south- 
east cannot be exactly upheld, still no such correction as 
that is to be made ; we shall find She-kie-lo, S&kala, SAgala, 
on the east of south, not on the west of south, from Rajauri, 
and not anywhere in the neighbourhood of Sangla Hill, 
Shfthkot, and Chiniot. 

An examination of the Indian Atlas sheet 29 (1876) shews 
very quickly that Hiuen Tsiang cannot have proceeded in 
any direction at all approaching to south-east from Rajauri 
itself. Any such course would have taken him straight over 
a constant succession of ranges lying more or less at right 
angles across liis path; leading him along a route which 



172 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

no sensible person would attempt. And an examination of 
the map further shews that no way out from Rajauri was 
available to him, except the present route, which in the 
first place runs, winding along the banks of the Tohi river, 
as far as Naushahra, about 15 miles towards south-by-west 
from Rajauri. At Naushahra, the route leaves the river, and, 
winding in a suitable manner over three ranges, leads on 
to a town named Bhimbhar, which is situated beyond and 
near the foot of the last range of hills in the Kashmir State, 
and about 16 miles towards south-west-by-south from 
Naushahra. Close on the south-west of Bhimbhar, the road 
crosses the Bhimbhar river, which must be the unnamed 
river, or one of the unnamed rivers, which Hiuen Tsiang w\ 
crossed on descending from the hills. And then it goes 
straight on to Gujr^t, 27 miles due south of B-himbhar, and 
so on to Wazir^b&d ; passing about one mile and a half on 
the west of a large village named Bring, which lies three 
miles south of Bhimbhar, and is the last Kashmir village 
in that direction. 

it is only from Bring that any travelling to the south-east 
would become practicable. And, though the map does not 
shew any such definite route now existing, still, as we are 
at any rate prim^-facie bound to apply, at the first possible 
point, the given bearing of south-east, which is stated in 
both the Records and the Life, we must assume that Hiuen 
Tsiang did turn off to the south-east somewhere close to 
Briiig. And, for convenience, we may practically take that 
bearing from Bring itself. 

A course to the south-east from Bring would take Hiuen 
Tsiang across various small streams, actually running with 
water, I am informed, only in the rainy season, but through 
an otherwise quite open country. And it would lead him 
at a distance of about 27 miles, representing a quite prac- 
ticable two days journey just as specified in the Life, to the 
right or northern bank of the ChinAb, at a point 13 miles 
north-west-by- north from SiAlkot, Siydlkol, or Syalkot, 
the head-quarters town of the SiAlkot District, PafijAb. 



4 



PitEMl£KE SECTION 113 

There, or closely thereabouts, he crossed the ChinAb to 
Che-ye-pu-lo, where he halted for the night. And thence, 
on the next day, an easy journey of about 11 miles in the 
same general direction, south-east, over a quite open coun- 
try without impediments of any kind, would take him 
straight on to almost exactly the town Si^lkot itself, shewn 
in the Atlas sheet No. 29(1876) as « Seealkot »., in lat. 32« 29*, 
long. 74* 36', about 40 miles soulh-east-l/4-8outh, or prac- 
tically south-east, from Bring, and 63 miles south-south- 
east-3/4-south, or practically south-by-east, from Rajauri. 
Thus, in fact, in three days travelling to the south-east 
from the point on the southern frontier at which he left, 
not the capital, but the country, of Ho-lo-she-pu-lo, Rajaurt, 
Hiuen Tsiang reached a city, called by him She-kie-lo, 
standing just where there now stands the town of Si&lkot. 
And in Siftlkot itself we find the She-kie-lo of Hiuen Tsiang, 
the sakala of the Mahabhikrata and other Sanskrit works, 
and the SSgala of the Milindapafiha and the J&taka. 

SiAlkot is no modern place. Alb6runi, who wrote in or 
closely about A. D. 1030, has mentioned it(Sachau*8 trans- 
lation, I. 317), and has given its latitude, as observed by 
himself, as 32° 58' ; very reasonably close to the real mark 
in 32" 29'. He has, indeed, presented its name not quite 
exactly in the modern form, and, to be precise, as sj^JoL 
(Sachau's text, 163, line 6), which would primd-facie mean 
Salkot. But, whereas the final consonant thus used by him 
ordinarily represents the Indian dental /, it sometimes also 
means, according to his system, the lingual /; notably, for 
instance, in vju^, khat {id., index. 341 «, line 13), and 
.jl^vi, shat, {ibid., 349 b, bottom), for the Sanskrit shat, 
<» six ». There is not the slightest room for doubt that in his 
time, as now,, the second component of the name was kdt, 
with the lingual / ; that is, kotta, kdta, « a fort, a strong- 
hold )). And this part of the name, thus carried back to at 
any rate the early part of the eleventh century, is due, no 
doubt, to the fort or « citadel »>, now entirely ruined except 
for one tower, which (see Cunningham, ASI. 14.44) stood 



174 CONGRES international DES ORIENTALISTES 

on a mound, 700 feet square and rising to a height of 49 
feet above the streets of the town, situated according to 
Sir A. Cunningham on the north side of the town {loc. cit.), 
but according to the Imperial Gazetteer of India, 12. 451, 
in the centre of it. The present town, it may be added, has 
been described as being, in 1878-79, upwards .of one mile 
in length from east to west, and just half a mile in breadth ' 
from north to south (ASI, 14.444). This gives a circuit of 
something over three miles ; less than the circuit of about 
20 li, five miles, indicated by Hiuen Tsiang for She-kie-lo, 
SAkala, and larger than the circuit of about .6 or 7 li, a little 
under a mile and a half, indicated by him for the « small 
town » in the middle of the original city. If in connection 
with these dimensions we take the fact, stated by Hiuen 
Tsiang, that, though the foundations were still firm, the 
walls of the ancient city had been destroyed, it seems evi- 
dent that the modern town has had its origin in the « small 
town » of Hiuen Tsiang, The kdt, or fort or « citadel », 
which does not figure in the name given by Hiuen Tsiang, 
was plainly built at some date between his time and the 
period of Albfirun'i. And the unnamed capital of the Cheh- 
ka, Takka, country, the actual seat of government in his 
time, which Hiuen Tsiang has mentioned by way of con- 
trast with the old capital She-kie-lo, SAkala, and which he 
placed about 14 or 15 li, three miles, on the north-east of 
that city, must have been a new part of the city which had 
grown up much on the site now occupied by the Si^lkot 
Cantonment. ^| 

In its position, SiAlkot satisfies all the other geographi- 
cal conditions, in addition to those of the narrative of 
Hiuen Tsiang. 

The MahabhArata places S4kala between the ChinAb and 
the RAvi. The Milindapanha locates SSgala 12 ydjanas, or 
from 96 to 120 miles, from Kashmir. And the position of 
Si&lkot, 11 miles from the south bank of the Chinch, and 
some 110 miles south-3/4-west from 8rinagar, the capital 
of Kashmir^ answers exactly to these requirements. 



PHEMIKKE SECTION 



ns 



Sidlk6( is on a small river, the name of which is given in 
the Imperial Ga/elleer, 12. 450, as « Aik w,and in the Indian 
Atlas sheet No. 29 (1870) in one place as « Aik or Ekka », 
and somewhat further on as v Khilree or Aikh », but in 
sheet No. 30 (1863) again as « Khilree or Aik. » And in 
this river, though now perhaps it is to be fairly counted 
as a river only during and shortly after the rainy season, 
we may quite appropriately recognise the Apag^ of the 
MahAbliArata, as was done by Sir A. Cunningham, who 
wrote the modern name as « Ayak » (AGI, 185). 

And finally, not only are the details of position in agree- 
ment, but also the ancient and the modern names are 
unquestionably one and the same. 

As regards the transition from the Sanskrit form ^dkala 
to the PrAkrit or Pftli form SAgala, — the change of A: to ^ 
is so frequent (see Pischel's Grammar of the Prakrit Dia- 
lects, § 202) that no ordinary words need be quoted to illus- 
trate it. But, as an instance among place-names, I may cite 
the transition of Sak6ta into SAgdta and Sag^ya (lA, 20. 22, 
line 3, and 27, line 25). 

The next step, again, the dropping of the medial k org, 
is so common (see Pischel, op. cit., § 186) that no ordinary 
instances need be adduced. But here again, in a place- 
name, we have, for that occurence, — with another change, 
towards the end of the word, which does not enter into 
our present question, — the analogous forms SAda and 
SA6ya, from SAkAta, Sftgfita, S4g6ya (lA, 20. 20, line 28, and 
375, line 13). 

From Sftkala' SAgala, there thus came S^ala. And the next 
step was the coalescing of the da into a ; an equally com- 
mon occurrence, illustrated, for instance, in ordinary 
words, by ^r//irt, ^ro\\\ gd ana :=zg(iy ana y by pdvitlha, from 
pdavldha =:pddapltkay and by bkdna, from bhdana^zbhd- 
jana (see Pischel, op. cit., § 165). 

Tliat produced tiie form Sftla. And this is the first com- 
ponent of the name presented by Alb«iruui in his SAlkot, 
for SAlk6t, = Salak6ta. 



176 congr£s international des orientalistes 

I must leave for my full article the consideration of the 
subsequent evolution or substitution of the form Si4l, 
SiyAl, or Sy4l. It is perhaps to be attributed to the occupa- 
tion of the locality in the thirteenth century (see the Im- 
perial Gazetteer, 7.207 f.) by the SiSl chiefs from Jaunpur. 

But, whatever may be the case on that point, by his SAl- 
kot, for S&lkot, Alberuni unquestionably meant the town 
now called SiSlkot. The name SAlkot is unquestionably the 
ancient name iSakala, S&gala, with the addition of the word 
kdt, « a fort, a stronghold ». And Sdlkot, Si^lkot, is unde- 
niably the ancient SAkala of the Mah^bhArata, mentioned by 
Hiuen Tsiang as She-kie-lo, and as having been the capital 
of Mihirakula, and mentioned in the Milindapaiiha as S&- 
gala, the capital ofMilinda. 



THE JEWS IN PAHLAVI UTERATURE' 

Par 

Louis H. GRAY 

Bibliothicaire do I'lInireniU d« PrincMoo. 



The Pahlavi or Middle Persian literature, which extends 
approximately from the third to the tenth century of our 
era, is devoted in the main to the theology of Zoroastria- 
nism. In its polemics, therefore, it naturally mentions and 
criticizes other religions, especially Judaism, Christianity, 
Manicheanism, and, very guardedly, Mohammedanism, 
while the more scanty historical and geographical litera- 

1. Reprinted, by permission of the Funk and VVagnalU Company, with 
corrections and additions, from The Jewish Encyclopedia^ IX, 462-465, 
New- York, 1905. For previous literature, see West, Pahlavi Literature^ 
in Geiger and Kuhn, Grundriss der iranischen Philologie, II, 75-129, 
Strassburg, 1895-1904 ; idem, Pahlavi Texte, 5 vols. = S. B. E., V, 
XVIII, XXIV, XXXVII, XLVII, Oxford, 1880-1897; Z)rf/i*ar/, translated 
and edited by Peshotan Dastur Behramji Sanjaua, 9 vols, Bombay, 1874- 
1900; Dtnd-t Matndg-i Xra^, edited in Pahlavi by Andreas, Kiel, 1882, 
and by Sanjana, Bonlbay, 1895, and in the Pazand-Sanskrit version by 
West, Stuttgart, 1871 ; Sikand-gumdntg Vijdr, edited by Hoshang Dastur 
Jamaspji Jamasp-Asana and West, Bombay, 1887; Mdtigdn't Gujastak 
Abdlii, edited and translated by Barthelemy, Paris, 1887; ^troika-t 
Ardn, edited by Jamaspji Dastur Minochiherji Jamasp-Asana, Bombay, 
1897; and translated by the Jivanji Jamshedji Modi, in his Aiyddgdr-i' 
Zarirdn, Shatr6ihd-i-Airdn and Afdiyava Sahigiya-i-Sistdn, Bombay, 
1899, also edited and translated by Blochet in Recueil des Travaux re- 
latifsa la Philologie et a f Archeologie ^gyptiennes etassyriennes, XVII, 
165-176, Paris, 1895; Darmesteter, 7'extes pehlvis relatifs an Judalsme, 
in Revue des Etudes juives, XVIII. 1-15, XIX, 41-56, Paris, 1889; idem. 
La Heine Shasydn Ddhl, in Actes du huitiime Congres international des 
Orientalistes, II, 193-198, Leiden, 1892; Gray, Kai Lohrasp and Nebu- 
chadrezzar, in ifiener Zeitschrifl fur die Kunde des Morgentandes, 
XVIII, 291-298, Vienuc, 1904. 

I 12 



478 CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

ture also alludes occasionnally to the Jews. Some of these 
are of course vague, but others are of considerable impor- 
tance, especially those in the Denkart and Stkand-gumd- 
nlg Vijdr, which are devoted to religion, and in the Dtnd- 
i Maindg-i-Xrat and the Satrdiha-t-Erdn, which treat 
chiefly of history and geography. In the Sdyast Id Sdyast, 
VI. 7 (West, in « S. B. E. » v. 297), a work which probably 
dates from the seventh century, there is a brief allusion to 
the Zandiks (a heretical Zoroastrian sect), the Jews, and 
the Christians as being « of a vile law », while according 
to the Denkart {San J ana, p. 24), Judaism, Christianity, and 
Manicheanism are all to be surpressed as degraded in 
creed and perilous to Zoroastrianism. In a like spirit, this 
latter work declares (p. 257) that the evil of the worst age 
of the world is due to the « sinful dispositions of all men, 
derived from the Yahudi [Jewish] religion » (comp. p. 456), 
and the Zoroastrians were warned by the Dastur S6n6* to 
keep aloof from Judaism, which by its laws and tenets was 
calculated to ruin and devastate the world (p. 310). 

The Mdttgdn-i Gujastak Abdlis (I. 15) records a religious 
disputation between the Zandik AbAlis and the orthodox 
Atur-farnbag, which was held about 825 before the calif 
Al-M^mun, and was attended by Zoroastrians, Mohamme- 
dans, Jews, and Christians. The only point of Jewish reli- 
gion mentioned in this polemic is called forth by the Maz- ^1 
dean custom of performing the morning ablutions with 
« gom^z » (bull's urine) * to insure freedom from any pos- 
sible defilement by the « druj nasu », or demon of dead 
matter (comp. also the late Sad-Dar, LXXIV. 1, translated 
by West in « S. B. E. », XXIV, 337-338). Is uphold the prac- 
tise of bathing on rising, Atur-farnbag appealed to « the 
Jews, the Christians, and the Mohammedans, each of whom, 

1. For the form of this name see Justi, Eranisches Namenhuch, p. 279, 
Marburg, 1895. 

2. See Wilhem, On the use of Beef s Urine according to the Precepts 
of the Avesta, Bombay, 1899; Aaonymous author, La Purification seion 
VAvcsta et le Gomez, iu Museon, IX, 105-112, Louvain, 1890. 



II 

I 



I 



PREMIERE SKCTION 



119 



on rising at dawn, washes his hands and face, begins the in- 
vocation of God and the angels, and puts himself in a state 
of grace to receive food or to undertake his occupations » 
(Mdtlgan-i Gujaslak Aballs, V. 12-15). This same Atur-farn- 
bag apparently knew the Gemara or Talmud, if the reading 
« Gyemara »• in « Dinkart, V. I, jiiS 2-3 be correct (comp. 
West, 0/7. ct7.,XLVII, 119-120; preface, p. xiv.), and he is 
expressly said to have employed it in religious controver- 
sies, a statement which gains in interest and probability in 
view of the unmistakable knowledge of the Talmud posses- 
sed by MarUn-farux, the author of the Sikand-gumdntg 
Vijdi\ who also flourished in the ninth century, being but 
little later than Atur-farnbag himself. The « Ture » orTo- 
rah is also mentioned in the « D6nkart » in tones of severe 
condemnation, being characterized as « the words of devils 
and unworthy of belief » (pp. 604-605). 

The « D6nkart » is the longest and, from a religious 
point of view, the most important work in all Pahlavi lite- 
rature. It dates from the ninth century, having been com- 
menced by Atur-farnbag, who flourished, during the cali- 
fate of Al-MSmun, and completed by AturpAt, son of H6m6t, 
a contemporary of ZSt-sparam, who was alive in 881. In 
this work (West, op. cit., XVIII. 399-410; comp. also the 
translation by Sanjana, pp. 90102, which varies from West's 
version in several respects, the passage being a very diffi- 
cult one), there is a refutation of a Jew who had attacked 
the Zoroastrian custom of « a'a^tvadaOa » or next-of kin 
marriage. This term is understood by modern Parsis to 
denote the marriage of first cousins, although its ancient 
connotation is generally agreed to have implied such 
unions as those of brother and sister, father and daughter, 
or mother and son *. The very fact that the Jew made this 



1. The word N*)D2 does not occur in the Jerusalem TalmuJ, but in 
used in the sense of traditional knowledge in the Babyloniau Talmud, 
though even there it never connotes the Talmud itself. See Bacher, 
Gemara, in Hebrew Union College Annual, p. 26-36, Cincinnatti, 1V04. 

2. bee Justi, Geachichte Erans bia ium Autgang der Sasaniden, in 



180 CONGRES international DES ORIENTALISTES 

protest, however, implies that « a'a^tvadaGa » denoted a 
wedding of near kin than first cousins, since such a mar- 
riage was one of those especially approved by Judaism'. 
The chapter of the « D^nkart « which records this contro- 
versy states only the fact that the Jews objected to the 
practise of « a''a6tvada0a », giving no allusions either to his 
tenets or his arguments, but devoting almost its entire 
content to upholding the custom, which it defends by dra- 
wing parallels with the excellent results obtained by the 
inbreeding of cattle. 

The assumed dualism of Judaism and Manicheanism is 
naturally condemned when compared with the essential 
monism of later Zoroastrianism % for the Hebraic concept 
of evil as a rival power to good is somewhat casuistically 
interpreted by the Mazdayasnian theologians as a plea for 
the necessity of its existence as a cosmic and moral force, 
while they themselves distinctly subordinate Ahriman, the 
principle of evil, to Ahura Mazda, the principle of good 
(« D6nkart », p. 211). Continuing its critique of Judaism, 
the « D6nkart » declares that the Hebrew scriptures were 
first composed by Az-i Dah^k, the Azi Dah^ka of the Avesta, 
a monstrous dragon of the race of Ahriman, who dwelt at 
Babylon ». This statement seems to be based in the main on 

Geiger and Kuhn, Grundriss der iranischen Philotogie, II, 434-437, and 
the literature there cited. 

1. Comp. Jacobs, Consanguineous Marriages among Jews, in his Stu- 
dies in Jewish Statistics, p. 1-9 (especially p. 6, note 1), London, 1891 : 
a According to rabbinic law, marriage between first cousins, between uncle 
and niece, and even between stepbrothers and sisters is fully permitted, 
and that between uncle and niece regarded as particularly praiseworthy. 
Marriage between step-brothers and sisters was, however, objected to 
by Palestinian authorities and, though legal, has rarely occurred. On 
the other hand the union of aunt and nephew is prohibited, and Jewish 
law allows of no dispensation in this or any other case ». 

2. Comp. Jackson, Iranische Religion, in Geiger and Kuhn, op. cit.y 
II, 629-630. 

3. Jackson, op. cit., p. 663-664; Spiegel, Erdnische Alterthumskunde, 
I, 530-544, Leipzig, 1871-1878. 



I 



I 

4 



PREM1£RE section 181 

« odium theologicum » rather than on any actual misrea- 
ding of proper names or on popular legend, although the 
activity of the Jewish academies of Sura, Pumbedita and 
Nehardea, as centers ofTalmudic learning during theSas^ 
sanid period may have played some part in a quasi-identifica- 
tion of them with the abode of the archdemonic opponent of 
the Zoroastrian faith. A/-i Dahdk is said to have deposited 
the Bible in the « fortress of Jerusalem);, and lo have led the 
Jews to believe in Abraham and later in Moses, whom they 
« accepted as their prophet and messenger of faith, and 
unto whom they ascribe the salvation of sins committed » 
(« D6nkart », pp. 372-373). Thrice the demon made man- 
kind submit to the Jewish faith (p. 379), possibly a vague al- 
lusion to the frequent collocation of Abraham, Isaac, and 
Jacob, or else of Abraham, Moses, and Elijah (or Enoch), 
the latter two as being the forerunners of the Messiah ? 

In discussing the diabolical origin of the Bible, the 
« D6nkart » states (pp. 438-439) 'that Az-i DahAk composed 
ten » universally, noxious precepts » to counteract the 
ten beneficent regulations of the pious Jams6d*. These 
laws of Az-i Dah^k were written down at his command and 
preserved in Jerusalem. Since Abraham is described as fol- 
lowing their teaching, « people came to look upon these 
precepts of Zohak [Az-l DahAk] as the work of the prophet 
Abraham, who was to come at the end of the world... Thus 
every one of the Jewish race and faith came to look upon 
Zohak's religious words as meant for himself and to believe 
in them ». These ten commaudmcnls, which form a rever- 
sed decalogue, may be summarized as follows (pp. 437- 
438) ; (1) the Almighty is the injurer of the universe ; (2) 
the « dovs « [demons] must be worshipped as the source of 
all earthly prosperity ; (3) men should perform injustice 
rather than justice ; (4) men should act unright-eously and 

1. Comp. D4nhar{, p. 439, and Maclcr, Apocalypses apocrypkes de 
Daniel, p. 110-112, Paris, 1895. 

2. See Spiegel, op. cit.^ I, 522-530. 



182 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

disgracefully in every matter; (5) men should lead greedy 
and selfish lives : (6) fathers should withold from their chil- 
dren such training as would fit them in their turn for noble 
fatherhood ; (7) the poor should be deprived of protection ; S\ 
(8) goats should be killed before reaching maturity, accor- 
ding to Jewish usage; (9) good and pious men should be 
offered in bloody sacrifice to the « devs », as is the custom fll 
of the Jews; (10) men should be cruel, revengeful, and 
murderous. Only two of these commandments, the eighth 
and ninth, mention the Jews, the former referring to the 
sacrifice of a kid as a sin-offering {eg., Lev. iv. 23 et pas-^i 
sim), and the latter possibly to a distorted reminiscence of 
some such passages as 11 Ghron. xxviii. 3 ; Ps. cvi. 37- 
38 ; Isa, lvii, 5 ; Jer. xix. 4-5, xxxii, 35 ; Ezek. xvi, 20- 
21, xxiii. 37, 39, which allude in condemnatory terms to 
human sacrifices offered in Israel, or even to the view 
maintained in the Midrash, and the Targum that Jephthah 
actually sacrificed his daughter to YHWH*. At all events, 
the number of the commandments, ten, is a palpable imi- 
tation of the decalogue. 

Unfavorable as are the criticisms on the Jews in the 
M D6nkart », they are far less hostile and explicit than in 
the « Sikand-gumdnigVij^r)), a polemical work of the latter 
part of the ninth century. MarUn-farux, the author of this 
book, criticizes the Mohammedans, the Christians, the 
Manicheans, and the Jews in the course of his defense of 
the Zoroastrian religion, and devotes the twelfth and thir- 
teenth chapters, as well as a few paragraphs of the ele- 
venth, to a critique of Judaism. In these sections, he cites 
numerous passages from the Bible, characterizing the 
Hebrew scriptures as « full of delusion » and « of every 
iniquity and demonism » (« Sikand-gumAnig Vij^r, XIII, 
4, XIV, 2). The majority of his quotations are taken from 
the Pentateuch, although he makes a few citations from 
Isaiah, and one is from the Psalms. The list of verses quo- 

1. Comp. Selipaohn. in Jewish Encyclopedia, VII, 95 a. 



I 
I 



i 



PREMiE:RK SECTION iSS 

ted is as follows : excluding mere vague reminiscences : 
Gen. I. 2-3; ir. 16-17; iir. 9, 11-16. 18-19; vi. 6; Ex. xx. 
5 (scarcely, as has been suggested, an attempt to translate 
Gen. IV. 15); Deut. xxix. 4; xxxii. 35 (less probably a 
paraphrase of Nah., i. 2); Ps. xcv. 10; Isa., xxx. 27-28, 
XLii. 19. The source of these citations has not yet been de- 
termined with any degree of certainty. It seems safe to 
affirm, however, that it was not a complete translation of 
the Bible into Pahlavi or even a standard literal version of 
a part of it from which Mart&n-farux quoted his texts, even 
though it is barely possible that there was once such a 
Middle Persian rendering which has long since disappea- 
red'. His citations are extremely free and are made appa- 
rently from memory. This is shown, for example^ by the va- 
riations in the rendering of Gen. , ii, 16-17 and and in. 11, in 
the « Sikand-gumAnig ViJAr ». The former passage, « And 
the Lord God comtnanded the man, saying. Of every tree 
of the garden thou mayest freely eat : But of the tree of the 
knowledge of good and evil, thou shalt not eat of it : for 
in the day that thou eatest thereof, thou shalt surely die », 
is translated thus in one section of the « Sikand-gumAnIg 
Vijar » (XIII, 18-20) : « The Lord, who is the sacred being 
himself, commanded Adam thus : 'Eat of every tree which 
is in this garden, except of that tree of knowledge; be- 

1. According to Maimonides the Bible was translated into Persian 
many centuries before Mohammed, and the Syrian Christian bishop 
Thcodorct (fiith century) alludes to a Persian rendering of the Bible 
which existed in his day (xa\ i\ 'Egpatuiv ^wvrj oO (i6vov «l; tt,v (t&v] 'EXXtivwv 
|X£T£6X'nOr), dXXx xx'i eic Trjv [t£>v] 'P(i>|iai(a>v xat AiYun-ctcov xat Ilepv&v xat 'IvSiov 
XGii £xu6fa>v xai ^aupo|iaTci>v xtii, ^jXXVjS^tjv (Inctv, eU itctaa; toc; f^'^'^'^^C (^« 
airavta ts itOvY) x£-/r|[i£va SiartX&T, De Curandis Gr»corum Affectibus, p. 948, 
in Migue, Patrologia Graeca, LXXXIII, Paris, 1859). Comp. also Zunz, 
GollesdienstUche Vortrdge, p. 9, Berlin, 1832 \ Munk, Notice *ur Rahbi 
Saadia Gaon, in Cahcn, Bible, IX, 135, note 2, Paris, 1838; Blau, Jlur 
Einleitung in die Hetlige Schrift, p. 95-98, Strassburg, 189'«; Kohut, 
Kritische Heleuchtung der persischen Pentateuch- Uebersetzung der Jocub 
hen Joseph Tavua, p. 6, Leipzig, 1871 ; Gottheil, in Jen-ish Encyclopedia, 
III, 190 b; Bacher, i7>jrf., VII, 317 b. 



184 CONGRfeS fNTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

cause when you eat thereof you die' », while another ren- 
dering [ibid., XI, 352; XIII, 143) of the same verses runs : 
« The sacred being commanded Adam thus : 'Thou shalt 
not eat of this one tree which is in paradise' »... « When 
you eat of this tree you die ». Gen. iii. 11, « Hast thou 
eaten of the tree, whereof I commanded thee that thou 
shouldest not eat? » is translated : « Mayest thou not ever 
yet [«agarat»] have eaten of that tree ofknowledge, of which 
I said [« guft »] that you shall not eat? » [ibid., xm. 33), 
and also : « Mayest thou not ever yet [« hargizica »] have 
eaten of that tree of which I commanded [« farmut »] that 
you shall not eat? » [ibid., xiii. 139). 

The Pahlavi transcription of Hebrew proper namer gives 
little help in the determination of the source used by the 
« Sikand-gumdnig Vij^r «, especially as the entire work is 
a Pazand transliteration in Avesta script of a Pahlavi ori- 
ginal. The names in question are as follows : « Abreihim » 
(((Abr^hdm » in « DAtistdn-i D6nig », XXXVII, 90); 
« Adam »; » Adino (ijin); « Asardsara », (a misreading of 
Pahlavi « AsrayilAn », [« Israelites »]); Asinaa » (in the 
Sanskrit version, « Asinaka » [« Isaac »], which, according 
to West, in « S. B. E. » XXIV, 225, note 4, « indicates a 
Pahlavi form that might be read Aisok, and points to Syr. 
Ts'hoq as the original of this form of Isaac »); « HavAe » 
(« Eve »), « Hurusarm » (« Jerusalem » [Pahlavi « Aurisa- 
16m )),in «Din^-!Main6g-iXrat», XXVII, 67; « Aurusalim» 
in the « D^nkart », comp. Sanjana's glossary to vol. VIJ; 
a MasyAe » (« Messiah » [Pahlavi « Masix^ » in « DAtistSn-i 
D^nig », XXXVII, 90-91]); « Mus4e » (« Moses ») « Zuhut », 
« Zuhudar », « Zuhudaa », « Zuhudi » (« Jew », « Jews », 
« Jewish » « Judaism » [Pahlavi « YahutSn », in « DinS-l 
Mainog-i Xrdt », XXVII, 67, « SAyastla-SAyast », VI, 7, and 
« D6nkart », passim])^ 

1. On the misreading of Pahlavi j' as z, comp. Haug, Essay on Pahlavi, 
in his Pahlavi'Pazand Glossary, p. 97, Bombay, 1870; Kirste, Semitic 
Verbs in Pahlavi, p. 5-7, in Sitzungsherichte der Wiener Akademie der 
Wissenschafle, phil.-hist. Classe, CLXVI, Vienna, 1903. 




PREMltlRR SECTION 



188 



The translations of the verses cited in the « Sikand-gu- 
mAnlgViJAr » are, in general, fairly accurate. The princi- 
pal variations from the text as represented by the Hebrew 
are as follows : Gen. i. 2, « And the earth was without 
form, and void ; and darkness was upon the face of the 
deep. And the Spirit of God moved Revised version, mar- 
ginal reading : was brooding] upon the face of the waters », 
has an anomalous rendering, due perhaps, at least in part, 
to a misunderstanding of the exact reading of the ambi- 
guous Pahlavi script by the Pazandizer of the text: « There 
first arose earth, without form and void, darkness and 
black water; and the breathing of the sacred being ever 
yearns over the face of that black water* (xiii. 6-7'). Gen. 
HI. 18-19. « Thorns also and thistles shall it bring forth to 
thee... In the sweat of thy face shalt thou eat bread, till 
thou return unto the ground », is translated (xiii. 38-40) : 
« Thy eating shall be through the scraping off of sweat 
and the panting of thy nostrils, until the end of thy life; 
and thy land shall grow all bodily refuse and dung. » The 
original of the verse translated (xiv. 5-7) : « I am the Lord, 
seeking vengeance and retaliating vengeance, and I reta- 
liate vengeance sevenfold upon the children », is some- 
what obscure. It may be based on Nah. i. 2, « The Lord is 
jealous God and avengeth •> [Revised Version], or on Deut., 
xxxii. 35, « To mebelongeth vengeance and recompence », 
or on Ex. xx. 5, « For I the Lord thy God am a jealous 
God, visiting the iniquity of the fathers upon the children 
into the third and fourth generation of them that hate 
me. » This last verse seems the most probable source of the 
Pahlavi citation, not only in view of the fact that the great 
majority of the Old Testament quotations in the « Sikand- 
gumAiilg Vijftr « are taken from the Pentateuch, but also 
on account of the Targum of the pseudo-Jonathan (seventh 
century, A. D.), which expands the phrase « jealous God » 
(Njp Sk) into « jealous and avenging God, and avenging 



1. See «Uo Weat, ad loc. 



186 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

myself with jealousy (nwipn risncT piisi ]wp rha), while 
the « sevenfold » vengeance is evidently a misunderstan- 
ding of the « third and fourth generation. » Particularly 
interesting, as showing a knowledge either of the Targum 
of the pseudo-Jonathan or of the Midrash, is the rendering 
of Gen. III. 14, « And the Lord God said unto the serpent^ 
Because thou hast done this, thou art cursed above [He-*||| 
vised Version, marginal reading : from among) all cattle, 
and above every beast of the field; upon thy belly shalt 
thou go, and dust shalt thou eat all the days of thy life, 
« by », He spoke to the serpent thus : ' Thou shalt be ac-^l 
cursed from amid the quadrupeds and wild animals of the 
plain and of the mountain ; for thee also shall there be no 
feet; and thy movement shall be on thy belly, and thy 
food shall be dust' » (xiii. 42-44). This version may very 
probably be based either on the Targum of the pseudo- 
Jonathan, which adds to the Hebrew original the phrase, 
« and thy feet shall be cut off » (psypm 7(yxy\), or on Beres-JI 
hit Rabbah, the oldest of the Midrashim, redacted proba- 
bly about the time of the completion of the Jerusalem Tal- 
mud (fourth century A. D.), which contains, in its interpre- 
tation of Gen. III. 1, 14 (Gen, R. xix. 1, xx, 5; Wiinsche, 
« Der Midrasch Bereschit Rabba », pp. 82, 89, Leipzig, 
1881), the following haggadah : « According to the opinion 
of Hoshaiah the Great [third century, A. D.], the serpent 
had two feet, and stood erect, like a reed... 'Upon thy belly 
shalt thou go'. At the instant God spake thus, the ministe- 
ring angels descended, and took away from the serpent 
his hands and his feet, and his voice was heard from one 
end of the world to the other. » This midrash is, however, 
much older, since it is mentioned by Josephus (« Antiqui- 
tates », I. 1, §4). 

In addition to direct citations from the Bible with am- 
plifications which were evidently based on the midrashic 
literature of the Jews, the « Sikand-gum^nig Vij^r » con- 
tains four stories, purporting to be from the sacred wri- 
tings of the Hebrews. The first of these (XIV, 36) states 



PREMIf.RK SKCTION 481 

that « every day be prepares, with his own hand, ninety 
thousand worshippers^ and they always worship him until 
the night-time ; and then he dimisses them, through a fiery 
river, to hell ». This tale is based on the Jewish legend, 
attributed to Joshua ben Hananiah in conversation with 
the emperor Hadrian, that no portion of the heavenly host 
praises God for more than a single day, for at the end of 
that time they are dismissed to the stream of fire from 
which they were created (comp. Dan. vii. 10 ; Ps. civ 4), 
while a new company of angels takes their places*. The 
same chapter of the « iSikand-gumdnIg Vijar » (xiv. 40-50) 
also relates how the Lord visited Abraham to comfort him 
in old age and affliction. Abraham thereupon sent his son 
Isaac to fetch wine from Paradise, and entreated .his guest 
to drink of it. Ignorant of its provenience, however, God 
refused to do so, until he was assured by his host of the pu- 
rity of its origin. This legend is evidently a confusion of 
the account of the visit of the Lord to Abraham in the 
plains of Mamre (Gen xviii.) with the story of the wine 
brought by Jacob to his father Isaac (Gen. xxvii, 25), for 
according to the Targum of the pseudo-Jonathan ad loc. 
and Yalkut (Gen. 115, the wine which refreshed the pa- 
triarch was prepared from grapes which had been made at 
the creation of the world, and was borne from paradise to 
Jacob by the archangel Michael*. The third story (« Sikand- 
gumAnlg Vijftr », XIV. 58-70) likewise has a Talmudic basis. 
In dire poverty a rightous man beseeches, divine aid, and 
in answer to his prayers an angel descends from heaven, 
telling him that the sum total of joy and sorrow may not 
by changed. In recognition of his piety, however, the pe- 

1. liereshit Rabbah, LXXVII. I(onGea., XXXII. 26); see Wunsche, o/>. 
cit.y p. 379. The same haggaduh is given in Ekah Rabbati on Lam., Ill, 
23 (Wunsch, Der Midrasch Echa Rabbati. Leipzig, 1881, p. 126); comp. 
also Bacher, Agada der Jannaiten, I., 2 d. ed., 172, Strassburg, 1903; 
Blau, in The Jewish Encyclopedia, I, 586 a. 

2. See Levi, cited by Darmesteter, in Revue des itudes juives, XIX, 
14, DOte 1. 



i 



188 CONGRES international DES ORIENTALISTES 

titioner already has in paradise a throne with jewelled feet, 
and he may, if he wishes, have the benefit of one of these 
feet on earth. After consultation with his wife, the pious 
man declines to mutilate his reward in heaven, even though 
he knows that this decision means that his sufferings on 
earth must continue unabated. This legend is taken from 
the Jewish tradition of Hanina ben Dosa, who, at the ins- 
tance of his wife, prayed that God might grant him a boon 
to alleviate his destitution, whereupon he received a gol- 
den table-leg from paradise. His wife, however, had a vi-fll 
sion in which she beheld the righteous feasting in heaven 
at three-legged tables, while her husband's celestial 
board had but two supports. When she told her dream 
to Hanina, he immediately prayed to God to withdraw a 
bounty for wich he must pay so dearly, thus choosing 
earthly poverty rather than diminution of heavenly bliss 
(Ta'anit, 24 b. et seq. ; Berakot, 17)'. The last story (« Si- 
kand-gumanig Vij^r, » XIV, 75-78) states that the Lord 
boasted of slaying « in one day an assemblage of sinners, 
as well as innumerable innocents. And when the angels tal- 
ked much of the unreasonable performance, he then spoke 
of it thus : ' I am the Lord, the ruler of wills, superinten- 
ding, unrivalled, and doing my own will, and no one as- ,,_ 
sists or is to utter a murmur about me * ». The source of 1|| 
this passage is uncertain. It may be suggested, however, 
that it is ultimately based on some such Biblical section as 
Job IX. 22, 12 : « He destroyeth the perfect and the wic- 
ked » « Behold he taketh away [Revised Version, « he 

seizeth the prey »], who can hinder him? who will say 
unto him, W^hat doest thou ? » (comp. Ezek. xxr. 3-5 ; ^ 
Dan. IV. 35). « 

Allusions to Jewish history are found in two Pahlavi 
works, the « DinA-i Mainog-i Xrat », which was probably 
written before the Arabic conquest of Persia, and the 

1. Comp, Levi, op. cit., p. 15, note 2; Mendelsohn, in The Jewish En- 
cyclopedia^ YI, 215 a. 



PREMIERE SECTION 



119 



« Satroiha-l Erftn >», a geographical treatise, dating per- 
haps from the ninth century. In the former work there is a 
passage (XXVII. 64-67) which states that LohrAsp, the 
Aurvat aspa of the Avesta (« Yast », v. 105), whose capital 
was identified with Balx by Firdaust, Tabart, Mas'udI, 
Y&kut, and others, » demolished the Jerusalem of the Jews, 
and made the Jews dispersed and scattered ». This is repea- 
ted in the « D6nkart » (West, « S. B. E., .. XLVII. 120-121, 
idem, in Geiger and Kuhn, op. cit., II. 93; Sanjana, op. cit., 
pp. 611-612), with the additional statement that LohrAsp 
was accompanied on his expedition against Jerusalem by 
Buxt-Narsih (Nebuchadrezzar)*. At the basis of this tradi- 
tion there plainly lies a historical foundation*. According 
to the Armenian translation of the « Ghronicon » of Euse- 
bius (ed. Aucher, I. 25, Venice, 1818), Nebuchadrezzar 
had married a Median princess, named Amuhean ', and 
Alexander Polyhistor states (« De Judoeis », fragment 24, 
in Eusebius, « Prajparatio Evangelica », IX. 39, §§ 4-5) 
that he was assisted in his expedition against Zedekiah by 
a contingent of Medes, thus furnishing an additional argu- 
ment in favor of the historicity of this tradition of an Ira- 
nian alliance with the Neo-Babylonian king. Of the several 
hypotheses which might be advanced to reconcile the clas- 
sical and Pahlavi accounts, it seems most plausible to as- 
sume that the Greek versions mentioned the Medes as the 
Iranians best known to them, while the Pahlavi writings 
naturally refer to the Bactrians as the representatives of 
Iran. Both Medes and Bactrians may, therefore, denote the 



1. Mirchond, however {History of the Early Kings of Persia ^ transla- 
ted by Shea, p. 264, London, 1832), states that some identified Nebu- 
chadrezzar with Rahum, one ot the heroes of Rnstam's court whom 
L6hrasp appuiiitcd general (see Modi, up. ci/., p. 112; Justi, op. cit.^ 
p. 257). 

2. For a more detailed discussion of this problem, see my article, 
Kai Lohrasp and N^huchadrezzar, iu Wiener Zeitsckrift fur die Kunde 
der Morgenlandes, XVIII, 291-298, Vienna, 1904. 

3. Coiup. Justi, op. cit., p. IS. 



190 CeNGRfeS INTERNATIONAL DES 0RIENTAL1STE8 

same body of troops in the army of Nebuchadrezzar, or 
there may have been divisions of both among his followers. 
It seems, at all events, practically certain, that he had Ira^ 
nian allies in his expedition against Judah which ended in 
the downfall of the kingdom in 586 B. C, and it appeals 
equally clear that a tolerably accurate tradition of this fact 
is preserved in the passages cited from the « D^nkart » 
and the « Din^-! Mainog-i Xrat ». 

The references to the Jews in the « Satroiha-i ErSn » 
allude to the Sassanian period, and concern chiefly the 
Jewish wife of Yazdagird I. (399-420). According to §§ 46-47, 
« the cities of S6s[Shushan] and Sostar were built by Soz^n- 
doxt, wife ofYazdkart, son of SAhpuhr [Sapor]. She was the 
daughter of the R^sgalutak, king of the Jews; she was the 
mother of Bahr&m Gor ». The reading of the name of this 
princess is somewhat uncertain. It can scarcely be « SSySn- 
doxt », as Darmesteter first thought, but his later conjec- 
ture, that it should be read « Sasy^n-doxt », is more plau- 
sible. A still better reading is « SosAn-doxt », suggested 
by Blochet and etymologized as a compound of the Hebrew 
yvw, « lily », and the Pahlavi « doxt », « daughter' ». Her 
foundation of the two cities of Sos and Sostar is explained 
by Marquart ( « Er^nsahr », pp. 53 [note 1], 144, Berlin, 
1901) as a tradition based on the similarity of their names 
to her own, although it seems rather to imply merely that 
she established Jewish colonies in them. The high station 
of the NmSa W^ or exilarch in Persia at this period * makes 
such an alliance between his daughter and the king not 
altogetherimprobable, while such epithets as ^V^, « hard, 
wicked », jii, « stinking >;, *J'!, « sinner », and Jvsyj, '< evil- 

1. For similar names compounded with ddxt sec Justi, op. cit., p. 492- 
493. He howeyer, prefers the reading Gdsydn-ddxt, op. cit., supplement 
to p. lit. 

'2. See Lazarus, Die ffdupter der Vertriebenen, BrulVs Jahrbiicher 
fur judische Geschichte and Litteratur, X, Frankfurt-am-Main, 1890, 
especially, on the relations of the exilarchs with the Persian kings, 
p. 131-156. 



PREMltJiE se<:tion i»l 

doer », applied to Yazdagird, find their explanation in great 
part in his religions laxity as shown by his toleration of Jews 
and Christians during a portion of his reign(comp. Justi, in 
Geiger and Kuhn, op. cit., ii. 52G; Modi, op. cit., pp. i37- 
143). 

The particular exilarch who was the father of Sosdn- 
doxt or GAsy&n-doxt is not certain, although from the pas- 
sage in the « Satroiha-l Er&n », he would seem to have been 
in office in 407, the year in which BahrAm Gor was born. 
He was, therefore, in all probability, Kahana I., who held 
office, according to Lazarus (o^. cil., pp. 110, 130), approxi- 
mately from 400 to 415. It is barely possible, however, 
though very improbable, that the queen was the daughter 
of Kahana's brother and predecessor in the exilarchate, 
Nathan II. (370-400), if the « resh galuta » in the passage 
cited refers to the parent of the royal bride rather than 
to the incumbent of the office during the reign of Yazda- 
gird *. At all events, the queen can scarcely have been the 
daughter of Huna bar Nathan, as has been supposed, for 
despite the favor which he enjoyed at the court of Yazda- 
gird, it is almost certain that he never was exilarch. The 
suggestion may however, be advanced with a considerable 
degree of plausibility, that he was the brother of the prin- 
cess*. 

1. The succession oT the cxilarchs at this period presents considerable 
difficulty, as is shown by Lazarus, loc. cit. According to Grfttz, Ges- 
chichte der Juden, IV, 3d. ed., 4(»3, Leipzig, 1893, the reah galuta in 
question may also have been either Yemar or Zu^ra I, both of whom, 
according to him, held the office for brief terms about this time. 

2. According to the Talmud (Zebahm, 19 a, he was at least the son ot 
an exilarch, probably of Nathan II, and thus a brother of the queen, a 
fact which may in part account for the royal favor shown him, as when 
Yazdagird readjusted his girdle form in the presence of the court. The 
earliest authority to state that Huna was a resh galuta is Sherira (tenth 
century), an assertion which is probably erroneous. Comp. Lasarus, 
op. cit., i 10-1 11, and, against the thoory here upheld, Darmesteter, in 
Revue des Etudes juives, XIX, 46-47; Modi, op. cit., p. liO-lil. See on 
Huna bar Nathan in general, Gr&ts, op. cit., p. 35^, and Seligsohn, in 
The Jewish Encyclopedia, VI, 493-494. 



192 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

The « Satroiha-i Er^n » also states (§ 54) that the Jewish 
wife of Yazdagird established a colony of her coreligionists 
at Gai, an ancient name for Ispahan *. In like manner, the 
city of Xw^rizm, the modern Khiva, was « founded » by 
« Narses of the Jews » (§10), if Blochet's reading jlujojjOkdij) 
may be followed '. This « Narsi Yahutak&n j) was evi- 
dently the younger brother of Bahr^m Gor, for the epithet 
applied to him renders it improbable that he could have 
been the vizier of Yazdagird, who also bore the name of 
Narses (comp. Justi. op. cit., p, 223). It should be noted, 
however, that the reading of the text is not altogether cer* 
tain, and the Parsi scholars Minochiherji and Modi read 

instead of jui^jj the word jqj/, which they correct to -vjj/ 
(un), and Modi accordingly translates the passage [op. cit., 
p. 137) : « The chief of the Jews founded the city of Xw4- 
rizm » [op. cit., p. 61). Despite these variant readings, it is 
clear that the author of the « Satroiha-i Er^n » ascribed 
a Jewish community to the city of Xw^rizm. 

1. Modi, op. cit., p. 142; Marquart, op. cit., p. 28; Darmesteter, 
op. cit., p, 51-52. 

2. See also Blochet, in Recueil des travaux relatifs a la Philologie et 
a V Archeologie egyptiennes etassyriennes, XVII, 172, Paris, 1895; and 
comp. Marquart, op. cit., p. 53. 



DEUX NOTES 
SUR LE PRATITYASAMUTPADA 

PAR 

Louis DE LA VALLEE POUSSLN 



II n'y a pas, dans la dogmatique du Bouddhisme, de theo- 
rie qui tienne une aussi grande place que celle du Pratl- 
tyasaniutpftda: le fiddle acquiert laBodhi parleseul faitqu'il 
la comprend et la pen^tre. II n'y en a pas qui ait ete aussi 
patiemment etudiee, soil par les docteurs scolastiques des 
deux Yehicules, soil par les orientalistes. Les travaux des 
premiers sont encore tres mal connus; car, malgre les 
efforts de Warren, notre feu confrere araericain, le Vi- 
suddhimagga est encore plonge dans I'obscurite d'une edi- 
tion singhalaise, et, d'autre part, I'Abhidharmakoca, «cette 
mine inepuisable de renseignements precieuxw, comme a 
dit Burnouf, n'a ete exploite qu'au liasard et, pour ainsi 
dire, a la surface. Quant aux orientalistes qui se sont occu- 
p^s du PratityasamutpAda, citer leurs noms, ce serait pas- 
ser en revue presque tous les indianistes, depuis Cole- 
brooke qui a traduit, sans le savoir, un fragment du Q^M- 
stambasutra, — ce m6me texte dont M. Stein a rapporte de 
I'Asie Centrale une version tibetaine qu'6tudie en ce mo- 
ment ;M.L. Barnett, — jusqu'6 M.Max Walleser, le dernier 
en date, a ma connaissance, et qui a ouvert des voies nou- 
velles dans son petit meinoire sur les fondements philoso- 
phi(|ues du Bouddhisme. 

L'orientaliste peut ici se proposer un double but, ou bien 
chercher a savoir ce que les bouddhistes de Tepoque his- 
torique ont vu dans le Pratltyasamutpftda ; ou bien cher- 

I 13 



194 CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

cher a determiner, d'apres les venerables Sultantas, la 
valeur primitive du Pratityasamutp^da; chercher a devi- 
ner ce que le Bouddha, si toutefois la serie des niddnas 
peut se reclamer de lui, a pretendu reveler au monde en 
jetant dans I'oreille de I'integre Ananda les formules di- 
verses et contradictoires qui furent, d^s qu'on se prit a y 
reflechir, une cruelle difficulte pour les croyants comme 
elles sont pour nous, incredules. 

Je me h^te de dire, afin de vous rassurer, que mes in- 
tentions sont modestes : je n'ai pas forme le projet d'ex- 
pliquer, a ma facon, la serie des niddnas, car je suis con- 
vaincu qu'elle est inexplicable. U faut I'entendre; comme 
les bouddhistes de I'epoque historique Tent entendue; il 
faut aussi, puisque nous faisons de Thistoire tandis que les 
bouddhistes ne faisaientque de la dogmatique, determiner 
les raisons mysterieuses en vertu desquelles les divers 
termes de la serie ont ete lies tout d'abord : ces raisons ne 
sont vraisemblablement pas celles que le travail scolas- 
tique a, plus tard, degagees. II est etabli, en effet, que la 
formule des niddnas est « faite de formules arbitrairement 
associees et qui laissent soupconner plusieurs stratifica- 
tions successives », ainsi que s'est exprime M. Senart. II 
n'y a pas un seul terme, sauf peut-6tre ceux de jdti et de 
jardmarana^ dont I'interpretation ne soit perilleuse. Les 
belles recherches de MM. Senart, Garbe, Jacobi, Olden- 
berg ont largementcontribue a mettre en lumi^re ces dif- 
ficultes. 

Aussi interessantes que les recherches des indianistes \ 
sont les oeuvres exegetiques des bouddhistes des diverses 
ecoles : toutes se sont essayees a mettre un peu d'ordre 
dans Tincoherence initiale de la formule, a introduire 
quelque logique dans I'agencement des termes consacres. 
J'espere faire quelque jour ma petite part du travail consi- 
derable que nous r^servent les commentaires sanscrits et 
tibetains, et, tout d'abord, editer ce texte dont je parlais a 
I'instant, le (^Alistambasutra, source a laquelie les brah- 
manes ont puise leur connaissance du PratityasamutpSda, 



I 



I 

I 



I 



(MiEMlfiKE SECTION 19S 

et qui nous a et6 presque integralement conserve par 
Candraklrti, Ya^omitra et C^dntideva'. 

Je desire aujourd'hui atlirer voire attention sur deux 
problemes. Le premier, d'ordre en quelque sorte anecdo- 
tique, vise I'interpr^tation tibetaine du PratttyasamutpAda 
et se lie ^troitement k ce qu'on a appele la roue des exis- 
tences (Wheel of Life) et aux decouvertes de M. Waddell. 
Le second, d'ordre dogmatique, porte sur la distribution 
des niddnas entre le passe, le present et I'avenir : il y a 
sur ce point, ce me semble, une doctrine orthodoxe, c'est- 
a-dire commune a Buddhagho.sa,quiestvraiment quelque- 
fois tres « septentrional », et aux commentaires sans- 
crits. 

I 

On se souvient que M. Waddell, dans un article remar- 
qu^ et au titre seduisant : « Le secret de Bouddba »*, a 
fourni du PratUyasamutpAda une interpretation qu'il 
donne, avec des reserves trop peu soulignees, comme I'in- 
terpretation authentique : » from the absolute standpoint 
of the earliest Buddhist philosophy ». On va voir ci-des- 
sous comment il y est arrive*. 

Une fresque cel^bre d'Ajantd (vi' si^cle), el qui a long- 
temps passe pour un zodiaque, doit 6tre rapprochee des 
dessins tibetains qui representent la roue des existences, 
bhavacakra. Ces dessins ne sont que la mise en oeuvre des 
ordres donnes, dans le DivyAvadftna*, par le Bouddba lui- 

1. Dans Madhyamakavrtti, Abhidharmakoga et ^ik^samaccaya. 

2. J. Beagal As. Soc. LXI, p. 133 (1892), Buddhist Pictorial Wheel 
of Life ; Iiid. Ant. XXII (1893), Note on some Ajantn Pictures; J. H. A. S. 
1894, p. 367. Buddha's Secret from a Sixth Century Pictorial Commen- 
tary and Tibetan tradition ; Laniaism, p. 108. 

3. Ci-dessous, p. 199. ■ 

4. Voir p. 300. Cette r<Sldrence est due a .%!"•• Rhys Davids (alors 
Mi>« Car. Foley) J. R. A. S. 189't, p 389, qui a i>t^ mi*e sur la vote par 
une note de Cowell. — Mais H. Wenzel avail 6l6, je crois, plus circous- 
tancio, voir la « Lettre amicalc », J. P. T. S. 1886, a la stance 8t 
(r«5f6rence au Divya et a Georgi). 



196 CONGRfcS INTErtNATlONAL DES ORIENTALISTES 

meme. A Tinterieur d'un cercle, divise en six secteurs, 
sont representees les six destinees des etres de ce monde 
[kdmaloka) , dieux, asuras, hommes, pretas, animaux et 
damnes. Tout autour, les douze nidanas figures par des 
symboles. Au centre du cercle, ramour, la haine et I'igno- 
rance, — sous I'aspect de la colombe, du serpent et du 
pore, — qui sont les moteurs de la transmigration. Le tout 
est enveloppe dans les grifFes d'un demon grimacant* qui 
est la « fragilite » [anityatd). On ecrira en-dessous les 
deux stances : 

« Mettez-vous en oeuvre, faites effort, attelez-vous a la 
loi du Bouddha... » 

Et cette vivante representation de la doctrine sainte, 
placee a I'entree des monasteres, sera expliquee aux fideles 
par un moine designe pour cet office'. 



1. Un rdksasa d'apres le tibctain. 

2, II faut noter que le Divya ne parle que de cinq destinees ; le cercle 
sera pancagandaka, « divise en cinq secteurs >» (lire plut6t pdnca°). 
Le samsdra, en effet, ne comporte que cinq destinees (paiicagatika) 
d'apres la doctrine du Kathavastu, lequel refute les tenants de la 
doctrine qui en veut six. Toutes les images tibetaioes que j'ai vues 
mettent en scene les Asuras. 

Le Divya indique que ramour doit 6tre represents par la colombe 
(pdrdvata), etc, ; mais il est muet sur la maniere dont sera figure le 
Pralityasamulpada : dvddacdngah pratityasamutpddo'nulomapratiloinah 
kartavyah, « aiiulomupratiloma », c'est-a-dire en prenant la liste de» 
niddnas dans les deux sens. 

Le Divya dit qu'il faut figurer les Stres « de naissance directe n 
[aupapdduka), c'est-a-dire non nes d'une matrice (c'est le cas des damnes, 
des dieux, quelquefois des homines), tombant (c'est-a-dire disparaissant 
d'une existence) et apparaissant (c'est-a-dire naissaut), au raoyeu d'une 
machine a elever I'eau (ghatijantra : waterwheel). — Quelques dessins 
tibStains enveloppent le cercle central, oii sont figures I'amour, la haine 
et I'ignorauce, d'un cercle noir dans la partie de droite, — uii sont 
figures deux personnages entraincs vers le has par un Iroisieme et lies 
par une cordc, — et blanc dans la parlie de gauche, reserv«§e a I'ascension. 

Le Divya ajoute qu'il faut « faire une image du Bouddha montrant le 

cercle du nirvana » {nirvdnamandald). [Lire : buddhapratima upa- 

dar^ayanti kartavya.] Dans la replique tibctainc, le Bouddha montre 



« 



PREMlfeRK SECTION 



<«1 



Par le fait, s'il a eu le merite cl'idenlifi«;r la fresque d'A- 
janta, M. Waddell a ete injiiste pour ses devanciers. II 
y a quelque cent cinqiiante ans que le P6re Georgi, dans 
son Alphabetum tibetanum {Rome, 1762), a public une trfes 
grande reproduction (36X49) du cercle des existences, d'a- 
pres un original, conserve au Musee Borgia (a Velletri et 
depuis a Naples), qui etait lui-mdme une copie par uncer- 
tain Yon-ten-lahu-ri-hab d'un archetype du monast^re de 
Lha-brari, a Lhasa »'. Ces details ont quelque importance, 
car le document de Georgi porte en caractfcres tibetains la 
designation des diverses figures, ^tres et symboles, dont 
il faut nous occuper. Les indications ainsi fournies etant 
tr6s peu satisfaisantes, il est bon de savoir que leur auto- 
rite est de second ordre. 

Les donnees du P. Georgi peuvent 6lre resumees 
comme il suit: 



an cercle qu'on nous dit repK'senter Ic ciel, « Caelos Tibetani Tacuum 
appellant ><. Soil done nam-mkha =: akuca, dlher ou vide. 

M. Waddell nous appreud qu'il y a deux types de bhavacakra. Dans 
le type modcrne un Bodhisattva divin est represente dans chacune des 
gatis ou destinees; en outre « un ou deux symboles des nidanas diflc* 
rent ». 

1. l^e dessin est reproduit, sur uno 6chelle rt'duite, par Paulin de 
Sainl-Barth^lemy dans Systema Brahmanicum, 1796. — M. Foucaux, 
Lalita {Musee Guimet, YI, p. 290), reproduit seuiement la bande ou sont 
figures les nidanas. M. Waddell, semblo-t-il, n'a eu connaissanre des 
susdiles publications que par le livrc de M. Foucaux ; c*est cc qui 
explique les expressions qu'il emploie : « a confused copy of the pic- 
ture *« ... » but, inneithercase (Georgi et Foucaux) with any explanatory 
description of its details ». 

M. le Directeur du Mus^e de Naples in'a icrit u'avoir nulle connais> 
sance de I'original de Georgi. Mais M. le cointe Pulle m'a assure Taroir 
vu k Rome. 

Parnii les bhttvacakras il faut signaler celui publi«* dans le Journal 
Ituddhist Text Society, I, p. 15 (1895). Ce cercle prisente cette particu- 
larity qu'il est carr^. 



198 



C0ISGR6S INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 



Nidinas 

1) ma-rig-pa (avidya) 

intellectu carens 

2) hdu-ces?? (saihjna) 

propensio ad malum, &ine spi- 
ritus vel genius improbus. 

3) kdu-byed (samskara) 

male agere 

4) rnam-par-ces-pa (vijnana) 

symbolum animae 

5) min-dan-gzugs (namarupa) 

nomeo ct corpus 

6) skye-mched-driig (sadayatana) 

cor el sex (?) corporis sensus 

7) reg-pa (sparca) 

tactus 

8) tshor-ha (vedana) 

vis sentiendi 

9) Sred-pa (trsna) 

cupiditas 

10) len-pa (upadana) 
ablatio 

11) skye-ha (jati) 

nativitas vel transmigratio 

12) rgad-ci (jaramararia) 



Symboles 
bajulus. 

viator. 

figulus. 

simia comedens. 

navis et gubernator. 

deserta et imperfecta domus. 

vir et mulier inter amplexus. 

sagitta hominis oculo infixa. 

mulier cervisiae poculum oflerens I 

ascetae. 
mulier fructus ex arbore decer- 

pens. 
conjuges. 



senex monens. 



A premiere vue, il est clair que le n° 2, hdu-ces (r: sariijnA), 
n'a rien a faire ici, et que, d'autre part, le terme hhava 
manque a notre liste. Pour retablir la veritable significa- 
tion des symboles il faut identifier: 1° le viator avec \avi- 
dyd\ 2" le bajulus avec \e jardmarana : c'est un cadavre 
en effet que I'homme porte sur son dos. Les « epoux » ne 
representent pas la naissance {jdti), mais bien le bhavw, et 
le a vieillard mourant » est une fern me [jdti)^. 






1. Le document public dans le J. B. T. S.,tres realiste, ne laisse aucua' 
doute. 

A noter, en passant, les observations du Pere Paulin. II d^montre que] 
toutes ces donndes sont hiudoues et non tibdtaines, ce qui est tres bien;] 
mais, poor y arriver, il u'hesite pas a identilicr len-ba = lobha, duscej 
(= hdu-fes) = du^^a, reg-pa = rati. 



PREMICRE section 199 

Le document Waddell (Sam-yfts) et AjantA nous don- 
nent des variantes'. 

1) avidyA, une chamelle aveugle k AjanVd;un homme 
aveugle, se guidant au moyen d'un bdton (Sam-yiis). 

2) saraskAras : le potier. 

3) vijnftna : le singe. 

4) nAmarupa : un medecin et un malade (AjantA), un 
navire(Sam-yas), dans lequel sont deux personnages, dont 
Tun arme d'un aviron, et un animal (J. P. T. S.}. 

5) $a(lAyatana : un masque humain, une maison vide. 

6) sparca : un homme tenant une charrue, homme et 
femme s'embrassant. 

7) vedanA : la fl^che dans I'oeil. 

8) trsnd : femme olTrant a boire a un homme assis. 

9) up&ddna : homme prenant des fruits et les mettant dans 
une corbeille. 

10) bhava : « a married woman », ou, plutot, une femme 
enceinte. « The Ldmas explain the picture by saying that 
she is the wife of the individual whose life-history is 
being traced »... « It is literally fuller « Becoming » (Bhava), 
— Life as enriched by satisfying the worldly desire of 
home, and as means of obtaining an heir to the wealth 
amassed by Greed ». 

11) jAti : a a parent and child ». — « The eleventh stage or 
link is another of the alleged stumbling — blocks, which, 
however, ceased to present any difficulty in the light of 
the picture and the LAmas' explanation of it >»... « It is the 
Maturing of the man's life by the Birth of an heir, and as a 
result of the married existence of the tenth stage ». 

12) jarAmarana : un cadavre porte au cimetiere. 

Je ne m'attarderai pas ^ discuter Tinterpretation des 
deux avant-derniers nidAnas, fort int^ressante a coup sur 

1. Jc nc cennais la fresque d'Ajantu que par la reprodaction dans 
Waddell, article citd du J. R. A. S. — Le document tibdtain est une 
reprodiR-tiou d'un original conserve au rapnastt^re Sam-Yiks, lequel 
aurait cte apport^ au Tibet au vin* siccle par un moine indien, « Bande 
Ye^he p (ye-ces ?), 



I 



200 congrEs international des orientalistes 

puisqu'elle a cours au Tibet, mais qui me parait renversee 
par cette seule remarque, faite des longtemps, que bhava 
ne peut pas signifier « married life », nijati, « paternite ». 
Je crois qu'on a plus de chance de rencontrer une inter- 
pretation plus autorisee en cherchantdu cote desTantras. 
D'apres le Candamaharosanatantra ', les dix premiers 
termes de la serie appartiennent a T^tre intermediaire, ou 
antardbhava, 6tre qui n'est pas sans analogie avec le 
siiksmacarira^ ou corps subtil, des brahmanes. De ces dix 
termes, les quatre premiers [avidyd^ samskdras, vipidna 
et namarupd) constituent la description, sous le mode evo-Sl 
lutif, de cet etre dont toutes les activites sont necessaire- 
ment potentielles. Par sparga^ ou contact, il faut entendre 
I'entr^e en relation de Vantardbhava avec le couple par 
lequel il doit se reincarner. Le Divya, pour ne nommer que 
ce texte, nous apprend que, pour que I'union soit feconde, il 
faut la presence d'un gandhavva : ce gandharva n'est autre 
que Vantardbhava, comme il resulte du Tantra : « pacyatyj|| 
stripurus^v anuraktau... stripurusau ratau drstvtitiva asya 
(antardbhavasya) tayoh sparca utpadyate. Et quelle que 
soit la nature de ce sparga entre le futur embryon et 
ses generateurs, il nous parait impossible de separer^l 
cette curieuse definition de la non moins curieuse figura- 
tion du sparca dans nos images tibetaines. Par vedand, on 
entend « la sensation » de T^tre intermediaire a la vue de 
ses futurs parents, sa jalousie, suivant son sexe futur, et 
I'etourdissement [yydmoha] qui en resulte (comparer la 
fleche dans I'oeil). Par trsnd, la convoitise a I'egard de la 
mere. Par updddna, la prise de possession de ce que notre 
auteur appelle le sukhakdrana : « l^rAsamkramanavad bhS- 
vipilrciromArgena pravicya tasya cukrSdhisthitam cittam 
adhi§thaya bhSvimEktaraih k^mayantam fttmftnam pacyati 
8ukhak(\ranam upSdadAti,.. » Par Maca, la conception, ^ar- 



I 



1. Voir noire article dans J. R. A. S. 1902, p. 363, et Bartli, Bulletin 
1899-1902, III. 2, p. 13 du tire i part. Critique du systeme d« M. Wad- 
dell, i7»jrf., p. 12. 



fl 



PRKMir^RR SECTION 201 

bhapravega^ figur6 par le couple ou par la femme enceinte 
de nos images : a cukrena samarasibhuya ...pitur vajrAn 
nirgatya m4tuh...kuksaii janmanA(.lyArh sthitah... » 

D'apr^s ce systeme, si absurde soit-il, on comprend la 
repetition de certains termes. La vedand et les autres skan- 
dhas « qui ne sont pas la forme » (ariipin), en tant que 
designes par le terme n(ima, sont distincts de la vedand 
qui provoque immediatement la trmd. 



II 



Du commentaire tantrique, il faut retenir un point impor- 
tant, a s2L\o\v\2L<\ei\m\\onAebhavaz:zgarbhapraveca\no\i% 
allons en effet la retrouver dans des sources d'ordre plus 
grave, qui, comme le Tantra, se heurtent a la difficulte 
extreme que presente ce terme. Qu'est-ce que le bhava? 
M. Oldenberg hesite a le definir : « La soif, — en passant par 
I'intermediaire de 1 attachement [updddna] et de la catego- 
ric, k vrai dire quelque peu vague, de I'existence {bhava)^ 
produit la douleur de la naissance », et ailleurs : n La soil 
et I'attachement ont ceci pour effet que I'Ame, autant qu'il 
est permis d'employer ce terme, n'arrive jamais au terme 
du cours de I'existence, mais reste vou6e a une existence 
ullerieure »'. 

La scolastique nous fournit deux equations. D'apr^s la 
premiere, bhava:=^upapaUibhava, c'est-a-dire renaissance 
ou conception; d'apres hi seconde, bhava •=. karmabhava 
■=. pHiiarbhavajanakakurman^ acte qui engendre la re- 
naissance. Certains docteurs s'en tiennent a celle ci ; Budd- 
iiaghosa tient compte de Tune et de I'autre, ce qui fait que 
son PratityasamutpAda a treize membres. Mais il importe 
peu, ainsi qu'on va le voir. 

1. M. Oldenberg sc rcncontro avec Nugnrjuna-Caodrakirti \yo ky anul- 
p&ditavedandtnnah pratisainkhydnabalena trfndm asvtkun-amc eaturvid- 
ham upddthuim pratih&ya... syild hi yndy anupdddno mucyeto S4t tadd' 
nini tasya na hhaved /!>Aav'0/t (Madliyamakavrlli, XXVI. 7. 



202 C0NGR£S international DES ORIENTALISTES 

Voici comment il fautraisonner. Les termes du Pratitya- 
samutpAda appartiennent a. Tune de ces trois categories 
[vartmariy vatta) : kleca, karman, vipAka : robscurcissement 
et la passion {kleca) provoquent un acte [karman) dont les 
fruits murissent {vipdka)', le plus remarquable etant Ja 
continuation de I'existence ou de la soufFrance. 

Ceci pose, la premiere categoric comprend Vavidya (!),■ 
la trsnd (VIII) et Vupdddna (IX). 

La seconde, les samskdras (II) et le hhava (X), d'apres 
cette definition ci-dessus rappelee, « acte qui engendre la! 
renaissance » ; ou, pour ceux qui, comme Buddhaghosa 
donnent au terme hhava une double valeur, « cette partie 
du hhava qu'on appelle karmabhava^ «. \ 

Tous les autres niddnas constituent la categoric dite du 
vipdka'y la source meridionale ajoute « cette partie du 
hhava qui est V upapattlhhava y>^. 

A cette distinction des « categories » se superpose la 
distinction des kdndas : la tige du Pratityasamutp^da est 1 
divisee en trois parties {trikdndaka). 

La premiere appartient a la vie anterieure, la seconde a 
la vie presente, la troisi^me a la vie future. Toute existence, MM 
en theorie, etant resultante et generatrice, comprend dix ■■ 
termes, a savoir cinq fruits et cinq causes; mais, ici, on 
considerera le passe en tant que cause, et I'avenir entant 
qu'effet. 

Le pas86 est resume dans les deux premiers niddnas 
[avidyd, samskdras) par lesquels sont implicitement in- 
diques les trois autres elements dits « -causes », k savoir 
trsnd, updddna^ hhava. 

Le present comporte cinq fruits qui tous sont nommes, 
vijhdna^ ndmarupa, saddyatana, sparga^ vedand, et cinq 
causes dont les trois dernieres seules sont mentionnees. 



1. vipdkavartman ou duhkhavartman. 

2. kammahhavasamkhdto bhavekadeso. 

3. upapattibhavekadeso avasesd ca khandhd vipdkavattam (Abhidham- 
masamgaha). 



PRKMI£RK section 203 

tr?nd^ upfhMna., bhava : il faut les faire pr6c6der de Vavi- 
dya el des saihskaras. 

Quant a I'avenir, en tant que fruit, il comporte nature!- 
lement I'exislence consciente que caract^risent les termes 
ci-dessus employes, vijhdna... vedand. Les « termes » jdti 
jaramana ', les r^sument en langage vulgaire et en mar- 
quent nettement le carart^re douloureux qu'accentuent 
encore les termes accessoires diihkha, daurmanasya, 
updydsas, qui sont les fruits secondaires {nisyandaphala) 
de I'acte qui a pour fruit essentiel la renaissance. 

Cette exegese, developpee dans I'Abhidharmakoga, dans 
le Yisuddhimagga', dans rAbhidhammasamgaha, etdont 
on retrouve les lineaments dans plusieurs ouvrages, par 
exemple dans le Dacabhumaka' et dans le PratityasamutpA- 
dahrdaya*, attribu6 a NAgdrjuna, cette ex6g6se, disons- 
nous, n'a pas plus de chance d'etre contemporaine du 
Bouddha que celle du Tantra ou celle des Lamas de 
M. Waddell. Elle a, parmi beaucoup d'autres, ce merite 
de montrer avec quelle liberte la scolastique s'attaque aux 
formules les plus saintes, etaussi, parfois, avec quel bon- 
heur. 

1. andgate 'dhvani phnlaiii samksiptam dvidhd (Abhidh. k. ▼.). 

2. Voir Warren, Buddhism in Translations. 

3. Fragments dans ^iksas., p. 228, I', et BodhicaryaTalarapafijika, 
IX, 1, ad Guem. 

'i. Tandjour, Mdo XVII, fol. 165 b. 



NOTES DE PALEOGRA.PHIE INDIENNE 



J. KIRSTE 



4HI 



Dans les manuscrits Jainas datantdu xv^ auxvii* siecle', 
on rencontre des formes particuli^res de plusieurs lettres 
qui, a monavis, meritent un examen special, parce qu'elles 
nous montrent le chemin qu'a suivi le developpement de 
I'ecriture DevanSgari. 

I 

3 et 3 

Une des particularites qui attire tout de suite I'attention 
est le signe du h guttural, absolument identique a celui du 
rf cerebral, vu que le point quile distingue de ce dernier y 
manque. Dans un texte Sanskrit cela ne tire pas a conse- 
quence, car la nasale gutturale y est ordinairement suivie 
d'une occlusive gutturale, excepte dans des mots assez 
rares tels que pratyaii, et des termes techniques tels que 
iias^id; puisqu'on eprouvait plus tard le besoin distinguer 
les deux lettres et puisque chacune d 'oUes avail son signe 
special dans Talphabet le plus ancien que nous connais- 
sons, le problfeme se presente de la maniere suivante : 

Par quelles etapes intermediaires deux lettres d'abord 
distinctes se sont-elles confondues en une seule forme, 
et comment furent-elles differenciees de nouveau ? On 
pent figurer cetle evolution par le diagramme ci-joint : 

(1 ^ ^7 

1. Dont je me suis scrvi pour nics editions de plusieurs ouvrages de 
Hemacandra. 



I 



CltKMif:Kb SKCTIUN SH 

La plusancienne forme du n se trouve sur un des pi> 
liers qui furent elev6s siiivant la tradition par As^oka a 
droite et u gauche de la promenade arpent^e par Buddha 
k Mahdbodhi Gayd pendant la premiere semaine apres son 
illumination ; c'est £^ (Biihler, On the origin of the Indian 
Brahma Alphabet^ 2** ed., Strassburg, 1898, p. 31). Cette 
forme ressemble assez bien, corame nous fait observer 
Biihler, k celle des inscriptions des rois Ku$ana, i"' et 
11*^ si^cles apres J.-C, reproduite par lui sur la planche III, 
qui accompagne V/ndische Palaeographie, a savoir : 

Lettre 10, colonne IV : Sm > "gha, 
Lettre 40, colonne III : ^ , iiga. 

Notons toutefois la tendance de la barre inf^rieure a se 
courber en bas, tendance qui s'accentue de plus en plus, 
jusqu'a ce que nous obtenions un paraphe tourne a gauche, 

deja visible dans la ligature ^ , iiga, relevee par Biihler 
{Ind. Pal., pi. V, lettre 14, colonne I) dans la Baijnath- 
Prasasti, 804 apres J.-C ; car le trait en question ne peut 
pas faire partie de I'occlusive suivante, vu qu'ildepasse la 
barre gauche de cette derniere. Ce paraphe manque chez 
le premier n de la ligature ^, /m, des manuscrits Jainas, 
tandis qu'il est compl^tement developpe dans le second. 
D'ailleurs les formes successives duy nous fournissent 
un autre exemple de cet appendice. La plus ancienne 
forme de cette lettre ressemble k un e grec, et est encore 
reconnaissable dans la partie superieure de la ligature 
Jaina Q", jjh, si i'on en retranche le « cadre » T, tandis 

(ju'eile est deja defiguree dans la ligature ^,yya, repro- 
duite par Biihler (pi. VI, lettre 49, col. XVI) d'apres un 
munuscrit du xi" si6cle et lue faussement yy par Weber 
[Abhandl. d. preiiss. Ak. d. Wiss., Berlin, 18G5, p. 388). 
On n'a qu'a parcourirles colonnes de la planche IV, lettre 
14 de VIndische Palaeographie pour voir comment la barre 
inferieure de Tancien E a pris un paraphe a gauche, et 



I 



206 CONGRflS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

comment un epsilon a pu aboutir ainsi a la figure ^ des 
manuscrits Jainas, avant de devenir le moderne sT, dans 
lequel les deux tiers inferieurs du trait vertical represen- 
tent la barre horizontale du milieu de la lettre primitive. 
Apres avoir expose les transformations de la nasale 
gutturale devenue identique a la moyenne cerebrale mo- »■ 
derne, passons a I'histoire de cette derniere. Elle est sor- '^l 
tie, comme le dit Biihler {Pal., p. 14, B^), de la moyenne 
dentale <J par le retranchement du trait vertical inferieur, 
et prend ainsi d'abord la forme QJ', qui avec le paraphe, 
dontnous venons de parler, aboutit a la forme moderne 3 
Tout serait done dit, s'il n'y avait a c6te de celle-ci dans les 

manuscrits Jainas trois autres formes, a savoir S ^ *7 ', 
qui, tout en etant tres rapprochees Tune de I'autre et de 
^ , rapporte par Biihler (pi. V, lettre 22, col. XVI) d'une i|| 
inscription du xi® siecle, semblentdifficilement s'accorder 
avec le 3" ordinaire, quoique Biihler (Pal., p, 54, *') les 
traite comme des variantes du meme type. Or, si nous pre- 
nons en consideration que le d est un d mutile, et qu'il y 
a deux, ou, pour mieux dire, quatre types primitifs de ce 

dernier, a savoir : ^J ^ J^ ^I (Biihler, Pal., p. 12, tableau 
comparatif, lettre 4, colonne VI), on admettra, je suppose, 
que les trois d Jainas, dont nous venons de parler, re- 
montent au deuxieme et troisieme types. 

Mais pourquoi les scribes ayant ainsi sous la main une 
figure tres caracteristique du d I'ont-ils delaissee dans la 

1. En comparant les deux figures on se convainc facilement que le re- 
tranchement a lui seul ne suffit pas a expliquer la seconde, car le demi- 
cercle de la premiere y est reraplace par une ligne anguleuse. L'exaraen 
de cette circonstance, qui ne pent etre separe de la question de I'origine 
des dentales en gdn^ral m'entrainerait trop loin. Je me propose d'y re* 
venir dans un article, par lequel j'espere pouvoir prouver que I'alphabct 
Brahmi ne derive pas d'un alphabet semitiquo du uord, coinmc le veut 
Biihler (Pal., p. 11), mais du sud (v. Fr. Miiller, Melanges ffarlez, p. 122 

sqq-)- 

2. Weber {Verz. d. Skr. Hdschrft. d. k. Bibl., Berlin, 1886, II. Bd. 1. 
Abth., p. 214, n. 3) en mentionne une. 



I'REMlfeKE SECTION 107 

suile et donn^ la pr^f^rence a celle qui ^tait dcvenue 
idcntique au fi guttural'? A cette question je ne trouve 
qu'une seule reponse : c'est runiformite qui eo r^sultait 
pour le trac6 des quatre occlusives c^rebrales. 

En efTet Taspiree sourde 7, est sortie du th dental 
par la suppression du point, et le scindement du cercle en 
deux donna la tenue C. Tous les deux, qui, comme I'ob- 
serve Hiihler [On the origin, etc., p. 73), sont tr6s souvent 
plus petits que les autres lettres dans les ^dits d'Asoka, 
furent plus tard attaches a la ligne horizontale, qui lie 
les caractcresjdans I'ecriture DevanAgari, par un petit trait 
vertical^ et nous obtenons ainsi 5 et ^, formes qu'on 
rencontre encore dans les manuscrits Jainas. Puis Taspiree 
sonore fut derivee de la moyenne tournee a gauche ^ 
(Biihler, Pal., p. 15*). On voit que ces trois lettres com- 
mencent par un trait vertical qui tourne a gauche, ainsi que 
le 7, tandis que les formes Jainas du d tournent k droite. 
Ces dernieres ressemblent, pour le dire en passant, dans 
beaucoup d'inscriptions et de manuscrits aux formes qu'af- 
fecte le n avant de devenir le ^ Devanftgari ; — il suffit 
pour sen convaincre de parcourir les colonnes des 
planches V, lettres 22 et 29; VI, lettres 27 et 34 de 17w- 
dische Palaeographie — mais je doute que la confusion qui 
k la longue aurait pu en resulter, car dans le mdme docu- 
ment les deux lettres ne sont jamais identiques a ce que je 
vois, ait induit les scribes a se servir de I'autre forrae, qui 
d'ailleurs ^tait sujette au m^me inconvenient. 

11 importait done de separer le 3 representant le h gut- 
tural du 7 representant le d cerebral. 

On la fait en ajoutant un point a droite de la premiere 
lettre. Qu'est-ce que ce point, qu'on rencontre pour la pre- 
miere fois sur une plaque datant de I'an 1042? Biihler 

1. Je rof^rellc de ra'ctrc conformt' daus ine9 editions de I'Unadi-sAtra, 
et du Dliiitupatha de Hcmacaudra au proct'de de Weber ( V'tfrs. d. Sir. 
Hdschrfl., 1. c.) au lieu de suivre I'avis de M. Franke {Hem. Ling. 
GuUiugcn, 1886, p. 74) qui, avcc raisoo, oc Toit dans le 3 qu'uoe graphie 
particuiiere du 3* 



I 



208 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

(Pal.y p. 54') y voit le petit trait qui termine la barre hori- 
zontale superieure qu'on aurait detache du corps de la lettre 
pour I'ajouter de nouveau separement en guise de point*. 
Mais dans les deux premiers exemples qu'il cite a I'appui 
de sa supposition ce trait represente IVHong, et de plus la 
figure de notre lettre donnee par lui a la planche V, lettre 
14, col. XIX, dans laquelle le point est remplace par un 
petit rond, me semble indiquer une autre origine. 

Avant I'invention du Virama, et encore apres, les con 
sonnes depourvues de voyelle sont faites plus petites que 
les autres et mutilees en haut, de sorte que le m se reduit 
a un petit rond ou a un point (Biihler, On the origin, etc., 
p. 75), ce qui explique la figure \ , composee du jn et du 
VirSma des inscriptions (voir p. e. pi. V, lettre 38, col^fl 
XIX) et des manuscrits (voir p. e. pi. VI, lettre 15, col. X) 
servant d'Anusv^ra, et de •< designant la nasalisation 
dans la Taitt. SariihitA (voir Whitney, Taitt. Prat., p. 69). 
Quant a la derniere forme le demi-cercle represente pro- 
bablement les deux cornes de la forme primitive du m 8, 
vu qu'elles sont placees au dessous du cercle dans le m 
renversede Bhattiprolu (pi. II, lettre 32, col. XIII-XV), et 
que nous trouvons dans Tecriture Kharosthi la figure •^^ 
(pi. 1, lettre 29, col. VIII), dans laquelle il semble bien 
que la courbe corresponde aux cornes et le point au 
corps de la lettre br^hmi. Peut-^tre pourrait-on m6me al- 
leguer la forme « scindee » que prend quelquefois I'Anus- 
vdra dans cet alphabet, p. e. dans /\, (pi. I, lettre 30, col. V) 
yain, en faveur de I'hypoth^se que les cornes delacliees 
du point et separees Tune de I'autre marquent la nasalite; 
mais pour voir clair dans ces questions delicates il faudrait 
etudier I'alphabet Kharosthi dans son ensemble. Quoi qu'il 
en soit, le fait est certain qu'un pointplace d'abord a droite, 
puis plus tard au-dessus de la consonne servait a exprimer 
la nasalite, et c'est pour (^ette raison qu'a mon avis il fut 
choisi par les Brahmanes a distinguer la nasale gutturale 
de la moyenne cerebrale. 

1. Biihler, Pal., p. 54, H), »5) et pi. IV, lelt'res 25, 26, col. XV. 



i'REMI^.RK SKCTrON 309 



II 



La plus ancienne forme de <;otte lellre 6 s'est transfor- 
mee dans les manuscrits Jainas en O ou (sJ , c'est-a-dire 
qu'aprfes avoir coupe la ligne verticale en deux, on dessinait 
d'abord le rond avec la barre transversale et on ajoutait 
ensuite le morceau de la verticale (jui etait reste. La der- 
niere forme ressemble alors beaucoup k un 5r, b, de sorte 
qu'il estquelquefois difficile de distinguer les deux lettres 
(Weber, Ahhandl., etc., p. 384). Quand la tenue venail s'a- 

jouter ii I'aspiree, cela donnait ^ ou ^ , ligature un peu 
compiiquee qu'on cherchait bientot a simplifier. On y reus- 
sissait en joignant la barre horizontale du c a la ligne ver- 
ticale la oil celle-ci louchait le rond, et en commencant le 
trace en bas par la barre transversale. On obtint ainsi une 
esp^ce de 8 ferme a droite et suspendu en haul, comme 
ceci : ^. 11 est facile de voir que la forme moderne de 
I'aspiree contient les mSmes elements que les trois liga- 
tures Jainas, en d'autres mots que ce n'est pas une con- 
sonne simple, mais I'alliance de la tenue et de Taspir^e, 
alliance qu'elle represente done avec raison dans les ma- 
nuscrits. G'est pour cela queje ne peux partager I'avis de 
M. Wackernagel {Altirid. Grnrnm., § 133) qui blAme cette 
orthographe comme etant une negligence. G'est au con- 
traire la ligature moderne ^, qui serait a r6primander, 
parce qu'elle contient deux c. Mais on etait bien oblige 
d'avoir recours a cet expedient, le ch simple, consonne 
assez rare dans la phrase courante, ayant disparu de I'al- 
phabel et le continuateur du groupe ech ressemblant pour 
I'ocil inexperimente des scribes ^ une consonne simple. 



14 



ON THE ALPHABET 
OF THE KHAROSml DOCUMENTS 

DISCOVERED BY D^'StEIN AT NlYA IN CHINESE TURKESTAN 

BY 

E. J. RAPSON, M. A. 

Of the British Museum, 
Professor of Sanskrit at Uniyersity College, London. 



The Kharosthi inscriptions on wood and leather, which 
were discovered by D*" M. A. Stein at Niya in the Taklama- 
kan Desert, have been described by him in his Prelimi- 
nary Report (London, 1901). These documents have been 
temporarily deposited in the British Museum ; and I have, 
therefore, during the last three years, had every opportu- 
nity of studying them at first hand. Unfortunately, the 
time which I have been able to spare from my ordinary 
duties at the British Museum, at University College and 
elsewhere, has been necessarily limited; and the progress 
which 1 have been able to make in the decipherment and 
interpretation of these documents has been by no means 
so great as I could wish. 

In all, I have made transcriptions, more or less satisfac- 
tory, of some one hundred and twenty inscriptions; but it 
must be confessed, I fear, that there is scarcely one of 
these in which there do not still remain difficulties, of 
which, as yet, I have failed to find any satisfactory solution. 

For such progress as I have been able to make 1 am in- 
debted, in a very great measure, to the kind help of friends. 
D' Stein's knowledge and insight were always at my service 
so long as he remained in this country ; and I am infinitely 



premi(:re section sii 

indebted to M. Senart and to M. I'abbe Beyer, who have 
most carefully collated many of my transcriptions with the 
original documents. To these and to the other scholars 
who have so generously given me the benefit of their assis- 
tance and advice, I wish to tender ray best acknowledge- 
ments in that spirit of gratitude which, I feel, may very 
fittingly be defined as a lively sense of favours to come. 

The object of the present paper is to put on record such 
results as may fairly be regarded as permanent accessions 
to our knowledge, whether of Kharo§^hl generally or of 
that particular form of Kharostht which prevailed in Central 
Asia. I have said little about the epigraphical puzzles 
which still remain to be solved, as, in regard to most of 
these, I feel that at present I could contribute little that is 
useful or enlightening to the discussion. 

For the decipherment as well as for the interpretation of 
the Kharo$thi documents discovered by D' Stein, our chief 
source of help lies in the version of the Dhammapada con- 
tained in the Kharo$thl Ms. Dutreuil de Rhins, the French 
portion of which was edited by M. Senart in the Journal 
Asiatique, for 1898 (vol. XII), pp. 193 ff.'. 

In the following pages, I propose to discuss such points 
of interest connected with the Kharo§lhi alphabet of 
D' Stein's documents as present themselves when we 
compare it with that of the Ms. D. d. Rh., the inscriptions 
on stone or bronze, and the coins. 



Vowels. 

A. J) 1. d is occasionally represented by an obli(|ue 
stroke, in appearance like the viraina of the Ndgari alpha- 
bet, written beneath the letter to which it belongs. In- 
stances occur in the lithographed plate which accompanies 



I. I refer to this work us MS. L). d. Hh. and quote the pageti of the 
tirage a part, as well as those of the JA. 



212 CONGRfiS INTERNAtlONAL DES ORIENTALISTES 

this paper, as e. g. ; subhdmbhasa (in XVI, 12, A. line 1*; 
PI. la); dully ay a (I. 104 + 16 line 2 ; PI. 1 b) ; vyavahdra 
(XV. 318, line 2; PI. 1 c). 

Besides these instances, 1 have noted in other docu- 
ments : — kdramnay karunya, kdrya, kdlammi, gdsa 
{tor ghdsa)y duddna, ndsti, mahdrdya, mdsa, ydti, ydna, 
vdrakdya\ also priyabhratardsya and Somjahdsa. If the 
last two forms are correct, they must be examples of the 
gen. sg. in -dsya and -dsa which, as D" Pischel has poin- 
ted out (Prakrit Grammar § 63) is represented by the Mg. 
gen. sg. in -dha. As will be seen below, the coins seem to 
afford further examples of this genitive singular. 

While there can be no doubt that the -d is occasionally 
thus indicated in the Niya documents, it is certain that it is 
more usually neglected as in other Kharosthi inscriptions. 

There is, I think, one almost certain example also in 
the Ms. D. d. Rh. On. p. 53 (:::: JA. p. 245). Plate B. line 
32, M. Senart calls attention to the oblique stroke which 
is seen beneath the final -ma of bhayadasima =: Pali 
bhayadassivd. The -d seems to be required in this case. 

The history of the views entertained by scholars as to 
the existence or non-existence of a vowel-sign for -d in the 
Kharosthi alphabet is somewhat curious. It is well known 
that a dot often appears in the Kharosthi coin-legends of 
the Graeco-Indian princes. The numismatists, who were 
the first decipherers of the Kharosthi alphabet, suppos- 
ing that this dot could not be entirely without phonetic 
value, assigned to it, with more or less hesitation, the value 
of -rt in every case. The result of this procedure was to fill 
the numismatic works, such as Sir Alexander Gunning- 
ham's « Goins of the Successors of Alexander the Great » 
and Prof. Gardner's British Museum Catalogue of the 
« Coins of the Greek and Scythic Kings of Bactria and 



1. These references are to the index-numbers of the documents in 
D'' Stein's collection. I have thought it right to gi^e such references even 
in cases in which the documents referred to are not yet publieshed. 







PREJ 


4I^.RE SKCTION 




lot. 


^ oJ&K. A-> Mi&^Oki>«K 




fetr. Vl0 t oJcAieil> . 






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Ic. 


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S. 


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Q. dLeu-<'^oL.-Txok»au , 






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3». 


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lo(r. -&«jtar«»W-»-«.ot . 








a»u. 


J>^^ 


lOtr 


X. 


.G^K^tJ-otW c^-or oiw . 




IIOL. *0».->-V.«L.'»*rv'»'»x,O»_ . 






^^Xj? 


J*.- 


^^i^ 


IIOL 


5*. 


<-to oiwClvio.-rv.o.-nrx.'vrtA. 




II G-. '>8rVOL.'>rvr>-«-._^OC 






tjY-0^ 


5a.. 


{Jl.-^ 


n(. 


ecr. 


ei OL.<.K^t-<^ Ni oi_^ . 




l!2«i. bokJfcOL. . 






AJ/^^ 


5G-. 


%y 


12.* 


&<x. 




C>A 




lit-. 



213 



^e*3?^ 



214 CONGRES international DES ORIENTALISTES 

India », with forms which could by no means be accepted by 
the linguistic scholars. The result was a violent reaction, 
and a total denial of the existence of a vowel-mark for -« in 
Kharosthi. 

Now that such a vowel mark can be shown to have been 
occasionally used, the question suggests itself whether 
the numismatists, though doubtless greatly erring, may 
not have stumbled on a half truth. An ejcamination of the 
coins has led me to the following considerations ; — 

(1) Some of the mistaken forms which appear in the 
British Museum Catalogue may be explained as possibly 
due to a confusion between the short line which represents 
-a and the small curve which represents anusvdra. The 
space available for a coin-legend is so exiguous, that both 
line and curve are apt to appear as little more than a dot. 
Bearing this fact in mind, we can have no hesitation in cor- 
recting Prof. Gardner's readings /w«/irt^«5« (Plates XIV, 4; 
XVI, 8; XVIII. 2; etc.) and mahdtakasa (PI. XXII, 2) to 
mahamtasaain6. mahamtakasa^ on the analogy of y«3/«m- 
tasa (PL XIV, 5) in which the curve is quite distinct and 
which is correctly read by Prof. Gardner (p. 60). 

(2) The value -a would be quite satisfactory, or might 
be defended, in a number of the remaining instances in 
which the dot appears ; e. g. in the second syllable of 
mahdraja [passim) ; trdddrasa = trdtuh (PI. XI, 7 and 8) ; 
m devatd {V\. VI, 8) yra^dtirajasa [PI. XIX, 6); possibly 
bhratrd for bhrdtd (PI. XXII, 1; the reading brahd is cer- 
tainly incorrect); and in the genitives MenadrAsa (PI. XI, 
8), Epadrdsa (PI. XTI, 8) and Spalahoraputrdsa (PI. XXI, 
10), ii we are to regard the forms mentioned above (p. ) 
as possible and not merely due to a mistake of the scribe. 
Further, there would seem to be nothing impossible in 
such Indianised forms of Greek names as Evukrdlidasa 
(PI. VI, 3) and Amtimdkhasa (PI. XIII, 3). 

(3) The chief difficulty in attributing any significant value 
to the dot, occurs in i\\e first syllable of the title maharaja. 
It seems scarcely probable, even though it may be possible, 



premi(:rr section 215 

that this syllable should be either mam- or mrU. Further 
difficulties would be found in explaining the dot in the first 
syllable o{ jayadharasa on some coins ofEpander, and in 
the fourth syllable o{ apadihalasa (PI. VIII, 5). 

But it will be seen that the difficulties in interpreting 
the dot as significant are reduced to very narrow limits. 
It appears to be extremely probable that the sign for a- is 
actually found on the coins as on some of D' Stein's docu- 
ments ; and further that, if we suppose with Biihler * that 
the particular dot which is seen beneath ma is a morpho- 
logical survival from the Semitic mem and has no phonetic 
value, other occurrences of the dot in the coin-legends 
may, with very few exceptions, be explained as either a/zu- 
svdra or -a. 

U. § 2. — The vowel-sign for -u is regularly a loop 
at the base of a letter, if the form of the letter readily ad- 
mits of such an addition [cf. su in PI. 1 a, and du in PI. 
1 b). Such an addition is not, however, easy in the case of 
two letters of the KharosthJ alphabet, ma and ha; and, in 
these cases, special expedients are usually employed. For 
the form mu, which frequently occurs in these documents, 
V. M. Senart's note on MS. D. d. Rh., p. 42 {= JA. p. 234). For 
an instance in which u seems to be joined to k in the form 
of the usual loop. v. ibid. p. 53 (=zJA. p. 245). As a general 
rule, however, the u in hu would seem to be expressed by 
a small curved line attached to the base on the left {e. g. 
bahu (passim), PI. 2 a). This makes the distinction between 
hu and ho often difficult : but the general rule may be laid 
down that -u is represented by a curved line and -o by a 
straight line. M. Senart has called attention to the fact that 
in the MS. D. d. Rh., o often = a after h (p. 24 = JA. p. 216). 
It is possible that, in many of these cases, -u may be ac- 
tually intended. 

Another difficulty presents itself when -urn has to be re- 

1. « The Kharo$thi loscriptioDB on the Indo-Grecian Coias 9(WZKM, 
VllI, p. 194). 



216 CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

presented. In such cases, the vowel-sign seems, as in the 
case of huy to be represented by the short curve to the left, 
while the anusvdra is written in the usual way (e. g. 
pumna = ^ki. punya, XV, 166, line 2; PI. 2 b). For this 
explanation of a character which was at first somewhat 
puzzling I am indebted to M. Senart. 

R. §3. — No example of initial ;• has been noticed : but 
medial r is regularly represented by. a zig-zag stroke, 
which is either written across the stem of the letter to 
which it is attached, or beneath the letter if it has no 
stem : e. g. [vrdhi^ IV, 139 line 3; PI. 3 a; mrtagd, p, IV, 
line 1 ; PI. 3 b). As might be expected in Prakrit, ;• is oiten 
replaced by rt or ru. Thus we find, for example hoih grha 
(I. 105, B. 1. 1) and griha (XV, 114, L. 5). 

G'. § 4. — A modified form of ga, here transliterated §•'«, 
appears very frequently in these documents. As a rule it 
represents the formative suffix -ka and not the ga of the 
root or stem of a word (e. g. bhatarag' a [passim] ; PI. 4). 
This rule is, however, not without exceptions, andg« and 
g'a. sometimes interchange. The form occurs on coins, e. g. 
on those of Azas and Aspavarman in the word strateg'a {v. 
Gardner, B. M. Cat., Greek and Scythic Kings, p. 91. PI. 
XX. 2) : also in inscriptions (e. g. on the Wardak Vase). It 
is found in several instances in the MS. D. d. Rh. (p. 32 =r 
JA. p. 224 sagd — sahgha : p. 37=:JA. p. 229 sa^a — 
saiiga : p. 56:=JA. p. 2^S sag' adhio ^^ sangdtika : p. 74=: 
J A. p. 266 sag^amuz=isahgrdme). It may be noticed that in 
all these cases a nasal is present, and it may well be asked 
if, in the MS. D. d. Rh., this character does not represent 
nga. It is, however, certain that no such limitation of its use 
is found in the Niya documents. 

CH.andCH'.§5. — AsintheMS. D. d. Rh., there are two 
forms oicha, one of which I distinguish by a dash. These 
two forms are, I believe, never confused. Thus cha inva- 
riably occurs in isacchunammi [v. PI. 5 a), and ch'a inva- 
riably in the verbal bases gach'a « to go » [v. PI. 5 b gach'i- 
syati), ichd « to wish » etc. I cannot at present explain this 



PREMIER R SECTION 211 

dislinction. Is it possible that one of the forms may be a 
palatal sibilant such as is found in Tibetan? Etymologically, 
cha often represents Skt. ksa^ and ch'a Skt. ccha. 

y . § — 6, Ja has the modified form with a foot, which ap- 
pears also on coins. This character, here denoted hy fa 
seems to have three uses in these documents : (1) — as on 
the coins, it sometimes interchanges with the ordinary 
ja : (2) = ca {e. g. yajetiz=. Skt. ycicati. IV. 136. A. line 5 ; 
PI. a) : (3)nz6'a (e. g. koj'ala = Skt. kausalya^ XVI. 12. A. 
line 1 ; PI. 6 b) : In all these instances it may possibly re- 
present the substitution of a sound like the Frenchy for the 
Skt. y'rt, ca and m\ cf. the Tibetan soft palatal. 

p. § 7. — Da has also a by-form with a foot, which it may 
be advisable for the present to distinguish from the other 
form by means of a dash^ although no difference in 
their respective uses has, as yet, been observed [e. g. 
pimda. PI. 7 a : prahud'a = Skt. prabhrla IV. 106; 
PI.' 7 b). 

DH. § 8. — I am not certain whether I have found this 
form or not. It may be expected to be the form found in 
the MS. D.d. Rh.. Such a characterwouldbe especially liable 
in these documents to confusion with -cfl. Its rarity in these 
documents — if, indeed, it does exist — may be due to 
the general tendency in this dialect to substitute unaspi- 
rated for aspirated mediae. 

T. D. § 9. — There is often no possible doubt as to the 
distinction between these two forms; but, in other cases, 
especially when they are accompanied by vowel-signs or 
form the first element in a compound consonant, there is 
the greatest possibility of confusion. This confusion in the 
representation of tenuis and media seems to reflect an ac- 
tual fact in the language, where they are apparently some- 
times used quite indifferently. 

PH. BH. § 10. ■— The two forms of bha which M. Senart 
finds in the MS. D. d. Rh. occur here also. 

At present, I call one of these forms pha — the form 
which occurs on the coins in the name of Gondophares, 



218 CONGRtS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

and which D'^ Franke proposes to call /a'. As yet, I have 
failed to find a pha of the more usual form in these docu- 
ments. 

Nasals. §. H . — It is possible that the guttural nasal may 
occur as the first element in some of the strange groups of 
consonants in the un-lndian proper names which are so 
characteristic of these inscriptions (e. g. Mamhg'aya (?). 
IV. 136, A. line 5; PI. 8). 

At present, I am doubtful whether or not a distinction is 
observed between na and na. 

Semi-vowels. § 12. — ^ at the beginning of a compound 
aksara is regularly represented by a loop in the stem of 
the letter to which it is prefixed (e. g. darsana. XVI, 12, 
13, line i et passim; PI. 9). In the case of a letter which has 
no stem, e. g. ma, it seems probable that the prefixed /■ is in- 
dicated by a short curved stroke above the letter. This cur- 
ved stroke is sometimes liable to be confused with the 
straight stroke which indicates a double consonant; and 
it is not always easy to decide whether, for instance, ma 
with a stroke above it is to be read as -rma or -mma. [v. 
inf. § 17). 

V' § 13. — A by-form of va, made by the addition of a foot 
and here distinguished by a dash, is of particular interest. 
The two forms are usually kept separate, e. g. the -ve 
= -paya of the causal stem is regularly written with -v'e 
e. g. vimhav'eti — vijhdpayati {passim; PI. 10, a), and the 
same character is used also in certain words, e. g. suv'ania 
(N. 116, IV line : PI. 10, b), where it is equivalent to the 
Skt. va. The two forms, however, occasionally interchange, 
e. g. avamicae. = Skt. apamitydya « as a debt », is written 
usually with -v'a but sometimes also with -va. 

The discovery of this modified form of va not only facili- 
tates the reading of the Niya documents, as the character 
was formerly liable to be transcribed as tra or vra or ha 
with unsatisfactory results, but it solves a numismatic dif- 
ficulty. 

1. Pali und Sanskrit, p. 111. 



PREMIERE SECTION 219 

The genitive of the name of the Kusana monarch who 
has usually been called Ooemo-, or Wema-, or Hima- Kad- 
phises, occurs on the coins, .according to the Brit. Mus. 
Catalogue, as Himakapisasa ; but Prol. Gardner (p. 124, 
Note) truly observes that the first ahsara « looks on the 
coins rather like tri or dri than hi. » This ahsara is, in 
fact, the t/f of D' Stein's documents. The form Hima- 
which I used in my « Indian Coins » must therefore be 
abandoned. After all, Cunningham's H^c/wa- is nearer to 
the truth. This affords another instance in support of the 
observation which has been made, that this great Indian 
archaeologist seemed to be guided by a sort of instinct, 
which often led him to a right conclusion even when he 
arrived at it by the wrong way. 

With regard to the name in question, 1 cannot help 
thinking that an explanation of the fourth ahsara, which 
M'. A. V. Bergny was good enough to communicate to me, 
must be the correct one. He supposes that this character, 
which Biihler leaves unexplained [Ind. Pal. Taf. I.) must 
be a combination of phi with th added crossways to the 
stem. The genitive of the name, therefore, probably appears 
in Kharosthi as V imakaphtrisasa, or, perhaps, if we may 
be guided by the Greek transliteration, "kathphisasa. 

Sibilants. § 14. — All three sibilants are found, though 
the use of the palatal and lingual sibilants is widely different 
from that of Sanskrit. 

AnusvAra. § 15. — Aiiusvdra is regularly indicated by a 
curve to the right in the stem of a letter, if it has a stem ; 
but, if the letter has no stem, as in the case of ta, ma and 
ha, anusvara takes the form of a crescent — no doubt 
originally the letter ma — placed beneath the letter [e. g, 
sunamma [passim). PI. 11 a : mamnusa [passim). Pi. 11 b). 

In the case of letters with stems there is a general ten 
dency in writing to bend the stem to the left, and it is, 
therefore, not always easy to decide whether anusvdra is 
intended or not. 

Nasalisation. ^. 16. — A very noticeable feature in this 



220 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

script is the regular announcement of a coming nasal by 
anusvdra added to the previous syllable. This is so cons- 
tantly the case, that the representation of «wM5t^«r« in this 
position may be said to be the rule, and its omission the 
exception. Thus ganana is usually written as ^amnamna, 
and iidma as namma {cf. PI. 2 b, 5 a, 8, 10 a, 11 a and 11 b). 
This characteristic of the script sometimes supplies us with 
a most useful clue when the doubt ari-ses whether a com- 
pound syllable in the middle of a word begins with a nasal 
or not. The curious compound letter msa (for which v. 
M. Senart'snote in Ms. D. d Rh. p. 55) which occurs in the 
very common word amsa, is shown to begin with a 
nasal by the fact that the first syllable is sometimes written 
as am [cf. also the following paragraph in which this test 
is used to determine the value of ma as mma and not as 
rma.) 

Doubled Consonants. §. 17. — There can be no doubt, I 
think, that the doubling of a consonant is indicated by a 
short horizontal line written above. M. Senart, in his notes 
to the MS. D. d. Rh., supposes this short horizontal line to 
denote aspiration ; but, as some of the letters above which 
it appears in the Niya inscriptions, are already aspirated, 
we must evidently find some other explanation in these 
cases. On the other hand, the theory that the short straight 
line superscribed indicates that the letter is doubled satis- 
factorily explains every case which I have noticed. 

It occurs, for example, with especial frequency in the 
case ofch; e. g. sachi, hachati (I. 30 -f- 43) ; yo[gaychema 
(IV. 82); isachunammi (passim cf. PI. 5 a); rachisyati (IV. 
87); sachyami{\y. 144); bhumachidra[\W . 137); also with 
jh in sajhe. Now, surely, in these cases we must have the 
representation of cch and jj'h respectively. It is found, fur- 
ther, with c andy in cases where doubling rather than aspi- 
ration would naturally be expected : e. g. nice —niicaya^ 



1. The correct cxplaration of this word, which I had wrongly suppo- 
sed to be = nityam is due to M. I'abbe Boyer. 



PREMlfcltK SECTION 221 

(passim); paca •=. pakcdt (PI. 12 a); kcici •=. kaccid; aja 
=: adya. In certain cases with ga in which we should cer- 
tainly expect aspiration, e. g. viga =ivighna, it must be 
borne in mind, in the first place, that the regular form for 
gha exists and is frequently used in this alphabet; and, in 
the second place, that these may well be regarded as 
examples of that loss of aspiration for which abundant il- 
lustrations are forthcoming. 

A question arises in the case oi ma with a superscript 
line : Does this represent -rma only as has hitherto been 
supposed, or does it sometimes represent -mma also? 
Some evidence in favour of the latter possibility, is affor- 
dad by the occasional nasalisation of a preceding syllable. 
This would seem to show that the aksara above which the 
line is drawn began with a nasal in accordance with the 
law explained above (§ 16 e. g. kamma (IV. 41 + 127, 
PI. 12 b). This could scarcely be explained if we supposed 
the second a/isara to be -rma. 

Are we to suppose, then, that the aksara rma does not 
occur? We are, fortunately, not obliged to accept this 
view as the only possible alternative. The curve in the stem 
of consonants which denotes prefixed r in a conso- 
nantal group in D"" Stein's documents is developed from 
the short line, curved at the right end, which, in older 
Kharo§thi documents, is written across a letter — through 
the stem generally, or just above in the case of ma. Two 
good examples of this last-mentioned aksara are afforded 
by the coins of Aspavarman the son of Indravarman, the 
slrategos or Azes (B. M. Gat. p. 91, PI. XX, 2). 

1 think it quite possible that some such distinction wnll 
be found to be observed in the Niya documents — a curved 
line above ma signifying /7n« and a straight line above ma 
signifying mma — though it must be confessed that it is 
not easy in a cursive script of this character to distinguish 
between two such forms. 



UEBER VARUNA'S URSPRUN& 



F. KNAUER 

{'rofessor a. d. Universitat in Kiew. 



Ueber Varuna hatinerschopfender Weise zuletzt Hille- 
brandt gehandelt in seiner grossartigen « Vedischen 
Mythologie », die sich inhaltlich kiihn an die Seite von 
Bergaigne's Meislerwerk. « La religion vedique » stellt 
und an Griindlichkeit von keinem anderen derartigen 
Werke iibertroffen wird. Es liegt daher nahe, an seine Re- 
sultate anzukniipfen. Hillebrandt verwift die Himmelshy- 
pothese und leitet, wie auch Oldenberg tut, Varuna aus- 
schliesslich vom Monde her. Dabei spricht der eine wie 
der andere der Etymologie alien mythologischen Wert ab, 
wie sie denn iiberhaupt die ganze vergleichende Mytho- 
logie iiber Bord werfen mdchten — mit grossem Un- 
recht ! Wenn ich nun Hillebrandt und Oldenberg darin 
beistimme, dass Varuna im R V. ein Mondgott ist, so fragt 
es sich doch, ob dessen Urconception ausschliesslich und 
allein im Monde zu suchen ist. Muss doch selbst Hill, be- 
kennen : « Einmal zeigt Varuna's Bild schon im R V. ver- 
schiedenartige, miteinander schvver zu vereinigende Ziige, 
deren urspriinglichsten wir nicht leicht zu erkennen ver- 
mogen ; dann aber ist er anders in den Br^hmanas, anders 
in den Liedern gezeichnet, und von beiden wieder weicht 
die spjitere Zeit nicht, unerheblichab (III, 3ff.)Beherzigen 
wir das, bauen wir auf sein Material, lassen wir uns von 
ihm fiihren und nehmen wir seine exegetischen Ergeb- 
nisse an, welche Schlussfolgerungen lassen sich dann Zie- 
hen? Zunachst doch wohl, dass wenn Varuna im R V. 



PREMlfJlK SECTION 223 

vorwiegend ein Mond-, in den Brdhmana ein Nacht — 
undimklassisclien Sanskrit ein Meeresgottist,derbrahma- 
nische Variina nicht der directe Nachkomme des rigvedi- 
schen sein kann, weshalb auch Hill, fiir beide parallele Tra- 
dition annimmt [ib. 4) der klassische aber, falls man fiir die- 
sen nicht eine dritte unabhiingige Ueberlieferungsquelle 
voraussetzen will, aus beiden nur mittelst eines dritten ab- 
geleitet werden mag. Sodann, dass der brahmanische, 
obschon littenirisch spater, einen jilteren Characterzug in 
sich birgt als der rigvedische, da wohl Licht aus der Fin- 
sternis, nicht aber Finsternis aus dem Lichte entsprin- 
gen kann. Ferner, dass mit Hilfe der Exegese weder ein 
zeitliches Verhaltniss fiir sie gewonnen, noch ihr gemein- 
samerUrsprungbestimmt werden kann, und demnach zur 
Etymologie gegriffen werden muss, die ib. 4 ff. zur Seite 
geschoben wird. Endlich freilich aber auch, dass die bis- 
her festgehaltene etymologisohe Bedeutung von Varuna 
als« Himmel »oder gar als «allumfassenderllimmel» nicht 
mit den gegebenen Tatsachen vereinbar ist, weshalb 
eine befriedigendere gesucht werden muss; denn ehe 
wir uns verzweifelt an Oldenberg's Strohhalm von einer 
Entlehnung aus dem semitischen resp. akkadischen Klani- 
mern, miissen wir zuvor alle anderen Rettungsstricke er- 
probt haben. Nun steht oben an : varuna etymologisch := 
ojpavo;. Man hatte an dieser Gleichung nie zweifeln und al- 
lenfalls nur fragen sollen,ob denn die Ableitung von I. var 
« umfassen, einhiillen,bedecken » unbedingtndtig und die 
Bedeutung « Himmel » priicise genug ist. Zur Hebung der 
Schwierigkeiten in lautlicher Beziehung lassen sich Vor- 
schlage machen, die wenigstens dartun, dass man von ei- 
ner Unmoglichkeit der gegebenen Gleichung nicht reden 
darf. Hier ist kein Raum dazu; ich gedenke sie anderswo zu 
raachen, wie iiberhaupt die Etymologie eingehend zu be- 
handeln.Einstweilen geniige die Mitteilung.dass ich varurta 
mit varna eig. « dunkle, schwarze Farbe », das im altslav. 
vrnnu « schwarz, Rabe », und lit. varnas Rabe zwcifellos 
Parallelen hat, in Zusammenhang bringen mochte und 



224 gongrEs international des orientalistes 

von ihm annehme, dass es urspriinglich ebenso gut «dun- 
kel, scliwarz » bedeutet haben kann, wie die formell ganz 
gleich gebildeten Arjuna « hell, weiss » « und aruna « rot » 
bedeuten. War hiernach varuna « der dunkle, schwarze », 
so beweist ojpavcq, dass der Himmel gemeint war, wie um- 
gekehrt dann varuna beweist, dass einst auch oupavoq « dun- 
kel, schwarz » war. Der dunkle, schwarze Himmel aber ist 
der « nachtliche », p«rM«fl=r ojpavoigalsd urspriinglich «der 
Nachthimmel » '. Vermochte doch auch nur als solchereinst 
Uranos seine Kinder in Finsternis zu verbannen! Neben 
dem Nachthimmel aber gab es natiirlich auch einer Tag- 
himmel, und der war dydus =r Ceu? « der lichte, weisse ». So- 
mit bedeutete varuna das Gegenteil von dydus und es war 
unrecht, sie unterschiedslos als « Himmel » zusammenzu- 
werfen, oder gar dydus in varuna als in dem « allumfassen- 
den Himmel » aufgehen zu lassen. Anfanglich konnten sie 
auch bloss « Nacht » und « Tag » bezeichnen; ehe aber 
Nacht und Tag mythisch wirkeri konnten, mussten 
sie vorstellungsmassig und begrifflich zuvor in ihren 
Bestandteilen erfasst worden sein. Psychologisch lasst 
sich das annahernd verstandlich machen, aber nicht an 
diesen beengten Stelle, wo bloss darauf hingewiesen 
sein mag, dass es fiir die Vorstellung keine einfachen, 
sondern stets nur complicirte Dinge gibt. Auch Nacht und 
Tag sind solche, sind ihren Haupterscheinungen nach we- 
nigstens dreiteilig; denn Nacht setzt sich zusammen aus 
Dunkelheit, Nachthimmel und Sternenwelt mit dem Monde, 
wie Tag aus Licht, Taghimmel und Sonne. Man versuche 
auch sie sich unzusammengesetzt vorzustellen,es wird nicht 
gelingen; ebenso wenig aber auch kann man sich einen 
ihrer Telle vorstellen, ohne die anderen mit vorzustellen. 

1. Kirste macht mich brieflich daraut aufmer ksam, dass er VV. Z. K. M. 
XVI (1902) p. 75, « bereits Varuna fiir den Nachtimmel erklart habe ». Ich 
sehe nachtr3glich : das Wortw Nachthimmel » sleht da, aber ohue schnei- 
digen Ernst und in auflallender Verquickung mit anderm. Nie hatte es 
mich auf mcine Gedaaken bringen koanen ! Ich komme ansderwo darauf 
zuriick. 



l'REMi£nK SECTION 



22S 



Es kommt daher nur darauf an, welche Teilerscheinung des 
Gesamtbe«jfriffesjedesmal iin Hewusstsein vonvaltet iind im 
weiteren Verlauf einseilig enUvickelt wird. Mythisch kann 
dabei.wasvorherGlied war.zum Haupte werden. DerName 
driickt eine pars pro toto der Vorstellungaus. Ketten von 
Vorstellungsbildern envecken Ketten von Gottheiten. Die 
Glieder einer Kette sind wesensverwandt und konnen da- 
her ihre Rollen vertauschen ; die Ketten dagegen beriih- 
ren sich bloss an ihren Enden. Es gibt aber zwei Haupt- 
ketten, die selbst an ihren Enden geschieden bleiben. 
Ich meine die Nacht — und Taggotter. So ist auch varuna^ 
ein Glied der Nachtkette, als Nachlhimmel nicht zum Tag- 
himmel und als Mond nicht zur Sonne geworden und 
ward selbst als Gott Varuna in keinen reinen Tagesgott 
verwandelt, weil sein angeborener Nachtschalten das 
Licht des Tagcs nicht vertrug. Im griechischen versuchte 
oupavo? in den Tag zu steigen ; es gelang ihm aber solches 
nur mit dem einen Fuss, mit dem anderen blieb er in der 
Nacht stecken. Zur Strafe dafiirverlor er seine Personlich- 
keit, indem er zu einem blossen Zeichen eines Doppel- 
himmels herabsank. Was ojpovs; im griechischen mit dem 
Taghiramel versuchte, tat im indiscben umgekehrt dydus 
mit dem Nachlhimmel. In der Tat, gelang ihm gelegentlich 
auchdiesenzuvertreten,gingaberdafiir seines Aufriickens 
zur Sonne verlustig und war schliesslich ebenfalls unper- 
sdnlich. Hei organischer Entwickelung kommt audi my- 
lisch das salto mortale, das mancher die Gotler so gern 
machen lassen, mochte nicht vor; wenn daher Hillebrandt 
sagt : « Obwohl zwischen einzelnen Gottern ofler die 
Grenzlinien sich verschieben, so bleibt das Hauptgcbiet 
.eines jeden doch, was nicht verkannt werden soUte, immer 
jim Wesentlichen unberiihrt « (11, 113), so ist das ganz auch 
^meine Meinung. Anders dagegen liegt die Sache bei den 
IGottern der Teilerscheinungen eines Ganzen. Solche sind 
lis Kettenjiflieder im Slande, niclil nur in ihren Functionen 
»nander abzuliisen, sondern auch in einander iiberzuge- 
len, was Ireilich nach beslimmten psychologischen Geset- 

1 15 



226 CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

zen und nicht willkiirlich geschieht. So kann dieus « das 
gliinzende » Tagesliclit als dydus Tag oder Tageshimmel 
bleiben, als 'C^tdq aber auch zur Sonne aufsteigen und 
personificirt ziim Zsj? werden, oder vanma », derschwarze, 
niichlliche », sich durch den Nachthimmel hindiirch zum 
Monde verengen und personlich zu Varuria werden, in 
ojpavs? aber auch Nachthimmel bleiben, um freilich bald 
zugleich das Amt des Taghimmels zq iibernehmen, weil 
dieser dem lichtfrohen Menschen natiirlich zum wichti- 
geren ward. Diese Uebernahme trat ein, als des oupavo? 
schwarze Abkunft vollig vergessen war und ^eu?, den Tag 
oder Taghimmel verlassend, begann zur Sonne aufzuriic- 
ken, um schliesslich als Zsii? ein Herr der Menschen und 
Gotter zu werden. Umgekehrt ging varuna, der Nacht- 
himmel, nachdem er in dydus, dem Taghimmel, einen ge- 
wissen Ersatz gefunden, in den Mond iiber, um fiir das ve- 
dische Bewusstsein ebenfalls ein iiberaus erhabener Gott 
zu werden. Dadurchaber, dass dydus nun auch am Nacht- 
himmel participirte, geschahes, dass er nicht wie 'C.vjq, der 
ausschliesslich im Tage gebliel)en war, zur Sonne aufslieg 
und demnach als Sonnengottheit etwa durch Mitra ersetzt 
wurde.Darnachlautet'dieWortgleichung: varuna z: o-jpoctiq, 
dydus ~l,z\}q, die Bedeutungsgleichung aber fiir den R. Y. 
mythologisch : Varuna = etwa Selene, Zeu? =: etwa Mitra. 
Zu mitra sei bloss bemerkt, dass seine Bedeutnnji:, 
« i'reundlich, Freund, Freundschaft » geniigt, um sein Ver- 
hiillnis zu Tag, Taghimmel und Sonne vollig verstiindlich 
zu machen. Da aber jede dieser drei Naturerscheinungen 
gewiss schon liingst eigene Namen liatte, als das indoi- 
ranische mitra auftauchte, so liegt kein Grund vor an- 
zunehmen, es habe dieses Entwickelungsstadien durch- 
gemacht und also zuerst etwa Tag, dann Nachthimmel und 
zuletzt Sonne bedeutet ; vielmehr konnte es von Haus aus 
auschliesslichesEpitheton der Sonne sein. Losgelostwurde 
es in Mitra-Mithra zum Sonnengott. Als solcher, nicht etwa 
als TagesT- oder Taghimmelsgott, trat er in den Bund 
mil Varuna; war er docli nur ein spiiterer Ersatzgott ! Als 



l'KbMI(:Rli: SECTION 



227 



Sonnengott konnte cr manche Tageserscheinung mil ver- 
treten; er ist aber niolit im Gegensatz zum Nachthimmel 
geboren, sondern hloss von Varui.ia attrahirt wie elwa 
Indra. Die urspriinglichste Gegensatzerscheinung zu va- 
runa war dydus, kein anderer. 

Nach allem wird begreiflich, warum in den BrAhmai.ia 
« die Deutung Mitra Varuna's als Tag und Nacht auftreten 
konnte » (III, 4); siewar von einerrichtigen, ira Tag — und 
Nachthimmel wurzelndenNaturerscheinung getragen und 
in der Tat, wie Hill, hervorhebt, keine Spielerei, wie sie 
es gewesen ware, wenn sie Tag und Nacht gesagt, aber 
Sonne und Mond gemeint hiitten, weil die eine im Tage 
und der andere in der Nacht waltet. Ebenso wenig haben 
wir Grund, uns gegen das exegetische Resultat zu strau- 
ben, wonach im R.V. Mitra ein Sonnen — und Varuna ein 
Mondgottist. Hill, aber wird zugestehen kunnen, dass die 
Wurzein des Mondvaruna weiter zuriickliegen. Auch 
Dvandva wie MitnivaruuSu {ib. 5 fF.) kunnen hierfiir an- 
gezogen werden. Diese dualische Verbindung ware nie zu 
Stande gekommen, wenn Varuna seinen Ursprung im 
Taghimmel hiitte ; denn Teilerscheinungen eines Ganzen 
paaren sich nicht, weil sie, mythisch ausgedriickt, allzu nahe 
verwandt sind. Es ist daher nur nati'trlich, dass Nacht- 
dunkel, Nachthimmel und Sternenwelt unter einander so 
wenig Paarungen ergeben, wie Taghelle, Taghimmel und 
Sonne. Wohl aber schliessen sich Erscheinungen gegen- 
satzlicher Art zusammen, also Nacht und Tag, Nachthim- 

iinel und Tagliimmel, Mond und Sonne als Nacht — und 

iTaglichter. Man kann vermuten, dass iiberhaupt die be- 
cannten Dualverbindungen ihren Ursprung dem mensch- 
Uchen Geschlechtsverhiiltnis verdanken : wie Mann und 

iWeib; an sicii verschieden und einen gewissen Gegensatz 
&u einander bildend, in ihrem Wirken aberunzertrennlich 
indnotwendigauf einander angewie8en,sichzu einem ein- 

*^heitlii'lien Paarezusammenschliessen,soz.B.Mitri\varunAu 
als Taij — und Nachtrejjenten, die der Kiirze halber auch 
eint'ach MitrA genunnt werden konnen, wie jeuc pitar^k. 



228 C0NGR£S international DES ORlENTALiSTES 

ebenso IndrAvarunAu u. a. ; dann waren Appellativa wie 
dydvapi'thivi Analogiebildungen nach den Doppelnamen 
von Gotterpaaren, deren Prototypen in einer mannlichen 
und weiblichen Gottheit bestanden, Gleich moglich jedoch 
ist auch, ja noch wahrscheinlicher, dass solche Duale eine 
Art hendiadyoin sind, indem es von Haus aus keineeinfa- 
chen Worter gibt, mit welchen sich zwei gegensiitzliche 
und doch dank ihrer gegenseitigeti Wechselwirkung 
unzertrennliche Erscheinungen bezeichnen liessen; dann 
konnten sie anfanglich auch Appellativa und ihre Proto- 
typen Tag und Nacht, Himmel und Erde gewesen sein. 
Mogen nochandere Geheimnisse dahinterstecken, eins ist 
sicher, dass Varuna in Mitravarunau, wie auch in Indr4- 
varui.iau, schon darum in der Nacht gesucht werden muss,jBJ 
\\e\\ seine Verbiindeten im Tage walten. Hill, hat also 
ganz Recht, wenn er den Bedeutungsgegensatz der Teile 
dualisch verbundener Namen hervorhebt und schon darum 
Varuna vom Taghimmel losreissen mochte, aber nur halb 
Recht, wenn er ihn auf den Mond einschriinkt, und muss 
zugeben, dass die Dualverbindung sehr gut motivirt ist, 
wenn der rigvedische Mondgott einst der Nachthimniel 
resp. die Nacht war und Mitra der Sonnengott stellvertre- 
tend auch den Taghimmel resp. den Tag repriisentiren 
konnte. 

Hatte varuna von Anfang an nichts anderes denn nur 
Mond bedeutet, so fiinde sich keine geniigende Erklii- 
rung i'iir Varuna als Meeresgott in klassischerZeit. Warum 
sucht man dessen Ursprung im Monde oder gar aut der 
Erde, da es im Veda doch auch ein Meer des Himmels 
gibt? Das Himmelsmeer ist das Schwarzblau des Nacht- 
himmels; es kann auch das Tiefblau des Taghimmels sein, 
weshalb nicht aufFallen darf, wenn gelegentlich auch 
Tagesgottheiten als Meergotter erscheinen. Warum aber 
die nachvedische Zeit nur bei Varuiia stehen blieb, erkltirt 
sich wiederum aus der Schatten — und Nachtseite seines 
Urwesens, wie sie uns ganz und vol! in den BrAhmana, im 
Ritual und in meiner Etymologic entgegentritt. Beidg 



PREMIfiRK SECTION »9 

Mimmel, der Nacht — oder Mondhimmel und der Tag — 
oder Sonnenhimmel gleichen nicht nur Meeren, d. h. 
grossen Wassern, sie sind es auch ; denn beide entsenden 
aus Wolken, diesen Schleusen des Himmelsmeeres, str^i- 
mendenRegen in die Tiefe. Auf diesem Regenwasserwege 
konnte Varuna auch zur Erde gelangen und ein Herr 
der fliessenden und stehenden Gewasser werden lange, 
bevor seine Herrschaft aufs irdische Meer beschriinkt 
war; doch ist natiirlich, dass er seine Macht iiber den 
Regen einst mil Mitra und anderen Tagesgottheiten teilen 
musste, indem der Taghimmel so gut regnet wie der 
Nachthimmei. Die Entwickeiung Varuna's vom Naclithim- 
melsmeeresgott durch den Gott der Fliisse und Seen hin- 
durch zum schliesslichen Gott des irdischen Meeres, 
nachdem dieses bekannt geworden war, ist iiberaus con- 
sequent; sie war die Folge seiner schwarzen Grund- 
farbe, die ihn niclit nur schwarz kleidete, sondern 
auch einen Teil seines Urwesens ausmachte. Das 
dunkle Kleid desselben tragen auch die Regenwolken, 
woher die hervorragende Rolle, die die schwarze Farbe 
bei Regenzauberceremonien spielt. Aber sein Wesen 
war scliwarz, weshalb denn das Ritual vorschreibt, 
ihm vorzugsweise schwarze Tiere zu opfem. Hieraus, 
sowie aus unserer Etymologie, wird nun ebenfalls 
vollig begreiflich, wie Varuna in Verbindung mit dem 
Todesgott gelangen konnte. Nacht ist Tod, also ist der 
llerr der Nacht auch Herr des Todes. Wetteifert mit 
ihm Jama als Todesgott und riickt ihn sogar schon im 
Veda in den Hintergrund, so ist das ein Beweis einmal 
dafi'ir, dass eben ein heidnischer Gotht nicht allmiichtig 
und darum auf Arbeitsleilung angewiesen ist, sodann 
dafiir, dass die altvedische Intelligenz ebenso nach Licht 
Verlangen trug, wie die griechisch-honierische, und darum 
an Varuna's Lichtseite mehr Preude hatte als an seiner 
Naclitseite, an der die untere Volksschicht haften blieb, 
wie endlich auch dafiir, dass Jama, der seine Geburt oflfen- 
bar keiner Naturerscheinung verdankte, der jiingere To- 



230 f>ONr.RfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

desc^ott war, der den uralten Varuna in dieser Function 
entlastete. Das einfachere Volk hingegen vermochte sich 
niclit der Nachtt'esseln des Varuna zu entledigen. Wenn 
daher im Ritual Varuna « sich iiberall als ein finsterer Gott 
zeigt, der die Menschen fesselt, dem schwarze Tiere zu- 
eigen sind, wahrend er selbst als ein kahlkopfiger, gelbiiu- 
giger Mann dargestellt wird o [ib. 35) so ofFenbart er sich 
hier in seiner Urgestalt als Sternnachlliimmel und zwar 
sowohl in seiner Einheit wie audi in seinen Teilerschei- 
nungen : aus dem Nachtdunkel ergab sich der « finstere » 
Gott, der die Menschen ebenso fesselt, wie die Nacht- 
linsternis es vermag, aus dem Sternhimmel der « gelbiiu- 
gige » aus der strahlenlosen oder silberfarbenen Mond- 
scheibe der « kahlkopfige » oder « weissliche, bleiche » Mann 
und aus alien drei Teiierscheinungen des Nachthimmels, 
als Einheit fiirdas untere Volk, der schrecklich erhabene, 
fiir das hohere der iibermachtig wirkende freie grosse 
Gott Varuna. Selbst seine gelegentliche Stellung als 
VVeltschopfer liesse sich zum Teil hieraus erkliiren. 

Durchaus berechtigt ist Hillebrandt's Forderung : « Eine 
Erkliirung Varuna's wird alien Anspriichen nur dann 
arereclit, wenn sie sjimtliche an diesem Gott zur Entwicke^ 
lung gelangten Ziige beriicksichtigt und den Uebergang 
von dem einen zum andern zu gewinnen sucht » [ib. 24, 
vgl. ib. 38). Er selbst hat sie ganz erfiillt in Bezug auf 
die Lichtseite des Gottes, nur halb aber hinsichtlich des 
Meercharacters desselben, sofern er richtig vom Him- 
melsocean ausgeht, jedoch den Mond statt diesen regnen 
liisst, und fast gar nicht beziiglich des finsteren Wesens 
dieses selben Gottes, das sich mit dem Monde, der doch 
vor allem ein Licht, wenn auch nur ein Nachtlicht, ist, 
nicht vertragen will. Naheres hieriiber muss ich mir an 
dieser Stelle versagen. Entfernen wir das proton pseu- 
dos, dass Varuna von Anfang an nur der lichte Mond war, 
halten wir an der Dreifaltigkeit seines Urwesens fest, die 
ihren natiirlichen Grund im Sternnachthimmel oder, was 
auf dasselbe hinauskommt, in der gestirnten Nacht hat, 



PKKMICHK SECTION i3l 

SO werden uns seine Metamorpliosen als Nacht — , Mond — 
iind Meeresgott durchaus verstandlicii. Und bewundern 
iniissen wir zugleicii die Consequenz der Entwickelung 
aus seinem Urcentrum heraus. Dieses war, wie audi das 
Etymon des Wortes, in vedischer Zeit selbstverstiindlich 
liingst vergessen; in seinen Nachwirkungen aber ward es 
noch iebendig mit empfunden. Die Urvorstellung lebte 
sich in einer Mannigfaltigkeit von weiteren Nebenvor- 
slellungen aus und nichts ging spurlos verloren. War die 
Fhanlasie der Diciiter frei, eine Mcnge neuer Bilder nacli 
(ieschmackzu schafTen.so waren diese Bilder docli immer 
nur Niiancirungen des Urbildes, das ihnen traditions- 
massig vorschwebte, und kein einer fremden Sphiire ent- 
nommenes Bild konnte willkiirlich mit eingesteilt wer- 
den. Die Urconception wirkte sich psyrhologiscli aus mit 
der Strenge eines Gesetzes. 

Zusamiiienfassend lasst sich sagen : l' Varuiia, vom Au- 
genschein entdeckt, war in urindogerm. Zeit der Nacht- 
himmel und ist personlich einer der alleriiltesten indo- 
germ. Gotter ; 2" seinen Namen erhielt ernach dem Haupt- 
merkmal seiner physischen Grundlage vom Dunkel der 
Nacht; 3* als Nachthimmel personificirt bieibt er in der 
Sphiire seines natiirlichen Ursprungs wirkend ; 4° der drei- 
teilisren irestirnten Nacht oder dem Sternnachthimmel 
entsprechend manifestirte er sich dreifaltig als Nacht — , 
Mond — und Nachthimmeismeeresgolt ; 5' seine Func- 
tionen erweitern und verschieben sich in geradem 
Anschluss an seine natiirliche Unterlage ; G" sein .gutes 
ethisches Walten kniipfl an den lichten freundlichen 
Mond an, sein fmslerer Sinn an die schwarze boseNacht; 
7° sein widerspruchsvoUes Wesen und Handeln hat seine 
Wurzeln in den Launen der Nacht und des Mondes ; 8* sein 
spjiterer CharacteralsGoltdes irdischenMeeresentstamnit 
direct dem Nachthimmelsocean als Teilerscheinung des 
Sternnachthimmels; 9° seine geistige Erhabenheit wird 
audi fiir dns Einzelbewusstsein zu keiner absoluten. 



FOUR VEDIC STUDIES 

BY 

Maurice BLOOMFIELD 



1. On the verbal root krp -=. kip in the Veda. 

In my article on the myth of Pururavas, Urvaci, and Ayu, 
JAOS. XX. 183, 1 assumed that the form akrpran, JRV. IV. 
2. 18, was a derivative from the verbal root krp in the sense 
of akr plan, the meaning being 'were fashioned'. I failed 
to notice at that time that S^yana to the passage derives 
akrpran from the root kip, though he otherwise misun- 
derstands the sense of the passage. In the following I hope 
to show that there a number of other cases in the Veda in 
which verb-forms of the root krp are identical with those 
of root kip 'fashion'; the lexicons and translations' have 
hitherto assumed these to be derivatives from the root 
krap ' pity, or ' implore '. 

In KS. 17. 19, nana hi devdig cakrpe sado vcim, the word 
cakrpe must = caklpe ; the sense cannot be but, separately, 
has the seat of you two (O Sur^ and Soma) been fashioned 
by the gods '. The parallel passages VS. 19. 7 ; MS. 2. 3. 8 ; 
AB. 8. 8. 11 ; TB. 2. 6, 1. 4 ; AC. 3. 9. 4, ndnd hivdm dcva- 
hitafn sadah krtam, fairly translate cakrpe by krtam. Not 
much farther removed are. TB. 1. 4. 2. 2; Ap(]. 19. 3. 4, 
which have ndnd hi vdm devahitam sado mitam. 

Next the combination anu krp = anu kip stands out 
clearly. RV. 1. 113. 10 the poet says that the goddess Dawn 
anu purvdh krpate. The lexicons and translators render, 
' she longs after the Dawns that have preceded '. This is 
poetic and charming, but neither as simple nor convincing 



PRKMir^RE SECTION 233 

as 'she patterns herself after the preceding dawns'. Le tus 
give Sdyanafull credit here. He glosses : anu krpate anu- 
kalpale, samartha bhavati. Cf. in a general way such a 
statement as TS. 6, 1. 5. 3, devavigain vdi kalpamdnain 
manmyavigam anukalpate^ 'the clans of man pattern after 
the constituted clans of the gods'. One more case of anu 
kip seems to me equally clear. RV. 8. 76. 11, nuu tvd rndasi 
ubhe.... akrpetdm indra ydd dasydhahhdvah. Ludwig, Der 
Rig-Veda, II. 222(614) renders : 'Zu dir hatten geklagtdie 
beiden welthiilften, als Indra du der Dasyutoter wardst'. 
Grassmann, in his translation, I. 495 : ' Dir seufzten beide 
Welten nach, als Indra du Vernichter der Diimonen warst'. 
We may translate : 'The two Rodasi (Heaven and Earth) 
patterned after thee when thou didst engage in the destruc- 
tion of the Demons', i. e. they cooperated with Indra in 
that desirable performance. SAyana here, less distinctly, 
ke indra tvdm ubhe apidydvdprthivl anukalpayetdm yadd 
etc. 

Nothing is in the way now of a similar construction of 
krpanta in RV. 9. 99. 4 : 

tdm gnlhayd purdnyH 
pundndm abhy dndmta 
utn krpanta dhioiyo 
devandm ndma bibhratlhy 

'Him, the soma, as he was being purified, they (the poets) 
have sung with gMhd (stanzas) composed in the olden time. 
Songs, too, were fashioned, that contain the names of the 
gods'. SAyana, rather mechanically karpanta, kalpayanti^ 
samarthd bhuvanti, kt'pu sdmarthye. Two other passages 
that contain derivatives of the roots krp and dhl in close 
juxtaposition seem to me also to invite a similar construc- 
tion of A;/?. RV. 10. 98. 7 : 

ydd devapih gdnitanave purahito 

hotnlya vrtdli krpdyann ddldhet 

devagrntafn vrslivdnini rdrdno 

brhaspnt'tr vdcam asmd ayachat^ 



234 CONGREs international DES ORIENTALISTES 

'When DevApi, chosen as housepriest for Camtanu for 
the performance of sacrifice, performing [krpayan) did 
pray, then Brhaspati furnished to him speech audible to 
the gods, that produced rain'. S^yana does not here gloss 
krpayan, but he does in RV. 4. 1. 14, where it is said that 
the Fathers, viddnta jyotig, cakrpanta dhibh'ih. Here SA- 
yana, dhibhir gakrpdnta yajridn akalpayann akurvan, i. 
e. ' they performed with prayers '. In the last three passages 
we are at liberty to weigh again the likelihood of the stan- 
dard rendering of krp as ' pray, implore ' : it seems to me 
that the wright of the evidence and sober construction is 
in the other direction. 

Perhaps it is well to stop here. The usual experience of 
the Vedic investigator on the track of a difficult word 
overtakes us. Most other passages in which the verbal root 
krp appears are too obscure, too mythological, or mystical, 
to allow us to decide which root krp we have before us. 
Only this nuch is certain : the stem krpamdna , RV. 1. 116. 
14 and 1. 119. 8, means 'implore'. On the other hand in 
RV. 10. 68. 10, bfhaspdtind krpayad valo gah, seems 
to me to mean 'By the agency of Brhaspati Vala rendered the 
cows' rather than that Vala 'wailed over' the cows which 
Brhaspati made him deliver up. The text of the remaining 
passages, RV. 7. 20. 9; 9. 85. 11 ; 10. 24. 5; 123. 4 are in 
many ways doubtful. They need not concern us in the esta- 
blishment of the fact that krp is in some cases =: kip, and 
that every passage containing the root may in future be 
tested from both points of view. 



2. On the a-. \ty. vtrenyah, RV. 10. 104. 10. 

The stanza RV. 10. 104. 10 is addressed to Indra, who 
appears there surrounded by his very own stock expres- 
sions and statements : 



premiCrf: section 



235 



vtr^nyah krntur indrah sugastir 
utftpi dhdna puruhiUiim Itte, 
nrdayad vrlrdm ukrnod u lokdih 
sastllid gakrnh prland abhiuiU. 

Ludwig translates the first line : ' heldenkraft ist Indra 
trefflicher preis'; Grassmann, loosely : 'gewaltig, mann- 
haft, preisenswerth ist Indra'. But the word vlrinya is a 
chimera, being a noun at the head, a verbal adjective of 
necessity (gerundive) at the tail. The starting point of the 
missreading must, I think, have been the compound vnre- 
nyakratur {or vlriny ah kidtur : 'Indra has excellent under- 
standing, deserves high praise, so then my song' praises 
him that is called by many men, etc'. Nothing could be 
better and simpler. But without further explanation the 
corruption remains a mystery : what can have disturbed 
such familiar wording and sense. 

The disturbance was, 1 think, caused by the constant 
synonymy oi varinya and tdenya, or, more broadly, of the 
roots var and id. The full flower of this may be seen in 
the versions of one and the same pSda. AV. 6. 23. 1 reads, 
vdrenyakratur ahdm apo devir upa hvaye^ 'with excellent 
understanding do I implore the goddesses, the waters'. 
The Khila, RV. 10. 9. 1, has it, varenyakratur aham d 
devlr avase have. But Ape. 4. 4. 5 reads : idenyakraliir 
aham apo devir upa bruve. Almost obviously a conta- 
minated nonce-formation inrenyakratur arose in our pas- 
sage. We must not lorget that d which is regularly written 
as / in the KAnva text of the White Yajur-Veda, in the 
C^SfikhAyana Sutras, and in other Vedic texts, is phoneti- 
cally very close to /'. But this virenycikratur remained 
to plague the understanding and finally led to the helpless 
separation into vlrinyah krdlur . Whether now we restore 
mrenyakratur or vdrenyakratur, the sense remains the 
same, 'with excellent understanding'. 

i. dhSnd, plur. <fA^n<J5 = Lithuanian daina, plur. datnos 'song. This 
etymology will be advocated elswherc. 



236 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

The close semantic relation between roots var and id is 
not only evident from their lexical meanings, but also from 
the fact that ^V/is certainly root h ' wish', plus the "root- 
determinative 'a?. Following suggestions of mine J. A. Ness 
has shown this to be the case, in his little article entitled 
' The etymology and meaning of the Sanskrit root id ', in 
' Studies in Honor of Basil L. Gildersleeve ', p. 357 IF. There 
need be no further doubt as to the belongings of id. Of the 
same type are the Vedic roots hid ' be angry', from his-d 
(Brugmann, Grundriss, I*, pp. 691, 723); mfd 'pity' (so 
metrically with long ?), from mrs-d =z Avesian merezd : 
Skt. root mrs ' forget'; and pid ' press' from pis-d : Skt. 
root pis ' crush'. 1 hope that the popular, but phonetically 
lop-sided explanation which connects Skt. pid with Or. 
xteCti), itself very problematic as to structure and derivation, 
will pass out as speedily as possible. 



3. On the ax. Xty. ddrum, RV. 7. G. 1. 

The passage is addressed to Agni in unexceptionable 
surroundings : 

prd samrajo dsurasyd prngastim 
puhsdh krstindm anumddyasya^ 
mdrasyeva prd tavdsas kHani 
vdnde ddrum vdndamdno vivakmi. 

The Pet. Lexs. and Grassmann in his lexicon posit a 
stem darn ' Zerbrechend'; Grassmann in his Translation 
renders the second hemistich as follows : ' Die Thaten 
riihm ich des wie Indra starken, lobsingend ruf ' ich ihn, 
den Burgzerbrecher'. Ludwig, vol. I, p. 413 (nr. 388), 
' discs, des starken wie Indra's thaten riihme ich ; riihmend 
verkiinde ich den [burgen] zerreisser'. All follow SSyana, 
ddrum purdfn bhettdram. 

That this incredible ddrum did not sit too lightly on 
Vedic tradition may be seen from the SV. version (1. 78) of 



PWmPA\¥. SECTION 297 

the second hemistich, indrasyeva prn tavdsas krlani van- 
dndvara viindamAnd vlvastu. Benfey in his glossary puts 
up vandddvdra as a Vedic compound meaning ' die menge 
(.= menschen) segnen'. He is doubtless guided by the simi- 
lar word vfindadvlra in SV. 1. 300, which is the SV. ver- 
sion of mdndadvlra in RV. 8. 69. 1. Ludwig, IV. 367, ren- 
ders the SV. hemistich, supplying^fA 'song' as the subject 
o(i>wa?tu, 'die taten des starken die wielndra's sind ver- 
lange verehrend das das treffliche verehrende lied'. This 
rendering is obviously strained, nor can I imagine that he 
is right in considering the SV. version more original than 
that of RV.; in fact neither version is good at the point 
where stands vunde ddn'im. 

The correction of the passage is somehow or other with 
RV. 1. 147. 2, where a poet finds himself constrained to say 
to Agni, ' Some dislike thee, some praise thee; (for my 
part) praisefully 1 do laud thy body, Agni' : 

plyati tvo dnii tvo grndli 
vandnrus* te tanvam vande a£^ne. 

The contrast between the roots pi 'dislike' and vand 
' praise' throws light upon, and legitimatizes the form van- 
darUy as it calles up its exact opposite ^/y^//7/ 'hateful' just 
as sthdsnu (sth'Tftnu) calls up carivm*. It does not seem 
doubtful that the passage which we are discussing requires 
some derivative of vandaru for vdnde ddrnm : 

indrasyeva prd tavdsas krtanl 
vanddrur vdndamdno vivakmi, 

'As if of strong Indra do I praisefully lauding tell forth 
(thy) deeds'. Unless we may assume preferably, as far as 
the metre is concerned, and bearing in mind the SV. cor- 

1. So ill addition to RV. also VS. 12. 42 TS. 4. 2. 3. 4. S. But; M*. 2 
7. 10 : 88. 16 ; KS. 16. 10 rcud vanddrum, shoivinf? thiit the word may 
ulso lueiin ' praiseworthy '. 

2. Sec the author in American Journal of PkUology^ XVI, 417. 



238 CONGRfcS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

ruption, vandnrvd, ' with song of praise' instead of vanda- 
rur 'praising'. 

The result is essentially the same. 



4. The Vedic instrumental padbhih for the second time. 

For the last time, as the present author would fain wish. 
I am, for my part, convinced now that this much discussed 
form is everywhere the instrumental plural of the stem 
pad ' foot', and that all other constructions were merely 
justifiable expedients in perplexity. Since my first essay 
on the subject, Contributions to the Interpretation of the 
Veda, Second Series. American Journal of Philology, XI. 
357 ff. (p. 32 flF. of the reprint), I have found this form ApC. 
13, 7. 16, anutvd harino mrgah padbhig calurbhir akramit, 
corresponding to AV. 3. 7. 2, dnu tvd harino \frsd padbhic 
etc. Also CiC- ^' 17. 12 many mss. read padbhir in the 
hemistich as edited : yat pacur mdyum akrtoro v a padbhir 
a hate. KAuc. 44. 17 had previously shown padbhir in its 
version; the other Vedic parallel texts, TS. 3. 1. 4. 3; KC]. 
25. 9. 12; M(;. 1. 8. 3. 34 ; SMB. 2. 2. ii' hsixe padbhtr. 

In my previous article on the subject I had shown, first, 
ihdX padbhih in some cases certainly means 'with feet'. 
Secondly, that the expression padbhiQ caturbhili, literally 
* with four feet* is a way of saying 'quickly, nimbly, brisk- 
ly'*. In support of this I now note that cdturaksn, ' four- 
eyed', is used RV. 1. 31. 13 as an epithet of Agni, and can 
mean but one thing, namely ' sharp-sighted''. Since there 
are no obvious four-eyed beings the term caluruksd is 
likely to have come from the kindred cdtuspad, with the 
implication that just as the quadruped is swift the catur- 



1. I am following here, as in the preceding, the system of notation of 
Vedic texts adopted in my forthcoming Concordance of the Vedas. 

2. Cf. TS. 5. -4. 12. 1. 

3. tikmindgne cdkiuid rak^a yajndm, RV. 10. 87. 92a. 



I 



PREMirjtK SECTION Uf 

aksd is clear-sighted. These numerical relations have 
always had a firm hold upon the fancy of the early Hindus, 
witness the numberless times and ways in which the lite< 
rature makes and symbolizes numerical distinctions. Third- 
ly, I had suggested that the lingualization of (/ in padhhUi 
took place in the samdhi of the {ormwldi padhhic cdturbliih^ 
i. e., that it was due to assimilation to the palatals gc of 
the succeeding syllable. Cf. the n oi pinak (RV.)and apinal 
(TH. 3. 12. 9. 5); the d of anadviih ( — vaih)^ perhaps also 
turdmt satrdsfit, and the like. Fourthly, I had pointed out 
the juxtaposition o{ padbluh with the stem hnsla, or a deri- 
vative of it, in three of the six passages in the RV. in which 
occurs padbhth, showing that the meaning of the latter 
was ' with feel'. 

Curiously enough, one of these three passages is RV. 4. 
2. 14, ddha ha ydd vaydm agne tvaya padbhir hdstebhic 
cakrma lanfibhih, 'now whatsoever (evil), in thy service, 
Agni, we have done with our feet, our hands, and our 
bodies'. Hut I was in the bonds of Professor Pischel's' lear- 
ned and common-sense argument that padbluh must mean 
' with the eyes', as, e. g., in the series maiuisa vdcd cak- 
susd ApDh. 1. 5. 8. Pischel clinches his point by saying 
that sins committed with the feet are nowhere mentioned 
and are not to be expected. But the common-sense of one 
people is not always the common-sense of another; in inter- 
preting a foreign and strange literature the individual 
psychology of a people is more important than any canon 
of average common-sense. Whereas it is true that we make 
no occasion to say ' whatever evil or sin we have committed 
with our feet', the Hindus did say it, and they said it fre- 
quently . So TA. 10. 24. 1 ; Mahftn U. 14. 3 : 

yad ahnd pdpam akdrsam 
manasd vdcd kastdbhydin 
padbhydm udarena fiend 
ahas tad avalumpatu, 

1. Vcdiscbe Studicn I. 230-231. 



240 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

'Whatever evil I have done by day with my mind, my 
speach, my hands, my feet, my belly, my organ, may Day 
tear that (evil) out'. The same statement is made about 
Night in the sequel of the two texts. 

Again, BDh. 2. 4. 7. 18, in a very similar strain has it : 

yad upasthakrtam papain padbhydm vd yat krlam 

bhavet, 
hdhubhydm manasd vdjd vdcd vd yat krlam bhavel^ 
sdyam samdhydm upasthdya tena tasmdt pramu- 

cyate. 

'Whatever sin (a man) may have committed with his 
organ, with his feet, with his arms, by thoughts, or by 
speech, from all that he is freed by performing thetwilight 
devotion in the evening. Gf. also BDh. 4. 1. 3, where sins 
are supposed to committed not only through the organ, the 
feet, arms, thoughts or speech, but even through the ear, 
the skin, the nose, and the eye. A similar list, TB. 3. 7. 12. 
3 ; TA. 2. 31, has manasd bdhubhydm urubhydm asthivad- 
bhydfn gigndir, substituting the thighs and kneecaps for 
the feet. If it were needed, a further search through the 
expiatory [prdyagcitta) literature of the Veda would reveal 
other instances in which offences are said to be committed 
with the feet. 

Thus the shining example oi padbh'th in the sense of 
' with the eyes' exists no more. In my previous account 
there was but one other case which seemed to call for the 
interpretation o{padbhih by 'with the eyes ', namely RV. 4. 
2. 12, the same hymn which contains the occurrence of the 
word just discussed. The passage is : 

kaviin cacdsuh kdvayo 'dabdhd 
nidhdraydnto durydsv dyoh^ 
alas tvdm[dfcydh agna elan 
padbhili pagyer ddbhuldn aryd evdih. 

Shocking as may seem the paradox, we shall, 1 think, 



I 



PREMIERE SECTION 241 

have to endure it, that Agni is here said to see with his 
feet' ; of course, the pun as well as the paradox between 
/tadbhih and pagyer may have invited an unusually daring 
poet to this tour deforce. Of itself the likening of the nim- 
ble jets of flame to moving feet is not out the Rishi 's range. 
The exact sense of the passage is not quite clear*, but its 
obscurities are not likely to af!ect our judgment oipadbhih 
either one way or another. 

The use of the plural padbhih when expressing natural 
pairs has occasionally given pause to one or the other inves- 
tigator. So Pischel, commenting upon padbhih in the sup- 
posed sense of 'with the eyes', remarks (p. 229) that more 
than two eyes are occasionnally ascribed to Agni. This 
explanation, however, is not needed. In the hieratic lan- 
guage, including the ritual, the plural is often used for the 
dual of natural pairs' ; the careful use of the dual of natu- 
ral pairs is a specialty of the popular ( Atharvanic) language. 
The hieratic parts of the Rig- Veda, and the ritual may say 
hfislebhih, padbhih, aksnbhihy but they also say hdstayoh, 
and bdhi'fbhydm. In the course of the horse sacrifice, VS. 
25. 3 has javam janghdbhydm (Mahidhara, janghabhydin 
iavam devani prlndmi)^ but TS. 5. 7. 13; MS. 3. 15. 3 : 
178, 9; KSA. 13 3 VQ2id javam janghdbhih. This shows that 
the ritual language in this respect, as in others, stands in 
between the hieratic and the popular speech. The po- 
pular parts of the RV. and AV., on the other hand, can 
only say hdstdbhydm^ padbhynni, akslbhydm, etc. Thus 
the use of the plural for the natural dual is a marked phe- 
nomenon of the hieratic diction; the clean use of duals a 
mark of Vedic popular diction. The point deserves special 
investigation. 

1. Profcssur Bartholomae remarks wbioisicully, that Agui must hare 
bc«u sulTcriDg from ' hiihueraugeu * (corns) on his feet. 

2. See Bcrgaigne, Pjude sur le lexique du /Ji^-FUrfa; Pischel, p. 229; 
Oldinberg, ZDMG. LIV. 179, note. 

3. Cf. Delbruck, Altindische Syntax, pp. 102-103. 



16 



ON CONFLICTING PR4YERS AND SACRIFICES 



MAURICE BLOOMFIELD 



1 



I believe it is Jean-Jacques Rousseau who said that 
man made god in his own image. Rousseau's sneer repeats 
a complaint which was made from another point of view 
by Epicurus who had to say of Greek religion: 'The gods 
are indeed, but they are not as the many believe them to 
be. Not he is an infidel who denies the gods of the many, 
but he" who fastens upon the gods the opinions of the 
many'. The prophet Elijah, glorying in the might of Jahve, 
mocks the prophet of Baal : ' Cry aloud, for he is a god ; 
either he is talking, or he is pursuing, or he is on a jour- 
ney, or peradventure he sleepetli, and must be awaked ' 
(I. Kings, 18. 27). Even the Psalmist is not far away from 
the anthropomorphic point of view, when he exclaims 
(44. 23) : 'Awake, why sleepest thou, O Lord, arise, cast us 
not off forever'. Or : ' Thus the Lord awaked as one out of 
sleep, like a mighty man that shouteth by reason of winp ' 
(78. 65; cf. also 121.3, 4). The gods of the Veda are very 
human indeed, and 1 wish here to show in what way this 
very interesting religious literature deals with one of the 
limitations of the creatures of their fancy, namely this, 
that the gods cannot be in one and the same place at the 
same time, and cannot grant the conflicting wishes of their 
numerous suppliants. Professor Hillebrandt, Vedische 
Mythologie, I. 119 fif., has touched upon this point very lu- 
minously, but the subject can well bear broader treatment. 

The Vedic poets note that the gods are praised by many. 
Indra especially , though not he alone, has the epithets/>Mrw- 



PREMlf:RE SECTION 243 

slutfi, purupracastd, or puruliutti, all of which convey that 
same idea, 'praised, or called by many *. It is not by any 
means, however, the spirit of the doxology : ' Praise God 
from whom all blessings flow *. Only rarely does a poet 
strike this note, as for instance RV. 8. 46. 12 : ' Praised of 
many, do all the generations of men cale strong Indra, the 
sacrificial spoon in their hands'. In the main rivalry dashes 
the whole conception through and through. 'In the contest 
do thou, Indra, that art praised by many, furnish to us, that 
are devoted to thee, protection, O Maghavan! *' Or another 
time. O thou, that art praised by many, may they who often 
have led thee to their sacrifice overcome the braggarts that 
do not spend ! ' * And again , ' The poet puts the club into they 
hands with which, thou that art called by many, O thou 
whose will can not be averted, doest level many hostile 
castles'*. And once more, 'May we through thy continued 
friendship conquer every enemy, thou that art called by 
many'* I 

The notion reaches the climax in RV. 6. 34. 2, where it 
is said that Indra, called by many [puruhiitd), agreeable to 
many [purugurtd), extolled by many {purupracastd) is to 
delight us, in distinction from others {asmabhir tndro anu' 
lady ob hut). The. idedi is expressed with less emphasis but 
lore clearly in RV. 8. 21. 12 : 'Let us, O thou that art cal- 
led by many, beat the (other) singers in song'*. See also 
8. 33. 14 ; 66. 12. In the numberless passages of the RV. 
which seem to speak of victory (roots /t, sah, sprdh, etc.) 
in battles, races and contest {p'rtand, dji, prtanajya, etc.). 
I am sure that poets have not always in mind slaughter, 
racing and the like, but simply the tourney of words, the 
' weltgesang' of rival priests andsacriticers for the favor of 
the gods. We must not forget how rare is the epic touch, 

1. RV. 1. 102. 3. 

2. RV. 10. 32. 2, 

3. RV. 1. 63. 2. 

4. RV. 6. 19. 13. 

5. Jdyema kdrS puruhdta kdrina/i. 



244 CONGRES liNTERNATlONAL DES ORiENTALlSTES 

how constantly present is the ritual. See, e,g.^ RV. 1. 51. 
3 ; 176. 5; 7. 85. 2 ; 10. 61. 1 ; 112. 7. They finally express 
the idea most baldly when they demand of the god that he 
shall be theirs, and theirs only [kivala): RV. 1. 7. 10, 
* From everywhere from (all other) folks do we call Indra 
for you ; ours alone shall he be '. Or 2. 18. 3, 'Not, pray, 
shall other sacrificers delay thee hei:e, for numerous are 
the singers'. And again, 1. 13, 10/ Hither do I call Tva§tar 
... ours alone shall he be'. And so in another sphere, GB. 
2. 2. 15; Vait. 17. 7. 'To our folk alone shall Soma belong;—, 
here let him furnish strength'. ^| 

ThestanzaRV. 10. 160.*, picturesthisframeofmind, which 
knows not the fellowship of the pious in the god whom 
they worship in common :' Of this strong, enlivening (50/w<2) 
drink thou ; thy two bay horses with their undamaged 
chariot here unhitch ! O Indra may not other sacrificers 
make thee tarry; for thee is this pressed drink' ! Yea, on 
one occasion (RV. 7. 33. 2) the Vasisthas brag of the fact 
that they made Indra prefer their soma libations to those of 
P^cadyumna V^yata, though the latter had throught Indra 
from a great distance. 

Esthetically and ethically this kind of feeling this frank 
endeavorto 'hog' the gods is not delectable, no more so than 
the Tedeum laudamus over the slaughter of enemies, wich 
has been known to be sung by both sides at the same lime 
when each claimed victory *. But it is consistent enough with 

1, Or consider : 

* Gieb regen und gieb sonnenschein 
Fiir Reuss und Schleuss und Lobenstein. 
Und wollen andere auch was ha'n 
So mogen sie's dir selber sa'n' ! 

My coUeagne, Professor Gildersleeve, proposes the following English 
transfusion : 

' Give rain and sunshine we implore 
For us upon the Eastern Shore. 
If any others want a share 
ThcmselTes may offer up the prayer ! ' 



PREMl£RR SECTION MS 

prayer to the gods on the principle of do ut des. The specifi- 
cally Hindu thing in the matter is the persistence of the idea, 
and its advance for some distance through thick and thin in 
accordance with the well-known schematism of the Hindu 
mind. As regards the persistence, not a few of the Vedic 
statements on the subject have been covered up by a misun- 
derstanding of the lexicons and the translations. In RV. 1. 
173. 10. occurs the word vispardhas in the sense of 'rival 
singer': 'The rival singers (desiring) :«Indra, club in hand, 
shall be with us », as with nara (ansa- songs [nardfh na 
cdnsdih) help (Indra) with their sacrifice'*. Just as the pre- 
position VI in vispardhas means 'apart', in different direc- 
tion' so does the root hily hvd, ' to call ' and its derivatives 
when preceded by vi mean 'call in different directions'. 
The godsand the Asuras(devils)calledl(^iindifferent direc- 
tions, the Gods hither, the Asuras yonder. She (Ida) turned 
to the Gods'. By means of the metres sacrificers call the 
Gods to different places, ' let them come to my sacrifice, 
let them come to mine''. And so, very distinctly, RV. 10. 
112. 6 presents this frame of mind : ' In many places, 

strong Indra, men, having prepared delicacies (for thee), 
call thee in different directions. May this our pressed 
drink be most sweet as honey, in this do thou delight'*! 

There is one hymn, RV. 10. 128, whose keynote is our 
present theme, which figures in it as the word vihavd. The 
translations miss the point of the hymn, because they do 
not recognize that it belongs to this sphere of ideas: 

1. mdmdgne vdrco vihavesv astu 

vaydfn tvendhands laiivam pusema, 
mdhyam namantdm pradkaf cdtasras 
tvdydahyaksena pftand jayema, 

1. Vifpardhaso naraih na ednsdir asmtikdsad iniro vdjrahastah... 
upa ciksanti yajfidih. 

2. TS. 1. 7. 1. 3 ; cf. 2. 4. 3. 1 and PB. 12. 13. 26. 

3. AB. 2. 2. 17. 

'.. Cf. RV. 1. 102. 6; 2. 12. 8 ; 18. 7 ; 3. 8. 10 ; 4. 24. 3 ; 39.5; 7.28. 

1 ; 69. 6 ; 8. 5.116. 



246 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

2. mama deva vihavi santu sdrva 

indravanto maruto visnur agnih, 
mdmdntdriksam urulokam astu 
mdhyam valah pavaldm khme asmirii 

Sdyana starts out with two alternate renderings of the 
hymn, one absolutely wrong, the other approximately cor- 
rect. The wrong start is, he agne, vividham dhuyante yesu 
gurd iti vihavdh safhgrdmdh. This makes vihavd mean 'the 
battle of warriors'. The right start is, vividham ydgdrtham 
devd dhuyanta esu. This makes vihavd mean 'conflicting 
call of the gods', dXihesamsava 'the conflicting sacrifice', 
as SAyana observes from the ritual point of view (cf . A(^. fli 
6. 6. 11 flf.). Ludwig, following Sayana's wrong suggestion, 
translates the first pada, 'Main, Agni, sei herrlichkeit in den 
schlachten'; Grassmann, 'Gliick werde mir, wenn ich, 
dich, Agni, rufe'. 

The meaning is 'Mine, Agni, shall be success when con- 
flicting calls are made upon thee'. This is, as it were, the 
heading of the entire hymn : it is largely a question of suc- 
cess in a kind of spiritual and wordy prise-fight for the 
favor of the gods. Of real battle there is nothing in it : 

1. ' Mine, O Agni, success shall be, when we vie in cal- 

[ling upon thee, 
We, kindling thee, shall prosper our bodies, 
To me shall bow the four directions of space. 
With thee as protector we shall win the contest'. 

2. 'Mine all the gods shall be when called in conflicting 

[calls, 
The Maruts, Visnu, Agni, Indra at their head. 
Mine the broad-spaced atmosphere shall be. 
Forme the wind shall blow in accord with this desire'. 

The personal pronouns, emphatically at the head of each 
verse line, bring out the contrast between self and other 
apirants for the favor of the gods. Now it is manifest that 



PREMIfiRK SECTION Ul 

the vfort prtandh in l** means contest of this sort, and not 
battle (see above). 

The life history of this hymn is most interesting and 
important for the subject under discussion. It revolves 
largely about the word vihavd. The Vedic theologians and 
scholiasts have constructed out of it a suppositious author 
Vihayva Afigirasa*. The hymn itself is named ever after the 
vihavya ov vihavlya hymn V The following little story is 
told TS. 3. 1, 7. 3 : The two poets Vicvftmitra and Jamad- 
agni contended vith Vasis^ha. Then Jamadagni saw (had re- 
vealed to him) the vihavya-\i^iai\. By means of it he usurp- 
ed the strength and manhood of Vasi§tha. When the 
vihfu'ya-hymn is recited the sacrificer verily usurps the 
strength and manhood of his rival'. A similar tale is told 
PB. 9. 4. 14 : 'Jamadagni and the other Rishis made soma 
sacrifices simultaneously. Just then Jamadagni saw the 
fihai' ya-hymn. To him Indra turned (i. e., rather than to 
the other Rishis). When the sacrificer chants the vihavya- 
hymn he excludes them (i. e., the other sacrificers) from 
Indra'. 

Thenotion that the godshave properregard fora previous 
engagement appears in another story told GB. 2. 2. 24 : A 
conflicting sacrifice is the new-moon and full-moon sacri- 
fice. To whose sacrifice, to be sure, shall the gods come, 
and to whose not, (considering that) this sacrificial day 
is common to many sacrificers*. Therefore he should 
engage the divine powers on the day before. For he that 
engages the divine powers on the day before to his sacri- 

1. BrhD. 2. 130 ; 3. 57 ; SarTunukramant § 63 : Siyana to the hymn. 

2. The eDtirc hyino or part of it, is recited or quoted as follows : RY 
10. 128 ; AV. 5. 3 ; TS. 4. 7. 14. 1 ; MS. 1. 4. 1 : 47. 1 ; 1. 4. 5 : 52. 11 
KS. 4. 14 ; 8. 16 ; 31. 15 ; 40. 10 ; Ag. 6. 6. 16 ; gg. 4. 2. 7, 13 ; 13. 5 
17; Vuit 1. 12, 14; Kg. 2. 1.3; 25. 14. 19 ; Apg. 1. 1. 4; 4. 8.6; 6.16 
7; 20. 2; 22. 1 ; 17. 21. 1: M9. 1. 4. 1. 7; AG. 3. 9. 2; gc. I. 4. 2 ; 3 
1. 8; Kauc 1. 33 ; 12. 10 ; 22. 14 ; 38. 26 ; 49. 15; Rvidh. 4. 6. 2 ; BrhD 
8. 44. It is mentioaed as vihavya (vihaviya) AV. 7. 5. 4 ; TS. 3. 1. 7. 3 , 
KS. 34. 4 ; GB. 2. 2. 24 ; PB. 9. 4. 13. 14 ; gg. 4. 2. 7, 13 ; 13. 5. 17 ; 
Lg. 4. 10. 8; Kg. 25. 14. 18 ; Apg. 14. 19. 10; Mg. 1. 6. 2. 17. 



248 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

fice they come on the morrow. Therefore he should recite 
(on the day before) four stanzas of the fihaf ya-hymn. For the 
sacrifice experts know that the soma-sacTifice is a conflict- 
ing sacrifice. One sacrifice conflicts with the other. Gf. a 
similar passage GB. 2. 2. 15, more remotely GB. 2. 2. 11. 

The last story occurs in almost the same form MS. 1. 4. 
5; again the opening words of the ifihavya-hymn are the 
key-note of the thought. Compare also.TS. 1. 6. 7. 1; 7. 5. 
5. 1;TB. 1.4.6.1. 

The spirit of this hymn is reproduced in a more reflec- 
tive way in the sacrifice. Joining the old RV. word vispar- 
dhas, mentioned above, the V&it. 16, 6 speaks of conflicts 
of sacrifice in general as vispardha\ one of two sacrificers 
who is involved in such a conflict is called VAit. 17. 7, vi- 
spardhamdna. In TS. 2. 4. 1-3 such a person is called simp- 
ly spardhamdna^ to wit : yo hhrdtrvyavdn sydt sa spar- 
dhamdna etayestyd yajetaj 'he who happens to have a 
rival shall when engaging in the (sacrificial) conflict per- 
form this istV. The root sprdh and its derivatives need to 
be watched almost as much as the root hu with the prepo- 
sition vi\ in the majority of cases it will be found, I think, 
to refer to sacrificial conflict rather than battle. A conflic- 
ting sacrifice is called samrla-yajna, or with particular re- 
ference to the soma sacrifice samrta-soma (TS. 1. 6. 7. 1; 
MS. 1. 4. 5); for this the Atharvan ^r^uta texts have 
savrta-yajha and savrta-soma (GB. 2. 2. 11. 15, 24; VSit. 
17. 7). Remembering the familiar interchange between m 
and fit would seem that either ^«m;'/«-, or ^at^r/a- is second- 
ary, most likely the latter. But the most standard expres- 
sions for conflicts in sacrifice are coined from the root 
m \- sam, i. e., 'to press (the soma) simultaneously with 
some one else' ; the abstract noun is samsava (cf. Hille- 
brandt, I. c.). 

Under the aspect of samsava the entire subject finally 
becomes case-hardened. In the long run it is not possible 
to carry on, while engaged in holy performance, a run- 
ning fight with every one else on the same purpose bent. 



PREMIERE SECTION 249 

All of a sudden we find the following definition of a con- 
flicting sacrifice, e. g., in A^. 6. 6. 11 ; K^. 25. 14. 8. It is 
easy to see that the conception is now by way of being trim- 
med and made a little more possible and sensible. Xsarh- 
sava is the simultaneous pressure of soma on the part of 
persons who dislike one another, unless they are separated 
by a river or a mountain'. In AB. 1 3. 21 ff. it is prescribed 
that he who is consecrated for a soma sacrifice {dlksita) 
should close his two hands. The reason for this is said to 
be that of two persons who are consecrated at the same time 
he who is consecrated first is not guilty of samsava. For 
his sacrifice and the deities are held fast in his hands ; he 
does not come to grief as does he that is consecrated last. 
The samsava has now become a sin that must be expiated. 
It is a game of tag between each sacrificer and all the rest: 
the hindmost is ' it'. 

In another direction, not at all unexpected, witchcraft 
has taken hold of the idea: special imprecations and prac- 
tices full of magic power are designed to destroy the enemy 
that thwarts one's holy work. Such is the famous so-called 
' Cleaver of Bharadv^ja [bharadvdja-pravraska) AV. 2. 12': 
' As in a fetter in misfortune shall he be bound that inter- 
feres with this holy design of ours'... 'I cut, as a tree with 
an axe, him that interferes with this holy design of ours '. But 
hat does not hinder this very Veda from prescribing hymns 
Hiat have in view the same naughty practice, namely to 
frustrate the sacrifice of an enemy. In the first place the 
AV. exhibits the vihavya-hymn^ discusseda bove : we may be 
sure that it does not figure in that collection as a mere 
ornament. The frankest and most explicit attack against 
work, that must have been regarded as intrinsically pleas- 
ing to the gods, is AV. 7. 70 : 

' Whatsoever yonder man offers with holy thought and 
speech, with sacrifice, with oblation, and with sacred for- 



\, The author, Am, Journ. ofPhilol. XI. 331 0. 



250 C0NGR£S international DES ORIENTALISTES- 

mula [yajnsd)^ may Perdition {nirrti), united with death, 
slay his oblation before it has taken eflfect'. 

The sorcerer, Perdition, and the demon, they shall kill 
his truth with their falsehood. The gods (themselves) egged 
on by Indra, shall curdle his ghee. May not that succeed 
which yonder man sacrifices'. 

In a most remarkable statement, AV. 7. 5. 6, 7. the gods 
themselves, whom the Hindus picture, familiarly as per- 
forming sacrifices, are said to have used the now magical 
ifihai^ya-hymn in order to obtain the highest success : 

' With man as the oblation the gods spread their sacri- 
fice — but there is a sacrifice more powerful than that, 
namely when thy sacrificed with the vihavya-hymn . 

' In vain did the gods in many ways sacrifice, even with 
a dog, and even with the limbs of a cow...' 

This curious passage tells us that the magic effect of the 
i'lhavya-hyran is greater than the most approved offering, 
highest among them the human_sacrifice. The ordinary 
animal sacrifices {paQubandha) of the Hindus include in 
addition to pure domestic animals also the horse, sacrifi- 
ced in behalf of royalty, and the man sacrifice which is a 
phantastic theoretical extension of the idea that man is him- 
self one oiihe pagu [hoX pecu). As a matter of fact man is at 
the right moment always ransomed [nis-kri) with a lower 
animal. But what about a dog for sacrifice — horribile 
dictu ! There is nothing like it elsewhere in Vedic litera- 
ture. The dog is impure, unfit for sacrifice [amedhya]. 
When the Law-books desire to paint the degradation otthe 
canddla^ the lowest caste man, they place him between the 
dog and the jackal. I have little doubt but what this is a puzzle 
headed allusion to the famous sacrifice of the young 
Brahman (^unahcepa. This, as a matter of fact, never 
came ofi", because (^unahcepa freed himself through 
ardent prayers to the gods, when already tied to the stake, 
and when the sacrificial five was being carried around 
the victim. The Atharvan writer employs it as the climax of 
the human sacrifice, but ignorantly substitutes the stem 



I 



PREMIERE SECTION 2S1 

fttw'dog'forCunahcepa which means' dog-tail' (Kjvdsojpa). 
The idea of conflicting prayers and sacriflces finally 
passes out of the Veda with the slow ' twilight of the gods' 
which shifts the centre of interest from myth and sacrifice 
to the theosophic speculations of the Upanishads. For the 
time being the personal gods are submerged togetherwith 
the soma which makes them drunk, and the ghee, ladled 
out with the sacrificial spoon, which makes them sated 
[irpta). When they emerge again in later Hinduism the 
risky question about their omnipresence, of which the Ri- 
shis and Brahmav^dins of the Veda have made a sad botch 
is, as far as I know, never asked a second time. 



UEBER DEN 
SPRACHLICHEN CHARAKTER DES PALI 

VON 

E. WINDISGH • 



Ueber das Wesen des P4li zu sprechen werde ich durch 
die gelehrte Schrift « P&li und Sanskrit » von O. Franke 
(Strassburg 1902) veranlasst. Franke giebt ein geogra- 
phisch angeordnetes Verzeichniss der altesten in PAli und 
Prakrit abgefassten Inschriften und Miinzlegenden (ohne 
ihren Wortlaut) : indem er die dialektischen Eigenthiim- 
lichkeiten der Inschriften mit dem literarischen P^li ver- 
gleicht, glaubt er mit grosserer Sicherheit als bisher den 
Ursprung des PAli bestimmen zu konnen. Das Ergebniss 
ist, dass aller Wahrscheinlichkeit nach der Dialekt von 
Ujjayini dem literarischen P^li zu Grunde liege. 



I. — Das Sanskrit. 

Ehe ich dieser Frage niiher trete, schicke ich einige 
Bemerkungen iiber Franke's Theorie vom « secundaren 
Sanskrit » voraus, die er gleichfalls in der erwahnten 
Schrift entwickelt hat. Vielleicht hat man eine Zeit lang 
Pali und Sanskrit etwas zu sehr getrennt studiert. Will 
man die Geschichte Indiens verstehen, so muss man PAli 
und Sanskrit, Buddhismus und Brahraanismus nicht nur 
in ihrem Gegensatz, sondern auch in ihrem Nebeneinander- 
bestehen betrachten. Eine lichtvolle Betrachtung dieser 
Art bietet die Schrift von R. G. Bhandarkar « A Peep into 
the early History of India from the foundation of the Mau- 



PRE.Ml£»IE SECTION 353 

rya Dynasty to the Downfall of the Imperial Gupta Dy- 
nasty », Bombay 1900, mit der ich mich in vielen Punkten 
einverstanden erkliiren kann. F'ranke fussl auf denselhen 
Thatsachen, hat aber meines Erachtens mehr aus ihnen 
geschlossen, als sie gewahrleisten. 

In Sanskrit abgefasste Inschriften setzen in griJsserer 
Zahl erst im 4. Jahrhundert nach Chr. ein, wShrend die 
jilteren Inschriften mit wenigen Ausnahmen in altera Pra- 
krit abgefasst sind. Franke deutet diese Thatsache dahin, 
dass das Sanskrit vom eigentlichen Indien zeitweilig ganz 
verschwunden gewesen sei (S. V.) • Vom 3. vorchristlichen 
Jahrhundert bis zum 4. nachchristlichen Jahrhundert sei 
Pali, im weiteren Sinne des Wortes, die herrschende 
Sprache gewesen. Das Sanskrit habesichnur in Kashmir 
gehalten (S. 88) und sei von da aus allmahlich in das Pali- 
Gebiet eingedrungen, wie er an dem Eindringen von Sans- 
kritformen in die Prakrit- Inschriften zu erkennen glaubt. 
Und dieses von Kashmir aus neu eingedrungene Sanskrit 
nennt Franke das secundare Sanskrit. 

In gewissem Sinne ist dies ein Wiederaufleben von 
Max Miiller's Renaissance-Theorie, die Biihler durch 
seine bekannte Abhandlung « Die Indischen Inschriften 
und das Alter der Indischen Kuntspoesie », Wien 1890, 
widerlegt glaubte. Bei dieser Gelegenheit gestatte ich mir 
zu bemerken, dass ich den Ausdruck « brahmanische 
Renaissance » schon vor Max Miiller gebraucht habe, in 
meiner Leipziger Antritlsvorlesung « Ueber die brahma- 
nische Philosophic », gedruckt in der einst bei S. Hirzel 
erschienenen Wochenschrift « Im neuen Reich », 1878, Nr. 
21. Ich bezog diesen Ausdruck aufdie starke Reaction des 
Brahmanismus gegen den Buddhismus in der Mitte des 

1. Senart geht io seinen iateressanten Ausfiihrungen uber das « mixed 
Sanskrit » nicht ganz so wcit, wenn cr Ind. Ant. XXII 2'i7 sagt, dass in 
dea Zeiten dieses mixed Sanskrit « Literary Sanskrit did not exist, I 
mean for current use » : es koiumt darauf an, was man unter «< current 
use » versteht, vgl. ibid., p. 250, wo Senart die Existenz des Sanskrit « in 
the close circle of the schools » zugiebt. 



254 CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

ersten Jahrtausends nach Chr. wie sie besonders in der 
philosophischen Literatur hervorgetreten ist. 

Wenn man vom 3. vorchristlichen bis 4. nachchristlichen 
Jahrhundert spricht, so handelt es sich um die Bliithezeit 
des Buddhismus in Indien. Dass in diesen Zeiten ein dem 
PAli ahnliches Prdkrit die iebendige Volkssprache war, 
ist sicher, Auch ist die altbuddhistische Literatur ohne 
Zweifel eben in PAli oder einem dem PSli ahnlichen Pra- 
krit abgefasst worden. Aber woher weiss man, dass in 
den Gangeslandschaften, dass in Benares oder in den aus 
den Epen so bekannten Stadten Ayodhy^ (Oudh) oder 
PraySga (Allahabad) das Sanskrit ganzlich geschwunden 
war? Die buddhistische Literatur spricht selbst dagegen. 
Die in einem Sanskrit abgefassten Werke wie Lalitavis- 
tara, Saddharmapundarika, PrajMpSramita, die in Hand- 
schriften aus Nepal erhalten sind, miissen innerhalb jenes 
Zeitraums entstanden sein, wenigstens sind sie bis jetzt 
nicht friiher oder spater angesetzt worden. Ein Abhini§- 
kramanasutra, das dem Lalitavistara nahe verwandt ist, 
wurde schon um 70 nach Chr. ins Ghinesische iibersetzt. 
Das Buddhacarita des As'vaghosa, der unter Kaniska lebte, 
fallt in dieselben Zeiten, selbst wenn Kaniska nicht im 1. 
sondern erst im 2. Jahrhundert nach Chr. geherrscht 
haben sollte, wie V. A. Smith* annimmt. As'vagho$a 
stammte aus Benares und war nach der Tradition ein in 
den Veden, den sechs Sdstra und im Vydkarana bewander- 
ter Brahmane. Seine Biographic wurde nach Wassiljew's 
Angaben schon zwischen 387 und 417 ins Ghinesische 
iibersetzt. Keines der genannten Werke, und weder das 
brahmanische Sanskrit des As'vaghosa noch das gewohn- 
liche buddhistische Sanskrit weist auf Kashmir bin. Dass 
das gute Sanskrit um 150 nach Chr. in Indien nicht ausge- 

i. History of Indian p. 225 ff. Auch A. Stein setzt Kani^k^ in den Anfang 
des 2. Jahrh. nach Chr., in seiner interessanten Abhandlung « White 
Huns and kindred tribes, p. 8 {Ind. Ant. 1905). VoUstandig sicher ist 
dieser Ansatz nicht, aber das 2. Jahrh. ist mir wahrscheinlicher, als das 
3. Jahrh., fur das Bhandarkar eingetreten ist. 



PREMltRE SECTION SS8 

storben war, beweist die beruhmte bei Junagadh in 
KAlhiawAr (Gujarat) gefundene Inschrift des MahAksdtrapa 
Rudraddman, aui' der Candragupta und Asoka erwahnt 
werden, und die zuletzt von F. Kielhorn in Vol. VIII der 
Epigraphia Indica behandelt worden ist. Wenn auch die 
in Sanskrit abgefasste metrische Pras'asti auf einer In- 
schrift des Sonnentempels zu Mandasor (80 Meilen nord- 
westlich von Ujjayint) erst aus dem Jahre 474 nach Ghr. 
stammt, so diirfen wir doch mit Biihier sagen, dass sie 
eine lange Pflegedes Kunstgedichts voraussetzt. Hat doch 
R. Pischel in seiner Abhandlung « Die Hofdichter des 
Lak^manasena » die pras'asti des klassischen Sanskrit auf 
die ndrds' amsl und ddnastuti der vedischen Zeit zuriick- 
gefiihrt. 

Buddhaghosa, der Commentator des Pdli-Kanons, der 
im Anfang des 5. Jahrhunderts nach Ghr. lebte, stammte 
aus Magadha und war wie As'vagho^a vor seiner Bekeh- 
rung ein gelehrter Brahmane, der die drei Veden kannte. 
Konnen wir uns iiberhaupt denken, dass Jahrhunderte 
lang in Indien ausserhalb Kashmir's der Veda nicht ge- 
pflegt worden ware? Die weite geographische Verbreitung 
der vedischen Schulen*, deren Bedeutung fiir die Entwi- 
ckelung der ganzen altindischen Literatur und andere 
Erwjigungen sprechen dagegen. Allerdings war Samu- 
dragupla, der ungefiihr 345-380 regierte, der erste, der 
nach langer Pause, wie ausdriicklich hervorgehoben 
wird, wieder ein Rossopfer darbrachte (s. Bhandarkar, 
a. a. O. p. 37), nach V. A. Smith {Journ. R. A. S. 1897, 
p. 22) n<'irdlich von Oudh. Aber der as' vamedha war ein 
Opfer besonderer Art, das nur einem siegreichen Kdnige 
zukam : einen solchen vedischen Glaubens halte es eben 
lange nicht gegeben. Vermuthlich war i'usyamitra, der 
Begriinder der S'unga-Dynastie um 178 vor Ghr., der 
letzte, der dieses Opfer dargebracht hatte. Sein Rossopfer 
in Vidisd wird im 5. Akt des Dramas MAlavikagnimitra 

1. Vgl. L. r. Schrocder, MaUr. Samh. S. XIX ff. 



256 C0NGR6S INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

erwahnt (vgl. A. Weber, Ind. Stud. XIII, 310). Die vedis- 
chen Opfer, assamedha an der Spitze, Avaren in den bud- 
dhistischen Zeiten wohlbekannt, s. Samyutta-Nik^ya, ed. 
Feer, I p. 76, Itivuttaka, Gap. 27. Ebenso bemerkt man in 
der Dharma-Literatur keinen Bruchin der Tradition. Dass 
die arischen Inder in irgend einem Theile Indiens jemals 
ohne den brahmanischen Dharma gewesen seien, ist ganz 
undenkbar, zumal die Buddhisten den^veltlichen Dharma 
nicht abgeschafFt, im Gegentheil ihm viele Bestimmungen 
entnommen haben. Dass zeitweilig allein Kashmir die 
Hochburg des Sanskrit und mit ihm des alten Brahma- 
nenthums gewesen sei, ist unbeweisbar und hochst 
unwahrscheinlich. Dagegen spricht unter Anderem die 
bekannte Stelle im MSnavadharmas'tlstra II 17 fF. iiber das 
Indien, dessen Sitte und Brauchfiir den Brahmanen mass- 
gebend ist. In seiner weitesten Ausdehnung ist es das 
Land zwischen Himalaya und Vindhya-Gebirge, vom west- 
lichen bis zum ostlichen Meere. Kashmir ist eingeschlos- 
sen, wird aber nicht ausdriicklich genannt. Wir wollen 
die Bedeutung Kashmir's fiir die Indologie durchaus nicht 
unterschatzen. Biihlerhat in seinem beriihmten Report auf 
die handschriftlichen Schatze hingewiesen, die sich in 
diesem abgelegenen, von hohen Bergen ungebenen Lande 
erhaiten haben. Schon zuvor hatte Roth von dorther die 
alte Handschrift des Atharvaveda erlangt, die dann von 
Garbe und Bloomfield veroffentlicht worden ist. Auf alten 
Handschriften aus Kashmir beruht v. Schroeder's Ausgabe 
des K4thaka. Das vor Kurzem von Hertel verofFentlichte 
alteste Manuscript des Pancatantra stammt aus Kashmir. 
Und auch durch A. Stein's Bearbeitung der Rajatarangini 
ist das Interesse fiir Kashmir in hohem Grade erregt wor- 
den. Aber alles dies berechtigt noch nicht zu der Behaup- 
tung, dass das Sanskrit eine Zeit lang nur noch in Kash- 
mir lebendig gewesen, und dass Kashmir die Heimat des 
M secundiiren Sanskrit » gfewesen sei. Franke hat zu dieser 
seiner Vermuthung S. 88 selbst hinzugefiigt : « wofiir 
resp. wogegen aber beim Fehlen alter Documente weder 



PREMIERE SECTION 2S7 

Belege noch Gegenbeweise beizubringen sind ». Als ein 
Gegenbeweis darf angesehen werden, dass in Kashmir 
genau so wie iiberhaupt im nordlichen Indieii in den zwei 
letzlen Jahrhunderten vor Chr. und in den zwei ersten 
nach Chr. der Buddliismus vorgeherrscht hat*. In Gan- 
diiAra, also in unmittelbarer Nahe von Kashmir, ist die 
Wiege der graeco-buddhistischen Kunst, iiber die uns 
jelzt das schone Werk von A. Foucher, L'ArtGreco-Boud- 
dhique du GandhAra (Paris 1905) in glanzender Weise 
unterrichtet. Die Bliithe dieser Kunst fallt nach Foucher, 
p. 42, vor die 2. Htilfte des 2. Jahrh. nach Chr. 

Wenn die Inschriften des Asoka in einem dem PAli 
ahnlichen Prtikrit abgefasst sind, so kann dies nicht Wun- 
der nehmen bei einem buddhistisch gesinnten Kiinige und 
bei Erlassen, die nicht nur fur die gelehrten Kreise, son- 
dern fiir alle Unterthanen bestimmt waren. Was aber das 
PrAkrit auf den iiltesten Miinzen anlangt, so ist noch zu 
bedenken, dass die ^Miinzenpragung aus dem Ausland 
stammt, dass die Fursten, denen sie angehOren, zum gros- 
sen Theil nicht indischen Ursprungs waren. Von solchen 
Konigen wiire nur dann Sanskrit zu erwarten, wenn sie 
brahmanisch gebildet und den Hrahmanen zugethan 
gewesen waren. Der Schluss ex silentio ist immer 
unsicher. In den Stiidten und in den grama wird es unziih- 
lige Brahmanen gegeben haben, die die alte Literalur und 
mil ihr das Sanskrit in der Weise ihrer Viiter fortfiihrteu. 
Nicht das ganze Indien war buddhistisch geworden. 

Ganz abgesehen von der vedischen Literatur, ist vom 
DharmasAstra, von den phiiosophischen Systemen der 
Brahmanen, von den alien Epen in keiner Weise erwiesen, 
dass sie jemals in einer PrAkritform vorhanden gewesen 
wilren. Wohl sind PrAkritdialekte zu Literatur-sprachen 
geworden, aber doch nur fiir gewisse neue Gebiete. 
Sehen wir ab von der religiusen Literatur der Bauddha 
und der Jaina — letztere erst im Jahre 454 nach Chr. 

I. Vgl. V. A. iimilh, History of India p. 264. 

I 11 



258 eONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

aufgezeichnet, — so wissen wir Bestimnites aus alterer 
Zeit doch nur von wenigen Werken. In erster Linie 
kommen in Betracht das verlorene in Pais'Aci abgefasste 
Fabelwerk Brhatkathd des Gunadhya und das Saptas'ataka 
des H41a, beide mit einem Sanskrit-Titel. Auch das erstere 
Werk soil unter dem Andhrabhrtya-Konig Hala entstan- 
den sein, der nach V. A. Smith, History of India p. 185, 
im 1. Jahrhundert nach Ghr. geherrscht hatte *. Die ande- 
ren, gleichfails zur schonen Literatur gehorigen Werke, 
Setubandha, Gaudavaho, sind erst in spateren Zeiten 
entstanden, das zuletzt genannte erst im 8. Jahrhun- 
dert. Gewiss hat es schon in friiherer Zeit Werke 
dieser Art gegeben (das Saptas'ataka ist eine Auswahl aus 
einer Unzahl zuvor schon vorhandener solcher Verse, 
A. Weber, Saptas' an. S. X), abervon einer stofflich weiter 
ausgedehnten, alien Bediirfnissen entsprechenden, ganz 
Indian deckenden Literatur in Prakrit in der Zeit vom 
3. Jahrh. vor Ghr. bis zum 4. Jahrh. nach. Ghr. wissen 
wir Nichts. 

Franke hat selbst seine Theorie wesentlich einges- 
chrankt, ja beinahe aufgehoben, wenn er S. 49 nur davon 
spricht, dass im 3. Jahrh. vor Ghr. und noch geraume 
Zeit danach auf der vorderindischen Halbinsel unterhalb 
des Himalaya und auf Geylon kein irgendwie geartetes 
Sanskrit « als allgemeine Landessprache der arischen 
Bevolkerung » in irgend einer Provinz vorhanden gewesen 
sei. Selbstverstandlich kann davon keine Rede sein, dass 
im 3. Jahrh. vor Ghr. das Sanskrit irgendwo « allgemeine 
Landessprache » gewesen sei. Die Volksdialekte der 
indischen Arier batten schon viel. friiher, schon zu Bud- 
dha's Zeiten, in ihrer natiirlichen Entwickelung die San- 
skrit-Stufe verlassen. Das gilt aber auch von der Sprache 
Kashmir's*. Wirhaben nichtden geringsten Anhalt dafiir, 

1. Vgl. Biihler's Bemerkuogea iiber den Dialekt tod Kashmir, Report 
p. 83 ff. 

2. Vgl. G. Buhlcr, Report p. 47. Auch Pischel, Gramraatik der Pra- 
kriuSpracbea S. 29, ncnnt dea Gunadhya einen Siidinder: sein Werk sei 



i'KEMltlRE SECTION »$ 

dass die Kds'mlrt sich wesentlich anders oder in anderem 
Tempo entwickelt hiilte als die iihrigen arischen Dialckte 
Indiens. Jedenfalls ist nicht zii heweisen, dass sich das 
Sanskrit oder die Sanskrit-Stufe in Kashmir als aiigemcine 
Landessprache langer erhaiten habe, als anderswo. 
Auch in Kashmir kann das Sanskrit im 3. Jahrh. vor Chr. 
nur die Sprache der alten Literatur und im Anschluss 
daran der Brahmanen und der s'is/a gewesen sein. 

Franke spricht ferner von einer Zeit der « fiir uns 
latenten Incubation » des Sanskrit (S. V.). Dieser Aus- 
druck ist vom Verlaufe anstcckender Krankheiten herge- 
nommen. Der ansteckende Stoff, um im Bilde zu bleiben, 
war in Gestalt « brahmanischer Einzelindividuen oder 
Colonieen » (S. 73) schon lange vorhanden, ehe es so zu 
sagen zum Ausbruch der Sanskrit-Krankheit kam. Zu dieser 
Annahrae sieht er sich veranlasst durch das Auftreten 
von Sanskritismen in den PrAkrit-Inschriften. Nun setzen 
aber nacii Franke S. 50 ff. die Sanskrit-Inschriften und 
die Sanskritismen bereits im ersten Jahrh. vor Chr. ein. 
Soil diesen aber noch eine « Incubationszeit » vorausge- 
gangen sein, so wiirde nach Franke's eigenen Angaben, 
vom 3. Jahrh. vor Chr. an gerechnet, kaum mehr als ein 
Jahrhundert sanskritlose Zeit iibrig bleiben. Es wurde 
sich also Franke's Theorie auf das 3. oder hOchstens 
noch das 2. Jahrh. vor Chr. zuspitzen. Fiir diese Zeiten 
iallt aber das MahdbhS^ya ins Gewicht, das schwerlich in 
Kashmir entstanden ist oder nur ka^mirische Gelehrsam- 
keit reflectiert, und dessen Reichlhum an literarischen, 
geographischen und historischen Angaben A. Weber 
in seiner grossen Abhandlung « Das MahAbha«;ya des Pa- 
tafijali » ans Licht gezogen hat [Ind. Stud., XIII 293, ff.). 
Kashmir spielt darin nur eine untergeordnete Rolle. 



Ewnr von Somadeva und K$emendra in Kashmir beoatzt worden, aber 
uiclit dorl entstanden. Andrerscits scheiul das, waH wir vun den Graiuiii.i- 
tikern iibcM- die Puisuci crfuhren, nach Grierson, The iMnguages of India 
p. <i'i IT., zu dco Kashmir beuachbartcn Dialeklea xu slimmeu. 



260 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Sanskritismen setzen nicht nur das Vorhandensein, 
sondern sogar eine gewisse Ueberlegenheit des Sanskrit 
voraus. Denn eine Sprache beeinflusst nur dann eine 
andere, weun sie der anderen irgendwie iiberlegen ist, 
oder besser gesagt, wenn diejenigen, die sie reden, den 
Anderen sei es literarisch oder culturell oder politisch 
iiberlegen sind. Das Eindringen des Sanskrit in das Pali, 
der Sieg des Sanskrit iiber das Pali ist ein Ausdruck des 
Erstarkens und der Starke des Brahman enthums. Die San- 
skritismen im literarischen Pdli, die zahlreichen Tatsama 
in den verschiedenen literarisch gewordenen Pr^krit- 
dialekten sprechen unwiderleglich dafiir, dass das San- 
skrit immer in einflussreicher Weise neben dem Prakrit 
gestanden hat, Wenn das Sanskrit nicht vor dem 1. 
Jahrh, vor Ghr. auf Inschriften erscheint, so bedeutet 
dies zuniichst nur, dass es bis daliin nicht zu Inschriften 
benutzt wurde. Es war das urspriinglich nicht die Sphare 
des Sanskrit. Auch das eigentliche P^li der religiosen 
Schriften erscheint nicht auf den Inschriften, sondern die 
Erlasse des Konigs Asoka sind, zum Theil nach der Land- 
schaft verschieden, in volksthiimlichen Dialekten abge- 
fasst. 

Etwas ganz Anderes ist, wenn man sagt, dass die Brah- 
manen und das Sanskrit im religiosen und politischenLe- 
ben eine Periode lang an zweiter Stelle standen, wie schon 
Lassen und neuerdings Bhandarkar ausgefiihrt haben*. 
Es ist die Periode der Praponderanz des Buddhismus. 
Die Lehre Buddha's wurde zuerst nur in PAli oder einem 
alten Prakrit verkiindet. Erst spiiter ist das Sanskrit auch 
auf dieses Gebiet iibertragen worden, wahrscheinlich in 
denselben Zeiten, in denen die ersten Inschriften in San- 
skrit auftauchen. Als die Buddhisten zura Sanskrit griffen, 
da fehlte ihnen diegriindliche SchulungderBrahmanen' : 

i. Vgl. auch V. A. Smith, History of India p. 264. 

2. Meiue Ansichten sind hier gar nicht so weit entfcrnl von dencn 
Senart's, Ind. Ant. XXI, 249. 



premi(:re section mi 

daher ihr incorrectes Sanskrit, in dem sich andrerseits 
stilistisch die feierliche UmstUndlichkeit ihres Denkens 
wiederspiegelt. As'vaghosa, der geborene Rrahinane, war 
eine glanzende Ausnahme. 

Dass zu Buddha's Zeit Rrahmanen in Magadha und den 
angrenzenden Landschaflen vorhanden waren, dies zu 
beweisen ist nach R. Pick's Ruche « Die sociale Gliederung 
im nordOstiichen Indien zu Ruddha's Zeit » nicht nOthig. 
Im AssalAyanasutta bekiimpft Buddha das Kaslenvorur- 
theil der Rrahmanen. Wenn Ruddha lehrt, dass es nicht 
auf die Kaste der Geburt sondern auf die innere Tiichtig- 
keit ankomme, so hat er damit nicht das Kastenwesen 
abgeschafft. Fiir den Monch kam die Kaste nicht mehr in 
Retracht, aber im weltlichen Leben blieb der Kasten- 
unterschied auch wiihrend der Rliithezeit des Ruddhismus 
bestehen. Megaslhenes, der sich in Piltaliputra aufhielt. 
hat die ppaQd/ova; und die aapixivai; scharf von einander un- 
terschieden(Megasthenis Indica, ed. Schwanbeck, p. 136), 
und was er von der Lebensweise der Rrahmanen sagt, 
entspricht genau den Vorschriften des Dharma und der 
Grhyasutra, Rrahmanen mitihren Sanskritregeln sind also 
fiir das ausgehende ^. Jahrh. vor Chr., die Zeit des Gan- 
dragupta, erwiesen. Auch in Asoka's Edicten werden 
die Rrahmanen erwiihnt und zwar auch hier, im 3. 4. 
8. 9. 13. Edict, in der Zusammenstellung samana-bam" 
bhana oder bambhana-samana. Um 178 vor Chr. brachte 
Pu§yamitra ein Rossopfer dar (s. S. 255), nach dem DivyAva- 
dAna verfolgte er die Ruddhisten. Wie kann man glauben, 
dass die Rrahmanen von da an mit ihrem Sanskrit ver- 
schwunden seien? Die Rrahmanen haben mehr als grosse 
KOnige dem indischen Volke seine nationale Einheit 
gegeben. Neben den Rhikkhus des Ruddhismus hat es 
immer auch die Rrahmanen gegeben, bis zulet/t es die 
Ruddhisten waren, die vom indischen Boden verschwun- 
den sind. Achthundert Jahre nach Pusyamitra wanderte der 
chinesische Pilger Hiuen Thsang in der ersten Hiilfte des 
7. Jahrh. nach Ghr. durch Indien. Es war abcrmals die Zeit 



262 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

eines grossen Konigs. Nach dem Berichte des chinesis- 
chen Pilgers [Memoires sur les Contrees Occidentales , I, 
p. 257, ff.) wiirde Konig Harsavardhana' in ahnlicher 
Weise wie Asoka, nachdem er seine Herrschaft in langen 
Kriegen befestigt und erweitert hatte, sein Augenmerk auf 
die innere Wohlfahrt gerichtel habe. Er veranstaltete eine 
grosse Festversammlung, wobei s'ramana und brdhmana 
in grosser Zahl gespeist vvurden. Aber er begiinstigte 
die Buddhisten, baute stiipas und sanghdrdmas. Die 
Brahmanen warden eifersiichtig und machten eine Ver- 
schwSrung gegen das Leben des Konigs. Dieser totete sie 
nicht, sondern verbannle nur fiinfhundert aus seinem 
Reiche. Im 7. Jahrh. nachChr. das Bild eines paritatischen 
Staates, unter einem Konige, der beiden, den Buddhisten 
wie den Brahmanen, gerecht zu werden bestrebt ist, wenn 
er auch in seinem Herzen den ersteren zugethan war. 
Dem entspricht auch, dass ihm ein Drama buddhistischen 
und eines brahmanischen Gharakters zugeschrieben wird. 
Aber welcher Abfall vom urspriinglichen Buddhismus, 
welcher Einfluss des Bralimanenthums spricht sich darin 
aus, dass das Drama fiir die Lehre Buddha's benutzt wirdt ! 
Aus Hiuen Thsang's Beschreibung des beriihmten KIos- 
ters N&landa, das nicht weit von RSjagaha, der alten 
Hauptstadt von Magadha, gelegen war, ersehen wir, wie 
sehr sich der damalige Buddhismus der brahmanischen 
Gelehrsamkeit genahert hatte [Memoires II, p. 45 ff., vgl. 
Kern, Buddhismus II, p. 69). Der Einfluss der brahmani- 
schen Literatur beginnt schon in den J^takas, Avenn in 
diesen das RamSyana und andere Stoff'e brahmanischen 
Ursprungs den Auschauungen der Buddhisten dienstbar 
gemacht werden. Liiders und Hardy haben in evidenter 
Weise die Beziehungen von JMakas zu Stoffen des MahS- 



1. Nach Hiuen Thsang, ilfem. p, 247 ff., war dieser Konig ein Vais'ya. 
Der Bodhisattva Avalokites'vara warnte ibn, den Titcl Mahiiraja anzu- 
nehmeD ; er nahm daher den Titcl Siladitya (Sonne der Moral) an, in dem 
sich seine Hinneigung zum Buddhismus ausspricbt. 



PR EM 1 1- RK sErrroN 10 

bhArata und Ilarivarpsa nachgewicsen*. Kielhorn fand 
sogar literarische Zusammenhange zwischen den Jdtakas 
und dem MahAbhAsya. Wo immer ein Lichtblick in das 
Dunkel der inneren Verhiiltnisse der indischen Lander 
f&llt, sehen wir dieses Nebeneinander der Buddhisten und 
Brahmanen. Dass bald die Einen^ bald die Anderen obe- 
nauf waren, ist fiir Kashmir unter der Regierung des 
Konigs Abhimanyu bezeugt [Hdjatar. I, 177 ff.), der bald 
nnch Kaniska regicrte, also in den ersten Jahrhunderten 
nach Ghr. Im Jahre 21)0 nach Chr. kamen die Gupta in den 
mittlerenLiindern Nordindiens zur Herrschaft, ein Vai§'ya- 
Geschlecht. Sie \yaren Vaisnava, aber sie liessen auch den 
Buddhisten ihren Schutz angedeihen, wie schon Lassen 
hervorgehoben hat [Indische AUerthumskunde^ II, 949, 
980). Aus Takakusu's Schrift « The Life of Vasubandhu by 
ParamArtlia (A. D. 499-569) » erhellt dass Konig VikramA- 
ditya von Ayodhyd, der Vorgiinger Balftditya's, anfangs auf 
Seiten der hrahmanischen SAinkhya-Schule stand, bis er 
durch Vasubandhu liirden Buddhismusgewonnen wurde 
(vgl. Bhandarkar, p. 44). Also auch bei den Gupta ein 
Schwanken der Gunst. Buddhisten und Brahmanen waren 
einander auf dem Gebiete der Philosophic nahe geriickt. 
Schon Lassen hat die im Allgemeinen gewiss richtige 
Bemerkung gemacht (a. a. O. S. 941), dass Gebrauch des 
Sanskrit und des Prakrit sich nach dem Glauben der indis- 
chen Fiirsten gerichtet babe. Von einer Renaissance der 
Sanskrit-Literatur kann nur in dem Sinne die Rede sein, 
dass das Brahmanenthum mit Veda und Sanskrit wieder 
mehr obonauf kam und mil neuen Impulsen eine neue 
Bliithe der Sanskrit-Literatur entwickelte. Ihre charakte- 
ristischste Erscheinung ist « die gelehrte Dichtung », 
mit einer Sprache, « welche durch grammatisches Stu- 

1. H. Liiders, Die Sage von llsraiirnga, G6U. Nachr. 1897, S. 87 ff. ; 
Die Jdtakas und die Epik, Zeitschr. der D. M. G. LVIII 687 ff.; E. Hardy, 
Eine huddhistische Hearbeitnng der Krfna-Sage, ibid. LIII 2'> If. ,* 
V. Kiclliorn, The Jdtakas and Sanskrit Grammarians, Journ. It. A. 5. 
1897 p. 17 ff. 



264 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

dium gereinigt sich den Regeln PSnini's anpasst ». 
Auch Jacobi, dessen Worte dies sind [Jenaer Litera- 
ttirzeil. 1879, S. 191), datiert diese Zeit von 300 nach 
Chr. an. Wenn am Anfang dieser Periode sogleich 
Meisterwerke wie Mrcchakatik^ und die Werke des Ksili- 
d^sa stehen, so ist dies ein Fingerzejg dafiir, dass ihnen 
fiir uns verloren eine auf diese Hohe fiihrende lite- 
rarische Entwickelung voraus gegang^en ist. Kalidasa 
selbst nenntim Prolog zum Drama M^lavikSgnimitra seine 
Vorganger. Ebenso setzen die iiltesten Gommentare der 
philosophischen Systeme, die neuen Werke des Dharma 
eine vorausgegangene fortgesetzte Pflege dieser Discipli- 
nen voraus. Die Stagnation in der Sanskrit-Literatur ist in 
jenen nur fiir uns stummen Zeiten nicht so gross gewesen, 
als seibst Bhandarkar anzunehmen scheint. Die Arbeit 
jener Zeiten ist verloren gegangen, weil sie durch Besse- 
res ersetzt worden ist. 

Das Wesen des Sanskrit bildet ein Problem fiir sich. 
Die Zeit, in der sein Zustand in Lauten und Formen einer 
Volkssprache entsprach, liegt weit hinter Buddha's Zeit 
zuriick. Denn schon Buddha's Sprache verhielt sich zum 
Sanskrit wie ein altitalienischer Dialekt zum Latein. Fiir 
das hohe Alter der Sanskrit-Stufe spricht unter Anderem 
das Perfectum, das im Pali und im Prakrit bis auf wenige 
Reste aufgegeben ist. Wir miissen die Zeit, in der die 
arischen Volkssprachen Indiens auf der Sanskrit-Stufe 
standen, jenseits des Jahres 500 vor Chr. suchen. Es wird 
besonders die Sprache der Brahmanen der Kuru-PaiicSla 
in Betracht kommen. Das Pali zeigt uns offensichtlich, 
wie eine alte Sprache neben der in natiirlicher Weise sich 
weiter verandernden Volksprache festgehalten wird. Die 
Lehre Buddha's wurde formuliert, zu einer Literatur 
ausgebildet, und an dieser Literatur ist auch die Sprache 
des Buddha und der Thera fiir den religiosen Gebrauch 
und fiir die Fortsetzung der religiosen und philosophi- 
schen Literatur festgehalten worden, wenn auch daneben 
Richlungen aufkamen, die der alten Sprache keinen 



PBEMlfcRE SECTION 26S 

solchen Werth beilegten. Bei der Weltfliichtigkeit des 
Buddhismus ist der Gebrauch des Pdli nicht auf andere 
Dinge als die Heilslehre auBgedelint worden. Auch die 
Sprache des Rgveda ist iiber ihre nati'irliche Zeit festge- 
halten worden, denn neben den iiltcren Hymnen giebt es 
jiingere, die in der Weise der iilteren gedichtet worden 
sind. Aber auch sie ist nicht iiber die Sloffe hinaus, fiir 
die sie zuniichst beibehalten wurde, ausgedehnt worden. 
Anders verhjllt es sich mit dem Sanskrit. Mit Recht 
haben B. Liebich und Andere als diejenige Literatur, 
deren Sprache der Sprache PAnini's am niichsten steht, 
die Brdhmana bezeichnet. Liebich hat im Besondern auf 
das Aitareyabrfthmana hingewiesen. Denn wenn auch alles, 
was Sanskrit genannt wird, einheitlich ist in der ausse- 
renFornijSO liisst sich doch im Gebrauche der F'ormen,in 
der Auswahl der Worter, im Stil und in der Construction 
eine grosse Verschiedenheit beobachten, in der sich doch 
neben dem Geschmack und der Bildung jeder Zeit auch 
die jeweilige Voikssprache wiederspiegein kann. Es sei 
nur aus der spiileren Zeit an den Unterschied in der 
Sprache erinnerl, der zwischen Raghuvains'a, Pancatan- 
tra, Das'akum^racarita, VAsavadattA besteht, weii hier die 
Unterschiede am handgreiflichsten sind. AUein die Haupt* 
frage ist die nach dem ersten Ursprung des Sanskrit. Wie 
das PAli so muss auch das Sanskrit einen ersten Stofl" 
gehabt haben, fiir den es zuerst gebraucht und an dem es 
iiber die Dauer seiner natiirlichen Zeit hinaus festgehal- 
ten worden ist. Diesen Stoff hat offenbar das Ritual 
abgegeben mit allem dem, was in den Bereich des Rituals 
gezogen worden ist. Die altesten ritualistischen Werke 
aber verweisen uns durch ihre geographischen Angaben 
in das Land der Kuru-PahcAla, s. v. Schroeder, MaitrAy. 
Samh. p. XXI ff. Wenn das S'atapathabrAhmana, das Aita- 

" reyabrAhmana und iihnliche Werke auch nicht buchstii- 
blich die ersten Fassungen des StofTs in Sanskrit sein 
worden, so waren die ersten Fassungen doch von dersel- 

|k ben Art, und sind sie in den gcnannten Werken mit auf- 



266 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

gehoben. Es ist bekannt, dass die einzfelnen Theile dieser 
Werke alter sind als das Ganze. Schon so alterthiimliche 
Werke wie das S'atapathabr&hmana zeigen iibrigens ve- 
reinzelt prakritischen Einfluss, so z. B. im Gebrauch von 
ksullaka fiir ksudra (vgl. alia im Pdli fur drdra). 

Das Ritual war aber in Indien ein t'ruchtbares Feld. Es 
warden nicht nur die Vorschriften iiber den Verlauf des 
Opfers formuliert, sondern auch die Griibeleien iiber die 
Bedeutung des Rituals bekamen feste Formen. Am Ritual 
wurde in der Behandlung von Einzelfragen eine Art wis- 
senschaftliche Methode ausgebildet, und diese auch auf 
andere Gebiete iibertragen, mit zuerst auf den Dharma, 
das Recht. An rituale Vorstellungen kniipften sich philo- 
sophische Gedankengange an. Da die Opfer auch in den 
Sagen eine Rolle spielten, bekamen auch diese einen 
Zusammenhang mit dem Ritual und seiner Behandlung. 
So ist das Sankrit von Gebiet zu Gebiet iibertragen wor- 
den. Alles, was in den Interessenkreis der brahmanis- 
chen Priester trat, ist in ihrem Sanskrit behandelt wor- 
den, selbst das nationale Epos, an dem wir uns so gern 
das Volk betheiligt denken. Geschichtliche Sagen und 
Legenden mogen zu jeder Zeit auch in der Volkssprache 
erzahlt worden sein, aber das Mahabharata ist gewiss 
schon in seineit iiltesten Theilen von Anfang an in Sanskrit 
concipiert worden. Erst recht das erste grosse Kunstge- 
dicht, das RAmayana. Ein Bhdrata wird schon zu Bud- 
dha's Zeit vorhanden gewesen sein. Bharata und RAmayana 
werden im Commentar zum Brahmajalasutta ausdriicklich 
unter den Dingen aufgezahlt, von denen sich der Jiinger 
Buddha's fern halten soil. Es ist dies ein charakteristi- 
scher Beleg fiir die engherzige Consequenz des alten Bud- 
dhismus, mit der auch die Beschrankung des PAli ebeu 
nur auf Buddha's Heilslehre zusammenhiingt. Im Texte 
finden sich nur die Ausdriicke akkhdnam und yuddha- 
kathd, Brahmajdlasutta (P. T. S.) § 13, § 17, der Commen- 
tar erklart sie durch Bhdrata-Rdmdyanddi^ Bhdrala- 
Rdma-yuddhddi. Ebenso wird samphappaldpo § 9 im 



PIIEMIRRE: SP.CTION 267 

Gommentar mil Bhdratayuddha-Sllfikoranddi-niraltha- 
kakathci-purekkhdratd erkliirt. 

Bedenken wirden Antheil. den der yaj'amdna, d. i. der 
KiSmg und der reiche Mann, im Ritual am Opfer hat, 
bedenken wir die Stellung des purohita im Nause der 
Vornehmen, so werden wir verstehen, dass auch die 
Vornehmen, die Angehcirigen der Kriegerkaste des Sans- 
krit kundig waren. Ueber reiigitise GegenstUnde wird 
derVerkehr zwischen hrahmana und ksattriya von Alters 
hernur in Sanskrit staltgefunden haben'. Die Pflege der in 
Indien vorwiegend sagen- und legendenhaften geschicht- 
lichenTraditionen war gleichfallsdem hrahmana und dem 
ksattriya gemeinsam. Das zeigt sich auch in der Rahmen- 
er/iihlung des Mah&bhdrata, in der neben den alten Rsis 
in der Gestalt des Sauti der Stand der Wagenlenker der 
Fiirsten in bedeutsamer Weise auftritt. Dass die Heimat 
des MahAbhArata im Lande der Kuru-PaiicAla, um HastinA- 
pura herum, dem Sit/e der Konige des Somavams'a, oder 
nicht weit davon, — die Heimat des RAmAyana in 
AyodhyA, dem Sitze der Kdnige des Suryavaijis'a aus dem 
Geschlecht des IksvAku, zu suchen ist, geht aus dem 
Inhalt dieser Werke hervor. Das RAmAyana nAhert sich, 
seinem Ursprunge und auch seiner Stimmung nach, der 
Heimat des Buddhismus. Dieser Zusammenhang jiusserl 
sich auch darin, dass Buddha zu einem Spross aus dem 
Geschlecht des OkkAka (= IksvAku) gemacht worden ist. 
Mit mehr Zuversicht als friiher stimme ich jetzt darin mit 
H. Jacobi iiberein, dass auch das RAmAyana aus vorbud- 
dhistischer Zeit stammt, zumal seitdem E. Huber nach- 
gewiesen hat, dass nicht nur der erste Theil, sondern 
auch der zweite Theil des RAmAyana in einem JAtaka 
jVerarbeitet worden ist, erbalten in chinesischer Ueber- 
letzung*. 

1. Wenn Senart, Ind. Ant. XXI 248 tagt « (Sanskfit) is etseotially a 
Iruhmanical language », so stimme ich dem ira Allgcmeinen zu, nur dass 
liese brahmanische Sprache auch voo Auderen rerstaoden wurdc. 

2, « Etudes de Littdraturc Bouddhiquc », Bulletin deTicole francaite 



268 CONGRftS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Im Vorausgehenden habe ich anzudeuten versucht, wie 
das Sanskrit die allgemeine Sprache der s'ista, der Unter- 
richteten, geworden ist. Die Grammatik des Panini ist die 
Norm dieser Sprache der s'ista geworden, wie Jacobi, 
RAmdyana S. 113, ausgefiihrt hat. Die Grammatik des 
Panini beruht nicht auf Excerpten aus einer Literatur, 
sondern auf der lebendigen Sprachkenntniss, die Panini 
und seine Vorganger besassen, und sie will mit ihrer 
Analyse und Reconstruction der Worter und Formen die 
correcte Sprache der s'ista in der griindlinhsten Weise 
lehren und fiir die kommenden Geschlechter festhalten. 
Samskdra bezeichnet in Yaska's Nirukta die richtige, 
sinngemasse Bildung eines Wortes. Demnach bezeichnet 
samskrta die richtig gebildete Sprache. 

Selbstverstandlich haben die s'ista auch die jeweilige 
Volkssprache gesprochen. Aber fiir alle traditionellen 
geistigen Interessen der hoher Gebildeten war das San- 
skrit iiblich, Mogen wir die schriftliche Aufzeichnung, 
also die eigentliche Literatur, noch so weit zuriickdatie- 
ren, auf jeden Fall ist ihr in Indien eine miindliche 
Ueberlieferung der formulierten, durchdachten oder 
ausgedachten StofFe vorausgegangen. Fiir die Sprachii- 
bung kommt hierbei nicht nur der Unterricht des Lehrers 
in Betracht, der dem Schiiler sein Wissen vorsagte, bis 
auch dieser es auswendig wusste (vgl. RgvedaprAtis'^khya 
Pat. XV 1 fF.), sondern auch die Unterredung und die 
Disputation. Diese klingt noch in der Literatur nach. Die 
Rahmenerzahlungen der altesten Upanisad zeigen uns 
Konige und Brahmanen in der Discussion iiber das 
innerste Wesen des Menschen und den Kern aller Dinge. 
Auch spilter stritten die Anhiinger verschiedener Schulen 
mit einander iiber die Lehren, in denen sie sich beriihrten 
aber entgegengesetzter Meinung waren, so die Anhtinger 
der MimSmsA und des NyAya iiber die Ewigkeit oder 

de I' Extreme-Orient, juillet-septembre 1904, I. Le Rumayana et les Jata- 
kas. 



PRENIE:RE section 369 

Nichtewigkeit des sfabdUf des gesprochenen Lautes. In 
verschiedenen philosophischen Systemen finden sich 
Theile, die solche contradictorische Verhandlungen ziim 
Hintergrund haben. Wie wichlig die Disputation iin 
Geistesleben des alten Indiens war, geht auch daraus 
hervor, dassim NyAya eine formliche Theorie derDisputa- 
tionen aufgestellt wird, der guten und der schlechten 
Arten. Kieihorn hat uns gelehrt [Ind. Ant. 1886, p. 80 fF.), 
dass das Mah4bhc»sya in seinen Erorterungen ein Ge- 
—^ sprach ist zwischen dera Schiiler [s'l^ya), dann einem, 
der da glaubt das Richtige zu wissen [dcdryadeslya), und 
dem wirklichen Meister {dddrya). Es giebt Beispiele 
beriihrnter Disputationen, so ira Brhaddranyaka die des 
YAjfiavalkya mit den Brahmanen der Kuru-PaficAla. 
As'vaghosa, urspriinglich ein Brahmane, wurde in der 
Disputation von einem Buddhisten bcsiegt und dadurch 
veranlasst, zum Buddhismus i'lberzutreten. Andrerseits 
hat uns das Mahabh^rata das Bild der alten miindlichen 
Tradition aufbewahrt, wie ein Rsi die Sage wiedererzahlt, 
die er bei festlicher Gelegenheit von einem Andern 
gehort hat, mit Zuriickfiihrung der Ueberlieferung bis in 
die unmittelbare Niihe der handelnden Personen der Sage 
selbst. Dass die Angehorigen der hoheren Kasten auch 
im gewcihnlichen Verkehr sich des Sanskrit bedienten, 
kann aus den Sprachverhaltnissen der Dramen geschlos- 
sen warden. Aber auch fiir die altere Zeit von Patanjali 
ist dies verbi'irgt durch die im MahSbhSsya zu Pdnini III 
1, 26, Vdrtt. 15, gebildeten Beispiele, die sich oftenbar 
auf eine Auffiihrung des Kaqisavadha beziehen. 

Was ich hier skizziert habe, wird veranschaulichen, wie 
auch vor der schriftlich aufgezeichneten Literatur, und 
nebenihr, miindliche Formulierungder Stolle und Festlial- 
tungeinervon Alters her fur diese Sloffe gebrauchten alten 
Sprachform moglich war. Dieses Sanskrit kann aber nicht 
dieSprache nur einer Landschafl sein. VVohl wird ihr ein 
alter Dialekt zu Grunde liegen, denn sie muss irgendwo 
ihren Anfang genommen haben, aber sie ist zur National- 



210 CONGRES INTERNATIONAL DES ORlENTALlSTES 

sprache aller Hohergebildeten von ganz Indien geworden. 
Ueberall, wo es Brahmanen gab, wo Brahmanen hinkamen, 
ist sie dagewesen und milgekommen, auch in den Dek- 
khan. Ihre Formenfiille ist so reich, ihr Wortschatz ist so 
gross, dass Beides weit iiber den natiirlichen Gebrauch 
des einzelnen Menschen, ja des einzeJnen Stammes hinaus- 
geht und g;leichsam ein NationalvermQgen darstellt. Dieje- 
nigen haben ganz Recht, welche sagen, dass das voUen- 
dete Sanskrit nieraais Volkssprache gewesen ist. Genau das- 
selbe giltabervom heutigen literarischen Englisch, Fran- 
zusisch oder Hochdeutsch. Biihler nannte in einem Briefe 
an mich im Jahre 1893 das Sanskrit « H igh-Panjabi ». Mit 
diesem « High » woUte er wohl eine gewisse Erhebung 
der gepflegten Sprache iiber die Volkssprache ausdriic- 
ken. Die gepflegte Sprache ist nicht der Photographic 
einer Landschaft vergleichbar, sondern dem Landschafts- 
bilde, das ein genialer Maler entwirft. Gewiss hat auch 
die vedische Sprache Einfluss auf die Entstehung des 
Sanskrit gehabt, und mit ihr das Panj^b, aber ich sehe 
doch mehr Veranlassung an die Zeit der Kuru-Paficala zu 
denken, in denen ja aller Wahrscheinlichkeit nach altve- 
dische Stamme mitaufgehoben sind. Wie aber die benach- 
barten Stamme unter einander in Gedankenauslausch 
standen, zeigt die Rahmenerzahlung im Brhad^ranyaka, 
in der Janaka der Konig der Videha die Brahmanen der 
Kuru-Pauc^la zur Disputation versammelt hat. 

Zu dem riesigen Sprachmaterial, das in PAnini's Gram- 
matik bewaltigt ist, miissen ausser dem einen Ausgangs- 
dialekt im Laufe der Zeit viele andere dialektisch nur we- 
nig von einander verschiedene Sprachen anderer Stiimme 
und einzelner Individuen beigetragen haben, wenn wir das 
auch nur wenig im Einzelnen nachweisen konnen. Schon 
vor P^nini muss gesammelt worden, miissen Gai.ias und 
Dhdtup&lhas vorhanden gewesen sein. Wie die Ergftnzung 
und Berichtigung der Grammatik von sachkundigen Ge- 
lehrten fortgesetzt wurde, zeigt das Mahabhd^ya. Eine 
ahnliche Entwickelung muss es auch vor Pdi^ini gegeben 



premi£:ri: section ni 

hahen. Kiclhorn hat durch seine Arbeiten i'lber das Mah^- 
bhAsya, z. B. iiber die daselbst erwahnlen Grammatiker 
{Ind. Ant. 1887, p. 101 IF.), weile Perspecliven erOfTnet. 
Die blosse Idee der Grammatik selzt voraus, dass die gram- 
matisch behaiidelte Sprache nicht die Sprache ist, die das 
Kind von der Mutter lernt, sondern die ein Lehrer lehrt. 
PAnini muss daher zu einer Zeit gelebt haben, in der die 
Muttersprache der Inder ein altes Prakrit war. Wenn PA- 
nini VllI 4, 46, lehrt, dass der Consonant hinter /• verdop- 
pelt werden kann (z. B. in arkka), so kann dies als die Vor- 
stufe zur volligen Assimilation des /• im PrAkrit gedeutet 
werden. Aber dabei konnte PAnini an und fiir sich ebenso 
gut vor als nach Buddha gelebt haben. Bohtlingk hielt das 
Lotztere fiirwahrscheinlich und setzte ihn ins4. Jahrh. vor 
Chr.-Liebich sagt, « dass Pdiiini nach Buddha, aber vor 
den Anfang der christlichen Zeitrechnung zu setzen ist » 
(PAiiini S. 8). Kielhorn's Ansicht gehtdahin, « dassPanini 
der vedischen Litteratur weit njiher steht als der soge- 
nannten classischen ; dass er einer Zeit angehdrt, in der das 
Sanskrit raehr war als eine Sprache der Gelehrlen » {Gut- 
linger Nachrichten 1885. S. 186). Ich wiirde dera unbe- 
dingt beipflichten, wenn nicht das Wort yavana PA. IV 1, 
49, auf die Zeit nach Alexander dem Grossen hinzuweisen 
schiene. PAnini stammte aus dem Dorfe S'alAtura im Nord- 
westen Indiens, in der Nahe von Attock. Abergerade fiir 
die in diesem Vortrag behandelten Fragen ist von Wich- 
tigkeit, dass er so oft auf die prdcyaj die ('istlichen 
Grammatiker Bezug nimmt. Das konnen doch nur Gram- 
matiker in den GangA-Landschaften gewesen sein : dort 
muss also die Sanskrit-Grammatik auch gebliiht haben. 
Nach der im KathAsarit-sAgara (IV 20) iiberlieferten Sage 
wiirde PAiiini der Schiller eines solchen ostlichen Gram- 
matikers gewesen sein, des Brahmanen Var$a, der nach 
einer anderen Stelle (II 46 ff.) unter KiinigNanda in Pdtali- 
putra gelebt haben soil. Ohne Frage ist im Nordwesten In- 
diens, im Lande der Gandhilra in alter Zeit eine hohe Gui- 
tar vorhanden gewesen. Daraufweist unter Anderem auch 



272 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

die Rolle bin, die Taksas'ild (auch Panini erwShnt diesen 
Namen) in der altbuddhistischen Literatur spielt. Jivaka 
Kom^rabhacca, der Arzt Buddha's, hat dort seine Studien 
gemacht, Im UddAlaka-Jdtaka geht Udd^laka von Benares 
nach Takkasild, umdort zu lernen. Man wird aber vermu- 
then diirfen, dass die hohe Bliith« von Taksas'ild vor 
der Zeit liegt, in der die Einfiille der fremden Eroberer 
durch den Khaibar-Pass beginnen. Jedenfalls war spater 
in dem benachbarten Kashmir unter Konig Abhinianyu, 
der bald nach Kaniskaregierte, das Mahabhasya nicht vor- 
handen,denn es wurdeauf seinen Befehl von Gandrac^rya 
und Anderen dort eingefiihrt [pravartitam, Rajatarangini 
1 176). Wie das bei PAnini vereinigte Material aus ver- 
schiedenen Quellen zusammengeflossen sein mag, veran- 
schaulicht v. Schroeder's wichtige Beobachtung in Bezug 
auf die Sprache der Maitrskyani SamhitA. Wahrend Panini 
die Sprache des Rgveda ungeniigend beriicksichtigt — diese 
war eben nicht die fiir den praktischen Gebrauchbestimmte 
Umgangssprache der s'hta — , erwahnt er als im Veda 
[chandasiy nigame) vorkommend in verschiedenen Regeln 
grammatische Einzelheiten, die nur in der Maitrayai.ii 
Samhit^ vorkommen,(z. B. Ill 1,42 periphrastische Verbal- 
formenwie abhyutsddaydm akar. Die Worter sind so be- 
sondererArt, dass sie nur Jemand, der die Maitrdyaiii Sam- 
hit^ kannte, in die Grammatikhineingebracht habenkann. 
Dieser wird also ein Angehoriger der genannten Schule 
des schwarzen Yajurveda gewesen sein und deren Saiii- 
hit4 auswendig gekonnt haben. Zu seiner Zeit wird es noch 
moglich gewesen sein, auch solche Eigenthiiralichkeiten 
der MaitrSyani Samhita in der Sprache der s'hta nach- 
zuahmen. Ob dieser Mann derselbe war, der die Bildung 
des Wortes yavananl lehrte, hisst sich nicht mit Sicher- 
heit bejahen. In PAnini's Werk kcinnen die Regeln von 
Vorgiingern enthalten sein. Jedenfalls haben wir wieder- 
holt bei spiiteren Autoritaten erfahren, wenn man ihre 
Quellen auffand, dass sie Viel von ihren Vorgiingern auf- 
genommen haben, wie dies z. B. Jolly fur Kulliika und 



PREMIERE SBTJION 273 

VijfiAnes'vara, die beriihinlen Commentatoren des Dliar- 
mas'Astra, nacligewiesen hat. 



II. — Das Pali. 

Wenn Franke die auf den Miinzen und in den Inschrif- 
ten zii Tage tretenden dialektischen Erscheinungen mit 
den Sprachformen des literarischen PSli vergleicht, so 
k«)nnte dies als die einzige sichere Metliode erscheinen, 
um iiber das PAli ins Klare zii kommen. Indem er gewis- 
senhaft Uebereinstimmungen und Verschiedenheiten 
abwiigt, kommt er zu dem Resultate, dass die lleimat des 
literarischen Ptili siidlich von Mathurd (S. 13G) am mittle- 
ren bis westlicheren Vindhya-Gebirge zu suchen, und dass 
Ujjayinidas Centrum des Dialektgebietes desliterariscljen 
Pftli gewesen sei (S. 138). Letzteres bezeichnet er selbst 
als « reine Vermutung ». Irre ich nicht, so ist dieses Re- 
sultat weniger durch positive sprachliche Thatsachen ge- 
wonnen, als durch einen apagogischen Beweis. Das lite- 
rarische PAli ist nicht in MathurA, nicht in Girnar, nicht in 
Nasik zu Hause, nach Franke und den meisten anderen 
Gelehrten erst recht nicht in Magadha, folglich muss seine 
Heiraat in dem vondiesen Landschafteneingeschlossenen 
Gebiete gesucht werden. 

Allerdings kommt dieser Schluss auf dasselbe hinaus, 
was schon von Westergaard, E. Kuhn und Anderen ver« 
muthet worden war. Diese betonten, dass das PAli am nJi- 
chsten mit dem Dialekte verwandt sei, der in Asoka's In- 
schrift von Girnar angewandt ist. Franke hataber audi auf 
Punkte hingewiesen, in denen das Pali von diesem Dia- 
lekte verschieden ist. Westergaard meinte, dass die Ver- 
schiedenheiten sich erkliiren liessen « aus dem Gebrauche 
des Dialektes auf Ceylon, woergiinzlichfremd war, neben 
der vollig verschiedenen Volkssprache, dem Singhalesi- 
fBchen ». Dies ist ein bedenkliciies Argument, indem os 
ebensogutzu Gunsten anderer Dialekte vervvendet werden 

1 18 



274 60NGR6S INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

konnte. Nach meiner Meinung ist im Gegentheil die 
Ueberfuhrung des PAli-Kanons in ein fremdsprachiges 
Land giinstig gewesen fiir eine verhaltnissmiissig un- 
verjinderte Gonservieriing. Uebrigens ist Girnar in Kathia- 
war ziemlichweit von Ujjayini in Gwalior entfernt. Franke 
hatdaherden Dialektvon Girnar nic4it so sehrbetont. Aber 
das Hauptargument war fiir Westergaard, dass Asoka's 
Solin Mahinda, der nach dem Dipavamsa die Lehre Bud- 
dha's nach Ceylon brachte, in Ujjayini geboren ist'. Olden- 
berg sieht diese Tradition, dass Mahinda den Kanon nach 
Ceylon gebracht habe, mit Misstraiien an und meint, dass 
der Buddhismus von dem nahen siidindischen Festlande 
BUS, von den Andhra oder den Kalinga her, nach Ceylon 
gekommen sei (Vinaya Pitaka I p. LIV). Die Uebereinstim- 
mung des PAli mit den Inschriften dieser Gegenden ist 
ebensowenig eine vollstandige wie die mit anderen Dia- 
lekten. Ich sehe aber keinen geniigenden Grund, die ein- 
heimische Ueberlieferung voUig zu verwetfen. Handelt 
es sich doch hier um ein fiir Ceylon hochwichtiges 
Ereigniss, das sehr wohl im Gedachtniss der Buddhisten 
Ceylon's geblieben sein kann. Allerdings ist der Bericht 
iiber das Kommen Mahinda's im Dipavamsa (XII 8 ff.) in 
Mythen eingekleidet. Allein mythische Ausschmuckung 
einer Erzahlung berechtigt keineswegs dazu, das ganze 
Ereigniss in das Reich der Fabel zu verweisen. In 
dieser Beziehung ist mir sehr lehrreich erschienen, 
was in Bezug auf den AngrifF der Gallier auf das delphi- 
sche Heiligthum im Jahre 279 vor Chr. berichtet wird : 
Apollo selbst erschien und bewirkte die Ziichtigung der 
Barbaren. R. Herzoghat nun neuerdings auf der InselKos 
eine gleichzeitige Inschrift gefunden, die dieses Erei- 
gniss feiert : auch sie erwahnt die Epiphanie des Gottes 



1. « Ueber den altesten Zeitraum der iDdischen Geschichte » S. 87, 
V. A. Smith zieht die andere Tradition vor, nach der Mahendra nicht 
der Soho, sondern der jiiagere Bruder des Asoka gewesen ware, His- 
tory of India, p. 165. 



PRfLMlkM: SECTION ST8 

aiisclritcklich {Comptes liendus de TAcaddmie des Inscrip- 
tions et Belles Letlres 1904, p. IGl). Sclion die Zeitgenos- 
sen •^laubtenan die Ersclieinun^und die Hiilfedes Gottes. 
So slelil audi sclion in den jiltcsten Berichten iiber Bud- 
dha viel VVunderbares, was aber sclion die iiltesten Erziih- 
ler nacli dem Geiste ilirer Zeit j^laubten. 

Wenn man das literarische PAli einem bestimmten Dia- 
lekle zuweist wie dem von Ujjayini oder dem der Kalinga, 
80 setzt dies die Vorstellung voraus, dass der Kanon in 
den Zeiten der miindlichen Ueberlieferung iiberall, wo 
er war und hinkam, die Sprache des Landes erhielt. Eine 
Stiitze scheint diese Auschauung zu linden in einer wich- 
tigen Stelle der Cullavagga (V 33), auf deren Bedeutung 
schon Oldenberg und Rhys Davids hingewiesen haben. 
Zwei Bhikkhu brahmanischen Ursprungs klagen schon 
zu Buddha's Lebzeiten dari'iber, dass die Bhikkhusso ver- 
schiedenen Ursprungs sind und das Wort Buddha's durch 
ihre eigene Redeweise verderben : sakdya uirutliyd bud- 
dhavacancim dusenti. Die zwei wollen daher Buddha's 
Wort in chandas\ d. i. nach Buddhaghosa's Commentar 
« wie einen Veda in die Redeweise der Sanskrit-Sprache 
iibertragen »:vedam viyn sakkatabhdsdya vdcandmaggam 
dropema. Buddha verbietet dies und erlaubt, dassjeder 
Buddha's Wort in der eigenen Redeweise lerne. So haben 
Okienberg und Rhys Davids die Worte des Textes {anu- 
jdndmi hhikkhavc sakdya ninUtiyd buddhavacanum pari- 
ydpuniluni) unzweifelhaft richtig verstanden, wiihrend 
Buddhaghosa unter sakdya nirutliyd die von Buddha 
gebrauchte Sprache, den Sprachgebrauch der Magadha 
versteht : ettha sakd[ya] niruUi ndma sammdsambud' 
dliena vuttappakdro Mdgadlia volidro. Auch diese falschc 
interpretation ist bedeutsam. liuddha legte seiner Sprache 

1. Unter chandas bruuclit mau niclit nolliwendi); « saaskril ver«e • 
txx verslehtMj, dcnn chandasi wini Vi\. Ill I, \2 toii Kormen ge8a^l.(lip io 
der Prosu der Maitruyani Saiuhila vorkoiuineii. Chandan und Saiiiskrt 
bezciuhnea fiir den alien Buddhisten keinen grotaeo Unlerscbicd. 



276 congr£s international des orientalistes 

keinen besonderen Werth bei, wohl aber Buddhaghosa. 
Auch im Dipavamsa V 38, im Bericht iiber das Concil zu 
VesAli, das hundert Jahre nach Buddha's Tode stattfand, 
kehrt die Klage wieder, dass schlechte Bhikkhu den ur- 
spriinglichen Sprachzustand [pakatibhdvam) des Kanons 
gefalscht batten. 

Wie das Beispiel des Buddhaghosa zeigt, standen die 
Anhanger Buddha's der sprachlichen Form des buddha- 
vacana anders gegeniiber als Buddha selbst. Die Anhiinger 
Buddha's werden zu Anfang uberwiegend, und spater 
wenigstens in einer Hauptrichtung, das Streben gehabt 
haben, nicht nur den Inhalt sondern auch den urspriingli- 
chen Wortlaut der Lehre pielatvoll festzuhalten. Es ist 
daher unwahrscheinlich, dass die mimdliche Tradition 
nur in wiederholten Uebersetzungen oder gar bewussten 
Umredactionen des Kanons aus einem Dialekt in den 
andern bestanden babe. AUerdings sehen wir aus dem 
Bericht des Dipavamsa, dass die Tradition keine einheit- 
liche geblieben ist; auch der Veda spaltete sich in ver- 
schiedene s'dkhds. Es wird sogar angegeben, worin die 
DifFerenzen bestanden : einzelne Theile des Kanons wurden 
ausgeschieden, verschiedene Interpretation stellte sich 
ein, und eben auch in der sprachlichen Fassung wich man 
vom Alten ab. Aber alles dies wird doch als Abweichung 
von einer Haupttradition hingestellt, und diese Haupttra- 
dition war conservativ, auch in der Sprache. 

Die Tradition bezeichnet das PAli als die Sprache Bud- 
dha's und dem Dialekte nach als Ma gad hi. In der Gram- 
matikdes Kaccayana (II 1, 1) wird die Sprache gelehrt, die 
im Jina-vac'ana vorliegt, und dieser Ausdruck ist iden- 
tisch rait Buddhavacana in der oben aus dem Gullavagga 
citierten Stelle. 

Aber die traditionelle Angabe, dass das PAli der Dialekt 
von Magadha sei, ist von den europilischen Gelehrten 
allgemein verworfen worden, weil das P^li nicht die 
Merkmale aufvveist, die der M^gadhi nacli der PrAkrit- 
Grammatik und nach den Textproben auf den Inschriften 



PREMltlRC SECTION 277 

und in den Dramen eigenthi'imlich sind. Die Mdgadht 
ersetzt das /' durch I, und das auslautende sanskritisclie as 
durcli e, wahrend im buddliistischen P4li r und o iiblich 
sind. Der Anfanf^ des 1. Edict's Asoka's lautet auf der In- 
sclirift von Allahabad : Devdnarn piye Piyadasi laja hevam 
dhd; ira Pdli wiirde dieser Satz lauten : Devdnam piyo 
Piyadassl rdj'd hevam dha. 

Aber trotzdcm, eine so bestimmt auftretende Angabe 
aus dem Alterthum giinzlich zu verwerfen, ist eine miss- 
liche Sache', man muss mindestens versuchen, den Irr- 
thum zu erkliiren. Da konnte man sagen, und hat man 
gesagt, dass Magadha liier nur das Ursprungsland des 
Buddhismus bezeichne, und dass die Bezeichnung Mdga- 
dlii fiir das buddhistische PAli vom fernen Standpunkt des 
Ceylonesen aus zu verstehen sei. Oder man konnte zwi- 
schen der Landscliaft und dem Reiche Magadha unterschei- 
den. Das Reich Magadha erstreckte sich unter Konig 
Asoka westwjirts bis iiber Girnar und Ujjayini, und 
andrerseits bis Orissa und Kalinga. Es deckt somit alle 
die Landschaften, die von den europiiischen Gelehrten 
fiir die Heimat des literarischen Pftli in Anspruch genom- 
men worden sind. 

Allein Buddhaghosa, iiber den wir aus einer fast gleich- 
zeitigen Quelle unterrichtet sind, war ein gelehrter Brah- 
mane und stammte aus Magadha. Schon ehe er nacli Cey- 
lon ging, hatte er PAli gelernt und ein selbstiindiges Werk 
NAnodaya sowie den Commentar AtthasAlini zur Dhamma- 
sangani verfasst. Er wird schwerlich den Ausdrurk Mdga- 
dhavohdro (S. 275-274) in dem iibertragenen Sinne ge- 
braucht haben. Auch wissen wir nichts davon, dass das PAli, 
das Buddhaghosa in Magadiia gelernt hatte, wesentlich 
verscliieden gewesen wiire von der Sprache, in der ihn 
dann die ceylonesischen Priester priiften. 

Icli mochte das Problem in einer anderen Weise zulosen 
suchen, indem ich auch hier bis zu einem gewissen Grade 

1. Ygl. Senart's Bemerkuogca lad. Ant. XXI, 264. 



218 CONGRftS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

fiir die einheimische Tradition eintrete. Gewiss, das P^li 
ist niclit die Magadlii des Vararuci oder des Hemacandra, 
des Dramas Mrccliakatikd und der Inschrift von Allahabad, 
aber er ist auch kein anderer Dialekt rein. Franke nennt 
es immerdas literarische P^li, Man muss mit diesem Aus- 
druck Ernst machen, es ist eine Literatursprache wie 
das Sanskrit. Ich nahere mich der Ansicht Kern's (Jaartel- 
ling der zuidelijke Buddhisten S. 14 fF.), nur mochte ich 
das kiinstlich Gemachte*, die irregularen Missbildungen 
niclit zu sehrbetonen. Jede Literatursprache ist aber mehr 
oder weniger eine Mischsprache. E. Kuhn liatnun ganz 
Recht, wenn er sagt, auch einer solchen Literatursprache 
miisse ein bestimmter Dialekt zu Grunde liegen. Ich halte 
es liir durchaus moglich, nach den historischen Verhalt- 
nissen sogar fiir sehr wahrscheinlich, dass dieser zu 
Grunde liegende Dialekt doch eben die Sprache der M^ga- 
dha gewesen ist. 

Die Heimat der neuhochdeutschen Schriftsprache ist 
Kursachsen, wo sie im 15. und 16. Jahrhundertangefangen 
hat sich zu bilden. Aber die besonderen phonetischen 
Eigenthi'imlichkeiten des sachsisch-meissnischen Dia- 
lektes findet man nicht in ihr*. In einer Sprache, die iiber 
ihre natiirlichen Grenzen hinaus in allgemeineren 
Gebrauch kommt, werden gerade die auffallendsten dialek- 
tischen Eigenthiimlichkeitenphonetischer Art am ehesten 
zuriickgedrJingt. 

Der einheimischen PrAkrit-Grammatik ist der Unter- 
schied zwischen dem natiirlichen Volksdialekt und einer 
auf einem solchen beruhenden Literatursprache nicht 
frerad. Nach Pischel, Grammatik der PrSkrit-Sprachen S. 
3, ist der Kunstausdruck fiir die eigentlichen Volksspra- 



1. Mit der Annahme des kiiastlich gemachten im Pali muss mao vor> 
sicbtig sein : so (indet sich palibodha «< Hinderniss », das schwerlich 
zu Wurzel budh gehOrt, auch auf den Inschriften, s. das 5. Felsenedict. 

2, Vgl. W. Braune's Akademische Rede « Ueber die Einigung der 
deutschea Aussprache », Heidelberg 1904, S. 8. 



premiKrk sfxtion 



279 



chen Apabhrarps'a. Derselben Ansicht ist G. Grierson, 
the Languages of India p. 57. Ich m^ichte also die Mdgadht 
der Asoka-Inschriften, der Dramen und der Grammatiker 
als Apahhrains'a-Magadhi bezeichnen. Zwischen Asoka 
und Hemacandra liegen iiber 1300 Jahre. Aber auch der 
eigentliclie Volksdialekt war inzwischen im Drama zu 
einem Literaturdialekt geworden und ist dann als solcher 
Jahrhunderte lang festgehalten worden. In der Mdgadhl 
der Dramen und der Grammatiker iiaben sich gewisse wei- 
tere Eigenthiimlichkeiten {s' fiir s, u, s. w.) entwickelt, die 
in der Mdgadlii des Asoka noch nicht hervortreten. 

Wiclitig in diesem Zusammenhang ist die Bezeichnung 
Ardha-Mftgadhl fiir das Arsa oder die Sprache der alten 
Jaina-sutta, und das, was Pischel a. a. O. S. 15 dariiber 
ausfiihrt. Sclion der Name « Halb-MAgadhi » driickt aus, 
dass es sich nicht um eine reine Mdgadhi handelt, und dem 
entspricht die Sache. Da ist nun sehr interessant, dass der 
Unterschied zwischen MAgadhi und Ardha-MAgadhi sich 
auf dieselben Punkte erstreckt, in denen sich das Pdli 
von der MAgadhi unterscheidet : das Ar§a hat r wie das 
PAli ; in der Vertretung des sanskritischen -as gehen Prosa 
und Poesie aus einander : die Prosa hat -e wie die Mi\ga- 
dh!, aber in vielen poetischen Stiicken erscheint-o wie im 
Pdli. Die Prosa des Arsa steht also in diesen Punkten halb, 
die Poesie ganz auf dem Standpunkt des Pftli. Auch ira 
Ar?a liegtMdgadhi vor, beeinflusstdurch andere Dialekte. 

Dass im PAli kein einheitlicher Dialekt, sondern Dia- 
lektmischung vorliegt, beweisen die zahlreichen Dop- 
pelformen. Die drei Formen dliamme, dhammasmim und 
dhammamhi im Loc. Sg. von dhammo entsprechenden 
Dialektformen vijite von ShAhbAzgarhi, s>ijitasi von Man- 
sehra, KluMsi, Dhauli, vijitamhi von Girnar, s. Senart, 
Les Inscriptions de Piyadasi I p. 62 flf., Biihler, Epigraphia 
Indica II 447 IT, Zeitschr, der D. M. G. XXXIX 492. Wenn 
in demselben 2. Edict Asoka's ShahbAzgarhi und Girnar 
raho und /y///o, Mansehra rajine, Jaugada und Khdlsi Idjine 
haben, so findet sich auch im PAli neben rafifio die Form 



280 C0NGR6S INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

rdjino als Gen. Sg. von rdjd, beide Formen im Suttanip^ta 
nach FausboU's Glossary. Wenn Girnar im 1. Edict mago, 
Jaugada und Khdlsi mige fiir skr. mrgah haben, so kommen 
gleichfalls im SuttanipMa mago und migo neben einander 
vor, Im 4. Edict beachte man die Variation der Dialekte in 
divytty diviya und diva (d. i. divva) : fm PAli xsisovfohXdivya 
als auch dibba vorhanden. Solche Doppelformen liessen 
sich, besonders aus Declination und Conjugation, noch 
viele beibringen. Dass das P4li Dialektmischung enthalt, 
kann vom sprachwissenschaftlichen Standpunkte aus gar 
nicht bezweifelt werden. 

Die weitere Behauptung aber, dass diese Mischsprache 
ihre Entwickelung von der Mdgadhi ausgenommen haben 
kann, wird dadurch gestiitzt. dass von den phonetischen 
Eigenthiimlichkeiten der Magadhi doch noch Reste im 
Pdli geblieben sind. Unter Anderem hat schon Eduard 
Miiller in seiner Grammatik p. 33 darauf aufmerksam 
gemacht, dass I fiir r dem Pali nicht ganz fremd ist, 
sondern in ziemlich zahlreichen Einzellallen nachgewie- 
sen werden kann. Bei einigen Wortern wie Isi-gili, dem 
Namen eines Berges in Magadha, liegt dies in der Natur 
der Sache. Andere WOrter, wie pallanka, fallen weniger 
ins Gewicht, weil sie auch in anderen Prakritdialekten so 
lauten (s. Pischel, Gramm. der Prakrit-Sprachen § 285), 
aber einige diirfen als bedeutsame sporadische Magadhis- 
men aus alter Zeit bezeichnet werden*, z. B. yam tarn 
palokadhammam tarn vata md palujjtti (Mahdparinib- 
bdnas. Ill § 48), palipa-palipanno (Majjhimanik : Rede 8), 
telasa (Sdmaiinaphalas, § 1), mdluto (Therag. 104)*. Was 

1 . Zu diesen WOrtern ware auch game Lumbineyye Suttanipata 683, zu 
rechnen, wie Luniminigdme auf der Inschrift von Paderia, wenn niimlich 
die heutige Namensform Rummindei ein dem dortigen Dialekte ur- 
sprunglich eigenthiimliches r gewahrt hat. 

2. Auch Kern, Jaartelling S. 14, beinerkt, dass im Pali Magadhismen 
vorkommen, « gerade genug um vermuthen zu lassen, dass mchr als 
eine Schrift aus der Magadhi ins Pali umgesetzt worden ist, aber so, 
dass nicht mil alien Magadhismen aufger&umt worden ist ». 



premiErk section Itl 

aber -e aniangt, so bin ich von jeher geneig^ gewesen, den 
in seinem -e ganz vereinzelten Voc. Pi. bhikkhave als eine 
Reminiscenz an Buddha's Reden in Magadha aufzufassen. 
Der Klang dieser unzahlige Male gehcirten Anrede wird 
sich besonders fest eingepriigt und jeder Umiindrung wi- 
derstanden haben. Es kommt daneben auch bhikkhavo vor. 
Aber I und -e scheinl nichl auf Magadha beschriinkt, 
sondern auch in Kapilavastu iiblich gewesen zu sein, — 
wenn nicht etwa auch die beriihmte Inschrift von PiprAvA 
auf dem Gefiisse, das einst Buddhareliquien enthalten 
hat, inMdgadhi abgefasst ist. Die in Detracht kommenden 
W^rter sind saLila'tiidhane, bhagavate^ •dalanam fiir skr. 
s'arlra -nidhdnam, bhagavatah, -ddrdndm, s. Zeitschr. der 
D. Morgenl. Ges. LVI, 157. Die Inschriften Asoka's zeigen 
von den Quellen der YamunA und von Delhi an bis nach 
Orissa vorwiegend / und -<?. Nur im Westen, in einem 
Streifen von Attock im Norden bis in die Niihe von Bom- 
bay, und auch in RupnAth zeigen die Inschriflen r und -o 
neben -e. Da konnte es nun unbegreiflich ersclieinen, dass 
das P&li, das doch zuniichst in den Gegenderi der Inschrif- 
len mil / und -e entstanden ist, dieses / und -e bis auf wenige 
Reste verloren hat. Aliein die Inschriften des Asoka 
scheinen eine Merrschaft der MAgadhi zu be/eichnen, wie 
sie weder vorher noch nachher dagewesen ist. Von den 
Siiuleninschriften zu Delhi-Sivalik, Allahabad, u. s. w. 
die iiberall gleich lauten^ hat man von jeher angenommen, 
dass sie nicht die Sprache des Landes, sondern die 
Sprache Asoka's repriisentieren. Von den wirklichen Dia- 
lekten der mittleren Landschaflen zwischen Magadha und 
dem PanjAb ist aus jenen alten Zeiten meines Wissens 
nicht viel bekannt'. An Magadha schliesst sich westwfirls 
das Land der Kosala, an dieses das Land der S'urasena an. 
Die spateren Hauptdialekte des literarischen Prakrit, S'au- 
rasent und MAhArA^lri, haben r und -o, wie das PAli. Die 



1). Vgl. Seoarl's Ausfiihruugcn Ind. Ant, XXI pp. I'lo ff. 171, ff., 
(leueu ich io der llauplsache beipUicblc. 



282 (M)NGReS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Ausbreitung des Buddhismus ging vom Osten nach dern 
Westen. Ich vermuthe jedoch, dass einen wesentlichen 
Einfluss auf die Einfiihrung des r und des -o in das Pdli 
das Sanskrit gehabt hat. Wieviel der PSli-Kanon sach- 
lich der Sanskrit-Literatur verdankt, habe ich oben S. 262 
angedeutet. Aber auch im P^i als Sprache finden Avir den 
Einfluss des Sanskrit. Schon allein die oft und immer nur 
in dieser Form vorkommenden Worter brahman, brdh- 
mana, brahmacariya, und Brahma (der Name des Gottes) 
sind fiir den Einfluss des Sanskrit bezeichnend. Wichtig 
ist ferner die Wortform indriya, (gegeniiber Inda, canda) 
die zugleich verrath, dass die buddhistische Phiiosophie 
von den Brahmanen herstammt. Auch das in der gelehrten 
Erorterung so haufige Adverb tatra erscheint im PAli oft 
in dieser seiner Sanskritform. 

Trotzdem wird aber im P^li ein guter Theil alte MSgadhi 
enthalten sein. Man darf den Dialekt nicht zu ausschliess- 
lich nur nach den ausseren Lautverhaltnissen beurthei- 
len. Sehen wir ab von dem / und dem -e und von den 
spater entwickelten phonetischen Eigenthiimlichkeiten 
des Prakrit, so enthalt z. B. die Rede des Bhiksu zu 
Anfang: des 8. Aktes des Dramas Mrcchakatik^ fast lauter 
Worter, die sich auch in Childer's P^li-Dictionary finden. 
Ja nach der Kegel des Hemacandra IV 292 miisste man fiir 
skr. udydne in der M&gadhi uyydne erwarten, wie das 
Wort im Pali lautet, und nicht ujjdne. 

Dass das Pali kein reiner Dialekt sein kann, ergiebt sich 
auch bei einer geschichtlichen Betrachtung. Die allererste 
Grundlage oder das erste Stadium in der Entwickelung 
der PAli genannten buddhistischen Lehrsprache muss doch 
das Buddhavacanam, die Rede Buddha's, gewesen sein. 
Budda Lehrte zuerst in Magadha, aber er war kein gebo- 
rener Magadha, sondern stammte aus dem ziemlich weit 
entfernten Kapilavastu. Nun w^erden zwar die arischen 
Dialekte des nordlichen und nordwestlichen Indians zu 
Buddha's Zeit, wenn siegut gesprochen wurden, einander 
noch naher gestanden haben, als zur Zeit Asoka's, aber 



PRKMlflRE SKCTION 281 

ganz identisch waren sie gewiss nicht. Wenn Buddha in 
Magadha die M^gadhi sprach, so wird er sie doch gewiss 
nicht genau so wie ein Eingeborener gesprochen haben. 
Aber Buddha wanderte umher in weitem Umkreis und 
lehrte auch in Benares, KosambI, Sftvatthl, Ves.lll. Er wird 
sich unwilikiirlich iiberall mehr oder weniger dem Dia- 
lekte der Gegend angepasst haben. Buddha's Ursprung 
und die Art seiner Wirksamkeit liisst nicht eine reine 
Mdgadhi als das Vehikel seiner Lehre ersvarten. So wird 
sich vermuthlich schon in Buddlia's Munde eine Lehr- 
sprache vorbereitet haben, die sich zwar in den Wortern 
und Formen und im Stil an die Magadhi anlelintc, aber 
deren Absonderliclikeiten nicht auf die Dauer beibehielt, 
die auch von anderen Dialekten beeinflusst wurde und 
vielfach das alien Dialekten Gemeinsarae enthielt. 

Zu einem ahnlichen Resultate gelangen wir, wenn wir 
uns die niichsten Jiinger Buddha's ansehen, die nach der 
Tradition bald nach dem Tode Buddha's die Lehre des 
Meisters auf einem Concil zu RAjagaha, der alien Haupt- 
stadt von Magadiia, festgestellt haben sollen. Hier ist ein 
(Iritler Punkt, in dem ich die Tradition bis zu einem 
j^ewissen Grade vertheidigen mochte. 

Oldenberg hat in seinem Buche « Buddha », damals 
(1881) unmittelbar aus den Handschriften schtipfend, den 
PAli-Kanon und eine kritischo Betrachtungsweise des 
Buddhismus durchschlagend zur Geltung gebracht, aber 
in einigen Punklen geht mir seine Kritik etwas zu weil. 
Ein liochst interessanter Bericht iiber das Concil zu R&ja- 
gaha findet sich schon im XI. Buche des CuUavagga. 
In seiner Ausgabe des Vinaya Pitaka I p. xxvii (1879) 
hezeichnete ihn Oldenberg als « pure invention ». Die 
( liinesische Uebersetzung des Vinaya Pitaka enthiilt in der 
llauptsache denselben Bericht, wenn auch mit einzelnen 
Abweiciumgen und etwas weiter ausgeschmiickt, wie man 
aus vS. Beal's englisciien Uebersetzung ersieht (Verhand- 
lungen des 5, Internal. Orientalistencongresses, 1881 zu 
Berlin, II, Ostasialische Section S. 13 ff. 



284 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Oldenberg hat die ganze Frage eingehend von Neuem 
erortert, in der Zeitschrift der D. M. G. LII S. 613 fF, 
(1898), Mir scheint, dass er sein erstes Urtheil doch nicht 
in aller Schroffheit aufrecht erhalt, Alles was an dem 
Kerichte kritisiert worden ist, geniigt nicht um zu bewei- 
sen, dass bald nach Buddha's Tode zu R^jagaha ein Goncil 
zur Sammlung und Feststellung der Lehre nicht stattge^l 
funden hat*. Man konnte eine solche Zusammenkunft 
geradezu als ein Postulat natiirlicher geschichtlicher 
Entwickelung bezeichnen. Am allerwenigsten kann der 
Umstand als ein Argument gegen die Geschichtlichkeit 
des Concils anerkannt werden, dass es im Mahaparinib- 
b^nasutta nicht erwahnt wird. Was erst Monate lang nach 
dem Tode des Meisters geschah, gehdrt eben nicht zum 
parinibbdna. Ich mochte dieses erste Goncil mit dem 
einmiithigen Beisammensein der Jiinger Jesu am Tage 
der Pfingsten und der Ausgiessung des heiligen Geistes 
vergleichen, Auch dies wird nicht in unmittelbarem 
Anschluss an den Tod Christi in den Evangelien erzahlt, 
sondern an anderer Stelle, im 2. Kapitel der Apostel- 
geschichte. Ferner mochte ich hervorheben, dass das 
zweite Goncil, das 100 oder 118 Jahre nach dem Tode 
Buddha's zu Vesdli stattfand, und dessen Geschichtlich- 
keit nicht angezweifelt worden ist, ein erstes Goncil 
voraussetzt. Denn auf dem Goncil von VesSli wurden nur 
zehn einzelne Punkte untergeordneter Art verhandelt. 
Streicht man das erste Goncil, so wiirde in der Tradition 
jede Angabe iiber eine erste Einigung der Thera fehlen. 
Die Entscheidung der Streitpunkte erfolgt aber auf dem 
Goncil zu VesAli unter Bezugnahme auf einen autoritati- 
ven Dhamma und Vinaya, der also vorher aufgestellt 
worden sein muss. Eine andere Frage ist, ob auf dem 
Goncil zu RSjagaha das Ganze des uns vorliegenden 



1. Ebenso urthcilt Pischel, « Bruchstiicke des Sanskritkanons der 
Buddhisten aus Idykut§ari, Sitzungsber. der K. Preuss. Ak. 1904, 
P. 807. 



premi£:re section sss 

Vinaya- und Suttapi^ka in alien seinen Tlieilen vorgetra- 
gen worden ist. Das ist sicher nicht der Fall gewesen, 
wie eingehendere Untersuchung niehr und mehr darthun 
wird. Ich beanstande dies nicht nur i'iir die JStaka. die 
ihrer ganzen Idee nach erst aus einer etwas spiiteren Zeit 
stammen miissen, sondern auch fiir viele andere Theile, 
z. B. das AssalSyanasutta, in dem die Yona erwiihnt wer- 
den*. Die Eingangsworte unziihliger Stiicke Evam me 
sutam (So habe ich gehort) lassen so rechldas fortgesetzte 
Sammeln aus der miindlichen Ueberlieferung erkennen. 
Sie erinnern an die altgermanischen epischen Formeln, 
Dat gafregin ill zu Anfang des Wessobrunner Gebetes, 
Ik gihdrta dat seggen zu Anfang des Hildebrandsliedes, 
S6 gifragn ik im Heiiand. Es wurde gesammelt, was die 
Bhikkhu, die mit Buddha umher gezogen \varen, im 
GedUchtniss behalten hatten, oder was man in den verchie- 
denen Orten, an denen Buddha gelehrt hat, wussle. 
Bemerkenswerth ist, wie sehr in den JAtakas SAvatthi 
im Vordergrunde steht, als ob diese Literaturgattung 
dort ihren Ursprung gehabt hiitte. Man muss in der 
Deutung solcher Angaben freilich sehr vorsichtig sein. 
Da neben der Lebensgeschichte Buddha's auch einige 
J&takas den StofTzu den bildlichen Darstellungen auf den 
alten Monumenten abgegeben haben', so konnte man von 
einer JAtaka-Periode in der Entwickelung des alten Bud- 
dhismus sprechen. Im Pali-Kanon istein Stiick Geschichte 
des Buddhismus aufgehoben. Auch fiir den Buddhismus 
erhebt sich die Frage, wann ist der Kanon abgeschlosscn 
worden. Fiir die Beantwortung giebt unter Anderem das 
Kathftvatthu einen Anhalt, das von Moggalldna, dem 
Vorsitzenden des dritten Concils, verfasst worden ist. Das 

1. Nach Pischel, a. a. O., wurdca die in dem Asoka-Ediki von Bairal 
>rkonimendcn Titcl Tlicilu « dicser Altesteu Magadhireicnsiou » bcsei- 
men. v. Jcdoafalls wird der erste Kauon anders ausgcsehcu haben ais der 
ttzt una Toriicgende ». 

2. Vgl. den interessanteu Ueberblick iiber die StoOe bei Fouchrr, 
VArt Grdco'Bouddhiijuef p. 637. 



286 CONGRilS INTERNATIONAL DES ORIENTALtSTES 

dritte Concil fand unter Asoka in PEltaliputta statt, also 
audi wieder in Magadha. 

Zu den Punkten, die anzuzweifeln fiir mich kein genii- 
gender Grund vorliegt, gehort die Angabe, dass Kassapa, 
Uptlli und Anandabei der ersten JEinigung iiber die Lehre 
thiitig gewesen seien. UpAli und Ananda stamraten gleich 
dem Buddha aus Kapilavastu, Kassapa war ein brahma- 
nischer Asket aus Uruvelsk in Magadha. Wollen wir uns 
die Sprache vorstellen, in der sie redeten, so liegt auch 
hier wieder der Gedanke an eine gemilderte Magadhi am 
nachsten. 

Unzahlige Male und an unziihligen Slellen ist an den 
Uposatha-Tagen das Patimokkha in feierlicher Weise 
recitiert worden. Solche Hauptstiicke, durch die haufige 
Recitation treu festgehalten in der ihnen einmal gegebe- 
nen Form, konnen wesenllich dazu beigetragen haben, 
auch die Sliicke, die weniger hiiufig recitiert wurden, 
und denganzenKanpn aufderselben Sprachstufe zu erhal- 
ten. In derselben Richtung mussten die zahllosen stereo- 
typen Ausdriicke und Satze, oft recht lange Stiicke, wir- 
ken, die immer und immer wieder in den verschiedensten 
Texten wiederkehren und nach Form und Inhalt dem 
Ganzen einen festen Halt geben. Sie sind den Brnchstei- 
nen einer Mauer vergleichbar, die unverandert iibrig 
bleiben, selbst wenn das Mauergefiige zerfiillt. Das Pali 
ist durch und durch eine formelhafte Sprache und triigt 
auch darin nicht den Stempel einer urwiichsigen Volks- 
sprache, sondern den einer conventionnellen Sprache. 
Wennes Bhikkhus gab, die den ursprimglichen Worllaut 
preisgebend die Lehre Buddha's in ihre eigene Sprache 
fassten, in die Sprache ihrer Zeit (s. oben S. 275), so hat es 
andrerseits auch Bhikkhus gegeben, die das missbilligten 
und den urspriinglichen Wortlaut, das [Buddhavacanam 
festzuhalten suchten. Das Pali ist ein Gompromiss der 
beiden Richtungen, die schon zu Buddha's Zeit vorhan- 
den waren. Ebendeshalb kann man nicht annehmen, dass 
der Kanon nur Ibrtgesetzt in jeder Landschalt die dort 



I'REMICRK section 28) 

lieimisclie Spraclif'orm annalim. Wolil aber konnten dia- 
lektische Aenderungen, Provincialisraen in'das Alte ein- 
dringen. Eine rigorose Gonsequen/ darf raan sich bei der 
vielkopfigen Tradition nicht denken, wederin der Bewah- 
pung des Alien nooh in der Neuerung. Aucb das VVander- 
leben, das die Bhikkhus schon zii Buddha's Zeil fulirten, 
und die Ausbreitung des Buddhismus nach dein Westen 
zu, muss dazu beigetragen haben, die buddhistische xstvr, 
zu bilden. Liessen sich im literarischen Pdli Spuren des 
Dialektes von Ujjayini nachweisen, so wiirde das bedeu- 
ten, dass auch dieser sein Scherflein zu dieser gemeinsa- 
men Sprache der Buddhisten beigetragen hat. 

Nach dem Dipavanisa VII 44 ff. fand unter K«inig Asoka 
in Pataliputta iin AsokArdraa das drilte Concil statt. Im 
Anschluss daran beginntdie Missionslhiitigkeit derdama- 
ligen Thera. Unter ihnen befindet sich Mahinda, dem die 
Bekelirung von Ceylon bestimmt isl. In dem confusen 
Berichte begiebt er sich von dem Asokdrdma in Fdtali- 
putta nach dem Vedissagiri, d. i. Bhilsa, ostlich von 
Ujjayini, wo seine Mutter lebt, und fliegt von da aus mit 
seinen Begleitern nach Ceylon, Dipavanisa XII 8, 14, 36. 
Durch die Luft lliegen gehort zu den Wunderkraflen der 
Arhant, an die der Buddhist glaubte (vgl. S&maililaphalas. 
!:; 87). Nach der Tradition war Mahinda einer der massge- 
benden Thera von Magadha. Dass er und seine Begleiler 
eine besondere Form des Kanons, wie sie in Ujjayini 
voriianden war, vertreten batten, ist sehr unwahrschein- 
lich. Alles, was wir von Ceylon aus erfahren, ist nur 
Magadha-Tradition. Die ceylonesische Tradition kniipft 
direct an den Konig Asoka an, und darin liegt nicht die 
geringste geschichtliche Unwalirscheinlichkeil. 

Nachdem das Tipitaka einmal in Ceylon war, ist es mit 
bewundernswiirdiger Treue bewahrt worden, kaum weni- 
^^er treu als der Ijlgveda. Dass sinhalesische Dialekte das 
FAli beeinflust hiitlen, hat noch Niemand behauptet. Aber 
Missverstandnisse versciiiedener Art mugen sich doch 
• ingeschlichen haben. Auch auf Ceylon roachte man die 



288 CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Erfahrung, dass die miindliche Tradition [mukhapdtha) 
weniger zuverlassig wurde. Die Bhikkhu salien, dass 
die Menschen im Stiche liessen [hdiiim disvdna sattd- 
nam) und liessen die Lehre in Biicher schreiben, Dipa- 
vamsa XX 21. Dies geschah unter Konig Vattagamani im 
1. Jahrhundert vor Chr. 

Der heutigen Tags nun auch durch den Druck fixierte 
Text des Pali-Tipitaka zeigt im Ganzen eine gleichmassige 
Schreibweise, wie sich eine soiche zu jeder Zeit ergiebt, 
wenn Gebildete ihre Spraclie schulmtissig lesen und 
schreiben gelernt haben. Die s'iksd ist auch bei den Brah- 
manen eher dagewesen als das f^ydkaraTia. Wir lernten 
lesen und schreiben in unserer Jugend, ohne dass uns 
eine ausfiihrliche systematische Grammatik in die Hand 
gegeben wurde. Aber, mittelbar oder unmittelbar, unmer- 
klicli oder auch dessen bewusst, wurden wir von der latei- 
nischen Grammatik beeinflusst. Aehnlich diirfen wir uns 
die Verhiiltnisse fiir das P^Ii denken. Otto Franke hat eine 
zweite Schrift verofFentlicht, in der er uns iiber die nur 
Wenigen genauer bekannte PAli-Grammatik und-Lexiko- 
graphie unterrichtet (« Geschichte und Kritik der ein- 
heimischen P4li-Grammatik und -Lexikographie », Strass- 
burg 1902). Capitel 2 hat daselbst die Ueberschrift « Das 
alteste pMi-grammatische System ». Ich bezweifele, dass 
es schon in der alteren buddhistischen Zeit eine systema- 
tische Grammatik des Pali gegeben hat. Die alten Buddhi- 
sten waren jeder Grammatik abhold. Ich bezweifele sogar, 
dass es zu Buddhaghosa's Zeit eine soiche Grammatik gege- 
ben hat. Wenn man in Tumour's und Max Midler's engli- 
scher Uebersetzung des Berichtes iiber Buddhaghosa die 
an diesen gerichtete Aufforderung liest « Translate them 
according to the rules of the grammar of the MAgadhas » 
(Buddhaghosa's Parables p. xiv), so konnte man daraus 
die Existenz einer Grammatik folgern, aber der Text 
(MahSvamsa XXXVII 180) besagt nur, dass er in die nirutti 
der MAgadlia iibersetzen soUe. Das ist derselbe Ausdruck 
der Gullavagga V 33 fiir die Rede weise oder die Sprache 



premiE:re section It9 

der Mdgadha gebraucht ist. Ein Ausdruck fiir Grammatik 
ist nirulti nicht. 

AUe die termini technici, die Franke aus den Commen- 
taren des Buddhaghosa und des DhammapMa gesammelt 
hat, beweisen zunlichst nur den Einfluss der Sanskrit- 
Grammatik, in der Manner wie Buddhaghosa selbstver- 
stilndlich wohl bewandert waren. Eine wissenschaftiiche 
P&ligrammatik ist erst denkbar in den Zeiten, in denen 
sich unter dem Einfluss des Brahmanenthums auch eine 
buddhistische Gelehrsamkeit herausgebildet hatte, wie 
sie Hiuen Thsang in dem grossen Kloster zu N^landa vor- 
fand. Besonders wissen wir von einer buddhistischen 
Logik, eifrig betrieben zur Schulung fiir die Disputation 
(vgl. E. Hardy, Zeitschrift der Z). M. G. LI 121). Im NyAya- 
bindu mit Dharmottara's ttka dazu besitzen wir ein Werk 
dieser Art, dessen Abhiingigkeit vom brahmanischen 
NySya unverkennbar ist. Von eigentlichen grammatischen 
Studien in alterer Zeit erfahren wirnichts. Wenn Buddha- 
ghosa allgemeine grammatische termini technici ge- 
braucht, so folgt daraus nicht mit Nothwendigkeit, dass 
es zu seiner Zeit eine voUstandige Pdligrammatik gab. 
YSska erwahnt in der Einleitung zum Nirukta die vier 
Redetheile ndma, dkhydta, upasarga und nipdta. Daraus 
ist nicht geschlossen worden, dass zu dessen Zeit schon 
eine voUstandige Sanskritgrammatik vorhanden gewesen 
ist. Wenn mehrere termini technici der Pdli-Commentare 
in keiner uns bekannten Sanskrit-Grammatik vorkomraen, 
so kann dies bedeuten, dass die Pftli-Gelehrten unter 
Umstanden auch ihre eigenen Ausdriicke pr&gten. Wich- 
tiger wiire^ wenn bei Buddhaghosa und DhammapAla die 
algebraischen Silben der Grammatik wie jha, ga u. s. w. 
vorkamen. 

Die iilteste erhaltene Grammatik ist die, welche den 
NamendesKaccAyana tragt.Nach Franke'sAusfi'ihrungen 
wiirde sie zwischen dem 7. und dem 11. oder 12. Jahrh. 
nach Ghr. entstanden sein. Das istrecht sp&t. Und die noch 
sp&teren Pdii-Grammatiker miissen recht wenig Sicheres 

1 19 



290 congrEs international des orientalistes 

von alteren Grammatikern gewusst haben, sonst wiir- 
den einige von ihnen niclit auf die Idee gekommen sein, 
dass der Jiinger Buddha's » Mah^kaccAyana S^riputta » der 
Verfasser der KaccSyana-Grammatik sei. Nun soil aller- 
dings die Grammatik eines Bodhisatta von dem Kac'c'Aya- 
na, die eines Sabbagun^kara von dem spiiteren MoggallSna 
benutzt worden sein. Beide Grammatiken sind verloren, 
doch ist von jeder das 1. Sutra iiberliefert (s. Franke a. 
a. O. P 2), das mit dem 2. Sutra bei Kacc^yana zu ver- 
gleichen ist. Wieviel alter Bodhisatta ist als KaccSyana, 
weiss man nicht, aber vermuthen lasst sich, dass die ver- 
lorengegangenen Grammatiken nicht besser waren als die 
des Kacc&yana. Denn bei dem auf Ceylon fortgesetzt 
vorhandenen Interesse am P^li ware zu erwarten, dass 
ein bedeutenderes autoritatives Werk erhalten worden 
ware. 

Obwohl die buddhistischen P^li-Grammatiker die San- 
skrit-Grammatik in der ausseren Technik nachgeahmt 
haben, haben sie doch ihr PAli nicht auf das Sanskrit redu- 
ciert, sondern isoliert behandelt. Es hangt dies gewiss 
mit der buddhistischen Anschauung zusammen, dass das 
Pali eine Ursprache sei {mulabhdsd, Franke, PSli und 
Sanskrit S. 149). Anders die Prakrit-Grammatiker wie Va- 
raruc'i, Hemac'andra, denen das Sanskrit die prakrd des 
Prftkrt ist, und die dem entsprechend in ihren Regeln die 
Prakrit- Worter aus den Sanskrit- Wortern ableiten-Neben- 
bei bemerkt, kann man aus dieser principiell verschiede- 
nen Behandlungsweise ein weiteres Argument gegen die 
auch von Franke (Pali-Gramm. und -Lex. S. 149) entschie- 
den abgelehnte Hypothese ableiten, dass der PAli-KaccS- 
yana mit dem KStySyana der V^rttika und mit Vararuc'i 
identisch sei. 

Schon die Grammatik des Bodhisatta hat als ihre Auto- 
ritiit das naravara-vacanam^ d. i.y7««-oder Buddha-vaca- 
nam, bezeichnet, also unmittelbar den Text des Tipitaka 
(vgl. Franke a. a. 0. P. 13). Auch fiirdie Spiiteren ist nicht 
eine Grammatik, sondern direct das Tipitaka selbst die 



i>remi(:rk section 291 

Norm. Dieses wurde im 1. Jahrhundert vor Chr. aufge- 
zeiclinet, und auf diese Aufzeichnung muss die ganze hand* 
schriftliclie Tradition auf Ceylon, in Birma, Siam u. s. \v. 
ziiriickgeFien, ihrer Einheitlichkeit wegen. Wir erfahren 
dann nichts mehr von Verunstaltungen oder von Spaltun* 
gen. Die Stiitze der treuen IJewahrung bildete der alte 
sinhalesische Commentar, der im 5. Jahrh. nach Chr. von 
Buddhaghosa ins Pdli iibersetzt worden ist. Nlrgends 
erfahren wir etwas davon, dass Grammatiker den Text des 
Tipitaka reguliert hiitten. Die auf Ceylon den Pdli-Kanon 
aufzeichneten, waren die guten Kenner, die treuen Bewah- 
rer des alten Textes. Neben ihnen gab es Andere, die we- 
niger pietiitvoll gesinnt waren, und die Neuerungen ein- 
fiihren wollten. Diese haben auf Ceylon nicht die Obcrhand 
gewonnen. Aber in Nordindien sind neben der alten 
Haupttradition auch die Neuerer zur Geltung gelangt^ 
gespalten in zahlreiche Schulen. Die Sprache Buddha's 
und der Thera verwahrloste in ihrem Mund und erhielt 
nur einen Halt durch halbe Uebersetzung ins Sanskrit oder 
durch giinzliche Annahme der Sanskritform. Es entstand 
eine neue Literatur, die sich zum Theil mit Benut/ung: der 
alten aufbaute. Dass auch Theile des alten Kanons lunger als 
man friiiier alinte, sich in Indien und in den von Indien aus 
Imddiiistiscii beeinflussten nordlichen Liindern gehalten 
liaben, wenn auch zum Theil in veriinderter Form, haben 
die neuesten Funde bewiesen, deren Bedeutung ich kei- 
neswegs unterschatze. Das von Senart ' und Liiders* bear- 
beitete Karosthi Manuscript des Diiammapada zeigt uns 
einen im Norden erhaltenen Theil des alten Tipitaka in 
einem verwahrlosten Pftli, das an die Sprache des MahA- 
vastu und die Verse des Lalitavistara erinnert ; die von 
Pischel ' bearbeiteten Bruchstiicke aus Chinesisch-Turkes> 



1. Journ. As. Sept-Oct. 1898. 

2. GiHt. Nachr. 1899, S. 474 ff. 

3. M Bruchstiicke des Sanskritkanons der Buddhitten aus Idykalsari » 
Sitzungsber. der K. Preuss. Ak. 1904, P. 807 ff., S. 1138 ff. 



292 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

tan fiihren uns den Kanon ins Sanskrit iibersetzt vor 
Augen, vielleicht dieselbe Uebersetzung, die den unter 
Kani$ka abgefassten, aus Hiuen Thsang's Berichten in 
ihren Titeln bekanntenSanskrit-Commentaren zu Grunde 
lag. 



CINQUIEME SECTION 



CHINE ET EXTKfiME ORIENT 



ETUDE ETHNOGRAPHIQUE 

SUR DIVEKSES TRIBUS, ABORIGENKS OU AUTOCHTONES 

HABITANT LE8 PROVINCES DBS HUA-PUANO-HA-TANC-HOC 
ET OU GAMMON, AV LAOS 

PAR 

M. Paul MACEY 

CommisMira da GouveruemeDt an Cammon (Laoa). 



AVANT-PROPOS 



Ce travail n'est qu'un premier essai de contribution a 
des etudes ethnographiques ayant pour butdecoordonner 
le8 diverses races qui peuplent le Laos. II porte sur huit 
tribus de Khas, representants de plusieurs races ou va- 
rietes ethniques actuellement repandues, k I'elat spora- 
dique, surles territoires montagneux de I'Indo-Chine. 

Lors deleur presentation a I'Ecole Franyaise d'Extr^me- 
Orient en 1901, 1902 et 1903, les notices concernant chacune 
des tribus examinees etaient accompagn6es d'une annexe 
au paragraphe : Linguislique, lormee de vocabulaires de 
400 mots environ. 

Ici, nous nous bornerons a resumer ces vocabulaires en 
un tableau synoptique comparatif, d'une centaine de mots, 
les plus usuels, et des principes de la numeration. 
Hin-boun, le /•» novembre i904. 



congkEs international des orientalist es 

NOMS DES TRIBUS ETUDIEES 

Province des Hua Phans. 
1* Pou-Hoc ou K'kssing M'moull ; 
2" Khao ou Tie , 
S" Phong ou Pou K'kenieng; 

Province du Cammon. 
4<» Tiaris ou K'koai T'trri; 
5» Mong-khong ou K'koai B'brro ; 
6» Phou Thunng ou K'kemou; 
7" Sek ; 
8° Soou R'rekorre B'brro; 



tableau de la repartition de la population de la 
province du cammon classee par races 

Groupe a 

Laotiens 26.566 

Pou Thais et autres Thais . . . 2.477 

Phou-Thuongs 2.173 

Groupe B 

S6s 3.141 

Seks 751 

Groupe C 

Khas Tiaris et Mong Khong . , 507 

KhasPhongs 1.006 

Khas Phou Thunngs 676 

Groupe D 

M^ss 165 

Chinois 16 

Annamites .597 

Total global . . 38.075 



cinquiCme section 8 

Repartis en 6 muongs et 4 cantons autonomes compre- 
nant 606 villages. 

La superficie de la province 6tant de 30.000 kilometres 
carres, la dcnsite de la population ressortit a 1, 27/10 habi- 
tant par kilometre carr6. 

La superficie totale se decompose ainsi : 

SupeHicic totale 30 000 kin carres 

— Impropre a la culture , 21.180 — 

— Propre a la culture . . . 8.820 — 

— Cultiv^e 2.130 — 

— Non utilisee 6.690 — 

La province pourrait done recevoir un surcrottde popu- 
lation de 150.000 habitants et la repartition des terrains 
cultivables serait de 33 hectares 45 ares par famille de cinq 
personnes. 



I. — Khas Pou-Hoc ou K'kssing M'mocll. 

Archeologie. 

Les Pou-Hoc ne possddent aucun monument architecto- 
nique, et les representants actuels de ce groupe n'ont nul 
souvenir que leurs devanciers en aient jamais eleve. lis ne 
font aucune construction, m6me passagfere, pour marquer 
les tombes de leurs morts. Comme les Laotiens, ils edi- 
fient, autour des villages, de petits abris sur pilotis, ou 
maisons des « Pi » (Huenne Pou Pi-tai) qu'ils nomment, 
eux, Difenng Ho ou Dienng S'seul, et qui sont destines a 
abriter les « Esprits » ou mdnes des morts. De temps a 
autre, on depose sur le plancher de ces abris, des offrandes 
de riz cuit, de volaille, etc. 

Les Pou-Hoc n'ont aucune inscription ancienne et ne 
poss^dent le moindre motif de sculpture sur quelque ma- 
ti^re que ce soit. 



6 c6nGR£S international DES ORIENTALISTES 

Linguistique. 

Le dialecte des Pou-Hoc est plus doux, a Toreille, que 
celui de leurs voisins les Khas Khao (ou Tie). Les r s'y 
transforment quelquefois en /, simples ou doublees. Le 
debit est rapide : les gutturales assez douces, se confon- 
dent ou s'allient, souvent, a des labiales nombreuses. Les 
Khas Khao trainent sur la fin des mots en roulant les r, 
tandisque les Pou-Hoc allongent les premieres syllabes et 
terminent brusquement. 

Plusieurs termes de ce dialecte sont empruntes soil a la 
langue annamite, soit a la langue Thai ; mais, quoique mo- 
difies, ils sont facilement reconnaissables. 

Les Pou-Hoc n'onl point d'ecriture. Autrefois, ils em- 
ployaient, pour correspondre entre eux, d'une facon som- 
maire, des lamelles de bambou sur lesquelles on pratiquait 
des entailles et des traits disposes de certaine facon. Au- 
jourd'hui, cet usage s'est perdu et on ne peut trouver de 
representant du groupe apte a correspondre de cette ma- 
niere. (Voir le Vocabulaire ci-annexe.) 

Ethnographic. 

\. — Les Pou-Hoc sont les representants d 'une tribu qui 
semble en train de disparaitre et de s'eteindre, tant par 
son refus de s'allier avec les Pou-Thais que par sa fusion 
avec les elements Pou-Las' et Khas-Khao, (ou Ti^)? En 
efTet, dans cette partie du Haut-Laos, on n'en connait que 
cent ou cent cinquante families representant environ un 
millier d'individus. Ils sont confines, partie dans les Hua- 
Phans de Muong Het et Xieng-Kho, au Laos, et partie dans 

1. ParPou-Lao, nous cntendons ici le groupe des Thais-Heua (Thais 
du Nord ou d'en haul), qui se denomme : Pou-Lao, et .semble etre une 
parlie du groupe Pou-Thai en evolution vers le type laotien. Les Pou- 
Lao de cette region portent les cheveux et les vStements courts, mais 
ont conserve la forme toute speciale de la maison Pou-Thai et certaines 
coutumes propres a cette race. 



I 



CINQUlf.ME SECTION 7 

les territoiresde Miiong Lftm(Van-Bii)et de Miionjr Floiim 
(Mai-son-chau) ; dans Ics Sib-song-chau-Thai. 

lis n'ont conserve auciine tradition d'histoire et igiio- 
rent mAme de quelle partie de I'Asie orientale sont venus 
leurs anc^lres, 

Les Pou-Hoc ne connaissent pas la mer, n'ont aucun mot 
pour la nommer, et n'ont jamais vu de caimans ni depois- 
sons degrande taille comme ceux qu'on trouve dansle Me- 
kong. P^cheurs habiles, hien plutot par adaptation que 
par atavisme,ils neconstruisent point de pirogues etn'em- 
ploient que de petits radeaux de bamhous, qu'ils manoRu- 
vrent tres habilement. 

Leurfacies, en general, rappelle celui des races rouges 
de I'Amerique du Nord, et n'est pas sans une certaine ana- 
logie avec celui des Khas Kouenes du pays de Poukha, sur 
le haut i\am-Ta. 

Leur stature est moyenne; les membres sont robustes 
sans lourdeur. L'allure est degagee, le regard franc. 
L'angle facial est droit; le nez presque aquilin ; la bouche, 
moyenne, est bien faite; les l6vres plutot minces sont un 
peu sinueuses. Les pommettes non saillantes allongent le 
visage. Le menton est accuse; le front haut; les tempes 
Idgerement deprimees ; les oreilles, moyennes, ne sont pas 
6cart6es. Le cr^ne est ovale; les cheveux, bien plantes, 
sont portes longs et ramenes en arriere pour former un 
chignon sur la nuque. 

Les Pou-Hoc n'ontaucune id^ede I'existence d'une Divi- 
nity, creatrice, tutelaire ou coercitive. lis croient que le 
corps humain est anime par un element spirituel, impon- 
deral)le,nommeS'seull Iv'ksinng, mot a mot:Esprithomme 
[homo), qui sesepare de I'enveloppe corporelleau moment 
de la mort physique, mais continue a vivre et se (ixe aux 
environs des groupemenls humains. dans les arbres, de 
prefercMice. Les esprits des morls ont un pouvoir tutelaire; 
ils conseillent et inspirent les vivants, leur suggerant ce 
qu'il faut faire pour le bien general. Quand un membredu 
groupe tombe malade, e'est un signe que les Pi de ses pa- 



8 CONGRtS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

rents sont fSches; alors on s'empresse de leur offrir des 
sacrifices de riz, oeufs, volailles, pores, etc. II n'existe pas, 
parmi les Pou-Hoc, de sorciers ou de gardiens de genies; 
c'est le chef de famille qui preside k toutes les ceremonies 
familiales et officie lui-m6me. 

Les representants dece groupese donnenta eux-memes 
lenom deK'ksinngM'moull (homme-(^owo)-foyer). Cesont 
les Pou-Thais, lesPou-Lao et les Annamites qui lesappel- 
lent, on ne sait pourquoi, Pou-Hoc. 

Leurs moeurs sont douces. lis vivent tranquillement dans 
leurs villages ou les vols sont tres rares et le meurtre 
presque inconnu. D'un caractere assez independant, mais 
non agressif, ils conservent de bonnes relations avec les 
representants des autres races au milieu desqueis ils 
vivent. 

II. — Les villages Pou-Hoc sont etablis dans les vallees 
des rivieres un peu importantes. Les maisons, b^ties sur 
pilotis et sans palissades, sont alignees, suivantle sensdu 
cours d'eau, des deux cotes d'un cherain central. Les ani- 
maux sont, la nuit, remises sous les maisons. On trouve 
les villages de ce groupe generalement assez propres. 

III. — Le costume des hommes consiste en un pantalon 
large et une veste courte boutonnant sur le cote ; le tout en 
tissus de coton de fabrication locale, teints en bleu fonce, 
ou ecrus. La coiffure consiste en un turban, assez volumi- 
neux, de m^me etoffe, 

Les hommes n'ont pas les oreilles percees. 

Les femmes Pou-Hoc sont values dune jupe courte et 
d'une petite veste ajustee, qu'elles filent, tissent et teignent 
elles-m^mes. Comme les femmes Lues et Pou-Lao, elles 
portent la coiffure si caracteristique en forme de mitre, 
maintenue par une grosse epingle, quadrangulaire et effi- 
lee, qui traverse le chignon en huit de chifTre place sur le 
sommetde la t6te. Leurs bijoux sontd'argent ou de cuivre 
et consistent en bracelets, colliers rigides, anneaux de 



I 



I 



CINQClflME SKCTION f 

clievilles, bagues, pendants d'oreilles et plaques d'agrafes. 

Les jours de ffttes, et pour les c6r6monies familiales, 
hommes et femmes rev<^tenl des habits un peu plus propres 
et d'une facon plus soignde que ceux qu'ils portent jour- 
nellement, mais sans aucun element special et distinctif 
qui soit particulier au groupe. 

Le tatouage est en usage pour les deux sexes mais sans 
abus. Les hommes portent des motifs isol6s, sur les cuisses 
ou le mollet, ou bien encore une sorte de feston figurant 
comme une jarretifere au jarret. Les emblemes qui sont le 
plus souvent representes sont le cheval, le buffle,le chien, 
etc., entoures d'un encadrement figurant des ecailles de 
pangolin. Les femmes ne sont tatouees que sur le dos de 
la main, oil figurent des rosaces, des trainees de points 
parall6les terminees par une croix et, surtout, un cercle 
entoure de rayons que Ton nomme : Matte T'tegnfe (soleil). 

IV. — La base de ralimentation est le riz, le mais, les 
palates, ignames et tarots, poisson, etc., auxquels viennent 
se joindre,les oeufs, les volailles et la viande de porc,lors 
des f6les et ceremonies familiales. 

II n'y a, dans le groupe, que peu de fumeurs d'opium, 
mais le tabac y 6st en honneur et on y boit I'alcool et le vin 
de riz, comme chez les Pou-Thais. 

V. — P6cheurs habiles, les Pou-Hoc sont presque 
constamment sur I'eau; cependant, comme on I'a vu plus 
haul, ilsn'ont pas de pirogues et ne se servent que de ra- 
deaux de bambous. Les engins de p6che sont des barrages 
dc branchages, des nasses, des pieges k poisson, des filets, 
lignes, tridents, etc. 

VI. — La culture comprend le riz, le mais, les palates, 
les ignames, le colon, le chanvre, le tabac, Tindigo el quel- 
ques legumes. Le tout cultive en rais de monlagne. Les 
animaux domestiques comprennent : le buffle, le pore, 
poules, canards, etc. 



I 



10 CONGRES international DES ORIENTALISTES 

Point de sericiculture. Les Pou-Hoc n'elevent pas d'a- 
beilles, mais recueillent le miel et la cire sauvages. 

VII. — Le commerce consiste surtout en echange de 
produits dii pays contre du sel^ du fer, du plomb, de la 
mercerie, des allumettes, hamecons, bijoux, etc. 

Les monnaies, poids et mesures en usage sont ceux 
des pays voisins. 

Vill. — Gomme industrie on ne connait que la prepara- 
tion dii poisson, la filature, le tissage et la teinture du 
coton. 

IX. — De nature paisible, les Pou-Hoc, bien qu'ils 
aient un caractere fier et independant, sont pacifiques et 
ne poss6dent pas d'armes a feu. Des lances, arbaletes et 
sabres d'abalis composent leur armement. 

X. — La base de Torganisation sociale est la famille et 
le pouvoir paternel est absolu, Neanmoins, la femme jouit 
de beaucoup de consideration et, dans le menage, elle par- 
tage avec son mari Tautorite sur les enfants. Uneancienne 
coutume, strictement observee, fixe a deux, le maximum 
d'epouses que peut avoir un Pou-Hoc. 

En cas de deces de Tun des conjoints, les biens apportes 
et ceux acquis au cours de la vie en commun reviennent 
au survivant et passent ensuite aux enfants. Dans un me- 
nage oil existent deux epouses, la premiere femme peut 
h^riter de la seconde, mais cette derni^re n'a aucun droit 
sur la part des biens de la premiere si elle vient a mourir : 
cette part revient a I'epoux commun. 

Le jeune homme qui desire prendre femme doit, apr6s 
certaines demarches preliminaires, verser entre les mains 
des parents de sa fiancee une somme variant de 18 a 30 
piastres, suivant la position de ceux-ci, plus certains 
cadeaux en nature ad libitum. 

De m6me que chez les peuples voisins d'origine Thai, 



CINQClCMK SECTION H 

le jeiine inari6 qui ne po8s6de pas la somme necessaire, en 
tout on partie, pent y suppleer en restant chez ses heaux- 
parents et en travaiilant pour eux, au pair, pendant deux, 
trois ou quatre ans. Par centre celui qui, ayant dej^ una 
epouse d6sire en prendre une seconde, doit verser la dot 
en numeraire; car. chef de famille et possesseurd'un foyer, 
il n'a plus la faculte de travailler pour se lib6rer. 

L'education des enfants, tris sommaire, est partag^e 
entre les epoux. Elle incombe a la mere dans ies premieres 
annees, puis ensuite au pere des que Tenfant peut (itre 
utilise. 

Les Pou-Hoc ne se marient jamais avec des femmes 
Pou-Thai. mais ils epousent volontiers des femmes Pou- 
Lao ou Kha Khao(ou Tie). De m6me les femmes Pou-Hoc 
ne se marient jamais avec des Pou-Thai, mais s'allient tres 
volontiers a des Pou-Lao ou Kha Khao (ou Tie). Cela tientt 
parait-il,a une tradition fidelement ohservee de part e, 
d'autre, que personne n'oserait transgresser. 

La reunion des families, vivant dans un m^me village, 
forme une communaule dirigee par un chef et des notables, 
qui connaissent de tous les difterends civils et des delits 
de peu d'importance. lesquels sont juges suivant les cou- 
tumes du groupe. Les affaires correctionnelles ou crimi- 
nelles ressortissent du triliunal provincial du Hua-Phan, 
et sont jugees suivant le Code de Luang- Prabang. 

Les 6preuvesjudiciaires de I'eau etde I'huile bouillante, 
du feu et du plongeon, sont encore en usage. 

La propriete existe chez les Pou-Hoc; les biensimmobi- 
liers peuvent se vendre, s'acheteret se transmettre. 

XI. — Aucun art, ni dessin ni peinture ni sculpture. 

Deux sculs instruments de musi()ue, et encore sont-ils 
empruntdsaux races voisinesrle k^ne etlafluteenbambou. 

Lo chant est inconnu, et les fO-tes familiales ne sont ac- 
compagnees que de danses ay.uit un rnractcre plus rituel 
qur fohUre. 

11 y a des conteurs improvisaleursqui sebornent a rap- 



12 CUNGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

peler les principaiix evenements de I'annee, sans jamais 
evoquer le passe. 

Aucun jeu d'argent. 

Les jeunes gens des deux sexes jouent entre eux, avec 
une balle retenue au poignet pap une ficelle, et qu'ils se 
lancent de Tun al'auti'e. Leou lesgagnants, sont ceux qui 
ont ete atteints le moins souvent au cours de la partie. 



IT. — Khas Khao (ou Thie). 

Archeologie . 

Aucun monument ni inscription. 

Les Khas Khao enterrent leurs morts dans des cercueils 
avec leurs v^tements et une somme d'argent variant de 
0,60 a 15 piastres. lis n'el^vent aucune maison de k Pi » 
aux abords des villages. 

Linguistique, 

Le dialecte des Khas Khao est rude, sonore et les r dou- 
bles y sont frequents. II contient plus de consonnes que 
de voyelles, et possede des sons rauques et gutturaux 
presque semblables au gh arabe (p). 

Les premieres syllabes des mots sont prononcees d'une 
voix saccadee, et les derni^res s'allongent en gutturales- 
palatales. 

Pour certains mots qui n'existentpas dansleur dialecte, 
les Khas Khao ont fait des emprunts a la langue Thai. (Au 
surplus voir les observations etle vocabulaire ci- joints.) 

Les anciens moyens de correspondre par I'assemblage 
d'objets emblematiques conjointement avec des traits ou 
encoches faits sur des morceaux de bois, se sont peu a peu 
perdus, en m6me temps que la langue Thai se repandait 
de plus en plus parmi les representants du groupe Kha 
Khao. 

Ces gens n'ont done pas d'^criture et emploient les ta- 



CINtiCl£ME SECTION 13 

lents d'un scribe de race Thai, quand lis veulent corres- 
pondre autrement que verbalement. 



Ethnographie. 

I. — Le groupe Kha Khao est un des plus importants de 
la famille des Khas du Haul Laos. On trouve des villages 
Kha Khao en assez grand nombre, dans les Hua-Phans de 
-Muong-Son, Sam-Neua, Hua Muong, au Tran-Ninh, surle 
territoire de Luang Prabang, etc. 

Aujourd'hui, ils savent encore vaguement, qu'a une 
epoque anterieure ils furent les maitres du pays. Mais il 
semble que leurs dominateurs, Laotiens et Thai's, aient 
pris a Uche d'effacer toute trace de leur histoire, car les 
hommes de 50ans n'ont plus que de vagues souvenirs de 
recits entendus dans leur extreme jeunesse. 

Les Khas Khao ne connaissent pas la mer et ne peuvent 
s'en faire aucune id^e; une telle etendue d'eau d^passe 
leur imagination. 

A I'examen exterieur, on pent constater que le type Kha 
Khao represente aujourd'hui le produit d'un metissage; 
melange du Mongol et de I'Hindou. En prenant un moyen 
terme le type sera caracterise paries traits suivants : facies 
ovale avec pommettes un peu saillantes et tempes renfl^es. 
Oreilles moyennes, levres charnues; front droit mais plu- 
tot bas; yeux grands et generalement beaux, ornes de 
longs cils, mais sans grande expression et comme imp^- 
netrables. Le nez, deprime a sa naissance, s'elargit a la 
base en deux narines t'orlement ourlees et mobiles. La t^te, 
plutot petite est bien proportionnee, et le crAne peu allonge. 
Les chefs et les p6res de famille seuls, portent les cheveux 
longs, ramenes en chignon sur la nuque. Les autres les 
portent coupes courts, en brosse, et certains, m6me, se 
rasent la t^te k I'exception du sommet oil ils conserventle 
Phom-yotig des Laotiens, ou Phom-koi des Pou-hao (Thais 
Neuas), et Kd-Sime des Gambodgiens, c'est-a-dire I'em- 
preinte symbolique du pied du vainqueur. 



14 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORiENTALlSTES 

La taille depasse rarement I'^.GO, et se maintient entre 
1",50 et ce chiffre. L'allure est aisee, quoique un peu 
pesante et lenle, comme il convient a des montagnards . 
Les membres inferieurs sont, les mollets surtout, plus 
muscles que les membres superheurs. 

Les Khas Khao n'ont que tres exceptionnellemeat de la 
barbe, encore estelle clairsemee. 

Leurs croyances philosophiques se bornent aux « Pi- 
Pou » et « Pi-Pa » (Genies des montagnes et Genies des fo- 
rdts), desquels ils attendent recompense du bien, par de 
bonnes recoltes ou punition du mal par la disette, la fa- 
mine ou les epizooties. 

Ils croient aussi a une sorte d'ame qui se separe du corps 
au moment de la mort et vient habiter la maison de ses 
descendants directs, ou un emplacement special lui est 
d'ailleurs reserve, non loin du foyer familial. L'esprit des 
parents morts se nomme : « R'roe K'khane ». Lorsque 
quelqu'un est malade, on fait des sacrifices en I'honneur 
des R'roe K'khane de ses parents decedes; lesquels con- 
sistent, suivant les ressources de chacun, en buffles, pores, 
volailles, oeufs, etc. 

Lors du defrichement d'une montagne, poury faire des 
rai, et au moment des semailles, de pareils sacrifices sont 
faits aux Pi-Pou et Pi-Pa, par des sorciers nommes : 
« R'roe Mone ». Ge sont ces gens, qui passent pour 
connaitre les intentions et les volontes des Pi et des R'ro6 
K'khane, qui accomplissent generalement les ceremonies 
rituelles ; mais, souvent, lorsqu'il s'agit d'offrandes aux 
m^nes des parents, c'est le chef de famille qui officie. 

Les Khas Khao dont il est question ici, se nomment eux- 
mfimes : K'kmous, tout simplement, et disent apparlenir 
a une grande famille qui habite le Laos, les pays Slians, 
la haute chaine d'entre Mekong-Salou6n, les Sib-Song-Pa- 
nas, etc., en prenant les denominations de K'kmous Bitt, 
K'kmous Kao, K'kmous Lus, K'kmous Tchins, K'kmous 
Nungs, etc. 

lis sent connus, dans les Hua Phans et le Tran-Ninh, 



CINQUIEMK StiCTlUN IS 

sous le vocable de Pou-Theng (gens habitant en haul, au- 
(liiSsUs). Les Siamois les ont d^nommus Khas Thi^ et les 
Toil Lao, les Pou-Thai etles Pou-Etinesles nommentKhas 
Khao. 

Leur dialecte, qui serait alors un idiome, est, parait-ii, 
compris de tous les groupesqui sont enu meres ci-dessus. 

Les moeurs des Khas Khao sont douces. lis ont beaucoup 
d'affection pour leurs eni'ants et ceux-ci respectent gran- 
dement leurs parents et les personnes dg^es. On ne ren- 
rontre pres(|ue point de malfaiteurs parmi le groupe. Un 
liommede55ans n'a jamais eu connaissance d'un meurtre, 
non seulement dans son village, mais m<^me dans d'autres 
villages du Hua Phan. 

lis vivent en bonnes relations avec les I^ou-Lao, les Pou- 
Thai et les Laotiens qui ne les maltraitent point d'ailleurs, 
car ils savent bien que les Khas ne se laisseraient pas faire 
et se souviennent de leurs revokes passees. 

II. — Les villages Khas Khao sont toujours etablis sur 
(les montagnes de 750 a 900 metres d 'altitude. 

Les maisons, sur pilotis, semblables aux maisons lao- 
tiennes, sont bi\ties sans ordre, au hasard du terrain, sur 
Its ilancs ou les croupes des montagnes. C'est le ruissel- 
lement.des eaux pluviales qui estseul charge de la voirie, 
aussi, les villages sont-ils generalement sales. 

III. — Le costume des hommes se compose d'unpanta- 
lon large, d'une veste courte boutonnant droit sur le de- 
vant et d'un turban; le tout en tissus de coton, ecru ou 
bleu fonce, un pen grossier mais resistant 

Les hommes portent des bracelets d'argent, de cuivre, 
oil d'alliage, mais ils n'ontpasles oreilles percees, ou fen- 
dues, comme leurs congeneres de certains autres groupes 
K'kmous ; les K'kmous Lus, par exemple. 

Le costume des i'emmes est celui des femmes Pou-Lao, 
mitre comprise. Leurs bijoux, en argent, alliage, cuivre 
jaune ou rouge, consistent en bracelets, colliers, pendants 
d'oreilles, epingles de chignon et plaques d'agrales. 



t6 C0NGR6S INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Les Khas Khao ignorent le travail du colon, et ce sont les 
Pou-Lao ou les Pou-Thai quiles fournissent de v^tements. 

Les jours de f^tes ils rev^tent des vdtements plus pro- 
pres et mieux soignes, sans aucun signe distinctif propre 
a leur race. 

Le tatouage est en usage. Les hommes portent des mo- 
tifs isoles sur les cuisses et le mollet ou un enroulement 
de serpent au jarret. Les femraes sont tatouees dans le dos 
et sur le dessus de la main. Pour les hommes, le tatouage 
represente des figures de tigre, de buffle, dechien, etc. Le 
tatouage des mains des femmes se compose d'un signe 
presque unique: un cercle entoure de rayons. Dans ledos, 
sont figurees des fleurs. 

IV. — L'alimentation des Khas Khao consiste en riz, 
ma'is, patates, tubercules divers, haricots, citrouille-liane, 
et, exceptionnellement de viande de buffle, de pore, de 
venaison, volailles, oeufs, etc. 

lis boivent I'alcool de riz, le vin de riz, et fument peu- 
I'opium. 

V. — Les Khas-Kh6 sont chasseurs: ils tuent ou captu- 
rent, boeufs sauvages, cerfs, chevreuils, sangliers, gibbons, 
etc , a I'aide de fusils, arbaletes, pieges, collets, etc. 

VI. — La culture se compose de riz, ma'is, coton, patates, 
haricots, Kok Mak Toua He (arbre de la famille des legu- 
mineusessur lesquels se recoltenile stick-lak) et le tabac 
Les animaux domestiques sont : le buffle, le pore, les vo- 
lailles, etc. ILs ne pratiquent point la sericiculture. 

VII. — Le commerce se resume a des echanges de leurs 
produits avec du sel, des vetements, des bijoux, des amies, 
des gongs en bronze, de la mercerie et des allumettes. 

VIII. — Aucune Industrie; pas mSmela filature, le tissage 
et la teinture du coton. 



CINQUIEME SKCTION 17 

IX. — Les armes sont : des fusils a pierre, des lances, 
arbaletes et sabres d'abatis. 



X. — L'organisation sociaie a pour base la famille et 
pour si^ne le foyer. Le chef de famille est tout puissant sur 
sa progeniture. La fenime jouit d'assez de consideration et 
partage, en quelque sorte I'autorile paternelle. 

Les Kas Khao sont polygames, et le nombre des epouses 
d'un m6me homme n'est limite que par I'etendue de ses 
ressources. Avoir beaucoup de femmes et de nornbreux 
gongs en bronze est un signe de richesse. 

Dans un menage Kha Khao, c'est I'alne des enfants 
males qui herite du p6re. S'il n'y a pas d'enfant mAle, 
c'est la femme qui herite de son epoux. 

Le mari herite toujours des biens de sa ou de ses de- 
funtes epouses. 

En cas de partage entre plusieurs veuves d un mdme 
homme, la premiere femme louche deux parts, les autres 
une part. S'il y a des enfants m^les, ce sont eux qui heri- 
tent de la part revenant k leur m6re, selon son rang. 

La premiere femme a toujours le pas sur les autres, les- 
quelles lui doivent obeissance et respect. 

Pour se marier, un jeune homme doit payer a ses beaux- 
parents une somme qui varie suivant la condition de ceux- 
ci, de 15 piastres a 45 piastres. II est d'usage qu'il ofTre, en 
outre, des cadeaux en nature, qui seront consommes lors 
des repas des fiancailles et du mariage. 

Si un jeune homme n'a pas d'argent il pent se liberer en 
restant a travailler chez ses beaux-parents pj'udnnl un 
temps qui varie de qualrea dix ans. 

Les Khas Khao des deux sexes, s'allient volonliers avec 
des Pou-Thai, Pou-Lao, Laotiens, Pou-Eunes, etc. 

La reunion de plusieurs families ouloyers surun m^me 
point, forme la communaute villageoise. Souvent, des fa- 
milies vivant sur des parties de montagnes isolees d'un 
village, se rattachent neanmoinsi ce village. 

Les Khas Khao etant forcement obliges de ddplacer 
I r 



18 CONGRES international DES ORIKNTALISTES 

leurs villages, au fur et a mesure de I'epuisement des ter- 
rains, ceuxci portent ordinairement le nom du chef. G'est 
precisement ce qui a lieu pour le Ban Mom Bao My, qui 
porte le nom de I'un des Khas qui nous fournit ces rensei- 
gnements. 

Les fonctions de chef de village sont donnees a I'elec- 
tion ainsi que celles de notables faisant partie du Conseil 
communal. Le chef de village se nomme « Louk g'gouU ». 

II existe, en outre, une sorte de hierarchie sociale qui 
comprend les titres suivants: Mom, Phiea, Sen, Thao, Pho, 
et Ba, empruntes a la langue Thai. 

Les affaires familiales sont jugees par le chef de famille. 
Les differends entre gens dun m6me village ressortissent 
de Conseil communal et, pour les autres affaires, elles 
sont soumises au Tribunal provincial ou a celui du Hua- 
Phan. 

Les epreuves judiciaires de I'eau et del'huile bouillante, 
du feu et du plongeon, sont encore en usage, mais sur I'or- 
du Tribunal superieur, exclusiveraent. 

Chez un groupe nomade, la propriete immobiliere ne 
peut exister. Seuls les biens mobiliers peuvent s'acheter, 
se vendre ou se transmettre. 

XL — II n'existe, dans ce groupe, dart d'aucune sorte. 

Les instruments de musique en usage sont le kene et la 
flute des Laotiens, ainsi que des gongs en bronze venant 
d'Annam. 

Des chants en dialecte kha khao, relatant surtout des 
histoires d'amour, servent a egayer les f6tes familiales. 

La danse n'est pratiquee que lors de I'inauguration d'une 
maison neuve. Pour eprouver sa solidite on y fait entrer 
autant de personnes qu'elle en peut contenir, puis tout ce 
monde debout, et arme de gros bambous, danse et saute 
en cadence sur le plancher en le frappant avec les bam* 
bous. 

Aucun jeu d'argent. 



CiNQUlCMi': SECTION 19 



HI. — Khas Phong (ou Pou K*kbnieng) 

Archiologie. 

Les Phong n'ont ni monuments ni inscriptions. 

Au point de vue de la sepulture, ils pratiquent Tinhu- 
mation et I'incineration. 

Les chefs et leurs enfants sont incin6res apr6s leur 
mort ; leurs femmes le sont aussi, mais seulement si la 
inort n'est point survenue dans les conditions suivantes : 
cholera, submersion, mort violente ou suite de couches. 
Elies sont alors inhumees. 

Les gens du peuple sont generaiement inhumes, mais 
aucune coutume ne s'oppose a ce que leurs cadavres soient 
incineres, si la famille le demande et possede les moyens 
necessaires. La depense dans ce cas est^ au minimum, de 
4 a 6 piastres. 

Les tombes des inhumes sont recouvertes d*un petit 
abri, sorte de portique, form^d'un toit de branches vertes, 
a une seule pente, monte sur deux poteaux, et que Ton 
nomme « Toup p'prram b'beuU » (abri, homme mort). 

En outre, comme les Laotiens et Thais Neuas, les Phong 
el6vent pres des villages, des abris ou maisons de Pi, 
nommes « D'diung hou » (Maison-mamelles), mais pour les 
meres de famille seulement. 

Pour les peres de famille, c'est I'autel des anc^tres, si- 
tue en place d' honneiir, pr6s du foyer familial, qui est 
destin6 k abriter leurs mdnes ; on le nomme : « S*srro 
r'ru6 DMiung » (Pierre pulveris6e. Esprit des parents, 
inaison). 

Ce sont, en r^sumd les anciennes coutumes des Khas, 
aiixquelles sont venues s'ajouter celles des Thais, apr^s 
(jueles Phong, sans abandonner les premieres, se conver- 
tirent au Bouddhisme. 



20 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENT ALISTES 

Linguistique. 

Le dialecte Phong a beaucoup d'analogie avec celui des 
Khas Khao, mais certains de ses mots sont doubles de 
mots empruntesa la langue Thai. Les adjectifs numeraux 
semblent y avoir plus de fixite et plus de methode que 
dans les dialectes Khas Khao et Pou-Hoc. 

Les Phong n'ont point d'ecriture propre, et n'ont aucun 
souvenir d'en avoir jamais eu, non plus que d'autres 
moyens ideographiques ou symboliques de correspon- 
dance. 

Depuis tres longtemps lis emploient la langue Thai, et 
son ecriture pour cet objet. 

La numeration decimale Thai leur est connue, et ils 
peuvent compter jusqu'a c ha-ko » ou milliard. 

Ethnographie. 

\. — Le groupe Phong comprend environ 500 families 
parlant le m6me dialecte, et qui sont exclusivement can- 
tonnees dans le Hua-Phan de Hua-Muong. 

Dernier vestige d'une tribu ou d'une race, ce groupe a 
evolue, au contact des peuples de race Thai, leur a em- 
prunte en partie leur langue parlee, leur ecriture et leur 
religion; mais, chose assez remarquable, il s'est conserve 
pur de tout metissage. aussi bien avec ses congeneres i 
autochtones qu'avec ses conquerants? 

Depuis de longues annees,les Phong ont ete soumis aux 
Thais, aux Laotiens ou aux Pou-Eunes; mais ils ont sou- 
venance d'avoir forme, jadis, une tribu autonome et unie I 
commandee par un Phaya, qui I'administrait sous la suze- 
rainete des rois de Vien-Tiane, ou de Luang-Prabang; 
suivant les fluctuations de la politique. 

Ils n'ont aucune idee de la mer, n'ont jamais vu de voi- 
ture a bceufs, et n'ont pas de mots pour les designer, non 
plus que les pirogues ou radeaux. 

Leur allure est souple et d^gagee. Les membres ro- 



CINQUIfilME SECTION 21 

hiistes, sont bien proportionnes. Leur aspect est doux, 
ouvert et gai. lis ont ie visage presque ovale; le nez bien 
dessinea ar^tedroite, legerement elargi a la base en deux 
narines arrondies, minces et mobiles. La bouche, legere- 
ment pro6minente, a des l6vres moyennement charnues 
recouvrant des dents bien rangees, que d^pare, malheu- 
reusement, Ie laquage. Le crAne est ovale, d'un tour moyen 
de 0'",54 ; le front est un peu bombe; les tempes depri- 
mees et, les oreilles, petites sont peu ecartees. Le menton 
esti)ien form6, rond et proeminent, Lesyeux sont grands, 
largement ouverts; Ie regard est droit et intelligent. Les 
sourcils sont bien Iburnis, mais la barbe n'est I'apanage 
que d'une dizaine d'hommes parmi tout le groupe. Leurs 
cheveux, noirs et drus sont plantes droits, et ils les por- 
tent en une touffe, sur Ie sommet du cr^ne, tout Ie reste 
etant rase, pour former ce qu'ils appellent le « T'tegnune », 
identique au « phom-yoiig » des Laotiens. 

Leur taille varie entre 1°',52 et l'",60. 

Tout en conservant leurs anciennes croyances aux 
MSnesdes anc6tres, les Phong ont adopte celles de leurs 
voisins Bouddhistes. lis ont des pagodes, toujours cons- 
truites en lattes de bambou, ornees de statues de Bouddha, 
en bois ou en bronze. Leurs bonzes, suivent la r6gle des 
bonzes laotiens et sont v^tus comme eux, mais ils peuvent 
boire de I'alcool et manger apr^s midi. • 

Ayant conserve leurs anciennes coutumes, les Phong 
ont encore des sorciers, qu'ils nomment : « Pprraunn 
P'pl'** " (hommes devins). Ges gens passent pour avoir 
les m^mes connaissances occultes que les Mo-Mones des 
Thais, et accomplissent les m^mes c6r6monies ou jongle- 
ries. II existe aussi des m^decins nomm^s : « Kong 
S'sanam Sao » (Maltre-rem^de-maladie). 

Les Phong se donnent, k eux-m6mes le nom de « Pou 
Iv'kenieng », et ne se connaissent point de congen^res 
parlant Ie m6me dialecte, au Laos. Le nom de Pou Phong 
leur a 6te attribue par les peuples voisins; mais, il est k 
remarquer, qu'en raison, snns doute, de leur accession au 



22 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Bouddhisme ils les traitent de : Pou Phong et non de Kha 
Phong. 

Les peuples voisins s'accordent pour reconnaitre la 
douceur des moeurs des Phong et leur parfaite urbanite. 

Chez eux les vols sont extr^mement rares; car ils se 
consid^rent comme formant une seule famille, et le 
meurtre y est presque inconnu. 

II. — Les villages Phong sont toujours situes sur de 
hautes montagnes (1.000 a 1.200 metres.) 

Leurs maisons, semblables aux maisons laotiennes, sur 
pilotis et sans palissade, sont placees dans le m^me sens, 
et alignees tant bien que mal, suivant la pente du terrain. 
Elles n'ont pas d'orientation fixe; celle-ci est determinee 
par la direction de I'ar^te ou du versant ou elles sont plan- 
tees. 

Les villages Phong sont moyennement propres, 

III. — Le costume des hommes, se compose dun large 
pantalon, d'une courte veste boutonnant sur le cote, et 
d'un turban ; le tout en coton ou en soie, de couleur bleu- 
fonce. Les tissus de coton sont fabriques par les femmes 
Phong, et ceux de soie proviennent d'echanges avec 
d'autres peuples. 

Les hommes portent des bracelets, en argent ou en 
cuivre, etde petits pendants doreilles. Leurs oreilles sont 
seulement percees dun tout petit trou et non fendues. 

Les femmes portent le costume des femmes Thai Neua, 
avec le chignon sur le sommet de la t6te, et le turban- 
mitre. Les bijoux dont elles se parent, sont soit en argent, 
soil en cuivre. 

Les hommes portent des tatouages sur les cuisses etles 
moUets. Quant aux femmes elles sont tatouees sur le dos 
de la main el sur les doigts. 

IV. — L'alimentation des Phong est identique a celle 
des peuples voisins et ne se distingue point de ce qui a 
6t6 dit sur ce sujet. 



CINQDlfiME SECTION M 

Le groupe Phong compte pen de fumeurs 'd'opium. On 
y boil de I'alcool de riz et de mais ainsi que le vin de riz, 
a la mode Thai. 

V. — La chasse, h I'aide de fusils a pierre, arcs, arba- 
l6tes, trappes, pi^ges, collets, etc., se pratique sur des 
cerfs, chevreuils, ours, singes, etc. 

VI. — Les cultures sont le riz, le mais, le millet, les 
patates, les haricots, le Kok Male Toua He, le coton et le 
tabac. 

Lesanimaux domestiques sont les m^mes que ceux ele- 
ves par les Pou-Hoc avec, en plus, le cheval, le boeuf et la 
ch^vre. 

Les Phong ne font pas de sericiculture. 

VII. — Le commerce consiste, uniquemen\. en ^changes 
de produits de ragriculture, de lelevage et de la fabrica- 
tion du fer, centre d'autres que les Phong ne produisent 
point. 

Vlli. — En dehors les industries familiales: filature, 
teinture et tissage du coton, qui sont r6serv6es aux fcmmes, 
les hommes tirent le fer d'un minerai contenu dans des 
terrains de sediment, et en forgent des instruments ara- 
toires. D'autres fabriquent des bijoux d'argent et de cuivre, 
qui n'ont rien de remarquable. 

IX. — Les Phong, gens pacifiques, ne s'arment que pour 
la chasse et la defense contre les fauves. lis possedentdes 
fusils a pierre, des arcs et des arbaldtes, des lances et des 
sabres d'abatis. lis ne connaissent pas le moyen d'empoi- 
sonner les filches. 

X. — Depuis longtemps, ce groupe n'esl plus organist 
en tribu ; il est revenu au principe de la famille, au grou- 



24 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

pement des families en villages el des villages en un 
canton unique. 

Le Phong, representant d'un groupe ferme est mono- 
game, en general. Gependant rien ne s'opposerait a la 
pratique de la polygamic. Un seul Phong a deux epouses, 
parmi tout le groupe, et, s'il en a pris une seconde, a un 
certain moment, c'est a cause de I'infecondite de la pre- 
miere. Get homme est chef de canton et il a considere que 
noblesse oblige. 

En I'absence d'enfant mk\e, la femme herite du mari ; 
lequel, toutefois, herite toujours de sa femme en cas de 
pre-dec6s. 

La somme a verser par le jeune iSance varieentre 30 et 
45 piastres ; elle peut etre remplacee par I'habitation chez 
les beaux-parents et un travail de dix k douze annees. On 
a vu plus haut que les Phong ne se marient jamais hors 
de leur groupfe. 

Le droit est celui des Laotiens, des Thais et des Pou- 
Eunes, et toutes les coutumes de ces races ont ete com- 
pletement adoptees par les Phong. 

Le chef de village se nomme « Tiao D'douang ». 

La propriete fonciere n'existe pas, non plus que la com- 
munaute des produits de I'elevage, de Tagriculture ou de 
la chasse.' 

Les villages se deplacent au fur et a mesure de I'epui- 
sement des terrains de culture. 

XL — Sauf une orfevrerie grossiere, les Phong ne pos- 
s^dent aucun art. Leurs statues religieuses, en bronze ou 
en bois, leurs sont fournies par des artistes etrangers au 
groupe. 

Les instruments de musique sont le k6ne, la flute, des 
tamtams de diverses grandeurs et des gongs. 

Imitateurs en tout, des Thai, les Phong ont des chan- 
teurs-improvisateurs, des deux sexes, mais qui chantent 
en langue Thai les po6mes du repertoire courant, sans 
redire aucune tradition particuli6re a leur race. 



CINQClfiME SPXTION SS 

Lors des i^tes, ou « gnans », et pour I'inauguration des 
maisons neuves, hommes, femmeset enfants dansentgaie- 
ment, mais sans siiivre de regies bien precises. 

Aucun jeu d'argent. 



IV ET V. — Kn\s TiARis (ou K'koai T'trri) et Khas Mong- 

KONG ou (K^KOAl B'bRRo). 

Arck^ologle. 

II n'existe,parmi ces tribus Khas, aucuns monuments ni 
inscriptions anciens. 

Une tradition, conservee parmi ies Khas, dit que, jadis, il 
y a au moins cinq ou six siecles, ils lormaient une forte 
tribu groupee autour d'un chef-lieu, qui portait le nom 
de « Viil Nam Hoi Nou » ? Ce lieu, qui 6tait situe dans le 
nord, en un point qu'on ne peut preciser, etait la resi- 
dence d'un grand chef, nomme Phaya Khom ; pour ne 
parler que du seul dont le nom soit reste dans la memoire 
des descendants de ses administr^s? 

Les Khas Tiaris et Ies Khas Mong-Khongenterrent leurs 
morts, quelle que soit leur condition sociale el quel que 
soit leur sexe. lis ont pour cela, des endroits reserv6s» 
sorte de cimetieres situes au fond des for^ts et tr6s loin 
des villages. Sur chaque tombe est edifice une petite 
toiture a deux versants, supportee par le linteau d'une 
sorte de portique forme de deux colonnes en bois. 
Ces monuments funeraires se nomment, dans les deux 
idiomes : D'dong K'kemout K'koai (mot a mot : maison- 
esprit-homme). 

Les cadavres sont toujours inhumes dans des cercueils 
faits de planches debitees a la hache. 

Contrairemenl a ce qui se pratique dans certaines autres 
tribus de Khas, ceux dont on parle ici n'6levent. aupres 
des villages, aucun edicule destine k abriter les PI ou 
Esprits des morts. 



26 C0NGR6S INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Ges Khas pratiquent le culte des Anc^tres et, les cere- 
monies, tres simples, qui s'y rattachent s'accomplissent 
an sein de la famille, base de la constilution sociale. 



Linguistique. 

De I'examen des vocabulaires ci -joints, il ressort nette- 
mentque beaucoup de mots, des idiomes Tiaris et Mong- 
khong, sont identiquesouont une certaine similitude avec 
des mots correspondants de la langue Cambodgienne? 
Quelques expressions se rapprochent de I'Annamite et 
d'autres sontempruntees a la langue Thaiou Laotienne. 

La numeration est remarquable en ce sens qu'elle est 
decimale, avec repetition constante et regulieredes unites, 
dizaines, centaines, etc., a chaque enonce d'un nombre. 
EUe n'a, sauf pour I'expression : Moui (un), qui est cam- 
bodgienne, aucun rapport avec les langues ou idiomes 
Laotien ou Kha : ce qui lui constitue une originalite. 

Si, pour les Khas des deux races soeurs que nous exa- 
minons, cette numeration s'arr^te a 10.000, il ne faut point 
se hater d'en conclure que, jadis, elle ne se prolongeait 
davantage pour atteindre, au moins le million ? Elle est 
trop bien composee pour qu'une telle hypothese soit sus- 
ceptible d'etre ve^owssee a priori ? Peut-^tre doit-on penser 
que sa quasi indigence actuelle n'est qu'une decadence 
amenee,progressivement, parun emploi demoinsen moins 
frequent des expressions numeriques de gros nombres, 
coincidant avec rafFaiblissement et I'emiettement des 
races ? 

Dans le vocabulaire de I'idiome des Khas Mong-khong, 
nous n'avons fait figurer que les seules expressions qui se 
distinguent de celles des Khas Tiaris, pour les m^mes ob- 
jets; encore qu'un certain nombre de ces expressions 
soient presque identiques, dans les deux idiomes, mais 
sont prononcees d'une facon differente, avec plus ou moins 
de consonances gutturales ou labiales. 

En raison du long contact et des relations constantes 



CINQi;i^.ME SECTION t7 

que ces Khas ont eus et ont encore avec lea Laotiena, un 
grand nombre d'enlre eux s'expriment, trfes correctement 
en langue Thai. 

Toutefois, s'ils ont appris le laotien, aucun d'eux n'a 
cherche a apprendre Tecrilure, et, leurs idiomes n'ont 
aucune expression pour designer la chose elle m^me ainsi 
que tout ce qui s'y rattache ou en d^coule. 

Ethnographic et Anthropologic. 

Les Khas Tiaris el les Khas Mong-khong ne comptent 
plus, aujourd'hui, que 1.500 a 2.000 families, environ, dis- 
seminees sur les pentes du versant occidental de la chalne 
annamitique. Us sont groupes, par villages plus ou moins 
peuples, dans les arrondissements de Mahasay, Vang 
Kham, Pha-lJang, Souphane, Hang-Tong, etc., dependant 
des provinces du Gammon et de Song Khone (Savan- 
nakhet). 

Derniers vestiges d'une race qui futassez puissante, ces 
deux variet6s se sont conservees pures de tout metiasage 
avec les peuples au milieu ou auprfes desquels ils ont vecu. 
En effet, les Khas Tiaris ne s'allient qu'aux Khas Mong- 
Khong et reciproquement. 

Ils sont groupes en villages, sous I'autorit^ d'un chef. 
Ces chefs sont independants ; cependant, quelques villages 
veulent bien reconnaltre, comme interraediaire entre eux 
et I'administration francaise, les chefs de quelques Muongs 
laotiens. 

Ces Khas n'ont aucune idee de la mer et leurs idiomes 
ne poss6dent aucune expression pour la designer. 

Au point de vue anthropologique quatre photographies, 
dues a I'obligeance de M. le commis David, seront plus 
eloquentes et plus exactes que toute description. 

La raideur de la pose et la contraction des visages de 
ces hommes qui, pour la premiere fois se trouvaient devant 
un objectif, pourraient faire croire, etant donnee la ru- 
desse des traits, que ces Khas sont doues d'un mauvais 
caract6re ? II n'en est rien cependant, car ils sont, au con- 



28 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

traire, pacifiques, enjoues, et, quoique ne payant point de 
mine, de braves gens, en un mot. 

Leur taille varie entre i'",56 et l'",68, pour les hommes 
etentre i",45 et 1",60 pour les femmes. 

Beaucoup d'entre eux ont le syslfeme pileux assez deve- 
loppe, les hommes barbus ne sont pas rares. Leurs che- 
veux sont, pour les uns, lisses et plats, et, pour les autres 
ondules. Certains les rassemblent en un chignon sur la 
nuque; d'autres les portent courts; d'autres encore, comme 
riiomme qui est a droite sur I'une des photographies, 
longs et tombants sur les epaules. 

Les femmes enformentun chignon place sur le sommet 
de la t^te. 

Bien qu'en general la teinte des cheveux soit le plus 
beau noir, on rencontre certains individus de qui les che- 
veux sontchatains avec certains reflets fauves. 

I. On a vu plus haut, que ces Khas pratiquent le culte 
des Anc6tres. Mais ils le pratiquent d'une facon plus re- 
lAchee que les Pou-Thais ou que certains autres Khas. 
Les ceremonies rituelles, peu compliquees, sont accom- 
plies par le chef de famille et, signe caracteristique, ils 
n'ont point de sorciers, mais seulement des medecins 
qu'ils nomment K'koai Mo (homme savant; ou K'koai-M6 
R'raho (homme-savant-rem^des) s'occupant uniquement de 
soigner les malades sans entretenir aucun pretendu com- 
merce avec les Phis. 

lis n'ont, par consequent, ces Khas d'allure simple et de 
mentalite rudimentaire, ni pagodes ni maisons communes 
consacrees aux ceremonies. 

Les Khas Tiaris sedenommenl eux-m^mes K'koai T'trri 
(hommes T'trri), et les Khas Mong-Khong, K'koai B'brro, 
(hommes B'brro) mais ils ignorent la signification de 
chacun de ces sulfixcs qui ne figurent pas dans leurs 
idiomes. 

U. — Les villages de ces tribus sont situes a des alti- 



CINQl'lf:Me SKCTION s» 

tudes moyennes (700 a 800 metres) et toujours k proximity 
de cours d'eau. Les maisons, construites sur pilotis, sont 
plantees, sans ordre a la volont^ de chacun, et les villages 
laissent ^ d^sirer sous le rapport de la proprete. 

III. — Dans I'interieur des villages, et pour les travaux 
des champs, les hommes n'ont pour tout v^tement, qu'une 
bande de cotonnade grossiere d'un decimetre de large, 
entourant la taille puis passee entre les jambes d'arricre 
en avant, et formant la, une sorte de bavette de 15 a 20 cen- 
tim6tre8 de long. 

Lorsqu'ils sortent de chez eux pour se rendre dans les 
villages laotiens, ou encore k roccasion des c^r^monies 
rituelles, ils se v6tissent d'une courte veste ajustee, bou- 
tonnee droit, devant, au moyen de boutons blancs en por- 
celaine ou en verre, quelquefois m^me en argent. Leur 
costume se complete d'un pantalon large et d'un turban, 
de m^me tissu que la veste ; c'est-a-dire en cotonnade 
bleue teinte a I'indigo. 

Les femmes portent la jupe laotienne courte et une 
petite veste ajustee semblable k celle des hommes puis un 
turban. 

Tous ces v^tements sont fournis par les Laotiens car, 
ces Khas qui cultivent cependant le coton, ne savent ni le 
filer, ni le teindre, ni le tisser. Leurs idiomes ne possfedent 
point d'expression pour ces diverses operations. 

Les hommes et les femmes ont les oreilles perches. 
Mais, les premiers n'utilisent cette perforation pour loger 
de petits cylindres de plomb d'argent ou de cuivre, de la 
grosseur d'une plume d'oie, que pendant I'enfance et au 
commencement de I'adolescence. Les femmes portent 
constamment, des cylindres semblables, des boutons ou 
des pendants, faits des m^mes metaux. 

Les bijoux, tr6s simples et de facture grossidre sont, en 
dehors de ce qui vient d'etre indiqu6, des colliers, brace- 
lets et boutons de veste. Les jeunes Biles portent aussi 
des colliers et des bracelets faits de perlesde verre rouge 



30 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

ou*jaune d'or, de la grosseur d'un pois chiche, qui sont 
d'importation europeenne. 

Les tatouages des hommes — les femraes ne sonl pas 
tatouees — se resuraent en quelques medallions isoles, sur 
les cuisses, representant des animaux fabuleux, qui sont 
I'oeuvre d'artistes laotiens. 

IV. — L*aliraentation, a base de rizet de mais, est com- 
pletee par des tubercules divers, quelques legumes, du 
piment, des volailles, des oeufs, du poisson et la chair de 
divers animaux tels que buffles, pores, cerfs, tigres, 
ours, singes et serpents. 

Ces Khas ne fument point I'opium, mais, ils ont un 
faible pour I'alcool de riz ou de mais, qu'ils distillent eux- 
m6mes. Encore faut-il dire qu'ils n'en boivent, un peu 
plus que de raison, qu'a I'occasion des grandes solenniles 
de leur existence monotone ; enterrements, mariage, etc. 

V. — La chasse tres en honneur dans ces tribus, se pra- 
tique exclusivement a I'aide des moyens et engins sui- 
vants : arbaletes, lances, epieux, trappes, pi^ges, lacets, 
etc. Avec ces moyens primitifs les Khas capturent cerfs, 
tigres, ours, singes, serpents, etc., dont ils mangent la 
chair et dont les depouilles utilisables sont employees 
comme signes d'echange commerciaux. 

VI. — L'agriculture se borne a la production du riz, du 
mais, de patates, d'ignames, de tabac, de piment, de coton, 
de haricots et de quelques legumes. 

L'elevage porte sur les buffles, pores, volailles, etc. 

La cueillette, en for^t, produit de la laque rouge, de la 
cire, du miel, de la gomme damar, des plantes medici- 
nales^ etc. 

Gomme Industrie, ces Khas se bornent a fabriquer des 
torches de damar, des nattes et de la vannerie assez fine. 

Aucun travail des metaux ou du bois, hors la confection 
des cercueils. 



CINQVltlMK SECTION 31 

VII. — Le commerce se fait presque toujours au moyen 
d'echanges en nature, sauf pour la portion assez faihle 
necessaire au paiement en numeraire de Timpot personnel 
des villages (2 dollars par an par homme de 18 a 60 ans.) 

Les produits de I'agriculture, de I'elevage, de la chasse, 
de la cueillette et de I'industrie sont echang^s contre des 
tissus, des v^tements confectionnes, des outils aratoires, 
de la mercerie, des allumettes, de la bimbeloterie, des 
perles, des bijoux, etc. 

VIII. — Bien que d'une grande hardiesse a la chasse des 
fauves, qu'il capturent a I'aide des moyens plutot rudi- 
mentaires 6nunieres ci-dessus, les Khas des deux tribus 
dont nous nous occupons ici sont extr^mement paciliques. 
La detonation d'une arme a feu les effraie. 

IX. — Les Tiaris et les Mong Khong sont polyg^raes. 
mais ce sont les cheis de village et les gens aisds, fort peu 
nombreux d'ailleurs, qui usent de celte faculty, encore, 
le nombre de leurs epouses est-il de deux, et, fort rare- 
ment, de trois. 

La femme a, dans le manage, une grande influence 
morale sur les enfants. 

Un fiance doit yerser aux parents de sa future femme, 
comme dot, une somme qui varie entre 7 et 8 piastres, 
plus quelques cadeaux en nature, suivant ses ressources 
ou sa g^nerosite. 

X. — Au point de vue legislation, ils observent encore 
d'antiques coulumes patriarcales. vestiges des anciens 
dges, qui laissent la plus <2;rande latitude a initiative et a 
la conscience du chef de famille. 

Toutefois, Taction judiciaire s'exerce en commun, par 
groupes de families, lorsqu'il s'agit d'un vol commis par 
un etranger aux tribus (il ne se produit jamais de cas 
semblable dans leur sein), et la peine est une amende 
fixee au double de la valeur de la chose vol6e. 



32 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

L''homicide etant inconnu parmi ces braves gens, leurs 
coutumes sont rauettes sur la punition de ce crime. 

XI. — Assez pauvres sous le rapport des distractions 
bruyantes, ces Khas ne possedent, en propre, qu'un seul 
instrument de musique ; la flute-clarinette a cinq trous 
avec anche de roseau, lis ont aussi des gongs de bronze 
qui proviennent de I'Annam. 

Depourvus de chanteurs ou improvisateurs profession- 
nels, ils se bornent a reciter ou k psalmodier, sans pre- 
tention, des poemes en langue Thai, qu'ils ne comprennent 
point, pour la plupart. 

Pas de danses nide jeux d'argent. 

Ainsi done, ne comptant parmi leurs membres, ni fu- 
meurs d'opium ni joueurs, ces deux tribus Tiaris et Mong- 
Khong sont un exemple salutaire au milieu des peuples 
du Laos. Elles forment un groupe de gens heureux vivant 
honn^tement et contents de leur sort. 



VI. — Khas Phou Thunng ou K'kemou. 

I et II. — Nom du groupe; celui qu'il se donne; celui que 
lui donnent les autres indigenes; historique; situation 
giographique ; nombre approximatif ; liste des villages. 

Les Khas Phou Thunng du Gammon, ainsi nommes par 
les Laotiens parce qu'ils se sont detaches d'un groupement 
etabli jadis sur le Phou-Thunng, massif de la chaine anna- 
mitique, versant oriental, dependant de la province de 
Ngh6-An, sont, en r6alite, des Khas K'kemou et se desi- 
gnent eux-m^mes ainsi. 

lis reconnaissent appartenir a la grande tribu des 
K'kemou repandue, au Laos, sur les territoires de Luang- 
Prabang, des Sib-Song-Panas, des Hua-Phans (ou nous 
les avons studies sous le nom de Kha Khao (ou Ti6); dans 
le bas Yunnan, le Kouang Tong, le Kouang-Si, etc. 



cinqui(:he section 33 

Dans leur dialecte; K'kemou signifie « hommc », en 
g6neral, on (tire humain. 

Siiivant la tradition orale conserv^e parmi le petit groupe 
du Gammon, il aurait existe, 11 y a plusieurs siecles, Bans 
(ju'on piiissoen fixer le nombre, un royaiime Kha K'kemou 
(jui occupait de vastes territoires, an nord de Luang-Pra- 
bang? Ge royaume nomme Tcliiom L^ng ou Ghom Lt^ng 
[lioyaume-Fort en Thai), s'^tendait sur les montagnes qui 
separent les vallees hautes du « Roong Horn Nam Te » (Pa- 
pi6n ou haute riviere Noire), et un autre cours d'eau im- 
portant allant k la mer vers le soleil levant (sans doute le 
fleuve Rouge, ou A. Ti Kiang actuel?). 

Un des rois Khas fit, parait-il, la guerre aux princes du 
sud, et regna sur Luang-Prabang ainsi que plusieurs de 
ses descendants? 

On verra, par I'examen du tableau joint a I'lntroduction 
de cette etude, que les Khas K'kemou de cette province, 
au nombre de 700 individus environ, se repartissent entre 
neuf villages des Muong Gammon et Hinboun, ainsi que 
dans le canton de Nape. 

III. — Caracteres physiques. 

Nous ne pouvons mieux faire que renvoyer le lecteur a 
Tune de nos etudes precedentes, dont copie est ci-jointo, 
sur la branche Kha K'kemou qui habite les Hua-Phans 
(Khas Khao ou Tie), car, nous avons reconnu que les ca- 
racteres physiques des gens de cette race se conserventet 
sont identiques quel que soit leur habitat. 

IV. — Lingiiistique, 

Voir ce qui a ete dit pour les Khas Khao et consulter le 
vocabulaire ci-joint sur lequel se sont portes que les mots 
qui different de ceux correspondants du vocabulaire Kha 
Khao. 

J'ai ete heureux de pouvoir constater, en causant aux 
Phou-Thunng de cette province k I'aide dudit vocabulaire 



34 CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Kha Khao etabli aux Hua-Phans en 1901, que la transcrip- 
tion phonetique employee etait bonne? En efFet, toutes 
mes paroles furent comprises, sans hesitation, et elles 
amenaient sur le visage des interpelles tous les signes de 
I'etonnement et dii contentement, 

Je repris, ensuite, mot a mot le vocabulaire Kha Khao et 
lorsqu'une d-ifference dans la construction ou la pronon- 
ciation d'un mot se produisait, je la consignais sur le vo- 
cabulaire Phou Thunng qui est ci-apres. 

Les vieillards que nous avons interroges se souviennent 
encore des moyens employes jadis pour correspondre a 
I'aide d'objets divers reunis ensemble et ayant une signi- 
fication symbolique. Tels, par exemple une branche char- 
bonneuse ou un tison eteint sur lequel etaient fixes des 
plumes d'oiseau ou de poulet, et deux piments rouges 
sees, auxquels on joignait, parfois, un morceau de rotin. 
Get assemblage etait bien plutot une sorte de laissez-pas- 
ser marquant que le porteur remplissait une mission, 
qu'une correspondance proprementdite, puisque la nature 
immuable de chacun de ces objets signifiait : i° le tison, 
que le porteur devait marcher jour et nuit; 2" les plumes, 
qu'il devait avoir la legerete etla velocite de I'oiseau; 3°le 
piment que son coeur devait etre ardent et son courage in- 
vincible pour surmonter les difficultes, et qu'il devait con- 
server dans sa memoire comme la saveur brulante persis- 
tante du piment, le texte de la correspondance qu'il etait 
charge de transmettre verbalement; 4° enfin, le rotin rap- 
pelait au porteur le chAtiment qui I'attendait s'il manquait 
a sa mission. 

On employait ce moyen, surtout, en cas de guerre, de 
trouble ou de calamite publique. pour correspondre avec 
d'autres tribus amies, ou entre groupements eloignes d'une 
m^me tribu. 

Pour marquer I'existence et la reconnaissance des 
creances, on employait deux morceaux de bois, analogues 
a la « taille » en usage chez les boulangers. 

Le pr6teur et I'emprunteur, apres s'^tre mis d'accord. 



prenaient une lamelle cl*6corce de bamliou de 3 a 4 centi- 
metres de large, puis, apr^s I'avoir fendue en deux et mis 
en contact leg faces internes de chaque morceau, ils prati- 
quaient sur les deux tranches rapprochees, un certain 
nombre d'cntailles representant les unites des choses 
dues. 

Chacun prenait alors une ou deux lamelles et il suffisait 
de les rapprocher ulterieurement comme un coupon d'une 
souclie pour confirmer I'engagement pris si la concor- 
dance 6tait pariaite. 

Les unites, ol)jet de la transaction, etaient compt^es en 
nombre de t6tes pour les bestiaux, en mesuresde 36 kilog. 
pour les grains, en barres d'argent, pour les fonds, etc. 

S'il y avait des inter^ts, leur taux etait indique par des 
encoches plus petites pratiquees sur une autre partie des 
lamelles de bambou. 

Ces « tallies » ne servaient, en somme qu'a marquer les 
quantit^s d'objets faisant I'objet de la transaction, car h 
defaut d'ecriture la nature de ces objets n'etaitdeiinie que 
dans la memoire des contractants. 

V, VI, VII. 

Bien que vivant au milieu ou au contact de populations 
<le races differentes les K'kemou ou Phou-Thunng du 
< iammon, — sauf quelques families dont on parlera plus 
loin — ont conserve leurs usages et coutumes. 

Comme il serait oiseux de r66diter ici ce que nous avons 
dejii dit, nous renvoyons le lecteur a T^tude sur les Khas 
Khao (ou Tie). 

YIIl. — J^tat intellectucl; croyances religieuses et autreSj 

etc. 

A la suite d'une grande disette, les K'kemou, habitant la 
vallee du Nam-Phao, descendirent dans la plaine du Me- 
kong, il y a 25 ans environ, pour s'y procurer du ri/. Mais, 



36 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

€onseillespardes Birmans, lesLaotiens sesaisirent deleurs 
.personnes et les vendirent comme esclaves au Siam. 

C'est alors qu'apr^s la promulgation, par le roi de Bang- 
kok, de la suppression de I'esclavage.des esclaves ICkemou 
furent recueillis par la mission* apostolique d'0ul)6ne, 
et, quelques families K'kemou furent etablies dans Tile de 
Don-Done (Muong Hin-Boun). 

Depuis un an, 40 de ces families comprenant environ 
115 individus des deux sexes se sont fixees sur la rive 
gauche du Mekong dans une chretiente de nouvelle for- 
mation. 

Mais ces K'kemou sont les seuls qui, par reconnaissance 
pour I'aide et la protection a eux accordees par les mis- 
sionnaires, aient embrasse le christianisme. Encore est-il 
bon de dire qu'ils ont garde une certaine independance 
d'esprit; ce qui a precisement motive leur exode de Don- 
Done et leur installation sur une nouvelle chretiente oil ils 
sont sans doute tenus moins etroitement au point de vue 
dogmatique ? 

IX. — Coutumes relatives au mariage, a la naissance, a la 
mort et a toutes les circonstances de la vie. 

M^mes observations que ci-dessus, voir I'etude sur les 
Khas Khao. 



VII. — Seks 

1 et II. — A^o/w du groupe^ historique, situation, iiombre 
des individus, lis te des villages. 

I. — Le groupe ethnique, ou la tribu qui se donne le 
nom de Sfek et est designe egalement sous ce m^rae vo- 
cable par les autres peuples du Laos, parait avoir 6te forme 
d'anciens aborigenes qui ont evolue vers un etat social su- 
perieur a celui qu'ils possedaient? Mais, en I'absence de 



CINQCICME SECTION 31 

tout monument, architectonique, manuscrit ou 6pigraphi- 
que ancien, ilest impossible de determiner h quelle epo- 
que commenra leur evolution ? 

Toutefois, comme elle s'est faite dans le sens du Boud- 
dhisme on peut croire, avec quelque raison, qu'elle n'esl 
pas anterieure h la date de I'introduction de cette religion 
dans le bassin du Mekong ? 

II existe, a Muong Attamat (rive droite), deux pagodes 
construites par lesS6ksalors qu'ils etaient \h enexil; mais 
elles n'offrent aucun inter^t arclieologique special et on 
n'y trouve ni un manuscrit ni une inscription lapidaire 
ayant trait a I'histoire du groupe? 

Bien qu'il paraisse assez plausible de croire (si on con- 
sid^re I'emplacement traditionnel du berceau de leur 
tribu), que les S6ks aient ete jadis, dans un etat social et 
moral identique a celui d'autres autochtones (Khas de di- 
verses races), ils s'en defendent jalousement et semblent 
avoir honte de cet etat ancien ? G'est pour cela, sans doute, 
que fiers des progres qu'ilsont faits, ils ne tiennent point 
a conserver de tradition anterieure a celle de leur acces- 
sion au neo-Bouddhisme? 

II. — Suivant la tradition, les S6ks seraient originaires 
de la haute valine du Nam-Theun (ou Nam Kadinh), et, le 
dernier Muong, connu sous le nom de Muong Sek, aurait 
eu pour emplacement le Ban Theung actuel, qui n'est 
plus qu'un chef-lieu de canton. 

Avant la chute de Vien-Tiane, le Muong S6k compre- 
nait treize cantons, occupait une surface de 2.000 kilo- 
metres carr6s, environ, etcomptait une population de 7.500 
a 8.000 families (30.000 a 32.000 habitants). Mais il ne tarda 
pas a perdre de son importance car, aprds avoir d^truit 
Vien-Tiane, en 1827, les Siamois, qui poursuivaient son 
dernier roi, Tiao-Anouk, transporterent de force, sur la 
rive droite du Mekong, la plus grosse part de la population 
S6k, en vue de proliler de I'adresse, de Tactivite et de I'e- 
nergie de cette race pour peupler et mettre en culture les 



38 CONGRflS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

plaines encore steriles, entre lassoutone et Sakhone-Nak- 
hone. 

Le tableau qui est ci-dessus, a rintroduction, montre 
ce quireste decegroupe, sur la rive gauche : depuisquel- 
ques mois, 26 families comprenant 107 perponnes ont 
quitt^ leur lieu d'exil (Attamat) et sont venues se fixer sur 
notre territoire, Mais corame ces montagnards ont habite 
les plaines depuis plus de 70 ans ils ont perdu la tradition 
de I'habitatancien, et se sont fixes au bord du Mekong sur 
une plaine alluviale. 

Pendant I'exil, ils se refusaient a s'allier avec les indi- 
genes d'autre race que la leur, d'oii degenerescence geni- 
tale et diminution du nombre des individus. C'est une 
race qui s'eteint et dont, si elle se confine en son isole- 
ment, il ne restera bientot plus trace ! 

III. — Caracteres physiques. 

Le type S6k, dans son ensemble, rappelle celui des Khas 
Phongs ou Phou K'keni6ngo, groupe unique qui habite les 
Hua-Phans. 

D'allure souple, degag^e ; les membres robustes, bien 
proportionnes ; I'aspect ouvert et franc ; tels se presentent 
les Seks, dont la stature varie de l^jSG a l^jGS avec une 
moyenne de 1™,60. 

Le crAne ovale est normalementdeveloppe; les cheveux 
abondants, noirs, et coupes ras, y sont bien plant6s lais- 
sant a decouvert un front droit, leg^rement bombe. Les 
yeux, brun-noir, grands et plutot ronds, sont d'un ecarte- 
ment normal, sous des arcades sourcill6res bien fournies, 
et assez prononcees. Le facies est leg^rement ovale ; les 
tempes ne sont point trop deprimees ni les pommettes 
trop saillantes. La bouche un peu forte, est bien dessin6e 
et s'harmonise avec un nez droit, de volume moyen et des 
oreilles, petites, finement ourlees et peu ecartees. 

Le systeme pileux est assez d6veloppe et un assez grand 
nombre d'hommes portent la barbe ou les moutaches. 



CINQUICMK SKCTION 3f 

Les femmes Sfeks pr^senlent les monies caract^res que 
ci-des8ii8, mais plus affines el leur stature ne d^passe 
guere l^.S.^. Par suite d'afTaiblissement genital ayant pour 
cause la consanguinite des meinlires de la race, ces 
femmes sont souvent infecondes, ou ne peuvent donnerle 
jour qu'a un ou deux enfants. 

Les hommes ont pris I'usage du tatouage des cuisses et 
(le la poitrine. Par contre, les femmes ne sont jamais ta- 
tou6es, m6me parliellement. 

IV. — Lin^uistique. 
[Voir le vocabulaire ci-joinl.) 

Avant que les Laotiens n'arrivassent dans le bassin du 
moyen Mekong, les S6k8 n'avaient point d'ecriture, ce qui 
constituait, pour eux, un 6tat d'inferiorite manifesto donl 
ils voulurcnt sortir. Ilssemirentdonc aapprendre Tidiome 
des nouveaux venus puis, peu a peu, ii I'ecrire. Finale- 
ment, avec la religion bouddhique, ils adopterent la 
langue, les coutumes et le costume des immigrants de la 
derniere heure. Dans ces conditions, le dialecte S6k an- 
cien se modifia par contact, finil par ne plus 6tre employ^ 
qn'au sein de la famille, puis finalement, fut abandonn^. 
C'est done, pour ainsi dire, une langue morte, que nous 
nous proposons d'etudier aujourd'hui. 

II existe quelques mots, tel, par exemple : G'gao (riz), 
qui a ete emprunte a I'annamite, ou que les Annamites 

ont conserve d'un idiorae ancestral , puis certains au- 

tres que la lecture fera connaltre. 

Quand on Tetudie, on sent, dans le dialecte S6k (ou du 
moins dans celui que parlent encore denos jours quelques 
lepresentants de cette race qui s"6teint), que des traces 
phonetiques des dialecles Khas, c'est-a-dire autochtones, 
V subsistent encore. EUesy sont alliees a des consonances 
|)lus (louces, rappelant quel(|ue peu I'idiome Malais. et 
(|iii proviennent, sans doute. de I'influcnce par contact de 
lidiome Laotien, lequel n'est parvenu que tres lentement 



40 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

a se substituer, dans I'usage courant, au dialecte Sek an- 
cien. 

Ony remarque, notamment, que la plupartdesconsonnes 
du commencement des mots sont.redoublees dans la pro- 
nonciation; phonetique que nous avonsrenduegraphique- 
ment, en doublant ces consonnes et en les separant par 
une apostrophe. 

On y rencontre, en outre, quelques finales en lo'i, en 
ouill, enoull, en allien aif etc. etplusieursgutturalesbien 
caracterisees. Mais, les principales et plus nombreuses 
consonances sont formees par des labiales, des dentales, 
et des palatales, avec quelques rares nasales, employees 
soit separement, soit associeesentre elles pour former les 
diphthongues ou les syllabes composant les mots. 

En resume, le dialecte Sek est en principe, recto-tono ; 
il se parle d'une facon un peu saccadee au commencement 
des mots, qui se terminent en trainant ou par des sons 
mouilles. 

Moins rude que ne le sont, engeneral, les dialectes Khas, 
le parler Sek est, en somme^ harmonieux, euphonique et 
agreable a I'oreille. 

V. — Habitation, vetement, bijoux, coutumes^jeux, arts*. 

Anciennement, les Seks etaient v6tus, commeles Phou- 
Thais, de vetements longs : pantalon large, souquenille et 
turban volumineux, de coton ou de sole suivant la condi- 
tion de chacun ; le tout d'une teinte bleu-fonce, presque 
noire et d'aspect propre et severe. Les femmes porlaient 



1. On a vu plus haul que, depuis longtemps, plusieurs siecles sans 
doute, les S^ks, evoluant vers un 6tat social superieur avaient adopts 
successivement le costume, le genre d'habitation, les coutumes, I'organi- 
sation sociale, la religon, les lois penales, la langue et Tecriture des 
Laotiens.Il nous suiGra, pour eviter des rcdites, de noter sommairementi 
en les r^capitulant, dans les paragraphes suivants, les differences prin- 
cipales existantentre I'ancien et le nouvel dtat des Seks. 



CINQCir.MK SECTION 41 

alors, comme Ics femmes Phou-Thai, la jupe longue, la 
veste et T^charpe de t6te. Elles n'avaient que de lourdset 
informes bijoux d'argent, au cou, aux poignets, aux che- 
villes, aux oreilles, en agrafes sur les v«Jlemenls ou en 
plaques de chignon dans la chevelure. Les hommes ser- 
raient leurs poignets de gros bracelets d'argent et leurs 
doigts de bagues raassives de m^me m^tal. 

Aujourd'hui, les uns et les autres ont des bijoux d'or, 
d'argent ou de cuivre rouge, plus elegants, qui sont Toeuvre 
d'orfevresde la race, eleves des artistes Laotiens. L'orfe- 
vrerie est le seul art exerce par les Seks, encore faut-il 
(lire qu'il ne comporte aucune invention et se borne k re- 
produire a jet continu les modMes courants en usage de- 
puis longtemps. 

Aux divers points de vue des coutumes, de Thahitation 
et desjeux, les S^ks ont imit^ en tout les Laotiens. lis sont 
relativeinent peu adonnes a I'opium mais ne dedaignent 
point I'alcool, de rizou de mais,qu'ils consomment a toute 
occasion. 

VL — J^iat social, organisation du village et de la 

famille. 

La base de I'etat social est la famille, dont le chef a un 
pouvoirpresque absolusur ses enfants. La mere de famille 
n'est pas, comme parmi d'autres races Asiatiques, syst6- 
matiquement exclue de la direction morale des enfants, 
elle y participe, au contraire avec son epoux. 

Le village, compose de la reunion des families, vivant 
chacune dans sa maison propre, est plac6 sous la direction 
d'un Pho-Han (P6re village) elu par les habitants. Ce chef 
fait la police, transmet les ordres de Tautorite superieure, 
t'lablit les roles d'impotet en opere la coliecte. II regie, 
<;eneralement en conciliation soit seul, soit assiste de 
({uel(|ues anciens, les pelits difTerends qui surgissent entre 
voisins. 

Les villages sont groupes sous I'autorit^ d'un fonction- 



42 fiONGRfeS INTERNATIONAL DES ORFENTALISTES 

naire nomme Arapheu et ce groupement prend le nom de 
Tasseing (canton). 

Enfin, anciennement, la reunion des cantons formait un 
Muong; mais depuis 1827, cette organisation n'existe plus. 

VII. — Euit economique, agriculture elevage, 
Industrie, commerce, chasse,p^che. 

Les S6ks sont encore renommes pour leur'habilete a 
pratiquer diverses cultures, notamment les rizieres, eta- 
gees sur les flancs des coteaux, a I'aide d'un syst6me re- 
marquable d'irrigation et de drainage alternatifs, ana- 
logue a celui que pratiquent les Phou-Thais, les Thais 
Neuas, les Lus et les populations du Bas-Yunnan occi- 
dental. 

lis pratiquent les cultures courantes et produisent, en 
outre, cellesdu coton, du tabac, du piment, de la canne k 
Sucre, etc., etc. 

L'elevage auquel ils se livrent comprend le buffle, le 
boeuf et le clieval en petites quantites, le pore, les volailles, 
etc. 

L'industrie, toute familiale, se resume en la confection 
des tissus pourv^tements, des instruments etobjetsusuels, 
domestiques et agricoles, de I'orftvrerie, le tout n'ayant 
point pour but I'exportation ni m^me le commerce regional 
mais, simplement de satisfaire aux besoins de la consom- 
mation locale. Dans ces conditions, on concoit que le com- 
merce se resume a la vente de quelques produits de l'ele- 
vage ou de la culture (riz, tabac, piment) excedantles be- 
soins de I'alimentation. 

La chasse et la p6che sont pratiquees, avec succes, par 
les S6ks, soit a I'aide de fusils, a piston ou a pierre, d'ar- 
baletes, d'arcs, de pifeges, de lacets ; ou bien de tous les 
engins de p6che connus, depuis le barrage complet des 
rivi6res, jusquaux verveux, aux nasses, et m6me la ligne 
flottantedont rhamecon est un simple clou informe. 



CINQL'lt:ME SECTION 43 

VIII. — titat intellectuel, croyances religUuses et autres. 

L'etat intellectuel des .S6ks peut 6tre consider^ comme 
plus 6leve que celui d'autres autochtones, ou aborigines, 
puisqu'ils forment un groupe quia 6volue en s'assimilant 
la religion, le langage, I'ecriture, les coutumes usuelleset 
les lois, d'un autre peuple aborigine, dernier venu dans le 
pays. 

Toutefois, cela ne veut point dire que, bien qu'il ait em- 
brasse le Houddhisme, ce groupe n'ait conserve quelques 
croyances ancicnnes ni certains usages ou rites familiaux. 
En effet, car, le culte des anc^tres, notamment, y est encore 
pratique au sein de la famille, et on y croit aussi k Tinter- 
vention et k Tinfluence, tout au moins morales et tut^laires, 
de I'esprit (des Piils) des ascendants, par deli la tombe. 

IX. — Coutumes relatives au manage, a la naissance, d la 

mort et a toutes les circonstances de la vie, 

Enfin, les S6ks ont, maintenant, adopte complfetement, 
on I'a vu plus haut, toutes les coutumes laotiennes tou- 
chant le mariage, la naissance, la mort, et toutes les autres 
circonstances de la vie. Us obeissent, de mSme, aux pres- 
criptions du Code de Vien-Tiane, mais en observant, tou- 
tefois, pour la discipline interieure, familiale et commu- 
nale, certaines regies ancestrales, consacrant I'autorite du 
p6re de famille sur les siens, et du chef de communaut^ 
sur ses administres. 



VIII. — Sos ou R'liEKoufe-B'imRo. 

I et II. — Nom du groupe, hislorique, situation^ nombre des 
individus, luite des villages. 

Les membres du groupe othnique nomm6s Sos, par les 
Laotiens et les Siamois, se nomment oux-m^mes R'rekou6- 
B'brro (homraes rustiques et peu instruits). 



44 congrEs international des orientalistes 

lis se reconnaissent issus d'autochtones fixes, jadis dans 
une region situee a plus de trois semaines de marche, au- 
dessus de Luang-Prabang? 

Suivant la tradition, il aiirait existe, il y a environ trois 
siecles un Muong forme par les R'rekoue B'brro, nomme 
V'vouill H'hou se divisant en deux groupes portant lesnoms 
de : H'hou p6 peiigne et H'hou p6 d'deup (Hou du Nord et 
Hou du Sud) qui s'identifient, comme nom et position, 
^vec les deux Muong Hou acluels, peuples par des Lus. 

A I'epoque oil existaient ces Muongs, la tribu etait deja 
en etat de migration et les deux groupements coraprenaient 
a peu pres 1.500 families nombreuses. 

Repousses par des peuplades plus puissantes, mieux 
organisees et armees, les ancetres des Sos actuels conti- 
nu6rent leurs migrations vers le Sud, La tradition s'est 
conservee de stations plus ou moins prolongees qu'ils firent 
sur les territoires de Luang-Prabang et du Tran-Ninh 
(Muongs Lan Xang Nua et Muong Pou-Eun) avant de se 
fixer sur les points (ou nous trouvons actuellement leurs 
descendants), les Muongs, Thakek, Niom-marath, Mahasay 
(province du Gammon), et aussi, parait-il, dans la partie 
nord de celle de Savannakhet (a Muong Vang). 

Comme les Seks, dont ils devinrent les voisins, les Sos 
(que nousdesigneronsdesormaisainsi) subirentl'influence 
laotienne, eleverent leur moral et leur etat social en 
adoptant peu a peu, les moeurs, le costume, la langue et les 
croyances religieuses de cette race. 

lis ne possedent, naturellement, aucun monument, epi- 
graphique ou architectonique relatifs a leur ancien etat. 
Mais il est remarquable, si on les compare avec dautres 
tribus, qu'ils aient conserve une tradition, assez nette et 
tr6s plausible, de I'histoire de leur race. 

Apr6s le demembrement du royaume de Vien-Tiane les 
Siamois transport^rent sur la rive droite du Mekong la 
plus grande partie des Sos etablis sur la rive gauche et les 
internerent dans les Muongs Pho etOut Soumane, pr6s de 
Sakhone Nakhone. La, contrairement a ce qui eut lieu pou r 



cinquiCme section «s 

les S^ks qui diminu^rent en nombre, les Sos foisonnerent 
et triplerent le leur. Les 1.000 fumilled transport^es, il y a 
75 ans sont aujourd'hui, au nombre d'au moins 3.000 ! Ce 
resultat fut obtenu grdce aux alliances contracUes avec les 
Laotiens. 

Quelques centaines de families Sos sont revenues sur 
noire rive aux foyers de leurs ancdtres. Elles forment 
m6me le Muong Niom-marath, situe dans la vallee moyenne 
de la Se-Hang-Fai. 

Ainsi qu'on a pu le voir, la race So est en etat de regene- 
ration et d'accroissement par suite de ses sfUiances avec 
les races superieures du bassin.du Mekong. 

111. — Caracteres physiques. 

11 serait fort difficile, aujourd'hui, etantdonnes lesnom- 
breux metissages produits par les alliances avec d'autres 
races, Khas, Phou-Tliai, Laotienne, etc., deja m^tissees 
elles-mfimes au cours de leurs migrations, de determiner 
quel fut, jadis, le type initial des Khas U'rekoue B'brro, 
devenus les Sos de nos jours. 

Cependant, en prenant une moyenne, parmi un grand 
nombre d'individus, on peut etablir un type moderne, 
dont les caracteristiques sont les suivantes : 

Stature de 1°',54 a l'*,G5 pour les hommes et de I", 50 a 
1™,56 pour les femmes. 

Musculature developp^e. T6te ronde, face un peu plate 
aveclenezaplatilargealabase.Legerprognathisme;bouche 
grande et forte avec une dentition puissante el reguli^re. 

Front moyen, un peu fuyant; pommetles legt»rement 
saillantes, yeux petits et vifs, de forme allong^e, chevehire 
souple, assez claire, coupee ras, ou a demi et bien plantee, 
oreilles d'un developpement moyen. 

L'aspect general, m6me chez les vieillards est degage, 
souple, le regard, quoique leg6rementaigu, est franc. 

La physionomie, grave au repos, s'iclaire facilemcnt 
d'un large sourire qui tend laboucbe vera les oreilles, epa- 



46 congrEs international des orientalistes 

nouit le nez, relive les yeux et decouvre deux rangees de 
dents, larges, regulieres et bien planteei^. 

Le systerae pileux est, en gei\eral, peu developpe. Les 
hommes barbus, ou ceux laissant croitre leiir barbe sont, 
relativement peu nombreux, et presentent une large et 
longue barbiclie aux poils clairsemes. 

Les femmes ont un aspect assez fruste, surtout apresla 
maternite ; mais elles sont fecondes et excellentes meres 
de famille. 

Comme les Laotiens, les hommes portent des tatouages, 
plus oumoinscompliques, mais jamais les femmes ne sont 
tatouees. \ 

IV. — Linguistique. 

Un simple examen du vocabulaire ci-joint qui contient 
un tiers de mots a peu pres semblables a ceux correspon- 
dants du dialecte Tiari permettra de constater I'etroite 
parente qui existe entre le dialecte Sos et ceux des Tiaris 
et Mong-khong, tels qu'ils se parlent de nos jours. 

La numeration commune a ces trois tribus estegalement 
caracteristique, et denote chez leurs ancMres un etat intel- 
lectuel deja assez eleve. Les descendants ont prouve, 
d'ailleurs qu'ils etaient progressistes. 

Dans le parler So, qui est extr6mement difficile a saisir 
et a rendre graphiquement, les consonnes ou diphtongues 
dominantes, sont surtout des dentaleset des lingualesque 
les indigenes emettentles dents serrees, avec une cadence 
saccadee, au debut des mots, et vive k la fin, apres une 
legere pause au milieu. 

On y remarque egalement quelques consonnes forte- 
ment aspirees et des sons mouilles. 

Le dialecte So n'est plus parle que dans I'inttjrieur des 
families et, pour ainsi dire, dans celles qui sont restees 
pures de tout metissage. II ne presente done, en quelque 
sorte, qu'un int^rdt documentaire, historique et retros- 
pectif. 



CINUUItME SKCTION 47 

V. — Hahitatioriy vdlemenl, bijoux, coutumeSf/eux, arts. 

Alors qu'ils etaient encore HVekoue B'brro, lea Sos 
^talent v^tus comme les Khas du Haut-Laos, d'un panta- 
lon et d'une veste courts, d'un turban volumineux de 
10 metres de long et d'une couverture en coton. Encore 
ce costume elait celui des jours de ceremonie, car, pourle 
s^j'our dans le village et pour le travail, ii se r^duisait h 
une etroite bande d'etoffe entourant la ceinture, passant 
entre les cuisses et dont un des bouts formait bavette par 
devant. 

Aujourd'hui les Sos se v^tissent comme les Laotiens. 

Les femmes qui, anciennement portaient une jupe ample 
et une veste courte, ont adopte le costume des femmes 
Laotiennes. 

Les lourds bijoux presque bruts, en cuivre rouge, que 
seules, les femmes portaient au cou, aux poignets et aux 
chevilles, sont encore en usage ; mais I'aisance aidant, 
elles portent aussi, aujourd'hui, des bijoux d'argent con- 
fectionnes par des artisans laotiens. 

On a vu plus haut que les Sos ont adopte compl^tement 
le mode d'habitation, les coutumes, la langue, la religion, 
etc., des Laotiens. 

Le seul art qu'on leur connaisse est une danse ancienne, 
a laquelle ne prennent part que les hommes, et qui s'ac- 
compagne des sons tires d'un violon a deux cordes mon- 
tees sur une calebasse, une flute en bambou a cinq trous 
et une guimbarde en cuivre qui se pince entre les dents. 

lis ue se livrent a aucun jeu d'argent et ne sont pas 
tr^s adonnes a I'opium. Par contre ils aiment assez boire 
de I'alcool de riz ou de mais qu'ils distillent eux-mdmes. 
lis semblenl m6me trouver ce vice aimable puisque, pour 
exprimer le mot ivresse, ils ont un des mots les plus doux 
de leur rude dialecte : H'boull b'blang. 



48 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

VI. — £lat social^ organisation du village et de la famille. 

Les modernes Sos ont conserve quelques anciens usages 
des R'rekoue-B'brro identiques a ceux qui ont ete signales 
chez les Khas Tiaris et Mong Khong; mais a cote de ces 
pratiques intimes ils ont adopte I'organisation familiale, 
sociale et politique des Laotians (voir ce paragraphe a I'ar- 
ticle sur les Seks). 



VII. — ^lat economique: agriculture; clevage\ industrie; 

commerce, chasse et peche. 

Les Sos, plus nomades et moins industrieux que les 
Seks ne font de rizieres que dans les plaines, et des rais 
sur les collines. Ils cultivent egalement le mais, les patates, 
haricots, oignons, aulx, concombres, etc. ; le coton, le ta- 
bac, la canne a sucre, le piment, etc. La production de la 
sole leur est inconnue. 

Leur elevage est semblable k celui pratique paries Seks 
etil en est de m^me, pour leur industrie, moins I'orfevre- 
rie et la forge, metiers pour lesquels ils n'ont aucun arti- 
san de leur race. 

Les elements de leur. commerce sont surtout le riz, le 
coton, le tabac, le piment seche, et les bestiaux. 

Comme tous les peuples autochtones primitifs, les Sos 
sont d'adroits et patients chasseurs et p6cheurs. Us em- 
ploient le fusil, la lance, Tare, le trident, les pieges, lacets, 
etc., etc. 

VIII. — lEtat intellectual croyances religieuses et autres, 

(En tout semblables a ceux qui ont ete decrits pour les 
S^ks). 

IX. — Coutumes relatives au mariage, a la naissance, a la 

mort et a toutes les circonstances de la vi6. 

(M6mes observations que ci-dessus.) 



r.lNUUI^.ME SECTION ^^ 

Cependant comme on a pu le voir plus haul, lee Sos ne 
dedaignent poiRt de s'allier a des femmes d'autres races, 
de mt^me qu'ils admettent volontiers que des femmes de 
leiir race s'allienta des Laotiens, k des Khas, etc. II est re- 
sulte de cette facon de faire une fusion et une assimila- 
tion plus completes et plus intimes, des Sus avec leurs voi- 
sins, en mSme temps qu'une augmentation constante des 
individus du groupe. II est vrai que tout cela est au detri- 
ment de la purete de la race: mais qu'importe, puisque la 
fusion produit son amelioration et la sauve de I'extinction. 



TABLBAU SYNOPTiaVE COMPARATIF 

d'une centaine de mots, les plus usuels, et 
des principes de la numeration, resumant les 

VOCABULAIRES AFF6RENTS A CHACUN DES IDIOMES 
DES RACES EXAMLNEES. 



CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 



FRANCAIS 



LAOTIEKS 



KHA TIARI 
OU 

(k'koai-trri) 



1 ° I^r»o-vince dLxi 



I 


Ciel 


Fa 


P'palon 


2 


Soleil 


Ta ven 


Ma dang 


3 


Lune 


Du-eun 


K'kesai 


lO 


Tonnerre 


Fa hong 


K'krumm 


1 1 


Eclair 


Fa iu 6m 


L'le riiai 


1 ■-? 


Arc-en-ciel 


Hong kiue nam 


P'paring 


i3 


Est 


Ta ven hoc 


Ya ma dang 16 


'4 


Quest 


Ta ven tok 


Ya ma dang p'palt 


K* 


Nord 


Nua 


Ya p'peugne 


l(j 


Sud 


Thai 


Ya n'ndreup 


'7 


Terre 


Dine 


K'ka te 


i8 


Plaine 


Thiing 


? 


'9 


MoDtagne 


Pholi 


K'ko 


22 


£au 


Nam 


D'deu 


34 


Per 


Lek 


T'tatt 


35 


Cuivre 


Thong 


T'toan 


^7 


Feu 


Fai- 


0-ouil 


44 


Arbre 


Kek mai 


T'trung 


77 


Riziere 


Na 


? 


7« 


Seraer le ri/. 


Vane ka 


T'tuk s'slo 


SG 


Riziere de munta- 
gne 


Kai, OU Hai 


S'srai 


87 


Buffle 


Kboai 


T'tr^a koun 


88 


Bceuf 


Ngoua tone 


N'ndro 


106 


Cheval 


Ma 


A-se 


9« 


Cochoa 


Mou 


A-li 


.14 


Male 


To ph6 


T'tieng koun 


ti5 


Femelle 


To me 


T'li^ng kane 


iiG 


Oiseau 


Nok 


T'tiom 


ri8 


Poule 


Kai' me 


D'doue kane 


"!) 


Cauard (foniellc) 


Pete mi 


T'tea kane 


i3o 


I'oisson 


Pa 


S'sia 


,47 


llomme (homo) 


Khone 


K'koai 


i48 


Homme (un) 


Khone phou saT 


K'koai t'tia mieng 


•49 


Kenirae (unc) 


Khone Me gning 


K'koai Mak s^m 


171 


Corps 


T6 


S'satt 



I 



niNUUirMF. >K( T|0\ 




OaxxLizioxi. 



Comme ci-contro 


M'melong 


B'buDe 


id. 


M'm^nang 


Ta g'gnane 


id. 


M'masai 


B'blien 


id. 


K'kre limm 


B'bune p'ptra 


Ta rViftll 


T'la r'riell 


B'bune t'tieup 


id. 


M'mcArong marcgne 


Ngouc rong 


Ma dang 16 


M'mdnang Id 


Ta g'gnane hoc 


Ma dan^ d'droQ 


M'monang d'drofl 


Ta g'gnane toe 


id. 


Po peugne 


R'ra kune 


Dang b'bhAnn 


Po d' deikp 


R'ra tea 


id. 


Kou t^k 


B'ball 


? 


Thong taligne 


Thong 


D'dom 


K'ko 


P'phra 


id. 


D'deiik 


D'deup 


id. 


T'tak 


Ma 


id. 


? 


Luang 


id. 


Hiiaui 


Pai vi 


T'tanedm allouang 


T'tanom ha longoe 


Ko mai 


p 


Taligne 


p 


T'lak 8'8rr6 


T'trA kii 


V'voua k'kia j 


id. 


S'sraV 


UhaY 


RVi^k 


Ki kiak I-koun 


T'toua Vai 


id. 


D'drr6 


T'toua E6 ' 


Ha-86 


Ha-s6 


T'toua Ma 


Ha-lik 


Ha-lik 


T'toua MoA ■ 


T'ti6ng I'sarr 


I. koun (ou Inuk kok) 


Tak {ou T'toua phou) 


Comme ci-contre 


I. kane 


T'toua m»^ 


id. 


T'lieAra 


Tloua nok 


N'ndrou^ kane 


O'drout*^ kane 


KaV t'toua mi- 


id. 


T'lea kane 


Pitt t'toua mi*' 


id. 


S'si^a 


Pla ! 


I.e k'koaV 


R'rokou«5 


K'khono 


Le k*koai tang cong 


U'rokou6 tang kone 


Pho snY 


Le k'koai r'ropai 


R'rekou^ r'repaV 


M'mbnk 


B^tiak 


B'b^ (ok riou^) 


Thi toua 



54 



COISORfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALJSTES 



00 






KHA TIARl 






FRA.NCA.IS 


LAOTIENS 


ou 




o 03 

p 






(k'koaY-trri) 




172 


Tcte 


Houa 


P'pleu 


j 


177 


(Eil 


Ta 


Matt 


! 


192 


Main droite 


Mu khoua 


T'tala a tam 




193 


Main gauche 


Mu sai 


T'tala a virr 




197 


Mamelle 


Nom 


T'to 




2l3 


Lait 


Nam nom 


D'deii t'to 




21O 


Sang 


Lu-olt 


A-ham 


\ 


21 5 


Manger du riz 


Rine khad 


T'tia doi- 


\ 


216 


Boire de I'eau 


Kine nam 


Noiiai d'deii 




249 


Village 


Bane {ou Ban) 


Ouill 


\ 


253 


Maisou 


Lang hu-eune 


D'doung 




264 


Foyer 


Tha6 


T'tapai 




278 


Arc 


Na 


T'tami^ng 




279 


Fleche 


Louk Na 


Tiara t'tamieng 




280 


Bouclier 


Khen 


p 




283 


Hache 


Khouane 


A-tiate 




285 


Beche 


Siem 


N'ngoa 




286 


Charrue 


Thai 


? 




287 


Jour 


Mu (OM Vane) 


T'tane gnai 




288 


Nuit 


Khiin 


S's^dao 




293 


Annee 


Pi 


Mou k'kemd 




3o6 


Aller 


Pai- 


Peu 




307 


Venir 


Ma 


Sou 




3i3 


Se coucher 


None 


T'ta bitt 




3i4 


Dormir 


None lap 


Bitt riegnett 




3i6 


Voir 


Hene 


N'ngine 




317 


Entendre 


Dai Ngine 


Song 




322 


Parler 


Pak {ou Vao) 


Tam teung 




326 


Crier 


Hong 


R'ro 




33i 


Avoir faim 


lac kine khad 


Mi^ doi 




332 


Avoir soif 


lac kine nam 


Maha d'deu 




342 


Avoir la (ievre 


Mi tchiep kai 


A hi sagnett 




347 


Medecin 


Rhone Mo ya 


R'rou6 r'rha6 




348 


Rennede 


Ya tchiep 


R'rhao 




358 


Mourir 


Ett tai" 


R'requite 




362 


Voler (d6rober) 


Lak kaunng 


T'touite 




363 


Tuer 


Rha 


P^t ka quite 




364 


Blanc 


Rha6 


R'klauc 





CINQUI^ME SECTION 



55 



KHA MOMK KHOIffi 

(ou k'koaV b'brb6) 



s6 
(ou r'rkkouk B'simd) 



•kk 



Comme ci-contre 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 
T'tia r'raoua 

id. 

id. 

id. 

id. 
K'kamirr 
Tiara k'kamirr 
p 

Comme ci-contre 
Kou dd 

? 

Ti gnaV 

Comme ci-contre 

id. 

id. 

id. 

id. 

id. 
N'nidng 
I-tchang 
RVevoua 
A lang 
Bid' r'raoua 
Ma hang d'deA 
Thite ia hi 
Comme ci-contre 
RVad allong 
Ou kite 
T'touaite 
Corauie ci-c»»ntrc 
BUY 



P'pleilc 
M'matt 
Ila di ya tarn 

Ha di ya virr 

T'td 

D'deiik t't6 

Ha ham 

T'tia ha houa 

N'ngol d'deuk 

Vill {ou V'ypuill) 

D'dong 

Ta pe 

T'tamiing 

T'tira t'tami^ng 

T'tiatt {ou p^ne) 

Ha-tiet 

K'kou dd 

R'rate taligne 

S'si gnai 

S'si dao 

K'koum6 

P'peCi 

T'tiou 

B'bitl 

IVbitt ricgn^tt 

L'lone 

T'tabugne {ou toung) 

R'reva6 

Ha riong 

I-t'tia ha houa 

Ingoi d'deilk 

Ha-i k'kac 

L'lou^ r'ra6 

R'rad 

Kou-Tit 

l-touaile 

Ha quite 

K'klauc 



Bae t'trad 

Klong mi p'pbra 

Pha mu kou 

Pha ma T^le 

T'tiou 

Nam t'tiou (ou d'deiip^ 

Lou-ote 

Kioe g'gad 

Kine nam 

B'brall 

L'lang r'rane 

Thao vi 

N'noua 

Lim o'noua 

Mac vouane 

Mac I hac 

Ha thai 

MQ g'gnane 

Dang g'gnane 

Phi 

P'pai 

Manik 

Noune 

Gnip p'pbra 

D'd^n 

Ngnt'e Neii r'roua 

K'krad 

n'h6 

Mate kine g*ga6 

Hate kine d'deAp 

Haum khet 

B'boun md bed mal 

BeA-maT 

T'traT 

I/lac 

K'kha 

H'hao 



CONGRfcS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 









KHA TIARI 




Id < 












FRANCAIS 


LAOTIKNS 


ou 










(K'KOAi-TRRr) 




o 

> 










365 


Noir 


Dam 


Heng 




366 


'Jaune 


L'luang 


R'rea 




367 


Vert 


Khio 


p 




368 


Rouge 


Deng 


K'kesao 




36y 


Bleu 


S'siou 


T'tialong 




370 


Un 


Nnnng 


Moue 




371 


Deux 


Song 


Barr 




372 


Trois 


Sam 


Pai 




373 


Quatre 


Si 


Paune 




374 


Cinq 


Ha 


I'seng 




37S 


Six 


Hauc 


T'tapatt 




376 


Sept 


Quet 


T'ta pouU 




377 


Huit 


Pet 


T'ta koal 




378 


Neuf 


Ka6 


T'ta ki 




379 


Dix 


Sibp 


Moue kite 




3 80 


Onze 


Sibp het 


Moue kite le moue 




382 


Vingt 


Sao (ou di sibp) 


Barr kite 




385 


Cent 


Roi niinng [otl Hoi) 


Moue kalam 




386 


Mille 


Phane nunng 


Moue gnine 




387 


Dix-mille 


Mune nunng 


Moue Moune 





CINyUlf.MK SECTION 



57 





KIIA .MO>K KIlUX; 


so 


kBK 






(OU k'kOAI H'ltRK6) 


(ou k'hekoue b'brrA) 








Coinme ci-conlr«' 


lie^nc 


K'raiii 






Tiiio t'lroa 


p 


V'vang 






Ttialong 


R'r^mong 


Hhc6 






On 8a6 


KOU 8M0 


R'riug 






id. 


? 


b'siuu 






z^ation. 










Meiiie numeration que 


Moui 


NAnng 






ci-coutre 


Ball 


Song 






id. 


Fai 


Sam 






id. 


Paune 


Si 






id. 


SeQng 


Ha 






id. 


T'tep^t 


R'rok 






id. 


T'tepoul 


Qait 






id. 


T'tccol 


Pit 






id. 


T'tekd 


K'kou 






id. 


Moue kite 


S'sie 






id. 


Kile le mou^ 


S'sie le oAnng 






id. 


Ball kite 


Song s'sie 






id. 


Mou^ k'klaiu 


Roi nOnng 






id. 


Mouc kite k'klara 


P'phaue ndnog 






id. 


Kite Moul' kite k'klam 


Muiie nilnng (ou 


S»i# 








P'pbane) 





58 



CONGRfiS INTERNATIONAL DES 0R1E>TALISTES 



LAOTIKNS 



KHA 

POL-HOC 



2° F*rovince des Mua 



I 


Ciel 


Fa 


R'ktouU 


2 


Soleil 


Ta ven 


Matt t'tegne 


3 


Lune 


Du-eiin 


R'ki 


lO 


Tonnerre 


Fa-hong 


R'ktoull keuU 


I2 


Arc-en-ciel 


Heng kine nam 


M'melong houc Hott 


i3 


Est 


Ta ven hoc 


Matt t'tegne gno 


i4 


Quest 


Ta ven toe 


Matt t'tegne lipp 


i5 


Nord 


Nua 


Toumm kone 


i6 


Sud 


Thai 


Toumm mou eiic 


17 


Terre 


Dine 


R'kete 


18 


Plaine 


Thung. 


B'bouam 


19 


Montagne 


Phou 


R'kle hune 


22 


Eau 


Nam 


Hott 


34 


Per 


Lek 


M'meou 


35 


Cuivre 


Thong 


? 


37 


Feu 


FaY 


N'ngnou 


44 


Arbre 


Kok mai 


Tap pai 


77 


Riziere 


Na 


? 


78 


Semer le riz 


Vane ka 


Vane gn6 


86 


Riziere de monta- 
gue 


Rai (ou Hai) 


L'lai 


87 


Baffle 


KhoaT 


T'telao 


88 


Bceuf 


Ngoua tone 


B6 


98 


Cochon 


Mou 


T'tinng 


106 


Cheval 


Ma 


Bd ngoua 


114 


Male 


To pho 


Bo teuk 


ii5 


Femelle 


To me 


M^ 


116 


Oiseau 


Nok 


Tiem 


118 


Poule 


Kai to mS 


Hiell m^ 


"9 


Canard (femelle) 


Pete to mi 


Ca me 


II 


Eclair 


Fa lii-6m 


R'ketoull riela 


i3o 


PoissoD 


Pa 


Ca 


i47 


Homme (homo) 


Khone 


R'ksinng 


148 


Homme (un) 


Rhone phou sai 


Moe tiac 


1 49 


Femme (une) 


Rhone me gning 


Roine ti6a mo<'> 



il 



cinqi'i£me section 



59 



KHA 
KHAd (OO tie) * 



KHA-PO!«C 

(ou PHOU k'kenieng) 



OSSKRTATIONS 



F*lians Ma-tang-lioo. 



Lao Ouane 

Matt brri 

Moiinn^^ 

Keurr hiii 

Daurr prioii 

Bla Matt brri lienn 

Bla Matt brri gounn 

Da InQong 

Da taal 

P'phett 

Triimiii 

Nauc 

Horn 

Kenn trrA 

L'latt 

P'prciia 

Toutt s'sehon 

RVeua 

T'tioraone gnd 

R6 

Ttrratt 

L'lum boo 

S'suan 

Ham b'brranng 

TrrA 

Yang 

Sim 

ITi^rr yang 

Patt yang 

Lib larr 

Ca 

KeAm moA 

Tiom brrA 

Kim khikm 



Touan 

S'sgnaY 

Ki 

Trran keurr 

S'serouill 

Tang fai p'ploan s'sg- 

naV 
Tang fai k*kld s'sgnaT 
Tang poull 
Tang seuli 
P'ph 
L'louott 
Eurr kieik 
P'phang 
You ong 
? 

Hoss 

G'ginng soung 
K'ketigne 
R'ra r'rane 
L'legne 

S'»i Uo 
S*s£ n'ngd 
S'sinng 
R'rema 
S'to koigne 
Kane (ou Yao) 
S6mm 
H'hirr yao 
Caap yao 
L'ledlni ka ko 
? 

9 
Na niouo yong 
Na mou6 arkoui 



60 



C0NGR6S INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 



H 

s S 

o 
> 


FRANCAtS 


LAOTIENS^ 


KHA 
POU-HOC 




171 


Corps 


T6 


L'lo 


1 


17a 


Tete 


Houa 


L'lou 




'77 


CEil 


Ta 


Kene matt 




192 


Main droite 


Mu kboua 


Tai toumm heng 




,.,3 


Main gauche 


Mfl saV 


Tai toumm vi 




197 


Mamelle 


Nom 


Heiim 




2l3 


La it 


Nam nom 


Holt heum 




210 


Sang 


Lu-ott 


Mieang 


1 


2l5 


Manger du riz 


Kine khao 


Tia pa 


1 


216 


Boire de I'eau 


Kine nam 


Houc Hott 




249 


Village 


Bane (ou Ban) 


K'koll 




253 


Maison 


Lang hu-eun 


D'diang 




264 


Foyer 


Tha6 


M'moull b6 




278 


Arc 


Na 


N'ngnang (arbalete) 




279 


Fl^che 


Louk Na 


K'kseua n'ngnang 




280 


Bouclier 


Khen 


? 




283 


Hache 


Khouane 


P'peuong 




285 


Boche 


Siem 


K'ketiene 




286 


Charrue 


Thai 


p 




287 


Jour 


Mu {ou Vane) 


B'bla 




288 


Nuit 


Khiine 


P'putt 




293 


Annee 


Pi 


Vang 




3o6 


Aller 


Pai 


You 




307 


Venir 


Ma 


Horn 




3i3 


Se coucher 


None 


Hem 




3[4 


Dormir 


None lap 


Hem gnate 




3i6 


Voir 


Hene 


T'tong 




3i7 


Entendre 


DaY ngine 


Oil n'nall 




322 


Parlcr 


Pak (ou vao) 


K'keyong 




326 


Crier 


Hong 


Kcune tia 




33 1 


Avoir faim 


lac kine khan 


Tiou tia pa 




332 


Avoir soif 


lac kine nam 


Tiou hoc hott 




342 


Avoir la fifevre 


Mi tchiep kaY 


N'ntiou td 




347 


M^decin 


Khonc mo ya 


Bi p'peull souoc 




348 


Rem6de 


Ya tchifep 


Soiioc 




358 


Mourir 


Ett tai 


S'sien 




362 


Voler (d^rober) 


Lak kaunng 


T'tl^ toull sou^U 





I 

I 



CINQlilgNt; SECTION 



U 





KHA 
KIIAd (ou Tik) ' 


KHA-PHONC 
(ou PBOU K'KBKlilKC) 


OUaSKVATIONK 




L'lo 


T'trrebao 






Pom 


K'kli 






Klong matt 


Matt 






Ti bla am 


RVemoucss, tang sam 






Ti bla avd 


R'remouess, tang 
douok 






Boil 


Hou 






Horn boii 


P'phang hoii 






Ma me 


M'mim 






Ma ma 


Sa pha 






Iluoc bom 
Kuung • 
(iang 
P'prcua brr6 


S'siong p'phang 
D'douong 
D'diung 
B'borr boss 






M6 


T'lenou 






Kham mu 


K'kbam t'tcuou 






1 


'> 






Sau 


S'souane 






N'nia 


Ttreboule 






? 


-> 






S'scgui 


Sang s'sgnai 






S'sAaug 

Mou-euil 

I-o 


Snng s'seugue 

L'Icvang 

M'murr 






Via 


V'veflte 






Si 


H'hieiip 






Si rioY 


Beu h'hieOp 






Hi^nng 
Maik 


Mdh 
D'diom 






Teum bri 


Mai 






Haite 


S'srela keik 






Tiou ma 


Sao pba 






Tiou bo honi 
I-het s'srema 


Sao p'pbang 
P'peurr 






Md hac mai ya 
MaY ya 


Koug ya s'a^oam aao 
Ya s's^nam 






K'khane 


B'bcull 






Leull 


K'kft doAong 


1 



62 



CONGRfiS JMERNATIONAL DES ORiENTALISTES 



363 


Tuer 


365 


Noir 


366 


Jaune 


367 


Vert 


368 


Rouge 


369 


Bleu 


364 


Blanc 



Kha 

Dam 

Luang 

Khio 

Deng 

S'seou 

Khao 



KHA 
POU-HOC 



Thite 
H'hoett 
L'leu-ang 
L'le 

K'kehete 
9 

L'louoc 



Nuine 



370 


Un 


371 


Deux 


372 


Trois 


373 


Quatre 


374 . 


Cinq 


375 


Six 


3-6 


Sept 


377 


Huit 


378 


Neuf 


379 


Dix 


38o 


Onze 


382 


Vingt 


385 


Cent 


386 


Mille 


387 


Dix-mille 



Nunng 

Song 

Sam 

Si 

Ha 

Hauc 

Quet 

Pet 

Kao 

Sibp 

Sibp het 

Sao (ou di sibp) 

Roi nunng (ou Hoi) 

Phane nunng 

Mune nunng 



CINQllEMt: SECTION 





kllA 

(kha6 (ou tie) ' 


KHA POMC 

(ou rHou k'kbmiexo) 


OBHBKVATIOXti 




I'ah-ne 


H'beuU p'prram 






i-caag 


Yam 


1 
( 




Tie goarr 


K'ksai 






S'siou 


K'kescugne 






Yimm 


K'kesorr 






K'lleuc 


Vli 






K'lloe 


Louc 






z*atioxi. 











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Les trois IribuH de 




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Khas eniiineree^ i< i: 




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d'oiiI pas de nuna - 




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ration propre. i 




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9 





LES MONGOLS' 

LEUR ORGANISATION ADMINISTRATIVE 

d'aPRES DBS DOCUMENTS CHINOIS 

PAR 

M. Georges SOULIE 

Intcrpretc du Consulat (ji-neral de France ii Shanghai 
Membre de la Socit-ti Asiatique de Paris. 



PLAN GENERAL 



% 



I. Organisation administrative des Mongols. Famille, clau, tribu, han- 
niere, noblesse. 

II. Les irihus Mongoles : divisions generates, l" Tchahars ; 2° Mongols 
interieurs; 3» Mongols exterieurs ; 4° Mongols du Koukounor ; 5° Mon- 
gols de I'Alachan. 

III. La Mongolia vassale de la Chine. Suzerainete de la Chine. Com- 
ment la Chine exerce sa suzerainete. 



Le nom de Mongol, que portent les tribus de pasteurs 
nomades campees dans la region du desert de Gobi, est 
d'origine relativement recente. Gengis Khan, au xiii" si6cle, 

1. Les documents qui ont servi de base a celle etude, sont : 

l"* Le Recueil des Institutions de la dynastie Ts'ing y\ iR W >» "» 
T«t ts'ing houci tien. 

2» L'Histoire des Pasteurs mongols ^v m (S^ -pC pu Mong kou 
yeou mou ki. 

3* L'Uistoire de la dynastie Yuan 7u 3** Yuan cho. 



CINQI'IEMK SECTION «S 

attribua ce litre de mongol qui veut dire argent a I'empire 
(|iril ibndail : il suivait en cela la coutume des peuplades 

tartares, tels les Kltan ou Kitat appelant Leao ^ (en 
Kitan =- acier fin) leur empire en Chine, et les Niu-tchen 

ou Niulcheu qui donnerent le nom de Kin ^ (en chi- 
nois = or) k leur dynastie. 



I 

Organisation administrative des Mongols. 

Le peuple mongol, bien qu'horaogene de langue et de 
race, est actuellement divis6 en nombreuses tribus, grou- 

pementsoukhanats nP (pou a'lmak). Quelques-unesde ces 
tribus, com me les Hallms et les Eleutes sent en realitd 
les debris d'empires morceles; quelques autres ne sent 
({ue des families ou des clans. 

Les tribus, malgre leur independance a Tegard les unes 
des autres, poss6dent un regime administratif uniforme, 
base sur une organisation a la i'ois patriarcale et militaire. 

Cheque minage, feu ( r^ hou) ou famille ( ^ kia) est 

sous les ordres d'un c7ie/'r/<' /i^miV/e ( ^ ;K kia tchang) 
qui est generalement le chef naturel de la I'amille. II est 
responsable de tous ceux qui sont places sous ses ordres 
et qui ne peuvcnt disposer de leurs biens sans son appro- 
bation. 
Les families se groupent par dix, sous la direction d'un 

(lizenier ClT ^ che tchang) que chaque groupe se choi- 
sil lui-m6me. 

Les families portant le m6me nom forment le clan {Wi 

tsou) et se choisissent un chef de clan ( J5k ;K tsou chang) 
parmi ceux de leurs membres qui paraissent avoir les capa- 
tiles necessaires. 

I 5* 



66 CONGRES INtERNAtlONAL DES ORlENTALISTtS 

Les dizeniers et les chefs de clans reglent toutes les dif- 
ficultes et tous les differends qui peuvent s'elever entre les 
families. 

Les clans se groupent en tribus ( np pou ou W i^ pou 
lo) a la t6te de chacune desquelles est place un chef de 

tribu ( oP :^ pou tchang) dont le titre varie avec les tribus, 
mais dont le pouvoir est toujours hereditaire et absolu, 
sauf en cequi concerneles relations exterieures et la peine 
de mort pour lesquelles 11 faut en referer a TEmpereur de 
Chine. 

Les tribus se groupent a leur tour en ligues ( J™« meng, 
tchoholhan) ou confederations, a la t6te de chacune des- 
quelles est place par election un chef de ligue ( xB. "Wt meng 

tchang) assiste d'un chef de ligue adjoint [W\ m. ^ fou 
meng tchang) : c'est a eux que Ion en refere dans les 
affaires graves et dans les incidents ou disaccords entre 
tribus. 

Au point de vue militaire, les tribus se divisent en ban- 

nieres Wk k'i) qui sont des unites de troupes, mais qu'il 
ne faut pas confondre avec les huits bannieres a couleurs. 
La banniere, administrativement, constitue de plus une 
une sorte de commune : c'est ainsi que les biens des fa- 
milies sans descendants directs sont administres pour 
I'usage public par le chef de banni6re. 

Le chef de banniere [tchassak >?L ^ ^ tcha ssa k'o) 
tient cet emploi hereditairement ou bien est choisi, sans 
distinction de rang ou de noblesse. II est assiste de deux 

ou quatre chefs adjoints de banniere (wi ^ f^ <w hie li 
ki ou) qui doivent 6tre choisis parmi la noJjlesse. 

Tous les Mongols en etat de porter les armes doivent 1< 
service militaire de 18 a 60 ans et c'est pendant ce tempt 
seulement qu'ils sont inscrits sur les registros du cens mi{ 
a jourtous les trois ans sous ladirection des chefs de ligues. 



CINQCI^MK SECTION 67 

Les grades, dans la hanni6re, sont les suivants : 
ffl> 7^ ton Cong ; 

pUJ w> wt fou tou Cong (un ou deux, selon le chifTre des 

troupes). 

W" xH ts'an ling, un pour 700 hommes. 
/£ fR tsouo ling^ un pour 150 hommes. 
^0 '^ ^ hiao ki hiao, un pour 150 hommes. 
XR rm ling ts*ouei, un pour 25 hommes. 

i/D -9^ /«/ao A:/, un pour 3 hommes. 

Les tou t'ong et les fou-tou-l'ong sont choisis parmi la 
noblesse de la banniere, ou a d^faul, parmi les ts'an ling. 
Les ts'an ling sont choisis parmi les tsouo ling et ainsi de 
suite. 

Les tribus possedant un grand nombre de bannieres les 
distinguent en : banniere deTaile droite, de I'aile gauche, 

ou du centre; hanni6re d'avant ou d'arri6re( 4 >h PI t' 

M ^ ^) tsouo yeou yi Ichong ts*ien heou Ic'i). 

Noblesse. — Les Mongols, en plus de leurs titres de 
noblesse nationale, portent encore des titres chinois et 
inandchous. 

Tous les chefs de tribu, dont certains ont le tilre de 

Khan (hahan TT han) ou de Nayan lli 3« noyen)conf6- 
rent de fait a leurs (lis et a leurs frdres cadets le titre de 

lailchi ( til M t'ai ki) qui est appel6 tabounang ^ Tu W^ 
t'a pou nang) chez les Toumets de I'aile gauche et chez les 
Haralchins. Ce titre de taitchieai divise en quatre degres : 

taitchi de !'• classe, de 2' classe, etc. ( fiPl tT Ct o — ' 

"^ ... t'eou teng tai ki, oul teng...). II est encore portt* par 
les (lis aines de ceux (|ui ont recu des titres de noblesse chi- 
nois et par ceux a qui a et^ decern^e la m^daille miliiaire 



68 C0NGR6S INTERNATIONAL DES ORlENTALlSTES 

( ^ W kong p'ai — plaque d'argent portant le caract^re 

m. chang, recompense, et donneepouractes mentoires et 
fails de guerre). 

Les litres conferes par la dynastie mandchpue soul divi- 
ses en 5 degres : 

^ dE ts'in wang. Prince de l*' degre. 

M^ 3l kiun wangi Prince du 2® degre. 

M Wi bei-lo, Beile. 

.M J pei tseu, Beidze. 

-^ kong, kong; divise en : 

3^ Is "^ tchen kouo kong, 

W ^ w fou kouo kong. 
Gestilres peuvent ^tre, ou bien hireditaires aperpetuite 

{lEt ^ n^ W che hi wang t'i), ou bien hereditaires^ pour 

quelques generations seulement {VS, Wf che tsio) : dans 
ce dernier cas, il peut 6tre de plus stipule que le litre des- 
cendra d'un degre a chaque generation. 

II existe des litres de noblesse militaire analogues aux 
« marechaux de noblesse », dont les noms sont empruntes 
au cadre des bannieres et qui sont hereditaires d'apres 

leur grade : ils donnent droit au litre detarhan brave ( ^ 

'hI' Imt tou t'ong, hereditaire pour un nombre limile de 
generations. 

wll ^ 7^ fou tou t'ong, hereditaire pour un nombre 
limile de generations. 

W' ^M ts'an ling, hereditaire pour 4, 5 ou 6 generations. 

^ "w H isouo ling, hereditaire pour 2 ou 3 generations et 
personnel. 



CINQUI(:ME section 69 

II 

Les tribus mongoles : divisions g^m^rales. 

Les divisions gen^rales des tribus mongoles et leurs 
emplacements respectifs font I'objet d'une attention spe- 
ciale du gouvernement chinois. Des peines sev6res sont 
edictees contre ceux qui franchissent les limites des pAtu- 
rages qui leur sont assignes. Ces limites sont, autant que 
possible, fixees a des accidents de terrain, montagnes ou 
fleuves; mais, a defaut, des amas de pierres appelees obos 

( ^ T# ou pou) sont eieves et servent de bornes. 

Les tribus mongoles sont reparties en trois grandes di- 
visions correspondant a des groupements administratifs 
differents : Les Tchahars, les Mongols intirieurs et les 
Mongols exterieurs . Les auteurs chinois expliquent de deux 
manicres cette denomination de Mongols interieurs et ex- 
terieurs : ou bien parce que les premiers s'etant tout d'a- 
boid soumis a la dynastie actuelle, les autres resterent 
ainsi en dehors de I'empire; oubien simplement parce que 
les uns sont en deca, les autres au dela du Gobi. 

11 existe cependant encore d'autres groupements de 
Mongols connus sous les noms de Mongols del' Ala Chan^ 
de Mongols du Koukounor {ou Ts'ing hai) et de Mongols 
du Tsaidam. 

Nous laissons a dessein de cole les tribus mongoles qui 
resident sur les possessions russes, comma les Hassaks, 

Kossacks ou Kirghiz (^ ^ >£ lia sa k'o) autour du lac 
Italkach, et les Bouriates, SounitSy et Oroks autour du lac 
Baikal. 

I. — TcHAHARs ( ^ ^ Wl, TcA'a ha eul), 
lis sont campes au nord de la Grande Muraille sur les 



',0 CONGRES INTERNATIOISAL DES ORIENTALISTES 

frontieres du Tche liet du Chan si. Us portent aussilenom 

de pasteurs nomades [im- ^ yeou mou). 

Les Tchahars ont ete les premiers parmi les Mongols a 
se soumettre aux conquerants mandchous au xvii® siecle. 

lis sont divises en 8 banniferes a couleurs, selon la regie 
militaire mandchoue et ne sont pas commandes par des 
tchassaks de leur tribu, mais par des Mandchous. 

Ges 8 bannieres tchahars sont groupees par quatre : a 
I'aile gauche, a Test, la banni^re bleue, la blanche a bor- 
dure rouge, la blanche et la jaune. A I'aile droite, a I'ouest, 
la jaune, la rouge, la rouge a bordure bleue, et la bleue a 
bordure rouge. 

G'est sur leur territoire que se trouvent les Pdturages 

imperiaux (^ W mou tch'ang ou ^ W weitch'ang) ou 
paissent les troupeaux de la Maison imperiale. 

II. — Mongols inter lEuns ( P^ ^^ p Nei Mong kou). 

Les tribus qui composent cette grande division sont si- 
tuees au nord des Tchahars et s'etendent a Touest et au 
nord jusqu'au Gobi, a Test jusqu'a la Mandchourie. 

On les appelleaussi les k9 bannieres { Y-A i jh 1^ sseu 
che kieou k'i) d'apres le total du nombrede leursbanniferes. 

Les 24 tribus groupees sous ce nom forment 6 ligues ou 
confederations; voici le nom de ces ligues et le chifFre des 
bannieres de chacune d'elles : 

L La ligue de Tche rim. ^ :M >l^ w. tche li mou meng, 
qui groupe 4 tribus d'un total de 10 bannieres. 

l" LesTourbets T^ ^ m ^ tou eul pa t'e : 1 banniere. 

2" Les G or loss ?P IM iS Wf kouo eul louo sseu : 2 ban- 
nieres. 

S' Les Tchalaits ft-. ^ 4$ tcha lai t'e : 1 banniere. 

^^ Les Jfortchins ^^ ?>U k'o eul ts'in : 6 bannieres. 



CINQUl£ME SECTION 71 

11. La ligue de Tchossotoii -P- ^ iu SO. tcho so t*ou 
meng, qui pjroupe 2 tribiis, 5 bannieres. 

1° Les Horlatchins P^ R •$'] fe k'o eiil la ts'in : 3 ban- 
nieres. 

2" Les Toumels tt ip ^ tou me t'e : 2 bannieres. 

XW.hd^ ligue de Tchaoula fln ^^ ^ ^ tchao outameng, 
qui comprend 8 tribus, 11 banni6res. 

l" Les Alou-Horlchins, P? # ^ ^ Ji6 a lou k'o eul 
ts'in : 2 banni6res. 

2' Les Palinns B iT^ pa lin : 2 bannieres. 

3° Les Gechektenns !?£ \X y£ ffi^ k'o che k'o t'eng : 1 ban- 
niere. 

4" Les Naimanns ^ :!^ nai-man : 1 bannifere. 

5'hesHal/ias ^St ffl ^S k'o eul k'o : I banni^re (de I'aile 
gauche). 

0° Les Wongnioutchis m \ w wong nieou tch'eu : 

1 banniere. 

7' Les Aohans wL nr ngao ban : 1 banniere. 

8" Les Tchalouts i L ® a^ tcha lou fe : 2 bannieres. 

IV. La ligue de Selingole ^ # IP ® B8. Si lin kouo 
le-meng, qui comprend 5 tribus, 10 bannieres. 

1° Les Outchoumtchins ^ *^ ^ W^ou tchoumou ts'in: 

2 bannieres. 

2' Les Apahanars P? G ^ ^ iS a-pa-ha-na-eul : 
2 bannieres. 

3o Les Apahs W B ^^ a-pa-ho : 2 bannieres. 

40 Les Sounits W^ ^ ^ sou ni t'e : 2 bannieres. 

5 Les Kaolchito ffi ® 4^ hao ts'i t'e : 2 bannieres. 



72 CONGRfiS INTERNATIONAL DKS ORIENTALISTES 

V. La ligue de Oulantchap ^ Si ^ T|J ja ou lantch'a 
pou meng, qui comprend 4 tribus, 6 bannieres. 

1° Sseu-tzeu-pou-lo K^ "T* nP re^ ou Tourban Geugets, 
les 4 allies, 1 banniere. 

2° Les Maomingans !Sc ^ ^ mao ming ngan : 1 ban- 
niere. 

3° Les Oulats *% l$'J ^ ou la t'e : 3 bannieres. 

4° Les Halhas ^% m ^^ k'o eul k'o : 1 banniere (aile 
droite). 

VL La ligue diktchao W^ ^ ijo J^ i k'o tchao meng, 
1 tribu, 7 bannieres. 

Les Ordoss ^ B^ r:J^ wT ou eul touo sseu. 

On range encore parmi les Mongols interieurs la tribu 
des Toumets de Kouei-hoa-tch'eng. Cependant elle n'est 
comprise dans aucune ligue et le fou t'ong qui la dirige 
releve directement du marechal tartare residant a Souei- 
yuan tch'eng. 

III. — Mongols exterieuks ^y ^^ pf [Wai Mong hou) ou 
Halhas PS RPt (A'ae/<//.'a). 

Leur territoire est borne au sud par les possessions 
russes, a Test par la Manchourie et s'etend, a I'ouest jus- 
qu'au district de Kobdo, et au sud, jusqu'aux Mongols in- 
terieurs. 

L'origine de ce nom de Hatha remontea 1639, date a la- 
quelle le taitchi Tchala'irhoun le donna a I'empire qu'il 
fondail et aux peuplades qu'il avait groupees sous sa domi- 
nation en sept bannieres commandees par ses sept fils. 

Ce ne fut qu'en 1693 que cet empire se divisa en trois 
sous le commandement de trois Khans [Touchielou, Tclie- 
Icheriy Tchassaktou). Peu apres, sur les 37 bannieres du 



CINQrifeME SECTION 73 

Touchietou Khan^ il en fiit s6par6 21 pour former le kha- 
nat du Sain Nay an. 

Les Halhas comprennent actuellement 86 banni^res 
groupees en quatre ligues : 

I. La ligue du camp sur la Keroulene. ^J S IH Q W 

^ ^ WL K'o lou loun pa eul ho toun meng. Commandee 

par le Keuken Tchetchen Khan T& 4fi $■ E fT Ke ken 
tch'e tch'en han, que I'on nonime simplement Tchetchen 
Khan . 
On donne aussi a cette ligue le nom de Voie de I'eslj 

^ ^ Tong lou. 

Son terriloire est borne a Test par la Mandchourie el a 
Touestpar la ligue du Touchietou Khan. Elle con]pte23ban- 
nieres : la banni6re du Khan est situ^e sur le haut cours 
de la Keroulene. 

Le tailchi Chelci ^M ^ (1030-1056) fut le premier qui 
porta" le titre de Tchetchen Khan, mais ce ne fut qu'en 1721) 
que 1 empereur de Chine accorda a Tcheptang Bandjour 

(^ iB S 9E ^ il0) iin sceau officiel portantle litre de 
Keuken Tchetchen Khan et ce ne fut qu'en 1782 qu'il lui 
accorda I'heredite a perpetuite de ce litre. 

II. Lalignc de llanalin tv x^ v^ han a lin, commandee 
par le Touchietou Khan (dont le titre entier est Koantchilai 

Batou Touchietou A'A«« ^ ^ ^ Q lii ± #18 ff , 
Koan ts'i lai pa t'ou t*ou 8i6 t'ou han. 

Cette ligue porte aussi les nomsde Voie du Nord HL w 

pei lou el de Voie centrale t' im tchong lou. 

Son territoire est situe a Touest de celui du Tchetchen 
Khan La grande route de Pekin-Irkoutsk par Ourga tra- 
verse cette region qui comprend egalement Tancienne ca- 
pita le Karakoroum ou Houo-Un ^ It . 

Cette ligue comprend 20 bannidres : la bannierc du Khan 
est situee sur le haut Orkon. 



74 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Le taitchi Oligos ^ ?U !^ H ngo hie k*o sseu qiiipor- 

tait deja le litre de Morgen Khan i^ t^ Tk Vt mo eul ken 
han, fut le premier a qui fut coiifere le litre de Touchietou 
Khan au xvii' siecle. Un decrel imperial le confirmait en 
1692 dans ce litre, dont I'heredile perpetuelle lui elail 
accordee par un nouveau decrel en 1782. 

III. La ligue de Tchetcherlik W S M S >'<-« ->™- ts'i Is'i 
eul li k'o meng. Gommandee par le Sain Nayan (le bon 



prince) — B^ n« ^ san yn no yen. 

Son terriloire est limile au nord par les Ourianhais des 
monls T'ang-nou, el par les possessions russes : a Test par 
la ligue du Touchietou Khan et a I'ouest par celle du Tchas- 
saklou Khan. 

Gette ligue comprend 24 banni^res dont 2 bannieres 
d'Eleutes campees sur son terriloire, a I'ouest de la ville 
d'Ouliassoulai, et porlantle nom d^Eleutes (VOulan Oussoii 

^ Wi '^ ffli^ «^ ^ W^ ou Ian ou sou ngo lou t'e. 

C'est au XVII* siecle que les bannieres de ce Khanat 
furent detachees de la domination du Touchietou Khan. 

Le taitchi Nono Ife mi no no, portait deja Ic litre de Wei 

tcKeng nayan (W W^ IB ^ ^vei tcheng no yen) quand 

avec son quatrifeme fils Toumongken Isl ^ W il pr6la 
son appui a la secte reformee du Lamaisme connue sous le 
nom d'Eglise jaune. Le Dalai lama en reconnaissance lui 
donna le litre de Sain Nayan le bon prince. Le Dalai lama 

donna plus lard a Tanlsin Lama 7T W- Rf'J PJw deuxifeme 

fils de Toumongken le litre de Noinen Khan 1^ I I Vj 
prince de la religion. 

Un decrel imperial en 1656 nomma Tanlsin lama chef 
du khanat au m^me litre que les trois aulres Khans; mais 
ce n'esl qu'en 1767 que le litre lieredilaire de Sain nayan 
fut accorde par decret imperial. 



I 



CINQUl^Mfc SECTION 75 

IV. La ligue dn lac Tchakpllnchli in pilouliya. iHj ^ 

>4f^ fe a ifc if^ IP as ^ W Satrhak'opilachekin 
pi ton li ya no eul meng. (^ommandee par le Tchassaklou 
Khan (dont le litre entier est Erdeni Pichelielo tchassak- 

,ou Khan. IR ® fS /£ ?K ft Pf «& *L ^1 ^ H JT ). 

On Uiidonneauss'ilenomde Vote de I' ouest E3 iPw silou. 

Son territoire est le plus occidental de ceux des quatre 
khanats : il est limite a I'oiiest par le district de Kobdo et 
au nord par les Ourianhais des monts T'ang-nou. 

Cette ligue comprend 19 banni6res, dont une banni6re 
de Iloits situee au centre de ce territoire et au nord-ouest 
de la bannidre du Khan. 

Soupati ^ C2i ^ fut le premier qui porta le titre de 
Tchassaklou Khan. Un decret imperial en 1782 rendait ce 
titre hereditaire a perpetuite. 



IV. TniBUS DIVEnSKS. 

1" District de Kobdo V\ TH :^ K'o pou touo. Le terri- 
toire auquel la ville de Kobdo a donne son nom est situe 
a I'ouest de la ligue du Tchassaklou Kkan : il est limite au 

nord par les monts T'ang-nou ^ ^ ou Ngai Chan 2* 

|1| et a I'ouest par les possessions russes. 
Sur ce territoire sont campees sept tribus mongoles : 

Les Tourb^ls 1^ 1^ m 4^ tou eul pa t'e, comprenant 
14 banni6res sur lesquelles Irois formant I'aile gauche sont 
campees sur la rive sud-est du lac Oubsa et onze formant 
Taile droile, au sud-est du lac Atchet^tchol. 

Les Hoits A^n^ hoei I'e, comprenant 2 bannicres, la 
premiere au sud-o'uest du lac Oubsa, Tautre au confluent 
du Sakosai et de la riviere de Kobdo. 



76 CONGReS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Les Hochcts ^ r^ ^ ho che t'e, une banni^re sur la 
rive est du fleuve Tohenguis. 

Les Tchahatchins ^L ^ iki tcha ho ts'in, une banniere 
sur la rive est du fleuve Bourgan. 

hes Mingats 9g |*PJ ^ mingat'e, une banniere aunord 
de la ville de Kobdo, pres du lac Alak. 

Les Tourwouts Ti W M i^ tou eul hou t'e, deux ban- 
sur les rives du fleuve Ourounerou. 

Les Eleutes «^ ^ ^ ngo lou t'e, une banniere a I'ouest 
de la ville de Kobdo. 

2° Les Ourianhais i^ ^ i^ ou leang hai. Cette tribu 
se divise en deux groupements : 

Les Ourianhais du lac Altai 1*^ |^ ^ ilj j^ t^ ^ t^ 
a eul t'ai no eul leang hai, 9 bannieres dont 2 au sud du 
lac Altai et 7 entre les monts T'ang nou et Altai. 

Les Ourianhais des monts T ang-nou /Q ^ ^^ /K '/^ 
t'ang nou ou leang hai. lis sont campes aux sources de 
rienissei et leur territoire est borne au sud par les monts 
T'ang nou. 

lis ne sont pas groupes en bannieres mais sont places 

sous les ordres de 46 tsouo ling 2c wR et repartis sous 
diff'erentes dominations : 

25 tsouo ling sous la direction du marechal tar tare d'Ou- 
liassoutai : ils sont campes 15 sur les rives nord du lac 
Kosso-gol, el 10 sur les fleuves Altai et Amouhou. 

5 tsouo ling sous la direction du TchassaklouKhan ; ils 
sont campes, 1 au nord du Kosso-gol, 1 sur la rive ouest 
du fleuve Tele-gol et 3 au sud du fleuve Pei-ko-mou (Bei 
Koum?). 

13 tsouo ling sous la direction du Sain Nayan : ils sont 
campes au nord des monts Ou-eul-ko-han sur la frontiere 
de Russie. 

3 tsouo ling sous la direction du Tcheptsoun Tanpa Hou- 



CINQllEMK SE4:T10fi 11 

touklou d*Ourga : ils sont campes au nord-ouest du lac 
P'ou-toiio-po pres du fleiive Hoa-ko-mou. 

3' Mongols de l'Ala chan rf tfe li| ^ IST a la chan 
mong kou. lis comprennent en tout 34 banni^res sous la 

direction du prince d'Ala chan 1*1 flt UJ W i. a la chan 
ts'in wang et se divisent en deux tribus : 

Les TounvoutsdeVEdsina ^ S S^ i ^ M 4^ ngo 
ts'i na t'ou eul hou t'e. Campes sur les rives du lleuve 
Edsina, k Touest des Eleutes. 

Les Eleutes de V Edsina ^ ^ l(^ ffi @ # ngo ts'i na 
ngo lou t'e. Gette tribu est campee a i'ouest du district de 
Ning hia et de la boucle du fleuve Jaune d'oii le nom qui 
leur est aussi donne de Eleutes de la boucle occidentale 

vB ^ 1^ S ^ si t'aongo lou t'e. On les appelle encore 

^ H UJ ^ ^If 4$, Eleutes des [monts Holan, ho Ian 
chan ngo lou t'e, d'apres la chaine de montagnes qui tra- 
verse leur territoire. 

Ge nom d'AYea/e^ etait porte au xviri" siecle parungrou- 
pement de quatre tribus qui se donnait le nom de a les 

quatre allies » [^ f W fc. 4$ wei la t'e ou W ^ i^ ngo 
lou I'e : rhistoire des Ming leur donne aussi le nom de 

wa-la ^ ^U . Ges quatre tribus etaient : 1° les Hochets 

^ M W du nom de famille de Bourtchiguit W/ Mff 

"m ^ pou eul tsi ki t'e ; 3o les Tourhets tt SB 'f 6 i^ tou 

eul pa t'e, du nom de famille de Tchoross Wt" Hs Wf tcho 

louo sseu ; les Tchongars i^ ^ r99 tchoen ko eul, du 

nom de Batourhoum lL mA J^*W pa foueul houn; 4* les 

Tounvouts >pt i^ ^ ^ tou eul hou t'e, sans nom de fa- 
mille. Les Tourwouts ayant quitt6 leur territoire pour en- 

trer sur les possessions russes, les Hoits 1^ 0^ houei t'e, 



18 CONGRES INTEftNAtlONAL DfeS ORIENTALtSTES 

du nom de Ikmingan W ^j ^ ^ y k'o ming ngan, se 
joignirent a la confederation des quatre Eleutes qui occu- 
paient alors le territoire actuel del'Ilijde rAltai aux T'ien 
chan. 

4» Mongols DU KouKou-jiOR F^ */^ ^ pTts'inghaimong 
kou. Autour du Koukounor (la mer bleue, ts'ing hai) vivent 
cinq tribus difTerentes formant un total de 29 bannieres. 

Les Hochets ^ *^M. ^ ho che t'e, 21 bannieres; cette 
nombreuse tribu est dispersee autour du lac surtout vers 
I'ouest et plus au sud sur les rives du fleuve Jaune. 

Les Tchoross W ^ M tcho louo sseu : 2 bannieres ; 
une sur la rive nord ouest, I'autre au sud-est du lac. 

Les Holts ^ ^ houei t'e : 1 banni^re au sud-est du lac, 
sur la rive nord du fleuve Jaune. 

Les Tourwouts T^ j^ ^ 4^ tou eul hou t'e : 4 ban- 
nieres campees au sud du lac et plus au sud encore, sur le 
fleuve Jaune. 

Les Halhas "^ r^ ^^ k'o eul k'o, une banniere, sur la 
rive sud du lac, 

5** Les Mongols du Tsaidam ^ A^ ^ pT ta mou mong 
kou. 

^ Huit bannieres, campees au nord du Thibet anterieur, 
dans la region du Tsaidam. lis sont places sous la direction 
du ministre residant de Chine au Thibet. 



Ill 



LA MONGOLIE VASSALE DE LA CHINE 

Suzerainele de la Chine. L'autorite particuliore que la 
Chine exerce sur les nombreuses tribus mongolesne peut 



C.ilSQUI^MK SECTION 19 

guere 6lre mieux caraderisee que par le terme de suzerai- 
nete. 

Les Iributs nominaux que presentent les autorites du 
pays sonten efFel largementcompenst*§ par les allocations 
en argent et en soieries (jui leur sont faites annuellement 
par le Fils du Ciel. Les chefs des quatre khanals par 
exemple recoivent 2.500 onces d'argent et 40 pieces de 

soie par an en echange des neuf animaux blancs 7L 
kieou pai (un chameau ethuit chevaux blancs) qu'ils offrent 
a I'empereur. 

Les audiences solennellesqui ont lieu chaque annee du 
15« au 25" jour de la 12« lune, ainsi que les fcstins des 
I'i" et 15^ jour de la 1" lune, oil I'empereur recoit tous les 
chefs des tribus mongoles, accentuent ce caractere de vas- 
salite qui est encore augmente par I'obligation oil sont 
tous les rois mongols d'envoyer leur fils aines a Pekin en 
residence permanente et pour ainsi dire en otages. 

Neanmoins la Chine nese m^le point de I'administration 
interieure des tril)us : elle se contente de controler les 
nominations et se charge exclusivement des relations exte- 
rieures. 

(vmmenl la Chine exerce sa suzeraineti. Un ministere 
special (|ui se range immediatement a la suite des grands 
ministeres de I'Empire est charge de toutes les questions 
qui concernent la Mongolie : c'est la Cour des Etats tribu- 

taires ^ Vfi? ^ li fan yuan, qui est aussi charge des 
affaires du Tlubel.Le personnel de cette Cour est compose 
pour la plus grande partie de Mongols; sur les six direc- 
tions entre lesquelles sont repartis ses services, quatre 
s'occupent exclusivement de la Mongolie. 

Des fonctionnaires chinois de divers grades et fonctions 
residenldeplus endifferents points de la Mongolie, d'apr^s 
les grandes divisions administralives de la population. Ce 
sont, chez : 



80 CONGRfiS INTEEINATIONAL DES ORIENTALISTES 

1° Les Tchahars. 

Un adminislrateur mUitaire des Tchahars ^ ^ 1^ w 
^ Icha ho eul tou t'ong. 

Unadmlnistrateur militaire adjoint des Tchahars ^ ^ 
^ SI) S> wt tha ho eul fou tou t'ong. 

Us resident tous deux a Tchang-kia k'eou 5^ ^ M . 
Les 8 bannieres a couleurs des Tchahars sont placees di- 
rectement sous leurs ordres, 

L'administrateur militaire des Tchahars est de plus di- 

recteur du service des postes des stations militaires -^ 

O kiuntai. 

Ges stations militaires sont etablies le long desgrandes 
routes postales et principalement de la route de Kalgan a 
Kodbo par Ouliassoulai et de la route de Laii tcheou par 
Sou tcheou a Tourfan et se divisant de la vers Kachgar et 
vers Kouldja, Les condamnes chinois a I'exil sontdeportes 
dans les diverses stations de ces routes. 

Un service de courriers postaux est organise avec relais 
tous les 100 lis. Chacun de ces relais comporte en principe 
50 chevaux, avec en plus dans certaines regions, des voi- 
tures ou des chameaux. Ces moyens de transport sont a 
la disposition des fonctionnaires se rendanta leurs postes 
et en general de ceux qui obtiennent des permis speciaux 

appeles k'an ho houo pai efl pi jK. W delivres par le 
ministcre de la guerre et par I'administration militaire 
des Tchahars. 

Les pSturages imperiaux situes sur le territoire des 
Tchahars, sont places sous la direction de deux fonction- 
naires intitules : 

Directeur en chef des pdturages imperiaux de Jehol et 

autres lieux^.^ U ii\%M M^ ^ ^^^il '^ 



CIMQUI^ME SECTION It 

7^ W tchen cheou k'eou wai je ho "wei tch'ang teng 

tch'ou ti fang tcheng tsong koan. 

Directeur en second des pdturages impdriau.r de JehoL et 

autres lieux. a^P*Ff^i^a^^J^%:fr 

Pu W W tchen cheou k'eou wai je ho wei tch'ang teng 
tch'ou ti fang fou tsong koan. 

Ces deux fonctionnaires, assistes de nombreux inspec- 
teurs, sont responsables des immenses troupeaux que pos- 
scde la maison imperiale et qui sont gardes sur ces p4tu> 
rages. 

2» Les Mongols intericurs. 

Pour les tribus mongoles qui rentrent sous cette deno- 
mination ^enerale, toutes les questions touchant a I'adrai- 
nistration des armies, lecontroledes frontieres, la justice, 
la verification des roles du cens, sont examinees et con- 
trolees tous les trois ans par une commission formee de 
quatre membres designes par la cour des Etats tributaires, 
les neufs grands ministres d'etat, les tout'ong et foutou- 
t'ong des 8 bannieres, les gardes du corps de 1" classe, 
les chambellans des gardes et chambellans, ainsi que les 
capitaines generaux de la division d'avant-garde. 

Cette commission, accompagnee de secretaires et expe- 
ditionnaires de la cour des Etats tributaires, se rend au- 
pres des chefs de banniere ou m^me des chefs de ligue 
pour exercer son mandat. 

Le marechal tartare de Souei-yuan tch'eng St xS, % 
(ville tartare de Kouei-hoa tch'eng) a la haute direction des 
cadres militaires des bannieres; c'est lui qui nomme les 
officiers, les deplace ou les degrade, sur rapport fait a la 
Cour des Etats tributaires. II a la direction des Toumets de 
Kouei-hoa-tch'eng. 



82 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

3* Les Mongols exterieurs. 
Un marechal tartare, gardien des marches, residant aux 
camps militaires des Halhas. fi ^1 P§ M ^S 5^ ^ ^ 

S ^ Sll H? 5 tchou tcha k'o eul k'o kiun ying ting 
pien tsouo fou tsiang kiun. 

On le nomme egalement marechal tartare d' Ouliassou- 

tai ^^ S P^ ^ O j^ ^ ou lia sou t'ai tsiang kiun. 
II est seconde par un ministre resident, gardien des 

marches des Halhas ^i&^^^^^ ^ Ml^'^J ^ 

^ yC & ting pien k'o eul k'o teng tch'ou ti fang ts'an 
tsan ta tch'en. 

lis ontla haute surveillance des relations exterieures et 
des questions militaires des quatre grands khanats des 
Halhas ainsi que du territoire de Kobdo et des Ourianhais. 

lis sont assistes de quatre vice-marechaux mongols wl 

W W- , fou tsiang kiun delegues des quatre khanats et 
dont un a tour de role reside a Ouliassoutai. 

De plus des residents mandchous ou chinois sont nom- 
mes a poste fixe. 

A Our^a : 

Un chargi d' affaire a Ourga ff Tffl ^ M ^ 3?r «te 

•^ yC & k'ou loun teng tch'ou ti fang pan che ta tch'en. 

Un resident adjoint a Ourga ^ m ^ ^ ^ ^ m 

vHr yC HL k'ou loun teng tch'ou ti fang pang pan ta tch'en. 

A Kobdo : 

Un ministre resident a Kobdo : ^ flj ::^^ ^^/J 

^ Wi /C & k'o pou touo teng tch'ou ti fang ts'an tsan ta 
tch'en. 



HNQLltMR SECTION g3 

Un resident adjoint a Kobdo ^ fl^ ^ 4$ |S ift ^j^T 
W *ff A E k'o pou touo leng tch ou li fang pang pan ta 



tch'en. 



4" Mongols du Koukounor el de L'Alachan. 

Vnckar^re'd'a^airedSiningM ^ ^ ♦ ^^ E sining 
pan che ta tch'en. 



FABLES ET CONTES DE UINDE 

EXTRAITS DU TRIPITAKA CHINOIS 

PAR 

Edouard CHAVANNES 

Membre de I'lustitut 
Professeur au College de France 



AVANT-PROPOS 



En 1859 paraissaient simultanement, a Leipzig, Tou- 
vrage, devenu classique, de Benfey sur le Paiicatantra', et, 
a Paris, la traduction francaise de cent vingt-six contes et 
apologues hindous dont Stanislas Julian avait trouve la 
version chinoise*. Dans les additions placees a la fin de 
son second volume, Benfey put faire usage de la publi- 
cation de Julien et en signala Pimportance. Nous serions 
plutot disposes aujourd'hui a en remarquer les imperfec- 
tions, tout en reconnaissant le merite qu'eut I'illuslre 
sinologue d'etre le premier a frayer une voie oil nul n'avait 
passe avant lui. Stanislas Julien n'avait a sa disposition 
que deux encyclopedies, I'une, le Fa yuan tchou lin 
(Bunyiu Nanjio, Catalogue, n» 1482) editee en 668, I'autre, 
le Yu lin, qui date du milieu du xvi« siecle; ces deux 
compilations citent souvent, il est vrai, les titres des livres 
plus anciens dans lesquels elles ont puise; mais, outre 
que ces indications ne sont pas toujours donnees et raan- 

1. Th, Benfey, Pantschatantra; 2 vol, in-8, Leipzig, 1859, 

2. Stanislas Julien, Lef Avaddnas; 3 vol. in-12, Paris, 1859. 



CINQUI£ME SECTION 85 

quent crailleurs de precision, Julien, quand il les a 
recueillies, ne s'est point mis en peine de noter I'^poque k 
laquelle ces diverges sources doivent 6tre rapport^es; si 
done on ne se fiait qu'a son travail, on ne poiirrait 
remonter au dela du vii" si^cle, tandis qu'en r^alite les 
apologues qu'il cite sont tires de traductions chinoises qui 
furent faites au iii", au iv" et au V siijcles de notre ere. En 
second lieu, les cent vingt-six textes fort courts rassembl^s 
par Julien ne sont qu'une infime portion de la masse 
enorme de fables et de contes que renferme le Tripitaka 
chinois et il serait aise de centupler ce nombre. Enfin le 
progr^s des etudes de folklore d'une part, et, d'aulre part, 
le developpement de nos connaissances sur la litterature 
et I'archeologie de Tlnde nous permettent maintenant de 
mieux apprecier les renseignements de toutes sortes que 
peut nous fournir le prodigieux tresor de recits tradition- 
nels dontle Bonddhisme s'estfait le depositaire. A tous ces 
points de vue ii parait indispensable de reprendre I'oeuvre 
de Stanislas Julien sur des bases plus larges et plus 
fermes. 

On a commence, dans ces derni6res annees, a tenter 
cette entreprise. En 1896, Sylvain Levi d^couvrait dans des 
contes, qui sont d'origine indienne mais qui ne nous ont 
ete conserves qne par des traductions chinoises, des infor- 
mations precieuses sur le plus c6l6bre des rois dits indo- 
scythes, Kani^ka'; en 1903, ce m^me savant discernait 
dans une version chinoise du Dacaratha jMtaka les elements 
de la I6gende 6pique qui fait le fond du RAmAyana*. En 
1904, Edouard Huber publiait dans le Bulletin de I'Ecole 
francaise d'Extr^me Orient' un article ou il abordait avec 
une science tres informee I'examen de divers contes qui 

1. Sylvain L^vi, Notes sur les Indo-Scythes [Jouroul asiatiqae, nov-dAc. 
18%, p. 444-485). 

2. Sylvaia L^vi, La Ugende de Rama dans un Avad&na ehinois (Album 
Kern, Lcide, 1903). 

3. Kiiouunl Hubcr, Etudes de littSrature bouddhique (BEFEO., t. lY, 
juil.'scpt. 1904, p. 698-726). 



86 congrEs international des orientalistes 

projettent une lumiere inattendue sur les origines du 
Divy^vad^na; il tirait d'un ouvrage traduit en chinois au 
III* siecle I'histoire du tresor du roi Rhampsinite telle a 
peu pres qu'Herodote I'avait autrefois entendu raconter en 
Egypte ; il signalait une redaction plus complete de la 
legende de R&ma. En 1904 egalement, F. W. K. Miiller a 
public', d'apr^s \e Po yu king (492 ap. J.-C), wne anecdote 
qui se retrouve, au xi« siecle de notre ere, dans la littera- 
turejaina etqui afournila mati^re d'une poesie de Goethe. 
Je m'occupe moi-m^me, depuis quelques annees, de 
traduire des fables et des contes extraits du Tripitaka 
chinois; j'ai fait une communication a la Societe Asiatique 
sur les premiers resultats de ces recherches dans la 
seance du 9 Janvier 1903^; je me propose maintenant de 
presenter ici, a titre de specimen, une trentaine de textes 
qui figureront prochainement dans une publication plus 
considerable; les recits dont j'ai fait choix sont ceux qui 
peuvent donner lieu a des rapprochements avec le folklore 
d'autres regions et d'autres epoques; d'origine et de date 
certaines, ils nous permettent d'affirmer que tel conte 
existait en Inde anterieurement a tel siecle; ils nous 
fournissent ainsi dans le temps et dans I'espace, des 
points de repfere inebranlables qui aideront a constituer 
la science historique de la migration des fables'. 

1. F. W. K. Miiller, Die Kuchenwette (T'oung pao, 1904, p. 597-600). 

2. Journal Asiatique, janv.-f^v. 1903, p. 152. 

3. Les fables et les contes que nous allons traduire ont deja, pour la 
plupart, (5te I'objet de recherches fort nombreuses ; je me bornerai dans 
mes notes, a indiquer brievement les rapprochements les plus importants, 
et a renvoyer pour plus de details aux remarquables travaux bibiiogra- 
phiques de M. Rene Basset [Notes du Loqmdn berhere (1890), des Four- 
herifls de Si Djeh'a (1892), des Contes berberea (1887) et Nouveaux contes 
herberes (1897) J et de M. Victor Chauvin [Bibliographic arabe]. 



CrNQUltlME SECTION 81 



r 



Autrefois il y avait un homme entre deux Ages* qui 
possedait deux epouses. Etant all6 chez la plus jeune, 
celln-ci lui dit : « Je suis jeune et vous Ates vieux ; je n'ai 
pas de plaisir k demeurer (avec vous) : il vous iaut aller 
habiter chez votre Spouse dg6e. » (Pour pouvoir rester), 
son m&ri s'arracha ses cheveux blancs. Etant alle (ensuite) 
chez son epouse dgee, celle-ci lui dit : « Je suis vieille et 
ma t6te est blanche ; il vous faut enlever les cheveux 
noirs que vous avez sur la t6te. » II enleva done ses 

1. Ce texte se trouve dans le chap, xuv du King luyi siang (Tripifaka 
de T6ky6, XXXVI, fasc. 4, p. 62 r"). Le King lu yi siang {Bunyia Nanjio, 
Catalogue, n* 1473) fut publid en I'annde 516; mais il n'est qu'une com- 
pilutioa d'ouvrages antdrieurs dont il indique fort heoreusement les 
litres; c'est ainsi que nous apprenons que le present texte est tird d'un 

livre aujourd'hui perdu, le Pi yu king en dix cbapitres "T ^a mt PH 

/rSc , qui fut public, sous le regne de I'empereur Tch'eng (326-342 ap. 

J.-C.) de la dynastie des Tsin orientaux, par le Sogdien Fo'souei ^^ lA 

j^ (voypz le catalogue du Li tai san pao ki, Trip, de T6kyd, XXXV, 
fasc. 6, p. 47 v'). 

Cf. tsope, fab. 56 et 56 b de I'^dition Halm(Teubner. 1852); Phedre, II, 
2 ; Anwari et Houmayoikn nam6h ; La Fontaine : L'homme entre deux dges 
et ses deux mattresses (liv. I, fab. 17) ; — Bibliographie de Rdgnier {^La 
Fontaine, 1. 1, p. 109-111); la lievue des Trad. pop. IV, 327-328: Chaurin 
{Bibliographie, t. II, p. 128). — Benfey {Pantschatantra, yoI. II, p. 552) 
rapproche de cette fable un des Avadanas traduita par Julien (les Ava- 
ddnas, t. II p. 138-139); mais, I'analogie est fort lointaine, tandis que le 
texte que nousdonnons ici est etroitement apparent^ a la (able (^sopique. 

2. L'cdition de Cor6e,que suit I'ddition de T6ky6, pr^sente la lecon 1^ 

rM ^fk , qui me parait itre un Equivalent, d'ailleur* aasez obscur, de 
rexpi-cssiou « entre deux ages ». Len trois tcxtes des Song, des Yuan et 

des Ming nous ofTrcnt la lefon Ti rVt ^^ » faisant deux metiers », c« 
qui n*a aucun rapport avec le sujet de la fable. 



88 C0NGR£S international DES ORIENTALISTES 

cheveux noirs pour 6tre blanc. Gomme il repetait inces- 
samment ce manage, sa t^te devint enti^rement chauve ; 
ses deux epouses le trouv6rent alors affreux et toutes 
deux le quitterent. 

(Get homme), dans les temps passes, avait ete un chien 
qui vivait entre deux temples dont I'un etait k Test de la 
riviere et I'autre a I'ouest. Quand le chien entendait le 
son de la ghanU, il allait aussitot (dans le temple ou on 
Tavait frappee) pour y obtenir de la nourriture. Or, un 
jour, les deux temples firent resonner simultanement la 
plaque sonore ; le chien se jeta a la nage dans la riviere pour 
la traverser ; mais, quand il voulait aller a I'ouest, il crai- 
gnait que la nourriture du temple de Test ne fut meilleure; 
quand il allait vers Test, il craignait derechef que la 
nourriture du temple de I'ouest ne fiit meilleure; en hesi- 
tant ainsi, il finit par perir noye dans la riviere. 



11^ 

Autrefois, au bord d'un etang A-lienjo W W ^ 
(^ranya)*, il y avait deux oies sauvages qui avaient contracte 

1. Extrait du Mi cha sai pou ho hi wou fen lu (Trip, de T6ky6, XVI, 
fasc. 2, p. 48 r"), traduit en 423-424 ap. J.-C. (Bunyiu Nanjio, Catalogue, 
n" 1122). — Ce texte a ete deja signale par Julien [Les Avaddnas, t. I, p. 
71-73). Nousle reproduisons cependant ici pour qu'on puisse le comparer 
plus aisement a la variante que nous donnons ci-dessous (n» III) ; on 
remarquera d'ailleurs que Julien s'est borne a indiquer comme source de 
ceUe fable le Fayuantchou Un, tandis que, en la retrouvantdans le Wou 
fen lu, nous la reportons a pres de deux siecles et demi avant I'annee 668, 
date ou fut public le Fa yuan tchou Un. 

Cf, Kacchapa jutaka (Rhys Davids, Buddhist birth stories p. viir-xi. 
V. Henry : Les Litteratures de I'lnde, Paris, 1904, p. 104-106); Panca- 
tantra (Benfey, t. II, p. 90) ; Kalilah (Bickell, p. 24, Altai et Riabnine, p. 90) ; 
La Fontaine, La tortue et les deux canards (liv. X, fab. 3); Bibliogra- 
phic par Lancereau (Hitopadesa, edition de 1882, p. 348-341), Regnier 
{La Fontaine, t. Ill, p. 12), Chauvin [Bibliographic, vol. II, p. 90). 

2. C.-a-d., un ^tang dans la fordt. 



CINQUiKMK SECTION 89 

line etroite amiti^avec une tortue. Quelques temps apr^s, 
Teau de l*4tang se dess^cha. Les deux oies sauvages 
(irent entre elles celte deliberation : « Maintenant I'eau de 
cet etang est dessechee; noire amie va sans doute endurer 
de grandes souffrances ». Leur deliberation etant finie, 
elles dirent h la tortue : « L'eau de cet 6tangest dess^ch^e 
et vous n'avez aiicun moyen de salut; il vous faut prendre 
dans votre boiiche un b&ton dont chacune de nous tiendra 
une extremite dans son bee et nous irons vous deposer 
dans un endroit oii il y a beaucoup d'eau. Tant que vous 
tiendrez dans votre bouche le bAton, ayez soin de ne 
point parler ». Aussitot done elles I'emportdrent avec leur 
bec;comme elles passaient au-dessus d'un village, tous 
les petits garcons s'ecrierent en los voyant : « Des oies 
sauvages emportent une tortue avec leur bee! des oies 
sauvages emportent une tortue avec leur bee! » La tortue 
irritee leur dit : « En quoi cela vous regarde-t-il? » Mais 
aussitot elle Iftcha le baton, tomba a terre et mourut. Alors 
I'Honore du Monde prononca a cette occasion les g^th&s 
suivantes : 

«Les hommesqui viennent a la vie — ont dans la bouche 
une hache; — ce par quoi ils tranchent leur propre 
corps, — c'est par leurs mauvaises paroles; — ce qu'il 
faut condamner, au contraire ils le louent; — ce qu'il faut 
louer, au contraire ils le condamnent; •— ils en recoivent 
une peine appropriee, — et n'ont plus jamais aucune joie. 

— Si on dispute pour des questions d'argent ou d'interAt, 

— le mal n'est pas encore bien grand ; — mais le mauvais 
coeur qui se tourne contre le Buddha, — celui-la coramet 
une grande fautc. — D'a-feou (arbuda), il y a descentaines 
et des milliers'; — les ni^lo (niraya) sont au nombre de 

1. r»v nr ^ H "I , Le terme Afeou rn rr est ^videmment 

identiquc au terme Ngan-feou t'o v| rX* WS (arbada) qui ddtigne le 
premier des huit grands enfcrs froids (cf. le dictionoaire San is'ang fa 
chou, a I'exprcssioD « huit cofers froids » et la note de Laadressc dans 



90 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

trente-six* ; — ceux qui tournent de mauvaises pensees 
centre un homme saint — doivent tomber dans ces enfers. » 



IIP 



Autrefois il y avait une tortue qui se trouva en un temps 
de secheresse ; les lacs et les marais furent mis a sec et elle 
ne pouvait d'elle-m6me se rendre dans un endroit ou elle 
a u rait a manger. Or une grande grue vint se poser a cote 
d'elle. La tortue implora sa pitie et la supplia delasauver. 
La grue la saisit dans son bee ; en volant, elle passa 
au-dessus d'une ville ; la tortue ne garda pas le silence et 
lui demanda : « Qu'est ceci? Qu'est cela? » et ainsi de suite 
sans s'arrfeter. La grue alors voulutlui repondre ; mais son 
bee s'ouvrit et la tortue tomba alors sur la terre. Des 
gens la prirent, la tu6rent, la depec^rent et la mangerent. 
Aux hommes stupides et sans reflexion qui ne veillent pas 
sur leur bouche et sur leur langue s'applique cet apologue. 

le Foe koue ki de Remusat, p. 299). — Les centaines et les milliers qui 
sont mis ici en connexion avec le terme a-feou d6signent peut-etre les 
annees qu'il faut passer en enfer; en efFet, comrae I'a montre Feer 
[Journ. As., sept. oct. 1592, p. 220), les huit enfers froids n'avaient pas 
a I'origine d'existence propre; leurs noms designent simplement des 
nombres d'annees a passer en enfer. 

1. PCi W^ — ' I ^"^ . Ni-lo (niraya) est un terme gen^rique desi- 
gnant les eniers ; mais le nombre de trente-six dont il est question ici ne 
correspond pas aux listes d'enfers qui nous sont connues par les diction- 
naires numeriques. Le San ts'ang fa chou compte 8 enfers cbauds et 
8 enfers froids, soit en tout 16 grands enfers. En outre chacun de ces 
enters comprend lui m^me 16 etages ou enfers secondaires qui sontsuc- 
cessivement parcourus par les damnes ; en tout il y a done 16 fois 16 en- 
fers secondaires, soit 236. 

2. Variante du pr6c^dent. — Extrait du Kieou tsa pi yu king (Trip, de 
T6ky6, XIX, fasc. 7, p. 23 v°), traduit en 251 ap. J.-C. par Seng'houei, dont 
la iamilleetait originairedelaSogdiane(6unyiuNanjio, Catalogue, n'1359 
et appendice II, n' 21). — La fable csopique de la Tortue et de I'Aigle 
offre quelque analogie avec cette variante, mais la morale y est tout autre. 



CINQUi^MK SECTION 91 



IV' 



Dans les temps passes, ily eut un teinturierchauve qui, 
avec son fils, emporta des v^tements et sc rendit au bord 
de I'eau. Quand il eut lav6 les vdtements, il les pressa, les 
tordit, les secha au soleil, lesroula, les plia et les mit dans 
un sac qu'il prit pour s'en retourner par la m^me route. 11 
faisaitalors tres chaud et ses yeux s'obscurcissaient; sur 
la route il vit un arbre ; il prit alors son sac de vStements 
comme oreiller pour sa t^te et s'endormit au pied (de 
I'arbre). Or un moustique vint boire le sang de sa t6te ; le 
fils, Tayant apercu, le regarda avec colere et concut cette 
pensee : « Mon p6re, accable de fatigue, est couche 
endormi. Ce moustique, m^chant esclave, pourquoi vient- 
il boire le sang de mon pere? » Aussitot, prenant un 
grand bftton, il voulut en frapper le moustique. Le mous- 
tique partit en volant; le bAton atteignit la t6te du p6re qui 
mourut sur le champ. 

Alors le dieu de cet arbre prononca une gdthd en ces 
termes : « Mieux vaut 6tre Tennemi d'un sage, — que d'etre 
I'ami d'un homme inintelligent; — quand le sot voulut 
rendre service a son pere en faisant du mal au moustique, 
— le moustique partit et, quant a lui, il cassa la t^te de 
son p6re ». 

1. Extraitdu(7Ae*o/i^/«(Trip. deT6ky6, XVI, fasc. 7, p. 16r*), traduit 
CM 404 ap. J.-C. par Punyataraet Kumarajiva (Buniyu Nanjio, Catalogut^ 
11- 1115). 

Pniu'^atantra (Benfey, t. II, p. 154-155); Anwiri; La Fonlaioe, L'ours 
et lamnteur des jardins (liv. VIII, fab. lU). — Bibliograpbie par Rd^nier 
(La fontfiine, t. II, p. 25fi-263), Rene Basset (Si Djeh'a, p. 57-58), ChauTio 
(t. II, p. 118). — Schiefner a traduit du Kandjour Tibdtain an r^cU qai 
reunit ce textc u la premiere partie de celui que nous donnons ci-apr«s 
(n* V) (cf. Benfey, PanUchatantra, vol. II, p. 539). 



92 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 



Dans le royaume de Cho-wei (r]r&vasti)* il y avait un 
homme Sge qui avait perdu de bonne heure sa femme et 
qui demeurait seul avec son fils ; il etait pauvre et ne 
possedait aucun bien; s'etant apercu de I'impermanence 
des choses de ce monde, il entra en religion a la suite du 
Buddha ; son fils, qui etait encore jeune, devint de son 
cote cramanera. Un jour que lui et son p6re etaient alles 
ensemble mendier leur nourriture, ils durent revenir a 
Tapproche de la nuit; le pere marchait lentement, et, 
comme le fils redoutait les b^tes venimeuses, il soutenait 
en hate son pere et le poussait pour le faire avancer sur la 
route; comme il ne le tenait pas d'une maniere ferme, en 
le poussant il fit tomber a terre son pere qui mourut 
instantanement. Le fils arriva seul a I'endroit oil se tenait 
le Buddha ; alors tous les bhiksus adresserent des reproches 
au cramanera et inform^rent le Buddha de ce qui s'etait 
pass6. Le Buddha dit : « Quoique ce maitre soit mort, ce 
n'est pas par mauvaise intention (qu'on I'a tue) », II 
demanda au cramanera ; « Avez-vous tue votre maitre? » 
L'autre repondit : « Je I'ai en effet pousse, mais ce n'etait 
pas avec une mauvaise intention ». Le Buddha reprit : « Je 
sais que votre coeur n'a paseu de mauvaise intention. Dans 
les generations anciennes, il en a ete de merae, et sans 
mauvaise intention Tun de vous a tue l'autre. Autrefois un 
pere et son fils demeuraient ensemble dans le m6me 
endroit ; un jour le pere qui etait devenu graveraent 
malade^ s'etait endormi; une multitude de petites mouches 

1. Variante du prdc^dent. — Extrait du Bien yu king (Trip.de Tokyo, 
XIV, fasc. 9, p. 58 r» et v"), traduit en 445 ap, J.-C. (Bunyiu Nanjio, 
Catalogue, n° 1322). Nous avons fait notre propre traduction d'apres le 
texte legerement abregd qui se trouve dans le King lu yi siang (Trip, de 
T6ky6, XXXVI, fasc. 3, p. 56 ro). 

2. Je n'indique pas les caract^res chinois lorsque I'idenliflcation ne 
laisse place a aucun doute. 



cinquiCne secTioif n 

venaient souvent le tourmenter; le p6re ordonna h son file 
d'emp&cher ces mouches(de venir), esperantainsi pouvoir 
dormir en paix ; le fils deploya done toute son activite pour 
arrfiter les mouches, mais elles venaient incessamment; il 
s'en irrita et prit en main un grand b&ton avec lequel il 
epiait les mouches pour les tuer; une foule de petites 
mouches etant venues a I'envi se rassembler sur le front 
de son pere, il les frappa de son bAton et son p6re aussitot 
mourut. Gelui qui alors otait le pere, c'est ce cramanera ; 
celui qui en ce temps etait le fils, c'est le bhik^u qui est 
mort. » — Comme ce n'etait pas par mauvais sentiment ni 
dans une mauvaise intention, ni expres que le cramanera 
avaittu6 (son p^re), il put, en se livrant avec ardeur et 
sans rel^che a la prati({ue (de la vertu), obtenir la sagesse 
d'arhat. 



vr 

Autrefois le Bodhisattva etait un roi des petits oiseaux ; 
son coeur aflectueux secourait tons les t^tres et etait plus 
devoue encore qu'une m^re aimante;quand ilavait piti^des 
difficultes et des soufTrances d'autrui, ses sentiments 
elaienl semblables a ceux de I'homme qui se separe pour 
toujours de ses parents; quand il voyait la foule des 6tres 
accepter les ordresdela sagesse, ils'en rejouissait comme 
d'une satisfaction j)ersonnelle ; en cherissant les 6tres et en 
leur faisant du bien, il etait aussi (empresse) que s'il eiit 
protege une blessure sur son propre corps. — Un tigre 
devorait un animal lorsqu'un os r^sista a ses dents; 

1. Extrait du Lieoii tou tsi king (Trip, de 'lVNky6, VI. fa»c. 5, p. 72 ▼•), 
traduit entrc 2i0 ct 280 ap. J.-C. par Seriff-houei (Buoyiu Nanjio, Cata- 
logue, n" 143; iiuus uvods doja cite, p. 90, a* 2, Seng'kouei comme 
Tauleur de la traductiuii du Kieoti tsa pi yu king). 

Cr JaUkan* 308; Esopc, fab. 276 et 276 6; Ph^dre, 1,8; La Poulaiac, 
Le hup ct la cigogne (liv. Ill, fab. 9) ; — Bibliograpbie par R^gnicr {La 
fontaine, t. I, p. 228 230) ; Chauvin (Bibliographies t. Ill, p. 69). 



i 



94 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORlENTALISTES 

il en ressentit de grandes souffrances et fut pres de 
mourir. Le petit oiseau, voyant ce qui etait arrive, en 
concut de I'affliction et dit : « Tous les Buddhas ont 
considere que le fait de se nourrir (d'etre doues de vie) 
etait un mal; ils ont eu bien raison ». II entra dans la 
gueule (du tigre) et y piqua I'os avec son bee; chaque jour 
il r^peta ce manage; la bouche du petit oiseau devint 
ulceree et son corps maigrit. (Enfin) I'os sortit et le tigre 
fut soulage. Le petit oiseau s'envola sur un arbre et pro- 
nonca des paroles deslivres saints bouddhiques en disant : 
« Tuer est une action perverse; il n'y a pas de raalquisoit 
plus grand ; si I'autre (animal) vous avait tue vous-m6me, 
auriez-vous ete content? Aimer les autres comme soi- 
m^me, telle est la mesure qu'il faut appliquer aux autres. 
Alors vous aurez une bonte (aussi grande que) celle du ciel 
printanier; quand celui qui est bon repand universellement 
son affection, le bonheur le recompense comme I'echo 
repond au son; quand lemechantnuit a la foule des 6tres, 
lemalheur s'ensuit comme I'ombre accompagne(le corps). 
Meditez mes paroles. » Le tigre, entendant que le petit 
oiseau lui donnaitdes avertissements, lui dit brusquement 
avec irritation : « Vous venez de vous echapper de ma 
gueule el vous osez faire de longs discours! » Le petit 
oiseau, voyant qu'il ne pouvait ^tre converti, eut compas- 
sion de lui avec chagrin; il partit alors en s'envolant 
promptement. 



VII* 

Alors I'Honore du Monde dit a Mou-lien (Maudga- 
lyAyana) : ce Bodhisattva Yong-tche -^ ^ , au temps du 
Buddha Kouang-ming 7L W etait un roi lion ; moi, 

1. Varianle du precedent. — Extrait du P'ou saying lo king (Trip, dc 
Tokyo, V, fasc. i, p. 76 t°), traduit en 376 ap. J.-C. (Bunyiu Nanjio, 
Catalogue, n» 445 et Appendice II, a° 58). 



CINQUl£ME SECTION tt 

j'etais un brahmacdrin qui tenait une conduite pure. Un 
jour, ce roi lion, au point du jour, se dressa immobile sans 
qu'aucune des six parties (de son^tre) bougedt; puis, d'un 
brusque elan de tout son corps, il poussa un grand rugis- 
sement semblable au tonnerre; les animaux qui marchent 
se tapirent; les oiseaux qui volent tomb6rent a terre. 
Ensuite il se rendit dans Timmensito d^serte parmi les 
montagnes et les marais; il allait en qu^te par la region, 
cherchant les bdtes de toutes sortes; il rencontra un roi 
elephant, le tua et le d^vora; un os de la hanche s'arr^la 
dans son gosier et il se trouva entre la vie et la mort. Or 
un petit oiseau des arbres' etait devant le lion, occupy k 
rechercher de menus vers mous dont il se nourrissait. Le 
lion, la gueule grande ouverle, lui dit : «< Si vous pouvez 
me retirer cet os, quand par la suite je Irouverai a manger, 
je saurai vous recompenser de votre bienfait ». Ayant 
entendu ces paroles, le petit oiseau des arbres entra dans 
sa gueule, tira sur Tos de toutes ses forces et reussit a 
I'enlever. Quelques jours plus tard, ce roi lion, en cher- 
chant sa nourriture, fit un grand carnage d'animaux; le 
petit oiseau des arbres qui 6tait auprcs de lui, lui demanda 
quelque don benevole. Le lion ne lui repondit pas. Le 
Buddha dit k Maudgaly^yana : le roi lion repondit alors au 
petit oiseau des arbres par ces gAthAs : 

« Je suis un roi lion ; — le meurtre est mon occupation 
hereditaire; — je devore de la chair et j'en bois le sang: 
— ce sontU mesfestinshabituels; — n'avez-vousdonc pas 
reflechi — qu'en vous laissant echapper au peril de mes 
grifFes et de mes dents — et en vous permettant au 
conlraire de sortir de ma gueule, — je vous ai fait U un 
bienfait qu'on ne saurait oublier? » 

t. A^ ^S> . Dans le Jataka, dit M. Rarth {Journal des savants^ 
\\W.\, p. (j(>t, DO 2) « lea deux acleurs sont ua liou et un oiseau que Ic 
texte pali qualifie de rukkhakottha • qui se manage un greoier de prori- 
sions au croux des arbres j», ou, d'apr^s uac autre lefOD, rukkhakottakm 
<n charpentier ». Les deux lemons coavienueat dgalemeot pour le pic. » 



96 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Le petit oiseau des arbres repondit a son tour au lion 
par ces gAth^is : 

« Bien que je ne sois qu'un petit oiseau — et qu'en verite 
il ne faille pas faire grand cas de ma mort, — cependant, 6 
roi, vous ne songez pas au service que je vous ai rendu — 
et vous violez vous-m^me I'engagement solennel que vous 
aviez prononce. — Si vous pouvez 6tre quelque peu gene- 
reux envers moi, — et si je suis de votre part I'objet de 
quelque bienveillance, — jusqu'a la fin de mes jours je ne 
regretterai jamais (de vous avoir aide) — et je ne me 
permettrai pas de vous critiquer. » 

En de6nitive cependant le roi lion ne reconnut pas le 
service qui lui avait ete rendu; il laissa la le petit oiseau 
et s'en alia. Le petit oiseau des arbres songea : « Je lui ai 
rendu un service d'une extreme importance et voici qu'au 
contraire il me traite avec mepris; je veux maintenant 
suivre par derriere et epier avec soin le lion; si je ne 
parviens pas a me venger, je ne veux plus vivre dans ce 
monde ». Ainsi de lieu en lieu et de place en place il ne 
s'ecartait plus de lui. Une fois encore le roi lion fit un 
grand carnage d'animaux et se mit a devorer goulument ; 
quand il fut rassasie, il s'endormit, car il (croyait) n'avoir 
rien a craindre. Alors le petit oiseau des arbres accourut 
en volant aupres du lion, se percha sur son front et, de 
toute sa force, lui creva un oeil a coups de bee. Le lion se 
dressa terrific en regardant a gauche et a droite, mais il ne 
vit aucun animal, sinon le petit oiseau des arbres qui etait 
seul sur un arbre. Le roi lion lui demanda : « Pour quelle 
raison maintenant m'avez-vous creve un oeil? » Le petit 
oiseau des arbres repondit alors par ces g^th^s au roi 
lion : 

« Le service important que je vous avais rendu, vous 
n'avez pas su lereconnaitre, — mais au contraire vous avez 
concu des sentiments de haine; — maintenant en vous 
laissant un oeil, — je vous ai fait un bienfait qu'on ne 
saurait oublier. — Quoique vous soyez un roi parmi les 
les animaux, — dans vos actions vous ne deviez pas vous 



r,iNQUi(:Me section n 

parjurer. — Qu'i partir de maintenant chacun de nous 
reste tranquillc — et qu'aucun de nous n'ail de cause de 
ressentiment contre Tautre ». 



VIII' 

Autrefois, au detour dune riviere se trouvaient deux 
ioutres; elles prirent dans la riviere une grande carpe, 
mais, comme elles ne pouvaient se la partager, ces deux 
Ioutres, se tenant Tune devant I'autre, la gardaient. Or un 
chacal vint la dans I'intention de boire de Teau; il les vit 
et leur dit : « Mes neveux, que faites-vous la ? » Les Ioutres 
lui repondirent : " Oncle, dans ce detour de la riviere, 
nous avons pris cette carpe, mais nous ne pouvons pas la 
partager; pouvez-vous la partager? » Le chacal dit qu'il le 
pouvait [ici, il doit prononcer une gdthdj. Le chacal fit 
trois parts, puis il demanda aux Ioutres : « Laquelle de 
vous aime entrer dans I'eau peu profonde? » Elles repon- 
dirent : « C'est cette loutre-ci ». « Laquelle (dit-il encore) 
pent entrer dans I'eau profonde ? » Elles repondirent : 
« C'est cette loutre-la. » Le chacal dit : « Ecoutez la gdthA 
que je vais prononcer : 

« Cellequientre dansTeau peu profonde, ilfaut lui donner 
la queue; — celle qui entre dans I'eau profonde, il faut lui 
donner la tSte; — quant a la partie charnue du milieu du 
corps, — il faut la donner a celui qui a juge. » 

1. Exlrait du Che song lit (Trip, de T6kyd, XVI, fa»c. 'i, p. 74 r«), 
traduit en 404 ap. J.-C. (Buuyiu Niinjio, Catalogue, no 1115). — Ce lextf 
correspond au Dabbhapuppha jataka (n° 400), qui est rcprt^seot^ sur les 
bas-relicis du alikpa de Bbarbul (Cunnini^ham, The stiipa of Bharkut, 
pi. XLVI, 2), comme I'a reconnu S. J. Warren {Tuo bas-reUefa of the 
stiipti of Bharhiit, Leyde, 1890). — Schicfncr a traduit du tilMStain une 
version qui se rapprocbe beaucoup de la noire {Die heiden Fixckottern 
Htid Her Schakal, «lans le» Melanges Astatiifties extraits du ItuHetin dc 
lAcad. Imp. dcs Sciences de Saint relersbourg. vol. VIII, p. 102-lOi). — 
La morale dc cct apologue est la m£me que cclle de la fable de La Foa- 
taine : Vhuitre et les plaideurs (liv. IX, fab. 9). 

I r 



98 CONGRfiS INTERNATIO-NAL DES ORIEISTALISTES 

Le chacal ayant dans sa gueule le corps du poisson, sa 
femelle vint et lui posa une question par cette gkih^ : 

« De quel endroit venez-vous portant cela dans votre 
gueule? — la bouche pleine, est-ce dans la riviere que 
vous avez, trouve — ce (poisson) sans tete et sans queue, 
— ce manger de bonne chair de carpe? » 

Le chacal mSle lui repondit par cette gath^ : 

« Quand des hommes se querellent et se disputent, — 
etqu'ils ne savent pas comment trancher le debat, — celui 
qui peut trancher le debat, — comme le magistrat, le 
tresor est ce qu'il obtient; — une carpe sans tete et sans 
queue, — c'est ainsi que je I'ai obtenue pour la manger ». 



1X» 

Dans les generations passees, non loin du pied des 
montagnes neigeuses, re&idait un lion roi des animaux; il 
etait le souverain de cinq cents lions. Plus tard, ce roi 
lion, etant devenu vieux, tomba malade, maigrit et ses 
yeux s'obscurcirent; comme il marchait en avant de la 
troupe des lions, il tomba dans un puits tari. Les cinq 
cents lions s'en allerent tous en I'abandonnant. En ce 
temps, non loin du puits tari etait un thacal; voyant le 
roi lion, il concut cette pensee : « Si j'ai pu demeurer dans 
cette fordt, y vivre en paix et manger de la viande a satiete, 
c'est au roi lion que je le dois. Maintenant, le roi lion est 
tombe dans un endroit perilleux; comment devrai-je 
reconnaitre ses bienfaits? » Or, a cote de ce puits etait 
I'eau courante d'un canal; le chacal, de sa gueule et deses 
pieds, fit penetrer I'eau dans le puits ; il laissa Teau remplir 
le puits; le lion surnagea et sortit. Alors le dieu de cette 
for^t prononca une stance en ces termes : 

1. Exirait du Che song lu (Trip, de T6ky«'), XVI, fasc. 5, p. 36 vo), tra- 
duit en 404 ap. J.-C. La morale est ici la inetne que daus la fable de La 
Konlaine : Ae lion et le rat (liv. II, tab. 1 1). Cf.aussi dans le Paiicatantra : 
Les elephants et les souris (Benfey, t. II, p. 208-210). 



CINQClEME SKCTIOK 99 

« (Jiiel(jiie fort el vaillantqu'on soit |)i^iMMiu«;lleinent, — 
il importe d'avoir pour ami iin <^lr« laible : — c'cst le 
petit chacal qui put sauver — le roi lion du danger du 
puits. u 



X' 

Le Buddha se Irouvait k Lo-yue (R&jagiha) dans le 
jardin de bambous de Jeta; il y avait alors (|uatre freres, 
issus d'un personnage de haute caste, qui avaient perdu 
de bonne heure leur p6re et leur m6re et qui se dispu- 
taient la possession de Theritage ; ils apercurent Cho-li-fou 
(CAriputra), et, tout joyeux, lui demandcsrent : « Nous 
souhaitons que vous prononciez sur ce cas et ensuitenous 
ne nous disputerons plus. « Cho-li-fou (C^^riputra) leur 
dit : « Fort bien; j'ai un grand maitre, le Huddha, qui est 
plus digne d'honneur que n'importe qui dans les trois 
mondes. Suivez-moi et revenons a I'endroit ou se trouve 
le Buddha; certainement vous obtiendrez la solution (de 
votre difTerend). » lis suivirentdonc r7/o-//-/bM (Ciriputra) 
et revinrent avec lui. Le Buddha, voyantde loin cesquatre 
hommes, se prit a rire en 6mettant un eclat des cinq 
coulcurs. Les quatre hommes rendirent hommage au 

1. Extrail du King lit W siang (Trip, de T6ky6, XXXVI, fasc. 3, p. 32 
\ '), loinpile cii 516 (cl", p. 87, n, 1). — Ce r«5rit rurmait autrefois un »illra 
|i.irticuHcr counu sous Ic iioiii de » sAtra do I'apulogue snr lo roi HVi 

,.:,„ 0, Ic laU de lio-pc . fS # I eiB -f-ft « "Bi «. U. 

si'iira tut traduit en chinois d^s la premiere moitt6 du troisicmc siecle 

-+• ^ 

(le uotre ^re par rindoscylbe Kien >v tHN (of. hi tai san pao ki, dans 

Trip, de T.McyO., XXXV, 6, p. 37 r», «ol. 10). 

Dans le I.oqinan l)erbere (p. 131-132), M. Ueud Basssel a fait la biblio- 
I aphie de la fable cdlibrc et U'i» ancicnnc qui existait en Egyple ct qui 
iii;ure dans La Fontaine sous le litre : Les membres et I'tstomac. Le 
route ilont nous donnons ii*.i la traductiuu ne rcssembie a relle fablo que 
(I. ins la niesure oil il prouve rutilile tie la roncordc cntrf* les honinies 
p.ir la ueocssite dc I'uniou entrc les menibres d'un nidmc eorps. 



100 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENT ALISTES 

Buddha et lui dirent : « Nous sommes stupides ; nous 
souhaitons que le Buddha prononce une parole decisive 
afin que nous ne nous disputions plus. » 

(Le Buddha leur dit :) « Autrefois il y avait un roi nomme 

Wei-leou fP ^ ; son corps souffrant d'une maladie, il fit 
venir un medecin qui Pexamina et (prescrivit) de composer 
une drogue pour laquelle il fallait employer du lait de 
lionne. Le roi adressa aussitot un appel (a son peuple, en 
disant que), si quelqu'un se procurait (de ce lait), il lui 
donnerait la moitie de son territoire et lui ferait epouser 
sa plus jeune fille. 11 y eut alors un pauvre homme qui 
declara : « Je suis capable de men procurer. » Le roi 
Tayant autorise (a tenter I'entreprise), cet homme qui etait 
habile et ingenieux, commenca par rechercher I'endroit 
oil se tenait la lionne, puis, avec un mouton qu'il avait tue 
et plusieurs dizaines de boisseaux de vin de raisin, il se 
rendit dans cette montagne; il epia le moment oil la lionne 
etait sortie et deposa dans son repaire le mouton tue aiosi 
que le vin de raisin. (A son retour), la lionne vit le vin et 
la chair; elle se mit a boire et a manger et s'endormit 
corapl6tement ivre. (Notre homme aussitot) s'avanca, lui 
tira du lait et s'enrevinttout joyeux. Avant qu'il futrevenu 
dans son pays, comme le soir etait venu, il s'arr^la pour 
la nuit dans un village. Or un arhat s'y etait aussi arrete 
pour la nuit et se trouva passer la nuit en compagnie de cet 
homme. Celui-ci, en poursuivant la lionne, avait parcouru 
un chemin difficile; il s'etait endormi le corps epuise et il 
n'avait plus du tout sa connaissance. Le religieux apercut 
les six organes* de son corps qui contestaient entre eux 
sur leurs merites respectifs; le genie des pieds disait : 
« C'est gr^ce a moi qu'on est arrive jusqu'ici et qu'on a 
« pris le lait. » Le genie des mains disait a son tour : « C'est 
« grAceanous, les mains, qu'on a tire le lait. » Le genie des 
yeux disail aussi : « C'est gri\ce a moi qu'on a vu (la 
« lionne). » Le genie des oreilles disait de son cote : « C'est 

1. Dans la suite du r<Scit un ne trouve meationo^s que cinq orgaues. 



« grAce k ce que j'ai entendu le roi demander du lait que je 
« VOU8 ai amenes tous ici. » Le genie de la iangue dit alors : 
« Vous conteste/. en invoquantde vaines raisons; ce meritc 
« merevient. Maintenanl votre mort ou votrc vie depend de 
« moi. » (Le lendemain), cet homme, apportant le lait, vint 
aupr^s du roi ct lui dit : « Je me suis maintenant procure 
« du lait de lionne : il est la dehors. » Le roi dit : « Que 
« e'en soit veritablement ou non, pr6sentez-le moi. » A 
peine le roi avait-il vu le lait que la langue dit : « Ceci 
« n'est pas du lait de lionne; c'est simplementdu lait 
« d'dnesse. » Enentendant ces mots, le roifut tr6s irrite et 
dit : « Je vous avais charge de prendre du lait de lionne et 
« vous me rapportezdu lait d'Anesse. » 11 voulut done lefaire 
perir. Cependant le religieux quiavaitpass^ la nuitaupr^s 
du religieux eut alors recours k ses facultes surnaturelles 
pour arriver aussitot devant le roi ; il lui repondit : « Ceci 
« est vraiment du lait de lionne. J'ai passe la nuit dans un 
« village avec cet homme au moment (ou il venait de se le 
((procurer); j'ai vu les six parties de son corps contester 
« entre elles surleurs efforts meritoires; la langue a dit : 
« Je m'opposerai a vous. » C'est maintenant effectivement ce 
« qu'ello a fait. Que le roi prenne seulement ce lait pour le 
« m6ler a sa medecine et il guerira certainement de sa mala- 
die ». Le roi ajouta foi aux paroles de Tarhat et se servit du 
lait pour composer sa medecine ; il donna sa fille en mariage 
a cet homme et en meme temps il lui confera un territoire, 
conformement a I'engagement qu'il avait pris au debut. Le 
religieux dit au roi : <( Si (tels sont les maux qui sent 
« produits quand) les organes du corps d'un seul homme 
« sont en opposition entre eux, combien plus (graves seront 
« les maux quand la dissension se produira) entre dcs 
(( hommes differentsn. Alors celui qui s'etait procure le 
lait, ayantrecu du religieux ce bienfait, demanda a devenir 
( ramni.ia; son intelligence se denoua et il obtint la sagesse 
d'arhat; le roi aussi fut alors joyeux; il recut les cinq 
defenses et obtint la sagesse de srot:^>anna. » 

Quand les quatre hommes eurent ontondu re rdcit, leur 



102 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

intelligence so denoua ; ils implorerent aussitot dii Buddha 
(la faveur) de devenir bhiksus; le Buddha, sans rien dire, 
leur toucha la tMe de sa main : leurs cheveux tomb^rent 
et le kasAya rev^tit leur corps; leurs attachements mon- 
dains se rompirent et leurs souillures disparurent. 

Ananda demanda : « Quel merite ont eu autrefois ces 
quatre hommes pour que maintenant ils aient entendu les 
livres saints, aient aussitot ete eclaires et aient obtenu 
promptement de devenir arhat? » Le Buddha repondit : 

« Autrefois, au temps du Buddha Mo-wen ^ jX. , Chii- 
li-fou (^driputra) etait un bhiksu et ces quatre hommes 
etaient des marchands; tous ensemble firent don d'un 
kas&ya a Cho-Li-fou (CAriputra); celui-ci prononoa le voeu 
magique de faire en sorte que, dans une vie ulterieure, ces 
hommes obtinssent promptement d'etre sauves; mainte- 
nant c'est par I'entremise de ChO-li-fou (GAriputra) qu'ils 
ont en effet obtenu d'etre sauves. » 



xr 

Autrefois, dans des temps fort lointains, un eunuque 
etant mort, ses parents et ses voisins prirent son corps 
et le deposerent parmi des arbres tcKou (ailante), Sur ces 
entrefaites, un chacal* et un corbeau vinrent pour en man- 
ger la chair ; ils se mirent alors a se decerner I'un a I'autre 

1. Extrait du Cheng king (Trip, de Tokyo, XIV, fasc. 5, p. 39 r"*), tra- 
duit en 285 ap. J.-C. (Bunyiu Nanjio, Catalogue^ no 669). Cetle fable est 
apparentee au Jambu-khadnka jataka qui a ete traduit par Rhys Davids 
(Buddhist Birth Stories, p. xi-xiii). Rhys Davids considere ce jataka 
comme une forme plus ancienne [dc la fable esopiquc Le Corbeau et le 
Renard, mais il est evident que cettc opinion ne couvaincra pas ceux 
qui croient, d'une maniere gencrale, a ranteriorite des fables csopiques 
sur les jutakas; d'ailleurs le r^cit, tel que nous I'avons ici dans la version 
chinoise, ne comporte point la morale que tout flatteur vit aux d^pens de 
celui qui I'^coute. 

2. Litleraleraent un renard rongeur. II est probable que le traducteur 
cbinois a voulu designer ainsi le nhacal. 



t-.INUUlflMK SECTION 10J 

des eloges an milieu des arbres. Le corbeaii adro<;sa au 
chacal celte gAtliA : 

« Votre corps est commecelui d'un lion; — voire t^te est 
corame celle d'un ermite; — parle luisant(de voire pelage) 
voiis ressemblez a un roi des cerfs; — c'eslla perfection! 
vous files comme une belle fleur. » 

Le chacal, d'entre les arbres, le loua par celte g<AthA : 
« Qui est ce personnage venerable perche surl'arbre? — 
pour la sagesse il est de beaucoup le premier; — son 
intelligence illumine les dix regions — , comme le ferait 
un amas d'or raffing rouge' » 

Alors le corboau repondit en chantanl celte gAthd : 
« Vous files un grand lion ; — c'esl pour vous voir que je 
suis venu tout exprfis; — vous files luisanl comme un roi 
des cerfs; — c'esl la perfection; je trouve (;'» vous voir) 
profit el sagesse. » 

Le chacal repondit encore en chantanl cette gAlhA : 
« Sincfires et loyaux sont les vrais amis; — nous nous 
louons I'un I'autre avec une parfaite sincerite; — moi el 
vous, 6 amas d'or raffinfi rouge, — qu'on ne se permetle 
pas* de demander si nous nous nourrissons de ce 
(cadavre). » 

Or, non loin de Id, il y avail un grand ermite qui demeu- 
rait dans la solitude, qui agissait d'une maniere pure et 
pratiquait la sagesse; en entendantles eloges alternes que 
se decernaient Tun a I'autre le chacal et le corbeau, il 
songea : « Ces fitres de celte sorte s'exclament d tort et k 
travers sur (leurs merites) muluels; leurs paroles sont 
toutes denudes de raison et il ne s'y trouve pas un mot 
sincfire et vrai. » II les interrogea done par celte gAth:\ : 
« Depuis longtemps j'ai vu ce que vous faites ; — actuel- 
lement vous files tous deux des menteurs; — vous vous 



1. Tr<iduction hypoth^>liquc do I'oxprossion 3^ f« ^C . 

2. Je suppose que //I est mis ici pour "T^ . Les textrs du Cheng king 
8ont tr^s incorrects ot parfois totaiemeot iocoaiptHShensiblea. 



104 C0NGR£S international DES ORIENTALISTES 

cachez parmi les arbres — pour manger tous deux de la 
chair humaine. » 

Alors le corbeau irrite repondit a Termite par cette 
gatha : 

« Le lion et le paon — se nourrissent tous deux de la chair 
des animaux — qui, aupres de ce vieillard chauve et sans 
passions, — tour a tour viennent demander qu'il leur sauve 
la vie. n 

L'ermite repondit par ces g&thSs : 

« Sous les arbres tch'ou la puanteur' est extreme ; — tous 
les oiseaux la redoutent — et les troupes de cerfs n'y 
cherchent pas* un abri. — On y a depose le corps d'un 
eunuque mort — et vous, vile engeance, — vous ^tes 
venus vous reunir ici — pour vous repaitre de ce cadavre 
d'eunuque. — Gependant vous vous pretendez des per- 
sonnes superieures! » 



XII* 

Autrefois, il y a de cela des generations innombrables, 
il y avait un grand bois; parmi les arbres de ce bois, une 
chatte sauvage rodait ou demeurait immobile et se livrait 

1. Je traduis comme s'il y avait I '^^ au lieu de "^t I* . 

2. Ici encore j'admets que //I est mis pour -T* , 

3. Extrait du Cheng king (Trip, de T6ky6, XIV, fasc. 5, p. 26 r«), tra- 
duit en 285 ap. J.-C. 

Le Kukkuta jataka est represente, des leiii" siecle avanl J.-C, sur les 
bas-reliefs du stupa de Bharhut (Cunningham, The stupa of Bharhut, 
p. 77-78 et pi. XLVII, fig. 5). Cunningham rapproche ce jataka de la 
fable ^sopique intilulee ; Le Chien, le Coq et le Renard; il n'est pas 
douteux en effet que les deux recits ue soient apparentos; on reinarquera 
cependant que, dans la fable esopique et dans toutes los variantes qui en 
d^rivent (le roman de Renart, La Fontaine, II, 15, etc.), la presence d'un 
ou de plusieurs chiens est constante tandis qu'elle fait defaut dans lo 
jataka (cf. Sudre, Les sources du roman de Renart, p. 275-276), Cf. ponr 
les rapprochements, R. Basset, Contes populaires berheres, p. 146-147. 



CINQlMflMK SECTION IM 

h ses occupations. Etant restee tout tin jour sanfl manger, 
elle avait faim et avail un desir extreme de nourriturc; 
elle aperrut au sommet d'un roi des arbres un coq sau- 
vage ; (ce coq sauvage) 4tait d'une beaute remarquable; il 
agissait avec un coeur hienveillant et temoignait sa compas- 
sion a toutes les sortes d'^tres, a ceux qui rampent et k 
ceux qui marchent, k ceux qui respirent, aux hommes et 
aux btHes. Alors la chatte sauvage consul dans son coBur 
des intentions funestes et voulut mettre en peril la vie du 
coq; tout doucement elle s'approcha jusqu'a ce qu'elle fut 
sous I'arbre, puis, se servant d'expressions insinuantes, 
elle prononca celte gAthd : 

« Nospens^es restent solitaires et nous sommes s^pares 
Tun de I'autre; — je mange du poisson et vous avez un 
beau vAtement; — descendez de cet arbre jusqu*^ terre — 
et je serai votre femme. » 

Le coq sauvage repondit par cette g&thA : 
« Votre grdce a quatre pieds — et moi j'ai deux pattes ; — 
je consid^re qu'un oiseau et une chatte sauvage — ne sau- 
raient 6tre mari et femme. » 
La chatte sauvage r^pliqua par ces gdthAs : 
« Nombreux sont les lieux que j'ai parcourus, — 
royaumes et villes, provinces et districts; — raais je ne 
desire personne d'autre — et toutes mes pensees prennent 
leur plaisir en vous. — Votre corps apparait beau et bien 
fait; — votre visage est le premier de tous; — moi aussi, 
j'ai quelque agrement; — j agis en vicrge pure et chaste; 
— il nous faut ensemble nous livrer ^ lajoie — comme des 
coqs qui se promenent hors (du poulailler); — tous deux 
ayant Tun pour I'autre le m<ime amour, — ne serons-nous 
pas fort heureux? » 
Alors le coq sauvage repondit par cette gilthA : 
« Est-ce que je ne vous connais pas? — est-ce que je ne 
sais pas pour({uoi vous m'adressez cette demande? — 
Quand une afTaire n'est pas encore arrang^e dans tous ses 
details, — celui qui est sage n'en fait pas Teloge. » 

La chatte sauvage repliqua de nouveau par ces g^thAs : 



106 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTAUSTES 

« Au moment oil vous obtenez iine epouse si parf'aite, — 
au lieu (d'en Hre satisfait), vous lui frappez sur la t^te 
avec un bAton. — En ce moment la pauvrete vous tour- 
mente; — (si vous m'epousez), votre richesse sera comme 
s'il y avait eu une pluie de joyaux; — vous serez aime de 
mes parents; — vous aurez une opulence iilimitee; — 
gr^ce a une epouse cherie, — le coeur calme trouve un 
ferme appui. » 

Le coq sauvage repondit par cette g^thS : 

a Si je me decidais a vous suivre, — 6 vous dont les yeux 
verts sont comme de vilaines plaies, ~ je me verrais alors 
charge de chaines — et je serais comme enferme dans une 
prison. » 

La chatte sauvage repliqua par ces gMhas : 

{( Vous n'avez pas de sympathie pour moi — et vos paroles 
sont comme des epines acerees; — dans ces conjonctures, 
a quel moyen recourir pour vous attirer? — dans ma tris- 
tesse, il faut que j'y reflechisse. — Mon corps n'est ni 
puant ni sale; — il exhale un parfum de vertu conforme 
aux defenses; — pourquoi voulez-vous m'abandonner — 
et vous en aller au loin dans d'autres lieux? » 

Le coq sauvage repondit par cette gSthA : 

« Vous voulez m'entrainer au loin; — mechante et per- 
verse comme un serpent, — vous en assouplissez la peau 
flexible*, — et c'est ainsi que vous faites des discours? » 

La chatte sauvage repondit par cette g^tha ; 

a Descendez vite et venez ici ; — je voudrais vous temoi- 
gner quelque amitie ; — je dois aussi avertir (de notre 
mariage) mes parents et mes voisins — et en informer 
mon pere et ma mere. » 

Le coq sauvage repondit par cette gMh^ : 

« Je possede une (future) epouse qui estunejeunevierge 
— son visage est beau et ses sentiments sont excellents; 



1. Cette phrase me parait signifier : Vos paroles sontdouces et flexibles 
comme la peau d'uu serpent, mais votre nature! est aussi pervers que 
celui d'un serpent. 



— elle se conformeaux defenses el obeita la loi ; — je liii 
conserve mon affection etne veux pas me deloiirnerd'elle. » 
La chatte sauvage r^pondit par ces gftthds : 
« Ainsi VOU9 me frappez avoc iin bdton epineux I — Dans 
ma famille on suit la vraie religion ; — chez moi il y a un 
venerable superieur — qui nous am^liore an moyen des 
defenses prescrites par la loi. — Au-dehors (de la maison) 
sont des saules — qui tous sont verdoyants et prospfcres 
en leur saison. — Tous nous prosternerons notre t^te 
devant votre grAce, — comme des brahmararins rendant 
un culte au feu ; — ma famille, par sa puissance, — honore 
et sert les brahmacarins; — par (leur influence) propice, 
nous mettrons au monde beaucoup de lils — et ils nous 
feront 6tre fort riches. » 

Le coq sauvage repondit par cette gAthft : 
« Le ciel vous accordera votre souhait — et e'est par un 
bdton de brahmat^'arin qu'il vous frappera. — Dans le 
monde n'y a-t-il pas la Loi? — pourquoi voulez-vous 
manger un coq ? » 

La chatte sauvage repiiqua par cette gdthft : 
<( Je ne mangerai plus de chair; — expos^e au soleil et h 
la ros^e, je tiendrai une conduite pure et chaste ; — j'hono- 
rerai et je servirai tous les devas; — je ferai cela pour 
obtenir cette sagesse (que vous recommandez). » 
Le coq sauvage repondit par ces g^thds : 
(f Jamais on ne vit ni n'entendit chose pareille : — une 
chatte sauvage tenant une conduite chaste. — Vousdesirez 
detruire quelque 6tre — et vous 6tes un brigand qui veut 
devorer un coq. — L'arbre et le fruit sont differents I'un 
de Tautre ' ; — malgre vos belles phrases et votre badinage 
apparent, — je ne vous croirai jamais. — Comment 
pourrie/.-vous, si vous aviez un coq en votre possession, 
no pas le devorer? — Un mauvais caractere finit toujours 
par tHre cruel. — Je consid^re votre visage qui est rouge 
comme le sang — et vos yeux qui sent verts comme la 

1. Vos actes no sout pas d'accord uvcc vos paroles. 



108 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

plante Ian. — II vous faut raanger des rats et des insectes, 
— car vous n'aurez jamais un coq a manger; — pourquoi 
n'allez-vous pas prendre des rats? — Avec votre visage 
rouge et vos yeux d'un vert franc, — quand vous criez en 
faisant miao, — toutes les plumes dont je suis revetu se 
herissent; — je m'enfuis au plus vite et je cherche a me 
cacher; — de generation en generation (moi et mes sem- 
blables) nous nous sommes eloignes de vous; — pourquoi 
maintenant me rencontrer avec vous? » 

Alors la chatte sauvage repondit par ces gSth^s : 

« Les visages sont-ils tous agreables a voir ? — les 
femmes qui sont belles sont-elles toutes vierges? — 11 
importe des'informer si I'attitude (de la femmequ'on veut 
prendre pour epouse) est digne — et quels sont ses autres 
merites ; — tous les actes de bonne conduite doivent se 
trouver chez elle au complet ; — sa prudence et sa pers- 
picacite doivent ^tre ingenieuses ; — quand vous connaitrez 
lamaniere dont je me comporte dans ma famille, — (vous 
verrez que) nulle ne pent m'^tre comparee. — Je vais me 
bien laver; — maintenant j'ai revMu de beaux habits ; — 
je me mettrai a danser et a chanter des airs — pour qu'ainsi 
vous m'aimiez et m'estimiez. — En outre, je laverai les 
pieds de votre grace, — je peignerai votre chignon de 
cheveux — et je ferai des plaisanteries agreables ; — alors 
vous m'aimerez et vous m'estimerez. » 

Le coq sauvage repondit par cette g&th^ : 

« Je ne tiendrais gufere a la vie — si je permettais a un 
ennemi de peigner ma t^te ; — si je faisais amitie avec 
vous, — je ne parviendrais jamais a un ftge avance. » 



XIII' 

Dans les generations passees, a cote des montagnes 

1. Variante dii precedent. — Extrait du 7sa pao ts'ang king (Trip, de 
T6kyA, XIV, fasc. 10, p. 15 v<>), traduit en 472 ap. J.-C. (Bunyiu Nanjio, 
Catalogue, n« 1329). 



CINQi:ir.Me SECTION 109 

neigeuses il y avail un roi descoqs de montagne quietait 
h la tftte d'un grand nombre de coqs et de poules et s'en 
faisait suivre. Sa cr6te etait extrfimement rouge et son 
corps etait parfaitement blanc. II dit k la foule des coqs et 
des poules : « Tenez-vous loin des villes ct des villages de 
peur que vous ne soyez devor^s par les hommes. Nous 
avons beaucoup d'ennemis ; gardons-nous bien. » Or, dans 
un village, il y eut une chatte qui apprit que des coqs et 
des poules setrouvaientli-bas ; aussilot elle s'y rendit. Se 
tenant sous I'arbre, avancant doucemenlet regardant avec 
humilite, elle dit au coq : « Je serai votre femme ; vous serez 
mon mari. Votre corps est beau et aimable ; la cr6te qui 
surmonte votre t6te est rouge ; voire corps est tout blanc. 
Je vous servirai ; livrons-nous secretement aux plaisirs. » 

Le coq lui repondit par cette gSthd : 

« La chatte aux yeux jaunes profile de la stupidite des 
pelits 6tres; — d6s qu'elle en rencontre I'occasion, elle 
concoit I'idee de leur fairedu mal el veut lesdevorer. — Je 
ne vois point que quelqu'un qui aurait pour epouse un tel 
animal — puisse avoir une vie longue et paisible. » 



XIV 



Autrefois, il y a de cela des kalpas innombrables, il y 
avail un roi des singes qui demeurail sur les arbres d'une 
for6l. II mangeail des fruits el buvail de I'eau; il songeail 
avec compassion aux dtres de loule sorte, A ceux qui 
rampenl et a ceux qui marclienl, a ceux qui respirent, aux 
hommes et aux animaux ; il aurait voulu faire qu 'ils f ussent 



I . Ilxiiaii du Cheng king (Trip, dc Tdkyd, XIV, TaM. 5, p. 28 t*), 
traduil on '28.'i up. J.-C. 

Kulihip; 8yria<|ue (Bickcll, p. 48-51). KaliUh arabe (trad. .\U.ii et Kiab- 
niue, Kniga Kulilah^ Moscou, 1889), p. 152-157. — lUbliugraphie dans 
Chauviii (I. U, p. 99). 



110 congrEs international des orientalistes 

tous sauves et les amener a I'etat de non-composition. En 
ce temps, il avait contracte amitie avec une tortue ; tr6s 
intimes^ ils se respectaient I'lin I'autre et au debut ils 
n'etaient point en opposition Tun centre I'autre ; la tortue 
se rendait frequemment a I'endroit ou se trouvait le singe ; 
ils buvaient, mangeaient et causaient ensemble ; ils dis- 
couraient sur la droite justice et la raison. 

La femme (de la tortue), voyant qu'elle sortait souvent 
etne restait pas chez elle, se dit qu'elle devait aller au 
dehors pourselivrer a la debauche et adesactes illicites; 
elle demanda done a son mari : « Vous sortez souvent ; oii 
allez-vous vous reunir (a d'autres personnes) ? Je crains 
que ce ne soit pour vous livrer a la debauche au dehors et 
mener une conduite dereglee. » Son mari lui repondit : « J'ai 
contracte amitie avec un singe ; il est intelligent et sage ; 
en outre il comprend la justice et la raison. Quand je sors, 
c'est pour me rendre chez lui et ensemble nous discutons 
sur la doctrine des livres saints ; nous ne parlons que de 
sujets agreables et je ne me livre d'ailleurs a aucune 
debauche. » Sa femme ne le crut pas et pensa que les 
choses ne se passaient point ainsi ; en outre, elle etait 
irritee contre le singe (et se disait) : « 11 attire mon mari 
et le fait souvent aller et venir ; il faut que je trouve un 
moyen de le tuer. Mon mari alors cessera (ses sorties) ». 
Elle feignit done d'etre malade ; epuisee et faible, elle 
gisait sur un lit ; son mari veillait sur elle avec beaucoup 
de soUicitude ; il lui donnait des medicaments pour la 
soigner ; mais en definitive elle se refusait a guerir. Elle 
dit a son mari : « A quoi bon vous donner tant de peine 
et gaspiller ces medicaments ? ma maladie est fort grave. 
II faut que j'obtienne le foie du singe avec lequel vous etes 
lie d'amitie : a cette condition je conserverai la vie. » l^on 
mari lui repondit : « Ce (singe) est mon ami ; il ma remis 
sa personne et m'a confie sa vie ; nous ne nous sommes 
jamais soupconnes Tun I'autre; comment pourrais-je com- 
ploler contre lui, afin de vous sauver la vie ? » Sa femme 
lui repondit : « Maintenant nous sommes mari et femme et 



(.INQUlf^MK SM.TION ttl 

nous ne faisons ensemble qirun scul corps ; mais vous ne 
pense/ pas a me sauver et au contraire vous agissez en 
faveurdu singe. En verite cela n'est pas juste el raison- 
nahle. » 

Le mari, pousse a bout par son epouse et ayant d'ailleurs 
pour elle beaucoup d'estime, alia done adresser cette 
requite au singe : « Je suis venu a plusieurs reprises et 
j'ai ete aupres de vous ; aycz la bonte de ne pas 
considerer commnie injuste de vous rendre dans ma 
maison ; maintenant, je desire vous inviter a venir dans 
ma demeure pour y prendre un petit repas. » Le singe lui 
repondit : « Je demeure sur la terre ferrae, el vous dans 
I'eau : comment pourrais-Je vous suivre ? » Cette torlue 
repondit : « Je vous porterai sur mon dos ; nous pourrons 
d'ailleurs considerer comme vaine toute ceremonie. » Le 
singe lasuivit done ; quand la tortue qui le portait sur son 
dos fut arrivee a mi-chemin, elle dit au singe : « Auriez- 
vous la bonte de desirer savoir ce que j'ai h voud deman- 
der ? Ma femme est epuisee par la maladie ; elle desire 
obtenir de voire bonte voire foie pour le manger et 6tre 
delivree de sa maladie. >> Le singe lui repondit : « Pour- 
(juoi ne m'en avez-vous pas parle plus lot ? Mon loie est 
reste pendu al'arbre; revenezen toute hAle pour que j'aille 
le prendre, 't lis retourn6renldonc Tun a la suite de Tautre. 
D6s que (le singe) fut revenu en haul de I'arbre, il se mil 
a bondir en temoignant sa joie. La tortue lui demanda 
alors : « Vous deviez prendre avec vous voire Ibie pour 
venir dans ma demeure : voici qu'au conlraire vous mon- 
tez en haul de I'arbre ; vous sautez et gambadez ; que 
voulez-vous faire ainsi ? » Le singe lui repondit : « II n'y a 
pas dansle monde d'etre plus sot que vous; comment se 
pourrait-il qu'ayant un foie je I'aie suspendu k un arbre ? 
Nous etions amis ; je vous avais remis ma personne et 
confie ma vie ; vous cependanl vous avez complote contre 
moi el avez voulu metlre ma vie en peril. Dorenavant, nous 
irons chacun de son cole. » 



112 CONGRES international DES ORIENTALISTES 



XV 



Autrefois il y avail un royaume nomme Mo-fien-lo J^ 

J^ ^ ; le roi s'appeiait Nan IP ; par Tetude il etait par- 
venu a communiquer avecles intelligences divines; il n'etait 
rien de si profond qu'il ne I'eut scrute. S'apercevant de 
I'impermanence des choses de ce monde, il dit : « Mon 
corps doitse pourrir et devenir un fumier dansce monde ; 
comment pourrais-je le proteger ? » II renonca a la gloire 
et abandonna la joie ; il se v6tit de I'habit religieux de 
maliEksattva; il se contenta de la nourriture d'un seul bol 
et accepta les defenses des cramanas ; une foret dans la 
montagne lui servit de residence ; il y demeura trente 
annees. 

A cote de I'arbre (sous lequel il vivait) se trouvait un 
goufFre profond de trois cents pieds. Or un chasseur, 
poursuivant un cerf a toute vitesse, tomba dans le gouffre ; 
en ce temps, il y eut un corbeau et un serpent qui, d'efFroi, 
tomberent aussi dans le gouffre; ils avaient le corps en- 
ti6rement meurtri et blesse et tous aussi soufTraient; 
ils levaient les yeux vers le ciel et criaient lamentable- 
ment avec la voix d'un ^tre aux abois et abandonne de 
tous. Le religieux en fut afflige ; il eclaira (le gouffre) 
avec une torche pour voir ceux qui s'y trouvaient et 
allongea le cou en versant des larmes ; s'approchant du 
gouffre, il cria : « Vous tous, ne vous desolez pas ; je vous 
retirerai de ce grave peril. » II fit alors une longue corde 



1. Extrait du Lieou ton tsi king (TTip. de T6ky6,VI, fasc. 5, p. 71 v»), 
traduit cnlre 240 ct 280 ap. J.-C. (cf. p. 93, n. 1). 

Pancatantra (Benfey, t. II. p. 128-132); Kaliliih aiabe, trad. Attai et 
Kiabnine, p. 198-202; Katha sarit sagara (trad. C. H. Tawncy, vol. II, 
p. 103). — Bibliographie par Tawney [loc. cit., p. 103, uote), Cosquin 
{Conies populaires de Lorraine, tome I, Inlrod., p. xxvi-xxvii), Chauvinj 
{Bibliographie, t. II, p. 106-107). 



CINQCIEML SKCTION 113 

qu'il suspendit pour leur permettre de monter ; ces trois 
6tres, qui prenant la corde avec le bee ou la bouche, qui 
la prenant dans ses mains, purent avoir la vie sauve. Tous 
se prosternerent la t6te conlre terre et exprim^rent leurs 
remerciments en disant: « Notre vie etait comme un flam- 
beau qu'on emporte ; 6 reiigieux, voire bonte s'etend 
partout sans limites ; vous avez fail que nous avons pu 
revoir la lumi6re du jour; nous desirons jusqu'a la fin de 
noire existence dans ce corps, vous fournir tout ce qui 
pourra vous manquer ; c'esl par de petits services que nous 
en reconnaitrons ungrand,etquandnous vousen rendrions 
dix mille, ils ne payeraient pas de retourle service unique 
(que vous nous avez rendu). » Le religieux leur dil : « J'^tais 
roi d'un royaume ; mon royaume etait grand el la popula- 
tion en etait nombreuse ; par mes palais, mesjoyaux, et 
mes femmes, je I'emportais sur lous les aulres royaumes. 
Mes desirs ^taient satisfaits aussi promptement que Techo 
repond au son ; il n'etail rien que je demandasse sans 
Tobtenir. Cependant j'ai estime que ma royaule etait un 
antre de haine ; j'ai pense que les couleurs, les sons, les 
parfuras, les saveurs, lesv^tements ornes el les mauvaises 
pensees etaientles six ep6es qui tranchenl noire corps, les 
six flechesqui percent noire personne ; c'esl ^ cause de ces 
six choses mauvaises que nous restons dans le cycle des 
migrations pour y subir des souffrances. Les trois voies ' 
sont tres funestes ; elles sonl difficiles a endurer el difTiciles 
a supporter ; comme j'elais fori tourmenld (par cette idee), 
j'ai renonce a mon royaume et je me suis fail craraana. Je 
desire obtenir la sagesse du Tathftgata droite, vraie el sans 
attachements, la doctrine de rillumination supr&memenl 
correcle ; (je desire) 6tre un mallre guidanl les devas et les 
hommes, amener a la conversion lous les 6tres et les faire 
atteindre au premier principe ; comment n*aurais-je en 
vue que vous, ces trois personnes ? Que chacun de vous 



1. I.c's trois voies iuf^riuures sont lus eonditious des dlres qui sonl 
dune lea cniei's, des deuioos alTaiui^s ot des iiuiaiaux. 

8* 



114 jCONGRfiS liNTERNATiONAL DES ORIENTALISTES 

retourne a sa residence habituelle ; quand vous verrez 
ceux qui vous sont chers, exhortez-les a se refugier par 
trois fois (dans les trois refuges) et a ne pas s'ecarter de 
la religion du Buddha. » 

Le chasseur dit : a Je suis dans la vie profane depuis 
plusieurs annees ; quoique j'aie vu des laiques accumuler 
les actes de vertu et pratiquer le bien, comment y en 
aurait-il parmi eux qui, corame les disciples du Buddha, 
traitent les autres comme ils voudraient etre traites eux- 
m^mes, secourent les ^tres et demeurent dans I'obscurite 
sans mettre enlumi^re leur renommee ? Mais vous, 6 reli- 
gieux, vous possedez ces qualites. Je desire que vous veniez 
chez moi pour y demander quelques menues oflFrandes ». 

— Le corbeau dit : « Mon nom est Po ^ (bol) ; si, 6 reli- 
gieux, vous 6tes dans quelque situation difficile, je desire 
que vous appeliez mon nom et j'accourrai. » — Le serpent 

dil : « Mon nom est TcKang ^ (long) ; si, 6 religieux, vous 
eprouvez quelque malheur, je desire que vous appeliez 
mon nom et je ne manquerai pas de venir pour payer de 
retour votre bienfait. » Quand ils eurent fini de parler, 
chacun d'eux s'en retourna. 

Un autre jour, le religieux se rendit dans la maison du 
chasseur; en le voyant venir de loin, le chasseur dit a sa 
femme : « Voici venir cet homme de raauvais augure; je 
vous ordonne de faire un bon repas, mais de le preparer 
avec beaucoup de lenteur ; quand cet autre aura vu que 
I'heure de midi est passee, il ne mangera pas. » Quand la 
femme vit le religieux, elle changea brusquement de cou- 
leur; elle feignit de le retenir pour lui preparer a manger, 
mais, perdantson temps en vains bavardages, elle depassa 
I'heure de midi. Le religieux se retira. 

De retour dans la montagne, il apercut le corbeau et 
I'appela par son nom : Po. Le corbeau lui demanda : « D'oii 
venez-vous ? » « Je viens de chez le chasseur », repondit- 
11. Le corbeau reprit : « Avez-vous mange ? » Le religieux 
repliqua : « On m'a prepare de la nourriture; mais, avant 



1 



ClNQUlfeMK SECTION 115 

qu'elle fut pr6te, I'heure de midi 6lait passee et, comme 
alors je ne devais plus manger, je men suis retourne. » Le 
corbeau dit : « (Ce chasseur est) un demon malfaisantqu'il 
serait difficile de sauver en lui temoignant de TafTection ; 
resister a la bonte et s'opposer a celui qui vous a rendu un 
bienfait, c'est une perversite extreme ; pour moi, je n'ai pas 
de boissons et de mets que je puisse vous offrir; mais 
ayezsoinderesterassisici et je reviendraidansun instant. >» 

11 se rendit en volant dans le royaume de Pan-tchO rSL ^ 
et entra dans la partie post^rieure (le harem) du palais 
royal ; il apercut la femme du roi qui dormait en ayant dans 
la parure de sa tfite une perle claire comme la lune. Le 
corbeau prit cette perle dans son bee et revint en toute 
hAte I'offrir au religieux. 

Quand I'epouse (du roi) se reveilla, elle chercha (sa perle) 
sans la trouver et alors informa le souverain (de cette dis- 
parition). Le roi fit une proclamation a son peuple pour 
dire : « Celui qui trouvera (la perle), on lui donnera mille 
livres d'or et mille livres d'argent, mille bceufs et mille 
chevaux. Mais celui qui Taura trouvee et ne Taura pas 
rapportee, on le punira severement et on exterminera 
toute sa parente. » — Le religieux ayant fait don (de la 
perle) au chasseur, celui-ci le chargea de liens et vint 
informer (le roi). Le roi dit (au religieux) : « D'oii vous 
vient ce joyau ? » Le religieux reflechit profondement (et 
se dit) : « Si j'expose comment les choses se sont passees, 
tous les corhcaux du royaume periront ; si je raconte 
que j*ai obtenu (cette perle) en la volant, ce serait (faire 
croire que j'ai tenu) une conduite indigne d'un disciple du 
lUuldha. » II (farda le silence et recut une bastonnade de 
plusieurs milliers de coups ; cependant il n'etait pasirritd 
contre le roi et n'avait d'animosite contre personne ; avec 
une grande bonte, il pronon^a ce vobu : « Puisse-t-on (en 
me traitant ainsi), me faire obtcnir (la dignite de) Ihiddha 
afin que je sauve la foule des (itres de toutes leurs peines. » 
— Le roi dit : « Prene/ ce religieux et enterrez-le en ne 
laissant sortir que sa tOte ; domain on le tuera. » 



116 CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Le religieux appela alors le serpent en prononcant : 
Tch'ang. Le serpent dit : « Personne dans le monde ne 
sait mon nom, si ce n'est le religieux. Puisqu'il el^ve la 
voix pour m'appeler, c'est sans doule qu'il a une raison 
(pour le faire). » 11 alia done promptement, et, en voyant 
Tetat dans lequel se trouvait le religieux, il se prosterna 
la t^te contre terre en lui demandant: « Comment cela 
s'est-il produit ? » Le religieux lui exposa toute I'ori- 
gine de cette affaire ; le serpent dit en pleuranl : « reli- 
gieux, votre bonte est grande comme le ciel et comme la 
terre et cependant vous 6tes en butte aux calamites ; 
combien plus cela risque-t-il d'arriver a celui qui est 
depourvu de sagesse ! qui alors le secourra ? Votre bonte 
celeste est sans haine (mais moi je vous vengerai) : ce roi 
n'a qu'un seul fils qui est son heritier et n'a pas d'autre 
successeur ; j'entrerai dans le palais et par ma morsure je 
tuerai I'heritier presomptif; puis, en lui appliquant ma 
medecine divine, vous le guerirez. » 

Le serpent entra done de nuit dans le palais et mordit 
(I'heritier presomptif) qui mourut; on garda son corps 
pendant trois jours et le roi promulgua un edit en ces 
termes : « Si quelqu'un peut rendre la vie a I'heritier pre- 
somptif, je lui donnerai la moitie de mon royaume pour 
qu'il regne sur elle. ». On transporta (le corps) dans la 
montagne pour I'y incinerer ; en y allant, on passa a cote 
du religieux ; celui-ci dit : « Quelle maladie a eue I'herilier 
presomptif pour qu'il soit mort ? differez les funerailles ; je 
puis lui rendre la vie. » Les gens de I'escorte, entendant 
ces paroles, allerent en toute h^e les rapporter au souve- 
rain ; le roi, partage entre latristesse etlajoie, fut violem- 
mentemu et dit^au religieux) : « Je vous gracie et je vous 
donne la moitie de mon royaume pour que vous soyez 
roi. » Le religieux appliqua la medecine sur le corps et 
I'heritier presomptif revint soudain a la vie en disant : 
« Pourquoi suis-je ici ? » Les gens de la suite lui expo- 
s^renttout ce qui s'etait passe; I'heritier presomptif revint 
dans son palais ; grands et petits sautaient de joie. 



cinqiii(:me section in 

(Le roi voulut) prendre la moiti^ de son royaume pour 
en faire don (au religieux), mais celui-ci refusa de rien 
accepter. Le roi comprit alors et dit : « Si vous n'acceptez 
pas la moitie de mon royaume comment pourriez-vous 6tre 
un voleur? De quel pays ^tes-vous et en vertu de quelles 
opinions vous 6tes-vous fait tTamaiia? Comment Ates-vous 
entre en possession de la perle ? alors que vous avez une 
si noble conduite, comment se fait-il que vous ayez ete pris 
dans un tel malheur ? » Le religieux raconta toute son 
histoire ; le roi en etait penetre de compassion et les 
larmes qu'il versait inondaient son visage. 

Le roi dit au chasseur : « Vous avez rendu un service 
signale a TElal ; convoquez ici tous vos parents aux neuf 
degres ; je veux les recompenser largement. » Ses parents, 
grands et petits, s'etant tous rassembles a la porte du 
palais, le roi dit : << La mechancete et Tingratitude sont les 
plus grands des crimes. » Illes extermina done. 

Le religieux se rendit dans la montagne pour y etudier la 
sagesse ; il se perfectionnait et progressait sans rel^che. 
Apres que sa vie fut terminee, il naquit en haut parmi les 
devas. 



xvr 

Autrefois le Bodhisattva etait un homme tr6s juste; il 
avaitaccumule des richessesqui sechifTraientparcentaines 
de mille de centaines de mille (de pieces de monnaie); 
11 honorait constamment les trois Venerables'; sa bien- 
veillance s'adressait a tous les litres vivants. En regar- 
dant sur la place du marche, il apercut une tortue et 
son co^ur en eut compassion ; il en demanda le prix. 
Le possesseur de la tortue savait que le Bodhisattva 

1. Yariaiite du prdc<Sdent. — Extrait du Lieou tou tsi king (Trip, de 
T6kyA, VI, lasc, 5, p. 61 v«), traduit entre 240 et 280. Ce texte se Irouve 
reproiluit dans le King lu yi aiang (Trip. deT6kyd, XXXVI, (asc. 3, p. 2 
r^-v"), compil(§ en 516. 

2. Le Buddha, la Loi, rAsscmblde. 



148 C0NGR6S INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

avail la vertu de la bienveillance universelle et qu'il 
sauvait constamment les 6tres vivants, que ses ricliesses 
etaient incalculables et qu'il ne reculait devant aucun 
prix ; il repondit done : « (Elle vaut) un million (de 
pieces de monnaie) ; si vous pouvez la prendre, c'est tres 
bien ; sinon, je la ferai bouillir. » Le Bodhisattva repondit : 
« C'est fort bien. » II paya done le prix fixe et emporta la 
tortue chez lui ; il lava et pansa ses blessures, puis alia au 
bord de I'eau et la lAcha; en la voyant s'eloigner, il pro- 
nonca avec compassion et avec joie ce voeu : « Que tous les 
6tres vivants qui sont (dans les enfers) de la grande mon- 
tagne et des demons afFames et qui, de generation en 
generation, sont dans des prisons, obtiennent prompte- 
ment d'etre delivres de leurs peines; que leur corps soit 
tranquille et que leur vie soit sauve comme c'est mainte- 
nant le cas pour vous. » Se prosternant la t^te contre terre 
dans les dix directions de I'espace et joignant les mains, 
il formula ce voeu : « Tous les etres vivants sont tour- 
mentes et leurs souffrances sont sans limites. Puisse-je 
6tre pour eux le ciel et la terre, le sec et I'humide ; puisse-je 
^tre un radeau pourceux qui sont ballotes sur les eaux, un 
aliment pour ceux qui ont faim, une boisson pour ceux 
qui ont soif, un v^tement pour ceux qui ont froid, une 
fraicheur pour ceux qui ont chaud ; que je sois un medecin 
pour ceux qui sont malades, une clarte pour ceux qui sont 
dans les ten^bres ; s'il y a une epoque troublee et boule- 
versee, puisse-je y apparaitre comme le Buddhaqui sauvera 
cette multitude d'^tres. » Tous les Buddhas des dix regions 
de I'espace approuverent ce voeu et louerent (cet homme) 
en disant : « C'est tr^s bien ; votre voeu se realisera 
certainement. » 

A quelque temps de la, la tortue vint grignoter la porte 
(du Bodhisattva) ; celui-ci, surpris d'entendre du bruit a la 
porte envoya (un de ses serviteurs) qui sortit, apercut la 
tortue et revint dire (a son maitre) ce qui en etait. Le 
Bodhisattva la vit et la tortue lui dit en langage humain : 
« J'airecu de vous un important bienfait gr&ce auquel moq 



cinquiCme section fit 

corps a €t6 sauf; je n'ai pas le moyen de vous payer de 
retour. Nous autres, animaux des marais qui demeurons 
dans I'onde, nous connaissons (a Tavance) les crues de 
Teau et les basses eaux : une inondation va survenir et 
produire de grands ddsastres ; je desire que vous pr6pariez 
promptement un bateau ; quand le moment sera arrive, je 
viendrai vous chercherw. II repondit : « C'est fort bien. » 

Le lendemain, dcs le point du jour (le Bodhisattva) se 
rendit a la porte (du palais) et informa le roi de cette 
affaire. Le roi, qui connaissait de longue date la bonne 
renommee du Bodhisattva ajouta foi a ses paroles et les 
mit a profit en transportant dans des lieux Aleves tout ce 
qui dtait en bas. 

Quand le moment fut arrive, la tortue vint et dit au 
Bodhisattva : « Voici I'inondation ; montez vite en bateau 
et suivez-moi ; vous pourrez ainsi vous proteger contre 
le raalheur*. Le bateau la suivaitlorsqu'un serpent accou- 
rutaupres du bateau ; le Bodhisattva dit : « Je le prends. »> 
« Fort bien », repondit la tortue. Voyant encore un renard 
ballotte par les eaux, il dit : « Je le prends », et elle repondit 
encore : « Bien ». Puis il aper9Ut un homme qui flottait sur 
Tonde et qui, se frappant les joues, invoquait le ciel pour 
que par piti6 on lui sauvAt la vie. (Le Bodhisattva) dit : « Je 
le prends ». La tortue repliqua : « Gardez-vous de le 
prendre. Tous les hommes sont trompeurs ; rares sont 
ceux qui restent de bonne foi jusqu'au bout. Tournant le 
dos a leurs bienfaiteurs et recherchanl ceux qui sont puis- 
sants, ils aiment a «itre m^chants et hostiles ». Le Bodhi- 
sattva dit : « Apres avoir entierement sauve les animaux 
(qui se sont pr^sent^s), repousser maintenant un homme 
qui nous implore, serait-ce de la bonte? Je ne saurais me 
conduire ainsi ». II le recueillit done. La tortue lui dit : 
« Vous vous en repentirez ». 

Quand ils furent arrives k un endroit favorable, la tortue 
dit : « Je me suis acquittee de ma dette de reconnaissance ; 
je vous demande la permission de me retirer. » Le 
Bodhisattva lui dit : « Quand j'aurai obtenu rintelligeDce 



120 CONGRES international DES ORIENTALISTES 

sans attachements, parfaitement vraie et droite du Tathft- 
gata, je ne manquerai pas de vous sauver. » « Fort bien », 
repondit la tortue. 

Quand la tortue se fut retiree, le serpent et le renard 
s'en all^rent chacun de son cote. Le renard, quiselogeait 
dans des trous, decouvrit cent livres d'or excellent en 
poudre rouge^tre, qui avait ele cache par des hommes 
d'autrefois ; tout joyeux il se dit : « Je recompenserai par 
ce moyen cet homme pour le bientait qu'il m'a rendu ». II 
revint done en toute hate dire au Bodhisattva: « Moi, petit 
animal, j'ai recu de vous une faveur qui a sauve ma chetive 
existence. Les etres de ma sorte demeurent dans des trous : 
en cherchant un trou pour m'y tenir, j'ai decouvert cent 
livres d'or ; ce trou n'appartient ni a une tombe ni a une 
personne; (ce qui s'y trouve) n'a ete ni arrache par la 
violence, ni derobe ; c'est ma parfaite sincerite qui a fait 
venir (ce tresor) ; je desire vous en faire hommage ». Le 
Bodhisattva reflechit profondement (et se dit) : « Si je ne 
prends pas (cet or), il sera perdu et ne sera d'aucune utilite 
pour les pauvres gens. Je le prendrai pour en faire des 
liberalites. Proteger et sauver tous les 6tres, n'est-ce pas 
aussi une bonne action? » II prit done (ce tresor). L'homme 
qui avait ete recueilli dans I'eau apercut (cet or), et dit : 
« Donnez m'en la moitie ». Le Bodhisattva lui fitcadeau de 
dix livres. Get homme reprit : « C'est en violant une 
tombe que vous vous Mes empare de cet or. Gombien 
grave est le ch^timent que vous avez encouru ! Si vous ne 
me donnez pas la moitie (dece tresor), je vous denoncerai 
aux magistrats ». Le Bodhisattva repondit : « Les pauvres 
gens sont dans le denuement ; je desire leur faire des 
liberalites aussi bien qu'a vous. Vous cependant, vous 
voulez tout accaparer ; n'est-ce pas injuste aussi de votre 
part ? » L'homme alia done le denoncer aux magistrats. Le 
Bodhisattva se vit arr^te et ne sut comment se disculper. 
II se borna k confier sa destin^e aux trois Ven6rables* en 

1. Le Buddha, la Loi, TAssemblde. 



CINQUltlMt: SECTION ISi 

se repentant de ses fautes et en s'accusant de ses p6ch^8 ; 
il fit le va3ii hicnveillanl que tons los 6tre8 echappasscnt 
promptement aux huit difficuitesetne fussent pas en hutte 
k la haine comme il I'etait lui-mdme actuellement. 

Le serpent et le renard tinrent un conciliabule pour 
aviser aux moyens a prendre. Le serpent dit : « Je le sau- 
verai ». Prenantdonc dans sa bouche une medecine cxcel- 
lente, il ouvrit les barri^res et pen^tra dans la prison. II 
vit que le Hodhisattva avait I'air abattu ; il s'en afHigea et 
son coeur fut emu de compassion. Illui dit : « Prenez cette 
medecine avec vous ; je vais mordre I'heritier presomptif, 
et, comme le venin sera tr6s violent, personne ne pourra 
le guerir. Vous, 6 sage, vous ferez savoir que vous avez 
cette medecine et, dfes que vous aurez applique la mede- 
cine {k I'heritier presomptif), il se retablira ». Le Bodhi- 
sattva resta silencieux et le serpent fit comme ii I'avait dit. 
QuandTheritier presomptif fut pr6sde mourir, leroirendit 
une ordonnance ou il proclamait que celui qui pourrait le 
guerir, il I'associerait au gouvernement. Le Bodhisattva 
informa le souverain (qu'il poss6dait une medecine), et, 
des qu'il I'eut appli(|uee, lemaladese retablit. 

Le roi, tout joyeux, lui demanda d'oii lui venait (cette 
medecine) et le prisonnier lui exposa tout ce qui s'etait passe. 
Le roi, deconcerte, se fit a lui-m6me des reproches en 
disant : « J'ai 6t6 fort peu eclaire ». II fit alors perir I'homme 
(qui autrefois avait ete recueilli) dans I'eau et accorda une 
amnistie generate a tout le royaume. II donna (au Bodhi- 
sattva) le titrede conseiller d'etat. Le prenant par la main, 
il I'introduisit dans son palais, s'assit avec lui et lui dit : « O 
sage, quels livres avez-vous expliques et quelle doctrine 
avez-Yous embrassee pour avoir une bonte qui egale le soleil 
et la lune, une affection ({ui s'^tend a tous les t^tres? » 11 
repondit : « J'ai explique les livres saints du Buddha et j'ai 
embrasse la doctrine du Buddha ». Le roi demanda : « Ya- 
t-il des principes essentiels du Buddha ? » II rt^pondit : « II 
y en a ». Le Buddha a expose lesquatre impermanences'; 

1. Les (liotionnaires num^riqucs bou<l«ihiquc« ne douoeot pas Pexprct- 



122 CONGRfcS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

pour ceux qui observent ce principe tous les maux 
prennent fin et de brillants bonheurs sont abondants ». 
Le roi dit* : « C'est fort bien ; le Buddha dit qu'il n'y a 
pas de realite des corps et je le crois. Mais, si on ne peut 
pas proteger son propre corps, combien moins encore 
pourra-t-on proteger le territoire d'un royaume ? Je 
m'afflige de ce que les rois mes predecesseurs n'aient pas 
entendu parler de la sagesse sans superieure, droite et 
vraie, de I'inipermanence, de la souffrance et du vide, de 
la non-realite des corps ». Le roi aussitot vida ses tresors 
pour faire des liberalites auxpauvres gens; iltraita comme 
ses enfants les veufs, les veuves et les orphelins ; tout son 
royaume fut tr6s heureux ; les hommes marchaient en riant. 
Levant les yeux vers le ciel, le roi dit : « Voici jusqu'a 
quel point est parvenue la transformation surnaturelle 
produite par le Bodhisattva ; les quatre regions de I'espace 
celebrent la vertu et on est arrive a une paix universelle ». 
— Le Buddha dit aux cramanas : (Gelui qui en ce temps 
etait)le Bodhisattva, c'est moi-m^me; leroi, c'est Maitreya ; 
la tortue, c'est Ananda ; le renard , c'est ^Sriputra* ; le 
serpent, c'est Maudgaly^yana ; I'liomme qui avail ete bal- 
lotte sur les eaux c'est Devadatta. 



sion p-l Tr fn ', il serait done difficile de determiner quelles sont 
exactement les quatre impermanances : en g^n^ral, dans les textes ou il 
est question de rimpermanance, on commence par affirmer celle du Ciel 
et de la Terre, puis celle du mont Sumeru, puis celle des devas, des 
hommes, des demons et des nagas; mais il est Evident que plusieurs enu- 
merations diverses sont possibles. 

1. A partir d'ici, je suis le texte du King lu yi siang qui supprime un 
long expose lh6ologique denue d'intdret. 

2. ^ariputra est ici design^ par la traduction chinoise de son nora 

Sanscrit : J^ m^ J « le fils du heron. » Ce nom lui avait et^ donn^ 
parce que sa mere avait des yeux semblables a ceux dun h^ron (Diet. 
Fo kino tsen tien, p. 318 r"). 



CINQlIlflHK SECTION fSS 



XVII 



Le Buddha dit au bhiksus assembles : Au temps des 
generations pass^es, il y avait un hrahmane qui ne posse- 
dait aucune richesse et qui subvenait a sa vie en mendiant. 
Cebrahmane avait une femme qui n'avaitenfante aucunfils. 
Dans la maison se trouvait un na-kiu-lo (nakula) qui vint a 
mettre bas un petit. Alors, comme le brahmane n'avaitpas 
de fils, il considera ce petit du nakula comme son fils, et 
le petit du nakula a son tour regarda le brahmane comme 
son pere. Lorsque le brahmane allait chez les personnes 
assembleesdans d'autres demeures, tantot il obtenait du 
lait et du beurre, tantot il obtenait des gdteaux et de la 
viande; il revenait chez lui en les rapportant et en faisait 
part au nakula. Cependant, plus tard, la iemme du brahmane 
se trouva tout-a-coup enceinte ; lorsque sa grossesse fut 
arrivee a terme, elle enfanta un fils ; elle concut alors cette 
pensee : « Ce nakula n mis bas un petit qui porte bonheur 
et c'est ce qui m'a permis d'avoir un enfant ». 

Un jour, le brahmane voulut sortir pour aller mendier 
de la nourriture; il donna alors a sa femme un ordre en 
ces termes : « Si voussortez, emportez avec vous I'enfant; 
ayez soin de ne pas le laisser en arriere ». Quand la femme 
du brahmane eut fini de donner u manger ii I'enfant, elle 
se rendit dans une maison voisine afin d'emprunter un 
pilon pour d^cortiquer du grain. En ce moment, le petit 
enfant etait tout impregne de I'odeur du beurre ; il y eut 
alors un serpent venimeux qui vint, attire par cette odeur ; 

1, Exlraitdu Mo-ho-seng-tche lu (Trip, de Tdkyd, XV, fa«c. 8, p. 16 r»), 
traduit eti 'tl6 ap. J.-C. par Bodbibhadra et Fa-hien (Uuayiu Natijio, 
Catalogue, n" 1119). 

Pancatantra (Beafey, t. II, p. 326-327. — Ibid., p. 5'i7-548, Bcnfey 
regrcttc que Julien n'ait pu retrouver le teste de ee coute aprfs TaToir 
entrcvu dans une eDcyclopt^dic chinoiat*); — Kalilah arabc, trad. AttaT 
el Riabnine, p. 157. — Bibliographie par Lancercao {llitopadfaa,p. 366- 
369); Cbauvin {Bibliographie, t If, p. 100 et t. VIII, p. 66-67). 



124 CONGRftS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

ouvrant sa gueule et crachant son venin, il voulait tuer le 
petit enfant. Le nakula concut alors cette pensee : « Mon 
pere est sorti et ma m^re n'est pas la non plus. Pourquoi 
ce serpent venimeux veut-il tuer mon fr^re cadet ? » 
Suivant le dicton : « Le serpent venimeux et le nakula, 

— le corbeau qui vole et le hibou chauve, — le cramana et 
le brahmane, — la seconde mere et le fils du premier lit, 

— toujours se portent mutuellement haine et envie — et, 
pleins de venin, veulent se faire du mal I'un a I'autre. » 

Alors le nakula tua aussitot le serpent venimeux et le 
coupaen sept morceaux. Puis il concut cette pensee: « J'ai 
maintenant tue le serpent et j'ai sauve la vie a mon frere 
cadet ; si mon pere et ma mere le savent, ils ne manque- 
ront pas de me recompenser. » 11 se barbouilla la gueule 
de sang et se lint devantla porte, voulant faire ainsi que 
son pere et sa mdre le vissent et fussent joyeux. 

Or le brahmane revenaitjustement de dehors; il apercut 
de loin sa femme sortie de la maison ; il s'irrila aussitot et 
dit : « Je I'avais avertie que, lorsqu'elle sortirait,elle devait 
emporter I'enfant; pourquoi est-elle partie seule? » Le 
pere voulut franchir la porte, mais il vit le nakula dont la 
gueule etait ensanglantee et il concut alors cette pensee : 
M Tandis que nous, le marietla femme, etions absents, ce 
nakula reste en arriere n'a-t-il pas tue et devore noire 
fils ? » Dans sa colore, il dit : « Nous n'avons nourri cet 
animal que pour qu'il nous fasse du mal. » S'avancant done, 
il frappa do son baton et tua le nakula. Quand il eut 
franchi la porte, il vit lui-m^me son fils qui, assis au 
milieu de la cour, sucait son doigt et jouait ; il apercut en 
outre les sept troncons du serpent sur le sol. Quand il eut 
vu cela, il eut un chagrin et un repentir profonds. Alors le 
brahmane se fit d'amers reproches (disant ;) '< Ce nakula 
avail au plus haul point des sentiments humains ; il a 
sauve la vie de mon fils. Pour moi, je n'ai pas fait un 
examen allentif, et avec precipitation je I'ai tue ; cela est 
douloureux, cela est digne de compassion ». Aussitot il 
tomba a terre evanoui. 



GIMQUI^ME SKCTION ItS 

Alors dans I'espace il y eut un deva qui prononca cette 
g&thd : << II faut faire un examcn attentif; — gardez-vous 
d'afjir avec precipitation dans un acc^s de colore ; — quand 
la hienfaisante afTection d'excellents amis se rompt, — et 
quand injustement on faitdu mal u quelqu'unavec qui on 
etait en bons rapports, — on est comparable au brahmane 
— qui tua ce nakula ». 



XVIII* 

Autrefois, la fiUe d'un roi-dragon (n.lgardja) etant sortie 
pour se promener fut chargee de liens et battue par un 
gardien de boeufs. Le roi du royaume, etant sorti pour 
parcourir son territoire, aper^ut cette fille, la delivra et 
lui permit de s'en aller. Le roi-dragon demanda a sa fille : 
« Pourquoi pleurez-vous? » Sa iille lui dit : « Le roi du 
royaume m'a injustement battue ». Le roi-dragon dit : « Le 
roi est habituellement bon et doux ; comment battrait-il 
les gens d'une maniere deraisonnable ? » Le roi-dragon se 
changea, lorsque I'obscurite fut venue, en un serpent, et, 
(cache) sous le lit, ecouta (ce que disait) le roi ; le roi dit k 
sa femme : « J'ai vu dans ma promenade une petite fille 
qui etait battue par un gardien de bceufs ; je I'ai d^livree 
et je lui ai permis de s'en aller ». 

Lelendemain, le roi-dragon sous la forme humainevint 
se presenter au roi et lui dit : « Vous m'avez rendu un 
grand bienfait. J*avais permis k ma fille dialler hier se 
promener; elle fut battue par un homme; maiselle a eu le 
bonlieur que vous, 6 roi, soyez venu la delivrer. Je suis un 
roi-dragon : ce que vous d^sirerez, vous I'obtiendrez ». 

1. Fxtrait du Kieou tsa pi yu king (Trip, de T6ky6, XIX, fate. 7, 
p. 21 v.), traduil eii 251 ap. J.-C. (Cf. p. 90, n»2). 

Kharapnlta jdlaka (trad, par A. Gruenwedel, Buddhistiache Studien^ 
Berlin, 1897, p. 23-26. Qe jnlaka est repr^scntti suries tcrrctcuites eniaiN 
It^es du temple do Fagau, qui Tut construit vtx 127i), Milte et une yuits, 
trad, ileuuiug, 1. 1, p. 18-22. Voir la Sibliograpkie de Cbauviii, t. V, p. 180. 



126 CONGRES international DES ORIENTALISTES 

Le roi dit : « Des objets precieux, j'en ai moi-meme beau- 
coup. Je desire comprendre le langage de tous les ani- 
maux ». Le roi-dragon lui dit : « II vous faut vous purifier 
pendant sept jours ; quand ces sept jours seront termines, 
venez me parler. Mais prenezbien garde que personne ne 
le sache ». 

Les choses etant ainsi, le roi etait en train de manger avec 
sa femme lorsqu'il vit des papillons dont la femelle disait au 
male de lui prendre de la nourriture ; le m4le lui repondit 
que chacun devait en prendre pour soi ; la femelle repliqua 
que son ventre Ten emp^chait. Le roi eclata de rire. Sa 
femme lui demanda : « roi, pourquoi riez-vous ? » Le roi 
garda le silence. Une autre fois, le roi se trouvant assis 
avec sa femme, vit des papillons qui se rencontraient le 
long du mur, se disputaient et tombaient tous deux a terre 
en se battant. Le roi de nouveau eclata de rire. Sa femme 
lui dit : « Pour quelle cause riez-vous ? » II en fut ainsi par 
trois fois, (le roi repondant toujours) : « Je ne vous le dirai 
pas ». Sa femme lui declara (alors) : « O roi, si vous ne me 
le dites pas, je me tuerai ». Le roi lui repondit : « Attendez 
que j'aie ete me promener et je reviendrai vous le dire ». 
Le roi alors sortit pour se promener. 

Le roi-dragon produisit par transformation un troupeau 
de plusieurs centaines de moutons qui traversaient une 
riviere. Une brebis pleine cria au belier : « Revenez me 
chercher ». Le belier lui repondit : « Je ne saurais absolu- 
ment pas vous faire traverser (la riviere) » . La brebis reprit : 
« Si vous ne me faites pas passer, je me tuerai. Ne voyez- 
vous pas le roi du royaume qui va mourir a cause de sa 
femme? '» Le belier lui repondit : w Ge roi est un sot de 
mourir pour sa femme. Vous pouvez bien mourir ; sera-ce 
a dire que je n'aie plus de brebis ? » Le roi, I'ayant entendu, 
fit cette reflexion : « Tout roi que je suis d'un royaume 
entier, je n'atteins pas a la sagesse de ce belier ». Lorsque 



1. II a et6 sous-entendu dans le r^cit que le roi devait perir s'il rev6- 
lait a qui que ce iiki sou secret. 



CIlSQUlCME SiUITION Itl 

le roi fut de retour, sa femme lui dil : « Si vous ne m'ex- 
plique/ pas (pourquoi vous avez ri), je me tuerai ». Le roi 
lui repliqua : « Libre k vous de vous luer ; ce sera fort 
bien; j'ai dans mon harem beaucoup d'd'pouses; qu'ai-je 
besoin devous »? 

Le maltre dit : Bien sot est I'homme qui veut se tuer a 
cause d'une femme. 



XIX 



Autrefois il etait un (iIs d'une famille de noble caste qui 
^tait fort beau ; il fit en or I'image d'une fille et dit a son 
p6re et k sa mdre : « Sil y a une fille telle que celle-ci, je 
I'epouserai ». En ce temps, dans un autre royaume, il y avait 
une fille qui elle aussi etait fort belle ; elle aussi fit en or 
I'image d'un^homme et dit a son p6re et a sa m6re : « S'il y 
a un homme tel que celui-ci, je I'epouserai ». Les parents 
chacun de leur cote apprirent ce qui en etait, et alors, de 
loin, ils fianc^rent et unirent ces deux personnes pour 
qu'elles fussent mari et femme. 

En ce temps, le roi du royaume, ayant prisun miroirpour 
se regarder, dit a ses ministres rassembles : « Dans le 
monde y a-t-il un homme dont la figure vaille la mienne? » 
On lui repondit : « Nous, vos sujels, avons entendu dire 
que dans tel royaume il y a un homme dune beaute sans 
6gale ». (Le roi) envoya alors un messager pour le querir. 
Quand le messager fut arrive, il dit (au jeune homme) : 
« Le roi desire vous voir parce (|ue vous ^les un sage ». 



1. Exirait du Kieou tsa pi yu king (Trip, de TdkyA, XIX, iasc. 7, 
p. 20 vo), tradutt en 251 ap. J.-C. (Cf. p. 90, no 2). Mille et une Suits (trad. 
Hcnninf,;, 1. 1, p. 11-13); Arioste, Roland furieux\ La Fontaine, Joconde. 
— Voyc'z la Bibliographic de CbauTin, I. V, p 188-190, et P. Rajna , 
Le fonti delP Orlando furioso, Florence, 1904, in-8, p, 435-%%2; id. Gior- 
nnle della Societa asiaticU italtana^ I. XII, 173-1%. — L'ori^iue bta- 
doue de ue conte o'avait pu jusqu'ici <^tre ^Ublie avec certitude. 



128 CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

(Le jeune horame) alors prepara son char et se mit en 
route ; au bout d'un moment, il fit cette reflexion : 
« Cast a cause de men intelligence que le roi est venu 
m'appeler », 11 retourna done chez lui pour y prendre les 
enseignements essentiels de ses livres, mais il vit alors sa 
femme qui se livrait a la debauche avec un etranger. Tout 
deconcerte et plein d'emotion, il en concut de I'irritation ; 
sa figure s'altera, il prit une physionomie extraordinaire et 
devint de plus en plus laid; le ministre (du roi), le voyant 
devenir un tel homme, pensa que les cahots du voyage 
avaient amaigri son visage et lui reserva alors une place 
dans I'ecurie pour I'y installer commodement. Au milieu 
de la nuit, (le jeune homme) vit dans I'ecurie Tepouseprin- 
cipale du roi qui etait sortie pour s'unir a un palefrenier. 
Son coeur alors fut eclaire (et il se dit) : a Si lepouse du roi 
agit ainsi, a combien plus forte raison ma femme (agira-t- 
elle de meme)J » Ses soucis se dissiperent et sa figure 
redevint comme auparavant. 

Ueut alors une entrevue avecleroi etle roiluidemanda : 
« Pourquoi 6tes-vous reste trois jours hors (du palais) ? » 
II repondit : « Quand votre ministre est venu me chercher, 
j'ai oublie quelque objet; j'ai rebrousse chemin et suis 
rentre chez moi afin de le prendre. J'ai vu alors ma femme 
qui se livrait a la debauche avec un etranger. Je me suis 
irrite, et, a cause de cela, j'ai eu de I'affliction et de la colore; 
aussi ma figure s'est-elle alteree ; je suis reste dans I'ecurie 
pendant trois jours ; hier, dans I'ecurie, j'ai vu votre epouse 
principale, 6 roi, qui venait pour s'unir secretement a un 
palefrenier. Si votre femme en use ainsi^ a combien plus 
forte raison les autres femmes ! Mes soucis se sont dissi- 
pes et ma figure est redevenue comme auparavant ». Le 
roi repondit : « Si ma femme elle-m6me est telle, a combien 
plus forte raison les autres femmes ordinaires ! » Ges deux 
hommes entrerent alors ensemble dans la montagne ; ils 
se couperent la barbe etles cheveux et se firent cramanas. 
Songeant qu'il n'est pas possible en compagnie des femmes 
de s'adonner aux occupations (saintes), ils firent des pro- 



i 



ClNQUlfcME SECTION 12f 

grcs dans I'excellence sans jamais se ralentir, et obtinrcnt 
tous deux la sagesse de Pratyeka Buddha. 



XX' 

Autrefois il y avail une iemme raariee qui disait cons- 
tamment : « Je ne perds rien ». Son ills pritla bague de sa 
m6re et, apr6s avoir et6 la jeter dans I'eau, il alia deman- 
der h sa more oil elait sa bague d'or. Sa mdre lui dit : « Je 
ne perds rien ». Le surlendemain, sa mere invila k diner 
MaudgalycAyana, Aniruddha et Mahdkdcyapa ; il lui fallut 
alorsse procurer du poisson et elle envoya un homme au 
marche pour acheter un poisson. Lorsque (rhomme) futde 
retour, on prepara (le poisson) et dans son ventre on 
trouva la bague d'or. La mere dit a son fils : « Je ne perds 
rien ». Le fils, Ires joyeux, se rendit a I'endroit oii se tenait 
le Huddha et lui demanda : « Pour quelle cause ma mere 
a-t-elle ce bonheur de ne jamais rien perdre ? » Le Buddha 
lui dit : (f Autrefois il y avail unascete (r?i) qui demeurait 
dans le nord ; lorsque I'obscurile et le froid furenl arrives 
et que ce fut I'hiver, tous les habitants passerent au sud 
des monlagnes ; il y avail alors une vieille m6re solitaire 
quietait si pauvre qu'elle ne pouvaitpartir ; elle resta seule 
et garda en lieu siir tous les ustensiles el les biens de cettc 
foule d'hommes ; au printemps, les gens revinrent tous et 
la mfcre rendit chaque objel sans aucune exception a son 
proprietaire ; tous ces hommes furenl satisfaits ». Le 
Buddha dit : « Celle qui en ce temps elait la mere solitaire, 
c'est voire m6re ; parce que, dans cette naissance ante- 
rieure, elle a protege les objets qui appartenaient a une 

1. Exirait du Kieou tsa pi yu king (Trip, de Tdkyd, XIX, (asc, 
p. 22 ro), traduit en 251 ap. J.-C. (Cf. p. 90, n- 2). 

Cf. L'anncau do Polycrate, dans IlfTodole, III, 40. — BibUographie 
lie U. KOhler, A7«»/ierc Schrfften I. II. Berlin, 1900, p. 209, note I ; Cbauviu, 
liihtiographict. V, p. 1(i-17,ctlc8 udditiunsdc II. Delahayc, A«« Ugendts 
hagiosraphiqucSf Bruxelies, 1905, p. 38. 

9' 



130 CONGRtS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

multitude d'hommes, elle a obtenu ce bonheur de ne 
jamais rien perdre ». 

XXI* 

Autrefois il y avait une femme qui allait se marier ; plu- 
sieurs femmes qui I'accompagnaient elaient avec elle sur 
une tour ; elles buvaient, mangeaient ets'amusaient entre 
elles. Une orange vint a tomber a terre; ces femmes la 
regardant ensemble, dirent : « Gelle d'entre nous qui osera 
descendre pour ramasser I'orange et la rapporter, nous lui 
donnerons toutes a boire et a manger ». La femme qui 
devait se marier descendit alors de la tour et vit un jeune 
homme qui avait pris I'orange et s'en allait. La femme lui 
demanda de la lui donner ; le jeune homme lui repondit : 
« Si, au moment ou vous serez pres de consommer le 
mariage, vous venez d'abord chez moi, je vous rendrai 
I'orange ; sinon, je ne vous la donnerai pas ». La femme y 
ayant consenti, le jeune homme lui donna done I'orange. 
La femme put revenir en tenant (le fruit) et toutes les 
autres femmes lui offrirent a boire et a manger ; puis elles 
la conduisirent chez son epoux. La femme dit a celui-ci : 
« J'aifait un serment solennel (en vertu duquel) je desire 
aller d'abord voir un jeune homme ; au retour je deviendrai 
votre epouse. » Son mari alors la laissa aller. Quand elle 
f ut sortie de la ville, elle rencontra un voleur ; elle s'adressa 
a lui en implorant sa pitie, disant : « J'ai fait un serment 
solennel dont je dois m'acquitter »>. Le voleur la laissa 
aller. Plus loin, elle rencontra un demon qui devorait les 
hommes ; la femme se prosterna la I6te centre terre en 
le priant de la laisser s'acquitter de son serment ; le 

1. Extrait du Kieou tsa pi yu king (Trip, de T6ky6, XIX, lasc. 7, p. 
22 r»), traduit en 291, ap. J.-C. (Cf. p. 90, n- 2). 

Vetala pafjcavimcati, lOohistoire (voyez Katlia sarit sagara, trad. Tawiiey, 
Vol. II, p. 278-280). — Bibliographic par Tawney {loc. cit., p. 281, note); 
Chauvia (Bibliographie, t. VIII, p. 123-J24). 



aMQUlEMK SKCTION 131 

demon la laissa aller. Elle arriva che/ lejeune homme qui 
I'invita a entrer et k s'asseoir ; le jeune homme ireut aucun 
rapport avec elle, mais il lui prepara u boire et a manger 
et la renvoya en lui donnant un g;\leau d'or pour son 
usage particulier. — Le maitre dit : Ainsi, le mari, le 
voleur, le demon et le jeune homme se conduisirent tous 
qualre d'une mani^re excellente ; cependant, il y a la 
matierc a reflexion ; les uns disent que le mari fut le 
meilleur, car il devait tenir a garder sa femme ; d'autres 
disent que le voleur fut le meilleur, car il devait tenir aux 
richesses ; d'autres disent que le demon fut le meilleur, car 
il devait tenir a boire et a manger ; d'autres disent que le 
jeune homme fut le meilleur, caril se montra fort reserve. 



XXII* 

Autrefois il y avait un homme d'une des grandes castes 
qui tenait sa femme enfermee et ne laissait aucun homme 
la voir. Cette femme chargea un serviteur de faire un sou- 
terrain et elle eut des rapports avec un ciseleur d'argent. 
Le mari, par la suite, eut vent de la chose, mais sa femme 
lui dit : o De ma vie je n'ai rien commisde semblable ; ne 
prononcez pas <les paroles inconsiderees >:. Le mari repli- 
qua : « Je vous menerai a I'endroit on est larbre sacre* •>. 
La femme dit que c'etait fort bien et ils entrcrent dans la 
chambre du jeune pour observer le jeune pendant sept 
jours; la femme dit secretement au ciseleur d'argent: 
" Qu'allez-vous faire ? Feignez d'etre insense, et ayez les 
cheveux epars. Les gens que vous rencontrerez sur la place 

1. Kxtrait du Kieou tsa pi yu king (Trip, ile T6ky6, XIX, fasc. 7, 
|.. 22 ro), traduit en 251 ap. J.-C. (Cf. p. 90, u' 2). 

Aniliiahliuta jataka 'dans Cunuiu^ham, The Stiiptt of Bharhut, p.66); 
Millc ft un jours (cd. du Pantheon litteraire, p. 6.'>2) ; Tristan et Itieult, 
etc. : — K. UasKc-l, Contes et legendes anthes, a" xtx. Le serment elude el 
i.ippruclicnicats, note 1 {Hevrte dts Traditions ftoputairts t. Xll, 1897, 
l>. 251. 

.'. Pour y subir I'ordaliu. 



132 C0NGR6S INTERNAtlONAL DES ORIENTALISTES 

du marche, emportez-les en les tenant dans vos bras ». Le 
mari, quand lejeune fut termine, fitalors sortir sa femme ; 
celle-ci lui dit : « De ma vie je n'ai vu la place du marche ; 
faites-moi passer par la place du marche ». Le ciseleur 
d'argent la saisit alors dans ses bras et la coucha sur le sol 
au lieu m6me oil elle etait; la femme cria a son mari : 
« Pourquoi laissez-vous un homme me prendre dans ses 
bras? » Le mari repondit : « G'est un fou ». Le mari et la 
femme arrivferent ensemble a I'endroit ou etait le dieu. (La 
femme) dit en se prosternant la tMe centre terre : « De ma 
vie je n'ai rien fait de mal ; ce fou seul m'a tenue dans ses 
bras ». Ainsi la femme put sauver sa vie. Le mari confus 
garda le silence. Telle est la fourberie des femmes. 



XXIIP 

Autrefois il y avait un mo-na ^ wi (mjinava)* qui, 
dans une caverne dune montagne etudiait le livre des 
ksatriyas'. Un renard sauvage, qui demeurait aupres de 
lui, s'appliquait a I'ecouter reciter ces livres ; son coeur en 
ayant compris quelque partie, il concut cette pensee : « Si 
j'ai compris les paroles de ce livre, cela suffit pour faire de 
moi le roi des animaux ». Quand il eut eu cette pensee, il 
se leva et partit ; il rencontra un renard maigre et voulut 
aussitot le tuer ; I'autre lui dit : « Pourquoi me tuer? » 11 
lui repondit : « Je suis le roi des animaux ; vous ne m'dtes 
pas soumis et c'est pourquoi je vous tue ». L'autre r^pli- 
qua : « Je souhaite n'Mre point tue ; je me mettrai a votre 



1. Extrait du Mi-chasai pou ho hi hom fen lu (Trip, de T6ky6, XVI, 
faBC. 1, p. 17 ro-17 vo), traduil en ^j23-424 ap. J.-C. (Bunyiu Nanjio, 
Catalogue, no 1122). 

Cf. Sabbadalha jataka (Jataka, II, 10, 1), repr^sent^ sur les bas-reliefl 
de Pagan (Gruenwedel, Buddhistische Studien, p. 23-26). 

2. Ce mot designc un jcune homme, un ctudiant. 

3. II doit s'agir ici d'un raja niti gastra ou Traits de politique xoyale. 



CINQUlfcME SECTION 133 

suite ». Alors lesdeux renards continuerent leur route de 
compagnie. (Le premier renard) rencontra encore un renard 
et voulut le tuer ; les questions et les reponses furent les 
m6mes que precedemment, ct lui aussi d^ciara qu'il se 
metlait k sa suite. Par une serie de (rencontres) semblables, 
(le premier renard) soumit tous les renards ; puis, au 
moyen de tous les renards, il soumit tous les ^l^phants ; 
en outre, au moyen de tous les Elephants il soumit tous les 
tigres ; en outre, au moyen de tous les tigres, il soumit 
tous les lions ; alors momentan^ment il put £tre le roi 
des animaux. 

Quand il fut devenu roi, il eut encore cette pensee : 
« Maintenant que je suis le roi des animaux, il ne me faut 
pas prendre femmcparmi les animaux ». II monta doncsur 
un elephant hlanc, et, a la t6te de toute la troupe des ani- 
maux qui formaient une multitude innombrable, il entoura 
de leurs rangs, qui se comptaient par plusieurs centainesde 

milliers, la ville de Kia-yi SE ^ (Kftci)'. Le roi (de 
cette ville) envoya un ambassadeur demander : «« Vous, 
troupes de toutes sortesd'animaux, pourquoi agissez«vous 
ainsi ? » Le renard repondit : « Je suis le roi des animaux : 
il faut que j'epouse voire fille ; si vous me ia donne/., c'est 
bien ; si vous ne me la donnez pas, j'aneantirai voire 
royaume ». (L'ambassadeur)revint declarer cette r^ponse. 
Le roi assembia ses ministres et tint avec eux une delibe- 
ration. A I'exception d'un seul ministre, tous dirent : « II 
faut donner(la princesse) ; quelle en est la raison? Cequi 
fait la force du royaume, c'est qu'il se confie dans ses dl6- 
phants etdansses chevaux. Nous avons des elephants et des 
chevaux, mais eux ont des lions ; quand les elephants et les 
chevaux sentiront rodeur(des lions), ils seront saisis de 
terreur et se coucheront a terre. Au combat, nous serons 
certainement inferieurs et les animaux nous aneantiront. 
Faut-il, parce qu'on tient a une lille, causer la perte d'un 
royaume? ». 

1. Kiici est le nom sacr^ de B^naris 



134 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Or un grand ministre qui 6tait intelligent et faisait des 
combinaisons a longue echeance, dit au roi : « En observant 
rantiquite et les temps modernes, je n'ai jamais appris ni 
VII que la fille d'un roi des hommes ait ete donnee a un vil 
animal. Quoique je sois faible et peu intelligent, je veux 
tuer ce renard, et faire quetous les animaux se dispersent 
en s'en allant chacun de son cote ». Le roi lui demanda 
alors : « En quoi consiste votre projet? » Le grand ministre 
repondit : « O roi, bornez-vousa envoyer unambassadeur 
qui fixera la date (du combat) _, et qui, le jour de la bataille, 
devra d'avance exprimer a ce(roi des animaux) un desir, a 
savoir que les lions se battent d'abord et rugissent ensuite ; 
ce (roi des animaux) pensera que nous avons peur et il ne 
manquera pas d'ordonner aux lions de rugir d'abord et de 
se battre ensuite. Vous, 6 roi, quand sera venu le jour de 
la bataille, vous devrez ordonner que, dans votre ville, 
tous soient obliges de se boucher les oreilles ». 

Le roi suivit son avis ; il envoya un ambassadeur fixer la 
date (du combat) et en m^me temps exprimer le desir dont 
il a ete parle plus haut. Lorsque vint le jour de la bataille, 
il envoya encore une lettre pour reiterer cette demande. 
Puis il fit sortir son armee. Au moment ou les armees 
allaient croiser le fer, le renard ordonna en effet aux lions 
de commencer par rugir. Quand le renard les entendit, 
son coeur se brisa en sept morceaux; il tomba du haut de 
son elephant et chut par terre. Alors toute la foule des 
animaux au m^me moment se dispersa. 

Le Buddha, a propos de cette histoire, prononca des 
gSthds en ces termes : 

« Ce renard etait d'une arrogance excessive; — il voulait 
demander a prendre femme; — il se rendit a la ville de 
Kia-yi, — et declara qu'il etait le roi des animaux. — 
Get homme ' lui aussi a une arrogance semblable ; — il 
commande a la foule de ses partisans ; — dans le royaume 
de Magadha, — il s'attribue le titre de roi de la Loi. »> 

1. On ne voit pas bien a quel homme il est fait ici allusion. 



\ 



CINUDIflME SKCTION 1SS 

li (iitaiix hhiksus : En ce temps, le roi de Kia~yi^ c'6tait 
moi-m6me ; le grand ministre intelligent, c'^tait (^driputra ; 
le roi renard, c'etait Devadatta. 



XXIV' 

Autrefois, dans I'lnde du Nord, il y avait un artisan qui 
travaillait le bois ; avec unegrandeing6niosite, il fabriqua 
une femme en bois ; elle 6tait d'une beaute sans egale ; avec 
ses v^tements, sa ceinture et ses magnifiques ornements 
elle n'etait point differente d'une femme reelle ; elle allait, 
elle venait, elle pouvait aussi servir le vin et regarder les 
botes ; la parole seule lui manquait. En ce temps, dans 
rinde du Sud il y avait un peintre qui lui aussi etait fort 
habile a peindre. L'artisan qui travaillait le bois, ayant 
entendu parler de lui, prepara un excellent banquet, puis 
il invita le peintre. Quand le peintre fut venu, Tautre 
chargea alors la femme en bois de servir le vin et d'offrir 
les mets et cela dura depuis le matin jusqu'a la nuit. Le 
peintre qui ne savait rien pensait que c'etait une femme 
veritable ; ses d^sirs devinrent extremes et il pensait 
sans cesse a elle. En ce moment, comme le soleil avait 
disparu, Tartisan qui travaillait le bois se retira dans sa 
chambre ^ coucher; mais il retint le peintre en le priant 
de rester ; il placa cette femme en bois a c6t6 de lui pour 
le servir et dit a son bote : « Je vous laisse intentionnel- 
lement cette femme pour que vous puissiez passer la nuit 
avec elle ». 
Quand le mattre de la maison fut rentr^ chez lui, la 

1. Extrait du Tsa pi yu king (Trip, de Tdkyd, XIX, fasc. 7, p. 2 r*), 
ouvrage dont les diverses recensions paraissont compos^es de morceanx 
traduits d^s le commencpment du v* si^cle. 

Comparez Schiefnor, Der Mechaniker und der Malur, traduit dn Kand- 
jovLT {Melanges asiatiques, vol. VII, p. 521>523) et Tibetan Tales derived 
from indian sources^ trad. Ralston, Loadres, 1882; p. 3()0 (oil le lu^cani- 
cien est un Yavana =: Grec. Cf. Sylvain Levi, Quid de Gracis ...,Pari»» 
1890, p. 2'i). 



136 C0NGR6S INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

femme en bois se tenait droite aupres de la lampe ; I'liote 
I'appela, mais la femme ne vint pas ; Thote pensa que c'etait 
parce que cette femme avail honte qu'elle ne venait pas ; 
il s'avanca done et la lira par la main ; il reconnut alors 
qu'elle 6tait en bois. Plein de confusion, il reflechit et 
se dit : « Le maltre de la maison m'a trompe;je vais me 
venger de lui. » Le peintre imagina done un stratag^me ; 
sur la muraille il peignit sa propre image, revalue d'ha- 
bits identiques a ceux de son propre corps, une corde 
lui serrantle cou et ayant tout I'air d'un homme mort par 
strangulation ; il representa par la peinture des mouches 
posees sur sa bouche et des oiseaux la becquetant. Apr6s 
qu'il eut fini il ferma la porte, et se cacha sous le lit. 

Quand le jour fut venu, le maitre de la maison sortit ; 
voyant que la porte n'etait pas encore ouverte, il regarda 
a travers ; il ne vit que I'image sur le mur de son hote 
pendu; le maitre de la maison, fort efFraye, pensa qu'il 
etait reellement mort; il enfonca aussitot la porte et entra 
pourcouperla corde avecun couteau.Le peintre sortitalors 
de dessous le lit et Partisan qui travaillait le bois fut tr6s 
confus. Le peintre lui dit : « Vous avez pu me tromper, 
mais moi aussi j'ai pu vous tromper ». L'hote et le maitre 
de la maison etant parvenus a leurs fins, aucun d'eux 
n*avait ete humilie par I'autre ; ils se dirent I'un a I'autre : 
« En ce monde, les hommes se trompent mutuellement; 
en quoi cela est-il different de ce qui vient de se passer » ? 
Alors ces deux hommes reconnurent en verite ce qu'est 
la tromperie ; chacun renonca a tout ce qu'il aimait pour 
sortir du monde et entrer en religion. 



XXV* 
Autrefois il y avait deux hommes qui, a I'ecole de leur 

1. Extrait du Kieou tsa pi yu king (Trip, de T6ky6, XIX, fasc. 7, 
p. 21 r"), Iraduil en 251 ap, J.-C, (cf. p. 90, n. 2). 

Le Kandjour tibetain incorpore cette anecdote dans la l^gende du 



aNQDIfcME SECTION IH 

maltre, 6tudiaient la sagesse ; tous deux s'en all^rentdans 
un royaume Stranger. Sur la route, ils virent les traces d^un 
^l^pliant. L'un des hommes dit : << C'est la un ^Idphant 
femelle ; elle est grosse d'un petit du sexe feminin ; cet 
elephant est horgne. Sur cet elephant se trouve une femme 
qui est enceinte d*une fille ». L'autre dit : a Commeut le 
savez-vous ? » Le premier repliqua : « Je le sais par la 
reflexion ; si vous ne me croyez pas. allons en avant et nous 
verrons de nos yeux (ce qui en est) ». Quand les deux 
hommes eurent rejoint I'elephant, toutetait conforme kce 
qui avail ete dit, et, plus tard, I'elephant femelle et la 
femme enfanterent toutes deux. Comme il en etait ainsi, le 
second de ces deux hommes se dit : << L'autre et moi avons 
tous deux etudie aupres du m^me maitre ; moi seul je n'ai 
pas vu les fails essenliels ». 

Au retour, il dit a son maltre : a Nous allions tous deux 
de compagnie ; cet homme en voyant les traces d'un ele- 
phant a distingue que lels et tels etaienl les fails essenliels 
ol moije ne puis comprendre. O maitreje desire que vous 
me donniez h nouveau une explication afin que je ne sois 
plus en confusion)). Le maltre appelaalors l'autre homme et 
lui demanda : « Par quel moyen avez-vous vu cela ? » II 
repondit : « C'est par le moyen de ce que, 6 maltre, vous 
nous avez toujours enseigne. En regardant Tendroit oil 
I'elephanl avail urin^, j'ai reconnu que c'^tait une femelle; 
en observant que son pied droit s'enfoncait profondement 
dans le sol, j'ai reconnu qu'elle ^tait grosse d'un petit du 
sexe femelle' ; en voyant que les herbes sur le cole droit du 
chemin n'avaient pas ete touch^es, j'ai reconnu qu'elle etait 

prince Jivaka, roi des m^dcciDs (voy. Schiefner, Melanges asiatiques 
tirt'8 du Bull, de VAc. Imp. des Sc., vol. VIII, p. 498-500). - Cf. aassi 
Voltaire, Zadig. — Bibliographie de Chauvin, t. VII, p. 160-161. 

1. Ce passage' parait t^tre en contradiction avec le textc de TAvadAna 
rataka oil il est dil : « Du momoment oik il connait I'entr^ du foetus, 
il sait si ce sera un Gls ou une fille; si c*eat un fiU, il repose sar le 
cfttd droit, si c'est une lille, il repose sur le cAt^ gauche. (Trad. Peer, 
Ann. Musie Guimet, X. XVIII, p. 5.) 



138 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

borgne de I'oeil droit. En regardant I'urine qui se trouvait 
a I'endroit ou I'elephant s'etait arr^te, j'ai reconnu que 
c'etait une femme (qui etait sur son dos) ; en observant que 
le pied droit appuyait forteraent sur la terre j'ai reconnu 
que(cette femme) etait enceinte d'une fille. G'est par des 
raisonnements subtils que je suis arrive k ces conclu- 
sions. » Le maitre dit (a I'autre homme) : « Dans I'etude, il 
importe de conclure par la reflexion : par la subtilite, on 
comprend les choses ; si I'homme superficiel n'y parvient 
point, il n'y a point la faute de son maitre ». 



XXVI • 

Autrefois il y avait une ville appelee Po-lo-nai Wi^ yr: 

(V&rAnasi, Benares) et un royaume appele K'ie-che w^ /^ 
(Kdci)*. Dans un enclos desert se trouvaient cinq cents 
singes qui erraient de ci etde la dans la for6t ; ils arriverent 

sous un arbre ni-kiu-lu /<i tP: ^ (nigrodha) au pied 
duquel etait unpuits ; dans ce puits apparaissait le reflet 
de la lune. Quand le chef des singes vit ce reflet de la 
lune, il dit a ses compagnons : « Aujourd'hui la lune est 
morte et est tombee dans ce puits ; il nous faut unir nos 
efforts pour Ten sortir, afin d'emp^cher que, dans le 
monde, il y ait une nuit perpetuelle et des tenebres ». 
Tous ensemble tinrent une deliberation etdirent : « Com- 
ment pourrons-nous la faire sortir? » Le chef des singes 
leur dit alors : « Je connais un moyen pour la faire sortir; 
je me cramponnerai a une branche de cet arbre ; vous vous 
cramponnerez a ma queue; en nous rattachant ainsi succes- 

1, Exlrait du Mo ho seng tche lu (Trip, de T6ky6, XV, fasc. 8, 
p. 49 yo), traduit en \i6 ap. J.-C. (cf. p. 123, n. 1). 

Comparez, dans la version turke et la version arabe de Si Djoh'a I'anec- 
dote de la Lune tir^e du puits. Bibliographic par R. Basset (dans Moulie- 
ras, Le.t fourberies de Si Djeh'a. p. Xi). 

2. Cf. p. 133, n. 1. 



rJNQrif.MK SECTION IS9 

sivement leg uns aux aiitres, nous pourrons alors retirer 
(la Iune)». Aussitolles singes se conformcrentaux paroles 
deleur chef; ils se cramponncrent sticcessivement I'un i 
I'autre, mais il s'en fallait encore d'un peu avant quMiR 
n'alteignissentl'eau lorsque la hranche de I'arbre, qui 6tait 
faible, se rompit et tous les singes i'urent precipit^s dans 
I'eau du puits. Aiors le dieu de I'arbre prononca cette 
gAtha : 

« Ces animaux grands et nombreux — dans leur stupi- 
dity se sont tous entraines les uns les autres ; — ils ont 
attir^ sur eux-mAmes des tourments; — comment pour- 
raient-ils secourir le monde ? » 



XXVI I « 

Autrefois il y eut une femme qui enfanta une fille d'une 
beaute sans egale. Quand (cette fille) eut trois ans, le roi 
du royaume la prit pour la regarder el appela un religieux 
pour determiner d'aprds son horoscope si elle pourrait ou 
non devenir plus tard son epouse principale. Le religieux 
Ini dit : « Cette fille connaitra un homme, et VotreMajeste 
ne viendra certaineraent qu*apr6s lui ». (Le roi dit :) « Je la 
tiendrai prisonniere et bien cachee ». II appela alors aupr^s 
de lui une grue (et lui demanda :) « Oil est I'endroil oil 
vous habitez? » Elle repondit au roi : « Je reside sur un 

1. Extrait du Kieou tsa pi yu king (Trip, de T6ky6, XIX, fa«c. 7 
p. 21 ro), traduit en 251 ap. J.-C. (cf. p. 90, n. 2). 

C'est la forme la plus ancienne du coote de Salomon et le griffon qu*on 
uc connaissait jusqu'ici qu'eu arabe, en berb^re, en turc et en persan. La 
version persane a ete traduitc tout r^cemmcnt par Aug. Hr'icXeux {Histoire 
de la vSi'moMr^A. Extrait du Museon, vol. VI, n* 1, 1905); dant une note fort 
substantiellc plactSe a la tiuite dc cette publication, V. Chauvin indique 
que ce contc n'a pu t^tre retrouv^ tcl quel dans I'Inde; rependant lo teste 
que nous donnons ici prouve que co rtVit exislait efTcctiveiucnt dans I'lnde 
avant lo milieu du in* si6cle de notre ere. — Voyec aussi le compte-rendu 
que R. Basset a fait de la broi-lmre de \^r\c\^nx {Revur (ie% tradition* 
populaires, 1905, p. 3.*{3.:J.*?5). 



140 



C0NGR6S INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 



arbre qui est a mi-cote d'une haute montagne; c'est un 
lieu par oii ne peuvent passer ni les hommes ni les animaux. 
En bas est un tourbillon d'eau sur lequel les bateaux ne 
peuvent aller. » Le roi lui dit : a Je vous confie cette fille 
pour que vous Televiez ». Aussitot elle la saisit et I'em- 
porta. Ghaque jour elle allait prendre de la nourriture chez 
le roi pour la donner a la fille. Apres qu'il en eut ete pen- 
dant longtemps ainsi, il y eut au sommet(de la montagne) 
un village qui fut emporte par les eaux; un arbre suivit, 
tantot droit et tantot incline, le fil de I'eau et descendit le 
courant; or un jeune homme avait pu se cramponner a cet 
arbre et tomba dans le tourbillon d'eau sans pouvoir en 
sortir; arrive a la fin du tourbillon, I'arbre sortit en bon- 
dissant et resta appuye contre la montagne ; le jeune homme 
put monter sur I'arbre de la grue et s'unit avec la fille; la 
fille alors le tint cache. (Gependant) la grue soulevait chaque 
jour la fille pour la peser, (pensant que,) si elle devenait 
lourde, ce serait preuve qu'elle etait enceinte, tandis que 
si elle n'etait point encore (enceinte), elle serait legere; la 
grue s'apercut(ainsi) que la fille etait devenue lourde; elle 
chercha de tous cotes et trouva le jeune homme; elle le 
prit et le chassa; puis elle alia raconter au roi ce qui s'etait 
passe. Le roi dit : « Le religieux etait habile a dresser les 
horoscopes ». 

Le maitre dit : Quand des personnes sont appariees pour 
des causes provenant de naissances anterieures, il n'y a 
aucune force qui puisse les mailriser ; d6s que I'une d'elles 
rencontre celui a qui elle est appariee, alors leur union 
doit avoir lieu. II en est aussi de m^me pour les animaux 
vivants de toute esp6ce. 

xxviir 

Autrefois deux hommes etaient devenus amis; la femme 



i. Extrait du King lu yi siang (Trip, de T6ky6, XXXVI, fasc. 4, 
p. 62 v»), compile en 516 ap. J.-C.; mais le King lu yi siang tire ce texte 



CINQUltlME SECTION !U 

de chacun d*eux se trouvant enceinte, ils se promirent par 
serment que si Tun des enfants a naltre etait un garcon et 
I'autre une fille, ils les marieraient I'un ^ i'autre, lis se quil- 
terent, et, par la suite, un garcon naquit dans Tune des 
families et une fille dans I'autre. Le pere du garcon mourut 
prematurement; le jeune homme etait devenu grand et ne 
s'elait pas encore marie lorsque, en allant vendre divers 
objets, il arriva par hasard dans la maison de la jeune fille. 
Le pere de celle-ci lui demanda d'oii il venait, oil il demeu- 
rait, quels etaient le nom de famille etlesnoms personnels 
de son pere et de sa mfere. Le jeune homme r6pondit point 
par point; en Tentendant, le ptre fut grandement surpris 
et lui dit : « Lorsque votre p6re 6tait encore de ce monde, 
lui et moi nous avons echange une promesse de mariage 
uterine; je vous ai constamment cherche, mais je ne savais 
pas oil vous etiez; ma fille n'a point encore ose se marier ». 
Le jeune homme dit : « Je ne savais rien de tout cela ». 
Le pfere de la jeune fille ajouta : « Interrogez vos parents 
et vos proches' ». 

A son retour, le jeune homme interrogea sa m^re qui 
I'avait allaite et reconnut que la chose etait vraie. II se 
rendit (done de nouveau) chez la jeune fille; sur la route il 
apercut un filet d'eau qui entrait dans un crdne sans jamais 
le remplir. Le jeune homme en fut elTraye, Poursuivant sa 
route il vit encore des fruits murs sur un arbre; il voulut 
les prendre pour les manger ; les fruits se mirent a lui dire : 
« Prenez-moi! prenez-moi! » Le jeune homme eut grand' 
peur; il se mit a courir a toute vilesse et tomba par terre; 
avancant toujours, il arriva ^ la demeure de la jeune fille; 
la chienne vint a sa rencontre, se mit a deux genoux et lui 
l6cha les pieds, mais les petits qui etaient dans le ventre 
de la chienne avancerent en aboyant d'effroi et voulaient 



du Pi yu king ea 10 ciiupitrcs qui Tut public eutre 326 et 342 ap. J.-C. 
(cf. p. 87, n. 1). 

1. Le debut de ce coiilr iMppi'lie ct-lui (Je Chems eddm et A'oar eddin 
dans les Mille et Une Nuits (trad, lluuuiog, t. I, p. 165). 



142 C0NGR£S international DES ORlENTALlSTEb 

le mordre* ; alors de nouveau il tomba a terre et ne reprit 
ses sens qii'au bout d'un long temps. 

Le pere de la jeune fiUe etant venu au-devant de lui hors 
de la maison, il lui exposa tout ce qui s'etait passe; le p6re 
trouva cela fort extraordinaire etrentra pour le racontera 
sa fille. La jeune fille repondit a son p6re : « Avoir vu sur 
la route un filet d'eau qui coule dans un crAne sans jamais 
le remplir, cela signifie que, dans les generations a venir, 
on rassemblera tout ce qu'il y a dans le monde de richesses 
et de joyaux pour le donner a un homme sans parvenir a 
le satisfaire. Qu'on ait vu sur un arbre des fruits qui etaient 
murs, qu'on ait voulu les prendre pour les manger, mais 
que les fruits aient dit alors : « Prenez-raoi ! Prenez-moi ! » 
cela signifie que I'homme qui apparaitra dans les genera- 
tions a venir voudra demander la fille ainee, mais la fille 
cadette lui dira : « Pourquoi ne me recherchez-vous pas? 
Pourquoi ne me recherchez-vous pas? » Que la chienne 
soit venue a la rencontre (du jeune homme), qu'elle se soit 
.raise a genoux et qu'elle lui ait leche les deux pieds, mais 
que les petits qui etaient dans le ventre de la chienne aient 
aboye d'elFroi et aient avance pour le mordre, cela signifie 
que lorsque I'homme qui apparaitra dans les generations 
a venir parlera aux autres, sa bouche sera comme onc- 
tueuse, mais son coeur sera semblable a un poincon et a un 
couteau; a I'exterieur il paraitra satisfait des autres, mais 
a I'interieur il formera contre eux de mauvais desseins. 
Toutes ces choses se passeront dans les generations a venir 
et ne sont point d'aujourd'hui ». Alors on maria la jeune 
fille au jeune homme, conformement au projet qui avait ete 
fait primitivement. 

1. L'allegorie des petits chiens qui aboient dans le vealre de leur mere 
se retrouve dans la version persane du conle de Salomon et le griffon 
(cf. Bricteux, JJistoire de la Sttnourgli, p. 11 et p. 14), ct dans uu conic 
berbere. R. Basset (Rev. des traditions populaires, 1905, p. 334)1*3 signale 
aussi chez Guillauuic de Malmcsbury et ou a rapproche uue legende du 
pscudo El Kbaouarezmi. 



CiNQUlfcMK SECTION 141 



XXIX 



Autrefois il y avail un homme pauvre qui faisait des 
oifrandes a un religieux; au bout d'un an, celui-ci s'en alia 
en donnant a son bote une jarre de cuivre et en lui disant : 
« Gette jarre est magique; si on en frappe le goulot, on 
obtient tout ce qu'on demande; maisgardez-vous d'inviler 
chez VOU8 le roi du pays ». Apr^s que (le religieux) I'eut 
quitte, (notre homme) se mit i\ frapper sa jarre et devint 
bientot extr(imement riche ; oubliant la recommandation 
du religieux, il invita le roi a venir chez lui; le roi lui 
demanda la cause de sa richesse et il rdpondit en racontant 
la verite. Le roi aussitot lui enleva de force sa jarre et il 
redevint d'une extreme pauvrete. II se souvint alors du 
religieux et, allant k sa recherche dans les quatre direc- 
tions de I'espace, I'apercut; il lui exposa ce qui s'etait 
passe ; le religieux lui dit : « II vous faut absolument cette 
jarre; je vous donne un vase qui est rempli de batons et 
de pierres; apportez-le a la porte du roi et reclamez la 
jarre ». {Notre homme) se rendit tout droit a la porte du 
roi et se mit a reclamer sa jarre a grands cris; le roi, 
I'entendant, fut tr6s irrit6 et envoya quelques dizaines 
d'hommes pour se saisir de lui ; mais il ouvrit (le vase) et 
en lit sortir batons et pierres qui, volant corame le vent, 
allerent de ca et de la dans I'espace; les corps des envoyes 
du roi furent atteinls par ces batons et par ces pierres qui 
leur briserent le cr4ne. Le roi envoya encore raille hommes 

1. Extrait du King lit yi siang (Trip, de TdkyA, XXXVI, fasc. 4, 
p. 63 r*; cF. p. 87,n.1) quilui-m^mc tire ce Icxtedu Tsa pi yu king\taA\% 
il est (lifltciic dc determiner exacteinent quel ouvra^e desigue iri cc litre 
qui a ^tc applique a plusieurs rcocusionv difTerentes. — Voir la bibliogra- 
phie dc ce contc dans Cosquin : Conies populairea de Lorraine, p. 52-54 
et K. Basset, Nou^eaux contes populairea berbirea, p. 2W-300. Les 
deux t'oriucH (uo XXIX et XXX) hous lesquelles nous le trouvons ditns la 
version chiuoise du Tripi{aka sout ju»qu*ici les plus ancicuues qui soient 
couuues. 



144 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

qui furent ecrases avec une violence prorapte comme le 
vent ; leurs cadavres obstruaieni la porte. Saisi de terreur, 
le roi demanda a rendre la jarre. Quand notre homme eut 
retrouve sa jarre, il devint de nouveau fort riche; il accom- 
plit une infinite d'actions meritoires, et, apr^s sa mort, il 
obtint de naitre dans la condition de deva. 



XXX* 

Un homme et sa femme n'avaient pas de fils ; ils offrirent 
des sacrifices au dieu du ciel en demandant une poste- 
rite. Le dieu la leur promit. (La femme) devint done 
enceinte et elle accoucha de quatre objets ; le premier 
etait un boisseau en tchan-fan (candana, santal) rempli 
de riz ; le second etait une jarre pleine d'ambroisie; le 
troisieme etait un sac de joyaux; le quatri^me etait un 
baton magique a sept noeuds. Ces gens dirent en soupi- 
rant : « Nous avions demande un fils et voici que nous 
mettons au monde ces autres objets. » lis allerent aupres 
du dieu pour lui demander de nouveau ce qu'ils desiraient. 
Le dieu leur dit : « Pour desirer un fils, quel avantage y 
voyez-vous? » lis repondirent : « Un fils subviendrait a 
nos besoins. » Le dieu repliqua : « Maintenant ce boisseau 
de riz est inepuisable; cette jarre d'ambroisie et de miel 
ne diminuera pas quand vous mangerez (ce qu'elle con- 
tient) et en outre elle enl^vfera toutes les maladies; le sac 
plein de joyaux ne se degonflera jamais ; le bdton magiqus 
a sept noeuds vous protegera contre les mechants. Com- 
ment un fils aurait-il pu faire tout cela? » Ces gens furent 
tr^s contents; rentres chez eux ils mirent (ces objets) a 
I'essai et tout se passa vraiment comme on le leur avait 



1. Yariante du precedent. — Extrait du King lu yi siang (Trip, de 
T6ky6, XXXVI, fasc. 4, p. 67 vo), compild en 516 ap. J.-C. ; mais le King 
lu yi siang puise ici dans le Pi yu king en 10 cbapitres qui fut public 
entre 326 et 342 ap. J.-C. (cf. p. 87, n" 1). 



(:i!«(jl'l£Me SECTION 145 

dit : iis obtinrent done des richesses incalculabies. Le roi 
dii pays en fut informe et envoya aussitot une troupe de 
soldats pour les d^pouiller par la force; mais I'homme 
prit en main le bdton qui, volant en tous sens, t'rappa les 
ennemiset les brisa en morceaux; toute cette forte bande 
se retira en desordre. iNos gens furent tout joyeux et 
n'eurent plus des lors d'ennuis. 

N. B. — En tcrminant celte publication, je rcmercie M. Keo^ Basset 
qui a bicn voulu rcvoir toutes les ^preuves el ajouter k met notes plu- 
sieurs indications pr^cieuses. 



to* 



VOCABULAIRE MEO ' 



M. L. PIERLOT 



NOTATION 

I. Voyelles. 

€f et \r comme en quoc ngir. 
e e ouvert. 

6 e ferme. 

Rem. — Le son u qui n'existe pas en Annamtte^ existe en Me'o. 

II. Gonsonnes. 

g se prononce comme en Annamite. {Ex. : gAn). 
ch comme en franc ais [chemin). 

/'h dans tons les autres cas est aspiree. 
ng comme en annamite : ngo. 

q remplace le son kh du quoc ngu (khong). 

c represente le son allemand ch doux. 

z represente le son quoc ngn d [intermediaire entre les sons 
frangais z et].) Le son frangais z n existe pas en Me'o. 

y comme dansyataga?i, bou'iWon. 

w comme wh dans whist et oi dans voiture, po'itrine. 

1. Les notes qui out servi a r^diger ce vocabulaire ont el6 prises dans la 
province laotienne de Tran-ninh, chez les Meo Jilancs habitant les raon- 
tagacs du Pou Kc, du Pou Ko Bo, et du Pou Sao, de uovombre 1903 a 
juin 1904. 



I'* PARTIE 



VOCABULAIRE 



I. — Numeration 





§ 1. — ^fombres. 




i,i. 


//, koi. 


ff^c... etc... 


2, a. 


etc... etc... 


100, i pwa. 


^,pe. 


Wt n6ng ko. 


/(>/, pwa i. 


4, plo. 


^i, n6ng ko i. 


110, pwa ko. 


5, tchi. 


etc... etc... 


///, pwa ko i. 


6, tzo. 


30, pe tyo. 


WO, \ pwa. 


7, sa. 


Sly pe tyo i. 


1.000, itsia. 


^, zi. 


etc... etc... 


/.(^;/, tsia i. 


.9, lyo. • 


40, plo tyo. 


i.lOOt tsia pwa. 


iO, ko. 


50, tchi tyo. 




fois, jow. 


com^iej 


1 rfc /ow, tchtf jow 



une fois, i jow. I 

(joWj^wt signi/ie {o\s,\o\xv,aaussilesensde place, endroit.) 



§ 2. — Adjectifs nameraax. 

tou^; tons lesy ta lo"; ta. 
tous les coolies, ta kou li. 
tous les M4oSy hmoung ta Iff. 



combien de, tchor. 

combien de piastres, Ichtf ki. 

beaucotipf 1ft ; ntow. 



(tft Iff apres tin nom de nombreest limitatif. Ex. : ft to ning 
tAlff; ^ hommes seulement.) 



148 



CINQUlfeME SECTION 



§ 3. — Commerce. 



le sou, nye sou; sou tse 

sou. 
la piece de iOsoiis, nye mbi ; 

mbi [of. thay bi). 



la piece de W sous^nye how ; ji 
how, fl 

la piastre, nye ki ; ki [cf. 
thay kip). 



acheter, moa [cf. aim. mua). | vendre, moa nyea. 



II. 



Monde 



^ \. — Univers. 



Bouddha; Dieu, Ho cha. 
soleil, hnou. 

terre, a. 
eau, d4. 
feu, lo" to". 
fumee, p£l to". 
nuage, foa. 
ueni, tyoua. 

chaud, cha cha. 

froid, na na. 

ilpleut, Ian na. 

/e vent sou fffe,\.yo\i2i tchoua. 

/c .so/ci/ se couche, hnou yo 

poung ta (yo == 2'/.) 
/e soleilse Idve, hnou yo twa. 



lune, qli. 

e'toile, hnou qou.. 

brouillard, ti. 

tonnerre, sA qwa (qwa := ea:- 

cr^mcn^). 
eclair, s& lay (s& g^nerique 

de relectricite). 
del, ntou. 

/c so/c27 5e couche et la lune 
se leve, hnou yo poung, 
qli yo twa. 

un jour, I hnou. 

un mois, i qli. 

un an, i cong. 



§ 2. — Metaux. 



fer, tlow {sigm/ie aussi pio- 

che, etrier). 
cuivre, tong (sa long =. /?/ 

tSlSgraphique). 



argent, nyea. 
etain, tsoa. 
zinc, p6 tyou. 



CONGRfcS INTKKNATIONAL DKS ORIKNTAUSTKS 



149 



() 3. — Min^raux. 



line pi err e^ pAw ji. 

jeler unepterre, tscrw pAw ji. 

ramasser une pierre, qa p&w 

}[' 

schiste, pdw ji tir. 



quartz, p&wji so nea. 
grh, p&w ji phor tu*. 
chaux, mong i xi. 
verre, 1.1 hir. 



III. — V6g6taux 
Si. — Arbres. 



arbre, ntong. 
arhnste, tyoa. 
feidlle^ nblong. 
ipine^ paw. 
ractne, tsir khi. 

bananier, tch(rvv. 
bambou, ooung, 
faux rotin, ka thing. 
rotin, tshea. 
cddre^ ntong tyea. 
phosnix [sorte de palmier)^ 
ntong la. 

?i2. - 

herbe, nqeng. 

herbe mangeable, fourrage, 

saiade, feuille de bambou, 

zow. 
cardamome, qe joung. 
faux cardamome , qhow 

joung. 
fough'c, choua. 
Itane^ bma. 

sorte de liane tendre^ hma oa. 
iiane a epinesy hma paw. 



Scarce, torw [aussi : peau d'un 

animal). 
moussCy ntswa [auxsi : pin^ 

ceau^ baldi). 

sorte de piatane, ntong lou. 

— arbre a bois jaune sa- 
fran clair, trks dur, sert a 
faire ies manches d'outtis, 
feuille bilancioUe)^ ntong 
nblong qlii. 



Plantes. 

orchidee, moa p^ng cho. 

— plant e sauvage grimpante^ 
a petites excroissances epi- 
neitses sur la tige ; racines 
filimormes tres profondes 
(1 d 2 m.), tubercule forme 
carotte de 2 ou 3 cm. de 
diametre, a la chair d'un 
blanc taiteux, pateusCf su' 
cr4e; les Meos mangeniee 
tubercale, qar qra. 



150 



CINQUiEMK SECTION 
§ 3. — Cultures. 



tabac^ liva ying. 
opiurriy ya ying. 
citrouille, tow. 
fives, tow la hk. 



chanvre, ntoa (ntoa 

ler). 
coton, tchoa. 



r= fice- 



§4. - 



fruit, bale, gland, tsi. 

comouille, tsi lia (lia = 
rouge). 

pavot, tsi ying. 

miires, tsi pa. 

6aze spherique , grosseur 
(Tune noix; noyau mou 
tresgros; chair peu epaisse^ 



Fruits. 

hgneuse ; peau bleu noir; 

comestible maisassez mau- 

vais, tsi kou yi. 
peche, tsi tloa. 
noyau, pepin, graine, nong. 
graine depavot^ nong ying. 
sorte de poivre, nong qwa 

tc^w. 



§ 5, — Prodaits vegetaux. 



riz {c&eale), hmpl6. 
riz {grain) ; paddy, 
hmpl6. 



m^w 



paille de riz, qwa hmpl6. 
mats (cireale), p^w qir. 
mats {grai?i), m^w pftw qir. 



i; 6. — Expressions. 



semer du pavot, tch6 ying. 
couper unarbre, tsia ntong. 
le cheval mange du fourrage, 
to neng na zow. 



fai achete de la salade, thS 

moa zow. 
un fruit miir, tsi chia. 
un arbre mort, ntong ivfk. 



IV. — Animaux 

§ 1. — Animaux domestiques. 



cheval^ to neng. 
chien, to d6. 
pore, to mboua. 
vache, to nyou. 



buffle, to tir. 
Elephant, to nsir. 
chaty to mi. 
chevre, to tchi. 



CONCRtS INTERNATIONAL DES 0RIENTAUSTK8 



151 



ours, to day. 
gibbon, to tyoa. 
le gibbon chante, to tyoaqwa. 
recur euil volant, to n6a 
tchow. 



;:; 2. — Animaiix saufagM. 

chevreuii, to chay. 
rat, to na. 
tigre, to tchoo. 



tj 3. _ Oiseaux. 



oiseau^ na. 
pigeon, to ngqwft. 
poule, to qay. 

attraper une poule, to pli 
toqay. 



canard, to A. 
petit d'oiseau, nong. 
vautottr, to nong tcong. 
chanter, qwa. 
roucouler, tyoa dow. 



§ 4. — loscctes. 

abeille, nkorw. 

puce, A.(ii-]imo\x{c hie n-guipe). 

piquer pl6, ta. 



mouche, yong. 

variStS de mouche, to yong 

zang. 
gu^pe, hmou. 

Bern, Le mot pl6 indiqiie une piqiire simple [cas de la gu^pe) ; 
le mot ta itne piqxire avec succion [moustique). Ex. : yong 
quay ta; nk(rw pl6 neng : le moustique suce, C abeille pique 
Vhomme. 



potsson, to ntch6. 
prendre dupoisson, rai ntch6 
chauve-souris, to poua. 



s^ 5. — AnuMox diTcrs. 

lizard, na ntcea {rat^xer* 
pent). 



S6. 
bouse, qwa nyou. 
crottin, qwa neng. 
feuf, mo pla. 
cpuf de poule, q6 qay. 
cuir, ling. 
peau, torw. 
m£^, z6 nong. 



Prodaits aniauiiu. 

niddoiseau, z6 nong na. 

^oie, saw. 

mdchoire de tigre^ to kow 

tchoo. 
petites dents du tigre, to mi 

hnea [dentt de chat), 
miel, t6w. 



152 



CINQUlfiME SECTION 



§ 7. — Phrases. 

faire des petits, ca mi nyoa. 
le poisson demeure dans lean 

to ntch^ ny^ ho to <16. 
les guepes piquent les gens, 

hmou pl6 ning. 
les abeilles font du miel, 

nkcrw wd tow. 
cc miel-ci est bon, tow na 

jongjong. 



Expressions. 

le cheval hennit, to neng 

heng. 
il n'y a pas de petits dans 

ce nid, tchi mwS nong ho 

z6 nong na. 
la puce suce les gens, yong 

qay ta ning. 
pondre nn oeuf, nd6 q6. 



V. — Anatomie 



§ 1. — Anatomie externe. 



homme, to ning. , 

t^te, how. 

cheveux, plo how (plo g4ne- 
rique des polls). 

tresse, queue, to tir. 

oreille [organe], ndj6, 

oreille externe, pwa ndj6 
(pwa generique des appen- 
dices etmembres arrondis). 

ceil qa mwa (qa generique 
des trous et cavites). 

arcade sourcillere, front, 
qwa mwa. 

cils, sourcils, plo mwa. 

cilsy plo qa mwa. 

sourcils, plo pwa mwa. 

nez^ pwa ndju, tsi ndju (tsi 
generique des fruits^appen- 
dices, etc.), ntya ndju. 

narine, qa ndju. 

bouchey qa ntyow. 



dent, hnea. 

la langue, to mple. 

joue, plou. 

menton, pwa tche. 

mdchoire inferieure, lou 

kow tche. 
mdchoire, kow. 
cou, tya da (tya generique 

des cylindres). 
pomme d'Adam, pwa ying 

(m. a m. tite depavot). 
goitre, tsia. 
epaule, sou pir. 
aisselle, qa tcha. 
poilde l aisselle, plo qa tcha. 
bras, tya mba. 
le coude, lou tchi. 
main, tsay t6. 
poignet, tirng. 
rfo?^^ rfe main, ndi t6. 
onij'/e rfe mam, tzo t6. 



CONGRtS INTERNATIONAL DES 0RICNTAU8TCS 



1S3 



poitrine, ch6a, ho ch6a (ho 
giiierique des bosses, choses 
bomhSes). 

titoHy mi. 

ventre, pla. 

nombril, ntffw. 

verge, qo. 

tfisticule, nong q6 (nong gi- 
nerique des noyaiiXy pS' 
pirn, graines, etc.). 

vagin, pi. 

anus, qa qwa (qwa stgni/ie : 
excrement). 

fesse pwa tir (tir signi/ie : 
queue). 



cuisse, dyi pwa. 

jambe, tsay dyi. 

genou, ho tyo. 

cheville, pAw tcrw (pAw ge- 
nerique des objets arron- 
dis^ OS, pierreSy etc.;). 

talon, lou tofw. 

pied, tsay torw, 

doigt de pied, ndi tow. 

angle de pied, tzo torw. 

peau, torw. 

grain de beautS, teah. 

cicatrice, klay. 



OS, pftw tsang. 
/bie, che. 



.^ 2. — Anatomie ioterne. 

piritotne, 19^. 



la queue, to tir. 
encolure de cheval, neng tya 
tsoung. 



§ 3. — Anatomie animale. 

crinihe, tsoung. 
la come, to kou. 
viande, chair, ngqay. 



§ 4. — llesidus. S^retions. 



maiieres fecales, qwa (qwa 
est le generique des r4si' 
dus, s^cr^tions). 



larmey qwa mwa. 
lait, qwa mi. 
salive, 6 ntyow. 



marcher, mou. 
s*asseoir, jo ntoa. 
se lever, chorw. 



§ 5. — Muavementn. 



cotnir, khia. 
tomber, vo. 



154 



CINQUI6ME SECTION 



§ 6. — Fonctions. 



voir, pa. 

flairer, sentir, neh. 

etemuer, tsa. 

se moucher, hl6 ndju. 

renifler^ gou ndju. 

souffleVy tchoua. 

bdiller, tchoua la. 

sif/ler, tsoa. 

chafiter, kir tsia. 

nVe, Iwa. 

avoir le hoquet, wft ntcha 

(w4 ri: faire). 
eructer, w& quay. 



ron/ler, \vA qft. 

cracker, ntS 6 ntyow. 

entendre, na lou. 

/<2tVe fl?cs excrements, tcho 

qwa. 
pisser, tcho ji. 
accoucher, you mi nyoa (mi 

nyoa = enfant), 
colter, m6ng tchong, tchong 

pi. 
/?Mer, tchu lu, tchu tchu lu. 
dormir, tcho j a. 
avoir maU mong. 



§ 7. — Expreissions. 



mort, twS. 

vivant, tyea. 

osil crevi, qa mwa di. 

marcher, mou k6 [marcher 

chemin) . 
a//er sc coucher, mou pir. 
fumer ['opium, ho ya ying. 
^ozVc rfe reau, ho d6. 
manger du riz, na m^w. 
i^/cr, na mi. 
Les Meos mangentdupoisson: 

hmoung na ntchS. 



bie7i dormir, tcho Jong. 
les 2 yeux, & lou qa mwa. 
un homme a 32 dents, i to 
ning mwS hnea pe tyo 

a. 

j'ai mal au ventre, th& mong 

pla. 
fai mal a la gorge, thk mong 

ch^a. 
je mange du foie deporc, 

tha na che mho 



VI. — ia Soci6t6 



§ i. — Les Races. 



m^o, hmoung. 
lao, thay, la tchoua. 
annamite, da d6. 



birman, phir lir. 
siamoi s, p ho 
chinois, chwa. 



congrEs international dks orientalistes 



155 



phou thing, phou thorw. 
mSo blanCj hmoung hdorw. 
m^o bigarre, hmounghl6ng. 



m^o notr, hmoung hdou. 
franfais, pho U. 



§2. - 

coolie, kou li, hou jad dorw. 
cay coolies, kya fou, no mo 

ka phir. 
recruteur de coolies, so 

phay. 
Lassa, chef (Tun groupe m4o 

important, Lft sa. 
papier, ntcrw. 
ecrire, qo ntcrw. 
Ure^ chay ntcrsv. 



Relations. 



$avoir le mio^ tsor lou 

hmoung. 
4 hommes, plo to ning, plo 

tou. 
Madame, Mademoiselle, Siivr , 
Madame Tshia, S4w Tshia. 
Mademoiselle Mi, SAw Mi. 
un meo, i to hmoung. 
^ laotiens {laos),^ to \& tchouA. 
3 frangais, p6 to pho lA. 



§ 3. — Parents. 



mart, tsi. 

femme,^pousey nea; po nea. 

pire, tsir. 

mere, nft. 

pt're et mhe, nA tsir. 

enfant, mi nyoa. 

gargon, mi tou. 



fille, mi nsdy. 

y>wn^ fille, long go. 

/c /r^tf, to kn*. 

le nom, tha. 

comment s'appelle-t-il? {m. 

d m. nom lui comment?)^ 

tha yo to tchi? 



VII. — Habitation 



§ 1. — Maisoo. 



maison, tch6. 

cloison, paroi, dja tchfe. 

planche, tso ntong (tso g6' 
n^rique des objets allonges, 
rubans, routes etc.). 



porte, qraw toung. 

cai phen {treillage en bam- 

bou), tya pwa (m. a m. 

cent brins). 
paillotte, 8&m nblong. 



156 



ClNQUlfiME SECTION 



§2. - 

foyer, qro tsaa. 

feu, to"; lo" to". 

bois a briUer, tya tff (tya ge- 

nirique des objets cylin- 

driques). 



Foyer. 

fiim^e, pS to". 
braise, ntyey. 
cendre, tchow. 
trepiedj tcong tyoua. 



§ 3. — Eclairage. 



feu, tor. 

aliumette, nten ta, ntay to 

cha. 
ime boite dallumettes, i pA 

ntay to cha. 
frotter, nto. 
allumer line allumette, nto 

nten ta. 



lampe, t^ng. 

la m^che de lampe, to t^ng 

s6ng. 
photophore, tfing long. 
bougie, tya nyou {nyou == 

1°vache, 2° suif). 



VIII. — Alimentation 



§ 1. — Ustensiles de cuisine. 



marmite, lo ko. 
chaudihe [en forme de 

lotle sph&ique), zea, 
bouteille, lo qo. 
bouchon, lou thaw. 
verre, tcho pi. 
6cueUe [cat bat), dii. 
cuiller, dea. 
corbeille a riz, tchong 

mftw. 
seau a riz, tchu mAw. 



ca- 



to 



manche de couteau, tya tyo 

pwa. 
calebassej tcho to. 
bailie, nthong. 
corbeille {d couvercle pour 

transporter une ration de 

riz), fa to". 
tube en bambou {pour conte- 

tenir Peau), lou tzang gft 

d6. 
contenir Peau, gA d6. 
theidre, hir. 



CONGRCS INTkiRNATIONAL DES ORIKNTALISTES 



1S1 



§ 2. — Alimeots 
(Buft mo pia. 

osuf de poule, qay mo pla. 
farine de riz, riz cuit^ mAw. 
pain de fives, qwa low. 

[aire frire, tyi. 

faire frire dit poisson pour 



§3. - 
tabac^ Iwa ying. 
cigarette^ Iwa ying ntaw 

(nt(rsv = papier), 
pipe, ying nthong (nthong 

= bailie, recipient), 
fumer du tabac, ho iwa ying 

pang Iwa ying. 
pipe a tabac, ying nthong 

h6 Iwa ying. 
le fourneau de la pipe, to 

quay ying nthong (m. a. 

m. le poulet de la pipe), 
allumer le tabac, Itflwa ying. 



Expressions. 

sorte d4pice^ qwa t<jdw. 

alcool, ty(Av. 

sff/, ndj6. 

bloc de sel, paw ndj6. 

le manger, tyi ntch6 na. 
Peau bout, d6 mpow. 



Fomerie. 

un paquetde tabac, i pd Iwa 

opium, ya ying. 

fumer C opium, ho ya ying 
(ho = boire). 

balai ou pinceau a tourner le 
dross pendant la cuisson^ 
ntswa ying. 

pincette en boispour manier 
la bouilloire a dross pen- 
dant la cuisson, to tay tyia. 

passoire a dross, li ying. 



IX. — Vitement 

^ i. — Hahillement. 
{Hommes) 



ceinture grise a carreau, chi 

tying. 
pantalon, tcho". 



veste, tchho. 
complet, tcha tchho. 



veste y tchho. 
revers, ndia tchho. 
col, da tchho. 
pantalon de femme , tchi 
jupe plissie, la. 
tablier, ch6. 



{^Femmea) 

JambiereSf ntchong. 
turban^ cho lying (cho ge- 

nerique des cercles). 
eoussin {pour amortirle poids 

des fardeaux sur les reins) ^ 

t(^h doa. 



158 



CINQUlfiME SECTION 



^2. — Eiffels divers. 



calotte {pour les enfantsj^miy 
ko mS (ko gen^rique des 
cercles). 

gland de calotte, tsi ko mk. 

bouton^ q(r ts6. 

bouton spherique , nyou tsir. 

ceinture, tir chi. 



bandede ceinture, de turban, 

chi. 
Soulier, khow. 
cottverture, pang. 
couverture de coton, plow 

tchoa. 



toile, nlow. 
/?/, so. 
soie, saw. 
coton, tchoa. 
sac, ch^ng; hna. 
les ciseaux, to tsea. 



§ 3. — Ustensiles de couture. 

corbeille a ouvrage, me long, 

ho me long. 
aiguille, kong (kong = 

aussi : piquer). 
parasol, ko kir. 



§4. - 



baguCf mpl6. 
boucles d^oreille, ko ndje. 
bracelets, ko tirng. 
collier dargent, cho nyea, 
tya nyea. 



Parure. 
collier, cho tya da. 
breloque de collier, phia cho, 
njou phong. 



§ 5. — Expressions. 



confectionner une veste , saw 

tchho. 
6tendre une couverture, poua 

pang. 
piquer [av. une aiguille), 

kong. 



porter une veste, na tchho. 

Les jeunes filles m^os por- 
tent des pantalons. Long 
go hmoung, na tchi. 



escabeau, t^ong, 
table, ongtc fa tcho. 



X. — Mobilier 

§ 1. — Meubles. 

lit, tcong pir (pir =. se cou- 
cher). 



CONGR^S INTKRNATIO:<AL DES ORIENTALISTKS 



189 



te lit de Momieitr, thA lou 

tcong pu*. 
nattCt day l£. 



iiatte en rotin^ 16 ka thing. 
cfxaise^ ki t6ng. 
ichelle, ntay. 



() 2. — Ustensiles et olijets direro. 



panier a ciairevoie, tor. 
/a Aol/e, lou tsir, lou tay. 
boUe en ziiic, tay p6 tyou. 
cassette^ malie, caniine, phi 

ka. 
caisse, dk. 
caisse en bois, d& ntong. 



ia ci^, to yo chi. 

corde, tsdw tloa. 

lien {cai lat), tsAw ntyow. 

gSnerique des cordes^ ficelleSj 

etc, tsAw. 
papier, ntorw. 



§ 3. — Ilstengiles et instraments de caltare. 



meule (d moudre le grain), 

tovrner la mettle, jo jA. 
corbeille a vanner^ va. 
hotte, korw. 

Ao//e en bambou, kffw ya 
coung. 

M- - 
OM///, tcha. 
coupe-coupe meo d crochet, 

tcha tsoa. 
coupe-coupe laoiien, tcha 

tchia. 
pioche, tcha llow. 
manclie de pioche, kA tlow. 
hache, hachette, tcha tow, 

to tow. 

55 5. 

.sv?//e de cheval, 6ng neng. 
bride, longe, tloa. 
etrier{en fer), tlow. 



culde hotte, qa kcrw. 
bretelle de hotte, tloa k(]rw. 
au^e a pores, tla mboua. 
sac, hna. 

sac t/c /oiVe, hna ntow. 
tresser une hotte, kie korw. 



Ontils. 

manche de hache, kA tow. 
le manche de la hache, to kA 

to tow. 
pelle en fer, doa tlow. 
pierre d aiguiseTf pAw ji 

hA. 
aiguiser un coupe-coupe, hA 

tsoa. 



SeUerie. 
^Wier {en rotin), thing torw. 
collier d grelots, tchir. 
b(U de bmuf^ 6ng tyo nyou. 



160 



CINQUlfiME SECTION 



§6. — Ghasse, p^che, jeux. 



fusil, phSw. 

poiidre, tchoA. 

come a poudre^ kou tchoS. 

hamegon, nou ntch6. 

epervier {sorte de filet), kou 

(kou z= come.) 
balle djouer, pftw. 



volanty plo qay [plumes de 

poule). 
savate dejeit, en j one tresset 

ndjang. 
jouer au volant [le volant est 

lance d coups de pied), 

ndjang di. 



XI. 



Topographie 



§ 1. — Noms 

maison, tch6. 

village, zo. 

ville, tS. 

endroit, place, lieu, nd6; 

jow. 
muong ^rdgion^pays, moung. 
direction, le. 
route, k6; tso k6 (tso gene- 

rique des objets allonges. 



topographiques . 

7'ubans, planches, etc), 
thalweg, qir d6. 
pont, tcho. 
col, dcrw. 
montagne^ ntow ; ho tzoung 

(ho, generique des bosses, 

genoux,etc.). 
ray, defrichement, t6. 
/?/ telegraphique , sa toung. 



§ 2. — IVoms propres adoptes du Thay. 



Phou {montagne) , phu. 
Phou kiy Phu k6. 
Xieng, Tch6ng. 
Xieng-khouang ,Tch.tng. 
a Xieng - khouang , nda, 

Tchdng, ou bien : nda 

Sing. 



la ville de Hieng- khouang, 

ta tcheng. 
Muong, Moung. 
Muong Tan, Moung Ta. 
Tlia Thdm, T& Thong. 
Nam, Na. 
Nam Tye, Na Ty6. 





§3. 


— Expressions topographiques. 


prh, j6. 
loin, d6. 






montevy p6. 
descendre, ndja 



CUNGRtS INTKIINATIONAL DES ORIKNTALISTtlS 



161 



allrr^ mou p6, mou ndjA. 
aller^ (= monter) a Xieng 

KhoH'ing. mou [»<^Tch6ng. 
la route fie T/ia Thorn {qui 

descend (i T. T.), k6 mou 

ndjA TA Thong. 
chetnin facile, line k6. 
chemin difficile, hra6 k6. 
boil c6t4, cay Jong, 
mauvais cdlS, yay di. 
couperdesarbres, tsia ntoiig. 
quel est ce village? zo na 

tchi? 



ce village a combien de mai^ 

$ons?i.o na mwd tclia lou 

trhft? 
— dix maisom, — mwi ko 

lou tcli6. 
Xieng Khouang est-il loin on 

pres? Til Tch^ng (l<i 1.1 j6? 
marche par Id, mou le td. 
marche par ldjusqu*au thai- 

iveg. mou le tA qir dS. 
«/ens /yflr ic/, \& tA na. 
t;<i /e placer dans le thalweg ^ 

tU qir d^. 
faire uu rag, wa Id. 



ir PAKTIK 



XII. — G6n6riques 



hu {bosses; protuberances). 

ho lyo ^ genou. 



kA [objets ronds). 



lo [recipients 



ho ch6a r= poitrine. 
ho cha z= Houddha. 
ho tzoung = montagne, 

ko tirng, bracelet. 

ko ndjA, boucles doreilles. 

ko in A, calotte, 

ko ku', parasol. 



lo ko, marmile. 
lo «|o, bouteille. 
i. //tvii. I.esMt'os iudiqucnt luujours ti U roulo te fait «a luontaat ou 



ca deacuudaut. 



ir 



162 CiNQUlfiME SECTION 

nong^ [noyaux, pepinSy graines). 

nong ying, graine de pavot. 
nong qwa tcAw, sorte de potvre. 
nong q6f teslicule. 

paw [objeis arrundis). 

p&w, balle djoiier. 
pSw ji, pierre. 
pAw ndj6, bloc de sel. 
p^wtsang, OS. 
pSw tcrw, cheville. 



plo (poi/Sy plumes) 



pwa {appendices). 



[trous). 



plo mwa [cils, sourcils). 

plo qa mwa, cils. 

plo pwa mwa, soiu'cils. 

plo how, chevetix. 

plo qay, plume de povle, volant djouer. 

pwa ndj6, oreille. 

pwa ndju, we^. 

pwa mwa, front. 

pwa tche, menton. 

pwa ying, pom.m.e d'Adam. 

pwa tir, /esse. 



qa mwa, az7, orbite. 
qa ndju, narine. 
qa tcha, aisselle. 
qa qwa, am^i". 
qa ktrw, cw/ rfe //o//e. 

qwa {excrements, residiis^ pates). 

qwa, excremenis. 

qwa mi, /«zV. 

qwa hmpl6, paille de riz. 

qwa mwa, larmes. 

(|wa tow, ^rtm </e /eve^. 



CONGRiS lNTEKN.\Ti(I.NAL l)E.N UKItNTALISTfcS 163 

8a {^lectricite). 

sd c|wa, tonnerre. 

sA lay, eclair, 

sA toung, fit Uh:ijraijhii/ne, 

troojf {jiieubles a pieds). 

tcong, escabeau. 
trong tyoua, trepied. 
tyong fa tcho, table. 
tyong pir, lit. 
to [animaux). 

to ning, rUomme. 
to neng, le citeval. 
to inboua, le pore, etc... 

tsaw {cordes, lifus, ficflles). 

tsftw lloa, corde. 
tsAw ntyow, lien. 

(81 {ylatids, fruits, baies, boittons, appendices). 
tsi lia, cornouille. 
tsi pa, mAre. 

tsi kou yi (.^) 5or/« r/e /rwiV suuvat/f. 
tsi lloa, pSchf. 
tsi ko mi, qland de calotte, 
tsi ndju. ^o/// ^// /itfs. 

t8o [obiets allonges en forme de mba/us). 

tso ntong, planche. 
tso kA, row/e. 



(cha [outils). 



ifho i_/''( ijin'nts). 



tcha tsoa, coupe-coupe meo. 
tcha tchia, coupe-coupe tno. 
tcha tlow, pioche. 
tcliR tow, hache. 

tcho pi, rtfrr<r. 
tcho to, calebasse. 



cho [cercles). 



164 CiNQUlfiME SECTION 

tya {objets cijlindriques). 

tya da, coii. 
tya tsoung, encolure. 
tya nyou, bougie. 
tya nyea, collier dargent. 
tya ntong, tronc (Tarbre. 
tya tyo pwa, manche de couteau. 
tya to", bois a bruler. 
tya mba, bras. 

tya pwa, cai phen {m. a m. iOO brim) 
(tya traduit ici le mot brin). 

cho nyea, collier d' argent. 

cho tya da, collier. 

cho tying, turban de femme. 

Xlll. — Article 

lampe = teng. 
la lampe = lou teng. 
le soleil ::=: lou hnou. 

Rem. I. Varlicle ne semploie pas devant le gen^rique des 
animaux to. 

Ex. : 4 pores zir plo to mboua. 
le pore =: to mboua. 
{to remplace ici l' article.) 

Rem. II. Certains substantifs, quoique ne designant pas des 
animaux, peuvent se pr feeder du generique to. 

hache, tow, to tow. 
le manche de la hache : to kk to tow. 

XIV. — Noms communs 

chose, objel -=■ qra. 

cet objet ci, ceci "=■ qra na. 



CONGRte INTKRNATIONAL DES URIKNTALISTES 



t« 



Hre "=. yd. 

chose = to. 

quel? = Ichi? 

quelle chose, quoi? = to Ichi? 

qu^est'Ce que eel objel? =: qra na yft to tchi ? 

cV.f/ une pioche ^ yft tldw. 

cette chose -Id = to ta. 

qu'est-ce que c'est que fa? zz to ta tchi? 

cest du papier = yft ntcAv. 

ce sont des feuilles d'arbre = yd nblong ntong. 

Comment s^appelle ceci? {m. d m. appeler cect comment?) 
Mp6y hou li tya? 

Ceci s'appelle des mttres {m. d m. appeler ceci miires). 
Mp(iy hou tsi pa. 



XV. — Noma propres 

le nom = tha. 

Comment s'appelle-t-tl? [m. d m. nom lui quot?) 

tha yo to tchi? 

// s'appelle Ming : tha yo Ming. 



XVI. — Adjectifs 



bon, jong. 

mauvais, di. 

ioli, jong. 

laid, ndoa. 

grand y lA. 

petit y yo. 

long, nt6. 

vivant, tyea. 

mort, twft. 

chaud, khofw; cha cha. 



froid, na na. 

autre, tzo. 

tme autre lampe, i tdng tzo. 

bon d manger, na to {manger 

pouvoir), 
le cardamome est comestible, 

qe joung na to. 
le faux cardamome n'est pas 

comestible, qhow joung 

na tchi to. 



166 CINQUIEME section 

vide, qwa. ce.... ci, na. 

nid vide, z6 nong qwa. proche, \6. 

ce la, la. lointain, de. 

Lou tche na jong doa; lou tch6 nda tx6ng ndoa ta lo" : celte 
maison-ci est tres jolie; les maisons a Xieng-Khouang sont 
laides toutes% 

Coaleurs . 

jaune, da. 



notr, hdou. 
hlanc, hdcrw. 
rouge, lia. 
bleu, sia. 



bigarre, hldng*. 
bleu fonce, pla. 
vert, ntchoa. 



XVII. — Pronoms personnels 

Je [mandarin], thft [du laotien than). 

[inferieur], nlAw. 
tu [mandarin]^ th^. 

[inferieur], kir. 
il [mandarin], thA. 

[inferieur, objets], yo 
nous = qoii you a. 
vous =■ qk youa. 
ils nr yo. 
je suis, thS y S . 
tu as, kir mwA. 
il peut, yo to. 

nous faisons; qou youa wft. 
vous venez; qA youa IS. 
ils res tent; yo nyA. 

XVIII. — VerJbes 

§ 1 . — Verhes auxiliaires. 
^tre, y&. 

avoir, mwA. 

1. Le mot hleng signifie plutdt : a dessins, a fjettrs, a ramages [pour 
les etoffes). II correspond tout a fait au mot annamite hoa. 



CONf.RftS INTKRNATIONAL DRS ORIRNTALISTIIS 

I'arhre a des fetiUtes; ntong mwft nblong. 

Question : Thft wA to tchi? Que fait es-vous? 
l\4ponse : ThA tsia ntong ;y^ coupe un arbre. 

Question : \\k to tchi? Que fais-tu? 
Reponse : ho d6; je dots de Ceau. 



161 



n; 2. — Liste alphabetiqne de qaelqoes Tcrbes. 



Acheter, moa. 

acheter du viz pour man- 
ger, moa mftw na. 
Alter, mou. 

se mettre en route, mou 

k6. 
retoumerdlamaison, mou 

tch6. 
monter, mou p6. 
descendre, mou ndjd. 
Allumer^ nto. 

allumer une allumette, nto 
nten ta. 
Avoir mal dy mong. 
;'a« mal au ventre thS 
mong pla. 
Avoir peur de, ntchay. 
Contenir, gft; tshou. 

sac de toile pour contenir 
le paddify hna ntow 
tshou hmpl^. 
cette boite contient du la- 
bac, lou tsir na mwd 
Iwa ying nhil ho {m. a 
m. a du tabac rester 
dedans). — ho lou tsir 
na, mwA Iwa ying nhd 
ho. 



Comprendre, po. 
Couper, tsia. 
Devoir, falloir^ zA. 

donne un collier eCargentt 
zA qou tya nyea. 
Dormer, tzo; qou. 
Enlever, t?^. 

enlever le croltin, tcft qwa 
neng. 
Envelopper, khu*. 

feuille de banamer pour 
velovper le riz, nblong 
tchorw khu* mAw. 
Etendrc, poua. 
etendre une couverture, 
poua pa. 
Falloir {devoir ; il f out que), 

zA 
Fermer,, kh'\. 

fermer un sac, khi hna. 
Ficeler, ntoa. 
f rotter, nto. 

/rotter une ailumette, nto 
nten tor. 
y?//»r, t8(rw. 
y>//»r une pierre, Iscrw 
pAwji. 
Laisser tomber, tcho. 



i68 



CINQUlfcMK SECTION 



laisser tomher tine pierre^ 
tcho pftwji. 
Lcrer, ts^w. 

lever ime hotte, ts^w k(rw. 
Mentir, da. 
Mettre stir son dos, charger, 

tzi. 
Ouvrir, qri. 
ouvrir une boite, qri phi 
ka. 
Piquer, kong (kong est aussi 
substantif et signi/ie ai- 
guille). 
Porter., kir. 

porter une hotte, kir kcvv. 
Poser ^ tcho. 
poser une pier re, tcho 
p£kw ji. 
Pouvoir, to. 

ce nest pas possible, tchito . 
ban a manger , na to. 
Ramasser, kho". 
ramasser une pierre, kho" 
pSwji. 



fiester, n\\&. 
S'appeler, nip6y. 
je m'appelle X, Ihk mpey 

X. 
le Lai^sa sappelle la Ya, 

hk sa mp6y ZA Ya. 
la femme du Lassa s'ap- 
pelle Miy Po nea LS sa 
mp6y Mi. 
Savoir, tsff. 

savoir le frangais, tso" pho 
la. 
Se coucher, pir. 

aller se coucher, mou pir. 
Tenir, raw^ [avoir). 

tenir unepierre, mw^ pAw 

ji- 
Touj'ner, jo. 

tourner la meulc, jo j6. 

Fem>, la. 

Kow', pa. 

Vouloir, sa. 



§ 3. — Remarques sur le verbe. 

I. Imperatif. — Peut se marquer par temploi du verbe zS, 
falloir. 

Ex. : Retourne a la maison, /A mou telle. 
// pent aussi se marquer, plus simplement, par tadjonction 
de la voyelle Sl, a la fin de liujonction. 

Ex. : Retourne a la maison, hk.u tch6 a. 
En route! mou k6 a. 
Viens icil LA nd6 na a. 

II. Substantif verbal. — Le verbe precede de to, equivaut a 
un substantif verbal (to = le fait de). 



C0NGR£S rNTERNATiONAL DRS ORIRNTALISTRS IM 

Ex. : Long go pho 1& ntchay to p6 na; long go lA tchouA 
ntchay to p6 na; long go hmoung ntchay to mou moiing 
pho lA : [les jetines filles frangaises craignent ie fait de mon- 
ter ici; les jeunes /tiles laoliennes craignent de monter tci ; les 
Jeunes filles mdos ontpeur d'aller an pays franfais), 

XIX. — Adverbea 

oui = yo non =. tchi. 

{» 1. — Adverbes de lieu. 

loin = dA. 

OT^? = qrft lir. 

ici •=. j6w qa ; ndfi q.1 

la. =: jow ntorw; ndft ntorw. 

Oii allez-vous? — qd youa mou ny^ qrft tir? ' 
Nous allons a la maison^ — qou youa mou nyft tch6. 
Oil est la lime? — qli nyS qrA tir? 

§ 2. — Adverlies de temps. 

aiijourd'hui "=■ hnou na. 

hier ^r^ ma na. 

demain "= p6 ki, tay ki. 

pas encore =^ tchi to. 

La lime 71' est pas encore lenie : qli tchi to twa. 
maintenant, actitellement =■ lou qli (m. dm. : cette lune-ci, 
ce mois-ci). 

Aiijourd'hui arrivent 4 hommes : hnou na \^ ndfina plo ton. 
Demain il retoume chez lui : tay ki yo mou tchd. 

1^ 3. — AdverheA de quantity. 

^•As^ deh, doa. 

tres (hin -zr. jong deh; Jong doa; 

un pen — mA ndji ; md mt> ; 



no CINQUI6ME SECTION 

heaucowp =■ Ift; ntow. 

ilny en a pas beaucoup; tchi mwA ntow. 

com6/(?n ? = tcho"? 

combien de piastres? = tcho" ki ? 

encore = tchhoua. 

J'ai encore unpeu de viande de pore ;thA mwS "gq^y mboua 
tchhoua m6 xnh {on bten : tchhoua m6 ndji). 

§ 4. — Adverbes de maniere. 

ne... pas = tchi. 

je ne comprends pas — th& tchi po. 

ce n'est pas bon =■ tchi jong. 

bien := Jong Jong. 

vite! ^= cha chay!... 

viens vite!... cha chay la a. 

XX. — Propositions 

ya =: de, en; [exprime la matiere dont une chose est faite). 
en quoi? = ya to tchi ? 
i sou yk to tchi! Un sou est fait de quoi? yd tong, de 

cnivre. 
i ki yd to tchi ? Une piastre est faite de quoi? yd nyea 
= d' argent. 
ho = dans,, a I'interieur de. 
ho ki — entre. 

entre les arbres =: ho ki ntong. 
ho ka =■ au dessous de. 

av dessous de cet arbre la =■ ho ka ntong na. 
je vais passer en dessous de cet arbre = thA mou ho 
ka tya ntong na. 
cho ■=. au dessus de. 
nda := a. 

A Xieng Kouang., nda Sing, nda Tch^ng 
ning = avec, au moyen de. 

lof Iwa ying ning tya nyou : allumer sa pipe avec la 
bougie. 



CONGRtS INTKRNATIONAL DRS ORIRNTAUSTES HI 

XXI. — CoDjoDCtions 

on bien = 1.1. 

prh, on loin? ^^ lA d6? 

pour, la, yd. 

Ex. : bdiller pour dormir; pour aiier xe coucher, tchoua la 
y& tcho ja ; yft mou pir. 

Eati pour boire, d6 la ho. 

XXII. — Quelques phrases 

Hnou na thd mou ndjA Tchdng; thd moa ngqay mboua A 
mbi : aujourfVhui jf suu descendu a Xieng-Khouang ; fat 
acheti de la viande de pore pour !20 sous. 

Long go hmoung hdou sorw iw chi : la Jeune fille Meo 
Noire fait une ceinture. 

To neng na zow : le cheval mange du fourrage. 

Tsi na na tchi to : ce fruit nestpa^ mangeahle. 

Tsi tloa tchi chia ; pd qli chia : les p4ches ne sontpas mtires; 
elles le seront dans 3 mois. 

Lou qli yo tchi to chia : actuellement elles ne sont pas encore 
miires. 

Kou tya L^ sa t^ : adieu, Lassa, 

Ntong nblong qlii w.l k.l tsoa : Carbre « nblong glli n sert 
a faire les manches de coupes-coupes. 



NOTES SUR LES MEOS 



CONSULTER SUR LES MEOS 

1° Notice sur le Laos Frangais, publiee sous la direc- 
tion du lieutenant-colonel Tournier. Schneider, 1900, 
Hanoi, pages 115 et suivantes. 

2" Surveying and exploring in Siam, by James Mc Gar- 
THY. London, John Murray, 1900. 

Les pages qui suivent ne sont que quelques notes rec- 
tificatives ou complementaires et quelques renseigne- 
ments locaux. 

Le Tranninh compte 10.000 Meos environ. Leur habitat 
principal est la longue ar6te montagneuse qui, entre le 
Nam Mat et le Nam Khien court de I'Est a I'Ouest sur une 
longueur de 75 km. environ, du Nord de Muong Sen 
sur Nam Mo, jusque vers le Phou Jiuen, au N. O. de Xieng- 
Khouang (cf. Carte du Bureau Topographique a 1 : 500.000, 
feuilles Luang-Prabang et Hanoi). 

Leurs habitations sont perchees de 1.500 a 1.800 metres 
d'altitude. On en trouve d'ailleurs sur tous les massifs 
du Tranninh atteignant ou depassant 2.000 metres; par 
exemple au Phou Bia, au Phou Sao, au Phou Kobo, au Phou 
Ke. G'est avec les habitants de ces trois derniers massifs 
que je me suis trouve en contact, lis ne s'installent pas au 
sommet mais a flanc de montagne, de facon a avoir de 
I'eau et a s'abriter des vents. En general ces montagnes 
sont graniliqiies. Les Meos installes en amont des stries 
calcaires qui forment souvent le rev^tement du pied de ces 



CONGRte INTKKNATIONAL l)KS URIKNTALISTES 173 

massifs granitiques, sont moins sujets au goitre que leg 
Phou Things (sorte de Khas) par exeinpie qui hahitent ties 
regions moins elev^es, une zone plus basse. 

Ces Meos sont bien les m^mes que ceux qui hahitent 
les hautes regions du Tonkin. Venant du Sze-Tchouen et 
(iu Yunnam, ils se sont avances gagnant de sommet en 
sommet le long de la dorsale annamitique, jusqu'a hau- 
teur de Hue. 

Les Chinois les nomment Miao-tze. De la le nom de 
Mio employe par les Annamites et par suite par les Fran- 
cais, et celui de Miao que leur donnent les Laotiens. 
Quant a eux, ils se d^signent sous le nom de hmoung. 

On distingue chez eux au Tranninh trois families; les 
Blancs, les Noirs et les HUng, d'aprfes la couleur ou I'or- 
nementation de la jupe el de la veste des femmes. Le mot 
m6o filing correspond a I'annamite hoa, qui determine 
toute ornementation, fleur, dessin, rayure etc. Ces dis- 
tinctions ne se remarquent d'ailleurs bien nettement que 
sur les v^tements de ceremonie. Ainsi, pour travailler 
dans les defrichemenls, les femmes meo blanches portent 
souvent des jupes de toile bleue sombre. 

Quand elles ont a aller travailler dans la brousse, et 
surtout I'hiver, elles portent aussi des pantalons a peu 
pres semblables a ceux des hommes, mais moins flottants 
et un peu moins longs. Ce pantalon est serre a la taille 
par un grand nombre de ceintures, rouges, bleues, a car- 
reau, etc. Jupes ou pantalons sont d'ailleurs loujours 
couverts du tablier bleu destine k masquer le raccord du 
devant de la jupe, ou ^ voiler I'indiscretion du pantalon. 

En general un groupement meo appartient plus spd- 
cialement k Tune des trois families. Ainsi les Meos du 
Phou Khe sont des Blancs. On trouve neanmoins parmi 
eux quel<iues maisons de Noirs et de HIdngs, attires U 
sans doutc par des liens de parente, car les manages 
entre Blancs, Noirs et Hl6ngs sont chose courante. Je n'ai 
d*ailleurs rencontr6 aucun cas d'alliance entre M^os et 
gens d'une autre race, par exemple Phou Things ou Lao- 



174 ClNQUlfeME SECTION 

tiens. Le inari n'achete pas bien cher sa femme. Le Lassa 
(chef de groupe) du Phou Ke a achete sa deuxieme femme : 
40dol. et 2 pores. 

Les Meos ont une langue speciale, tres reconnaissable 
a la frequence des h aspirees devant d'autres consonnes; 
a la predominance des ch ou tch en I6te des mots ; a celle 
des «^ comme terminaison; enfin a I'existence de Yu pro- 
nonce a la francaise. et des voyelles nasales an, m, on. 11 
serait tout a fait impossible de transcrire le meo en fran- 
cais, ou m6me en quoc ngu sans adopter des conventions 
speciales. Les Meos n'ont d'ailleurs pas d'ecriture propre. 
lis ignorent les caracteres chinois. Mac Garthy dit que la 
breloque suspendue a leur collier porte en general des 
caracteres chinois; je ne le crois pas; je n'ai jamais cons- 
tate ce faitau Tranninh, ou la breloque porte simplement 
quelques traits formant ornementation. 

On pourrait croire que les Meos, venant du Yunnam, 
du Sze Tchouen et du Kouei-Tcheou ont une langue 
parente du Kouan-Hoa, ou du moins presentant avec lui 
quelque analogie. Ouvrant un vocabulaire Kouan-Hoa et 
comparant les mots les plus usuels aux mots meos, je n'ai 
pu trouver aucune analogie. Le Kouan-floa est done une 
langue compl^tement etrangere au Meo. Au Tranninh, les 
chefs meos seuls ont une vague connaissance du Kouan- 
Hoa, dont ils ignorent d'ailleurs les caracteres. 

Au Tranninh les Meos, dissemines par ilots dans une 
mer laotienne, connaissent le langage laotien (ou thay). 
G'etait du moins le cas de tous ceux que j'ai vus, hommes 
ou femmes. 

Tous les Meos (du Tranninh), Blancs, Noirs ou Hl6ngs 
parlent la m^me langue. Mais eette langue est legerement 
differenciee en dialectes. Voici quelques exemples de 
eette differenciation. 

Ces renseignements m'ont ete donnes par des Blancs 
du Phou Khe connaissant le dialeete Hlrng. Je suis moins 
certain de I'exactitude des mois Noirs fournis, car au Phou 
Khe on ne connait pas de Noirs. De la vient probablement 



CONORS INTEHNATIUNAL des orikntaustks 



175 



qu'on n'a pas pu me differencier le diaiecte Noir, et qu'on 
lui a donn^ les formes du Hl6ng. 



NomB en 


Mio Blkoc 


}Aio Noir 


M^o HI«DK 


poulet 


qay 


()a 


qa 


mauon 


tch6 


tch6 


tchd 


canard 


aw (aou) 


oil 


ou 


a Uicng Khouautj 


nda Tcht^ng 


nda Sing 


nda Sing 


teton 


mi 


mi 


mi 


soie 


sAw 


9 


so 


bleu 


lea 





id 


chien 


d« 


pl6 


\tU 



En resume je serais porte a croire que les mots diffe- 
rent legerement suivant les trois dialectes; mais pas 
assez pour que des Mios de dialectes differents ne puissent 
86 comprendre parfaitement. 

HabiUemenL. — La jupe pliss^e meo (ta) porte par der- 
riere, a la ceinture, unbourrelet horizontal de 10 k 15 cm. 
de long. C'est sur ce bourrelet que prend appui le bas de 
la bailie avec laquelle les Meos vont chercher I'eau. Par 
dessus la jupe, la femme meo porte de plus sur les reins 
un coussinet asse/ epais qui amortit le poids de la bailie. 
Leshommes portent le pantalon longjusqu'a mi-moIlet(et 
non court comme dit Mc Cartliy). Les principales parures 
des femraes, outre les bijoux sont le col, et 1 erliarpe qui 
sert a porter derrifere le dos les bebes. 

Superstition. — Quand il y a un malade dans une inaison 
m6o,on sacritie aux esprits pour apaiser leur colore. On 
prend un pore, on le consacre aux esprits en recitant des 
oraisons et en lui brulant sous le nez des papiers dores 
ou argentes. Ensuite on lui coupe la gorge. Devant Tautel 
minuscule qu'on a dresse aux esprits et sur lequel brulent 
quelques bdtonnets, on installe un banc. Sur ce banc 
s'assied le Meo qui officie. La cer^monie consiste pour 



176 CiNQUifiME SECTION 

lui a Hurler des incantations et a ex6cuter en m^me temps 
sur le banc en guise d'accompagnement un energique 
tape-cul. Plus I'exercice est violent et long, plus les esprits 
sont contents. La ceremonie dure une heure ou deux ; elle 
ne cesse que quand I'officiant est a bout de forces. Pen- 
dant ce temps le pore, vide et ebouillante a ete place a 
cheval sur un petit banc derriere I'officiant. Apres avoir 
assiste a la sc^ne en spectateur muet il est depece et 
mange par les gens de la maison. Geci pour les maladies 
peu graves. 

Mais quand le malheur semble s'dtre attache a une 
famille la ceremonie est plus compliquee et plus impo- 
sante. On reunit au centre de la maison tons les habitants 
et les voisins, hommes et femmes; le groupe est entoure 
d'une corde. A une ceremonie de ce genre a laquelle 
j'assistais, on avaitdesigne comme victime le chien de la 
maison, une magnifique ch^vre, les deux plus gros pores 
de Petable, et la basse-cour presque entiere. Toutes ces 
malheureuses b^tes a demi-ligottees ou etranglees avaient 
ete rassemblees dans la maison; deuxou trois Meos Irap- 
paient sur des gongs et hurlaient des incantations; quand 
ils furent a bout de force toutes les b6tes furent egorgees, 
le chien brule vif en dehors de la maison ; et les specta- 
teurs, rompant leur groupe, regagnerent leurs penates. 



APPENDIGE 

COMPARAISON DES DIALECTES MtOS DU TONKIN 
ET DU TRANNINH 



Les Meos du Tonkin et ceux du Tranninh parlent la 
m^me langue. Cependant ils prononcent les monies mots 
d'une faron un peu difTerente. De plus, quelques mots 
(environ un sur dix), different totalement. De la des dia- 
lectes difTerents. 

Au Tranninh il y a les dialectes Blanc, Noir, Hlen^. 

Au Tonkin (3' territoire militaire), il y a les dialectes 
Turbans rouges et Turbans blancs. 

Les dialectes Noir et Hling du Tranninh semblent se 
rapprocher davantage du dialecte Turbans blancs du Ton- 
kin. 

D'une maniere gen^rale les mots du Tranninh sont plus 
compliques. Ceux du Tonkin plus simples, plus coulants, 
moins dpres. lis ont ete plus exposes a la degradation 
provenantdu principe de moindre effort et des influences 
etrang^res. Leurs asperites sont emoussees. Geci s'ex- 
plique par le fait que les immigrations m6os sont plus 
anciennes au Tonkin qu'au Tranninh. L'evolution de la 
langue est plus avancee dans le premier cas que dans le 
second. 



\r 



178 



C0NGR£S international DES ORIENTALISTES 



EXEMPLES : 



Francais 


Meo Blancs 
Traaninh 


Turbans Rouges 
(3« T. M.) 


Turbans Blancs 

(3« T. M.) 


soleil 


hnou 


nu 


nu 


arbre 

feuille 

fruit 

tabac 

chevre 


ntong 
nblong 

tsi 

loa ying 

tchi 


tung 

lung 

xi 

la ying 

xi 


tung 
lung 

xi 

la ying 

6 


coc.hun 


inboua 


poa 


poa 


poule 
canard 


qay 

aw 


ca 
ou 


ca 
ou 


poisson 


ntche 


xi 


ch6 


nez 
viande 
village 
ma ISO? I 


ndju 
ngqay 

zo 
tch6 


giir 

ca 

giao 

ch6 


giir 

ca 

giao 

ch^ 


cent 
mille 


pwa 
tsia 


pa 
xinh 


pa 
xinh 


liine 


qli 


xi 


XI 



SIXIEME SECTION 



GRfiCE ET ORIENT 



Carolus WESSELY 

VlXDOBOHtNIIS 



DE HERRARUM NOMINIRl^S GR EC[S 

IN DIOSCORIDIS 

codicA GoDstaolinopolitaoo YindoboDeosi arabids lilteris expressis 

Dioscoridis codicis Vindobonensis qui anno 512 nitidis- 
sime scriptus picturisque exornatus est, summae antiqui- 
tatis summique pretii libri fata uaria erant. Nam postquam 
saecuio tertio decimo in manibus Francogalli cuiusdam 
fuit ex ea parte Francogalliae oriundi quae ad orientem 
uergit id quod docet uocabulum « genestre » in f. 327 v. 
pictuTfT! adscriptum, saecuio xv in hospitio Constantino- 
politano fuit a rege Seruiae Uroscio altero condito, deinde, 
Gonstantinopoli urbe a Turcis expugnata, penes hos, 
deni(|ue cum diu apud ludaeum quendam Constantinopo- 
litanum Hamonis medici fiiium fuisset, ab Augero Busbec- 
quio barbaris ereptus, Vindobonam in bibliothecam Pala- 
tinam peruenit. Ilorum uariorum casuum testes nunc 
quoque sunt nomina diversis Unguis adscripta herbarum 
liguris scilicet latina ssdcuIo xiii* fere exarata, deinde 
hebraica, alia insuper ex Unguis orientis petita. Uariarum 
autem linguarum nomina in hoc libro se legisse loannes 
Aurispa qui codicem a. 1422/3 uidit in litteris ad Ambro- 
sium Trauersarium Camaldulensem scripsit : ' Nicolao 
medico praestanti in omni virtute et diligentia viro priraum 
me dedas oro tum ex me adfirmes codicem mini' antiqui- 
tatis Gonstantinopoli esse in quo depictee sunt et herbai) 
et radices et qu;udam animalia, serpentia maxime atque 
herbarum et radicum uocabula graecis litteris triplici 
idiomate grsBCo latino et alio nescio quo adnotantur ' 



4 CONGRES international DES ORIENTALISTES 

[Ambrosii Traversarii generalis Gamaldulensium alio- 
rumque ad ipsum... latinas epistolas ed. L. Mehus Flo- 
renliae, 1759, liber xxiv, 58, cd., 1033]. Sed de his atque 
aliis rebus Antonius de Premerstein docte disseruit. 

De iis quae Arabice adscripta sunt agendum niihi pro- 
posui legesque indagabimus quibus doctus ille uir Arabs 
usus est in uocabuiis graecis litteris Arabum reddendis. 
et frictus aliquis redundabit in studium quoque Graecum 
nam quae fuerit litterarum Graecarum pronuntiatio ex 
uariis apparebit modis quibus Arabs usus est in scribendo. 
quem quidem hominem hand indoctum imperitumue 
fuisse multis rebus demonstrari potest. Sunt enim in codice 
nunc nomina Graeca herbarum figuris adscripta aut anti- 
quitus scilicet a. 512 litteris quas dicunt uncialibus, aut 
ubi haec omissa sunt a manu recenti quae a circiter 1406 
cum litterae unciales lectu difficiles essent minusculis 
litteris exaratis legentibus auxilio uenit itaque in f. 339 v. 
manus haec recens, cum nomen antiquitus omissum esset, 
scripsit Tpoyo? o[LO'Mq, addidit manus tertia recentissima 
saeculi xv/xvi ol Zl YaAaT^tSa /.aAouji longe aliter idque rectius 
rem egit Arabs qui uerum nomen adscripsit 



LT 






scilicet TtBuiJiaXXo? ^^apaxfa?. 

Exstat alterum exemplum in f. 162 v. ubi nihil adnotauit 
scriba anni 512 postea uero falsum nomen exarauit manus 
recens xevrauptov to i^^ya pro eo quod expectaueris x. to 



lAixpov uel XsTCTov, sed Arabs exhibet recte 



d^J 



JaJ 



tertium est exemplum in f. 279 r. nam recte se habet id 
quod Arabs adscripsit ij'yj^\ ramnus ^^^ 'ausag prima 

manus a'. 512 nihil, falsum exarauit manus a'. 1406 scilicet 

1. [Excidit hoc loco folium illud quod in recta parte descriptionemillius 
herbae habehat quae iu f. 162 v, depicta est, cuius rei adhuc exstat ues- 
tigium nam id quod rubro colore inscriptum erat in folio quod excidit 
TOAEitTov hauc paginam commaculauit ita ut litterarum uestigia auersa 
cogaosci possiot.] 



SIXIENE SECTION S 

xot2|xoYe'''r(ijv steps;, rectum nomen alii codices Dioscoridis 
uelut Neapolitanus consacrauerunt ubi f 129 exstat 
pa[jLvo;, in hoc codice denique adscripsit manus recentis- 
sime piixvs; ^stavr, *. Hand recla igitur sententia est Arabem 
ea quae in codice inuenit litteris suis expressisse, nam 
multa aliter multa omnino non transcripsit uelut in f. 12 v. 
ubi exstat to \t.V{(x at^(o;v (m. 2); «^ei7u>nTOMer«^ (m. 1); f. 13 v. 
a£'.!^(i)ov TO fxtxpov; 14 r. t^eircan to Acmo^TA'Aon: 17 V. aXov], 
ap'jToXo^tr, [xaxpz; 29 v. apvoY^axiffov ; 37 v. z^ipx^yr, a^pu; 41 V. 
aSiavTov; 2G8 r. TCepicrcpewv op6[c^]; 270 r. zTjVavov. 

Aliquotiens omisit quidquam, adiectiuum scilicet par- 
temque alteram nominis herbae nomenue uarium 

38 V. aYptiWTt; tj iT:x\i.Tlkui':oq L/**~^ -V^ 

39 V. avayaXXt? tq foivcxTfj ir~ * '^' 
(sed avayaAXi; Yj xuavr, ^i ir*r^ vJi) 



c -» 



199 V. xuzepo? r, xu:;epov LJ^JJ *v 

203 V. Xeuxotov SaXa^Ttov tj^ _jft-fi3 

268 r. iceptJTspeaiv u[xTto?j ciJ^J^ *i 

372 r. 5(pu!7oxo|JLr< yj )fpu7tTi; ^y^ y^ 

Sed exstant etiam uariae unius eiusdemque nominis 
Graeci formae Arabicis lilteris scriptae 

28 V. apY6|Ji(i)vtj ^y ^y ®^ s'lr'^j' 

(apud Ibn Baithar forma est ^y Ujl 

92 V. YaXaiotl'i? i/*r* j-r^'-* ®' lTT^^ 

uocabulum xXrjiAaTiTt; in f. 195 v. sic scribitur ^jJaJi Ljj 
sed in f. 196 v. ^j-^ U' 

1. Manuui tortiain roccnlissiinam Arabs nun rcspcxil. Cf. f. 312 r. : 

if 
9Ti9uXt^oc; III. 3 : Saux&v ; Arabs : ^J)»yi>^* Uwmi\; f. ^9 v., m. 1 : A^nnMC- 

con ; III. 2 : avT)<Taov; m. 3 : to xoiv£>c yXuxaviiao* ; Arab* : ^^ y 0*l>.»J^. 




6 oongrEs international des orientalistes 

Arabem ilium doctum GrsDcam linguam omnino intel- 
lexisse apparet ex eo quod nonnumquam partem nominis 
Graeci compositi in suam conuertit linguam 

f. 44 V. atJ^ivOiov OaXaaatov ^j^^ j^ 

f. 34 V. apxeuOt? jAtxpa 

f. 135 V. Oepjxoc aypioq 

f. 228 V. [xaXa^rj aypta 

f. 212 V. XeuxaxovOa ol Ss icoXuYovaTOv xaXcOatv 

in f. 248 r. pro neutro optYavov masculinum scripsit ^^y Uj.jj! 

V e^eXx'jcrctxov omisit in 305 r. atov to ev uoacjiv /r-iji ,^1 J .) ».>~. 

Plerumque autem vocabula Graeca Arabicis litteris 
redduntur ita ut non sensus prematur sed litterae. 

132 V. rjSucaiiiOV ayptov ^.j-^^ ^jj-^. ^} 

207 V. XwTOs avpioi; (j-"^^' (./ir' ^ 

211 V. Au/vi? oYpta Ij^l ^>-^-tr^ 

271 r, Trr^yavov aypiov .j_j^) »y_3u_j 

286 r. paa;avog aypta u »&l /-.»::.-?, 
97 r. SpaxovTta lAeyaAYj, [Atxpa ^j'^J J^ <;■' ^"1?-' 'j"^ 

149 V. tepaxtov TO i^eY* ^*-:r^ j-' r)j-r^ [rr-' 

lEpaxtov TO ixixpov , jyL/» _«!)' ^^~^ V-j 

244 r. o^uXaxaBov to [/.eya • . JljblL.3! 

324 V. cucaixoeiSeg to jxeY^ L«^ ^-^ j^ »>» L.,j* 

82 r. ,8puo)vta ixeXatva a-jJL' I j _»-»jj 

115 V. eXXefiopog [xeXa? (r-^ Lr'i)^^^ 

79 r. Ppuwvia Xeuxy; ^SlaJ LJji^ .^ 

114 V. eXX£6opo<; Xeuxo? ^JLiJ (r-jjj^' 



1 




SIXIKMR SECTION 

325 V. cnr,7a|X5et2e; to Xejxsv 
306 r. asXtvcv xrp:atov 
310 r. 5tvr,rt xtpcaicv 
323 V. fftffuiJi6ptov etepcv 
80 r. 3piov 6aAa97i8v 
152 V. xovuJJa XeicTo^uXXo^ 

X. rXaTu^uXXo? 

134 V. eppiAo; r<|wpo? UV/^^ L/*^-^ 

216 V. Xi)(r<v zzi twv rstpwv c)iT~i c^J"^^ j' ia;*"'^ 

51 V. axavOa appaS-xt; ir^jj^ UL;-*! 

32 V. aaxTip artixo; .-^ij! ^_:u-l 

apiid Ibn Baithar ^-^ ° _t^< . t. t 

Sed cui non in mentem uenit uir sapiens illustris her- 
barum notitiae deditus Dhia eddin Ibn El Beith^r pi _ -v 
jUxJI ^ (-ri-^^ *!"• ^- ^^ P<*8t Mohammedis fugam obiit 
qui et ipse inprimis in Dioscoridis libros summtim stu- 
dium contulit. Tamen nequaquam ea quir in Dioscoridis 
codice Vindobonensi legimus cum illis Ibn EI Baith&ri 
studiis coniungenda sunt. Nam hie tum cum nomen omnino 
Arabicum non exstarel Graecum Arabicis litteris trans- 
cripsit; ea quae in promptu erant Arabica non innouauit; 
in codice autem Vindobonensi uel trita uocabula trans- 
scribuntur adde quod uel ea qu£e similia sunt alio modo 
traduntur uelut' : 



1. Cf. Analecta Medica ex librir M«s. primum edidit Frtd«ricaB Rein- 
holdus Dietz. Lips. 1833. (Elenchus maleri<e luedicip Ibn Baitharis Mala- 
ceasis prima.) — De simili quodam Dioscoridis codice Parisino Regio 
2130 uhi ad singuias plantas DOiuina Arabice scripta sed receotiore manu 
leguDtur item ad mnrginem alia> Arabicae aotae hinc et iode adscribuntur 
scripsit MontefalcoDius in Pal»ograpki» GraecMf p. 257 sq. 






CONCRES international DES ORIENTALISTES 

in codice Vindobonensi apud Ibn El-Baithar 



(XpYpMdX 

opsoaeXtvov 

TjptYeptov 

xepaXujxevcv 




^}l 



-» /— 



(J4rtrfj 






Itaque uiri eruditi Arabis curae quas in codice Vindo- 
bonensi legimus quamquam aetas qua uixeril ex re palaeo- 
graphica sola definire non possumus parui esse pretii non 
putauerim; recte enim nonnulia restituit quae sine labore 
restitui non poterant, neque ille pendet ex notissimo 
Ibn el Baitharis compendio, sed ex fontibus hausit haud 
spernendis. 

lam accedamus ad eas enarrandas leges quae secutus 
est in nominibus herbarum graecis arabicis litteris scri- 
bendis. 

A in initio uocabulorum repraesentatur I littera cui non- 

numquam Medda imponitur uelut fol. 63 v. asoy-rj Js] 

aAYf-^ ''~r'"' ay^ouia L«iLl a^jjLwviaxY; S^y>\ \ in mediis uoca- 
bulis est Fatha cum Elif productionis insequenti 

f, 263 r. TT'Tuouaa I — - j-;-^ 

f. 102 V. Sa^voetSe? ^ -^llr-* '-^ 

f. 67 V. )vt6av<i)Ti(; ^j^^ ^ 

f. 90 V. YaXawv .i. — )Lc 

YaXatotti? 



f. 30 V. aaapov 



y O Afc O ft B^—^ Lap 

Li 



J-l> 



SIXIEMK SECTION 9 

in fine uocabulorum modo eadem liltera est modo eliam s 
ueiut f. 233 V. iuy j\ ovo;a2 quod etiam in medio uocabuio 

Yva^aXXiev exaratur, f. 94 v. ^^^ *^' 
Al diphtongi vice fungitur Faltia cum U. 

f. 92 V. YaXato'^/t; <j~r-*' j^^ 

f. 71 V. aipa \ji\ 

f. 59 r. apiauof t/^jj-r^' 

f. 108 V. eXatoaeXivov ^^L- jJI 

Sed in f. 380 v. '/aixaixwds? exaratum est Fatha cum Eiif 

f. 382 r. f%^^v.T*.rr^ ^i»>' ^La. 

Denique Elif solum in initio uocabuli atvtXuMj* f. 56 v. ir-J J-^' 

AY diphthongi uice fungitur Fatlia cum F6 ante conso- 
nam, scilicet redditur Gra;corum recentium pronuntiatio 

f. 169 V. xauxaXt? t/*='^'^ 

Sed hoc loco nobis dicendum est de Elif littertr usu 
quae est in initio transscriptionum Arabicarum ubi a 
duabus consonantibus uocabulum gnucum incipit; est 
autem plerumque prior littef^ q. 



f. 123 r. ^qjiupvisv 




d^yj' 


f. 210 V. Xu5(vi(; (rcefav(i)|JiaT(xr| 




yj cJ\ J'-r^ 


f. 290 V. (TxoXoirev8piov 




y^sL y^J y-' 


f. 291 V. axoprioupov 




Jj^tHj^' 


f. 292 V. orrpuxvo^ 




C/'y^ »-$r*' 


f. 296 V. a(patpi'R? 




lt^^/-' 


f. 304 r. naxu^ 




J-^' 


f. ;K)9 r. crxoXujxo? 







10 CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

f. 312 r. (TxaipuXtvo? i^y^ ^ 

f. 318 V. Qxo'M v_£-r=^^ 

f. 319 V. (TTOIX*? ^j-drn*— i 

f. 320 V. (TxopSwv \jy.?y^^ 

Sed iam ad Grajcarum litterarum seriem reuertamur. 



B 

Pro B littera numquam scriptum est Arabum v_j, sed 
semper fere j littera haec enini erat Graecorum pronun- 
tiatio 



f. 35 V. aXiy.axa6o<j 
f. 51 V. oL^y.b.Y.r, 
f. 81 r. Ppo'tJLog 
f. 303 r. ccau[x6piov 



/ tOa O .. " ■ ' I 



casu quodam in (f. 251 r.) opoSoq vocabulo exaratum est c- 



I 

Y litterae ut pronunciationis ila Arabicarum transscrip- 
tionura uaria sunt genera, nam ubi proxima est uocalis 
lenis I aut e pronunciatur ut ^ 

f. 65 V. (m. 2) ayr/paxov (m. 3) aye'-paxov ^^y^ ) ^) 
f. 88 r. yivyiStov jj_jJ -^^^ ^Jl 

f. 110 r. epiyspcov jj^;-— )j' apud Ibn El Beithar 

autem : ^}*if}' 

f. 85 r. yepaviov 



SIXlEMK SUCTION II 

aliter sa^pissime i littera scribitur 

f. 36 V. a*j^5; /y,^ :.r.\ 

f. 38 V. aYp<«WTi? -pi- jjc! 

f. 39 V. 40 V. ixixyxWK; ij-J^ L*' 

f. 48 V. aAYpux l>_M 

f. 87 r. yX-^/fui"* ^^---Lt 

bis inueni ^ f. 95 r. YS'^^tavTi ULLla 

f. 290 r. cap^t^oYov lOj"?^ Oj'"^ 

semel ^t^f. 56 v. atYiXoxj/ r- J vl ^l 

De Y nasali haec notaui 

YY = ^-i^ ^- 368 V. ©aXaYYtov (J>^' «J-* 

YY=^ f' ^26 r. TjptYYtov ^_> .-CJ ^ 

f. 89 r. YSYTy'-'? Jr^ j^ 

Y* := ^3* ^' ^^^ ""• '^T^®* L/'J-^.y^ 

YX^T- f. 61 V. (Xf/O'j'sx L-j-a.' 



Pro 8 et in initio uocabulorum et in mediis saepissime 

est i 

semel i f. 250 r. o^iooxopJsv O^J-^ {J'y?^ 



E 

Pro e in initio vocabulorum bhI I 

f. 105 V. ewiJir,8tov ^ 

in mediis vocabulis Fatha cum Elif littera 



12 CONGRES INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 



f. 108 V. eXatoffeX'.vov 


jy^^^^' 


f. 191 V. X£YXP«? 

f. 209 V. XeovTozetaXov 




f. 262 r. xoXe[i.wvtov 
f. 280 r. ';c£ptxXu[i.evoi; 




deinde Kesre cum 16 




f. 115 V. ixe^va? 
f. 236 V. [/.eXavOt) 


i--,^ . 


f. 315 r. Tpu^epoq 


LT-jrr' s^r*' 


semel 5 f. 199 v. xuTCspo? 




Pro ea, quod ut ia pronuntiabant, 


scriptum est b : 


f. 16 V. aXOsa 


LjJT 


pro £0 ji f. 249 r. 

opeodsXivov 

apud Ibn Beithar 





nulla omnino e litterae nota saepe est velut in 

f. 102 V. Saq>vo£iSes ^^} y-^^^ 

EY quippe quae ante consonas duras pronuntiaretur ut 
f ah Arabe redditum esse fe littera mirum non est 

f. 33 V. apxEuOts (J — r^^-^^ 

f. 202 V. Xeuxotdv ^j.^>jSJii 

f. 302 r. aEuxXcv ,y_x.iw 

Wa littera est in f. 118 r. ejCwp-ov jyj jji 

El propter iolacisinurh pronuntiabatiir ut i, itaque le 
littera reddebatur 

1". 102 V. 3aa)vc£'.3e; ^ j-j Li'i 



SIXlESie SECTION M 



1 

Pro Z est j. 

f. 124 r. Cwovu^ov c'-?^ --JJ 



H 

H in iotacismo pronuntiatum est ut i itaque \6 littera 
reddebatiir 

f. 49 V. avtjawv ,^-^1 

f. 55 V. OL-Kapiir, ^i-j .U) 

f. 127 r, TipaxXetov c'-?^^ J^ 



e 

Pro 6 sacpissime exaratum est O veliit 

f. 52 V. axavOiov jj-i-iil 



f. 72 V. otxav9a 

f. 80 r. OaXa77tov ^ ^ - "J - t 

f. 351 r. TtOyjxaXXo? C/'J^ ^ ^* 

inuenitur autem eliam a. 

190 V. xoXoxuv6i(; , r—JL^jly 

217 V. XaOuptf ^mJ •-— ^ 



I 

Pro I in initio vocabulorum saepe est ^' idemque in 

mediis. 



14 CONGRfeS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

f. 144 r. tzxofjLapaOpov rj^j'^ ^- \S^ 

sed J littera in f. 226 v. {jLeXiaaoifuXXov ^JLjj_w jJL» 

te in uoce tepaxtov f. 149 v. duplici i6 redditur ^^y^S vo 



Pro K saepissime est ^ itaque sic scribuntur syllabae 
xa Ls xo jJ deinde xX est J-5 xp t-3 Sed xi et xu redditur 'v 
littera 



f. 189 V. xuvox£<paXtov 


c).-J^^ 


f. 54 V. axtvo? 




itaque etiam 




f. 45 V. ajAixwvtaxYj 


,/Vy' 



i in initio uocabulorum sic scribitur ^jS in mediis 
autem uocabulis et in fine est ^-5 : 

f. 125 r. ClAiXa^ ^ ^i 

f. 240 r. vapOYj? Jr-^j^ 

f. 244 r. o^uXaxaGov r;>''^ -^' 

O 

Pro O saepissime est Dhamma et Waw 



f . 18 V. aptoxoXox'.a 


uj ^y 


f. 36 V. ayvo? 


LTir^^ 


f. 92 V. yaXaiotj^ig 


>»«,■»»».< a.A-) t£ 


f. Ill r. epicuXXo? 


LT^O' 



&iXl£MK bfiCTluN 15 

post uocales scribitur ^i 

f. 79 r. ^puovta tJj' 3jj 

I", 1 24 r. v^wsvu^ov iJJ^j jj 

itaque pro vov scribitur ^^ f. 68 v. oxuxuvov \-)t^ y.^ 

tov ^jj f. 74 V. ^uvtov (j^j J 

Toy iy 1". 77 V. ^Xttov lOj^ 3 
Sed etiam Dhamma solum 

f. 78 r. BoX6o^ U^^j 

f. 80 r. Pptov c) j' v-^jj 

f. 256 ovo6pjx'« \J^)y ^ 

01 sicut in iotacismo pronuntiabatur ut t scribitur etiam 
I^ littera : 

f. 223 V. pota? j-Lj 1 

f. 254 r. otvavdr, vJJLj\ 

OY est Dhamma cum Waw littera : 

f. 220 V. Xavoxouv \J^j'^ 

n 

Pro n scribitur aut v-^ aut ^. 

f. 142 r. (hjXuxrcpi? (^jhr:? 

aut ^ in ar. 

f. 200 V. X'.9oaxep|xov j^^U-yJ 

Z 
Pro 2 saopissimo est ^; notandum est igitur unum illud 
f. 129 r. T,8uoa|x5v j^jjl ^^ 



16 CONGRES international DES ORIENTALISTES 

T 
Pro T aut w> scribitur aut Is. 

f. 160 r. tcraTi? {J^^} 

f. 154 V. xaXa^jLaypwaTK; ^_^r^— j^;*^ 

f . 157 V. xaXXixpixov iJJ^- /^'^ 

f. 61 V. aSpaxTuXXt? (^/*n^ J"^' 

f. 77 pXiTov v)jr~z3 

f. 266 r. TC-cepii; L/*^J v 

NT quod pronuntiabatur ut nd, reddebatur aut JJ aut 
.^ litteris. 

f. 98 r. SpaxovTata \^^ ^j^ 

c 

f. 209 V. XcOVTOTCSTaAOV .J AJ AJjJo^ 

f. 273 r, ■::£VTa©uX)vOv ,.)^ ^-^^ 



Y in initio mediisque uocabulis est kesre cum 16 aut 
kesre solum. 



f. 357 r, uTC£p'.y.ov 


0:^.f> 


f. 103 V. epuaijAov 


J-?**-; ^ 


f. 46 V. aXuaov 


^^'^ 


f. 47 V. avOuXXcs 


jj-JLi-ji 


f. 148 V. iropipupouv 


dJ>rn^J^ 


f. 219 V. XuxotJ^i? 


(j-r-f^ 


f. 230 V. [AuoawTii; 


LT-ir- j-rt^ 


f. 231 V. [/.UplXYJ 


^5^ 


f. 232 V. [Auptc; 


lt:;:^ 


f. 258 r. TCoXuvovaTsv 


c).>-^^-H 


f. 258 r. 7:upe6pov 


<J-?>HJ o-^ 



Sed in f. 214 v. Xuotjxayto; inveni ^j»-ji U*— »^ scilicet 
Waf litteram. 



Semel pro eo quod usitatissimum est scilicet F^, 
inveni etiam 3 in 

f. 171 V. xvr,?r; y^^ ®^ ^j ^5^ 

pro 96 scribilur c^j : 

f. 75 V. ^u90aA}x(ov) ^j > \ 7 ^ ^ 



X semper fere exaralur ^ 

f. 216 V. Xixr^v i,;r"*^ 

sed pro ax est v*JL : 

f. 246 V. o$uc5(oivo? (^.^~^ jj~r^' 



y in initio uocabulonim est ,^ 

in media voce a-^ivOtov legimus f. 44 v. ^^r;^^it idemque ex- 
hibit ibn Baithar. 



n 

n redditur Dhamma el WAf lilleris 

r. 45 V. a|xiJLWviaxr, ^ - ^ 



18 



C0NGR£S international DES ORIENTALiStfeS 



In exitu vocabulorum obseruanduni est ov syllabam 
reddi Waf littera sola ommissa v littera : 



f. 31 V. a[Aapaxov 
f. 129 r. YjSuoajjLov 
f. 148 V. tov 
f. 272 r. Tpa^ov 






T^)i-i 



'f.- 



LETTRE D'ARISTEE A PHILOCKATE 

SUR LA TRADUCTION DES « SEPTANTE » 

£T LA PARAPHRA8B BYZANTINE DU XII* SltCLB 

PAR 

Theodore OUSPENSKY 

DirecUiur dc I'lnililat archtologiquo ruM (te Constaaliiwpi*. 



On a depuis longtemps observe que*dan8 lous les ma- 
nuscrits, cette lettre se trouve jointe aux recueils des in- 
terpretateurs de TOctateuque '. Cotte observation doit Aire 
egalement appliqu^e a une petite partie des manuscrits 
de I'Octateuque dont les textes sont ornes d'illustrations. 

Recemment encore on ne connaissait que quatre manus- 
crits de TOctateuque avec illustrations * dont trois ont 
comme preface la lettre d'Arist6e k Philocrate, et quant au 
quatri^me — le code de Vatop6di — nous en somraes reduits 
a des hypotbdses, car le manuscrit commence seulement 
au Ldvitique. II est fort probable que ia preface d'Aristee 
etait egalement, comme les manuscrits qui la renferment, 
ornee de miniatures. Le doute est permis sur ce point, 
quant au seul Octateuque de Smyrna dans lequel il ne reste 
qu'une seulepage de la lettre. 

Le manuscrit de I'Octateuque, recemment decouvert au 



1. « Bibliotheca scriptorum gruecorum et romaaorum Truboeriana. 
Aristcae ad Philocratcm cpitttula.cd. P. Weodland. Praefatio p. tii : quol> 
quot exstant libri manuscripti cpistulac, omnea «am cxhibeol coniuar- 
tam cum clarissiina ilia in Octateuchum caleua... a 

2. Strzygowski, Der HilderkreiM des grieekiteh. Physiologmt^ a. ll'i 
(Byzantiu. Arcbiv. Uefl 2. Leipzig, 1899). 



20 C0NGR6S INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

Serail de Constantinople, commence par la lettre en ques- 
tion dont le texte est illustre. Et ceci vient confirmer une 
fois de plus les observations des difFerents commentateurs 
sur les manuscrits del'Octateuque generaleraentillustres. 

Gelui du Serail presente en outre, d'autres particula- 
rites qui feront I'objet de cette conference. 

Le manuscrit qui nous occupe, portantle n°8, setrouve 
probablement depuis longtemps a la bibliotheque du Serail. 
Les premiers indices sur ce manuscrit, assez vagues d'ail- 
leurs, remontent au milieu du xix* siecle, epoque a laquelle 
la bibliotheque du Serail avait, pour la premiere fois, ou- 
vertses portes aux savants europeens. Dans I'enumeration 
des manuscrits, due a Blass* qui visita la bibliotheque en 
1887, ce manuscrit fut connu pour la premiere fois sous 
son nom actual : « Ghaine des Peres sur I'Ancien Testa- 
ment ». Mais il est evident que Blass non plus n'a pas su 
apprecier a sa juste valeur ce remarquable manuscrit, le 
plus precieux assurement parmi tous les manuscrits grecs 
de la bibliotheque du Serail. 11 contient 568 feuilles de 
parchemin (42 X 30 centim.) de 52 a 54 lignes par page. 
Malheureusement il a beaucoup souflfert de I'humidite, de 
sorte que lehaut et lebas de chaque page ontpourrietont 
ete rognes; sur chaque page il manque de trois a cinq 
lignes. Plus de 300 miniatures merveilleusement executees 
rehaussent la valeur ce ce texte precieux. 

Le commencement du manuscrit attire surtout notre 
attention. Sur la premiere feuille, comme dans les autres 
manuscrits de ce genre, nous trouvons la lettre d'Aristee 
a Philocrate ; mais, tandis que dans les autres cette 
lettre commence par les mots : « a^toAoyou otTjYVjdews, w 
<I>'.)v6xpaT:£? »,le manuscrit du Serail debute par le texte sui- 
vant: 



1. Hermes XXIII. S. 219-233. Blass, Die griechischen und lateinischen 
Uandschriflen im alien Serail zii Ronstantinopel. Confer Foersler, De 
antiquitalibus et libris manuscriptis Constantinopolilanis commentatio. 
Rostochii 1877. 



SIXI^ME SECTION M 

16 xffi flaXaiof xpoo{|uov oxtp o 'Aptrrto^ rps? t8v 4hX«xpdrn}v 
sxT^OetxEv (jiaxpr(Y2pt3t xal ija^eta" 5 Bi rsp^jpsYivr^s; xOp 'Isaixts^xat 

pteTeppuO'^tdE xal aa^T^jVCtav. 

Le texte preoite dii maniiscrit du Serail vient jeter la lu- 
niidre sur deux fails litt^raires : a) ilnous r^v6lc une para- 
phrase, jiisqu'ici in(*onniie,dela fameuse lettre d'Aristee k 
Philocrate; b) il introdiiit dans Thistoire de la litterature 
byzantine un nouveau nom, celui d'Isaac Porphyrogen^te, 
fils de Tempcreur Alexis 1" Comn^ne. 

Dans cette paraphrase de la lettre d'Aristee du xii* si^cle 
il faut noter les methodes qu'y emploie I'auteur. Or ces 
methodes sont simples et primitives : point de critique de 
I'oeuvre d'Aristee. Au point de vue de I'authenticite, point 
de tentative d'y introduire des corrections, complements 
ou rectifications suggeres par de nouvelles donn^es. 
Isaac, pour employer ses propres termes, suca, comme 
I'abeille, les meilleures fleurs de I'oeuvre d'Aristee, choi- 
sissant ce qui lui semblait plus digne d'attention; quant 
aux passages superflus, il les retranche ou les diss^que 
avec la hache du raisonnement. Le texte d'Isaac n'apporte 
presque rien de nouveau dans la question, car cet ouvrage 
n'est, dans sa plus grande partie, qu'un exercicede rheto- 
rique, caracterisant les methodes litt^raires de T^poque. 
Sur ce point, la paraphrase presente un grand inter^t tout 
d'abord en ce qu'elle envisage la lettre d'Aristee comme 
un simple montiment litt^raire et en second lieu en ce 
qu'elle caracterise I'auteur. Ce dernier point est d'autant 
plus interessant que, dans ce document, Isaac nous apparait 
pour la premiere fois comme ecrivain. Ses expressions de 
predilection, revenant souvent dans le cours de I'ou- 
vrage, sa maniere de rendro les discours et pensees d'au- 
trui, son erudition litteraire, tous ces points caract^rise- 
ront Isaac comme ecrivain (dans Tedition de la paraphrase, 
nous nous proposons de faire des rapprochements n^ces- 
saires). 

Quant k Isaac Comn^ne^ auteur de la preface, il nous 



22 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

6tait connu, d'apres les catalogues des manuscrits* comme 
ecrivain des exploits non relates par Hom6re% des anciens 
heros epiques. Mais sous ce nom, Ton croyait designer 
Fempereur Isaac Gomnene qui avait regne de 1057 a 1059 
et s'etait retire dans un monast^re. Or ce texte nous revele 
un autre Isaac Gomnene, fils d'Alexis I" Comnfene qui 
vivait au xii* si^cle. Ge representant de la famille Gom- 
nene a joue dans I'histoire de son temps un role marque. 
Mais, appartenant au parti contraire aux empereurs Jean 
et Emmanuel Gomnene et soupconne d'aspirer au pou- 
voir supreme, il passa les plus belles annees de sa vie, 
soit en prison, soit en exil. Ge n'est que sur ses vieux jours, 
sous le regne de son neveu Emmanuel, qu'on le vit reappa- 
raitre dans I'empire, mais non a Gonstantinople. II 
mourut et fut enterre dans le monastere bdti par lui pres 
d'Enos, sur la Maritsa. II convient d'ajouter qu'Andro- 
nic I" Gomnene etait le fils d'Isaac Porphyrogenete et que 
de cette branchedescendent les fondateurs de I'Empire de 
Trebizonde. 

Si I'auteur de la paraphrase de la lettre d'Aristee est le 
fils d'Alexis Gomnene, ne serait-il pas necessaire de re- 
mettre en question le fait de savoir si les autres oeuvres, 
les unes publiees, les autres encore en manuscrits, qui 
sont attributes a Isaac Porphyrogenete, ne peuvent appar- 
tenir en realite a la plume de notre auteur? Si nous com- 
parons le texte « Ilepl twv y.aTaX£t(p6£VT0)v utco tou 'O|ji.r,poit' » et 
la paraphrase de la lettre d'Aristee nous devrons, par 
suite de la similitude des procedeslitteraires, les attribuer 
tous les deux a un m^me auteur. 

1. Krumbacher, Geschichte der Byzantin. Litteratur, 11" Ausg. p. 525- 
526; Wachsmuth, Rheinisches Museum, 1843, pp. 136, 137, 326-327; 
Fabricius, Biblioth. graeca, 1. p. 407, 558; Catalogue de la hibl.de Mos- 
cou, par Wladiinir, N 26026; Codd. manuscripti palatini graeci bibl. Va~ 
ticanae, cod. 70; AaiiTtpo;, KaTtiXoyo; N 27932, 5437*"; Cod. Ambrosianus 
N 22 sup. f. 157 (ap. Krumbacher, S. 526). 

2. Ilept Ta)v xaTaX£;96£VT<i)v Curb toO 'Ojii^poy. 

3. Bibliotheca scriptor. graecorum et romanorum Teubneriana. Pole- 
monis declamationes, ed. Hugo Kinck (1873), S. 60-63. 



SiXiKME SCGTIOK » 

Grftce k I'extr^me obligeance de I'^rudit P6re Louis Pe- 
tit des Augustins de rAssomption, il ro'a 6t6 donn^ de 
pouvoir coiinaitre une autre (Buvre nor. encore publi^e du 
m6me auteur. C'estle typicon du monastdre bdti par Isaac. 
Le constructeur du monastere et auteur du typicon se 
donne le nom de Sevastocrator Isaac, fits du grand empe- 
reur Alexis Comnene. L'essentiel en la mati^re, c'est que 
dans un passage de ce typicon, I'auteur nous entretient 
tr^s explicitement de sa carri6re litt^raire'. II est done 
hors de doute qu'Isaac Porphyrogen^te et Isaac Sevasto- 
crator ne representent qu'une seule et m6me personne, 
fils d'Alexis Comnene. Partant de la, une rectification 
sMmpose dans I'histoire de la litterature byzantine. 



1. Kai iTCpacv P:6Xov xaTiXtitov r,v n6v(i> (laxpoi Tn}(t8iot( r,pwtxol; Tt %a\ 
laufitxoT; xal noXitixot; xa'i tm<rcoX«T; 6iaf opoi; Tt xa'i ix^pinn tuvt<t«x«' 



NOTES SUR LES CLEMENTINES 

PAR 

F. NAU 

Professeur k rinstitnt catbolique de Paris. 



Les Homelies Clementines et les Recognitions qui nous 
ont conserve le roman de la conversion de saint Clement 
de Rome et de sa famille entrem^le de predications, d'ins- 
tructions et de controverses ont deja pr6te a de nombreu- 
ses theories. On a voulu tirer les Homelies des Recogni- 
tions ou bien les Recognitions des Homelies, maintenant 
on fait deriver ces deux redactions d'un ecrit fondamental 
que Ton essaye de reconstituer*. Baur et son ecole ont vu 
dans les Homelies une fiddle image du christianisme pri- 
mitif ou du moins du Petrinisme oppose au Paulinisme ; 
pour eux saint Paul etait combatlu sous les traits de Si- 
mon le Magicien. Gesfantaisies sontaujourd'huioubliees. 

.Si nous voulions traiter a nouveau ces questions, nous 
ne pourrions mieux faire que reproduire dans leurs gran- 
des lignes les travaux de MM. Waitz et Harnack en nous 
bornant a ajouter, a leurs diverses theories, un certain coef- 
ficient de probabilite, car certaines sont deja echafaudees 
sur d'autres, et ne s'imposent done pas au lecteur avec la 
m6me force. Mais nous voulons nous borner a exposer 
quelques/<2i/5 et a proposer quelques hypotheses dans les 
huit notes suivantes : 

lo Sur le manuscrit des Homelies Clementines conserve 
a Paris {grec 930) ; 2" sur deux longues citations des TrepioSot 
IleTpou faites par Paul le moine ; 3' sur une phrase de la pre- 

1. Les dernicrs travaux sont ceux de H. Waitz, Die Pseudoklemen- 
tinen.... Leipzig, 1904, dans Texte und Untersuch., t. XXV, n" 4 et de 
A. Harnack, Die chronol. der altchr. Lit., t. H, Leipzig, 1904, p. 518-540. 
Cf. Ublborn, article Clementinen dans Bealencyd., 3« Edition, p. 171-179. 
H. U. Meyboom, De Clemens- Roman, Groningue, 1904 



SIXir^ME SE(mON 18 

face de Rufin ad Gaudentium; 4* sur la premiere edition 
des Recognitions ; 5" siir la lettre de saint Pierre a saint 
Jacques; 6** sur les mss. des Epitome conserves a Paris; 
7* sur le dernier canon des apotres ; 8* sur saint Paulin 
de Noles, traducteur de la Didascalie. 

I. — Le manuscrit 930 n'a pas encore ele d^crit, k notre 
connaissance du moins. Lagarde lui-m6nie a omis ce petit 
travail ; il disposait sans doute de trop peu de temps, car 
il se plaint de n'avoireu que cinquantesix heures pour coi- 
lationner ce manuscrit <« dans une salle pleine de bruit et 
complelement impropre an travail »*. Cependant la seule 
inspection du manuscrit nous a suggere Tidee que la let- 
tre de saint Clement a saint Pierre faisait partie intrins6que 
des Homelies et cette idee a ^t^ confirmee par ailleurs 
comme nous allons I'exposer. Ce resultat a son importance, 
car il nous donne le veritable caractere et le veritable titre 
des Homelies et par-dessus tout il dispense de faire une 
longue demonstration pour le trouver. 

Ent6tedums.930* setrouvcntquatrefeuilletsquin'appar- 

1. Clementina , Leipzig, 1869, p. (9). Cos propriet^s it'appliqaeat encore, 
austi bien qu'au temps de Lagarde, a la salle des inaouscrits. C'est 
dire que si Lagarde y a soufTert durant S6 heures, nous connaissoos 
quelqu'un qui depuis quinze ans y a souOert pcudant des milliers d'heu- 
res. 

2. Ajoutons ici quclques mots sur Ic ms. des Homelies cit^ par Turria- 
nus (Torres) et perdu depuis. Cf. Harnack, Altchr, Lit. Die Ueberlief.. 
p. 2I5-219 ; M. Preuschcn a rcleve a cet eudroit avec grand soin la piu. 
part dos citations de Turrianus d'aprcs I'l^dition de Cologne (1573)- 
Nous avons relcve tous ces passages dans I'oditiou originale (Florence, 
ir>72) dont nnus iiidiquons -ici la pagination eutre parenthj>ses, p. 395 de 
Cologne (= 346 de Florence) ; 635 (= 536) ; 219 (= 192) ; 226 (» t96) ; 
227 (= 199) ; 223 (= 193) ; 342 (= 300) ; 343 (= 301) ; 485 (= 426) ; 549 
(= 482); 496 (= 435) ; 550 (= 484): 550 (= 483); 656 (= 574); 658 
(= 57()); 656 (=: 574). Yoici quelqucs autrcs passages qui n'ont pa* ixi 
releves : p. 135 (L^dition de Florence), Turrianus cite pijtt C7?vi)r>t'* —i 
xpiffri;, Ep' Clem , V; p. 136, up)* icivruv — KaYi^uiiara, Rp- Clem., VII; el 
Toi; (liv op^avoT; — Tpo9f|;i Ep. C7*m., VIII ; p. 191 , lUt^c at — «a\ 2io|ixt, Ep, 
Petri, I ; p. 487 i! i\ Ravrt^Lht; — ovyii3»jff«» Ix««»»» Horn. Ill, 64. En face de 
la citation de la page 435, on lit en marge: ex altera edition* Ubrorum 



26 CONGRfiS INTERNATIONAL PES ORIENTALISTES 

tiennent pas aux Homelies ; les trois premiers sont couverts 
d'ecriture relativement moderne : nous avons releve fol. 3 r° 
et fol. 3 v" le commencement d'une table du contenu. Au 
folio 4 v" se trouve seul en grandes capitales le litre que 
Gotelier a mis en epigraphe de son edition et que Dressel 
a reproduil, cf. Migne, P, G., t. II, col. 21, ^[iXoqv/p^Qci. b^OJ.x<; 

Siaaiopou? xpoXoYouq xpeT?, ojxtXtag ei'xofft. G'est d'apres cette 

phrase d'un scribe quelconque, ajoutee sur un feuillet 
avant les Homelies, qu'on a fait de la lettre de saint Cle- 
ment a saint Pierre un simple prologue qui pourrait etre 
detache de la suite, lorsque toutes Les homelies ne sont aU' 
tres que la lettre de Clement, laquelle commence la premiere 
home lie. 

En efFet on ne trouve nulle part, dans le ms. 930, le titre 
6[i.tX(a a'. Si Ton tient a ajouter ce titre, il faut le mettre, non 
pas a la suite de la lettre de Clement, mais avant, car le ma- 
nuscrit porte une division en canons qui commence avec 
la lettre de Clement et se poursuit jusqu'au chapitre XI de 
I'homelie I (canon 15). Cette division en canons montre 
bien que la lettre et I'homelie I ne forment qu'un tout ou 
plutot que I'homelie I n'est que la suite de la lettre. Quant 
au titre KXi^iAevio? twv Trlxpou ez'.Sr^tJitwv xr^puyixaTwv eztiojXT^ , il est 
emprunte a la phrase precedente de la lettre et se trouve 
serre au haut de la page sur un passage gratte. Pour I'ap- 
precier a sa valeur, il faut savoir que les homelies sont di- 
visees en chapitres * et que chaque chapitre a un titre qui 
est ecrit dans les marges au haut ou au bas du manuscrit'. 
Nous en avons releve quelques-uns : fol. 50 v" Trsxpou StSaxv; 

dementis de qua Rufinus in prologo meminit, Cotelinr, dans sa preface, 
dit avoir cherche en vain I'exemplaire de Turrianus : Varum frustra labo- 
ravimus atque operam perdidimus ego ac Emericus Bigotius noster. 

1. Cotelier n'a pas tenu compte des divisions du ms. Dans le ms. 930, 
I'homelie I coraprend 19 chapitres ; I'homelie II en a 35, I'homelie III en 
a 43, etc. 

2. En g^n^ral en onciales a rencre rouge, quclquefois en minuscules et 
a I'encre noire, par exemple fol. 25 v", 26 r", mais pas avec la meme gra- 
phic que le corps du manuscrit. — Souvent les noms des interlocuteurs 
sont inscrits en onciales, a Tencre rouge, en marge du ms. 



SIXIDIE SKCTIOK rt 

rcp'i ffusUYta?J fol. 52 r" x^rpou 5'3aaxaXta xtpi t'ov ev taX; yp'?*^ 
t{/£u3fa)v Tceptxoxwv zpsjxe'.^jisvwv ; fol. 56, xsTpou JtJaffxa/.ia zcpi dcdG 
ofa 3eT ^povetv; fol. 206 v' avaYvwp'.Tjxi^ ^auTCivou xa'i 9auT:'.vtavoO ; 
fol. 208 V* avaYvwptffixo; Ntxi^rou xai 'Ax(iXa; fol. 222 V x-tx^ia- 
p'.ff[xo<; To5 Y£p5^'5^ *... 

Dans le ms. de Rome {OUob., 443), la premiere homelie 
est aussi rattachee a la lettre de Clement, car on trouve 
dgalement en marge une division en canons qui embrasse 
et la lettre et le commencement de Thom^lie (Migne, 
P. G., t. II, col. 23) ; de plus on lit dans le catalogue *, fol. 
4, ETnTToXi^j KXt^[xsvto? Tpo5 'laxwSsv seu homilia sicut vocatur 
postea fol. 15 v". 

Ainsi (Capres Les deux seals mss. qui nous en reslent^ Us 
Honielies nesontautrechose que La lettre de Climent a Pierre 
et la premiere homelie commence avec cette lettre. Nouspou- 
vons ajouter que les auteurs des Epitome grec ont com- 
pris comme nous que les homelies n*etaient autres que la 
lettre de Clement, car tous deux ont commence leur epi- 
tome par la formule d'envoi : « Clement a Jacques, seigneur 
et 6v6que... Sache, mon seigneur, que moi Clement... »' 
II n'est done pas necessaire de faire une longue demons- 
tration pour montrer que la lettre appartient a H... Par la 

1. Ces litres expliquent trcs bien qu'oa ait pu dooner a toute la lettre 
le titre : avayvcopKrixo't qui figure troia fois ea sous-titre. lis explique- 
raicnt aussi des mentions de la StSaoxoXts nlrpou; SiSax*) i^'^pou qui rise- 
raicnt, non un ouvrage perdu, mais un morceau des Homdlies. Cependant 
nous ne pouvons pas encore en ciler d'exemple. 

2. Codices mss. graeci Ottob. Bihl. Vat., Rome, 1893, p. 248. Le caU- 
logue — sans doute par erreur — attribue ce ms. au xri* si^rle et non 
au xiv«. 

3. Cf. Migne, P. C, t. II, col. 469 et Drcssel, Clementinorum epitome 
duae, Leipzig, 1859. L'epitome I est m/^me intitule : « Lettre de Cle- 
ment, archcvdque de Rome,... adresstfe a Jacques, fr^re du SeigoeurN. On 
trouve le interne titre dans le manuscrit 601 de Paris. — Macaire d'Ao- 
lioche qui a r^*sum6 en arabe, en 1659, l'epitome traduit par M. D. Gibson, 
Studio Sinaltica, t. V, p. 29, le donnc aussi comme la lettre de CUmeot 
a Jacques. — De ro^me Photius (cod. 113), a remarqu^ que ce volume 
est pous forme de lettre : ci>c tv i«t«TeX!)c (f3«i. U semblc done bien ne pas 
s^parer la lettre de la suite. 



28 



CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 



m^me se trouve refutee une objection que Ton trouve par- 
tout et m6me dans Waitz (p. 6) : « La lettre de Clement nous 
annonce qu'il va raconter ce qui s'est passe jusqu a Rome 
{[xr/pt Touvuv), or les Horaelies s'arr^tent a Antioche, done 
elles ne correspondent pas a la lettre de Clement ». Cette 
objection avait quelque valeurlorsqu'on separait la lettre 
delasuite,maisnon depuisquenoussavons,d'apres tousles 
manuscrits, que la lettre fait partie integrante de Vou^>rage^. 
Car Clement raconte bien ce qu'a fait Pierre a Rome et ce 
qu'il y a dit. 11 commence m6me par la (cf. Lettre, ch. II a 
XIX). Mieux aurait valu, dira-t-on, qu'il eut termine par 
Rome. C'etait Tavis des auteurs des deux Epitome grecs, 
aussi ils ont transporte presquetoute la lettre a la fin, mais 
nous croyons qu'elle peut rester au commencement. 

II. Paul le moine cite une partie de la lettre de Cle- 
ment, dans une redaction differente de celle des Epitome 
ch. CXLV-CXLVI, (7uvir;6pota[ji,£vwv [Jiia*... xaOeSpav *,xal[j.eTa8i5a)iJLi 

ty;? kzfl'jolxq toO S£a[jLeTv ou etvexev ou ^■K^ueTat^* aXX' b^€ic, tyjv 

09etXc[j.evY;v ti[xyjv y.al einceiOetav — eztjji.eXouiJi.evoi; • o yap etxov xal 

xaA'.v Ipto oTt 6 Tov xotfjLsva eupiaxexat. *. On pourrait suppo- 

ser que la redaction utilisee par Paul le moine est un 
abrege de VEpitome II (Cotelier), abrege fait peut-6tre par 
lui-m^me, si une seconde citation ne nous fournissait une 
Ir^s longue addition*. II nous faut done admettre qu'il 



1. M. Waitz veutprouver que la lettre n'appartient pas a H, mais a I'e- 
crit fondamental. Elle appartient certainement a H., mais nous ne voyons 
pas grand inconvenient a ce quelle appartienne aussi a I'ecrit fondamental. 
Cepeudant le syriaque ne la connait pas. 

2. II y a ensuitc quelques differences peu notables. 

3. Lacune. 

4. SuvaywyTi."' ''^apa IlauXou toO fjaioTatou (xova/oO, Athenes, 1901, p. 108. 

5. P. 254. Cette citation comprend d'abordavec quelques petites diffe- 
rences, les chapitres XCIV (yt).avepajitoi; exetvo; la-zu...) et XCV de VEpi- 
tome II (Cotelier) puis passe a la fin de XCVI ExoXaa6r,<Tav. Kat 6 Ttexpoc 
e^T)* ouxoOv 3e6v effxt xbv apeTyjC oXw; avxi7toioy|i.6vov.., jusqu'a la fin du chap. 
XCVI I, 7t/./)<Ttov d); eauTov. Tout ceci occupe 49 lignes. Vient ensuite une 
addition de 36 lignes, c'est-a-dire presque aussi longue que la premiere 
partie : etTte yap ptot • oy 5oxei <Jot 5uo exOpfiv paffiX£wv ovtwv, xai 5iT,pri|ji£va; 



SIXIEMK SECTION » 

avait sous les yeux une redaction grecque difT^rente de 
celle que nous possedons et comme il lui donne pour 
litre, ev tij l'.r,'fifli{. tuv zepiciwv ?o5 jyio'j IH-rpcu toO xnsrrsXsj, rJ} 
!ffT5pif;6e(<n; yxo toj 07*100 KXi^iuvrs?, nous proposons d'admettre 
ce litre, jusqu'a preuve d'impossibilite, et de voir dans 
ces deux citations des extraits des Yltpiolo: HiTpsu cit^s par 
saint Jerome, saint Epiphane, etc. Dans celle hypothfese, 
les Utpizlot auraient appartenu a la famille des Epitome el 
auraient done 6te orlhodoxes, ils ne peuvenl cependant 
d6river des Epitome a cause de i'addition de la fin. Les 
Epitome ne peuvenl non plus deriver des lUpiz^z'. de Paul 
le Moine qui semblent par endroits les compiler. On serail 
done conduit a Ihypoth^se d'une source commune perdue'. 
III. Rufm ecrit : « yEquum est sane, tibi qui haec eliam 
graece legeris (ne forte in aliquibus minus a nobis serva-' 
turn translationis ordinem pules) *, inlerpretalionis nostrae 
indicare consilium. Puto quod non le lateat, Clementis 
hujus in graeco ejusdem operis 'AvoYvcijewv, hoc est Reco- 
gnitionum, duas editiones haberi et duo corpora esse 
librorum, in aliquantis quidem diversa {ou diversae) in 
multis tamen ejusdem narrationis. Denique pars ultima 
hujus operis, in qua de Iransformatione Simonis refertur, 
in uno corpore habetur, in alio penilus non habetur. Sunt 
autem et quaedam in utroque corpore de ingenito Deo 
genitoque disserta, et de aliis nonnullis, quae, ut nihil 
amplius dicam, excesserunt inlelligentiam nostram' 

Tot; ^(tfpa; e'/ivTwv errt; ex twv toO ivb; umjx&oiv tv r*, toO itipou 'X<^P? 9(»p3- 
OecT)...> jusqu a gtb i\ uicep6aXA0U(ni; OtoO ^tXsvOpcoKca; titxyovTsn nsiMat TOt« 
(XT) xxxa to SoxoOv Ocoi noX(Ttuo|iJvot;, ivx 2tac to ico7fi>{ ftX69cov npooxai^ouc 
u7co|JiivovTe; ttpiuptx;, aiuvicov aitaXXvyoitai xoXaatcov. Une partic de raddition 
se rotrouve dans t'Epitoiuc I (Dressel). Ainsi le lexle cil^ par Paul le 
moiue est apparent^ a la fois aux deux Epitomes^ c'est pourquoi nous 
proposcrons de le faire d<^river d'une source commttoe. 

1. II ne oous scmblc pas prouvd que les Epitome dirxttnX direclement 
des Horadlics actucilos. 

2. Allusion pcut-iytrc a Tordrcdans lequel se suirent les Episodes. Get 
ordre dilTere dans H., R. ct dans le syriaque S. 

3. Prmf ad Gaudentium, Migne, P. C, t. I, col. t205. 



30 CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORlENTALlStES 

Dans le « corps » ou la fin manque, on ne peut pas voir 
un ms. du genre du ms. 930 de Paris, comme I'ecrit 
M. Waitz*, car c'est par un pur accident que lesderni6res 
feuilles du ms. de Paris ont ete arrachees et Rufin parle 
d'une famille de mss. et non d'un manuscrit mutile. Nous 
proposons de voir la le grec, origine de la version syriaque *, 
qui ne contient pas la fin et qui traite, comme les Reco- 
gnitions, de ingenito Deo genitoque, carle commencement 
est identique aux trois premiers livres des Recognitions. 

II semble possible d'ailleurs que les deux editions de- 
signent les Homelies et les Recognitions, mais les deux 
corpora ne peuvent ^tre, parmi les ouvrages connus, que 
les Recognitions etle syriaque. Ajoutons que le mot corpus 
fait bien songer a la difference de volume du syriaque S et 
des Recogn. qui est de pr6s du simple au double et Rufin 
pouvait connaitre S qui etait deja Iraduit en syriaque en 
I'an 411 et semble avoir joui d'une certaine diffusion en 
Orient'. Nous traduirions done: « Tu n'ignores pas, je 
pense, que de ce Clement [titre de I'ouvrage en syriaque] il 
y a en grec deux editions [H. et R.] du merae ouvrage des 
Recognitions et deux groupements de livres [H. R., et 
Syr.] qui different assez mais presentent souvent le m6me 
recit. Enfin la derni^re partie de cet ouvrage, oil est rap- 
portee la transformation de Simon, se trouve dans un 

1. Page 48, note 1. 

2. C'est aller trop loin que de donner la fin du syriaque comme une 
simple traduction des Homelies X a XIV, car il se rapproche des Reco- 
gnitions en divers points. Ces points sont de pur detail, mais n'en 
eloignent pas moins le syriaque des homelies actuelles. Lagarde a deja 
signals que le Syr. comme les Rec. omet H., XII, 25-33 et suit le texte 
de R, dans H., XIII, 1. De meme, dans S. et R. Faustus est le nom 
d'un frere de Clement ; on lit proposui iernis residere (mensihus S., 
p. 147, 1. 13-14; R., VII, 2. Cf. H., XII, 2), unum diem aut biduo, 
(S. ; p. 147, 1. 24-25, R. VII, 3 ; cf. H., XII, 3) sex stadiis (S., p. 150, 
I. 19-20 ; R., VII, 12) au lieu de trente stades H.; XII, 12 etc. 

3. S. remplace le nom Mattidia par Metrodora. Ce dernier nom se 
retrouve dans une hymne de Balai publiee par BiskoU, dans uu epitome 
arabe edit^ par M"»» Gibson et dans le Clement arabe in^dit. Nous rat- 
tachons done ces trois Merits a S. 



SIKltMK SECTION It 

groupement [H R] et ne se trouve aucunement dans 
rautre[S|. » 

IV. La premiere edition des Recognitions n'a pas ete 
publiee par Jean Sichard (Hdle, 152(>), comme on le lit 
partout, mais par Jacobus Faber Stapulensis (Le Fevre 
d'EstapIes) comme I'a note M. Bardenhewer' et comme on 
le lit dans Migne, P. C, t. I, vol. 1195. D'apr^s Jusli Fori' 
tanini* cette edition fut publiee a Paris en 1504 ; en eflet 
I'exemplaire de la Biblioth^que Nationale de Paris ne 
porte qu'une date en t^te du volume, et cette date (a la fin 
de la lettre dedicatoire) est le 10 fevrier 1503. Mais a la tin 
du volume, au folio 118, on lit HeracLidis Recognilionum 
Petri apostoli, epislole [sic) Clementis et AnacUti, Parisiis 
ex officina BelLovisiana finis ;,impensis Joannis parvi. Bi- 
bliopole [sic] diligentissimi anno Domini Salvatoris M D IllI 
idibus julliisy jullio secundo. 

On lit surla premiere page en guise de titre : Pro pio- 
rtirn recreatione et in hoc opere contenta : Epistola ante 
indicem ; Index contentorum \ Adlectores ; Paradysiis Hera- 
clidis ; Epistola Clementis ; Recognitiones Petri Apostoli. 
Complementum epistole [sic) Clementis; Epistola AnacUti; 
puis viennent les armes de » Jehan Petit ». Les Recogni- 
tions (fol. 40 v*-112 r*) sont preced^es de la preface de Rutin 
ad (taudentium et de la lettre de Clement dans la traduction 
de Rufm, P. G., t. II, col. 31 56. Le complement de la lettre 
de Clement est I'addition qui se trouve dans Migne, P. G.^ 
I. I, col. 472 Pucnitemi (Faber : Enitemini), inguii^ et 
veram.... jus({u'a la (in, col. 484. La lettre <« ante indicem » 
est la lettre dedicatoire. La lettre d'Anaclet est la lettre I, 
Migne, P. G., t. 11, col. 789-798 et 800-801 (Faber omet 
798-800). 

V. La lettre de saint Pierre ne peut pas se rapporter aux 
Homelies, car les Homelies sont redig^es et adress^es a 
Jacques par Clement lui-m^me apres la mort de Pierre qui 

1. Gcsch. der aitchr. Lit. Fribourg, 1902, t. I. 

2. hist. lit. Aquil. iibri V. Rome, 1742. p. 337. 



32 CONGftfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

ne peut done plus recommander : twv ii^wv y.yjpuYH-a'^wv xq 
iTCeii-ia (joi p{6Xcu;, Ep. Petri, I. D'ailleurs, comme on le voit 
ici et plus loin {Ep. Petri, II, III, contestatio, I, II, IV, V), 
Pierre a adresse a Jacques '^ItXc'jq xYjpuyiJLaTwv tandis que 
Clement lui adresse seulement, sous forme de lettre, un 
resume de ces predications : y.YjpuyixxTwv kTj.zo\i.T„ avec sa 
propre histoire : ol ex TcaiSwv Xoyia\i.oi. Ep. Clem. XX et XIX. 
II semble done bien que la lettre de Pierre se rapporte 
a des predications resumees plus tard par Clement. II nous 
suffit d'ailleurs de changer la place d'une virgule dans la 
traduction latine de Cotelier (le grec n'a pas la de ponc- 
tuation) pour trouver dans Clement lui-meme tout ce que 
nous venons de dire : « Je n'ai pas tarde, selon son ordre 
(de Pierre), afaire un resaip,e^ des discours prononees de 
ville en ville qui ont deja ete eerits et qui t'ont ete 
adresses par lui en livres % et a te les envoyer sous le 
titre : De Clement, resume des predications populaires de 
Pierre ». 

Quels etaient ces Livres des predications de Pierre ? — 
Nous n'avons jusqu'ici, semble-t-il, qu'un point d'attache, 
qui est la liste donnee dans les Recognitions, III, 75, 
cf. V, 36. 

S'il nous etait permis aussi d'emettre une hypoth^se 
sur rordre de redaction des Clementines, nous place- 

1. Le grec porle en plus : waitsp OYUJieloy x*P'^' Nous nous demandons 
ri Ton ne pourrait pas traduire : « en sigue (de veracite) ». Car Pierre 
demande a Clement d'ecrire a Jacques ses peusees depuis son enfance, 
comment il a accompagne Pierre de ville en ville et comment il a vu 
mourir Pierre et lui a succede. Pour inspirer confiance a Jacques et en 
guise de sceau, il mfile done a son histoire personnelle des extraits des 
predications, que Jacques possede deja, pour lui montrer qu'il dtait vrai- 
ment de la suite de Pierre. 

2. Cotelier imprime (Migne, P. G., t. II, col. 55) : per ipsum missi, in 
libris breviter comprehendere. II faut ponctuer : per ipsum missi in 
libris, breviter comprehendere, car I'ccrit de Clement (les Homelies) n'est 
pas divise en livres. C'est I'ouvrage de Pierre qui etait divise en livres, 
comme il le dit lui-meme par trois fois et comme Jacques le dit quatre 
fois [Ep. Petri, I, II, III; Contest. I, II, IV, V). 



SiXI^MK SM'TION Ji 

rioiis en premier lieu les predicalions de Pierre • ; 
en second lieu les trois premiers livres de« Kecogni- 
tions sous le litre « (Element » ; en troisieme lieu les 
Ilomelies comme leltre «le Clement a Jacques, pour 
reprendre el vomplrler I'histoire de Clement el pour y 
ajoulcr un risume des predications de Pierre \ en qua- 
triemc lieu les Recognitions en dix livres, pour completer 
d'une nouvelle maniere I'histoire de Clement. 

VI.Nouspouvonscompl6tcrle8nolesdeCotelier(Mignef 
P. (i., t. 11, col. ''i69-470) en indiquanl les numeros acluels 
du catalogue. Le litre du haul de la page (qui est plutot un 
resume qu'un litre) figure dans le ms. 'i36*. Le ms. 148 
de Cotelier porte mainlenanl le numero 1178. Cotelier le 
dit : « superiori, paulo auclior ». Nous n'avions aucun 
inlert^t a le collationner tout entier, mais nous avons 
constate qu'en trois endroits (commencement, tin, milieu) 
il ofTrail nn^me texleque VEpiloinf. 11 de Cotelier. Nous ne 
I'avons done pas Irouve auclior. Le ms. 804 de Cotelier 
porte le numero 14G3. C'est un exemplaire de Y Epitome i 
de Dressel '. 

1. II rcstc un certain noinbre de citations dcsM predications de Pierre* 
recui'illies par Grabe, Spicil. Palrtim, OxTord, 1G14 ct couinicntees par 
E. von Dobschiitz. Texte und Untersuch., i. XI Aucune uc so retronve 
duns les Clementines. 11 semble done n'y avoir aucun rapport cntre le 
(iruiidschrift des Clementines, el les « Predications de Pierre » rilees 
par los iinciens auteurs, en d'autres tcrnies il faut distinguer. semble-t-il, 
deux series de w Predications de Pierre ». 

2. Cotelier a done utilise ce mauuscrit. On trouve sur la premiere 
page, sans doute de sa noain : Adi 148, 738, SO'i, 1473. Ces quatrc 
inanuscrits sont cott'>s inaintenaul : 1178, 1513, 1463, 1196. 

3. II y a a Paris truis exemplaires de cet Epitome I, qui soot : 1463, 
GUI, 1180 et deux iragiuonts dans les ins. 1456 et suppl. grec 687, 
V llistoria nattfiagne mulieris qui se trouve dans ce dernier (V. cata!. 
Omont), fol. 13 (non 14) et 38 doit dtrc laedans I'ordre suivant fol. 38 v«, 
iol. 38r<>. fol. 13v«rol. 13 r« et, commence (fol. 38 t*) bom. XII, 10 on fM 
Xomov pour (inir (fol. 13 r") bom. XII, 17, I'v Tij vta;ou(rr,. H v a ici graodc 
ressemblance enlrc Ic Icxte des Ilomt^lies et cclui de V Epitome I. H e«l 
cependaut certnin que noire fragment appartient k VEpitome I, rar il 
omet aussi la pliraso : ov* yip t^ni ovtw ^'l*** ^^'* ^^'« ' — 



34 CONGRfcS liNTERNATlOiNAL DES ORIENTALlStES 

Enlin dans la note (1) P. G., II, col. 469, Gotelier ecrit : 
Titulus hoc paclo conceptus ex.^tat in duobus scriplis libris 

(zn 1513; 1530) additur in terti,o (=z 1190)... quod habet 

inscriptio Clementinorum quodque solum pro titulo exhibet 
unum exemplar (= 1482). (Un exemplaire, le numero ac- 
tuel 580, ajoute au titre du tertio : tx KXyjixcvx-la) ; Alio modo 
quatuor codices [— 579, 693, 1178, 1463, 1525, 1549, 1554. 
Le ms. 1545 porte ^[oq xal TroXtteta . . . ) 

Le ms. 774 (comme le 1482 et les Clementines) porle le 
seul titre reduit : KXv'jixsviOi; twv IIsTpou £xiSr<[ji.'.wv /,Y)pJY[j,ai:a)v 
£7:tTo[i.^, mais apres le chap. 147 (P. G., II, col. 580), il ajoute 
le titre : [xapiuptov toj aybu Ka. Comme Tiirnebe en fait au- 
tant dans son edition (Paris, 1555), on peut croire qu'il a 
utilise ce ms. du xv^ siecle '. 

Le ms. 601 (comme VEpitome I dans Dressel) a pour 
titre £TC'.(7toXYj KXi^iji,. ap^^tex. Pit>\>.T,q /.at |Ji.a9. xop twv a::. IIlTpou 
a'TooraArjaa [sic) 7:pog 'Iax,u)8ov irov aS£X(pov xcO xjpi'cu. 

VII. Le dernier canon des apotres place a la suite de 
TEcriture, les Zixxxyxi de Clement en huit livres, adresses 
aux ev^ques, qui ne doivent pas 6tre confiees a tous, a 
cause des [ji.ua'ct/.a qu'elles ^enferment^ On a vu dans ces huit 
livres les Constitutions apostoliques, nous avons propose 
d'y voir les huit livres de Clement (Octateuque) ou les ca- 
nons egyptiens qui figurent a la fin dela Bible en syriaque 
et en ethiopien et qui portent d'ailleurs le titre de otaTaval 
dans le fragment grec conserve. Mais, dans un cas comme 
dans Tautre, on ne voit pas bien quel est le jjLuaxtxov vise par 
I'auteur du canon, ni pourquoi cet ouvrage a ete ecrit pour 
les ev6ques. En somme tout ce passage du canon, hors le 



Ajoutoas que d'apres les plis qu'ils portent, ees deux feuillets 13 et 38 
serablent avoir 6te les feuillets de garde d un manuscrit. — Tous les 
autres mss. que nous mentionnons renferment VEpitome II. 

1. Le ms. 1499 du xi* siecle n'a que la fin de VEpitome^ le [lapx. xoO ay., 
Up. {tap. xX. ETC. 'P. C'est peut-^tre le ms. vise par Cotelier, P. G., II, 
col. 580, note 21. 

2. Cutv Toi; iTiiffxoTtotc ....a« oi xpr| Sriixooteuetv kni Ttavxcuv 6ia ti iv ayxaT; 
(luanxa. 



litre I'.x'.xyxi, s'appiique trfes bien aux predications de 
Pierre qui ne doivent pas Aire donnees k tous mais seiile- 
ment(AeT2 tf;? OLyoi-^fii \i.^(r:T,p'.o\){Ep. Petri, passim) ;eiapT^SKine 
epreuve de six ans, Contestatio, I; et qui ne peuvent «Hre 
pr6tes sans la permission de I'ev^que, mais doivent lui 
Atre rendus {Contestatio 2,3).D*aineurs les theories'* mys- 
tiques » n'y manquent pas, relatives surtout k la liible, H., 
II, 40; III, 4; III, 29 (tsv ixjtt'.xsv \iyz't)i au « mystere » de 
rKbdomade H., XVII, 10, et sans douteaux Syzygies et au 
vrai proph^te. Le texte du canon des Apotres vise done les 
predications de Pierre, mais le ridacteur ne connaissait 
peut-iitre que la lettre de Pierre et a cru reconnallre ses 
predications dans les S-.a-caYal KX-^ixevrs?'. 

VIII. Saint Paulin de Nole a traduit un ouvrage de Cle- 
ment non designe ; d'ailleurs la Didascalie et Ics canons 
egyptiens des Apotres ont ete traduits en latin vers I'epoque 
de saint Paulin par un traducteur inconnu. Nous proposons 
done — c'est une hypothdse dont chacun appreciera, k son 
point de vue, la plus ou nioins grande probabilite — de 
voir la Didascalie et les canons egyptiens dans I'ouvrage 
de saint Clement traduit par saint Paulin de Nole. 

Paulin adresse a Rufin sa traduction de saint Clement, 
le remercie de I'avoir dirige vers les etudes grecques el 
reclame son aide pour poursuivre ces etudes : ^am quo- 
inodo profcclum capere potero sermonis i^noti, si desit a 
quo ii^nor<ita condiscam ? Credo enini in translalione sancii 
Clementi^y praeter alias ingenii mei defectiones^ hanc ie 
potissimum iniperitiae meae penuriain considerasse quod 



1. On lit (iaiis Ic d^crct <lc (i^lase : Itinerarium nomine Petri Apostoli^ 
quud appellatur sancti dementis lihri octo,ttpucrtphuni. Migue. /'. (i ,1, 
col. 1179. On n'a aucuiie trace d'une edition des llipiotoi divisee cu hu<t 
livrrs, il scnible doin' que I'interpolateur dc ce tcxle (of. cul. It'.Mt), rc- 
(unuaissail voninic nuus les hull livr«s de Clemcut du dernier cauou dcA 
Ap(Slres dans Ics lUp-oSo-.. Lh redaction arabc des Cieuientiues »e doour 
uuBsi pour I'uu des livres « caches, qu'il iaul teoir loin des regards du 
viil^.iiro » vist's dans lo dernier cauoo des ApuUreit. Cf. Catalogue de» 
ni3s. arabea tie Paris, «"• 7(i el 77. 



36 



C0NGR6S INTERxNATlOiNAL DES ORlENTALISTES 



aliqua in quibus iiitelUgere vel exprimere verba non potui, 
sensu. potius apprehenso^ vel, ut veriiis dicam^ opiiiata 
transtulerim... Jusqu'ici on a cru voir dans ce texte une 
allusion a une premiere traduction des Recognitions qui 
aurait precede la traduction de Rufin *. Mais on ne trouve 
aucune trace de cette premiere traduction des Recogni- 
tions, et Rufin semble bien dire qu'il est le premier a tra- 
duire cet ouvrage -. II sembie done qu'on voyait ici les 
Recognitions uniquement parce qu'on ne connaissait de 
traduction latine ancienne d'aucun autre ouvrage attribue 
a saint Clement. 

Or, M. Hauler vient d'editer les restes d'une traduction 
latine de la Didascalie et des canons egyptiens contenus 
dans un ms. palimpseste de Verone ecrit sans doute vers 
la fin du v« siecle et qui renfermait en meme temps 
les Recognitions de Rufin'. Le traducteur utilisait I'an- 
cienne version latine de la Bible et ecrivait done avant la 
vulgarisation de la traduction de saint Jerome, c'est-a- 
direa la fin du iv« siecle ou au commencement du v^ Tous 
ces traits nous designent saint Paulin de Nole. II dut faire 
sa traduction avant 408 % cita I'ancienne version de la Bible 
seule en usage alors et adressa son travail a Rufin, qui lui 
adjoignit sans doute plus tard un exemplaire de sa traduc- 
tion des Recognitions pour former un « Clement » complet. 
Le tout fut transcrit une ou plusieurs fois etenparticulier, 
vers I'an 500, sur le ms. palimpseste dont lesfeuillets sont 
conserves £k Verone et a Milan ^ 



1. Migne, P.G.,i. I, col. 1192-1193. 

2. Praef. ad Gaud. Ibid., col. 1205-1206. 

3. Didascaliae apost. fragmenla Veronensia latina, Leipzig, 1900. Cf. 
p. vi-vii. Les fcuiiles qui portent des fragments des Recognitions sonl 
inaiuteuant u Milan. 

4. Car c'est la date de la lettre dont nous veuons de citer un fragment. 
Cf. Migne, P. L., I. LXI, col. 397-398 ; lettre 46 (rt/tas 47). 

5. Nous ne sommes pas persuade non plus que I'un des ecrits pseudo- 
clementins, par excmple les Recognitions, ait ete compose a Rome, car 



SIXIKMK SECTION 31 

II n'est pas jiisqu'au style de la traduction qui ne nous 
denote un novice. Comparons les premieres lif^nes de la 
Didancalie et des Recognitions : 

DinASCALix' : Dei planlnliovineai' catholica erdesiti fjus 
et electi sunt, tjui credideruiU in cam, quae sine errore est 
vera religio, quiaeternum regnuni fruvluanlur el jter fidem 
refold ejus virtutem acce/ferunt et participationem sanrti 
ejus spirit us... 

Hkco(;mtions * : Kijo Ciemens, in iirbe Homa natus. ex 
prima aetata pudicitiae studium gessi, duni me aninii in- 
tenlio velut vinculis quibusdam soUicitudinis et moeoris a 
puero innexum teneret. 

La premiere Iraduction est hien I'oeuvre d'un eldve qui 
craint, mt^me dans les endroits clairs, de s'eloigner de son 
texte en attendant que dans les endroits obscurs il se 
borne a une certaine approximation'. Le texte de Rufin 
au contraire est d'un maitre qui poss^de completement le 
sens de I'original et sait done le rendre en latin et non en 



KtiHn lie semblc pus Tinciiqucr duns su pn^facc. De plus, un I.ntia aurait 
luisse plus dc traces que nous ne pouvoas en rclever duns les R^cogai- 
tioas. Par cxemple S. Paulin de Nole, dans une piece dirigde cootre les 
(Keux pn'iens et qui est done puruUcIc a bien des passagps des Homilies 
et des H^co^nitions, dcrit : Quae sint capitolia (vers 53) Itex fuit hie Ja- 
nus (v, 68) ,. Ausonias ad\cnit ad oras (v. 72),.. Hinc Latiare malum 
prisci statuere Quirites {y. 108),.. Ignis cur Dea, non Deus ett ? Cur 
ignis foemina fertur (le mot syriaqne nouro qui signilie /eu, est t^mlnin) 
(t. 129-130)... Vestae t/uas virgines aiunl (les Vestales) (v. 142), etc. On 
trouve done iri un (^rand nonibre dc passages qui trahissent un Rouiain, 
innis il n'en est pas de mdine dans le pseudo-Clement, 
t . Huiiler, p. 1. 

2. />. r,„ I, col. 1207. 

3. Cf. Die syrischr Didasialia, par A. Aclii-li> rl J. t- itiinniiiL,, l.i-iji- 
ici^, t%4, p. 250. On y trouvera Tindiralion do ilivers passages du latin 
qui doivent t>tre corriges d'aprt^s Ic syriaque. — D'ailleurs le texte latin 
('•dite pur Hauler est dc>ja une revision de la traduction de S. Paulin : 
« Kr integria versihus supplftis et aliia correcturis codicem reacripitim 
jam ex altera Latino exemplari Iranacriptum et emendatum ease con- 
cludo ». Hauler, p. vii. 



38 



CONGUES INTERNATIONAL DBS ORIENTALiSTES 



un peu comprehensible mot a mot. Notre hypothese con- 
siste a voir, dans I'eleve susdit, I'eleve de Rufin ou saint 
Paulin de Nole*. 



1. Nous avoDS recueilli les notes du present travail en preparant I'ar- 
ticle « Clementines (Apocryphes) » que nous avons redige pour le Diction- 
naire de Theologie de "Vacant et Mangenot. 



APPENDICE 



Le texte dc ces discoiirs nous est parvenu troptard pour 
paraltre dans les comples rendus : iis doivent 6tre ajoutds 
a ceux qui ont et6 publies p. 79-86. 



Discoursde M. Fohget, delegue du Gouvernement royal 
de Belgique. 

Monsieur le Oouverneur General, 
Messieurs, 

Vous ne vous ^tonnerez point si je me declare vraiincnt 
confuset embarrasite de prendre la parole devant une assem- 
blee si imposante, en presence d'hommes et de savants illus- 
tre». 

Mais ce m'est un devoir de le faire, a la condition et avec la 
promesse d'etre Ires bref. 

Je suis, du reste, d'autant plus heureux de saluer ici, au nom 
du Gouvernement beige et de TEtat independant du Congo, 
MM. les promoteurs et orgauisaleurs du XIV* Congr^s des 
Orientalistes, que je puis evoquer des souvenirs et des faits, 
tant anciens que r6cents, qui rattachent la Belgique a la terre 
francaise d'Afrique et a I'etude des langues orientales. 

C'est un de nos compatriotes,ce rude et courageux Flamand 
Nicolas (.'.levnaerts, dual la grammaire iiebraiquc et une labo- 
rieuse expedition au Maroc contribuerent tant, au d^but du 
xvi" si^cle, h fonder en Europe la pliilologie semitique ; et 
depuis lors, cette pliilologie est toujuurs restee, en honneur 
parmi nous. A notre 6poque, Thospitalit^ scientitique de U 



40 <'.0NGR£S international DKS OHIENTALIvSTES 

France, genereuse a tous, semble, j'oserai le dire, reserver 
aux Beiges une place de predilection : I'Ecole francaise 
d'Athenes, et aussi sa soeur cadette d'ExtrSme-Orient, feconde 
des son berceau, veulent bien tenir leurs portes largesouvertes 
a nos nationaux. 

Messieurs, le genie occidental a accompli de grandes choses 
sur ceSahel, dont I'histoire, apres les vieux Pheniciens, apres 
levieuxCaton, redira toujours les noms universels des Cyprien, 
des Augustin et des Lavigerie. Comme representant de mon 
petit pays, comme organe de tous mes compatriotes et specia- 
lement de plusieurs confreres beiges, ici presents, je m'incline 
avec respect et admiration devant ces gloires et ces lumieres 
d'un passe inoubliable. En mSme temps, j'atteste notre grati- 
tude envers la France pour I'accueil quelle nous fait et I'appui 
qu'elle nous pr^te dans les divers domaines de I'erudition 
moderne. Nous nous sentons particulierement ses' obliges 
aujourd'hui, sur ce sol de langue arabe, a un moment oii il 
nous semble qu'elle nous adresse, ainsiqu'a tous les congres- 
sistes, moins en paroles qu'en actes, ce souhait indigene, si 
patriarcalement hospitaller, si vraiment humain et si pitto- 
resque : -i^j ^!, famille et plaine! Comment, en eflet, ne 
pas songer a ces cordiales et condescendantes paroles, quand 
nous voyons la nombreuse phalange des orientalistes francais, 
pour nous faciliter la tache professionnelle, nous admettre 
volontiers a cote d'elle sur les terrains oil ses pionniers sont 
passes maitres? Comment ne pas constater avec joie et fierte 
qu'ils veulent bien nous traiter comme des membres de leur 
grande famille scientifique, comme des confreres qui seraient 
des freres?... Encore une fois. mercil 



Discours de M. STKEBOULAYEF,delegue duGouvernement 
imperial de Russie. 

Monsieur leGouverneur General, 

En quality de del6gue du Gouvernement imperial de Russie 
a ce Congres, j'ai I'honneur de saluer, en votre personne, le 



APPKNniCK 41 

Gouvernemcnt civil et militaire de ce beau pays de France, 
TAlgerie, devenuo celte ann^e le centre d'un concours interna- 
tional sur le terrain des recherches scientifiqaes. 

En qualitede d6legu^ de Tlnstitut des LanguesOrientales du 
Ministere Imperial des Affaires Ktrangeres a Saint-Peters- 
bourg, j'al I'lionneur, Monsieur le (iouverneur General, de 
saluer en votre personne, la presente grande assemble ou se 
sont reunies les forces scientiiiques, non seulement de la 
France, inais encore celles de tons les pays representes a ce 
Congrfes. 

Personnellement, je me permettrai d'exprimer a cette occa- 
sion le vocu que les travaux du XIV* Congres des Orientalistes 
soient executes dans le sens et dans Tesprit dune ^troite 
alliance entre la linguistique et la philologie orientales. 



Discours de M"* Olga de Lebedew, deleguee de la 
Socicte russe des Etudes Orientales, 

Monsieur le Gouverneur General, 
Mesdanies, Messieurs, 

La Soci6tc russe des Ktudes Orientales, nouvellementeclose, 
el que j'ai I'honneur de representer ici, avec MM. les profes- 
seursKnauer et Str6boulayef, est heureuse de prendre partau 
XIV* Congres International des Orientalistes. 

Notre Soci6t6 m'a donn6 le mandat de transmettre aux 
membres 6clair6s de ce Congrfes tous ses voeux les plus sin- 
cferes pour leur succ^s dans la voie du progr^s des sciences et 
pour I'ceuvre entreprise eu comnaun du rapprochement de 
rOrient et de I'Occident. 

Quant a moi, qui ai toujours 6th personnellement dAvou6e a 
la cause de I'einancipation de la femme musulmane, dans les 
limites indiquees par leur propliete, qui a fonde une religion 
pnrfaitement compatible avec tous les progr^s modernes, sous 
la condition d'etre bit*n interpr^t^e et comprise avec sincerite 
— quant a moi, dis-je, je me sens duublement heureuse de me 



42 gongrEs international des orientalistes 

trouver dans cette belle Colonie, prolongement de la France, 
que nous aimons et nous admirons tous ; pays libra et aux 
idees larges, toujours alerte quand il s'agit d'emanciper et de 
(aire tomber les chaines de I'obscurantisme! 

C'est dans ce beau pays que la femme musulmane, si douce 
et si bien douee, est deja entree dans la voie de la civilisation, 
a la suite de sa sceur ainee d'Europe quelle ue tardera pas a 
egaler. 

Esperons qu^elle aura la sagesse de n'en retenir que les bons 
exemples, s'efforcant surtout vers son propre developpement 
intellectuel, qui la rendra capable d'elever de bons fils pour 
la patrie et de vertueuses fiUes destineesa devenir de ceux-ci, 
les fideles et intelligentes compagnes. 

Mais la civilisation est coranie une arme a double tran- 
chant : aussi pourrait-elle devenir nuisible, si elle n'etait basee 
sur I'education du coeur et sur les principes de la moralite la 
plus elevee. 

Je souhaite done a mes sa'urs bien aimees d'Orient, dans 
I'interSt de leur propre bonheur, de ne jamais se laisser 
seduire par les cotes frivoles et vains d'une civilisation trop 
raffinee, qui ne correspondrait pas a leur ideal et ne leur 
apporterait, au contraire, que deception et malheur. 

J'exprime enfin le voeu qu'elles aieut la sagesse de se tenir 
dans un juste milieu plus conforme a leur legitime aspiration 
vers une condition superieure, afin de toujours mieux remplir 
sur la terre le role de compagne et de consolatrice de I'homme : 
role pour iequel elles ont ete creees et qui devrait 6tre le plus 
noble apanage de la femme, sous toutes les latitudes et dans 
toutes les civilisations! 



ADDITIONS ET CORRECTIONS 



Page 9, ligae 27, an lieu de secretaire lire secretaires. 

— '»3, — 2, au lieu de Cumoat lire Forget 

— 110, — 3, au lieu de ^coles /i>» Kcole 



^Section de I'Inde 

13'*, — 25, au lieu de permissable /ire permissible 

l'»5, — 7, nu lieu de hors lire Lord 

177, suppriiucr la ligiie 4. 

177, — 16, au lieu de Texte lire Texts 

177, — 22, au lieu de Matigan-i lire Mn(igsiD-i 

177, — 25, supprimer les cinq premiers mots de la ligne. 

177, — 36, au lieu de Afdiyava lire Afdiya Ta 

178, — 3, au lieu de Sikand lire Sikaod 

178, — 22, 31, au lieu de AjAr lire Aiilr 

179, — 4, au lieu de Abalis tire Abalis, 

179, — 27, au lieu de a'a«"-tvada8a lire xat^tvadafta 

179, — 33, au lieu de but in lire hut is 

180, — 1 ct 6, au lieu de a'a£tvada6a lire x'aetvadaOa 

180, — 5, au lieu de Jews tire Jew 

181, — 16, supprimer le point d'interrogatiou. 
181, — 20, au lieu rff Jams^d lire Jammed 

181, — 33. lire unright eously nu lieu de unrighleoiisly 

183, — 15, supprimer and apres (im ii tr>.|? 
I8i, — 29, au lieu de ev: lire a?;. 

iH'i, — 36, au lieu de der Jacob tire <le» Jiu-ob 

184, — 13, au lieu de namer lire names 
184, — 24, au lieu de *Is"hoq lire •la'hoq 

184, — 30, au lieu de ZuhQdar lire ZuhiWan 

185, — 28, au lieu de into lire unto. 

185, derniere ligm*, ajouter : A curious analogy, p«*rhups 

merely accidental, may possibly be traced witli tin* 
« black water « (SVN^D S'^D) wbich lioa at the bottom 
of the ahytts, artcording to tlie Mandaean coomo^ony^ 



** CONGRfiS INTERNATIONAL DES ORIENTALISTES 

and where 'Ur, the archdevil, dwells (Kessler, in 
Realencyclopddie fiir protestatitische Theologie and 
Kirche, XII, Leipzig, 1903, 166-107, 169). 
Page 187, ligne 11, an liru de Vijar lire Vijar 

— 187, — 33, au lieu de Wiinsch lire Wiinschc 

— 187, — 34, aw /leH <5?e Jannailen //re Tannaiten 

— 188, — 15, au lieu de wich lire which 

— 188, — 31, ajouler with the general idea of the legend may per- 

haps be compared the Muharanaedan tradition of the 
journey of Moses with al Hidr (Qiir'an xvin, 66 et 
seq.\ in which the latter wrecks the boat of some 
poor fishermen, apparently in malice, but really to 
save their vessel from a piratical king, and performs 
other deeds wich rouse the curiosity of his companion, 
who is severely rebuked for his unseemly inquisitive- 
ness into the ways of God (see Weil, Bihlische Legen- 
den der Muselmdnner, Frankfurt, 1845, pp. 178-181). 
This story is doubtless Jewish in origin, and is also 
told in the Haggadic account of the journey of As- 
modeus to Solomon (Ginzberg, in The Jewish Ency- 
clopedia, II, 218 ; comp. also Gesta Romanorum, 80, 
and the references given by Oesterley in his edition, 
Berlin, 1872, pp. 724-725; Dunlop, History- of Pro^e. 
Fiction, ed. Henry Wilson, London, 1896, H, 263-269) . 
This suggestion I owe to a note from Prof. C. H. Toy 
of Harvard University. 

— 189, — 30, au lieu de Nebu lire Nebu 

— 190, — 12, au lieu de Sozan lire §6.san 

— 191, — 30, au lieu de (Zebahm, 19 a, lire (Zebahim, 19 a) 

— 491, — 33, au lieu de form lire for him 

— 192, — 5, 13, au lieu de -UiJiJJ lire _ujii)J 

— 192, — 13, au lieu du premier «V)j3 life ■Jf%^} 

— 194, — 12, supprimer les deux points apres: il faut I'entendre 

— 197, — 18, a;'oM<er (Georgi) flares appelant 

— 198, — 5, colonne de gauche au lieu de sine lire sive 

— 198, — 11, au lieu de naiharupa lire : ndmartipa 

— 198, — 19, supprimer la majuscule 

— '99, — 25, lire : stumbling-blocks 

— 200, fl/oM/er : Cette theorie de la « jalousie » de I'dtre iuter- 

mediaire est mentionnde dans I'Abhidbarmakocavya- 
khya (Soc. As., fol. 221 b) ; il y est fait allusion dans 
la Bodhicaryavatarapaiijika (IX, 73, citation du (^laiis- 
tambasAtra, p. 340, 1. 27 de I'edition en transcription). 



AUDITIONS El CUKKKCTIO.NS 45 

P.-ig^*201, lignc 31, au lieu de priititain khyanabuleoa lire pratiHaiii khya* 
iiabalen.i 

— 201, — 32, au lieu de hfniteh Itrc hhavah 

— 202, Ajouter an Hixioiiie aliiida : La rvparttlioo des ahguM 

out trait^o dann Ir .IfianapraAthanu, I, 3 (voir Taka- 
kiiBU, Uii the AljIii'JIianiia Literature... J. V. T. S. 
1905. p. 87). 

— 20 1, — 17, au lieu de pmscju nn I'luiMivail plus lard, lire 

lorsqu'oQ ^prouva plus tard 

— 204, — 20, au lieu de so preseiile, lire »e preaeota 

— 206, - 11, «« lieu de c» '"■* Z 

— 207. — 9, a« /leM rf'Asoka Z»e As'oka 

— 207, — 35, uu lieu de Ling, lire Lii'ig 

— 207, — 38, ajoutez : uolc 2 : Voir page suivante, nole. 

— 208, — i, ellacer ' 

_ 20S, — 37, au lieu de pi. IV lire VI 

— 209, — 25, uu lieu de ^ lire ulS 

— 209, — 29, au lieu de crh lire cell. 

— 212, - 5, au lieu de kar.-uuua lire karuniuu 

— 212, — 7, au lieu de Soinjahasa lire Soinjak.-ii»a 

— 214, — 30, au lieu de (p. ) lire (p. 212) 

— 216, — 11, rtM /ic.-« rfe inrlaga' /ire inftag'a 

— 216, — 25, au lieu de saga' lire sag'a 

— 216, — 35, au lieu de isa- lire [>.>• 

— 'J 16, — 37, au lieu de icha lire ich'a 

— 219, - 5. 6, 16, au lieu de alisara lire aksara 

219, — 22, au lieu de Vimakapiitris'asa lire Vimakaplilliisasa 

— 220, — 31, au lieu de sajhe lire »ajhe 

— 221, — i, au lieu de aj.i lire aja 

— 221, — 16, au lieu rf«» |caiiiina lire kaiiiiila 
-. 221 — 18, au lieu de al.isara lire aks.ira 



TABLE DES MATIEKES 



Ijiste dett lueiiibrcs I 

Trav4ux du Congres* "i" 

Files cl rece|ilion8 .... ^7 

Ouvrnfrtis offcrts au Congres . . liO 



PREMlfiRE SECTION 
(Inde et langues aryennes) 

E. SENART. Vajrupdni dans les sculptures\du (iandluira . 121 
M"« DE MARTINENGO-CESARESCO. The Jaina precept of nun- 

killinti , 132 

MAC^AL'LIFFE. //oiv the sikhs became a militant people 137 

Lbwis H. gray. The Jews in pahlavi literature 161 

Louis ue la VALLfiE VOM^SiUi. Deux notes sur le Pratityasamut- 

pdda 193 

J, KIRSTE. Notes de Paleographie indienne 204 

E.-J. RAPSON. On the alphabet of the Kharoffhi. Documents. . 211 

F KNAUER. Ueber Varuna's Ursprung 222 

Mauhick bloom field. Four Vedicstudies 232 

— On conflicting Prayers and sacrifices 232 

E. WINDISCH. Ueber den sprachlichen Charakter des Pali . . 252 

CINQUlfiME SECTION 
(Chine et Extrdme-Orient) 

I'aul MACEY. Etude ethnographii/ue sur diverses tribus habitant 

les provinces du Ilua-phano-ha-tong-hoc et du Common an Laos. 3 

Geohobs SOULI^. Les Mongols, leur organisation administrative. &^ 

£)douard CHAVANNES, Fables et contes de C/nde, extraits du 

Tripitaka chinois . . 84 

{..VWAW^OI. Vocabulaire meo . . . 146 



48 COiNGKfcS JM'ERNATIUINAL DKS OKIEMALISTES 

SIXIEME SECTION 
(Ordce et Orient) 

Piiges. 
C. WESSELY. De herbarum nominihus grsecis in Dioscoridis eu- 

dice 3 

Th. OUSPENSKY. Lettre d'Arhtee a Philocrate ...... 19 

F. NAU. Notes sur les Clementines 24 

Appendice ........ 39 

Additions kt corkections . 43 



ANGERS. — lUPHIMERIB A. UIJKDIM ET C'«, 4 RUE (JAHNIEU. 



BINDING SZ3T. KCV 12 1965 



PJ International Congress of 

iO Orientalists 

A73 Proceedings 

1905 

v.l 



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